Archive pour gaza guerre du gaz

Géopolitique et guerre.. du gaz: Nouvelles menaces sur Gaza… et quelques rappels utiles sur le pétrole et le gaz

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Israël entend déclencher une nouvelle guerre contre Gaza

 

Press TV

 

21 novembre 2018

 

url de l’article: 

https://www.presstv.com/DetailFr/2018/11/21/580714/Netanyahu-Yahya-Sinwar-Yisrael-Katz-Guilad-Erdan-Israel-Hamas-Gaza-Palestine-guerre-occupation-Resistance

 

à lire aussi: Israël et le gaz naturel

 

Plusieurs ministres israéliens ont commencé à évoquer une option militaire contre la bande de Gaza et la réoccupation de cette région.

Le ministre israélien des Affaires stratégiques, Guilad Erdan a déclaré, mercredi 21 novembre au quotidien The Jerusalem Post, qu’Israël pensait, plus que jamais, à la réoccupation de la bande de Gaza.

« Israël est tout près d’une option militaire contre Gaza. Il pense à réoccuper cette région et à passer à l’offensive contre le Hamas. Cela signifie la reprise de l’assassinat des leaders du Hamas. On doit se préparer à prendre en charge les affaires de la bande de Gaza pour ainsi détruire les infrastructures du terrorisme », a déclaré Guilad Erdan.

Il a ensuite qualifié de « dévastateur » le retrait d’Israël de la bande de Gaza en 2005.

Le 12 septembre 2005, Israël s’est retiré complètement de la bande de Gaza. Les militaires israéliens déployés partout à Gaza ainsi que 9 000 colons israéliens ont ainsi été délogés.

Par ailleurs, Yisrael Katz, ministre israélien du Transport, a déclaré, pour sa part, qu’Israël était très proche d’une option militaire contre la bande de Gaza.

« On n’est pas loin d’une option militaire contre Gaza. Il n’y aura aucun plan B pour cela. Il faut un coup de poing en fer contre le Hamas pour détruire le terrorisme », a réaffirmé Yisrael Katz.

Il a ajouté qu’Israël devrait récupérer sa puissance de dissuasion qu’il avait perdue et que toutes les chances pour trouver une solution politique à Gaza avaient disparu.

De son côté, Yoav Galant, ministre israélien de la Construction et du Logement, a menacé de mort, Yahya Sinwar, chef de la Résistance dans la bande de Gaza.

Dans le même temps, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a implicitement évoqué une nouvelle guerre contre la bande de Gaza, lors d’une récente réunion hebdomadaire de son cabinet.

Des analystes suggèrent que Benjamin Netanyahu pourrait allumer la mèche d’une nouvelle guerre contre la bande de Gaza dans l’objectif de redorer son blason.

= = =

Note de Résistance 71: et aussi de faire main base sur le champ gazier au large de Gaza… La guerre du gaz fait rage dans la région.

Qui est derrière la marionnette Netanyahu et le sionisme moderne ?


Les 4 cavaliers de l’apocalypse pétrolière:
Exxon-Mobil / Royal Dutch Shell / Chevron-Texaco / BP-Amoco

Rappelons-nous également que tous les hydrocarbures plus lourds que le méthane ne sont pas « fossiles », mais abiotiques, qu’on ne peut pas les épuiser à l’échelle humaine et que leur prix n’est que purement spéculatif ! Nous vivons dans une supercherie totale qui a engendré des guerres et des millions de morts…

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Moyen-Orient guerre du gaz: Gaza, Chypre, Grèce, Italie, Qatar et entité sioniste

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Voir notre dossier “Syrie et la guerre du gaz” sur Résistance 71

 


Les 4 cavaliers de l’apocalypse pétrolière

 

Les clauses secrètes de l’accord gazier entre Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël

 

Réseau Voltaire

 

25 novembre 2018

 

url de l’article: http://www.voltairenet.org/article204084.html

 

Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël sont parvenus à conclure un accord sur la construction commune d’un gazoduc en Méditerranée. Il s’agira de l’ouvrage le plus long et le plus profond en mer. Il n’aura qu’une capacité modeste de 12 milliards de m3 par an. Estimé à 8 milliards de dollars, il devrait être mis en service dans 5 ans. Cependant la date de début des travaux n’a pas été annoncée.

L’Égypte, la Palestine, le Liban, la Syrie et la Turquie ne font pas officiellement partie de cet accord alors qu’ils sont concernés par le champ gazier découvert en 2011.

Note : la Turquie n’a aucun rapport avec ce champ, mais occupe Chypre-Nord qui est concerné par lui. En février 2018, la marine militaire turque avait empêché un navire d’exploration italien de sonder les fonds dans les eaux territoriales chypriotes du Nord. En juin, le président Recep Tayyip Erdoğan avait menacé toute entité qui s’aviserait d’entreprendre des recherches sans son autorisation dans cette zone occupée.

En réalité, il semble que le Hamas et l’Égypte soient parties prenantes à cet accord. 

  •  L’autorisation donnée au début du mois par Israël au Qatar de prendre en charge les fonctionnaires de Gaza serait la contrepartie de la reconnaissance par le Hamas de la frontière maritime de la Palestine tracée unilatéralement par Israël. Le gaz palestinien serait donc exploité par Israël et les droits reversés par le Qatar au Hamas. 
  •  Israël a également signé un accord avec l’Égypte pour lui exporter du gaz. Cet accord parallèle a été conclu via la société East Gas, dont les services secrets égyptiens sont l’actionnaire majoritaire. Là encore, du gaz offshore égyptien serait exploité par Israël, puis ré-acheminé en Égypte pour y être liquéfié et exporté.

Ces contournements visent à masquer les contradictions entre les rhétoriques officielles des dirigeants et la réalité de leurs pratiques.

L’ensemble de ces accords a été parrainé par l’Union européenne et le Qatar.

=*=*=

Note de Résistance 71:

Rappelons ici que qui dit Qatar dit automatiquement Exxon-Mobil, un des 4 cavaliers de l’apocalypse pétrolière, représentant les intérêts de la famille Rockefeller.

Dans les années 1970, Exxon-Mobil (les Rockefeller) se sont offerts un pays: le Qatar, dont ils exploitent les ressources gazières. Les champs gaziers de cette région sont énormes et sont divisés entre le Qatar et… l’Iran. Inacceptable.

Autre petit rappel: en 2009, le président syrien Al Assad refuse au Qatar, donc à Exxon-Mobil, le droit de faire passer un gazoduc sur le territoire syrien pour ravitailler l’Europe via la Turquie et concurrencer les exportations de gaz russe vers l’UE. Moins de 2 ans plus tard en 2011, la Syrie est attaquée par proxy par les mercenaires des services impérialistes sionistes et “Assad doit partir” devient la litanie officielle.

Nous l’avons dit et publié il y a plusieurs années et le répétons: la guerre de Syrie, les diverses guerres tentés au Liban et à Gaza ont toutes la même origine: l’exploitation du gaz, qui devient le nouvel eldorado énergétique. Tout le reste n’est que poudre aux yeux et écran de fumée pour gogos naïfs.

 

Guerre énergétique: Israël et la solution finale pour le gaz de Gaza…

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Les ambitions énergétiques d’Israël nécessitent une solution finale à Gaza

Nafeez Ahmed

22 décembre 2015

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15802

 

Articles connexes:

Gaza du sang et du gaz

Gazprom et le gaz d’Israël

 

« Rien ne pouvait me préparer à ce que j’ai vu aujourd’hui. La destruction est indescriptible », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, lors de sa visite de la bande de Gaza en octobre.

L’opération « Bordure Protectrice », l’incursion militaire israélienne à Gaza l’été dernier, a causé des destructions sans précédent dans l’étroite bande de terre habitée par 1,8 million d’habitants. L’opération a endommagé ou détruit plus de 100 000 habitations, affectant plus de 600 000 Palestiniens, soit un tiers de la population.

« Tondre l’herbe »

« La ville est tout simplement inhabitable », a déclaré le maire de Beit Hanoun, Mohammed Al-Kafarna. « Il n’y a plus d’électricité, plus d’eau, plus de moyens de communication. Il nous manque l’essentiel pour vivre. » Un des principaux égouts, qui dessert près d’un demi-million d’habitants, a été coupé, déversant de grandes quantités d’eaux usées dans la mer et dans les champs.

En 2012, un rapport des Nations unies prévenait que Gaza ne « serait pas vivable d’ici 2020 ». L’année suivante, le durcissement du blocus à Gaza par Israël a poussé Filippo Grande, commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), à déclarer que « Gaza devient rapidement inhabitable ».

Les bombardements massifs de Gaza par Israël cet été ont rapproché cette perspective. Et ce n’est pas un hasard. Les représentants israéliens ne l’admettront pas mais des déclarations de personnalités proches du gouvernement Netanyahou permettent de déduire qu’il s’agit là d’un objectif stratégique.

Démanteler Gaza

« La seule solution durable », écrit Martin Sherman dans le Jerusalem Post pendant l’assaut de cet été, est de « démanteler Gaza, organiser un transfert humanitaire des populations arabes non combattantes, et étendre la souveraineté d’Israël sur Gaza ». En bref, la recette du nettoyage ethnique et de la colonisation. Dans son article, Sherman regrette que le gouvernement israélien soit freiné par le discours politique des « gauchistes » non élus qui prônent « l’idée d’une solution à deux Etats et le principe de la terre contre la paix », deux idées devant être rejetées, selon lui.

Pour Martin Sherman, la stratégie actuelle qui consiste à « tondre l’herbe » périodiquement (« une nouvelle série de combats à chaque fois que la violence palestinienne atteint un niveau qu’Israël considère inacceptable ») doit être remplacée par une solution définitive : « L’herbe doit être arrachée – une bonne fois pour toutes. »

Sherman n’est pas le seul à le penser. Au contraire, ses idées sont de plus en plus représentatives de la vision des plus hauts représentants du cabinet israélien. Martin Sherman est le directeur et fondateur de l’Institut israélien d’études stratégiques (IISS), qui a pour ambition de poser « les fondements d’un nouveau paradigme sioniste énergique ». Son programme a reçu le soutien de dirigeants israéliens clés, dont Yaakov Amidror, conseiller à la sécurité nationale d’Israël jusqu’en 2013, Uzi Landau, ministre du Tourisme et ancien ministre de l’Energie, et Moshe Ya’alon, vice-Premier ministre et actuel ministre de la Défense.

Colonisation

Ces relations révèlent des aspects cruciaux de la politique de sécurité israélienne. Yaakov Amidror, par exemple, a longtemps défendu l’idée selon laquelle Israël devrait occuper directement Gaza « pendant plusieurs années » afin d’empêcher que le « Hamas ne se renforce et devienne une entité similaire au Hezbollah ».

Son successeur, Yossi Cohen, qui a supervisé avec Ya’alon l’opération « Bordure protectrice » et a servi par le passé comme responsable adjoint du Shin Bet (l’agence de sécurité intérieure israélienne), a déclaré à la radio de l’armée israélienne que l’opération avait réussi à créer les conditions permettant à l’Autorité palestinienne de reprendre le pouvoir à Gaza aux dépens du Hamas, ajoutant que ce dernier devait être « démilitarisé ».

Le ministre des Affaires étrangères israélien, Avigdor Lieberman, approuve : « Tant que le Hamas contrôle Gaza, nous ne serons pas en mesure d’assurer la sécurité des citoyens israéliens du sud et nous ne pourrons parvenir à un accord de paix. » Lors du dernier assaut sur Gaza, Lieberman prônait la réoccupation par Israël de la bande côtière pour mettre fin aux attaques de roquettes.

L’Etat palestinien : une menace pour l’hégémonie énergétique israélienne ?

L’avis de Sherman est également partagé par Uzi Landau, actuellement ministre du Tourisme et ancien ministre de l’Energie et de l’Eau de 2009 à 2013. Lorsqu’il occupait ce poste, Landau était chargé de superviser les politiques d’Israël en matière de ressources naturelles, en particulier les politiques liées aux découvertes de gaz et à son exportation. En 2011, quand l’Autorité palestinienne faisait campagne pour la reconnaissance d’un Etat palestinien aux Nations unies, Laudau annonçait sur une radio israélienne qu’Israël devait déclarer de façon unilatérale sa souveraineté sur la vallée du Jourdain, les colonies de Cisjordanie et la bande de Gaza afin de contrecarrer la démarche de l’Autorité palestinienne. Il fut également dépêché par le ministère des Affaires étrangères au Chili, en Colombie et en Australie pour faire pression contre la campagne de l’Autorité palestinienne à l’ONU.

Pourquoi Landau, alors ministre de l’Eau et de l’Energie, a-t-il été missionné pour lutter contre la création d’un Etat palestinien ? La réponse est peut-être liée aux importantes découvertes de gaz réalisées par Israël ces dernières années. En décembre 2010, la compagnie pétrolière texane Noble Energy a annoncé qu’elle avait découvert plus de 7,5 milliards de mètres cubes de gaz dans le gisement maritime du Léviathan (réévalué, il y a peu, à un peu plus de 5 milliards de mètres cubes). Une étude géologique américaine de l’USGS avait estimé en début d’année que le bassin du Levant, qui englobe les territoires maritimes d’Israël, de la Syrie, du Liban, de Chypre et de Gaza, renfermait 37 milliards de mètres cubes de gaz techniquement exploitable. C’est « plus important que toutes les estimations que nous avons effectuées aux Etats-Unis », avait alors déclaré un porte-parole de l’USGS.

Les conseillers de Landau préviennent que les ressources en gaz d’Israël pourraient s’épuiser rapidement

Les nouvelles découvertes de gisement de gaz pourraient permettre à Israël de devenir une puissance exportatrice de gaz, ce qui aurait des conséquences importantes pour la région. Mais il y a de potentiels écueils.

En 2012, les directeurs de recherche du ministère de l’Energie et de l’Eau avaient alerté le gouvernement qu’Israël ne disposerait pas de ressources en gaz suffisantes pour répondre à la fois à la demande intérieure et à la demande internationale. Se référant à un écart de « 100 à 150 milliards de mètres cubes entre les projections de consommation présentées au comité et les projections les plus récentes », ils indiquaient que « les réserves de gaz d’Israël sont susceptibles de durer moins de quarante ans ».

Selon eux, d’ici 2055, même si Israël décidait de ne pas exporter de gaz, elle épuiserait entièrement ses réserves maritimes. Si en outre Israël exportait des quantités importantes de gaz, et s’il s’avérait que son gaz ne pouvait être extrait à un coût commercialement attractif, alors l’épuisement des ressources pourrait survenir bien avant. « Plus nous consommerons de gaz maintenant, plus vite nous aurons besoin d’importer du gaz ou du pétrole, ou de trouver des technologies alternatives. »

Le journal Haaretz indique que Landau et ses collègues ont accordé suffisamment de crédit à ce rapport pour ne pas le communiquer au comité chargé de définir la politique d’exportation de gaz d’Israël.

Menace de guerre

Pour compliquer davantage la donne, une quantité importante des récentes découvertes de ressources en gaz et en pétrole qu’Israël revendique comme siennes se situent dans des eaux territoriales disputées, dont les limites n’ont pas été clairement définies.

Au cours de l’été 2010, Landau a déclaré qu’Israël « n’hésiterait pas à faire usage de la force » pour protéger ses découvertes en gaz offshore. Il répondait à des affirmations selon lesquelles les gisements du Léviathan s’étendaient jusqu’aux eaux territoriales libanaises.

De la même façon, deux gisements maritimes, déjà en cours d’exploitation par Israël, se trouvent en partie dans les eaux territoriales de Gaza, aux dires de l’Autorité palestinienne. Il s’agit du gisement Mari-B, presque épuisé, et Noa North, tous deux exploités par Noble Energy.

Le gaz de Gaza : clé de la paix ?

En mars 2014, quelques mois avant le lancement par l’armée israélienne de l’opération « Bordure protectrice » à Gaza, le fonds Marshall pour l’Allemagne des Etats-Unis a publié un document de politique générale sur les intérêts d’Israël dans les gisements de gaz à Gaza. Ce document a été rédigé par Simon Henderson, responsable du programme « Golfe et politiques énergétiques » au Washington Institute for Near East Policy (WINEP), connu pour son influence sur les décideurs de la politique étrangère américaine. Les membres actuels et passés du WINEP ont joué des rôles importants dans les différentes administrations américaines, y compris celle d’Obama. En outre, certains de ses anciens membres ont travaillé pour différentes agences du gouvernement américain sur la politique étrangère au Moyen-Orient.

Le document d’Henderson cible tout particulièrement le gisement Gaza Marine, où plus de 30 milliards de mètres cubes de gaz ont été découverts par BG Group en 2000. Gaza Marine pourrait subvenir aux besoins en énergie des Palestiniens pendant près de vingt ans. Bien que l’élection du Hamas en 2006 ait laissé les négociations sur le gaz entre Israël et l’Autorité palestinienne au point mort, « fin 2011-début 2012, on a observé un regain d’intérêt israélien à trouver un moyen d’exploiter le gaz naturel de Gaza Marine », écrit Henderson.

En 2013, la diplomatie internationale s’est davantage intéressée à la question. L’envoyé du Quartet pour le Moyen-Orient, Tony Blair, et le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, ont considéré que Gaza Marine devait faire partie intégrante du futur accord de paix. En octobre 2013, des représentants israéliens ont admis que le gouvernement israélien « soutenait fortement » le projet. Toutes ces informations ont été corroborées par des documents du ministère des Affaires étrangères britannique, divulgués au titre de la loi sur la liberté d’accès à l’information.

Les visées israéliennes sur Gaza Marine incluent une série d’options. Mis à part le fait qu’exploiter ces gisements permettrait à l’Autorité palestinienne d’augmenter considérablement ses revenus, « faire usage de ce gaz permettrait à Israël de réduire la part de son propre gaz naturel utilisée pour fournir les Palestiniens en électricité », a souligné Henderson. L’utilisation de ce gaz diminuerait aussi légèrement la dépendance d’Israël vis-à-vis des gisements contrôlés par le groupe Noble Energy/Delek, qui détient les licences d’exploitation du gisement de Tamar et de tous les autres gisements susceptibles d’être exploités dans les prochaines années.

Le gaz de Gaza, poursuit Henderson, « pourrait ravitailler le principal réseau de distribution de gaz naturel israélien, alimentant ainsi les centrales électriques et usines pétrochimiques à travers [Israël]. Le gaz pourrait aussi être utilisé pour les centrales de Gaza et même celles de la Cisjordanie. Dans cette dernière configuration, le gaz naturel provenant de Gaza Marine serait acheminé vers une centrale électrique israélienne pour produire de l’électricité, qui serait ensuite livrée à la Cisjordanie ».

Le gaz de Gaza : clé des exportations ?

L’importance stratégique de Gaza Marine comporte une autre dimension : les ambitions énergétiques d’Israël. Ariel Ezrahi, conseiller pour l’énergie auprès du représentant du Quartet à Jérusalem-Est, Tony Blair, y avait fait allusion. Pour lui, c’est avant tout en raison de l’opposition des populations arabes en Jordanie, Egypte, Turquie et ailleurs qu’Israël ne peut devenir une puissance régionale exportatrice de gaz.

Cette opposition pourrait cependant être surmontée si Israël trouvait un moyen d’intégrer le gaz de Gaza dans l’équation de sa politique d’exportation, afin d’obtenir que les populations arabes jugent acceptables des accords gaziers avec Israël. « […] il serait judicieux pour Israël de prendre au moins en considération la contribution palestinienne à ces accords », a déclaré Ezrahi. « Je pense que c’est une erreur pour Israël de se précipiter vers des accords régionaux sans au moins prendre en compte la dimension palestinienne et la façon dont elle peut contribuer aux intérêts israéliens. » Israël devrait utiliser Gaza Marine « comme un atout pour être admis dans l’échiquier énergétique régional et comme un pont vers le monde arabe », en vendant le « gaz [palestinien] sur différents marchés » ou en favorisant un accord avec les entreprises qui exploitent les « gisements [israéliens] de Tamar et Léviathan, permettant de vendre à bas coût du gaz à l’Autorité palestinienne ».

Hamas : l’obstacle

Pour Israël, l’existence du Hamas demeure l’obstacle principal à ces différents scénarios. Selon Simon Henderson, « le principal défi à la vision du secrétaire d’Etat John Kerry réside dans le fait que les gisements de gaz naturel de Gaza Marine se trouvent au large de la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, dont l’autorité n’est pas reconnue par l’Autorité palestinienne à Ramallah [et que] les Etats-Unis considèrent comme une organisation terroriste [avec qui ils] ne peuvent légalement coopérer. »

En d’autres termes, selon l’approche des faucons israéliens et des membres du Quartet (les Etats-Unis, l’Union européenne, les Nations unies et la Russie), l’obstacle principal au plan de paix et aux ambitions d’Israël de devenir une puissance énergétique régionale incontournable est la présence persistance du Hamas à Gaza.

En 2007, le ministre de la Défense Ya’alon a indiqué dans un document de stratégie de première importance qu’il n’y a qu’une façon de régler le problème : « Il est clair qu’à moins de mener une opération militaire globale visant à mettre fin au contrôle du Hamas sur Gaza, aucuns travaux de forage ne pourront être entrepris sans l’aval du mouvement islamiste radical. » Ya’alon est un autre membre du gouvernement israélien qui soutient l’initiative de Martin Sherman de l’IISS.

Depuis, les opérations militaires israéliennes qui se sont succédées, y compris l’opération « Bordure protectrice », ont eu pour objectif d’affaiblir le pouvoir du Hamas à Gaza en faisant payer le prix à l’ensemble de la population civile. En détruisant les infrastructures clés de Gaza par le biais d’une force militaire excessive, Israël a rendu Gaza pratiquement « inhabitable », et ainsi accéléré le processus.

Etrangler Gaza

Le nouvel accord de cessez-le-feu signé avec le Hamas après l’opération militaire a permis à Israël de renforcer son siège sur la bande de Gaza par des mesures encore plus draconiennes. L’accord prévoit notamment une réoccupation militaire partielle de Gaza à travers le maintien d’une zone tampon de 100 mètres à l’intérieur de la bande costale ; un comité conjoint formé par Israël, les Nations unies et l’Autorité palestinienne chargé de superviser le processus d’autorisation d’entrée de marchandises à l’intérieur de Gaza ; et un contrôle strict des importations de matériel de construction, ainsi que de leur utilisation à l’intérieur de la bande de Gaza, afin de garantir qu’il ne sera pas utilisé par le Hamas pour construire des « tunnels de la terreur » et des armes. Lors de la négociation de l’accord, la priorité majeure d’Israël était de faire de la démilitarisation totale de Gaza une condition préalable à sa reconstruction et réhabilitation.

Dans le cadre de ce dispositif extraordinaire, Gaza sera constamment surveillée par des drones israéliens. En outre, le comité de supervision dirigé par l’Autorité palestinienne et les Nations unies transmettra à une base de données israélienne des informations détaillées sur chaque foyer requérant du matériel de reconstruction. Israël se réservera le droit d’accepter ou non les demandes après examen minutieux de ces données personnelles.

Dans ce contexte, la décision de la Cour européenne de retirer le Hamas de la liste des groupes terroristes ainsi que la nouvelle résolution du Parlement européen apportant un soutien « de principe à la reconnaissance de l’Etat palestinien et à la solution fondée sur deux Etats » prennent un sens nouveau.

Pour aller de l’avant, ce qu’il reste de la vision avortée de Kerry et du Quartet pour la « paix », qui comprenait l’exploitation du gaz de Gaza, nécessite que les capacités militaires du Hamas – déjà infimes par rapport au budget militaire israélien de 15,5 milliards de dollars – soient réduites au point de devenir totalement négligeables.

Les dernières mesures de l’Union européenne semblent destinées à encourager les Palestiniens et le Hamas à se plier à cette vision d’une bande de Gaza accommodante et démilitarisée, en tant qu’étape vers une solution à « deux Etats » dominée et contrôlée par Israël. Cela, ce serait la carotte. Le bâton serait la menace agitée par Israël de faire usage de la force pour briser Gaza et en faire un no-man’s land inhabitable, scénario dans lequel les Etats-Unis et l’Union européenne sont complices à travers l’aide commerciale et militaire considérable qu’ils accordent à Israël.

 

* Nafeez Ahmed est un Britannique d’origine bangladaise, journaliste d’investigation dans le domaine de ce qu’il appelle la « crise de civilisation » et chercheur spécialiste des questions de sécurité internationale. Lauréat du « Project Censored Award for Outstanding Investigative Journalism » pour son reportage au Guardian à l’intersection entre écologie, crise énergétique et économique mondialisées et conflits géopolitiques locaux, il écrit pour de nombreux journaux, dont le Monde Diplomatique. Il est notamment l’auteur de « A User’s Guide to the Crisis of Civilization, and How to Save It » et de « La Guerre contre la liberté : Comment et pourquoi l’Amérique a été attaquée le 11 Septembre 2001 » (éd. Demi-Lune). Suivez-le sur Facebook et Twitter @nafeezahmed et sur son blog : « The Cutting Edge ».

Résistance politique: Guerre du gaz au Levant ou une mascarade de plus… Quand Gazprom va exploiter le plus grand gisement gazier d’Israël…

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“Nous n’avons pas d’amis ou d’ennemis permanents, nous n’avons que des intérêts permanents.”

~ Henry Kissinger ~

“Ne faites jamais rien contre votre conscience même si l’État vous le demande.”

~ Albert Einstein ~

“La désobéissance civile n’est pas un problème quoi qu’en disent ceux qui prétendent qu’elle menace l’ordre social et mène à l’anarchie. Le vrai danger, c’est l’obéissance civile, la soumission de la conscience individuelle à l’autorité gouvernementale.”

~ Howard Zinn ~

 

Moyen-Orient: Guerre du gaz, redistribution des cartes géopolitiques ou les deux mon adjudant ?

Petit coup d’œil sur les dessous du cirque du marché des hydrocarbures, nerf des guerres impérialistes.

 

Résistance 71

 

20 décembre 2015

 

Depuis environ 2013, les médias alternatifs mentionnent occasionnellement ce qui semble être la racine de la guerre par procuration se déroulant depuis 2011 en Syrie et impliquant les grandes puissances occidentales de l’empire anglo-américain à la solde de la City de Londres et de Wall Street ainsi que leurs vassaux des royaumes rétrogrades du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar, Emirats Arabes Unis) et leur gendarme local qu’est Israël, à savoir que l’origine de l’attaque par procuration contre la république arabe syrienne s’est mise en place suite au refus en 2009 de son président Bashar Al-Assad envers l’émir du Qatar, de laisser passer un gazoduc à travers la Syrie, gazoduc qui relierait le Qatar à l’Europe pour la livraison de gaz naturel.

La Syrie étant un allié indéfectible de la Russie depuis l’ère du père de Bashar, Hafez al-Assad, qui était l’allié de longue date de l’URSS, il est facile de concevoir que la Syrie n’a pas voulu favoriser le Qatar au détriment de son allié russe, qui fournit des millions de m3 de gaz à l’UE chaque année. Le gaz naturel semble être la nouvelle commodité spéculative de l’oligarchie capitaliste monopoliste et tout est fait pour que le gaz prenne une place prépondérante dans la course à l’énergie meurtrière et polluante planétaire. Nous avons du reste mentionné ceci à plusieurs reprises sur ce blog. Or, qui possède le plus de gaz naturel au monde, qui l’exploite et en profite au mieux ? Les trois plus gros producteurs, exportateurs de gaz naturel au monde sont la Russie, l’Iran et le Qatar. Nous avons présenté les acteurs majeurs de cette industrie grandissante dans un article précédent. Ils sont rappelons-le: GazProm pour la Russie, la National Iranian Oil Company (NIOC) et ses succursales pour l’Iran et Exxon-Mobil pour le Qatar. A ce sujet, le roitelet qatari ne s’avère être qu’une marionnette dont la famille a vendu le pays à Exxon-Mobil quasiment dès “l’indépendance” achevée en 1971. Exxon-Mobil possède de vastes parts dans les compagnies gazières ‘nationales’ du Qatar. Exxon-Mobil, rappelons le également, n’est autre que la Standard Oil, création de la famille Rockefeller qui fit peau neuve après la seconde guerre mondiale, pour la raison que la Standard Oil fut une grande coopératrice du régime de l’Allemagne nazie (tout comme bien des entreprises et banques anglo-américaines ainsi que la synarchie française du reste…) et du régime soviétique. Exxon-Mobil, les intérêts Rockefeller, se sont payés un petit pays au richissime potentiel gazier qu’ils exploitent depuis lors, reversant des royalties aux émirs marionnettes pour qu’ils flambent (sans jeu de mot) et appliquent des politiques au service de leur maître payeur Exxon-Mobil, comme par exemple le financement de campagnes électorales en France et ailleurs, l’achat de patrimoines nationaux, en France et ailleurs, les investissements massifs en bourse dopant les marchés spéculatifs se rendant ainsi “indispensables” comme sur celui du CAC40 entr’autres… et tout dernièrement, en finançant une armée mercenaire en partenariat avec l’Arabie Saoudite cousine, pour faire tomber les régimes réfractaires à la domination impérialiste qu’ils représentent avec Israël au Moyen-Orient, comme la Libye et la Syrie, puis à terme l’Iran. Ainsi naquît l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), ex-Al Qaïda en Irak (AQI), qui depuis s’est métamorphosé avec l’aide militaire et bureaucratique de l’empire en “État Islamique” ou Daesh.

Dans cet entrefait, de très gros gisements gaziers ont été découverts en Méditerranée, dont certains sont déjà en cours d’exploitation comme à Chypre et en Israël où les champs de Mari B, Tamar et Dalit sont déjà opérationnels, exploités par un autre futur géant du gaz, l’américaine Noble Energy de Houston, qui semble être indépendante, mais dont nos recherches montrent un bureau directeur en provenance de la General Electric et surtout de Shell (intérêts Rothschild) en la personne de son vice-président exécutif Kenneth Fisher.

Les champs gaziers de Mari-B sont très proches de Gaza et il est d’ores et déjà avéré qu’au large de Gaza se trouve également un champ gazier d’importance, en fait toute la côte de la Palestine et probablement les sous-sols au sec, sont bourrés d’hydrocarbures dont le gaz naturel fait partie. Le champ gazier de Tamar et Dalit sont eux proches de la frontière libanaise et il ne fait aucun doute que de grosses poches de gaz se trouvent au large des côtes libanaises. La Palestine, sous sa forme actuelle “israélienne” possède également un énorme champ gazier qui n’est pas encore en exploitation: Léviathan, qui se situe dans les eaux territoriales “israéliennes” (palestiniennes) à mi-chemin entre la Palestine et Chypre.

Il a été prévu de commencer l’exploitation de ce champ gazier en 2017-18. Nous parlons ici ce réserves gazières de quelques centaines de milliards de m3 de gaz, probablement autant dans les eaux libanaises et des champs ont été trouvés en Syrie.

L’enjeu du contrôle de cette région est énorme pour l’oligarchie, car si un groupuscule de personnes peut contrôler les sources d’énergie et de nourriture de la planète, que pensez-vous qu’il s’en suivra ?…

De plus, de nouvelles sources pétrolières ont été trouvées au Levant et il s’avère que près de 90% de cette manne se trouve… en Syrie ! Tiens donc…

Résumons-nous: la guerre par procuration en Syrie commence en 2011 suite au refus du gazoduc qatari d’Assad en 2009. A partir de là “Assad doit partir!” sera le slogan propagandiste.

Le Qatar, aux ordres d’Exxon-Mobil se venge en finançant, avec l’Arabie Saoudite (Aramco a pour associé Exxon-Mobil entre autre) une légion mercenaire “djhadiste” venant alimenter les rangs d’AQI, créant AQ en Syrie (Front Al-Nosra), à terme AQI et une partie des mercenaires d’Al Nosra (AQS), payés plus cher grâce à la manne du pétrole volé transitant par la Turquie, joignent leurs forces et deviennent l’EIIL en Irak, traversent la frontière et débordent en Syrie puis deviennent l’EI ou Daesh, sous le commandement d’un irakien recruté par la CIA dans un camp en Irak et envoyé se former en Israël avec des fonds saudo-qatari: Ibrahim Al-Baghdadi, qui soit dit en passant, termine bon second de la convoitée “personnalité de l’année” 2015 du “Times” magazine derrière Angela Merkel. Des trucs pareils… çà ne s’invente pas !…

Depuis 2011, la Russie fait front et soutient sans défaillir son allié de très longue date syrien contre l’invasion de l’occident par sa légion mercenaire “djihadiste”. La guerre par procuration et non pas la “guerre civile” comme cela est présenté par la presse occidentale, complice de l’agression et couvrant l’affaire de la propagande “humaniste” habituelle et du refrain éculé du “méchant dictateur massacrant son peuple qui doit partir,” l’occident intervenant pour aider le “peuple à se libérer” du tyran, cette guerre donc qui fait rage en Syrie, a depuis son commencement, fini par impliquer directement la Russie, le Liban (les forces des milices du Hezbollah protégeant les frontières et l’intégrité du territoire libanais), l’Iran et des conseillers militaires des forces des Gardiens de la Révolution, la Syrie bien sûr qui défend son sol et son patrimoine, Israël qui entraîne et soigne les terroristes de l’EI et qui œuvrent pour les intérêts de ses créateurs occidentaux, la Turquie et la Jordanie, qui font office de bases arrières pour les terroristes de Daesh, fournissent de la logistique payée par les pétrodollars saudo-qatari et ceux du pétrole volé et revendu par la filière de marché noir montée par la famille du président turc Erdogan et quelques généraux turcs mafieux.

Le tout sur fond de guerre du gaz naturel.

Pourtant, ce que peu de personnes savent ou ce que beaucoup feignent d’ignorer, c’est que derrière le théâtre des opérations de cette guerre par procuration se cache des intérêts et des alliances économico-géopolitiques d’importance. Il y a la façade et la réalité.

Voyons la façade succintement: Après l’agression et le renversement réussis de la Libye en 2011, l’occident s’est retourné contre la Syrie et y a déclenché une guerre par procuration sous le thème que le “dictateur Assad doit partir” pour y mettre au pouvoir une clique de la secte wahabbite des frères musulmans répondant aux désirs de l’empire. Très vite, la guerre implique les forces syriennes et les milices civiles pro-gouvernement contre les terroristes islamistes sponsorisés, formés et entraînés dans des camps en Turquie et en Jordanie par les forces d’encadrement américano-anglo-françaises sous financement saudo-qatari. Très vite la Russie, l’Iran et son allié indéfectible libanais du Hezbollah s’impliquent. Puis, une manœuvre de déstabilisation est déclenchée en Ukraine aux portes de la Russie, pays qui voit le gouvernement pro-russe renversé par un coup d’état fomenté par l’OTAN. Passons sur les détails connus, mais revenons sur un détail quasiment passé inaperçu à l’époque, sous la forme d’un communiqué de Shell et BP en Avril 2014 déclarant en substance que quoi qu’il arrive en Ukraine, les accords d’exploration et d’exploitation passés avec les entreprises russes (Rosneft, Gazprom) ne seront pas remis en cause. Bref, les affaires continuent quoi qu’il arrive.

Au Levant, si Noble Energy de Houston exploite le champ gazier israélien de Tamar, le contrat pour l’exploitation sur 25 ans de l’énorme champ du Léviathan est accordé en Février 2013 à l’entreprise russe de Gazprom !

Ainsi, la Russie et Israël sont “adversaires” en Syrie sur le terrain des opérations guerrières, la Russie et les Etats-Unis sont rivaux et adversaires en Syrie de la même manière, mais la russe Gazprom a fait affaire avec Israël pour l’exploitation du Léviathan, fin 2013, apparemment court-circuitant Exxon-Mobil et Shell ou alors ces dernières cherchant à impliquer la Russie via Gazprom dans son giron au cœur de débat Moyen-Oriental: la Palestine !

Plus logiquement la firme russe SoyuzNeftGaz décroche le contrat d’exploitation pour le gaz et le pétrole en réserve en Syrie fin décembre 2013 et les géants des hydrocarbures Gazprom, Shell et BP sont en business dans l’exploration et la future exploitation des champs d’hydrocarbures de l’Arctique.

En clair qu’est-ce que cela veut dire ? Que pendant qu’une guerre d’invasion provoquée en Syrie (et en Libye auparavant) impliquant directement et indirectement les grandes puissances de ce monde, l’oligarchie pétro-financière transnationale elle, continue le business comme si de rien n’était et s’alliant et se partageant le monde qu’elle ne voit que comme source de profit. Alors l’affaire syrienne est-elle une guerre du gaz ? Est-elle une façade aux fins de redessiner les influences dans la région du Levant ? La chute artificielle, provoquée des cours du pétrole favorisant la poussée énergétique pour le gaz place des pays comme bien sûr la Russie, l’Iran et le Qatar, mais aussi donc Israël, Chypre, la Syrie, et potentiellement le Liban et Gaza sur la carte de la nouvelle donne énergétique. Le Qatar est déjà possession d’Exxon-Mobil, les géants Gazprom, Shell et des succursales comme Noble Energy ou SoyouzNeftGaz sont très bien placés dans la région, qui donc à terme va ou peut perdre très gros ? L’Arabie Saoudite. Assistons-nous à l’implosion des pays du Golfe au profit du remodelage des alliances impérialistes dans la région ?

Autant de question à poser ainsi que bien d’autres, comme celle-ci: à quel jeu joue la Russie ? S’est-elle imposée dans le jeu des alliances ou est-elle partie prenante depuis le départ ou est-elle piégée ? Les mesures de guerre électronique mises en place par la Russie en Syrie et dans la région n’affecte pas Israël, mais affecte l’OTAN. Israël est étonnamment silencieux depuis l’intervention militaire aérienne russe en Syrie, trop calme pourrait-on dire. Le champ gazier israélien du Léviathan va être exploité par Gazprom, Noble Energy est d’une manière ou d’une autre dans le giron de la Shell (intérêts Rothschild), Exxon-Mobil (Rockefeller) contrôle le Qatar, qui finance la légion mercenaire “djihadiste” de Daesh, celle-ci étant de facto une armée mercenaire privée d’Exxon-Mobil et d’Aramco (Arabie Saoudite, qui elle s’est engluée dans une guerre sans fin au Yémen). Y a t’il vraiment une guerre Exxon-Mobil/Aramco contre Gazprom/Rosneft/NIOC ? Dans ce cas pourquoi assurer la continuité des accords entre les majors pétroliers occidentaux et Gazprom dans d’autres secteurs ? Toutes ces “rivalités” ne sont-elles que des façades, bref, une fois de plus se fout-on de notre gueule ?…

La guerre et les affrontements au Levant font de vraies victimes, de vrais morts, de vrais réfugiés et crée un véritable désastre humanitaire. Une fois de plus la plus grande misère est perpétrée par le colonialisme transnational au profit d’intérêts particuliers, d’une caste oligarchique qui pille et massacre le monde depuis quelques siècles.

Il est plus que temps pour les peuples du monde de mettre un terme à cette criminalité en bande organisée et de s’auto-gouverner au seul profit de l’intérêt général tant et tant bafoué qu’on a du mal à imaginer qu’il existe encore.

Note sur les acteurs en lice:

La guerre par procuration en Syrie subit les débordements des exactions américaines en Irak depuis 2003. Ceci dit, comme nous l’avons vu précédemment, Al Qaïda en Irak (AQI), financé par les pétrodollars du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar) est une émanation d’Al Qaïda (AQ), créé par la CIA, le MI6 et le SIS pakistananais à la fin des années 1970, début des années 1980 en Afghanistan. Le recrutement des mercenaires “djihadistes” est contrôlé par les Saoudiens et les Irakiens, logistique, le recrutement internationale des mercenaires se fait via la filière wahabbite en occident et ailleurs ; entraînement et armement fournis par les Etats-Unis, la GB, l’Arabie Saoudite, Turquie, Jordanie, Israël et la France.

En 2011, début de la guerre par procuration en Syrie, création du Front Al-Nosra ou Al Qaïda en Syrie (AQS). 2013 fusion d’AQI et AQS qui devient l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), puis l’Etat Islamique (EI), acronyme arabe “Daesh”.

Daesh est financé depuis le départ par le Qatar (comme nous l’avons vu aux ordres d’Exxon-Mobil) et l’Arabie Saoudite (Aramco aux ordres de la même clique), la logistique étant l’affaire des Etats-Unis, de la GB, de la France, d’Israël, de la Turquie et de la Jordanie.

Qui est Exxon-Mobil ?

Exxon-Mobil est la fusion entre la Standard Oil de Californie (SOCAL) qui devint Exxon et Chevron et de la Standard Oil du New Jersey (SONJ) qui devint Mobil. Les deux branches de la Standard Oil appartenant à la famille Rockefeller. La Standard Oil fut un gros financier et un gros supplétif de technologie pour l’Allemagne nazie et l’URSS.

Qui est Aramco ou Arab American Oil Company ?

Longue histoire commençant dans les années 1917, chute de l’empire Ottoman et protectorat britannique, qui se scelle en 1950 et qui voit Aramco passer sous contrôle total (bien qu’officiellement le gouvernement saoudien soit en “contrôle” par ses hommes de paille) d’Exxon-Mobil (Chevron Texaco) des intérêts Rockefeller et de la BP et Royal Dutch Shell sous contrôle Rothschild.

Le constructeur exclusif d’Aramco qui a bâti toutes ses infrastructures pétrolières est la plus grosse entreprise d’ingénierie au monde: Bechtel de San Francisco, qui possède de très forts liens indivisibles avec Wall Street et son bras armé: la CIA. De nombreux directeur et exécutifs de Bechtel furent directeurs et haut fonctionnaires à la CIA et dans le gouvernement états-unien comme Bill Casey, George Shultz et bien d’autres.

Sur le plan financier Aramco est contrôlé par le merger des deux plus grosses banques américaines (2000): JP Morgan (JP Morgan Guaranty Trust) et la Chase Manhattan Bank des Rockefeller.

Aramco est sous contrôle Rockefeller-Rothschild. Les pétrodollars saoudiens ont toujours été recyclés au travers de la banque JP Morgan, tandis que la Chase Mahattan Bank des Rockefeller recyclait les pétrodollars du Shah d’Iran avant la révolution de 1979.

Qui finance Daesh donc ?

Le Qatar et l’Arabie Saoudite. C’est à dire Exxon-Mobil et Aramco, c’est à dire Rockefeller-Rothschild. L’État Islamique “Daesh” est la légion mercenaire islamiste des Rockefeller-Rothschild, gérée par leurs caniches roitelets du Golfe et leurs larbins occidentaux sionistes, qui sert à semer le chaos et la mort dont les oligarques tirent profit et pouvoir.

Qu’en est-il du financement de daesh par le pétrole volé en Irak et en syrie via la “filière Erdogan” ?

Il est réel, mais moindre, ne peut en aucun cas financer l’ensemble de cette immense opération. Le trafic organisé par la mafia Erdogan existe, de fait il a sûrement été commencé à des fins de couverture tout en permettant à ces larbins corrompus de faire quelque argent. Il sert à donner un os à ronger aux médias et à détourner l’attention du toujours véritable financement saoudo-qatari et de préserver l’écran de fumée qui s’était levé… Aujourd’hui, tout le monde parle de la Turquie, quasiment plus personne ne parle du Qatar et de l’Arabie finançant Daesh.

Qu’en est-il de la France ?

Il a été documenté que la France a activement participé à la formation des mercenaires islamistes en Libye et en Syrie. Des officiers et sous-officiers de la légion étrangère ont mené des groupes de combats d’AQ en Libye. Des militaires français ont été faits prisonniers par l’armée régulière syrienne lors de la chute du premier “mini” califat syrien de Baba Amr. Ces militaires français furent remis à un chargé de mission militaire français à la frontière libanaise en 2012.

La France est pieds et poings liés par les financements occultes de ses deux derniers présidents en date: Sarkozy et Hollande et aussi par les sommes d’investissement saoudo-qataries dans la finance française notamment dans le CAC40. Le pouvoir est lui-même divisé entre les participants à ces crimes et ce racket organisé et les opposants de l’intérieur qui résistent et essaient de freiner sans perdre leur boulot et leur carrière.

Un segment de la DGSE et de l’armée est au parfum et complice direct des crimes commis, le même ou l’héritier de celui qui couvrait les agissements du GIA et du FIS algérien dans les années 1980, les mêmes qui participèrent aux opérations Gladio, réseau “Stay Behind” de l’OTAN…

Sarkozy est un pur produit du département d’état américain et ses liens de longue date avec la CIA (via son beau-père Franck Wisner), dont la mission fut de ramener la France “rebelle” dans le giron de l’empire et de l’OTAN. La mission de Hollande, larbin aux ordres, totalement piloté depuis des lustres par la mouvance trotsko-lambertiste néo-conservatrice, liée aux mêmes néo-cons yankees, est de maintenir le cap et de torpiller la France toujours plus de l’intérieur en durcissant le régime. Le but est que la France devienne un état fasciste policier sous une présidence et un gouvernement de “gauche”, ce qui facilitera le reste pour la pseudo-droite qui suivra. Quiconque réagit encore aujourd’hui au faux paradigme politique “gauche-droite” est au mieux un imbécile, au pire un complice des crimes commis. L’imbécile ne fait rien par choix, mais par manipulation, l’ignorance n’est pas irréversible ; la complicité beaucoup plus même si nous assistons partout et de plus en plus à des anciens “cadres” politique, militaire, du renseignement, cracher le morceau de ce qu’ils savent car ayant de plus en plus de mal à vivre avec leur culpabilité. L’ancien ministre des AE français Roland Dumas étant un des plus récents, mais la liste s’allonge… Nous mettons une vidéo récente ci-dessous d’un ancien colonel de l’armée de l’air française qui lui aussi crache le morceau au sujet de Daesh.

La Russie ?

Elle défend son allié de très longue date: la Syrie et ses intérêts économiques et géopolitiques. Elle est entrée dans le jeu de l’exploitation énergétique au Levant et donc dans le grand cirque criminel qui le couvre. Quelle en sera l’issue ? Où va t’elle ? Quel chemin prendra t’elle ? Déjà bien des indicateurs pointent vers le fait que la Russie, tout comme la Chine (plus évident pour elle), fait partie du Nouvel Ordre Mondial que l’oligarchie veut mettre en place…

2016 va être passionnante et toute aussi déterminante pour la résistance au Nouvel Ordre Mondial oligarchique fasciste supranational qui tente de se mettre en place !

Interview de l’ancien colonel de l’armée de l’air française Régis Chamane sur Meta TV, qui illustre ce que nous disions plus haut sur le ras-le-bol de certains cadres qui voient se déliter depuis des lustres les valeurs en lesquelles ils ont cru, indépendamment du fait d’être d’accord ou pas avec leur vision d’une nation:

Le condensé à retenir:

http://www.youtube.com/watch?v=5bjPI7vhtSQ

 

 

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: La guerre du gaz continue (suite)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 17 décembre 2015 by Résistance 71

Voir notre dossier « Guerre du gaz en Syrie »

Nous avons fouillé un peu plus avant cette affaire gazière et nos avons trouvé des infos publiées (2012 et 2013) mais dont personne ne parle, même pas dans la blogosphère alternative. La propagande de diversion fait son effet semble t’il. Nous écrivons un papier sur ce que nous avons dégotté… A suivre.

— Résistance 71 ~

 

Accord gazier entre l’Egypte Israël Chypre et la Grèce?

 

Al Manar

 

15 décembre 2015

 

url de l’article original:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=273469

 

Le site israélien Debka File a fait part de tractations entre Israéliens, Egyptiens et Grecs en vue d’établir le premier consortium jamais envisagé en Méditerranée pour l’exploitation des gisements de gaz au large des côtes.

Selon le site juif français Jforum qui a relayé l’information, ce consortium, à l’état avancé des négociations entre le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le Premier Ministre grec Alexis Tsipras et Benyamin Netanyahu est conçu pour répondre à deux objectifs. Ils  consisteraient à satisfaire les besoins en gaz de la Grèce, de Chypre, d’Israël, de la Jordanie, de l’Egypte et de l’Autorité Palestinienne et d’exporter le surplus vers l’Europe.

Les trois parties impliquées étudient trois projets alternatifs:

  1. Transférer le gaz méditerranéen vers la Grèce et ensuite le convoyer par pipeline vers le reste de l’Europe : le premier ministre grec Tsipras a soulevé cette option avec Netanyahu au cours de sa visite imprévue à Jérusalem occupée le 26 novembre. Il a proposé de relier les champs de gaz israélien, en particulier le puits le plus important, le Léviathan au champ de gaz chypriote Aphrodite et au champ égyptien de Zohr et ainsi de rendre possible de transférer le gaz vers la Grèce et de là au reste de l’Europe.

Tsipras affirme que l’Union Européenne, dont la Grèce est membre, envisagerait de prendre part à la construction d’un nouveau réseau de pipeline, en même temps que les terminaux gaziers nécessaires pour l’exporter.
  2. Transférer le gaz de ces trois pays par la Turquie.
  3. Construire un pipeline à partir du port pétrolier d’Ashkelon vers l’Egypte. L’Ouest de l’Egypte dispose de deux installations de raffineries sur sa côte méditerranéenne, l’un appartenant à British Gas et l’autre à l’Union espagnole Fenosa Gas. Ils pourraient transformer le gaz en gaz  naturel liquéfié (LNG) pour son transport maritime par cargo en Europe.

Les sources de Debkafile révèlent qu’Al-Sissi, le Président chypriote Nicos Anastasiades et les premiers ministres israélien et grec projettent d’organiser une réunion au sommet dans les jours à venir afin d’avancer et de sceller un accord en vue de la consolidation économique des champs gaziers égyptiens, israéliens et chypriotes et des moyens d’exporter le gaz.

Le motif colonial du massacre de Gaza: Le gaz !

Posted in actualité, économie, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 8 août 2014 by Résistance 71

Du sang et du gaz: Massacrer les Palestiniens pour mieux les voler

 

Pepe Escobar

 

8 Août 2014

 

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article14838

 

Donc, Bibi a obtenu sa nouvelle guerre de marque. L’opération protection Edge, la super-production de nettoyage ethnique menée à Gaza avec l’attaque israélienne – pardon, avec les Forces de défense – était le souhait obsessionnel du Premier ministre israélien Bibi Netanyahou.

Un résumé rapide est essentiel. Le Secrétaire d’État américain John « Mégaphone » Kerry effectuait un exercice fictif appelé « pourparlers de paix » entre Israël et la Palestine. Comme prévu, il a lamentablement échoué. Le Hamas et l’OLP ont alors formé un gouvernement d’union technocratique. Bibi comme c’était prévisible, était furieux.

Puis, deux Palestiniens – pas du Hamas – enlèvent trois colons israéliens adolescents qui faisaient de l’auto-stop la nuit, près d’Hébron. Un des auto-stoppeurs réussi à appeler la police avec un numéro d’urgence israélien sur son mobile. Les ravisseurs ont alors paniqué et descendu les auto-stoppeurs sur place, cachant ensuite les corps.

Puis, l’intégralité d’Israël a pété les plombs. Pendant trois semaines, des dizaines de milliers de soldats ont participé à des rafles [dans les territoires occupés]. Les médias ont littéralement immolé les Palestiniens sur un bûcher raciste.

Il y a eu toute une spéculation incontrôlable dans toute la rue arabe selon quoi tout cela était une provocation israélienne. Mais les soupçons cependant, semblent pointer sur la tribu Qawasmeh forte de 10000 membres dans la région d’Hébron – qui est connue historiquement pour s’opposer ouvertement au Hamas et attaquer les colons israéliens. Il y a aussi la possibilité que les ravisseurs aient voulu utiliser les auto-stoppeurs pour un échange avec des prisonniers palestiniens.

Bibi et le renseignement militaire du Shin Bet savaient depuis le début que les trois colons étaient morts – et qui était le responsable. Mais Bibi ne pouvait tout simplement pas laisser passer l’occasion d’utiliser l’incident – pendant la soit-disant recherche frénétique longue de trois semaines – comme une occasion en or pour s’en prendre au Hamas en Cisjordanie comme à Gaza, une opération totalement téléguidée à l’avance.

Mardi dernier, l’armée israélienne a concrétisé tout cela : « L’échelon politique nous a commandé de frapper le Hamas durement ». Et en parfaite novlangue, l’opération a été qualifiée de « guerre juste » (L’arrière-plan détaillé du conflit peut être consulté ici.)

Ce que veut Israël ? Tout…

Les chiffres ne rendent pas justice du carnage épouvantable. Le lundi, sur le nord de la bande de Gaza, après qu’Israël ait averti les résidents de quitter la région pour éviter des frappes aériennes, au moins 167 personnes ont été massacrées – dont une majorité de femmes, enfants et personnes âgées, par une trentaine de missiles israéliens – et plus de 1000 personnes ont été blessés [chiffres du 14 juillet – N.dT]. Deux cents maisons, des installations non militaires, ont été totalement détruites et plus de 1500 maisons partiellement endommagées.

Comparez-le au zéro décès en Israël. Un porte-parole de l’armée israélienne se vantait horriblement du fait que Gaza – un bidonville de facto camp de concentration – a été bombardé tous les 4 minutes et demi.

Chaque roquette artisanale tirée par les Palestiniens a coûté moins de 1000 dollars US, alors qu’un seul missile israélien Iron Dome censé les intercepter coûte jusqu’à 100 000 dollars US (sans compter les systèmes de lancement et de contrôle). En plus de cela, depuis jeudi une invasion terrestre a été présentée comme « imminente ».

Comment Bibi s’en tire avec tout cela ? La rue arabe – et la plupart des pays du Sud – savent bien quel est le rôle de l’Amérique au Moyen-Orient. Mais ce que la plupart des gens ne savent pas, c’est qu’il y a 1,4 milliard de cubic feet de gaz naturel, d’une valeur d’au moins 4 milliards de dollars, découvert il y a 14 ans au large de la côte de Gaza.

Il est facile d’oublier que, au moment de l’invasion précédente de Gaza par Israël – l’Opération Plomb Durci l’hiver 2008/2009 – des champs de gaz en Palestine avaient été purement et simplement confisqués par Israël. Cette « opération » était déjà une guerre de l’énergie, comme Nafeez Ahmed l’a analysé ici.

Ensuite, il y a le Jack pot – 122 milliards de cubic feet de gaz ainsi que les potentiels 1,6 milliard de barils de pétrole dans le bassin du Levant sur les eaux territoriales d’Israël, de la Syrie, du Liban, de Chypre et – bien sûr – de Gaza. Ces eaux sont aussi explosives et contestées que des roches et des bancs de sable dans la mer de Chine du Sud. Inutile de dire que Tel Aviv veut tout accaparer.

Et pour compléter le tableau, Israël fait face à un prochain cauchemar de sécurité énergétique, détaillé ici.

Même Tony Blair, le Fantôme de l’Opéra, est impliqué. Comme le (pas) envoyé du Quartette pour le Proche-Orient, Tony Blair est venu avec l’idée géniale d’un « développement » des champs de gaz de Gaza via un accord entre la British Gas et l’Autorité palestinienne, excluant totalement le Hamas et la population de Gaza.

La façon dont Gaza est maintenu comme un camp de concentration, soumis à une punition collective non-stop, est déjà en soi révoltant. Mais il faut y ajouter la composante clé économique : par tous les moyens possibles, les Gazaouis doivent être empêchés d’accéder au champs de gaz Marine-1 et Marine-2. Ceux-ci seront englouties par Israël. Sous tous les angles, et à toutes fins pratiques, Israël règne sur toutes les ressources naturelles palestiniennes – la terre, l’eau et l’énergie.

Alors, voici le « secret » de l’opération Protection des sionistes, pardon, Protection Edge : sans briser le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, Israël ne peut pas forer au large de la côte de Gaza. Pour Bibi ainsi que pour la Knesset, la possibilité que les Palestiniens puissent avoir accès à leur propre richesse générée par le gaz est une ligne rouge absolue.

Et l’Union européenne est aussi dans le coup. Personne à Bruxelles ne voudra l’admettre, mais il est facile d’imaginer des « stratèges » réfléchissant à cette prise de contrôle des champs de gaz palestiniens, laquelle ouvrirait la possibilité pour l’UE d’être moins dépendante de Gazprom, en devenant un important importateur de gaz vendu par les Israélien après avoir été volé aux Palestiniens.

La novlangue d’Israël ne dit pas grand-chose de nouveau. Après tout, ils sont passés maîtres dans l’art de ne tromper personne si ce n’est eux-mêmes. Comme Michael Klare l’a brillamment détaillé, la nouvelle guerre de punition collective infligée à Gaza est avant tout une guerre sanglante pour accaparer l’énergie du gaz.

 

* Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007) et Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge. Son dernier livre vient de sortir ; il a pour titre : Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009).