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Fukushima : 10 ans de désastre nucléaire

Posted in actualité, écologie & climat, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, santé, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 11 mars 2021 by Résistance 71

 

 


Fukushima 2011 : explosion réacteur No2

 

 

11 mars 2011 ~ 11 mars 2021 : Fukushima, la dimension durable d’un désastre nucléaire des plus prévisibles

 

Résistance 71

 

11 mars 2021

 

Décidément ce mois de mars 2021 donne lieu à bien des “anniversaires”.

100 ans de Cronstadt, 150 ans de Commune de Paris et… 10 ans de désastre nucléaire après le tremblement de terre de force 9.0 sur l’échelle de Richter qui dévasta la région de Sendaï au Japon et le tsunami qui y déferla, faisant quelques dizaines de milliers de morts et sinistrant une région depuis plus d’une décennie.

Rappelons brièvement les faits : le 11 mars 2011 à 14h46 locales, un tremblement de terre de forte magnitude dont l’épicentre est sous-marin à 130km au large de la côte Est de l’île principale de Honshu sur l’archipel nippon, se produit. La secousse est sentie jusqu’à Tokyo et ailleurs où des dégâts sont occasionnés. Elle est ressentie jusqu’au nord de l’île septentrionale d’Hokkaïdo. Quelques minutes plus tard (41min pour être précis), un tsunami de 15m déferle sur la côte nord-est du Japon. La centrale nucléaire côtière de Daiichi dans la préfecture de Fukushima gérée par la Tokyo Electric Power Company (TEPCO) voit la vague submerger ses digues et noyer ses locaux électriques et de pompage aqueux, court-circuitant le système de refroidissement de la centrale qui comprend 4 réacteurs nucléaires qui tous furent endommagés et mis hors service. La situation devient critique dans les jours qui suivent, et le refroidissement des réacteurs devient une véritable urgence. Une accumulation de vapeur et d’hydrogène ionisés font sauter le toit du réacteur No2 dont le refroidissement n’est plus assuré causant une fusion du cœur de réacteur qui finira dans les mois qui suivent par s’échapper du niveau du container de sécurité endommagé par la secousse tellurique.

Si l’accident nucléaire n’a pas fait de victimes directement, il a forcé plus de 100 000 personnes à être évacuées de la région et une “zone interdite” irradiée fut mise en place dans un rayon de 20km de la centrale. Les fuites radioactives dues à l’explosion du toit du réacteur ont été mesurées jusque sur la côte ouest du continent nord-américain, la “plume” radioactive ayant traversé l’Océan Pacifique.

Aujourd’hui, 10 ans plus tard où en est-on ?

  • Toutes les tentatives de localiser la masse nucléaire en fusion du réacteur No2 s’étant échappée dans le sol ont échoué jusqu’en février 2019. Il aura fallu 8 ans pour qu’un robot puisse aller au contact de la masse radioactive qui s’enfonce inexorablement dans le sol sous la centrale. Il y a 600 tonnes de corium portées disparues…
  • 10 ans plus tard, il y a toujours plus de 30 000 personnes évacuées vivant dans des conditions précaires de logement temporaire et qui ont été incapables de retourner chez elles. TEPCO a manifesté peu de préoccupation pour ces gens.
  • Il est aujourd’hui estimé qu’il faudra entre 30 ou 40 ans à partir de maintenant pour décommissionner complètement la centrale, pour en sortir le combustible nucléaire ainsi que les barres usées toujours stockées dans les piscines de refroidissement, à la merci du prochain tremblement de terre…
  • Les 10 ans écoulés de refroidissement des réacteurs et des piscines de stockage du combustible usagé immergé ont provoqué le stockage sur place de plus de 1 million de tonnes d’eau contaminée déjà recyclée et devant être partiellement évacuée faute de place à l’horizon de l’été 2022. Il est envisagé de larguer une bonne quantité de cette eau contaminée au ruthenium, au cobalt, au strontium et au plutonium dans l’océan ! Le débat fait rage au Japon et toutes les communautés locales y compris les pêcheurs locaux y sont bien entendu, fermement opposées
  • En plus du très radioactif plutonium, cette eau est riche en tritium, isotope hautement radioactif de l’hydrogène. TEPCO prévoyant et proposant d’en balancer une bonne partie dans l’océan voisin…


1 million de tonnes d’eau radioactive

Si ces situations sont des plus inquiétantes, une autre l’est d’autant plus : tous les sismologues et vulcanologues s’accordent à dire qu’un mega tremblement de terre d’une force égale ou supérieure de ceux ayant dévasté la ville de Kobé ou du “Big One” de la province du Kansaï peut et va se produire. De fait un tel tremblement de terre aurait déjà du se produire et peut se produire à tout moment. La question en fait n’est pas de savoir si ça cela arrivera mais quand ? Et lorsque cela se produira, ce qu’il reste de la centrale de Daiichi / Fukushima sera balayé avec le reste… Un tel tremblement de terre fera des centaines de milliers de victimes en quelques secondes. Les Japonais gèrent ce stress au quotidien surtout dans les grandes conurbations de l’île de Honshu les plus prônes à ce désastre : Tokyo, Yokohama, la région du Kanto et celle du Kansaï (Osaka). Imaginez vivre au quotidien avec cette épée de Damoclès au dessus de vous en permanence : aujourd’hui sera t’il le jour du “Big One” ?…

Une question demeure et elle est bien ancienne, elle remonte à avant l’installation de la première centrale nucléaire sur l’archipel et peut être formulée de cette façon :

Pourquoi donc construire des centrales nucléaires sur un archipel sis sur la ceinture de feu tectonique, volcanique particulièrement active du Pacifique, endroit en proie à de constantes secousses telluriques, tsunamis et éruptions volcaniques ayant déjà dévasté des régions entières du pays au fil des siècles ? 

Le Japon est dépendant énergétiquement, il importe tout, certes, mais il y a pourtant une énergie qu’il aurait à revendre si exploitée correctement : l’énergie géothermique qui est là à fleur de croûte terrestre et en surabondance.

Mais voilà : cela ne rapporterait rien aux commanditaires de l’énergie nucléaire. Pourquoi donc faire simple et sans danger quand on peut faire compliqué et dangereux ?

Ah oui, une chose encore : la centrale de Daiichi TEPCO était un fournisseur de plutonium pour Yankland et ses armes nucléaires… Y voir une quelconque relation n’est bien entendu que pur conspirationnisme.

Décidément, le Japon n’en a jamais fini avec le nucléaire yankee.