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Mémoire fêlée et résistance : génération 2000 et rébellion contre la religion de l’holocauste (Gilad Atzmon)

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“Le chrétien est simplement un juif de la confession ‘réformée’…

L’Église chrétienne n’épargna nulle part sa corruption, elle a fait de toute valeur une non-valeur, de chaque vérité un mensonge, de chaque intégrité une bassesse d’âme. […]
Faire de l’humanitas une contradiction, un art de pollution, une aversion, un mépris de tous les instincts bons et droits ! Voilà les bienfaits du christianisme ! — Le parasitisme, seule pratique de l’Église, buvant, avec son idéal d’anémie et de sainteté, le sang, l’amour, l’espoir de la vie ;[…] J’appelle le christianisme l’unique grande calamité, l’unique grande perversion intérieure, l’unique grand instinct de haine qui ne trouve pas de moyen assez venimeux, assez souterrain, assez petit — je l’appelle l’unique et l’immortelle flétrissure de l’humanité…”
~ Friedrich Nietzsche, “L’antéchrist”, 1888 ~

 

La génération 2000 et l’holocauste

 

Gilad Atzmon

 

21 septembre 2020

 

url de l’article original:

https://gilad.online/writings/2020/9/21/millennials-and-the-holocaustnbsp

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Qu’est-ce qui fait que certaines personnes passent leur temps à constamment mesurer à quel point elles sont haïes ? Quel genre de personnes demandent à leur nation hôte d’être intimement familier avec leur passé ? Nous avons appris cette semaine, qu’une fois de plus, certains juifs sont frustrés par le fait qu’un segment considérable de la population américaine refuse de voir le passé exactement comme ils le voient eux-mêmes.

L’organe juif  Forward a rapporté le week-end dernier que “des résultats de sondages sur la connaissance de l’holocauste aux Etats-Unis sont parus et que ce qu’ils trouvent est terrifiant. Non seulement ces résultats montrent un grand niveau choquant d’ignorance, mais ils renforcent certains résultats au sujet de tous les adultes, ainsi que de tendances à travers l’Europe occidentale.” Ces Américains qui se soucient de l’ignorance unique des Américains devraient être bien soulagés. Les Américains sont juste tout aussi “ignorants” ou peut-être tout aussi “rebelles” que les Européens.

Il se trouve que malgré une massive endoctrination au sujet de l’holocauste et le fait que des musées le concernant ainsi que des monuments ont bourgeonné partout aux Etats-Unis, de moins en mois d’Américains sont intéressés en leurs voisins juifs et leur histoire de souffrance et la question est, que peut-on y faire ? Peut-être devront-ils ériger un musée de l’holocauste à chaque coin de rues aux Etats-Unis. Peut-être pourraient ils faire attacher une lourde étoile de David métallique dans le dos de chaque membre de la génération 2000, pour résoudre ce sévère problème éducatif…

Le magazine Forward rapporte que les deux tiers des jeunes Américains ne savaient pas combien de gens étaient morts durant l’holocauste. Pour une raison très péculière, il est très important pour la plupart des institutions juives que tout le monde répète comme un perroquet le sempiternel chiffre à six zéros. Ceci est intrigant car la notion d’un génocide réside dans la catégorisation plutôt que dans le chiffre. Mais si ces institutions insistent à réduire l’holocauste à un chiffre matériel quantifié. alors je suis enclin à demander combien de juifs savent le nombre d’Ukrainiens qui sont morts de faim durant l’Holodomor ?

Combien de juifs ont même déjà entendu parler de l’Holodomor ? Quel juif est au courant des Juifs de Staline comme les appellent le proéminent journaliste israélien Sever Phlocker. Est-ce que les juifs d’aujourd’hui connaissent l’impact de la brigade internationale parlant yiddish sur l’Espagne catholique en 1936 ? Combien d’Irakiens sont-ils morts durant la “guerre contre la terreur” des nouveaux cons(ervateurs) ? Je demande cela parce que l’écrivain du journal Haaretz Ari Shavit a écrit en 2003 que “la guerre en Irak a été conçue par 25 intellectuels neo-conservateurs, la plupart juifs.” Si les institutions juives veulent que tout le monde comprenne l’holocauste en termes de chiffres, alors peut-être serait-il raisonnable de s’attendre à ce que les juifs connaissent le chiffre des énormes crimes contre l’humanité perpétrés largement ou partiellement par des juifs.

Forward est énervé par le fait que près de la moitié des goyim de la génération 2000 ne pouvaient pas nommer un des camps de la mort. En retour, je demande combien de juifs de la génération 2000 sont au courant [du massacre] de Deir Yassin ou peuvent citer un massacre sioniste en Palestine en 1948 ou avant ? Comment de juifs de la génération 2000 savent au sujet du massacre du camp palestinien de Chabra et Chatila au Liban ? Sur le massacre de Kefar Qana ? Que savent-ils de la malnutrition induite de Gaza causée directement par des années d’embargo imposé par l’état juif ?

Apparemment “11% de ceux qui ont répondu au sondage arborent des vues “intensément” antisémites en étant d’accord avec 6 ou plus déclaration anti-juives. Cela représente 28 millions d’Américains”, écrit Forward. J’étais curieux de savoir ce qu’étaient ces vues “intensément” antisémites. (NdT: voir la reproduction d’un tableau sur l’article original) Apparemment, le sondage réfère à la liste produite par l’ADL en 2020 (produced by the ADL )

D’après L’Anti Defamation League (ADL), en janvier 2020 “44% des sondés étaient d’accord avec la déclaration disant que ‘les juifs restent entre eux bien plus que les autres Américains’, 25% étaient d’accord pour dire que ‘les juifs veulent toujours être en avant des choses’ et 24% croyaient que ‘les juifs sont plus loyaux envers Israël qu’envers les Etats-Unis’”. Les Américains devraient être aux anges de ces derniers résultats de l’ADL et de la récente étude sur l’attitude de la génération 2000 envers les juifs. Ces résultats suggèrent que malgré la tyrannie de la pensée du “politiquement correct”, les Américains et en particulier une large portion de la génération 2000, ne sont pas aveugles de la réalité dans laquelle ils vivent. Ils pensent toujours de manière authentique et indépendante. Pourtant, malgré le fait que près de la moitié des Américains admet être au courant de l’attitude exclusive clanique des juifs et de leur culture, l’Amérique est sympa avec ses juifs car la paix et l’harmonie sont imbriquées dans l’éthique chrétienne.

(NdT: là nous sommes en total désaccord avec Gilad Atzmon, qu’il aille demander aux peuple natifs si les chrétiens sont emplis de paix et d’harmonie, l’empire chrétien étant l’empire du génocide par excellence… 100 millions de natifs éliminés sur le continent des Amériques depuis 1492. Allons Gilad, ouvre bien grands les yeux !… Rien d’étonnant du reste que l’évangélisme yankee et le sionisme fassent si bon ménage, le catholicisme a eu son heure de gloire au panthéon de l’ignominie génocidaire… Voir aussi nos citations avant ce texte, pas là par hasard.)

Pourtant il faut poser une question. Si l’ADL et le récent sondage sur l’holocauste représentent les attitudes juives américaines envers leurs voisins “Gentils”, cela pourrait révéler que 2% de la population américaine désapprouve les vues légitimes de 44% des Américains comme étant “antisémites”. Près de la moitié des Américains sont classés comme “racistes” pour avoir remarqué la notion généralement acceptée que “les juifs restent entre eux”. Ce faisant, l’ADL & Co confirment que d’une perspective juive c’est “le petit nombre qui compte pas le grand”…

Il est admis que la situation est potentiellement volatile. Mais si lutter contre l’antisémitisme est si important pour les juifs américains, peut-être alors que des gens comme Alan Dershowitz qui lutte désespérément pour laver son nom des accusations de pédophilie, ne sont pas les meilleurs candidats pour prêcher aux Américains qui ils doivent lire et ce que sont l’histoire et l’éducation.

« De manière cruciale, l’holocauste affirme l’unicité de ses suiveurs. Il est totalement dévoué à la primauté de la souffrance juive, donnant aux juifs la couronne d’épine de la souffrance ultime. Il est aussi utilisé pour justifier toute action juive, du nettoyage ethnique au génocide. Tout psycho-analyste peut confirmer que très souvent, celui qui est abusé devient un abuseur. »
~ Gilad Atzmon, « Being in Time », 2017 ~

 


Gilad Atzmon
Israélien auto-exilé en GB, saxophoniste
et écrivain de renommée mondiale.
Né en Israël d’une famille de migrants et

dont une bonne partie de la famille est morte dans les camps
Auteur de 2 livres: « The Wandering Who? » et « Being in Time »

Communiqué de Gilad Atzmon…

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Gilad Atzmon a besoin de votre soutien

 

18 mars 2018

 

Source et dons:

http://www.gilad.co.uk/writings/2018/3/16/gilad-atzmon-needs-your-immediate-support

 

~ Traduction Résistance 71 ~

 

Le président de l’association Campagne contre l’Antisémitisme (CCA), Gideon Falter, m’attaque en haute cour en Angleterre pour diffamation. J’ai pris la décision de mener cette bataille cruciale pour la liberté d’expression même si cela pose un sérieux risque de me voir ma famille et moi-même, menés à la faillite.

J’ai choisi de livrer ce combat judiciaire parce que je pense que la CCA et son président et leur utilisation de lois contre la diffamation posent un véritable danger à la liberté d’expression et pour le futur de ce pays en tant que société ouverte. Assez, c’est assez !

Mr Falter m’attaque en justice pour des commentaires que j’ai fait sur mon propre site internet.

Mes commentaires furent faits dans un contexte de l’expression de mon opinion sur la situation qui a vu, en juillet dernier, le service judicaire de la couronne britannique (CPS ou Crown Prosecution Service) attesté du fait qu’il n’y a pas eu d’augmentation de l’antisémitisme en Grande-Bretagne et Gideon Falter et la CCA refusèrent d’accepter le verdict du CPS. Falter et la CCA insistèrent au contraire que l’antisémitisme augmentait. La chaîne Sky News a rapporté les différences entre les vues du CPS et de la CCA.

Mon article focalisait sur le choix examiné par Sky News entre les deux versions, l’une maintenue par Falter et le CCA, une ONG dédiée à traduire en justice l’antisémitisme sous “tolérance zéro” et l’approche judiciaire du CPS: un organisme public, soumis à contrôle et voué à l’impartialité.

Mes commentaires au sujet de la CCA sont les bases de cette action en justice. Je crois fermement en mon droit d’exprimer mes opinions qui plus est sur mon propre site internet: la liberté d’expression politique est au cœur même du concept de la liberté d’expression. Mr Falter affirme que mes critiques à son encontre ne sont pas une opinion et il est en quête d’un arrêté qui m’empêcherait de dire de nouveau des choses similaires à son sujet, tout en lui payant une somme rondelette en dommages et intérêts et frais judiciaires de toute sorte.

La CCA a contacté les lieux de concerts de Jazz, les centres culturels, les auditoriums et même des entreprises outre-mer pour demander que mes concerts soient annulés. Ils ont maintenant poussé cette bataille au niveau supérieur et s’ils gagnent, cela me ruinera financièrement.

Je ne peux pas financer ma défense seul. Je suis obligé de demander des fonds à chaque être humain aimant, attaché à la liberté et à l’éthique, afin de m’aider à me défendre dans cette affaire. Mener cette bataille peut coûter des dizaines de milliers de Livres (sterling). Je vais avoir besoin d’une somme de dons à 4 zéros pour trouver la somme folle requise. Mais chaque denier compte et s’il vous plaît donnez ce que vous pouvez.

Si vous avez jamais apprécié mes écrits, rejoignez le combat. Si vous n’êtes pas d’accord avec moi, alors soutenez la liberté d’expression, mon combat est le votre. Si vous soutenez le droit de pointer vers la vérité sans vous retrouver étiqueté d’antisémite, cette affaire judiciaire en est le champ de bataille et mon combat est sans nul doute le votre.

J’apprécie et remercie grandement toute aide apportée.

= = =

Note de R71: Les dons se font via un compte paypal dont vous trouverez le lien sur le site de Gilad Atzmon en suivant ce lien, en bas de page:

http://www.gilad.co.uk/writings/2018/3/16/gilad-atzmon-needs-your-immediate-support

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Résistance politique au colonialisme: la vérité en face (Gilad Atzmon)

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« Depuis la fin des années 1970, deux tendances politiques majeures ont changé la façon dont nous interagissons, nous interprétons  nos environnements politique, social et culturel. L’une est le « politiquement correct » et l’autre est ‘l’identitaire' »
~ Gilad Atzmon, « Being in Time », 2017 ~

 

La vérité en face

 

Gilad Atzmon

 

23 décembre 2017

 

Source: http://www.gilad.co.uk/writings/2017/12/22/truth-in-your-face

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le site internet germanophone Muslim-Market m’a interviewé cette semaine au sujet du débat courant autour de ma récente apparence à la cérémonie du NRhZ, Nous avons discuté d’histoire, de l’holocauste, d’Israël, de la judéité…. Toutes ces choses que les Allemands préfèrent balayer sous le tapis.

http://www.muslim-markt.de/interview/2017/atzmon.htm

MM: Mr Atzmon, il y a eu pas mal d’âneries qui ont été écrites à votre sujet dans les médias occidentaux à cause de votre position très critique au sujet d’Israël. Nous voudrions utiliser cet entretien pour mieux comprendre votre opinion et pour rectifier le tir sur ces faux rapports vous concernant. Il est dit par exemple, que vous relativisez les crimes d’Hitler contre les juifs. Est-ce vrai ?

Atzmon: Je serai le plus clair possible. Pour commencer, je suis la cible d’une campagne de diffamation parce que j’ai étendu ma critique d’Israël au delà des limites de la simple critique politique ou de la dénonciation du “sionisme”.

J’ai compris que comme Israël se définit elle-même comme étant “l’état juif”, alors nous devions savoir ce que ce mot en “j” veut dire: qui sont les juifs ? Qu’est-ce que le judaïsme et la judéité ? Tandis que les juifs israéliens ont une relative bonne compréhension de ces 3 concepts et du comment ils sont inter-reliés avec le sionisme, avec la politique israélienne et l’existence même israélienne, les juifs de la diaspora et la gauche juive en particulier, préfèrent maintenir ces notions dans le flou artistique et dans la confusion.

Voilà la raison essentielle de cette campagne de diffamation contre moi. J’ai fait bouger le discours au delà du banal “sionisme contre anti-sionisme”. Ceux qui suivent mon travail comprennent que creuser dans la judéité, l’idéologie se tenant au cœur du concept de “peuple élu”, dont le sionisme n’est juste qu’un symptôme, fournit bien des réponses. De plus, si j’ai raison, cela peut bien suggérer que le mouvement de solidarité a été détourné depuis des décennies et n’a rien donné comme résultat pour une bonne raison. Je dois aussi dire que dans mon travail je n’ai jamais critiqué les juifs en tant que personnes ni comme race, ni biologiquement, ni ethniquement. Je me réfreine aussi de traiter du judaïsme (la religion). Je me restreins à la critique de l’idéologie, de la politique et de la culture.

MM: … Qu’en est-il de l’holocauste?

Atzmon: Ma position au sujet de l’holocauste est très claire. J’argumente que l’histoire est une tentative de narrer la passé alors que nous avançons dans le temps. Ainsi, le discours historique doit demeurer ouvert et dynamique, ouvert au changement et à la révision des données. J’affirme que l’histoire est essentiellement une aventure révisionniste. (NdT: les historiens Howard Zinn et Antony Sutton pensaient exactement la même chose…) Je suis donc contre toutes les lois sur l’histoire (la Nakba, le génocide arménien, l’holocauste etc) Comme bien d’autres érudits, je constate que l’holocauste a été transformé en une religion. C’est devenu un dogme. Il a perdu ses qualités réflexives universelles, ce n’est plus que le sujet d’un message éthique. Donc, si l’holocauste est une nouvelle religion, tout ce que je demande est le droit d’être un athée la concernant.

Pour répondre à votre question, la notion de “relativisation de l’holocauste” est en elle-même une notion idiote ou absurde. L’histoire est une aventure relative. Nous saisissons le passé en, par exemple, mettant au même niveau Hitler et Staline. Nous examinons la différence entre le nettoyage ethnique commis par le IIIème Reich et celui en Palestine effectué par Israël.

C’est pourquoi demander d’arrêter de penser au passé en termes relatifs est en soi une demande religieuse dogmatique, demandant également une adhésion aveugle aux thèses présentées. Je ne vais pas baisser pavillon devant une règle aussi irrationnelle et personne ne devrait le faire.

MM: Vous avez dit que vous étiez fier d’être un juif s’auto-détestant. Pourquoi ne vous convertissez-vous pas à une autre religion comme vous avez déjà changé de citoyenneté ?

Atzmon: Pour commencer, je ne discute pas de mes affaires religieuses personnelles en public, mais je peux vous assure que je n’ai plus été juif depuis bien des années. Je ne suis pas le genre de personne qui peut rejoindre facilement une religion organisée, mais j’aime bien suivre la leçon eucuménique de Jésus, mais je le fais à ma façon. J’ai appris à aimer mes voisins, et de rechercher la vérité et la paix. Ceci constitue mon djihad personnel.

MM: Il y a un grand nombre de juifs, y compris en Israël, qui résistent la politique d’occupation. Par exemple, nous avons eu l’honneur de nous entretenir avec le militant pacifiste le professeur Nurit Peled-Elhanan. Votre critique d’Israël et de sa société est dépeinte de manière identique dans les médias. Votre vision ratisse t’elle si large ?

Atzmon: Je ne suis pas d’accord avec cette description. J’ai beaucoup de respect pour quelques voix israéliennes dissidentes comme Schlomo Sand, Gideon Levy, Uri Avnery, Nurit Peled, Yaov Shamir, Israël Shamir, Israël Shahak et d’autres. Je me réfère occasionnellement à leur travail. J’ai été le premier en dehors d’Israël, à faire la revue du livre “L’invention du peuple juif” de Schlomo Sand. Comme je l’ai déjà mentionné, je ne critique pas le peuple ou la religion. Je ne critique que l’idéologie, la politique et la culture.

MM: En tant que soldat de l’armée israélienne, vous étiez au Liban et avez vu les camps de réfugiés palestiniens. Qu’est-ce que cette influence a eu sur votre développement ?

Atzmon: Ce fut le Liban en 1982 qui pour moi a rendu clair que j’avais très peu en commun avec mon propre peuple et que je devrais m’en aller tôt ou tard. Ce fut au Liban, après avoir vu les camps de réfugiés que j’ai saisi l’étendue du nettoyage ethnique qui s’est déroulé en Palestine en 1948. Au Liban, j’ai réalisé que le fait que je me situais dans un état juif sur la terre d’autres personnes me faisait traverser une ligne rouge éthique fondamentale. Vous devez bien comprendre qu’en 1982, en Israël, personne ne parlait de la Nakba. Là-bas, à ce moment là, j’ai vu de mes yeux de quelle manière le projet israélien était malfaisant.

MM: Il y a quelques jours, des soldats israéliens ont abattu un homme sévèrement handicapé dont les jambes avaient été amputées. Quel effet a une telle cruauté perpétrée par leur propre armée sur la population israélienne ?

Atzmon: Aussi loin que je sache, l’effet est minimum et c’est exactement là que commence ma recherche. Comment est-il possible qu’un peuple qui a tant souffert au travers de son histoire, puisse infliger tant de douleur aux autres ? Comment se fait-il que les opprimés deviennent les oppresseurs ? Comment est-il possible que juste 3 ans après la libération d’Auschwitz, l’état juif nouveau né se mette en phase de nettoyage ethnique de la Palestine ?

MM: Après tout ce qu’il s’est passé, pouvez-vous imaginer qu’un jour les juifs, les chrétiens et les musulmans puissent vivre en paix à Jérusalem ?

Atzmon: Ceci est de l’histoire pour vous. Le passé des juifs européens est une chaîne de désastres sans fin. Dans le monde musulman par contre, les juifs ont profité de la vie et ont prospéré. Il est plus que possible qu’assimiler culturellement et idéologiquement les juifs arabes avec les juifs ashkénazes puisse fournir toutes les réponses nécessaires, mais ceci est exactement le type même de recherche qu’on empêche d’effectuer.

MM: Discutons un peu de l’évènement de Berlin il y a quelques jours que certaines personnes ont essayé d’empêcher. Que fut votre impression de l’évènement et avez-vous été capable de diffuser votre message ?

Atzmon: Je pense que cet évènement fut incroyable. Il y a eu une très bonne participation. Vous pouviez y respirer l’esprit de la résistance. La foule était bigarrée. Beaucoup de jeunes. J’ai été estomaqué par le soutien que j’y ai reçu.

MM: Où trouvez-vous votre motivation pour votre engagement qui doit user nerveusement et votre multi-sacrifice pour la justice et la paix en Palestine ? Nous posons cette question pour encourager les autres qui abandonnent tôt ou tard devant la supériorité toute apparente de l’état sioniste.

Atzmon: Cela dépasse la Palestine maintenant. C’est la Syrie, la Libye l’Irak et cela s’étend avec ce qu’il se passe en Grèce, au Portugal et en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et au delà. Maintenant nous sommes tous Palestiniens. Nous sommes tous opprimés par cela même qu’on nous interdit d’articuler.

Je vis sur cette planète comme tant d’autres personnes, je veux être émancipé. Je pense que la férocité de l’animosité contre moi suggère que quelques personnes quelque part, sont vraiment effrayées par mon message. Considérant le fait que je ne suis pas un personnage politique, ni un activiste, je prends tout ceci comme le fait qu’ils doivent avoir peur de mes pensées. C’est inquiétant, mais c’est aussi un compliment.

MM: Quels sont vos projets en cours ? Pouvons-nous attendre un autre livre ?

Atzmon: Je ne sais jamais ce qui va se passer, mais je peux vous dire cela peut être pas mal de choses, et rien d’ennuyeux.

MM: Mr Atzmon, nous vous remercions de l’amabilité que vous avez-eu de nous accorder cet entretien.

= = =

 

Résistance au colonialisme: Déclaration de Gilad Atzmon au Babylon Theatre Berlin

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Gilad Atzmon

 

14 décembre 2017

 

url de l’article orifinal:

http://www.gilad.co.uk/writings/2017/12/16/antisemitism-the-holocaust-and-palestine

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ces derniers jours, en préliminaire à la cérémonie des récompenses de la NRhZ’s Humanitarian Award et tout comme le ministre des affaires étrangères Ken Jebsen et bien d’autres, j’ai été la victime d’une odieuse  autant que folle campagne de diffamation. Rien de ce qui a été avancé n’a été prouvé par des faits. Tout ne fut que fabrication. On m’a traité de “négationniste” et de “relativiste de l’holocauste”. Pourtant, pas une seule juste référence ne fut faite au sujet de mes écrits ou de mes prises de paroles. Dans mon travail, je critique ouvertement le fait de réduire l’holocauste à une simple religion, un dogme intolérant. Dans mes écrits, je proteste contre les lois historiques et évènementielles (Les loi sur la Nakba, sur le génocide arménien, sur l’holocauste etc…). L’histoire pour moi, est la tentative de narrer le passé alors que nous allons de l’avant. Ainsi, elle doit demeurer un discours dynamique, sujette à des changements et des révisions constants et ce même si ces changements provoquent un léger inconfort. Pour moi, l’histoire est un message éthique. Ce n’est que lorsque nous révisons le passé que nous pouvons une fois de plus, repenser notre futur et notre trajectoire, notre destinée.

Récemment, quelques éléments de la presse allemande m’ont qualifié “d’antisémite”. Le suis-je ? Ai-je jamais critiqué quiconque, juifs inclus, en tant que “peuple”, “race”, sur un plan “biologique” ou sur un plan “ethnique” ? Jamais. Mon travail dans sa totalité est anti-raciste. J’ai entièrement dédié ma vie adulte à la lutte contre le racisme à travers ma musique (NdT: Gilad Atzmon est sans doute à l’heure actuelle, le plus grand saxophoniste de Jazz vivant, il n’est pas rare de le voir comparé à John Coltrane, rien que ça…), de mes écrits (NdT: deux excellents livres à son actif que nous recommandons vivement: “The Wandering Who” (2011) et son très récent “Being in Time” (2017)) et mes performances publiques. Je suis opposé à toutes formes de politiques biologiquement orientées qu’elles soient blanche, noire, de genre ou juive. Je suis au contraire, à la recherche de ce qui rapproche les êtres humains. Dans mes écrits et mes conférences je fais une très claire distinction entre les juifs (le peuple), que je ne critique jamais, le judaïsme (la religion) que je n’aborde que très rarement et le fait de s’affirmer juif (idéologiquement, culturellement et politiquement). Dans mon travail, je me concentre sur ce dernier point, l’idéologie, la politique et la culture, assumant que que nous sommes tous bien d’accord que ces éléments doivent être ouverts à la critique.

Mais si vous voulez parler de négationnisme, je vais vous en toucher deux mots. Refuser aux intellectuels, aux auteurs, écrivains, artistes, le droit d’exprimer leurs vues ouvertement est le point de départ de tous les fascismes. Ce que j’ai vu en Allemagne ces quelques derniers jours me suggère que quelques segments de notre société n’ont absolument rien appris de l’histoire de votre pays. Nier l’holocauste, c’est en nier  sa signification, de regarder ailleurs lorsque vous voyez quelque chose de mal, laisser votre cœur devenir froid lorsque vous même participez au mal ou célébrez la haine. Nier l’holocauste c’est échouer de vous préoccuper de votre propre incapacité de tolérer les autres et autrui. Cela me touche au delà de la douleur de voir l’Allemagne être menée aveuglément dans exactement le même piège, sept décennies à peine après la libération d’Auschwitz.

Je voudrais néanmoins ajouter encore une chose au sujet de la Palestine. Certains Allemands affirment être tourmentés par leur passé, par les atrocités commises par le IIIème Reich. Si cela est vraiment le cas, alors laissez-moi s’il vous plaît vous rappeler un simple fait très embarrassant : Les Palestiniens sont les dernières victimes d’Hitler.

Ce fut le résultat de la shoah qui amena le soutien nécessaire au sionisme et mena à la formation de l’état juif en Palestine. Mais ce sont les Palestiniens tout à fait innocents qui, pour les soixante-dix dernières années, ont payé le prix pour des crimes commis par des Européens.

Si vous vous sentez coupables au sujet d’Hitler, alors levez-vous pour la Palestine et les Palestiniens !…

Gilad and All That Jazz (2012)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 13 octobre 2017 by Résistance 71

Résistance 71

13 octobre 2017

Enfin disponible après des années de censure, la vidéo restera t’elle longtemps en ligne ?… Excellent film de Golriz Kolahi sur le grand saxophoniste de Jazz Gilad Atzmon. Nous le suivons dans sa vie, son œuvre et ses positions politiques, celles d’un Israélien volontairement expatrié en Grande-Bretagne, farouche antisioniste et que bien entendu  la clique usuelle (qui a la parole dans le documentaire…) refuse de débattre, un Atzmon qui déclare dans son dernier livre en date « Being in Time » (2017):

« L’appel sioniste et celui de l’Etat Islamique sont des réactions somme toute identique à la politique identitaire de la nouvelle gauche. »

« Au lieu d’imposer une idéologie particulière, qu’elle soir de droite, de gauche, marxiste, capitaliste, libérale, fasciste etc ; j’examine la complémentarité entre un système politique et la condition humaine… »

« L’être et le temps sont comme le bout de notre nez, si proches qu’on échoue à les percevoir. La vérité est là, disponible à tout moment, tout ce que nous avons à faire est d’ouvrir les yeux et de la contempler. »

A voir et diffuser sans modération (l’anglais d’Atzmon est facile à comprendre car il n’est pas natif de la langue…)

 

Dissidence contrôlée… Chomsky et Dershowitz en accord politique !

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« Comme le dit si justement Schlomo Sand, l’histoire n’est pas particulièrement ‘une chose juive’. Comme dit précédemment, pendant près de deux mille ans, les juifs ne furent pas intéressés en leur propre histoire ni du reste de celle de quiconque d’autre, en tout cas, pas suffisamment pour la chroniquer. De fait, le rendu de Sand de la « nation juive » comme étant une fiction inventée, doit toujours être défié académiquement…
… Dans le monde intellectuel insulaire juif, on décide d’abord de la morale historique, puis on invente un ‘passé’ qui lui va comme un gant. »
~ Gilad Atzmon ~

 

Chomsky d’après Dershowitz

 

Gilad Atzmon

 

6 décembre 2014

 

url de l’article original :

http://www.gilad.co.uk/writings/2014/12/6/chomsky-according-to-dershowitz

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Un moment unique dans l’histoire du sionisme: Dershowitz pris à dire la vérité devant la caméra.

Vidéo: 1min29

http://www.youtube.com/watch?v=vMkx7MIOp7A

En écoutant Alan Dershowitz, il est clair que le “faucon” Dershowitz et “l’icône de la gauche américaine” Noam Chomsky sont d’accord sur pratiquement tout ce qui a trait à la question de l’état juif et de la Palestine. “Non” au droit au retour des Palestiniens, “oui” aux deux états, “oui” à un état juif sur la terre palestinienne, etc… Dershowitz ne ment pas, il représente vraiment la position de Chomsky. La raison en est simple: l’image d’une “division gauche/droite” au sein du monde juif n’est qu’un fade pirouettage. Les juifs sont d’accord entre eux sur pratiquement tout.

Vous pouvez écouter la totalité de ce débat d’un ennui extrême ici:  http://www.youtube.com/watch?v=3ux4JU_sbB0

Note: Alan Dershowitz est un avocat et juriste (Harvard) américain, ultra-sioniste, dont les arguments ont été sévèrement débattus et réfutés par notamment Norman Finkelstein.

Résistance politique: Israël, judaïsme, sionisme et antisémitisme… Entretien avec Gilad Atzmon…

Posted in actualité, altermondialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 10 août 2013 by Résistance 71

Gilad Atzmon sur BBC / Perse

 

4 Août 2013

 

Gilad Atzmon

 

url de l’article original:

http://www.gilad.co.uk/writings/bbc-persia-gilad-atzmon-hardtalk-the-transcription.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Source:http://nppessaysarticles.blogspot.co.uk/2013/08/bbc-persia-gilad-atzmon-interview.html

 

http://www.youtube.com/watch?v=p1NEpExbtRk&feature=c4-overview&list=UUHZk9MrT3DGWmVqdsj5y0EA#t=57s28.00

 

BBC: Etes-vous antisémite ?

GA: Pas du tout, je suis intéressé dans la politique de l’identité juive. Comment définissez-vous l’antisémitisme ?

BBC: Je vous demande cela parce que vous êtes souvent accusé d’être antisémite.

GA: Ceci est une tactique classique utilisée par les sionistes et les anti-sionistes juifs pour réduire au silence l’opposition à Israël, au sionisme, à la politique juive, au pouvoir juif.

BBC: Dans la conclusion de votre livre “The Wandering Who”, il semble que vous critiquez nos seulement le gouvernement, l’état, mais le peuple à cause de leur religion.

GA: Non, je fais une distinction claire: (1) Ceux qui s’identifient eux-mêmes comme étant juifs parce qu’ils suivent la torah, (2) Ceux qui se prétendent tels à cause de leurs ascendance juive, (3) Ceux qui s’identifient avant tout comme juif par une identitité politique problématique. Chaim Weizmann, le premier président israélien, annonça qu’il n’y avait pas de juif français, de juif américain, de juif britannique ; qu’il n’y avait que des juifs vivant en France, en Amérique ou en Grande-Bretagne. Etre juif était une catégorie primordiale. Ceci représente le cœur même du sionisme. D’un autre côté nous avons les juifs anti-sionistes, qui au lieu de s’appeler des anti-sionistes étant juifs, se disent juifs anti-sionistes. pour eux également, être juif est d’importance capitale. Dans mon livre, j’essaie de me concentrer sur cette 3ème catégorie. J’essaie de demander qu’est-ce que cela veut dire ? La plupart ne sont pas du tout religieux. Le sionisme n’est pas un mouvemet religieux, c’est un mouvement politique séculier. D’après l’historien américain Youri Slezkine, le Bund (juif) opérant en Europe de l’Est en tant qu’appareil marxiste, n’était pas religieux, mais séculier, un mouvement athée et un catalyste dans la destruction du peuple ukrainien, les bourreaux volontaires de Staline, référés comme étant bolchévique, rien à voir avec le judaïsme.

BBC: Si vous critiquez la culture juive, la tradition, l’identité, vous êtes fondamentalement pour la complète annihilation du judaïsme dans son ensemble.

GA: Vous vous contredisez déjà vous-même. Je ne critique pas la tradition juive. Si les juifs veulent manger de la soupe de poulet, j’aime la soupe de poulet, mais la soupe de poulet n’est pas un concept politique. Lorsqu’on parle de culture, qu’est-ce que je critique ? Le concept de peuple élu, la suprémacie, l’idée même que nous sommes un peuple élu, choisi. Dans mon livre je suis clair à ce sujet, sur un plan religieux juif, être élu est une lourde charge; on demande aux juifs d’être un exemple moral exemplaire et à toute épreuve.

BBC: D’après les musulmans, les seuls personnes qui vont au paradis sont les musulmans.

GA: Vous ne comprenez pas. Dans le judaïsme, le peuple élu est une chose sublime, on demande aux juifs d’être des exemples de morale. Le problème commence avec le sécularisme. C’est la seconde, troisième fois que vous essayez de me faire parler du judaïsme. Mon livre ne se réfère pratiquement pas au judaïsme et même quand je parle de la bible, je montre que les textes bibliques furent mal interprétés par le mouvement sionisme séculier et je montre que cela peut-être interprêté comlètement différemment sur le plan judaïque. Nous parlons de sécularisme juif, l’éclaircissement peut-être vu comme une montée du mouvement séculier.

Dans le monde chrétien, l’occident et l’univers européen, il y a une tentative de recadrer la religion avec une philosophie anthropocentrique qui localiserait l’humain au centre d’une pensée éthique, nous pouvons regarder en nous et y trouver notre ethnicité dans notre notion de subjectivité. Ceci ne s’est pas produit dans le judaïsme. Nous avions des juifs orthodoxes et à un certain moment, des juifs décidèrent qu’ils n’avaient plus besoin de dieu, il y a eu une opportunité pour une assimilation et cette intensité éthique qui s’est produite dans le chrisrianisme, qui ne s’est jamais produite dans le judaïsme, à l’exception d’un cas:

Le sionisme de départ fut la seule tentative d’ériger un monde juif séculier civilisé. Ils dirent: “nous ne sommes pas contents quand nous regardons dans le miroir”, nous sommes des bourgeois, capitalistes, usuriers. Ils étaient antisémites ! Ils n’étaient pas contents de l’image du juif dans la société européenne, ils écrivirent à ce sujet. Lisez Hertzl, Nordau… Ils ont dit que ce n’était pas de notre faute, que nous avions été détachés de la Terre, nous pouvons changer cela. Une fois que nous retournerons sur notre terre, nous deviendrons un beau et bon peuple, un peuple civilisé. Les débuts du sionisme furent une promesse de rendre le peuple juif comme un noble et bon peuple civilisé. Cela a échoué, car il y avait déjà des gens qui vivaient sur la terre ; ainsi il est devenu un mouvement pillard. Si le sionisme fut un mouvement pour rendre les juifs comme tous les autres peuples, alors ce fut un paradoxe, car la plupart des gens ne veulent pas être comme les autres.

BBC: Quelle est votre mission ultime ?

GA Je n’ai pas de mission politique, je ne suis pas un politicien, je ne suis qu’un être humain curieux

BBC: Vous vous opposez en fait à l’existence d’Israël ?

GA: Je ne suis pas contre l’existence d’Israël. Je suis contre l’existence d’un expansionisme nationaliste racialement motivé aux dépends de personnes indigènes, les Palestiniens et qui menace la région entière incluant l’Iran.  Une fois par jour, nous entendons une manace proférée par Israël contre l’Iran, nous entendons le lobby juif en Grande-Bretagne et en Amérique, pousser à la guerre contre l’iran.

BBC: On vous accuse souvent de nier l’Holocauste, le niez-vous ?

AG: M’avez-vous déjà entendu nier l’holocauste ?

BBC: Pas par vous, mais vos accusateurs, c’est comme ça qu’ils le voient.

AG: C’est comme pour l’antisémitisme. L’évènement historique le plus important du XXème siècle, la seconde guerre mondiale et le génocide qui a pris place dans cet évènement, doit être traité comme un évènement historique. Je n’accepte pas le concept qui voudrait que certains évènements historiques soient exclus de la libre parole, de la libre pensée. Je n’accepte pas l’idée que le massacre des juifs durant la seconde guerre mondiale soit un évènement sacré. Je n’accepte pas la notion de primauté de la souffrance juive. Je n’accepte pas le fait que le gouvernement israélien ne nous autorise pas à parler de l’évènement historique qu’est la Nakba. L’histoire prend toute sa signification lorsqu’elle peut-être revisitée, quand nous regardons, étudions le passé et pouvons produire un jugement moral permettant d’améliorer le futur. Enfermer des milions de Palestiniens dans des prisons à ciel ouvert est mal. Comment est-il possible que 3 ans à peine après la libération d’Auschwitz, Israël a procédé à un nettoyage ethnique du peuple palestinien ? Israël a répété le crime nazi.

BBC: Vous suggérez que ce qui est arrivé aux juifs est de leur faute.

GA: Ceci n’est pas ce que je suggère, mais c’est ce que les sionistes de la première heure ont dit: “Nous avons un problème, les gentils ont raison”. Les Britanniques et les Américains ont détruit la ville de Dresde et n’ont jamais enquêté dessus et ils ont continué de la sorte avec les mêmes crimes en Adghanistan, en Irak et maintenant la menace en Iran, Syrie, Libye. Ce n’est pas que les juifs. Chaque personne, vous et moi, doit regarder dans le miroir. Si vous êtes “élus”, vous serez moins enclin à regarder dans le miroir, parce que vous vous considérez meilleur que quiconque. Ce n’est un secret pour personne que de dire que l’empire anglo-saxon est aussi exceptionaliste. C’est pourquoi le néo-conservatisme existe, c’est le lien entre l’identité politique juive et l’exceptionalisme américain, je suis celui qui en parle.

BBC: Vous êtes en faveur d’un état palestinien

GA: Je soutiens également la cause du peuple israélien de vivre en tant qu’égal avec des droits civiques égaux.

BBC: Vous soutenez l’option à un état plutôt quà deux. Donc en un sens vous nuisez aux Palestiniens parce que même les partisans de la ligne dure en Palestine sont devenus pragmatiques et acceptent la solution à deux états. La solution à un état est un rêve impossible.

GA: Israël et la Palestine sont en ce moment un état: frontières naturelles, la mer, le Jourdain, la Galilée, un système de tout-à-l’égoût, une grille de distribution énergétique, 972 est le code téléphonique… Tout ce dont il a besoin est de la notion d’accepter des droits égaux pour tous. Peut-être êtes-vous antisémite parce que vous croyez que les juifs ne peuvent pas accepter la notion d’égalité des droits. Vous avez peut-être raison. Je pense que cela peut se faire. Je soutiens la solution à un état sur un plan éthique. Je ne suis pas un  activiste, ni un politicien, je ne crois pas que cela arrivera par des résolutions. Cela se produira par les faits sur le terrain.

BBC: En fait vous dites que les Palestiniens après leur expulsion devraient revenir en Israël et vivre comme une nation aux côtés des juifs, des chrétiens, ou qui que ce soit et qu’ils élisent leur gouvernement. Est-ce cela que vous dites ?

GA: Ceci est exactement le rêve sioniste: être des gens comme les autres. Nous en GB, vivons dans une société multi-culturelle, multi-ethnique… Je suis venu dans ce pays et sept ans plus tard j’ai obtenu la nationalité, vous êtes citoyen je pense et vous savez que vos droits sont similaires à ceux qui sont nés dans ce pays. Pourquoi est-il donc si difficile pour vous d’accepter qu’Israël ou la Palestine puissent être transformés en une telle entité souveraine ? D’accepter la réalité de la démocratie libérale ? Vous avez raison parce que vous savez que ce sera très difficile pour les juifs d’accepter cela, c’est pourquoi j’en parle dans mon livre. J’ai été assez courageux, ou assez stupide, de prendre un tel risque pour vous expliquer à vous et aux autres pourquoi il est si difficile pour les juifs de la 3ème catégorie ci-dessus. Certaines des personnes qui soutiennent mon livre sont des leaders intellectuels juifs.

BBC: Pensez-vous que le peuple israélien acceptera jamais un jour votre argument ?

GA: Je n’essaie pas de mener un mouvement politique, Je suis un philosophe. Mon boulot est de poser des questions.

BBC: Quand vous parlez d’Israël, de l’AIPAC, du lobby juif… vous faites face à des difficultés et à l’auto-censure, mais votre livre, votre travail, disent l’inverse. Vous êtes-vous déjà auto-censuré ?

GA: Je prévaut malgré toutes les pressions et cela doit être un miracle ou quelque chose d’autre… Je survis parce que je n’enseigne pas dans une université de manière régulière. Je suis un musicien. La pression mise pour m’arrêter fut énorme. Si je ne faisais pas face à l’opposition, cela voudrait dire que je dis des conneries. Je suis déjà en train de me faire de nouveaux ennemis.

BBC Vous écrivez un nouveau livre…

GA: Oui. J’étend le champ de bataille.

BBC: En 1982, alors que vous visitiez les camps palestiniens, vous avez rencontré la musique de Charlie Parker, ce qui vous a inspiré à prendre le saxophone…

GA: Juste avant que je ne rejoigne l’armée israélienne, j’ai découvert le jazz.

BBC: Vous faites une musique remarquable… Essayez-vous de faire passer un message ?

GA: Je swingue sur ce sujet. La musique juive est au sujet de la souffrance et du retour sur “notre terre promise”. J’ai cru que si je la transformais en musique arabe, en musique palestinienne, je pourrai porter un message aux Israéliens, qu’il n’y a pas de primauté de la souffrance juive. Les autres gens aussi souffrent, spécifiquement les Palestiniens, à cause du projet nationaliste juif. Ceci m’a transformé en un musicien à succès. Je travaille avec des musiciens palestiniens, iraniens… Il n’y a pas de frontières. Je travaille aussi avec des Israéliens. Toute mesure possible pour stopper le barbarisme israélien est légitime, mais quand on parle du boycott de la liberté d’expression, de la liberté académique, de l’art… Je suis très troublé par tout cela. La liberté d’expression est notre droit le plus précieux. Je veux que les agents propagandistes d’Israël viennent ici et disent ce qu’ils ont à dire; c’est de cette façon que nous pouvons débattre et avancer. Je n’ai pas été en Israël pour près de 20 ans maintenant.

BBC: Vous considérez-vous juif ?

GA: Certainement pas non. Cela n’a rien à voir avec la religon

BBC: Votre grand-père était un vétéran charismatique et poétique terroriste sioniste et vous… vous n’êtes plus juif…

GA: J’ai compris que pour être juif, soit vous croyez en la Torah, soit vous devenez un être humain ordinaire. J’ai décidé d’être un humain ordinaire, je me suis dégradé et maintenant… Je suis comme vous.

Guerres impérialistes et génocidaires: A terme, la défaite d’Israël est inéluctable…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 22 novembre 2012 by Résistance 71

Le destin inéluctable d’Israël est inscrit dans chaque bombe qu’il lâche sur les civils palestineins

 

Gilad Atzmon

 

Le 19 Novembre 2012

 

url de l’article en français:

http://mediabenews.wordpress.com/2012/11/19/le-destin-ineluctable-disrael-est-inscrit-dans-chaque-bombe-quil-lache-sur-les-civils-palestiniens-par-gilad-atzmon/

 

 

Vivre en en sursis sur une terre volée

Discuter avec des Israéliens a de quoi laisser pantois. Même en ce moment, alors que l’aviation israélienne assassine au grand jour des centaines des civils, des personnes âgées, des femmes et des enfants, le peuple israélien parvient à se convaincre qu’il est la véritable victime de cette saga violente.

Ceux qui sont intimement familiers du peuple israélien réalisent que ce dernier n’est absolument pas informé des racines du conflit qui domine son existence. Assez souvent, les Israéliens en viennent à des arguments d’un genre bizarre qui ont tout leur sens dans le discours israélien, mais sont dénués de toute signification hors la rue juive.

Un de ces arguments est le suivant : « Ces Palestiniens, pourquoi insistent-ils pour vivre sur notre terre (Israël), pourquoi ne s’installent-ils pas tout simplement en Égypte, en Syrie, au Liban ou dans n’importe quel autre pays arabe ? »

Une autre perle de sagesse hébraïque est du genre : « Qu’est-ce-qui ne va pas avec les Palestiniens ? Nous leurs avons apporté l’eau, l’électricité, l’éducation et tout ce qu’ils trouvent à faire c’est d’essayer de nous jeter à la mer. »

De manière assez étonnante, les Israéliens même ceux de la soi-disant ‘gauche’ et même ceux de la ‘gauche’ intellectuelle sont incapables de comprendre qui sont les Palestiniens, d’où ils viennent et le pourquoi de leur résistance.

Ils n’arrivent pas à comprendre qu’Israël a été créé aux dépens du peuple palestinien, de la terre palestinienne, des villages, des villes, des champs et des vergers palestiniens. Les Israéliens ne réalisent pas que les Palestiniens de Gaza et des camps de réfugiés de la région sont en réalité les populations dépossédées de Ber Shive, Jaffa, Tel Kabir, Sheikh Munis, Lod, Haïfa, Jérusalem et de bien d’autres villes et villages.

Si vous vous demandez comment il se fait que les Israéliens ignorent leur histoire, la réponse est très simple, on ne la leur a jamais racontée. Les circonstances qui ont conduit au conflit israélo-palestinien sont bien cachées à l’intérieur de leur culture.

Dans le paysage, les traces de la civilisation palestinienne d’avant 1948 ont été effacées. Non seulement la Nakba, le nettoyage ethnique en 1948 des indigènes palestiniens, ne fait pas partie des programmes scolaires israéliens, elle n’est pas même mentionnée ni discutée par aucun forum officiel ou universitaire israélien.

Dans le centre de presque chaque ville israélienne on peut trouver une statue commémorative en forme bizarre, presque abstraite, de tuyauterie. Cette tuyauterie est appelée Davidka et est en réalité un canon de mortier israélien de 1948. Il est intéressant de savoir que le Davidka était une arme particulièrement inefficace. Ses obus n’avaient pas une portée supérieure à 300 mètres et causaient peu de dégâts. Mais si le Davidka causait un minimum de dommages, il était par contre très bruyant. Selon l’histoire israélienne officielle, les Arabes, c.à.d. les Palestiniens, s’enfuyaient tout simplement pour sauver leurs vies dès qu’ils entendaient le Davidka au loin.

Selon le discours israélien, les Juifs, c.à.d.. les Israéliens ‘récents ‘ faisaient quelques feux d’artifices et les ‘Arabes poltrons’ couraient tout simplement comme des idiots. Dans la version israélienne officielle, on ne trouve aucune mention des nombreux massacres
planifiés et perpétrés par la jeune armée israélienne et les unités paramilitaires qui l’ont précédée. Il n’y a aucune mention non plus des lois racistes qui interdisent aux Palestiniens de revenir sur leurs terres et dans leurs maisons.

La signification de ce qui précède est assez simple. Les Israéliens ne sont absolument pas familiers avec la cause palestinienne. Dès lors, ils ne peuvent interpréter la lutte palestinienne que comme une lubie meurtrière irrationnelle. A l’intérieur de l’univers israélien avec son caractère judéo-centré et de seule réalité existante, l’Israélien est une innocente victime et le Palestinien rien moins qu’un meurtrier barbare.

Cette grave situation qui laisse l’Israélien dans l’ignorance totale de son passé mine toute possibilité de réconciliation future. Dès lors que l’Israélien n’a pas un minimum de compréhension du conflit, il est incapable d’envisager la possibilité d’une solution qui ne serait pas l’extermination ou le nettoyage de ‘l’ennemi.’ Tout ce que l’israélien a la possibilité de savoir sont des variations du récit de la souffrance juive. La souffrance des Palestiniens lui est complètement étrangère. ‘Le droit au retour des Palestiniens’ lui semble une idée farfelue. Même les ‘humanistes israéliens’ les plus en pointe ne sont pas prêts à partager le territoire avec ses habitants indigènes. Ce qui ne laisse guère d’autre possibilité aux Palestiniens que de se libérer eux-mêmes. A l’évidence, il n’y a pas de partenaire pour la paix du côté israélien.

Cette semaine, nous en avons appris un peu plus sur l’arsenal balistique du Hamas. Il est évident que le Hamas a fait preuve d’une certaine retenue avec Israël depuis trop longtemps. Le Hamas s’est retenu d’étendre le conflit à l’ensemble du sud d’Israël. Il m’est venu à l’esprit que les volées de roquettes qui se sont abattues sporadiquement sur Sderot et Ashkelon n’étaient en réalité rien d’autre qu’un message des Palestiniens emprisonnés. C’était d’abord un message à la terre, aux champs et aux vergers volés : « Notre terre adorée, nous ne t’avons pas oubliée, nous combattons encore pour toi, au plus vite nous reviendrons, nous reprendrons là où nous avons été arrêtés ». Mais c’était aussi un message clair aux Israéliens. « Vous là-bas, à Sderot, à Beer Sheva, Ashkelon, Tel Aviv et Haïfa, que vous le sachiez ou pas, vous vivez en réalité sur la terre qui nous a été volée.. »

Voyons les choses en face, en réalité la situation en Israël est assez grave. Il y a deux ans, c’était le Hezbollah qui bombardait à la roquette le nord d’Israël. Cette semaine, le Hamas a prouvé sans doute possible sa capacité à distribuer au sud d’Israël quelques cocktails de missiles vengeurs. Dans le cas du Hezbollah comme dans celui du Hamas, Israël n’a pas trouvé de réponse militaire. Il peut certes tuer des civils mais ne parvient pas à enrayer les tirs de roquettes. L’armée israélienne n’a pas les moyens de protéger Israël sauf si recouvrir Israël d’une toiture en béton peut être vu comme une solution viable. Au bout du compte, c’est peut-être ce que les responsables israéliens essaieront de faire.

Mais nous ne sommes pas à la fin de l’histoire. En fait ce n’est que le début. Tous les experts du Moyen-Orient savent que le Hamas peut prendre le contrôle de la Cisjordanie en quelques heures. En fait, le contrôle de l’Autorité Palestinienne et du Fatah sur la Cisjordanie est maintenu par l’armée israélienne. Dès que le Hamas se sera emparé de la Cisjordanie, les plus grands centres urbains israéliens seront à sa merci. Pour ceux qui ne parviennent pas à le voir, ce serait la fin de l’Israël juif. ça peut arriver dès ce soir, dans trois mois ou dans cinq ans, la question n’est pas de savoir ‘si ça se produira’, mais ‘quand.’ A ce moment là, l’ensemble d’Israël sera à portée de tir du Hamas et du Hezbollah et la société israélienne s’effondrera, son économie sera ruinée. Le prix d’une maison individuelle de Tel Aviv nord équivaudra à celui d’un cabanon à Kiryat Shmone ou à Sderot. Au moment où une seule roquette touchera Tel Aviv, c’en sera terminé du rêve sioniste.

Les généraux israéliens le savent, les dirigeants Israéliens le savent. C’est pourquoi ils intensifient la guerre d’extermination contre les Palestiniens. Les Israéliens n’envisagent pas d’occuper Gaza. Ils n’ont rien perdu là-bas. Tout ce qu’ils veulent c’est terminer la Nakba. Ils larguent des bombes sur les Palestiniens dans le but de les anéantir. Ils veulent les Palestiniens hors de la région. Il est évident que ça ne marchera pas et que les Palestiniens resteront. Non seulement ils resteront, mais le jour de leur retour chez eux ne fait que se rapprocher vu qu’Israël a épuisé ses tactiques les plus meurtrières.

C’est précisément à ce moment que le déni israélien de la réalité entre en jeu. Israël a dépassé le ‘point de non retour’. Son destin funeste est gravé au creux de chaque bombe qu’il largue sur les civils Palestiniens. Il n’y a rien qu’Israël puisse faire pour se sauver lui-même. Il n’y a pas de stratégie de sortie. Il ne peut pas négocier une issue à ce conflit car ni les Israéliens ni leurs dirigeants n’en comprennent les paramètres fondamentaux. Israël n’a pas les moyens militaires d’achever cette bataille. Il peut réussir à tuer les leaders de la base palestinienne comme il le fait depuis des années, pourtant la résistance et l’opiniâtreté des Palestiniens ne font que se renforcer au lieu de faiblir. Ainsi que l’avait prédit un général des services de renseignements israéliens pendant la première Intifada, « pour vaincre, tout ce que les Palestiniens ont à faire est de survivre. » Ils survivent et ils sont en fait en train de vaincre.

Les dirigeants Israéliens comprennent tout ça. Israël a déjà tout essayé, retrait unilatéral, famine et maintenant extermination. Ils ont cru se débarrasser du problème démographique en se recroquevillant dans un ghetto juif intime et douillet. Rien n’a marché. C’est la ténacité palestinienne incarnée par la politique du Hamas qui définit l’avenir de la région.

Tout ce qui reste aux Israéliens, c’est de s’accrocher à leurs œillères et à leur déni de la réalité pour fuir leur le triste destin qui leur est déjà fixé. Tout au long de leur déchéance, les Israéliens entonneront les divers chants de victimisation dont ils sont coutumiers. Imprégnés d’une réalité faite de suprématie égocentrée, ils seront hypersensibles à leurs propres souffrances tout en restant aveugles à celles qu’ils infligent aux autres.

De façon assez singulière, les Israéliens se comportent comme un collectif uni quand ils bombardent les autres mais, s’ils sont légèrement blessés, ils deviennent des monades de vulnérabilité innocente. C’est cet écart entre la façon dont les Israéliens se voient et celle dont les autres les voient qui transforme les Israéliens en monstrueux exterminateurs. C’est cet écart qui les empêche de comprendre les tentatives nombreuses et répétées de détruire leur État. C’est cet écart qui empêche les Israéliens de comprendre la signification de la Shoah et d’être capable d’éviter la prochaine. C’est cet écart qui empêche les Israéliens de faire partie de l’humanité.

Une fois encore, les Juifs devront errer vers une destinée inconnue. D’une certaine manière, j’ai personnellement commencé mon voyage depuis un moment.

Gilad Atzmon

Gilad Atzmon: « La parabole d’esther », réflexions sur Israël, le sionisme et la judéité (interview)…

Posted in actualité, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique with tags , , , , on 6 avril 2012 by Résistance 71

UN ENTRETIEN AVEC GILAD ATZMON

Les nouveaux inquisiteurs et leurs campagnes calomnieuses

 

À la suite de la parution de l’édition française du livre ‘The Wandering Who ?’, nous avons demandé à son auteur, le célèbre jazzman Gilad Atzmon, de répondre aux accusations portées à son encontre par ceux qui tentent en permanence de l’empêcher de s’exprimer et de diffuser ses idées.

 

Le 5 AVRIL  2012

 

Gilad Atzmon avec Silvia Cattori

 

url de l’article original:

http://www.silviacattori.net/article3060.html

 

Dans son livre, Gilad déconstruit la politique identitaire juive. Il y fustige également la domination de la politique juive au sein des mouvements de gauche et en particulier des mouvements de solidarité avec les Palestiniens. Recueillies par Silvia Cattori ses réponses font apparaître l’inanité des arguments de ceux qui intriguent pour l’isoler en masquant leur imposture par l’intimidation et les calomnies.

Silvia Cattori : Votre livre vient de paraître en français [1]. Sans avoir fait l’objet d’une campagne de promotion, il se vend bien. Et cela en dépit du fait que des membres de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) et de l’ International Jewish Antizionist Network (IJAN) aient lancé une campagne contre vous six mois avant la sortie de la traduction française [2]. Êtes-vous étonné de ces attaques ?

Gilad Atzmon : Comme vous le savez sans doute, cela fait des années que je fais l’objet de ce type de campagnes viles de la part de juifs antisionistes. Il est parfaitement évident que je suis parvenu à casser la baraque. Pas étonnant : je suis contre toutes les formes de politique identitaire juive car je les considère, toutes, exclusivistes et racistes. Malheureusement, à l’instar des sionistes, beaucoup de cellules politiques juives antisionistes sont ouvertement engagées dans des politiques tout aussi tribales, tout aussi racistes et tout aussi exclusivistes.

Mais il y a aussi un problème idéologique. J’affirme ouvertement que toute la terminologie qu’ils utilisent est trompeuse. Le sionisme n’est pas le colonialisme, Israël n’est pas l’Apartheid et les Israéliens ne sont pas les sionistes. Le sionisme n’est pas le colonialisme : en effet, l’État juif des colons n’a pas de métropole. Israël n’est pas l’Apartheid : l’État juif ne cherche pas à exploiter les Palestiniens, mais à s’en débarrasser. En fait, Israël est régi par la philosophie de l’espace vital, du Lebensraum. Autrement dit, l’État juif a adopté l’idéologie raciste et expansionniste des nazis. Mais les juifs, au sein de notre mouvance [de solidarité avec les Palestiniens], n’aiment pas la comparaison avec l’Allemagne nazie. De plus, Israël n’est pas exactement le sionisme, et les Israéliens ne sont pas nécessairement sionistes. Israël est le produit de l’idéologie sioniste et l’Israélien est fondamentalement un produit postrévolutionnaire. Il en découle que le débat sioniste/antisioniste est très peu pertinent en Israël, ou dans le cadre de la politique israélienne. En résumé, toute la terminologie que nous utilisons est ambiguë, voire trompeuse. J’imagine qu’étant donné que je la dénonce, il est tout à fait naturel que d’aucuns aimeraient bien assassiner le porteur de ce message.

Silvia Cattori : Beaucoup de gens reconnaissent que vous êtes un des penseurs les plus sérieux et sincères, au sein de cette mouvance. Ils vous respectent et vous admirent. Vous avez le courage d’ouvrir le débat, briser les tabous, et de vous confronter à vos détracteurs par des arguments solides. Le fait que l’UJFP en France et l’IJAN en Suisse par exemple, soient en mesure d’intimider ceux qui vous apprécient et vous publient ou vous invitent, ne vient-il pas confirmer la véracité de votre propos ?

Gilad Atzmon : Ces officines juives antisionistes ne font que promouvoir une cause tribale et marginale, elles regroupent très peu de gens, mais elles font beaucoup de bruit. Il est clairement dans l’intérêt des tenants du judéo-centrisme de maintenir en vie des organisations juives dissidentes parce que celles-ci s’ingénient à maintenir l’hégémonie juive sur le discours du mouvement de solidarité avec la Palestine et au-delà. Tragiquement, tant qu’il en sera ainsi, ces mouvements n’auront aucune chance de devenir des mouvements de masse. Leur message est trop ésotérique. Ainsi, par exemple, pourquoi quelqu’un de sérieux entrerait-il dans un groupe de solidarité si l’un de ses principaux objectifs est la « lutte contre l’antisémitisme » ? Si les gens sont réellement intéressés par le discours de solidarité avec les Palestiniens, ils doivent s’assurer qu’il s’agit d’un mouvement en train de devenir universel, d’un mouvement guidé par la compassion et par des considérations éthiques.

Je vais peut-être vous surprendre. J’aimerais vraiment voir autant de juifs que possible, dans ces mouvements ; mais ils ont intérêt à être concernés par les vrais problèmes, c’est-à-dire par le calvaire des Palestiniens et par le pouvoir politique juif. Fondamentalement, j’étudie le pouvoir juif ; c’est mon sujet d’étude de prédilection. J’analyse l’identité et la politique juives. Et il est tout à fait étonnant que les premiers à m’attaquer et à tenter de me réduire au silence sont précisément des gens se revendiquant « activistes juifs de la solidarité avec les Palestiniens ». A lui seul, ce fait donne l’impression que ces gens ne sont pas, en réalité, ce qu’ils prétendent être, à savoir des militants de la solidarité. Non, ces gens ne sont, en réalité, qu’une autre forme d’AntiDefamation League [l’équivalent en France est la Licra].

Moi, vous savez, je suis très heureux de débattre là-dessus. S’ils veulent débattre avec moi, qu’ils viennent se confronter à moi, à Londres ou à Paris… Si j’ai tort, venez donc débattre avec moi ! Si je fais erreur, veuillez s’il vous plaît dire à quel moment mon raisonnement pèche : mes informations sont-elles erronées ? Mes arguments sont-ils biaisés ? Non : en réalité, personne n’est en mesure de mettre en évidence la moindre erreur dans mon argumentation ou dans les faits dont je parle. Ils ne font là que recourir à une tactique rabbinique éculée, l’anathémisation (le herem). Pourquoi recourent-ils à la tactique talmudique ? Probablement parce que c’est ce qu’ils sont : ces gens sont talmudiques. Bien qu’appartenant au « peuple du Livre », ils sont de fait en train de perpétrer un horrifiant autodafé. Je pense que s’ils étaient en mesure de me crucifier, ils le feraient.

Silvia Cattori : Vos détracteurs sont bien déterminés à vous exclure du débat. Il leur est facile de convaincre ceux qui ignorent tout des véritables enjeux, en leur disant [3] notamment que votre questionnement du judaïsme et de l’antisionisme juif serait alimenté par le « racisme » du fait que, selon eux, il attribuerait « à tout un groupe de personnes des critères négatifs afin de les discréditer ». Sont-ils sérieux ?

Gilad Atzmon : Alors ça, c’est sûr, ils ne sont pas sérieux. Je ne traite pas du judaïsme. Je ne critique en rien le judaïsme, même si je me permets de critiquer certaines interprétations qui en sont faites par les juifs. Je n’en critique pas moins, avec virulence, la politique juive de manière générale, et l’antisionisme juif en particulier. Mais les premières questions à soulever ici sont celles de savoir pourquoi quelqu’un devrait s’interdire de questionner le judaïsme, la politique juive ou l’antisionisme juif. Le judaïsme est-il au-dessus de toute critique ? La politique juive est-elle intrinsèquement innocente ? Les antisionistes juifs se croient-ils parfaits ? Il est clair que mes détracteurs adhèrent à cette opinion on ne peut plus banale et dérangeante que les juifs sont, d’une manière ou d’une autre, choisis (élus), que le judaïsme ne saurait être contesté et que la politique juive est intangible. Bien entendu, je n’accepte pas cette approche des choses. Considérant l’impact négatif qu’ont les lobbies politiques juifs et leur fomentation d’une nouvelle guerre mondiale, critiquer la politique juive, c’est aimer véritablement la paix.

Je tiens aussi à souligner que les préoccupations relatives à l’« ethnicité » ou à la « race » sont étrangères à mon travail. Dans la totalité de mes écrits, il n’y a pas la moindre référence aux juifs en tant que « race » ou en tant qu’« ethnie ». Je critique la culture et l’idéologie juives, en particulier en raison du fait que l’IJAN, l’UJFP, l’ADL, la Zionist Federation et consorts agissent en tant que groupes réservés aux seuls juifs et que leurs motivations sont loin d’être universelles ou morales.

Silvia Cattori : Et qu’en est-il de « l’antisémitisme classique » qu’ils vous attribuent ?

Gilad Atzmon : Cela dépend de quelle manière ils définissent l’« antisémitisme classique ». Il est vrai que le XIXe siècle a produit une école de pensée hautement critique vis-à-vis de la culture juive. Nous connaissons bien ce débat entre Athènes et Jérusalem. En ce qui me concerne, c’était là (et cela reste) un débat très intéressant et très éclairant. Il a eu au moins le mérite d’amener des générations de juifs à la réforme, à l’humanisme et à la tolérance.

Toutefois, nous sommes tous d’accord pour dire que l’antisémitisme est devenu une pensée très problématique, vile et criminelle lorsqu’il a adopté un positionnement biologique déterministe. Il est alors devenu fondamentalement un discours raciste darwiniste. Mais, d’une manière particulièrement choquante, la politique juive (qu’elle soit de gauche, de droite ou du centre) est imbibée de cette sorte d’attitude raciste. Pourriez-vous, Silvia, adhérer à l’un de ces groupes uniquement composés de juifs se prétendant « progressistes » ? Je ne le pense pas. Et pour quelle raison, cette interdiction ? Parce que vous ne correspondez pas au profil racial indispensable pour y être admise.

Silvia Cattori : Que répondre à leurs accusations récurrentes de négationnisme ?

Gilad Atzmon : Le négationnisme est, de toute évidence, une notion sioniste. Personne ne nie l’Holocauste, même si certaines personnes mettent en débat certains éléments liés à son historicité. Personnellement, je ne me livre à aucun débat de nature historique, car je ne suis pas historien. Toutefois, je pense que l’Histoire doit être un discours ouvert. Si quelqu’un pense que j’ai tort lorsque j’affirme cela, que cette personne avance une argumentation convaincante. Mais attention : il (ou elle) aura aussi à expliquer ce qui est inadmissible dans la loi israélienne concernant la Nakba.

Silvia Cattori : Lorsqu’ils affirment que vous « attaquez aussi bien les antisionistes juifs que les juifs religieux dans des termes racistes », ils mentent, alors ?

Gilad Atzmon : Bien sûr, ils mentent ! C’est faux, c’est une déformation totale de mes écrits et de mon travail de recherche. Dans tous mes écrits, vous ne trouverez aucune critique du judaïsme ou des juifs en tant que peuple, en tant que race ou en tant qu’ethnie. Je ne fais référence qu’à la seule idéologie, et pas au peuple. Je suis intraitable avec toutes les organisations politiques réservées aux seuls juifs.

Je considère certains juifs antisionistes et certains juifs de gauche comme des « antisionistes sionistes », comme des AZZ (AntiZionist Zionists) parce qu’ils voient dans leur judaïté une qualité politique première. Le sioniste éminent Haïm Weizmann a dit : « Il n’existe pas de juifs français, de juifs britanniques ni de juifs américains. Il y a seulement des juifs vivant en France, des juifs vivant en Amérique et des juifs habitant en Grande-Bretagne ». Cela signifie qu’en ce qui concerne l’idéologie sioniste, la judaïté est une qualité première. Les juifs antisionistes ou les juifs pour la paix voient clairement dans leur judaïté une qualité première. S’il ne s’agissait pas d’une qualité première, ils entreraient dans le mouvement pour la paix et dans le mouvement de solidarité avec la Palestine, comme tout le monde. Les idéologies juives sont très différentes les unes des autres sur nombre de questions. Mais elles sont toutes d’accord sur certains points fondamentaux : l’Élection, l’exclusivisme et la ségrégation. La seule chose dans laquelle elles croient toutes, à l’unanimité, c’est dans le fait que les juifs sont, d’une manière ou d’une autre, le peuple élu. D’ailleurs, si les juifs n’avaient rien de spécial, pourquoi agiraient-ils au sein de cellules où seuls des juifs sont admis ?

Silvia Cattori : Ils vous reprochent également de suggérer l’idée que « l’oppression colonialiste israélienne n’est pas du fait du sionisme, mais le résultat du judaïsme ».

Gilad Atzmon : C’est, là encore, une caricature. Pour commencer, je le répète, je ne parle pas du judaïsme. Je déconstruis l’idéologie juive. Je peux être amené à me demander quelles sont les traces judaïques dans une idéologie juive contemporaine. Par exemple, je pose la question de savoir de quelle manière le Deutéronome influence l’idéologie juive. Je peux être amené à poser la question de savoir quelle est la signification du Livre d’Esther. Mais j’affirme, par ailleurs, que ce n’est pas le « sionisme » qui fait souffrir le peuple palestinien, mais bien l’État juif. Et, cela, l’État juif le fait au nom du peuple juif. Si Israël se définit lui-même comme étant l’État juif et si ses tanks sont décorés de symboles juifs, nous devons être autorisés à nous demander qui sont les juifs, n’est-ce pas ? Ou encore qu’est-ce que le judaïsme et qu’est-ce que la judaïté ? Dans mon travail, je fais le distinguo entre le sionisme et le discours israélien. J’affirme qu’Israël n’est pas guidé par le sionisme et que le sionisme est un discours de la diaspora juive qui est en train de perdre tout rapport avec l’oppression que subit le peuple palestinien.

Silvia Cattori : Récemment, vous avez été critiqué dans une lettre ouverte apparemment rédigée par Ali Abunimah et signée par quelques activistes palestiniens. Son arrogance a suscité une avalanche de réactions négatives contre lui [4]. Cela ne montre-t-il pas que ce qui se passe au sein de la direction du Mouvement de solidarité, est gravissime ? Et que les aspects sur lesquels votre livre met le doigt sont terriblement réels ?

Gilad Atzmon : Oui, c’est bien triste, en particulier de la part d’Ali Abunimah et d’autres, parmi les signataires, qui font partie des partisans de l’État unique démocratique (en Palestine). L’on attendrait de partisans de l’État unique démocratique qu’ils comprennent ce que signifient les mots tolérance et pluralisme.

Silvia Cattori : Cela ne vient-il pas à l’appui de vos détracteurs de l’UJFP et de l’IJAN ? En Suisse, l’Israélien Gabriel Ash ou Caroline Finkelstein par exemple, qui font partie du « Comité Urgence Palestine » et de l’IJAN, ont signé un appel [5] contre vous. Ce faisant, vos détracteurs ne sont-ils pas en train de vouloir faire taire un très rare et brillant intellectuel ex-Israélien, « plus qualifié qu’ils ne le sont eux-mêmes et qui a au moins l’honnêteté de ne pas vivre des misères d’autrui ni de monopoliser une cause juste afin d’en faire son métier, d’obtenir un poste ou une promotion, quelqu’un qui est sans doute en mesure de mettre en lumière la véritable cause du calvaire subi par les Palestiniens » [6] ?

Gilad Atzmon : Cela ne me surprend absolument pas, c’est totalement cohérent avec ce que je dis dans La Parabole d’Esther (The Wandering Who ?). Quoi de plus naturel que des gens s’identifiant politiquement en tant que juifs agissent conformément à l’intérêt propre des juifs ? Philip Wiess, un militant américain pro-palestinien, m’a avoué lors d’une interview qu’en tant que juif, il agissait conformément à l’intérêt exclusif des juifs.

Silvia Cattori : Depuis dix ans j’ai pu observer ce qui dysfonctionne au sein du Mouvement et confirme votre argumentation. En Suisse aussi malheureusement les gens se laissent manipuler cédant à la peur. La lutte contre l’antisémitisme est devenue l’une des priorités du Mouvement suisse de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). Des séances consacrées à lutter contre le prétendu « antisémitisme » de Gilad Atzmon vont être organisées [7]. Autrement dit, les millions de Palestiniens, qui survivent dans les camps de réfugiés depuis plus de 60 ans, n’ont rien à attendre de ce Mouvement ?

Gilad Atzmon : Cela fait bien longtemps qu’avec beaucoup d’autres, nous avons énormément de doutes sur ce mouvement BDS. Pour une raison que j’ignore, le mouvement BDS, en Occident, est dominé par des activistes juifs. Bien que le principe de ce mouvement soit parfaitement valide et bien qu’il vaille la peine de se battre pour le faire prévaloir, il est désormais clair pour nombre d’entre nous que quelque chose a déraillé, à un moment donné. Le mois dernier, nous avons vu le BDS lancer un appel à empêcher Norman Finkelstein de s’exprimer ; ce mois, nous voyons ce même mouvement lancer un appel à m’empêcher de parler. Génial, non ? Désormais, le mouvement BDS est utilisé pour étouffer la liberté de parole au sein du mouvement de solidarité avec les Palestiniens.

Je signale que, déjà en 2006, j’avais prédit que toute tentative d’interférer dans la liberté d’expression risquerait de transformer le BDS en un banal auxiliaire de la chasse aux sorcières. J’avais vu quelques signes particulièrement inquiétants. Nous avions appris, par exemple, qu’en dépit de la crise financière mondiale qui frappe très durement la Grande-Bretagne, les échanges commerciaux de ce pays avec Israël s’étaient accrus de 34 %. Donc, nous avons, d’un côté des activistes de BDS engagés dans une surveillance hebdomadaire très efficace contre un magasin vendant des produits de beauté israéliens [ce mouvement a même réussi par ailleurs à désorganiser quelques concerts], mais, dans le même temps, Israël expédie des tonnes de marchandises vers ce pays : où va-t-on, avec ça ? Que se passe-t-il réellement ?

Silvia Cattori : Votre motivation profonde n’est-elle pas d’alerter les Goyim (les non juifs) et de les inciter à cesser d’être mus par la culpabilité, à cesser de se soumettre, à cesser de se laisser humilier. Mais aussi de faire comprendre que, tant que la parole n’est pas libre, Israël peut continuer de gagner du temps en rendant sa mainmise sur la Palestine irréversible ?

Gilad Atzmon : À mes yeux, il n’y a aucune différence entre les juifs et les non juifs. Mon plus grand désir, c’est de pouvoir dire ce que je veux dire. Je pense que mon message est vraiment crucial pour tous ceux qui recherchent la paix, qu’ils soient juifs ou Goyim. Pour moi, il est évident qu’Israël et les lobbies pro-israéliens poussent sans cesse plus fort à de plus en plus de conflits. Israël et ses groupes de pression représentent désormais la plus grande menace pour la paix mondiale. Il est clair, aussi, à mes yeux, que les communautés juives ne freinent ni Israël ni ses lobbies. Et le message, pour nous, est très clair : c’est à nous qu’il incombe de sauver notre planète. Cette planète, c’est là où nous vivons. Or, nous sommes assis sur une bombe à retardement. Nous devons nous réveiller, nous devons nous exprimer, avant qu’il ne soit trop tard.

La Parabole d’Esther : Anatomie du Peuple Élu 
Editions Demi Lune 
À commander sur la librairie en ligne du Réseau Voltaire : 
http://www.voltairenet.org/achat-en-ligne/fr/livres-en-francais/67-la-parabole-d-esther-anatomie-du-peuple-elu-9782917112199.html

Silvia Cattori

Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

Voir également : 
 « Gilad Atzmon parle de son livre “The Wandering Who ?” – Entretien avec Gilad Atzmon », par Silvia Cattori, 27 septembre 2011. 
http://www.silviacattori.net/article2077.html 
 « Israël et le sionisme : Un projet unique dans l’histoire – Entretien avec Gilad Atzmon », par Silvia Cattori, 2 mars 2011. 
http://www.silviacattori.net/article1543.html

[1] « La Parabole d’Esther. Anatomie du Peuple Élu. – Réflexions sur la politique identitaire juive », Editions Demi Lune. 
http://www.editionsdemilune.com/la-parabole-desther-anatomie-du-peuple-elu-p-42.html

[2] Voir : « L’UJFP et l’IJAN écrivent à Info-Palestine suite à la publication d’une interview de Gilad Atzmon », 21 octobre 2011. 
http://la-feuille-de-chou.fr/archives/27628 
ainsi qu’une deuxième lettre de Pierre Stambul au nom du bureau national de l’UJPF (26 octobre 2011) : 
http://la-feuille-de-chou.fr/archives/27698

Voir également : « Gilad Atzmon répond à ses détracteurs », 25 octobre 2011. 
http://www.info-palestine.net/article.php3 ?id_article=11349

[3] Voir sous note (2) la lettre de l’IJAN et de l’UJFP.

[4] Voir : 
 « L’appel d’Ali Abunimah a profondément choqué », par Roger Tucker, 24 mars 2012. 
http://www.silviacattori.net/article3030.html 
À la fin de l’article de Roger Tucker on trouvera également les liens des articles de nombreux auteurs ayant pris la défense de Gilad Atzmon contre les attaques dont il est l’objet.

[5] http://www.ujfp.org/spip.php ?article2235&lang=frhttp://threewayfight.blogspot.com/p/atzmon-critique_09.html

Caroline Finkelstein, membre de l’IJAN et du Comité urgence Palestine-Genève, le 9 février 2012 a écrit aux membres du Comité urgence palestine-Vaud en ces termes : « Nous ne sommes pas officiellement membre du CUP-Lausanne mais nous aimons bien collaborer avec vous tous. Nous aimerions attirer votre attention sur la polémique qui existe en ce qui concerne Gilad Atzmon. Nous nous permettons de vous conseiller de bien vous renseigner sur le personnage avant de le faire venir. IJAN (International Jewish Anti-zionist Network – Réseau international juif antisioniste, dont nous sommes membres) et UJFP (Union Juive Française pour la Paix) rejettent les arguments de Gilad Atzmon. Nous personnellement n’assisterions à aucune conférence avec Atzmon ». 
 Dominique Vidal qui au sein de l’AFPS et de l’UJFP a contribué à bercer d’illusions des dizaines de milliers de gens, faisant miroiter des « processus de paix » bidon ; solutions conduisant l’Autorité palestinienne à la normalisation et à la collaboration de facto avec l’occupant [les accords d’Oslo, la Feuille de route, l’initiative de Genève, la solution à deux État, un autre Israël est possible] a maintenant de quoi se servir du prétendu antisémitisme de Gilad Atzmon pour animer ses conférences, voir : « Les protocoles de Gilad Atzmon » (La Feuille de Chou du 5 avril 2012 ) 
http://la-feuille-de-chou.fr/archives/30516

[6] Citation de Daniel Mabsout tirée de son article « La campagne lancée par Ali Abunimah contre Gilad Atzmon est injustifiable et inacceptable », 26 mars 2012. 
http://www.silviacattori.net/article3052.html

[7] Lors d’une récente réunion, parmi les principes déterminant son action, le BDS – Suisse a mentionné la lutte contre le prétendu « antisémitisme de Gilad Atzmon » en ces termes : « Nous devons veiller à ne pas nous associer avec des personnes qui ont un discours flou par rapport à l’antisémitisme. En l’occurrence Gilad Atzmon ». Il a été décidé d’organiser une formation sur cette question. Alors que l’objectif initial du BDS est d’attaquer l’idéologie sioniste, la politique d’Israël et ses complicités en Europe et aux États-Unis, les militants, formatés notamment par la narration de conférenciers israéliens en tournées (hier Michel Warshawski ; maintenant Shir Haver qui demande 200.- euros par conférence et la prise en charge de tous les frais) sont ainsi orientés à s’attaquer à des gens qui luttent pour la défense des droits des Palestiniens ?