Archive pour génocide amérindiens

Résistance au colonialisme: De l’hystérie des célébrations de la « découverte » de nouveau monde (Mohawk Nation News)

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Génocide & crimes de l’église et de l’état

 

L’hystérie de Thanksgiving / jour d’action de grâce et du jour de Colomb

 

Mohawk Nation News

 

10 octobre 2018

 

source: http://mohawknationnews.com/blog/2018/10/10/columbus-thanksgiving-hysteria/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Tous les ans, les envahisseurs de l’Île de la Grande Tortue célèbrent le génocide continu du peuple naturel de la terre. Christophe Colomb et le jour d’action de grâce vont de paire avec l’hystérie marchande du Vendredi Noir mis en place pour une fois de plus détourner l’attention de l’annihilation de millions d’Onwehonwe (peuples natifs), les véritables peuples naturels de ce continent.

Nos enfants furent enlevés et emprisonnés dans des “centres d’élimination pour enfants” appelés pour la circonstance “pensionnats pour Indiens”. Ils furent kidnappés, torturés, assassinés et brûlés dans les chaudières des caves. (NdT: ils furent aussi essentiellement enterrés dans des charniers/fosses communes aux alentours des pensionnats). Les pensionnats ne furent qu’une extension de la politique du génocide qui continue aujourd’hui.

Un régime répressif constitué d’imposteurs fut mis en place finançant et organisant l’opération de génocide.

Les envahisseurs établirent des règles sur tous les aspects de notre vie. Nous avons vécu comme des morts-vivants pendant des siècles. La connaissance de notre existence même fut presque totalement effacée par les envahisseurs. Ils ont recruté des Indiens pour faire le sale boulot à leur place.

L’État maintient une surveillance accrue sur nous. Nous sommes sur ce qui reste de nos terres, tentant de survivre.

Nous sommes naturels, nous nous sauverons les uns les autres. Le monde sait que le Canada et les Etats-Unis sont des entités assassines.

Nous sommes retenus otages. Nous sommes nés libres et recouvrerons notre liberté. Les envahisseurs sont venus ici pour tuer et exploiter, ils ne sont pas venus en paix. Ils constituent un monumental échec en regard de cette planète. Ils sont maintenant en train de penser et de mettre en œuvre leur propre extinction. La Nature prendra de difficiles décisions pour assurer notre survie.

Lectures complémentaires:

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

si-vous-avez-oublie-le-nom-des-nuages-vous-avez-oublie-votre-chemin

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte


Wampum Deux Rangées

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Génocides occidentaux et déconstruction de l’occident…

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Le grand historien Howard Zinn disait qu’on ne peut pas être neutre dans un train en marche. Nous, peuples occidentaux, devons venir à l’âge de raison et cesser de nous laisser dicter nos pensées et actions par ces parents abusifs que sont les États. Venir à l’âge de raison veut aussi dire cesser de se masquer la vérité. Nous devons accepter l’horreur de la réalité historique si bien rappelée ici par le professeur Chitour: Nous, membre de cette “grande civilisation” que serait l’Occident chrétien, sommes les complices volontaires ou involontaires du massacre organisé de centaines de millions de personnes dans le monde, occident compris, depuis les premières croisades au “choc des civilisations” de l’empire anglo-américano-sioniste en passant par la subjugation codifiée par la doctrine chrétienne de la découverte, d’un “nouveau monde” qui n’était “nouveau” que pour ses colonisateurs, car bien connu des dizaines de millions d’habitants du continent dans l’époque dite “pré-colombienne”.

Nous l’avons dit ici même à maintes reprises et le dirons sans cesse: l’avenir de l’humanité, notre avenir, celui de nos enfants et de tous les non-nés à venir, dépend de l’union des peuples dans la seule lutte qui vaille la peine d’être mentionnée, celle pour l’émancipation des peuples du système pyramidal autoritaire, coercitif et mortifère, de ce système oligarchique qui vampirise la planète dont l’État, sous quelque forme que ce soit, représente la structure de contrôle, l’outil de discorde qui nous maintient divisés sur des lignes politiques, sociales, culturelle et religieuses qui sont fictives et n’ont aucun lieu d’être.

Pour que le colonialisme puisse s’implanter au profit de la minorité oligarchique, il faut d’abord que l’idéologie colonise les esprits à la maison, c’est pour cela que nous sommes tous des colonisés ! Ceci est induit, piloté depuis la cellule oligarchique, il suffit de dire NON ! de retirer notre consentement à cette clique de parasites et de reprendre le pouvoir ensemble, peuples colonisés, la main dans la main, pour le rediluer dans les peuples, là où il est particulièrement soluble et d’où il n’aurait jamais dû sortir, puisque c’est la nature de l’affaire !

Union, boycott, contre-pouvoir autogestionnaire et confédération des communes libres !

Liens connexes sur le sujet:

https://resistance71.wordpress.com/colonialisme-doctrine-chretienne-de-la-decouverte/

https://resistance71.wordpress.com/colonialisme-luttes-indigenes/

https://resistance71.wordpress.com/abolir-lempire-mouvement-pour-la-repudiation-de-la-doctrine-chretienne-de-la-decouverte/

Excellente vidéo explicative sur la stratégie du “diviser pour mieux régner” de James Corbett, le dernier mot revenant au toujours plus remarquable George Carlin (la vidéo sera placée dans la section commentaire sous cet article):

http://www.youtube.com/watch?v=k50rGvQofok

 

~ Résistance 71 ~

 

Les génocides occidentaux dans l’histoire ou la nécessaire déconstruction de la civilisation occidentale

 

Professeur Chems Eddine Chitour

 

27 Avril 2015

 

url de l’article:

http://www.mondialisation.ca/les-genocides-occidentaux-dans-lhistoire-la-necessaire-deconstruction-de-la-civilisation-occidentale/5445672

 

«Quand la violence entre par la porte, la loi et la justice sortent par la cheminée.» (proverbe turc)

Encore une fois, l’actualité mean stream nous rattrape et nous oblige à témoigner pour déconstruire un mythe et dans le même mouvement replacer les meurtres de masse depuis la découverte du Nouveau Monde. Nous ne parlerons pas des différents massacres de masse de peuples entiers, les Indiens, les Aztèques, les Incas, avec la bénédiction de l’Eglise et ceci malgré les rares suppliques à l’instar de celle de Bartoloméo de Las Casas.

Le mot génocide est-il une marque déposée?

Le terme génocide est apparu pour la première fois dans l’étude Axis Rule in Occupied Europe en 1944 pour tenter de définir les crimes perpétrés par les nazis à l’encontre des peuples juifs, slaves et tziganes durant la Seconde Guerre mondiale, ceux commis par le gouvernement des Jeunes-Turcs de l’Empire ottoman à l’encontre des Arméniens pendant la Première Guerre mondiale et ceux dont furent victimes les Assyriens en Irak en 1933. Même la terminologie doit obéir au magistère. Ce terme nous dit- on ne doit pas être utilisé à tort et à travers d’autant qu’il y a des mots qui sont interdits d’utiliser.

A titre d’exemple je cite l’article sur La déportation de Noirs. Rosa Amelia Plumelle-Uribe écrit: «Lors d’une table ronde sur la traite des Noirs et l’esclavage, en octobre 1998, j’avais traité le thème de «la déportation massive d’Africains, un crime contre l’humanité». De retour vers Paris, un historien, professeur à l’université d’Orléans, m’a suggéré d’une façon très amicale de «ne pas employer le mot déportation s’agissant de la traite car il vaut mieux éviter les malentendus». (…) J’ignorais que même le droit d’appeler par son nom la déportation d’êtres humains la plus gigantesque que l’histoire de l’humanité ait connue pouvait nous être contesté. (…) Ainsi, parce que les auteurs de ces actes barbares privilégièrent l’emploi d’euphémismes comme «traite», nous serions priés de nous en tenir là? Le monopole des mots et des définitions n’est pas anodin. Il fait partie de la manipulation de l’histoire et du contrôle de son interprétation (…) Il est temps et il est nécessaire qu’au moins les Noirs sachent que la différence fondatrice du décalage entre le génocide afro-américain et les génocides hitlériens relève non pas des faits, mais de leur qualification juridique.» (1)

La réalité des massacres des Arméniens

On ne peut comprendre l’acharnement de certains pays dont la France à qualifier les massacres de la Première Guerre mondiale des Arméniens de génocide sans parler de la réalité et de la qualification des faits. Interrogé par les journalistes du Monde, sur son refus de reconnaître le génocide arménien, Bernard Lewis, professeur à Princeton, déclare: «(..) Vous voulez dire reconnaître la version arménienne de cette histoire? Il y avait un problème arménien pour les Turcs à cause de l’avance des Russes et d’une population anti-ottomane en Turquie, qui cherchait l’indépendance et qui sympathisait ouvertement avec les Russes venus du Caucase. Il y avait aussi des bandes arméniennes – les Arméniens se vantent des exploits héroïques de la résistance -, et les Turcs avaient certainement des problèmes de maintien de l’ordre en état de guerre. Pour les Turcs, il s’agissait de prendre des mesures punitives et préventives contre une population peu sûre dans une région menacée par une invasion étrangère. Pour les Arméniens, il s’agissait de libérer leur pays. (…) Nul doute que des choses terribles ont eu lieu, que de nombreux Arméniens – et aussi des Turcs – ont péri. Mais on ne connaîtra sans doute jamais les circonstances précises et les bilans des victimes. (…) Pendant leur déportation vers la Syrie, des centaines de milliers d’Arméniens sont morts de faim, de froid… Mais si l’on parle de génocide, cela implique qu’il y ait eu politique délibérée, une décision d’anéantir systématiquement la nation arménienne. Cela est fort douteux. Des documents turcs prouvent une volonté de déportation, pas d’extermination.(2)

Pour Bernard Lewis, la vérité historique, l’honnêteté intellectuelle et le devoir de mémoire auraient voulu que le souvenir des populations musulmanes d’Anatolie orientale massacrées par les Brigades de Volontaires Arméniens engagées dans les rangs des troupes tsaristes, soit également évoqué dans ce débat. Mais force est de constater que les Arméniens se gardent bien de parler des atrocités qu’ils ont commises à l’encontre des Turcs, et passent sous silence leur alliance avec la Russie contre l’Empire ottoman…(3) (4)

Gilles Martin-Chauffier rédacteur en chef de Paris-Match et écrivain, a malgré l’acharnement des biens-pensants refusé d’utiliser le mot génocide. Pour lui, La Turquie a été dépecée. L’Arménie s’est retrouvée avec le tiers de la Turquie. Elle allait de la mer Noire à la Syrie. Pourquoi elle a eu un tel cadeau l’Arménie? Pourquoi un cadeau aussi extraordinaire, sinon parce qu’elle avait rendu des services extraordinaires.» (5)…

Un autre témoignage est celui de l’historien irlandais le Dr Patrick Walsh qui déclare: «Les faits sont des tragédies pour les chrétiens et pour les musulmans. Mais si la question reste plantée sur l’expression de génocide’, nous n’avancerons jamais. Tout le monde sait qu’à l’origine de la question, il y a les grandes puissances comme la Russie.» Walsh met l’accent sur l’importance des démarches lancées par la Turquie pour une réconciliation et ajoute que les Turcs et Kurdes sont aussi les victimes des incidents de 1915 tout comme les Arméniens. Pour lui «l’éventualité d’un Etat arménien n’était pas possible car la population arménienne était une minorité à l’est de l’Anatolie. Les pays de l’Entente ont intelligemment profité des Arméniens. Et les Arméniens qui ont compté sur les pays de l’Entente ont fait une mise.» Patrick Walsh s’attarde également sur le rôle de l’Angleterre tout comme la Russie sur ces incidents et indique que «l’Angleterre a entraîné la déstabilisation de la région dès le début du 20e siècle. (…) Les nationalistes arméniens qui ont profité de la Première Guerre mondiale qui a opposé l’Etat ottoman à la Russie en 1914, ont collaboré avec les forces russes pour créer l’Etat arménien. Quand l’armée russe envahit l’Est de l’Anatolie, elle connaît un grand soutien des Arméniens ottomans (…). En même temps, les gangs arméniens ont massacré et réprimé les civils dans les endroits qu’ils ont occupés. (…) En raison des attaques qui se sont poursuivies une décision a été adoptée le 27 mai 1915 pour la déportation des Arméniens dans les zones de conflits et en coopération avec l’armée russe occupante». (6)

La genèse réelle de ces massacres: la lutte contre l’islam

Tour revient en définitive, à la lutte contre l’islam représenté par l’Empire ottoman, l’homme malade de l’Europe et que la sainte coalition a arrêté aux portes de Vienne en 1687. Par la suite, l’empire vermoulu fut attaqué de toutes parts par les deux nations diaboliques de l’époque, la perfide Albion et son acolyte le coq gaulois sous prétexte de précaution des minorités «La genèse historique de l’Occident, lit-on sur cette contribution, étant ce qu’elle est, cette histoire de la civilisation judéo-chrétienne jonchée de périodes troubles est entachée de crimes de masses, de génocides, de pogroms que l’Occident aimerait oublier à défaut de pouvoir l’occulter totalement. En dépit de toutes les accusations portées à l’encontre de l’islam, il n’a jamais été prouvé que cette religion, dans sa dimension politique, idéologique ou même spirituelle, ait été à l’origine de génocides ou de pogroms. (…) Si aujourd’hui avec la France en tête, les Occidentaux reprochent à la Turquie de ne pas admettre un génocide taillé sur mesure pour les descendants des Ottomans, c’est l’islam, par prolongement, qui est bien entendu visé…. Nombreux sont les historiens, intellectuels et écrivains, des Arméniens comme Asoghik et Mathieu d’Edesse à Voltaire, en passant par Lamartine à Claude Farrère, Pierre Loti, Philip Marshall Brown, Michelet, Sir Charles Wibon, Bronsard, Edgar Granville et bien d’autres qui ont fait l’éloge de la gestion admirable et équitable de la société multi-ethnique du Califat ottoman. Alors que la même époque l’Europe judéo-chrétienne vivait ses moments plongés dans les ténèbres de l’ignorance et de la barbarie médiévale et de l’inquisition.» (7)

Que s’est-il passé? Il semble que les Occidentaux ont promis l’indépendance aux Arméniens. «Au début du XXe siècle, les Arméniens se trouvent au sein d’une tourmente entre Orient et Occident. « Manipulés par les Russes, puis par l’Europe, les Arméniens occupant des positions-clés au sein de l’appareil d’Etat ottoman, ont joué un rôle décisif et n’hésitèrent pas à participer à la déstabilisation du Califat. En 1915. Le nouvel Empire ottoman n’était plus qu’un petit territoire de 120.000 kilomètres carrés, couvert en majeure partie de terres inexploitables. La Première Guerre mondiale achève son démembrement; les territoires arabes qu’il contrôle (Syrie, Palestine, Liban, Irak, Arabie) sont placés sous protectorat britannique et français (accord Sykes-Picot), le Caucase est perdu. Le traité de Sèvres du 10 août 1920, consacre le démembrement de l’Empire ottoman. La SDN confie les provinces arabes à la France et au Royaume-Uni. Il sera révisé par le traité de Lausanne du 24 juillet 1923, conclu avec la Turquie ‘moderne” d’Atatürk. Pour Norbert de Bischoff, ‘Ainsi s’effondrait après une chute sans égale, un des plus grands empires qu’ait connus l’histoire moderne.» (7)

La modernité génocidaire commence en 1492

Si nous voulons  en honnêtes courtiers rapporter les faits ou plutôt les méfaits d’Un Occident sûr de lui,  dominateur et dictant la norme, il nous faut remonter loin dans le temps pour comprendre cette pulsion de donner la mort aux peuples faibles ,sous couvert d’évangélisation, de civilisation  pour nous faire  entrer dans l’histoire pour utiliser une expression malheureuse    de Nicolas Sarkozy venu apprendre à Dakar ,aux Africains  de ne plus rêver  et d’entrée dans cette histoire que l’Occident a inauguré dit-on avec les grandes découvertes.. Ce fut la curée  synonyme de Règle des  trois C. Christianisation, Commerce, Colonisation . Il est sûr, écrit l’écrivain éclectique Kaddour M’Hamsadji, présentant l’ouvrage «L’Occident à la conquête du Monde» (8); que nous observons avec le grand historien français Marc Ferro, ce qu’il dénonce dans son «Livre noir du colonialisme, XVIe-XXIe siècles», quand il écrit: «Aujourd’hui, devant les famines qui menacent, les grandes puissances jouent les Ponce Pilate comme si elles n’étaient pas des agents de cet impérialisme multinational qui, sur les populations les plus faibles, resserrent les rets de la mondialisation. Un autre génocide, d’une certaine façon?» Mais, en vérité, «l’odieux prestige» de l’Occident impérialiste, dans tous ses états de terreur et de répression, aura commencé des siècles et des siècles plutôt dont celui où se sera inscrite l’année 1492. Cette date n’aura été qu’un repère bien «médiocre» sur son parcours vers la domination totale des peuples qu’il aura fallu convertir aux «valeurs de l’Occident»… »(9)

« À ce sujet, l’ouvrage «L’Occident à la conquête du monde» de Chems Eddine Chitour apparaît comme une étude riche en questionnements. «Le postulat de départ, écrit-il, est que l’Occident chrétien se veut être, à tort, le seul producteur de sens et de normes. […] Mais le régime colonial n’est pas seul en cause, pas plus qu’un antisémitisme allemand permet d’ignorer parfois l’extension des crimes contre des non-juifs et les ordres d’extermination mis en oeuvre avant 1914 contre les Hereros du Sud-Ouest africain.» «Décrire toutes les horreurs induites par la colonisation, sans décrire les fondements des processus de colonisation, ne pourrait permettre de savoir ce qui s’est réellement passé et pourquoi cela s’est passé.» En conclusion, ayant savamment «déconstruit notre imaginaire hérité».(9)

Des bons et des mauvais génocides

Dans le même ordre de la déconstruction/reconstruction du modèle occidental , une étude magistrale de Mohamed Abassa fait d’une façon élégante mais sans concession le procès de ce magistère occidental dixit adoubé par l’Eglise qui dit-il connaît l’histoire et ne se trompe pas. Il écrit:

«Le pape François, dont on devine l’immense bonté pour tout ce qui est chrétien, déplore et dénonce les trois génocides du siècle dernier: le massacre des Arméniens chrétiens, les massacres nazis contre les juifs et les massacres du stalinisme communiste, du Rwanda, du Burundi et du Cambodge. (…) Pourquoi être comptable de seulement trois génocides et autres suggérés accessoires par le non-dit, et pourquoi sur un seul siècle? Les Etats-uniens comptent, à eux seuls, plus de 2000 agressions militaires directes contre des pays souverains, 402 traités de paix par eux violés, et résultat de la course, plus de 50 millions d’êtres humains massacrés par leurs armées dans les cinq continents ». (10)

« Personnellement poursuit l’auteur, , le massacre d’un seul être humain pour le motif de ses idées, de sa peau, sa religion, sa race ou ses croyances constitue en soi un génocide. Tuer quelqu’un parce qu’il est juif, chrétien ou musulman, athée ou agnostique ou rien de tout cela, est un génocide. Qu’a fait la papauté de Pie XII pour dénoncer les massacres de civils algériens, 40.000, un véritable génocide, le 8 mai 1945, à Sétif? Rien». (…) Ces génocides des cinq derniers siècles où donc sont-ils passés dans la mémoire du saint pape? Sont-ils oubliés, gommés parce que l’Eglise, la chrétienté et l’Occident y sont impliqués jusqu’à l’os? L’occupation et l’évangélisation des Amériques par l’Eglise et les Européens, Anglais, Espagnols, Portugais, Hollandais et Français en tête, ont provoqué des millions de morts, des centaines de génocides! Qui en parle? Personne. Est-ce de bons génocides? Qui ne dit mot consent. Qui a exterminé, il y a moins de trois siècles, les Sioux, les Apaches, les Navarro, les Cheyenne, les Cherokee, les Creeks, les Iroquois, les Esquimaux? Tous massacrés, leur bétail aussi et leurs récoltes incendiées pour les faire mourir de faim et de maladies, pour les exterminer, éteindre à jamais leurs races. L’épopée du Far West n’est rien d’autre qu’une fumisterie cachant une multitude infâme de génocides dont l’Eglise était partie prenante.» «Epopées odieuses dont s’est inspirée l’armée coloniale française pour tenter d’éteindre à jamais la race algérienne, A l’arrivée, par la force, de la France en Algérie, la population algérienne était estimée entre sept et huit millions d’habitants. En 1920, elle était estimée par l’administration coloniale à sept millions d’individus alors que normalement elle aurait dû être atteindre statistiquement, sur la base d’un taux de progression démographique moyen, pendant un siècle, les 11 millions d’habitants. Où sont donc passés les quatre millions d’Algériens manquants selon les prévisions des calculs démographiques? C’est tout simplement les effets différés et cumulés de la politique de 100 ans d’exterminations,(…) Ce que qualifieront Victor Hugo, Jules Ferry et Alexis de Tocqueville de «marche de la civilisation sur la sauvagerie». Ce à quoi répliquera tranquillement l’Emir Abdelkader: «Non, messieurs des Misérables c’est votre sauvagerie qui marche sur notre civilisation. Je reconnais vos traces et vos passages à mes bibliothèques et livres brûlés.» (10)

Camille Loty Malebranche a bien raison d’écrire: «La seule morale des puissances occidentales, est leur prépondérance et au nom de celle-ci tout, même l’argument du divin et de l’humanisme humanitaire, est évoqué pour autoriser les guerres, les bombardements et les crises humanitaires dues aux pires détresses humaines. (…). L’Occident crée les conditions de multiples détresses dont il n’assume point sa sinistre responsabilité.»(11)

Les massacres de masses des Arméniens , n’ont pas jailli du néant, ils sont la conséquence es Nations occidentales qui ont donné l’illusion à l’Arménie , que la « bête était morte » et que la curée pouvait se faire sur la dépouille encore frémissante de l’empire ottoman  attaqué  de toute part depuis plus d’un siècle notamment après la bataille de Lépante où l’Eglise rameuta tous les croisés ; C’était en 1827. Ce fut ensuite, les attaques des grecs , des bulgares, ce fut ensuite l’ingérence directe dans   « la question d’Orient » où l’Angleterre et la France avaient tout fait pour exciter les Chrétiens, au point qu’ils subirent des massacres en Syrie ; On le répétera jamais assez ce fut un Musulman qui sauva les 3000 chrétiens, les logea les protégea les nourrit , jusqu’à ce que les émeutes s’arrêtèrent . Résultat des courses on imposa à l’empire un gouverneur chrétien pour s’occuper des Chrétiens  « Moutassarif » . Ce fut ensuite des prêts toxiques qui achevèrent de ruiner l’empire vermoulu, jusqu’à cette première guerre où l’Empire ottoman se rangea du mauvais côté. La guerre n’était pas encore terminée que les acolytes Sykes et Picot  commencèrent à se partager la dépouille …

En définitive,  Il ne sert à rien de nous devons ré étalonner les mots et convenir dorénavant que toute vie humaine perdue est une tragédie sans faire dans l’étalonnage par le nombre.   L’Occident a perdu tout magister moral  que les nations lui faibles lui avaient attribué. Il nous fait découvrir chaque jour sa nature ; Sous des mots doucereux,  Il nous sature l diode avec les Droits de l’Homme – en fait des Droits de l’Homme Occidental-  il nous berce d’illusions sans lendemain. Nous devons imaginer de nouvelles grilles de lecture, qui doivent nous aider à mieux appréhender le monde et ne plus développer des réflexes pavloviens au moindre stimuli des médias occidentaux  qui nous vendent un projet d’accaparement du monde au profit, non pas des couches laborieuses, même  dans ces pays occidentaux, mais au profit exclusif d’une oligarchie  qui tient les rênes du grand capital et partant de la marche du monde. Pour paraphraser  Jean Paul Sartre  quand les riches se font la guerre , ce sont les faibles qui meurent. Ceci à moins de résister et patiemment montrer qu’ il y a une alternative, que l’on peut coexister  ensemble sans s’étriper. Faisons la paix, malgré eux, unissons nous pour un monde meilleur.

 

Notes

1.Rosa Amelia Plumelle-Uribe  http://reseauinternational.net/la-deportation-de-noirs/ 25 04 15

  1. Bernard Lewis interview par J.P. Langellier, J.P. Peroncel-Hugoz Le Monde, 16.11.1993
  2.  http://www.tetedeturc.com/home/spip. php?article14#06

4.Chems Eddine Chitour  http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du _professeur _chitour/145022-les-politiques-dictent-l-histoire.html  24Décembre 2011

  1. Gilles Martin-Chauffier    http://www.armenews.com/article.php3?id_article=110466

6.http://www.alterinfo.net/Turcs-et-Kurdes-egalement-victimes-des-incidents-de-1915_a113196.html

  1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9 _de_S%C3%A8vres

8.Chems Eddine Chitour: L’Occident à la conquête du Monde. Edtions Enag 2010

9.Kaddour M´hamsadji http://www.djazairess.com/fr/lexpression/77879 23 – 06 – 2010

10.Mohamed Abassa http://www.algeriepatriotique.com/article/une-contribution-de-mohamed-abassa-des-bons-et-des-mauvais-genocides15 Avril 2015

11.Camille Loty Malebranche http://intellection.over-blog.com/2015/04/capitalisme-immanence-actuelle-d-une-hegemonie-colonialiste-exterminatrice.html

L’histoire aux sources de l’impérialisme: L’origine du génocide des nations natives d’Amérique…

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 24 octobre 2012 by Résistance 71

“Ma propre histoire personnelle ne peut pas être racontée, même dans sa forme actuelle abrégée, sans faire un retour en arrière longtemps avant ma naissance en 1944, en remontant à 1890 et 1876 et 1868 et 1851 et oui, jusqu’à toutes ces dates calamiteuses que furent les relations entre les hommes rouges et les hommes blancs, jusqu’à ce grave jour sombre, le plus sombre de toute l’histoire de l’humanité: le 12 Octobre 1492, le jour où notre grand malheur commença.”

“Voilà ce que l’American Indian Movement (AIM) fut et est toujours, ce n’est pas un complot subversif, pas une foule radicale, mais un collectif de leaders qui travaillent à l’unisson, utilisant des moyens matériels pour achever un but politique et spirituel: la survie de nos peuples… Il n’y a pas de suiveurs à l’AIM. Nous sommes tous des leaders. Nous sommes, chacun d’entre nous, une armée d’une personne, œuvrant pour la survie d’un peuple et d’une Terre, notre mère. Ce n’est pas réthorique. C’est une implication profonde. C’est ce que nous sommes.”

~ Leonard Peltier (activiste de l’AIM et prisonnier politique aux Etats-Unis depuis 36 ans, matricule # 89637-132. “Prison Writings, my Life is my Sun Dance”, 1999)

* * *

Pour comprendre ce qu’il se passe aujourd’hui, il faut comprendre ce qu’il s’est passé dans l’histoire. En cela, les livres d’histoire d’école et classiques ne sont que des aides à la compréhension chronologique de l’histoire, pas à sa compréhension socio-politique, puisque l’histoire officielle est cela: officielle. Elle est l’histoire que l’oligarchie veut que nous nous rappelions, sans faire de vagues, sans faire tanguer le bateau, l’histoire représentant la ligne du parti du consensus oligarchique. Lorsqu’on gratte le vernis historique et son décorum de préservation idéologique, on découvre la face hideuse de la bête immonde. Ce texte ci-dessous, écrit en 1542, soit 50 ans après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, nous expose ce que fut la réalité historique de la conquête du nouveau monde, loin du mythe organisé et perpétré des « aventures du navigateur Colomb ». Chaque phase de l’histoire possède ses archives, la vérité est là, il suffit d’aller la chercher.

Ce texte est important pour comprendre ce qu’il se passe aujourd’hui ou dans un passé pas si lointain. L’impérialisme n’est pas nouveau ; ses crimes non plus. tant que l’occident par les yeux et l’entendement de ses peuples ne verra pas ce qui se cache derrière l’histoire de salon écrite par vainqueurs et nantis, jamais rien ne pourra changer. Pour changer la société, il faut comprendre, c’est par la compréhension que l’on change d’attitude. Une fois les attitudes changées… TOUT est possible ! TOUT ! Pour cela il faut cesser d’avoir peur et apprendre à regarder la réalité, notre réalité, notre culpabilité eut égard du monde et de l’humanité, en face. Ne plus se dérober et accepter l’évidence: l’occident est une machine génocidaire, il l’était historiquement avant-hier, hier et l’est toujours aujourd’hui, il suffit de regarder l’état du monde actuel. Faisons la paix avec le monde si nous ne le pouvons avec nous-même devant tant de culpabilité. De là viendra le changement et de nulle part ailleurs: La vérité libère !

— Résistance 71 —

 

Bref rapport de la destruction des Indes*

par Bartolemé de Las Casas (1542)

 

Version espagnole: “Brevisima relacciòn de la destrucciòn de las Indias”

 

*par “Indes” Las Casas veut bien sûr dire l’Amérique ou le “nouveau monde”, sachant que pendant longtemps on a cru que Colomb avait découvert les Indes par la “route ouest”.

 

~ Traduction Résistance 71 ~

 

Les Indes furent découvertes en l’an mille quatre cents quatre-vingt-douze. L’année suivante, beaucoup d’Espagnols y allèrent avec l’intention de coloniser la terre. Ainsi, quarante neuf années se sont écoulées depuis que les premiers colons s’établirent sur la nouvelle terre, la première de ces terres et la plus joyeuse fut appelée Hispaniola (NdT: aujourd’hui Haïti), île qui a six cents lieues de circonférence (NdT: Une lieue espagnole du XVIème siècle correspondait à 6,687km, un pourtour de 600 lieues correspond donc à un petit plus de 4000km). Autour d’elle dans toutes les directions, se trouvent une multitude d’autres îles, certaines petites, certaines très grandes et toutes comme nous l’avons vu de nos propres yeux, étaient densément peuplées avec des populations locales appelées Indiens. Cette grande île était peut-être l’île la plus densément peuplée au monde. Il doit y avoir bien plus de deux cents lieues de terres arables sur cette île et les régions côtières ont été explorées sur plus de dix milles lieues et chaque jour encore plus de terre est explorée. Jusqu’ici, chaque lieue de terre explorée est comme une ruche d’abeilles concernant les gens qui y habitent. C’est un peu comme si Dieu avait concentré la plus grande majorité de la population mondiale sur ces terres.

Et de tout cet univers d’humanité, ces gens sont les plus innocents, les plus dénués de méchanceté et de duplicité, les plus obéissants et les plus fidèles à leurs maîtres locaux et aux Espagnols qu’ils servent. Ils sont par nature, les plus patients, les plus humbles, les plus pacifiques qui soient. Ils ne tiennent aucune rancœur, ne connaissent pas la dispute, ne sont ni excitables ni querelleurs. Ces gens sont les plus dénués de rancœur, de haine ou de désir de vengence de toutes les populations du monde. C’est parce qu’ils sont si faibles et complaisants qu’ils sont moins enclins à subir les rigueurs du travail forcé et meurent souvent de maladies. Les fils des nobles parmi nous, élevés dans les raffinements extrêmes de la vie, ne sont pas plus délicats que ces Indiens même ceux parmi eux qui ont le rang de vils travailleurs. Ils sont aussi pauvres, car non seulement ils ne possèdent pas grand chose, mais ne désirent rien posséder. Pour cette raison, ils ne sont ni arrogants, ni jaloux, ni veûles. Leurs repas sont tels, que la nourriture des saint pères dans le désert ne pourrait-être plus parcominieuse, frugale et pauvre. Quant à leur coutume vestimentaire, ils sont généralement nus avec seulement leur “pudenda” (NdT: parties génitales) couvertes d’une manière ou d’une autre et quand ils couvrent leurs épaules, c’est avec un carré d’étoffe pas plus grand que deux varas (NdT: La Vara espagnole de cette époque était de 83,5cm). Ils n’ont pas de lit et dorment sur un genre de matelas ou dans un genre de filet suspendu appelé barnacas. Ils sont très propres de leur personne, ils sont alertes et intelligents, dociles et ouverts aux doctrines, très capables de recevoir notre sainte foi catholique et de se comporter de façon pieuse. Lorsqu’ils entendent la parole divine, ils sont si avides d’en savoir plus et de recevoir les saints sacrements de l’église et de pratiquer le culte divin que véritablement, les missionnaires œuvrant ici doivent être bénis de la plus grande des patience divine afin de pouvoir tempérer tant d’ardeur et de foi. Quelques Espagnols séculiers qui sont ici depuis longtemps disent que la bonté des Indiens est indéniable et que si ces gens pouvaient être amenés à ne voir qu’un seul Dieu véritable, alors ils seraient les peuples les plus fortunés du monde.

Et pourtant, dans cette bergerie, dans cette terre de naufragés spirituels, vinrent des Espagnols qui commencèrent de suite à se comporter comme des bêtes immondes, des loups, des tigres ou des lions qu’on avait affamé pendant des semaines. Et les Espagnols ne se sont pas comportés autrement durant ces quarante dernières années, jusqu’à cette heure, car ils se comportent comme des bêtes haineuses, tuant, terrorisant, affligeant, torturant et détruisant les natifs, faisant tout cela avec les méthodes de cruauté les plus variées, dont on n’avait jamais entendu parlé ou vu auparavant et ce à un tel degré que cette île d’Hispaniola qui fut si peuplée (avec une population estimée à environ 3 millions de natifs), a maintenant une population indigène de l’ordre de deux cents personnes. (NdT: Ce qui représente par un calcul simple environ 75 000 Indiens tués de différentes manière: torture, meurtre, travaux forcés, maladies, esclavage et déportation, par année sur une seule île, Las Casas ne parle pas d’ailleurs ! ).

L’île de Cuba est presque aussi longue que la distance entre Valladolid et Rome, l’île est maintenant presque complètement dépeuplée. San Juan (Puerto Rico) et la Jamaïque sont deux des îles les plus productives et attractives, elles sont toutes deux maintenant désertées et dévastées. Dans la partie au nord de Cuba et d’Hispaniola se trouve les îles Lucayos voisines, regroupant environ une soixantaine d’îles incluant Gigantes et bien d’autres, certaines petites, d’autres plus grandes. Les meilleures d’entr’elles étaient plus fertiles que les magnifiques jardins du roi de Séville. Elles étaient les terres les plus saines du monde où vivaient plus de cinq cents mille âmes, elles sont maintenant désertées, inhabitées par la moindre créature vivante. Tous les gens ont été massacrés ou ont péri en captivité, déportés sur Hispaniola où ils ont été vendus comme esclaves. Quand les Espagnols se rendaient compte que certains avaient fuit, ils envoyaient un navire à leur recherche. Celui-ci voyagea trois années parmi les île à la recherche de ceux qui avaient fuit pour les massacrer. Un bon chrétien les aidait à s’enfuir et prenant pitié d’eux, les avait aidé à devenir de bons chrétiens. J’ai vu de mes yeux onze de ces personnes.

Plus de trente autres îles dans le voisinage de San Juan sont dépeuplées pour les mêmes raisons et la terre est inoccupée. Sur ces terres, j’ai estimé qu’il y avait environ 2100 lieues (environ 14 000km) de terres qui ont été ruinées et dépeuplées, vidées de toute personne.

Quant à l’intérieur des terres, si vaste, que cela représente au moins dix fois l’Espagne en incluant l’Aragon et le Portugal, contenant plus de terres que la distance entre Séville et Jérusalem ou plus de deux mille lieues, nous sommes sûrs que les Espagnols ont dévasté ces terres de leur attitude abominable et cruelle et ont exterminé les peuples rationnels qui y habitaient. Nous pouvons estimer très certainement que ces quarante dernières années ont vu le massacre de plus de douze millions d’hommes, de femmes et d’enfants, par l’action infernale des chrétiens. En vérité, je pense sans me tromper que le nombre des gens massacrés est plus proche de quinze millions.

Les manières les plus communes employées par les Espagnols qui s’appellent eux-mêmes des chrétiens et qui sont venus pour extirper ces pauvres nations et les effacer de la surface de la terre, sont les guerres sanglantes et cruelles. Ainsi, après avoir massacré tous ceux qui se battaient pour défendre leur vie ou pour échapper aux tortures horribles qu’ils auraient dû endurer, c’est à dire lorsqu’ils avaient massacré tous les jeunes hommes et leurs leaders (les Espagnols généralement épargnaient les femmes et les enfants, qui étaient ensuite sujets à la pire des servitudes jamais souffert par l’humain ou l’animal), ils réduisaient en esclavage les survivants. Avec ces méthodes tyranniques infernales, ils réduisaient et affaiblissaient un nombre important de ces pauvres nations indiennes.

Leur raison de tuer et de détruire un tel nombre infini d’âmes est que les chrétiens ont un but ultime, celui d’obtenir l’or et de gonfler leurs richesses en un laps de temps très court et ainsi pouvoir se hisser à des hauteurs sociales complètement disproportionnées à leur mérite véritable. Nous devons garder présent à l’esprit que leur ambition et veûlerie sans bornes, la plus grande jamais vu dans l’histoire, est la cause de leur méchanceté et de leurs crimes. De plus, ces terres sont si riches et bénies et les natifs si passifs et patients, si faciles à subjuguer, que nos Espagnols n’ont pas plus de considération pour eux que pour des bêtes.

Je dis tout ceci par la connaissance de tout ce dont j’ai été le témoin. Mais je ne derais même pas dire “que des bêtes”, tant ils ont manifesté plus de pitié pour les animaux, je devrais plutôt dire comme des excréments sur une place publique. Ainsi ils ont enlevé aux Indiens leur vie et leur âme, et des millions comme je l’ai mentionné, sont morts sans la foi et sans les bénéfices des saints sacfements. Ceci est un fait connu et prouvé admis en soi par les gouverneurs tyrans, eux-mêmes les tueurs. Jamais les Indiens de toutes les Indes n’ont commis d’actes contre les chrétiens espagnols, tandis que ces chrétiens ont d’abord commis des actes cruels et des agressions inombrables contre eux ou les nations voisines. Au début, les Indiens regardaient les Espagnols comme des anges tombés des cieux. Ce ne fut que bien après que les Espagnols ne commencèrent à utiliser la violence contre eux, les tuant, les volant, les torturant, que les Indiens se rebellèrent contre eux…

L’île d’Hispaniola fut la première île où les Espagnols arrivèrent comme je l’ai déjà dit. C’est là que ces chrériens perpétrèrent leurs premiers ravages et leurs premières oppressions contre les peuples natifs. Ce fut la première terre du nouveau monde a être détruite et dépeuplée par les chrétiens et là commencèrent-ils leur subjection des femmes et des enfants, qu’ils emmenèrent loin des Indiens pour les utiliser et en abuser, mangeant la nourriture que ceux-ci produisaient de leur sueur et de leur labeur. Les Espagnols ne se contentèrent pas de ce que les Indiens leur donnaient de leur propre bonne volonté, et en accord avec leur capacité, qui était toujours trop petite pour l’insatiabilité des énormes appétits espagnols, car un chrétien mange et consomme en un jour ce qui suffirait à nourrir trois maisons habitées par dix Indiens pour un mois. Ils commirent également des actes de violences et d’oppression qui firent réaliser aux Indiens que ces gens n’étaient pas descendus du ciel. Certains Indiens cachèrent leur nourriture tandis que d’autres cachaient leur femme et leurs enfants, tandis que d’autres s’enfuirent dans les montagnes pour échapper aux terribles interactions avec les chrétiens.

Et les chrétiens les attaquèrent avec rage et force coups, jusqu’à ce que finalement ils prirent les nobles des villages. Ensuite ils se comportèrent avec une telle honte que le plus respecté des leaders de ces îles a dû voir son épouse se faire violer par un officier chrétien.

A partir de ce moment là. Les Indiens cherchèrent des moyens pour se débarrasser des chrétiens et les rejeter de leurs terres. Ils prirent les armes, mais celles-ci étaient très faibles et de peu d’utilité offensive, encore moins défensive (c’est du reste à cause de cela que les guerres entre Indiens quand elles ont lieu, ressemblent bien plus à des jeux d’enfants). Les chrétiens sur leurs chevaux, armés de leurs épées et de leurs lances, commencèrent à massacrer les Indiens et à perpétrer des actes des plus cruels. Ils attaquèrent les villes et n’épargnèrent ni les enfants, ni les vieillards, ni les femmes enceintes, ni les femmes au lit après avoir accouché, non seulement en les frappant de leurs épées, les démembrant, les coupant en morceaux, comme s’il s’agissait de mouton dans un abattoir. Ils pariaient aussi entr’eux pour savoir qui d’un coup d’épée ou de lance, pourrait couper un homme en deux, lui couper la tête ou l’éviscérer d’un seul coup de lance.

Ils prirent les nouveaux nés du sein de leurs mères, les prenant par les pieds et les fracassant tête première sur la roche ou les saisissant par les bras et les jetant dans les rivières, s’esclaffant de rire et disant alors que les bébés s’enfonçaient dans l’eau: “Brûlez en enfer, vous les enfants du diable”. Ils passèrent d’autres enfants au fil de l’épée avec leurs mères et quiconque se trouvait à proximité. Ils construisirent des échafauds bas sur lesquels les pieds des victimes qui pendaient touchaient presque le sols, celles-ci étaient attachées par lot de treize, rappelant ainsi  notre sauveur et ses douze apôtres, puis ils mettaient le feu à du bois entreposé à leurs pieds et ainsi les brûlaient vifs. A d’autres, ils enroulaient leur corps dans de la paille et y mettaient le feu. Avec d’autres qu’ils voulaient garder vivants, ils leur coupaient les mains et les attachaient autour du cou des victimes en leur disant: “vas maintenant colporter le message”, ce qui voulait dire: portes la nouvelle aux Indiens qui ont fuis dans la montagne. Les Espagnols s’occupaient généralement des leaders indiens de la manière suivante:  Ils construisaient une grille métallique qu’ils suspensaient sur quatre piques fourchues. Ils y attachaient les victimes et alllumaient dessous un petit feu, ainsi petit à petit, alors que les victimes hurlaient de désespoir et de tourment, leurs âmes s’échappaient…

Après que les guerres et les massacres furent terminés, lorsqu’il ne survivaient plus que quelques jeunes garçons, quelques femmes et quelques enfants, les survivants étaient distribuées parmi les chrétiens comme esclaves. Le repartimiento ou la distribution était faite selon le rang et l’importance du chrétien auquel les esclaves étaient accordés. Certains en recevaient trente, d’autres quarante, d’autres encore cinquante et d’autres cent ou deux cents. En plus de son rang, on prenanit aussi en considération la faveur dans laquelle le tenait le tyran local appelé gouverneur. Le prétexte était que ces Indiens survivants devaient être instruits des articles de la foi chrétienne, comme si ces chrétiens qui étaient de manière évidente idiots, cruels, veûles et vicieux, pouvaient prendre soins des âmes ! Ce qu’ils firent demandait l’envoi des jeunes hommes dans les mines d’or, ce qui représente un travail épouvantable et d’envoyer les femmes dans les champs des grands ranches pour trimer la terre, travail en fait seulement faisable par des hommes dans la force de l’âge. Ils ne leur donnaient pour toute nourriture que des herbes et des légumes, des choses de peu de substance. Le lait maternel des mères se tarît et en peu de temps les jeunes enfants périrent tous. Comme les hommes et les femmes étaient séparés, il ne pouvait y avoir de relations maritales. Les hommes mouraient dans les mines et les femmes mouraient dans les ranches des mêmes causes: épuisement et faim. C’est ainsi que fut décimée cette île autrefois si densément peuplée.

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Bartolomé de Las Casas (Séville, 1471Madrid, 1566), est un prêtredominicainespagnol, célèbre pour avoir dénoncé les pratiques des colons espagnols et avoir défendu les droits des Amérindiens.

Bartolomé de las Casas est peut-être né en 1474 à Séville, mais d’autres historiens l’y font naître vers 1484 ou 1485. Il est le fils de Pedro de las Casas, modeste marchand qui appartenait semble-t-il à une lignée de juifs convertis par la contrainte après 1492, appelés marranes. À 9 ans, il voit le retour de Christophe Colomb à Séville après son premier voyage. Son père et son oncle ont participé au deuxième voyage de Colomb qui part de Cadix, le 25 septembre 1493. Bartolomé de las Casas a gardé une relation intime avec les fils de Colomb. Au retour de son père, il côtoie un esclave indigène et, en 1502, il part pour le nouveau monde avec le nouveau gouverneur. Il a alors 18 ans.

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