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Le Jazz, art rebelle de libération du peuple américain (Gilad Atzmon)

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique with tags , , , , , , , on 7 juin 2020 by Résistance 71

 

 

“Le rêve américain oui, parce que vous devez vraiment être endormi pour y croire.”
~ George Carlin ~

 

Libérer le peuple américain

 

Gilad Atzmon

 

5 juin 2020

 

url de l’article original:

https://gilad.online/writings/2020/6/5/liberating-the-american-people

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Je suis un artiste de Jazz, J’ai dédié ma vie adulte entière à l’étude de la musique et de la culture noires américaines. Le jazz est certainement la plus importante et sans doute la seule contribution significative américaine à la culture mondiale. La question qui s’ensuit est : Où est le jazz noir américain maintenant ? Pourquoi les noirs américains ont-ils perdu tout intérêt en leur propre fantastique création ?…

Une des réponses est que le jazz est né de la résistance. Il était alimenté par le défi au “rêve américain”  : au lieu de rechercher Mammon, la richesse et le pouvoir, nos pères fondateurs artistiques noirs américains sacrifièrent leurs vies pour la beauté. Ils se sont littéralement suicidés à la recherche de nouvelles voix, de nouveaux sons, de nouvelles couleurs, lls nous ont laissé un très grand héritage mais leur progéniture a bougé vers de nouveaux domaines artistiques comme le Hip Hop et le Rap.

Pour les gens qui firent le jazz et en firent une forme artistique, la musique était un esprit révolutionnaire. pour Bird,  Now’s the Time voulait dire que le temps était mûr pour le changement social. Pour John Coltrane, “Alabama” était la réponse appropriée à la bombe du KKK de l’église baptiste qui tua quatre filles afro-américaines.

Lorsque le jazz avait une signification, il n’était pas le langage de la victimisation, bien au contraire ; le jazz était un message de défi : tout ce que vous pouvez faire, nous, les noirs, pouvons le faire mieux. Et ceci fut vrai, personne n’a pu mieux faire que Trane, Bird (Charlie Parker), Miles, Elvin, Sonny, Blakey, Duke, Ella et tant d’autres. Ces artistes ne mendièrent jamais le fric de Wall Street, ils ne demandèrent à personne de rejoindre leur lutte : au lieu de cela, ils firent en sorte que ce soit nous qui quémandions leur beauté, leur art et leur esprit pour que ceux-ci nous illuminent et nous libèrent.

Cela ne prit pas bien longtemps pour que “l’élite” américaine comprenne que le jazz était le meilleur ambassadeur de l’Amérique dans le monde. Et tout ceci se produisit alors même que les noirs américains étaient victimes de mesures d’apartheid (ségrégation), spécifiquement dans les états du sud. Il serait raisonnable de croire que ce fut la transformation du jazz en “la voix de l’Amérique” qui devint un énorme facteur de la libération des noirs dans le sud.

Tristement, le jazz a perdu son âme il y a une ou deux décennies. Il passa de la voix de la résistance à ce qui est graduellement devenu une “affaire académique”, un “système de savoir, de connaissance”. De nos jours, bon nombre de jeunes musiciens de jazz sont des “élèves diplômés d’études artistiques”. Ils peuvent être rapides, très techniques et sophistiqués mais ils ont très peu de choses à dire et, dans la plupart des cas, ils préfèrent même ne rien dire. Certains pourraient bien même penser que de dire quelque chose défie leurs “objectifs artistiques” brouillant la distinction entre art et politique. (NdT: convenons une fois pour toute que TOUT est politique, certes à des degrés divers…) J’ai bien peur qu’ils aient tort. Pour que le jazz soit une forme artistique ayant un sens, il vaut mieux qu’il soit révolutionnaire en son cœur. Le jazz est, avant tout autre chose, le son de la liberté.

Pendant un moment, nous avons été les témoins de la détérioration du jazz contemporain en un exercice technique sans plus aucun sens. Le jazz nous a claqué dans les pattes. Cette chute artistique a t’elle anticipé l’effondrement de la civilisation américaine et de son image colportée en tant que “société libre”?

Pourquoi le jazz est-il mort ? Parce que les Noirs Américains ont perdu leur intérêt en leur forme artistique originale. Pourquoi on-ils perdu intérêt ? Essentiellement parce leur art, comme tout autre aspect de la culture américaine, de la finance, des médias,, de l’esprit et du rêve, a été occupé.

Aux côtés d’autres artistes de jazz et des humanistes, je déteste le racisme sous toutes ses formes, pourtant je fais partie de ceux qui veulent que les cultures célèbrent leurs symptômes, je désire voir les Allemands de nouveau philosopher et composer des symphonies. Je désire voir les gens célébrer leur culture unique aussi loin qu’ils ne le fassent pas au détriment des autres ni en les opprimant. Plus que tout, je désire voir les gens noirs être fiers de ce qu’ils sont. Je souhaite qu’ils nous mènent une fois de plus sur le chemin de cette beauté à laquelle eux et tant d’autres personnes nous ont introduit. J’espère de tout cœur que l’Amérique noire va nous donner un jeune Coltrane, un Bird (Charlie Parker) tout frais émoulu, la prochaine Sarah Vaughn et un nouveau personnage comme Miles (Davis).

Je désire voir les artistes noirs-américains nous hypnotiser de leur talent, célébrer leur grandeur. Je désire les voir de nouveau ces ambassadeurs américains qu’ils furent, plutôt qu’être les victimes des abus des Etats-Unis. Je pense qu’au lieu d’envoyer des soldats américains soi-disant libérer d’autres gens dans les guerres impérialistes des nouveaux cons(ervateurs) américains, le temps est mûr pour l’Amérique de se libérer.

Regardez-moi libérer le peuple américain:

https://www.youtube.com/watch?v=jEDjgdjmCfA

 

Gilad Atzmon et l’Orient House Ensemble
« Gaza mon amour »

 

 

Gilad and All That Jazz (2012)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 13 octobre 2017 by Résistance 71

Résistance 71

13 octobre 2017

Enfin disponible après des années de censure, la vidéo restera t’elle longtemps en ligne ?… Excellent film de Golriz Kolahi sur le grand saxophoniste de Jazz Gilad Atzmon. Nous le suivons dans sa vie, son œuvre et ses positions politiques, celles d’un Israélien volontairement expatrié en Grande-Bretagne, farouche antisioniste et que bien entendu  la clique usuelle (qui a la parole dans le documentaire…) refuse de débattre, un Atzmon qui déclare dans son dernier livre en date « Being in Time » (2017):

« L’appel sioniste et celui de l’Etat Islamique sont des réactions somme toute identique à la politique identitaire de la nouvelle gauche. »

« Au lieu d’imposer une idéologie particulière, qu’elle soir de droite, de gauche, marxiste, capitaliste, libérale, fasciste etc ; j’examine la complémentarité entre un système politique et la condition humaine… »

« L’être et le temps sont comme le bout de notre nez, si proches qu’on échoue à les percevoir. La vérité est là, disponible à tout moment, tout ce que nous avons à faire est d’ouvrir les yeux et de la contempler. »

A voir et diffuser sans modération (l’anglais d’Atzmon est facile à comprendre car il n’est pas natif de la langue…)