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Fukushima : 10 ans de désastre nucléaire

Posted in actualité, écologie & climat, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, santé, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 11 mars 2021 by Résistance 71

 

 


Fukushima 2011 : explosion réacteur No2

 

 

11 mars 2011 ~ 11 mars 2021 : Fukushima, la dimension durable d’un désastre nucléaire des plus prévisibles

 

Résistance 71

 

11 mars 2021

 

Décidément ce mois de mars 2021 donne lieu à bien des “anniversaires”.

100 ans de Cronstadt, 150 ans de Commune de Paris et… 10 ans de désastre nucléaire après le tremblement de terre de force 9.0 sur l’échelle de Richter qui dévasta la région de Sendaï au Japon et le tsunami qui y déferla, faisant quelques dizaines de milliers de morts et sinistrant une région depuis plus d’une décennie.

Rappelons brièvement les faits : le 11 mars 2011 à 14h46 locales, un tremblement de terre de forte magnitude dont l’épicentre est sous-marin à 130km au large de la côte Est de l’île principale de Honshu sur l’archipel nippon, se produit. La secousse est sentie jusqu’à Tokyo et ailleurs où des dégâts sont occasionnés. Elle est ressentie jusqu’au nord de l’île septentrionale d’Hokkaïdo. Quelques minutes plus tard (41min pour être précis), un tsunami de 15m déferle sur la côte nord-est du Japon. La centrale nucléaire côtière de Daiichi dans la préfecture de Fukushima gérée par la Tokyo Electric Power Company (TEPCO) voit la vague submerger ses digues et noyer ses locaux électriques et de pompage aqueux, court-circuitant le système de refroidissement de la centrale qui comprend 4 réacteurs nucléaires qui tous furent endommagés et mis hors service. La situation devient critique dans les jours qui suivent, et le refroidissement des réacteurs devient une véritable urgence. Une accumulation de vapeur et d’hydrogène ionisés font sauter le toit du réacteur No2 dont le refroidissement n’est plus assuré causant une fusion du cœur de réacteur qui finira dans les mois qui suivent par s’échapper du niveau du container de sécurité endommagé par la secousse tellurique.

Si l’accident nucléaire n’a pas fait de victimes directement, il a forcé plus de 100 000 personnes à être évacuées de la région et une “zone interdite” irradiée fut mise en place dans un rayon de 20km de la centrale. Les fuites radioactives dues à l’explosion du toit du réacteur ont été mesurées jusque sur la côte ouest du continent nord-américain, la “plume” radioactive ayant traversé l’Océan Pacifique.

Aujourd’hui, 10 ans plus tard où en est-on ?

  • Toutes les tentatives de localiser la masse nucléaire en fusion du réacteur No2 s’étant échappée dans le sol ont échoué jusqu’en février 2019. Il aura fallu 8 ans pour qu’un robot puisse aller au contact de la masse radioactive qui s’enfonce inexorablement dans le sol sous la centrale. Il y a 600 tonnes de corium portées disparues…
  • 10 ans plus tard, il y a toujours plus de 30 000 personnes évacuées vivant dans des conditions précaires de logement temporaire et qui ont été incapables de retourner chez elles. TEPCO a manifesté peu de préoccupation pour ces gens.
  • Il est aujourd’hui estimé qu’il faudra entre 30 ou 40 ans à partir de maintenant pour décommissionner complètement la centrale, pour en sortir le combustible nucléaire ainsi que les barres usées toujours stockées dans les piscines de refroidissement, à la merci du prochain tremblement de terre…
  • Les 10 ans écoulés de refroidissement des réacteurs et des piscines de stockage du combustible usagé immergé ont provoqué le stockage sur place de plus de 1 million de tonnes d’eau contaminée déjà recyclée et devant être partiellement évacuée faute de place à l’horizon de l’été 2022. Il est envisagé de larguer une bonne quantité de cette eau contaminée au ruthenium, au cobalt, au strontium et au plutonium dans l’océan ! Le débat fait rage au Japon et toutes les communautés locales y compris les pêcheurs locaux y sont bien entendu, fermement opposées
  • En plus du très radioactif plutonium, cette eau est riche en tritium, isotope hautement radioactif de l’hydrogène. TEPCO prévoyant et proposant d’en balancer une bonne partie dans l’océan voisin…


1 million de tonnes d’eau radioactive

Si ces situations sont des plus inquiétantes, une autre l’est d’autant plus : tous les sismologues et vulcanologues s’accordent à dire qu’un mega tremblement de terre d’une force égale ou supérieure de ceux ayant dévasté la ville de Kobé ou du “Big One” de la province du Kansaï peut et va se produire. De fait un tel tremblement de terre aurait déjà du se produire et peut se produire à tout moment. La question en fait n’est pas de savoir si ça cela arrivera mais quand ? Et lorsque cela se produira, ce qu’il reste de la centrale de Daiichi / Fukushima sera balayé avec le reste… Un tel tremblement de terre fera des centaines de milliers de victimes en quelques secondes. Les Japonais gèrent ce stress au quotidien surtout dans les grandes conurbations de l’île de Honshu les plus prônes à ce désastre : Tokyo, Yokohama, la région du Kanto et celle du Kansaï (Osaka). Imaginez vivre au quotidien avec cette épée de Damoclès au dessus de vous en permanence : aujourd’hui sera t’il le jour du “Big One” ?…

Une question demeure et elle est bien ancienne, elle remonte à avant l’installation de la première centrale nucléaire sur l’archipel et peut être formulée de cette façon :

Pourquoi donc construire des centrales nucléaires sur un archipel sis sur la ceinture de feu tectonique, volcanique particulièrement active du Pacifique, endroit en proie à de constantes secousses telluriques, tsunamis et éruptions volcaniques ayant déjà dévasté des régions entières du pays au fil des siècles ? 

Le Japon est dépendant énergétiquement, il importe tout, certes, mais il y a pourtant une énergie qu’il aurait à revendre si exploitée correctement : l’énergie géothermique qui est là à fleur de croûte terrestre et en surabondance.

Mais voilà : cela ne rapporterait rien aux commanditaires de l’énergie nucléaire. Pourquoi donc faire simple et sans danger quand on peut faire compliqué et dangereux ?

Ah oui, une chose encore : la centrale de Daiichi TEPCO était un fournisseur de plutonium pour Yankland et ses armes nucléaires… Y voir une quelconque relation n’est bien entendu que pur conspirationnisme.

Décidément, le Japon n’en a jamais fini avec le nucléaire yankee.

 

L’horreur nucléaire… Les liquidateurs, de Tchernobyl à Fukushima

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Notre Dossier Fukushima

 

Un liquidateur à Fukushima

 

Djibril Maïga

 

28 juin 2018

 

Source: https://www.revue-ballast.fr/un-liquidateur-a-fukushima/

 

Nous retrouvons Minoru Ikeda dans un café du centre de Paris : un ancien ouvrier de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. Nous tentons quelques mots dans le trop sommaire japonais que nous connaissons ; la timidité d’Ikeda se dissipe en un sourire. Nanako Inaba, sociologue, l’accompagne — elle traduira. L’homme, facteur de profession, s’était porté volontaire pour intervenir sur le site au lendemain de l’accident nucléaire qui frappa son pays en mars 2011 ; on les appelle, depuis Tchernobyl, les « liquidateurs ». Il dénonce à présent les mensonges de l’État japonais et n’entend pas que des hommes aient été « sacrifiés » pour rien : militant antinucléaire, il aspire à une prise de conscience internationale et à la mise en relation des travailleurs du nucléaire aux quatre coins de la planète

Tokyo, vendredi 11 mars 2011 : une journée comme une autre dans la plus grande ville du monde, où Minoru Ikeda travaille comme postier. Sa tournée de distribution achevée, il revient au bureau et salue ses collègues ; autour d’un café, tous discutent et plaisantent comme à leur habitude. Il ne reste à Minoru que deux années avant la retraite. Il est 14 h 45 ce jour-là quand, soudain, les étagères se mettent à trembler puis tombent comme des dominos. Le bâtiment est pris d’un premier spasme. Les corps paniquent, les têtes se heurtent, la peur se lit sur les visages : la terre s’est déchirée durant l’éternité d’une minute. Le Japon vient d’enregistrer l’un des plus gros séismes de son histoire1, magnitude 9 sur l’échelle de Richter. C’est la première fois que Minoru fait l’expérience d’« un aussi long et terrible tremblement » dans la capitale ; il ajoute : « Je me suis douté que ça devait être plus dramatique ailleurs. »

La vague : genpastu-shinsai

Les transports tokyoïtes sont hors-service. Minoru ne rentrera pas chez lui pour rejoindre sa famille. L’électricité, elle, fonctionne toujours ; avec ses confrères, ils constatent l’étendue des dégâts par la lucarne du poste de télévision. Personne ne se doute que, dans l’heure qui suivra, ce séisme engendrera un tsunami submergeant les villes côtières bordant le Pacifique. En déferlant sur les habitations et les infrastructures, ces murs de vagues dépassant par endroit 30 mètres ôteront la vie à quelque 15 000 personnes dans le nord-est du pays et dévasteront plus de 10 kilomètres de terres. Les murailles de protection de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi et de ses quatre réacteurs en service, érigées à seulement six mètres de haut, seront balayées d’un revers de main. Dès lors, tandis que l’une des plus grandes centrales du monde est touchée en son cœur, la catastrophe « naturelle » devient une catastrophe industrielle2. Il est 15 heures : l’alimentation en électricité des structures de refroidissement de la centrale s’éteint automatiquement sur les réacteurs numéro 1, 2 et 3. Les systèmes de secours — de simples groupes électrogènes — prennent le relais. À 15 h 30, le tsunami noie le système de refroidissement. Quelques heures plus tard, les barres de combustible du réacteur numéro 1 commencent à fondre et l’enceinte de confinement, sous la chaleur et la pression, se met à fuir. La nuit venue, on compte les morts et les disparus sur les côtes dévastées de l’est du pays et on se met en quête de produits de première nécessité à Tokyo. Au réveil, plus au nord, les cœurs des réacteurs de Fukushima entrent en fusion à 2 800 degrés ; sous une telle pression, l’hydrogène présent dans les réacteurs implose dans l’après-midi. Le toit du réacteur numéro 2 part en fumée, tuant une personne et en blessant des dizaines. Premiers rejets radioactifs, premiers décès directement liés à l’accident.

Dimanche 13 mars, la pression augmente de manière critique dans les réacteurs numéro 2 et 3. Il s’agit d’éviter une seconde explosion. Faute de contrôler la situation, la multinationale TEPCO, exploitant la centrale, décide de dépressuriser le confinement en ouvrant les vannes : un épais nuage de vapeurs radioactives se libère dans le ciel du Japon. Cela ne change rien : le lendemain, le toit du réacteur numéro trois est soufflé comme une plume, faisant de nouveaux blessés. La situation échappe définitivement au contrôle des autorités, lesquelles décident, enfin, d’évacuer la population des 20 kilomètres alentour. Depuis les premières heures — qui deviennent vite des jours —, le Japon est comme suspendu hors du temps. Encore sous le choc, sur un territoire devenu chaotique et difficilement praticable, des militaires et des salariés de l’entreprise TEPCO se retrouvent face à une situation exceptionnelle qu’aucun protocole de sécurité n’avait anticipée. Environ un millier de personnes tentent, tant bien que mal, de refroidir les réacteurs, de remettre l’électricité en route, de faire repartir les pompes ou, à défaut, d’injecter de l’eau : de tout mettre en œuvre, en somme, pour éviter que l’accident n’empire. Autant d’opérations réalisées dans la hâte, sans préparation ni réelles informations, qui déboucheront sur de nombreux échecs. Nul n’a oublié les images de cet hélicoptère militaire qui, pathétiquement, tenta en vain de jeter des litres d’eau borée sur le cœur du réacteur numéro 1. Face à cette désorganisation avérée et à l’ignorance feinte de TEPCO, qui ne peut ni ne veut reconnaître la gravité de la catastrophe, l’État — avec à sa tête le Premier ministre Naoto Kan — tente de prendre la situation en main. Après un échec patent, révélant son impuissance à la communauté internationale, c’est au tour des pompiers-militaires et de leur équipe spéciale d’essayer de refroidir ce magma en fusion : ils réussissent finalement à acheminer de l’eau de mer en continu, directement sur le cœur du réacteur. La situation semble enfin « maîtrisée ».

Les bio-robots de Tchernobyl 

Cette lutte contre les vapeurs radioactives fait tragiquement écho à la catastrophe de Tchernobyl, en 1986. Une soixantaine de pompiers et militaires, mobilisés après l’explosion du réacteur numéro 4 de la centrale biélorusse, avaient eux aussi tenté d’en refroidir le cœur. Ignorant les risques et l’importance des précautions à prendre, ils furent irradiés à des doses létales ; nombre d’entre eux décédèrent dans les semaines qui suivirent leur intervention. Ce fut alors au tour de travailleurs civils — ouvriers et techniciens — d’être réquisitionnés. Dans l’URSS de l’époque, il était en effet envisageable pour les autorités de réquisitionner des centaines de milliers d’anonymes afin de nettoyer la centrale et ses alentours, et ce malgré l’imprévisibilité que représente un cœur nucléaire entré en fusion. Des équipes se relayèrent sans relâche et permirent d’isoler ledit cœur en construisant un sarcophage supposé étanche autour du réacteur 4. Ces centaines de milliers de sacrifiés3 seront nommés « les liquidateurs ». Face à la dangerosité de ces tâches, il fut tenté d’envoyer dans la centrale des robots pour remplacer les humains : dans ces conditions extrêmes (chaleur et haute radioactivité), les circuits des machines grillèrent à leur tour, obligeant les autorités à faire appel à ce qu’elles nommèrent — non sans ironie — des « bio-robots » : des hommes calfeutrés dans des combinaisons faites à la main, uniquement recouvertes de plomb pour protéger des radiations. Ne pouvant rester plus de quelques minutes, voire quelques secondes, au contact des radiations, ces travailleurs nettoyèrent, à coups de balai et de pelle, la centrale et son toit de débris hautement radioactifs. Ces « bio-robots » sont bien, aux yeux des autorités en charge, ce que leur nom suggère : des machines, des rouages ; ces « liquidateurs » sont des êtres à disposition, sacrifiables, qui se verront remettre, pour toute récompense et reconnaissance de leur service, une simple feuille de papier, un diplôme, insigne du mépris4.

Les centrales construites après Tchernobyl ont vu leur sécurité renforcée : la présence d’enceintes de confinement autour des réacteurs nucléaires modernes, destinées à réduire les rejets radioactifs en cas d’accident, ont certainement permis de payer des conséquences moins lourdes qu’à Tchernobyl. Le recul historique manque pour pouvoir l’affirmer. Le contexte diffère, les conséquences aussi, mais les liquidateurs, eux, demeureront : on les appelle en japonais les jenpassokuyuyi. Toutefois, de tous les liquidateurs nippons qui tentèrent de juguler la catastrophe, les médias n’en ont retenu que 50 : les fameux « Fukushima Fifty ». Ce sont eux qui, le 15 mars, après l’explosion du réacteur, restèrent malgré les dégagements de rejets radioactifs largement au-delà des limites autorisées. Pour Minoru, cette histoire des « 50 » est de l’ordre du roman national, du « besoin d’héroïsation » utile afin de diminuer le nombre de travailleurs exposés à des doses excessives. En réalité, ce sont des milliers de personnes qui furent envoyées à l’aveugle dans ce casse-pipe nucléaire et absorbèrent les radiations invisibles, et ce dès les premiers jours.

« Il fallait faire quelque chose »

Minoru est l’un de ces travailleurs. « Jusqu’à l’accident, je n’étais pas conscient, comme la plupart des habitants de Tokyo, que l’énergie de la ville venait de Fukushima », nous raconte-t-il. « La population de Fukushima assume à elle-seule tous les risques de la centrale nucléaire. C’est par solidarité que j’ai tenu à faire quelque chose pour les habitants de Fukushima. » Suite à l’accident, les rues de Tokyo voient défiler sa population : d’importantes manifestations — auxquelles le pays n’est plus habitué — s’organisent contre les mensonges du gouvernement. Mais Minoru fait partie des rares Tokyoïtes à faire le choix de dépasser cette frontière invisible qui sépare la région de Tōhoku du reste du pays. « Il fallait faire quelque chose sinon cela aurait pu aller très loin. Les jeunes, eux, ne pouvaient être sacrifiés, mais moi j’avais déjà 60 ans. » Devoir moral, donc, pour les générations suivantes, mais pas seulement : éberlué par la gestion de la crise et les mensonges non-dissimulables de son gouvernement, il ressent très vite la nécessité de comprendre par lui-même, de voir la réalité de ses propres yeux.

La plupart des travailleurs qu’il rejoint sur place sont d’anciens employés de la centrale ; les autres sont des habitants du coin qui se sont engagés pour des raisons affectives : ayant grandi dans cette importante région agricole, ils désirent plus que quiconque reconstruire leurs villes natales puis rentrer chez eux. La population a été évacuée sur 20 kilomètres. La motivation morale est forte mais les risques inhérents au travail de liquidateur constituent un frein. Pour y pallier et attirer les volontaires, l’État et TEPCO ne lésinent pas sur les yens. « L’argent compte, et pareillement pour les personnes qui viennent de l’extérieur de Fukushima », nous dit Minoru. « La question morale et l’argent se mêlent dans les motivations qui ont poussé les gens à venir travailler sur Fukushima-Daiichi. » Quand Minoru arrive sur place, il n’est pas directement employé par l’entreprise mais par un sous-traitant, lui-même prestataire. Des entreprises de sous-traitance sont convoquées sur tous les fronts : pour la gestion des radiations, des combustibles et des déchets. « Cela forme comme une pyramide, avec TEPCO à la pointe. Nous étions une équipe d’une vingtaine de travailleurs et il y avait au-dessus trois compagnies sous-traitantes. » Afin de gérer la décontamination et de montrer au reste du monde que la catastrophe est sous contrôle, l’argent de l’État et de TEPCO coule à flots. Très vite, Minoru comprend que la catastrophe est une aubaine économique pour certains et que cette ingérence de l’argent dans une crise politique crée « un souci de justice » : « Le gouvernement a décidé de donner une prime relative au danger radioactif, qui correspond à 20 000 yens5 par personne et par jour », poursuit Minoru. « Mais cette prime est grignotée par les têtes des différentes compagnies. Elles ne sont pas du tout exposées aux rayons ionisants tandis que nous, les travailleurs qui sommes sur place et réellement exposés, nous ne recevons presque rien. » Depuis, jusqu’à dix strates de sous-traitants ponctionnent l’argent des liquidateurs — ceux qui sont employés dans les échelons les plus bas ne perçoivent plus que des miettes.

Certaines villes alentour ont saisi cette opportunité juteuse : ainsi d’Iwaki, où les hôtels affichent complet — après leur journée de labeur, les travailleurs y dilapident leur paie en loyer, alcool et pachinko6. La prostitution y fleurit. Le parasitage s’organisant, le travail devient de moins en moins rémunérateur mais demeure tout aussi dangereux. Un désengouement s’ajoute à cela : l’accident ne fait plus la une des journaux ni des télévisions ; conséquence directe : de nombreux travailleurs quittent les chantiers et les employés qualifiés se raréfient. Face à ce besoin de main-d’œuvre, de nombreux soupçons visant les Yakuzas naissent : ils seraient accusés — en plus d’organiser l’économie parallèle — d’avoir mis en place un réseau de travailleurs ayant recours aux déclassés, aux sans-abris et aux sans-papiers. Autant de quidams forcés à faire le sale travail et payés à vil prix.7 Minoru a entendu parler de tout cela. « Il y a quelques années il y avait des sans-abris qui avaient été recrutés à Osaka. Mais aujourd’hui les contrôles d’identité des travailleurs sont très durs, il serait difficile de faire travailler des personnes sans papiers… » Quant aux Yakuzas, « il y en a, oui, mais ce n’est pas aussi important que ce dont on parle ».

Nettoyer l’invisible

Août 2012. Il est entre 5 et 6 heures du matin à Fukushima. Le bus de la compagnie sous-traitante vient chercher Minoru et les autres liquidateurs ; il les emmène au « J-Village », un ancien stade de foot transformé en dortoirs et en centre de coordination. Parqués sur la place principale, tous attendent l’appel comme au temps du travail à la pièce. Une fois dispatchés par secteur d’activité, chacun met de coté ses vêtements civils et enfile son uniforme, ses gants, masque et casque. Nul ne se sépare de son dosimètre. « Il permet de mesurer la dose d’irradiation par jour, mais aussi par mois. » Un cortège de navettes vient les récupérer vers 6 h 30 pour les emmener vers la centrale. Le travail de Minoru consiste à décontaminer une zone de 5 kilomètres autour de la centrale, en particulier dans la ville de Namie. Il doit déblayer l’herbe et enlever la terre contaminée sur 5 centimètres de profondeur, en remplir des sacs et la trier ; un travail sisyphéen. « J’y ai chassé les herbes au bord de la rivière car elles sont contaminées par la radioactivité, mais aussi une partie de la terre que je raclais toute la journée. » Cette technique fut également envisagée à Tchernobyl avant d’être écartée : araser la terre sur plus de 5 centimètres se révèlera d’une inefficacité patente et d’un coût démesuré — d’autant plus qu’il faut ensuite stocker tous ces déchets accumulés. L’enjeu du stockage de ces débris nucléaires est l’un des principaux problèmes liés à la décontamination : que faire de ces déchets dont la radioactivité perdure plusieurs décennies, voire plusieurs siècles, selon leur composition8 ? Où et comment les stocker ? Enfin, et surtout, comment les retraiter ? Au Japon, dans la désorganisation des premiers temps, des tonnes de sacs furent réunis puis triés chaque jour pour être enfin empilés dans des entrepôts à ciel ouvert ; ces déchets étaient protégés par de simples bâches… Face à cette accumulation surréaliste, l’une des politiques adoptées fut d’en enterrer une partie dans ce que l’on peut appeler des « cimetières du nucléaire » : pour le mieux, des entrepôts enfouis et bétonnés sous terre ; autrement, sous seulement quelques centimètres de terre… Une autre option, plus radicale mais autrement plus dangereuse, fut de les brûler, rejetant par les fumées la radioactivité directement dans les airs9.

Les sacrifiés : une économie du dosage

Un point crucial demeure concernant les liquidateurs dont Minoru se fait le porte-parole : les incidences sur la santé des irradiations nucléaires10. Tout repose sur l’évaluation du dosage, en fonction de normes sanitaires. Mais comment définir ce qui est de l’ordre du tolérable et de l’acceptable concernant la santé et la vie d’un individu ? Les facteurs moraux et sanitaires ne fixent pas cette limite, on l’imagine, mais bien plutôt la (dé-)raison économique : une économie du dosage. En France, le seuil d’irradiation pour un civil est de 1 à 6 mSv (millisieverts) annuel ; pour les travailleurs du nucléaire, cette limite est relevée à 20 mSv, soit trois fois plus11. Au lendemain de la catastrophe de Fukushima, les premiers liquidateurs se sont fait irradier à des doses non-comptabilisées. À la décharge de l’État et de TEPCO, ces sacrifiés des premières heures n’ont pas été exposés à des doses mortelles comme le furent ceux de Tchernobyl. Néanmoins, si ces irradiations avaient été réellement comptabilisées, les doses engrangées auraient évidemment bien été au-dessus de la norme : le 15 mars, à la suite des deux explosions, le débit d’irradiation à l’entrée de la centrale atteignit un pic de 11,3 mSv par heure. Un liquidateur ayant travaillé dans de telles conditions a pu absorber en moins de deux heures davantage que le taux annuel toléré. Face à l’urgence, l’État décida de faire passer la limite de 20 à 100 mSv par an… À titre exceptionnel, le 15 mars, ce seuil fut encore relevé à 250 mSv. Pour les volontaires qui furent « informés », la perspective de sauver des vies justifia la levée de toute limite d’exposition.

« Au Japon, on laisse simplement mourir les travailleurs qui se sont sacrifiés dans une totale indifférence. »

Les autorités jouent sur le flou scientifique concernant la corrélation — pourtant établie par de nombreuses études12 — entre irradiation et développement de diverses pathologies13. Autant l’irradiation à des doses létales est cliniquement visible (brûlures, vomissements menant à la mort violente), autant celle à de « faibles » doses ne dévoile ses effets qu’après plusieurs années. Les maladies se développant sur le long terme, bien après le travail effectué, pourront donc être considérées comme non-professionnelles. C’est de cette mauvaise foi que le gouvernement et les entreprises jouent, leur permettant d’éviter la reconnaissance et dès lors la prise en charge des maladies professionnelles des liquidateurs. Malgré le peu d’informations dont ils disposaient sur la réalité de la situation, les liquidateurs de Fukushima se rendirent très vite compte du danger14 : taux de radiation trop fortement élevé de leurs compteurs, nombreuses fuites incontrôlées dont ils étaient témoins, conditions de travail non-adaptées. Pris entre le devoir de sauver des vies, la région, voire la nation, et les inquiétudes pour leur santé, certains tentèrent de se mobiliser afin qu’une politique sanitaire soit réellement mise en place : malgré l’interdiction de TEPCO et la rétention étatique, certains essayèrent de sensibiliser la communauté internationale. De nombreux articles et témoignages à visage couvert et sous pseudonyme affluèrent dans les mois qui suivirent : tous de témoigner de l’anxiété des travailleurs et de leur famille et de démentir les communiqués rassurants du gouvernement et de TEPCO. Un appel à l’initiative d’une communauté de médecins japonais, relayé par The Lancet, demanda ainsi à ce que des prélèvements sanguins soient opérés sur les liquidateurs afin d’anticiper sur les futures maladies — principalement hématologiques — qu’ils auront à affronter. Le gouvernement et TEPCO refusèrent, jurant qu’il n’existait aucun danger… C’est bien une guerre de l’information qui s’engage entre les liquidateurs et cette entreprise cinquantenaire protégée et nationalisée par l’État en 2012. Après s’être battus au péril de leur vie pour l’avenir du Japon, Minoru et les liquidateurs de Fukushima se retrouvent aujourd’hui dans un autre combat : la propagande d’État. « Il y a eu un mort de leucémie à Fukushima juste après l’accident, qui n’a pas été reconnu. Je connais un autre travailleur qui a contracté une leucémie. TEPCO ne veut pas la reconnaître en tant que maladie professionnelle. »

Minoru ne nous cache pas sa colère : « J’y ai travaillé durant neuf mois. Quand j’ai quitté le travail, mon patron m’a donné mon carnet où ont été consignées les doses de radiation que j’ai reçues. J’ai appris à ce moment-là que j’avais 7,25 mSv au total, un chiffre au-delà du seuil tolérable. Normalement, pour avoir la reconnaissance de la maladie professionnelle, c’est 5 mSv. Mais une fois que vous avez quitté le travail, que vous n’êtes plus contractualisé, il est presque impossible de le faire reconnaître et donc d’avoir droit à une indemnisation. Il devrait y avoir un système de protection de la santé pour les travailleurs du nucléaire, créé par l’État, comme cela a pu être le cas pour l’amiante, par exemple. En ce moment, au Japon, on laisse simplement mourir les travailleurs qui se sont sacrifiés dans une totale indifférence. » L’entreprise n’a admis des expositions anormalement élevées (plus de 100 mSv) que pour 21 travailleurs. « On peut considérer que nous avons été sacrifiés, conclut Minoru. TEPCO et le gouvernement supposent que, parce que les travailleurs ont accepté de s’enrôler en tant que liquidateurs, ils doivent en accepter les conséquences. Ils cherchent tout simplement à se déresponsabiliser afin de ne pas reconnaître l’enjeu sanitaire lié au nucléaire, mais aussi de ne pas avoir à donner les indemnisations aux travailleurs. Le gouvernement veut tourner la page, faire comme si l’accident appartenait au passé, comme si rien ne s’était passé. L’accident est “révolu” : il n’ y a plus de problèmes. »

Une internationale des liquidateurs ?

Les travailleurs tentent de s’organiser à échelle internationale. C’est l’un des enjeux du Forum social mondial antinucléaire, qui s’est tenu à Tokyo, Montréal puis Paris, en novembre 2017. Anciens de Tchernobyl, employés du nucléaire français, liquidateurs japonais, associatifs ou lanceurs d’alerte : autant d’histoires singulières rassemblées. Minoru Ikeda avait à cette occasion rencontré, dans la capitale hexagonale, un ancien mécanicien français du nucléaire luttant pour que les maladies des travailleurs exposés à la radioactivité soient reconnues comme des maladies professionnelles, Philippe Billard. Il se rendit également à Fécamp ainsi qu’à Bure. « J’y ai appris que cinq ans après la catastrophe, le gouvernement russe avait créé une loi pour la protection des travailleurs et des habitants de la zone, avec des indemnités. » Il ajoute : « Au Japon, c’est le contraire. Il faudrait qu’un réseau des travailleurs du nucléaire se crée et s’organise afin d’avoir un poids sur les gouvernements pro-nucléaires. Dans chaque pays les situations diffèrent mais, malgré la barrière de la langue, nous nous comprenons mieux qu’avec les travailleurs japonais d’autres secteurs. Nous avons du commun, étant dans la même situation et les mêmes conditions. » Le visage de l’ancien liquidateur est anguleux, sa voix est basse, sans aucune nervosité. Il reprend une gorgée de café et ajoute : « Avant l’accident, j’étais déjà contre le nucléaire mais ce n’était que théorique. Après l’accident et mon travail en tant que liquidateur, j’ai compris le système nucléaire : une structure qui est prête à sacrifier ses propres travailleurs. »

Désormais définitivement à la retraite, l’ancien postier nous confie n’avoir aucun regret. « J’ai pu voir de mes propres yeux l’accident, les conséquences du nucléaire et surtout les conditions des travailleurs. Être le témoin de cette réalité. Je n’ai vraiment plus aucune confiance concernant cette énergie. Maintenant, je veux partager cette expérience pour aider à faire évoluer les conditions de travail des personnes dans le nucléaire. » Quelques 6 000 liquidateurs travaillent encore quotidiennement au démantèlement de la centrale nucléaire japonaise. Minoru Ikeda et Nanako Inaba se lèvent. Nous nous saluons ; ils s’en vont prendre un avion pour Tokyo.

Notes:

1. On pourra lire : « Pourquoi le Japon est une zone sismique ? ».
2. Fukushima n’est pas le premier accident nucléaire qu’a connu le Japon : en 2007, la centrale de Kashiwasaki-Kariwa, située à 10 kilomètres de l’épicentre d’un important séisme, frôlait déjà le drame nucléaire. Depuis, les Japonais ont inventé le terme « genpatsu-shinsai », qui désigne une accumulation de catastrophes naturelles menant à une catastrophe nucléaire.
3. Le bilan sanitaire varie encore : on estime qu’entre 500 000 et 800 000 personnes seraient mortes pendant les travaux de nettoyage et de cimentation.
4. Voir le documentaire de Thomas Jonhson diffusé en 2006, La bataille de Tchernobyl.
5. Soit 150 euros.
6. Un jeu d’argent très populaire dans tout l’archipel.
7. Voir « Quatre ans après Fukushima – L’ombre des Yakuzas », une enquête GQ parue en février 2015.
8. On pourra lire cet article à propos de la durée des déchets, sur le site La Radioactivité.
9. On pourra lire cet entretien paru en mars 2015 dans Lundi matin : « Partir de Tokyo ».
10. « Les initiatives de mesure des radiations ont une longue histoire au Japon. Juste après la catastrophe de Tchernobyl, des activistes anti-nucléaires japonais ont mis en place des réseaux de mesure indépendants appelés Radiation Disaster Alert Network (R-DAN). Certains scientifiques les ont soutenu. Les équipements de mesure ont été fournis par des organisations syndicales. Ce genre d’initiatives se transmettent, directement ou indirectement. La population ne peut pas croire les mesures officielles. À Fukushima on sait qu’elles sont généralement inférieures à leurs propres mesures. Et puis même en dehors de Fukushima, les gouvernements locaux ne veulent pas mesurer le rayonnement radioactif, même si certaines zones ont des radiations supérieures aux normes de sécurité. » Toshimaru Ogura, pour Ballast.
11. Voir les règlementations sur le site de l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS).
12. On pourra lire cet article de Mediapart paru en 2015 : « Fukushima, bilan d’une situation sanitaire inquiétante ».
13. L’accident de Tchernobyl constituait déjà une expérience clinique à grande échelle ; malgré les pressions exercées par les gouvernements russe et biélorusse pour ne pas diffuser de bilan sanitaire de la catastrophe, le recul historique et scientifique que nous avons désormais confirme cette corrélation.
14. On pourra lire cet article du Monde en date du mars 2013, signé Philippe Pons : « Fukushima : dans l’enfer des “liquidateurs” »

Fukushima, environnement et contamination planétaire: Économie de bout de chandelle, la centrale tient (littéralement) au ruban adhésif…

Posted in actualité, écologie & climat, néo-libéralisme et paupérisation, politique et lobbyisme, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme with tags , , , , , , , on 5 janvier 2014 by Résistance 71

Bande adhésive et filet métallique ont été utilisés pour renforcer les réservoirs d’eau contaminée de Fukushima

 

RT

 

4 Janvier 2014

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/fukushima-radiation-water-leak-186/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Alors que TEPCO a commencé les préparations pour un nettoyage du système de drainage et de ses tonnes d’eau radioactive fuitée sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima, un ancien employé révèle que la raison pour tant de fuites fut la réduction du coût des mesures qui vit l’utilisation de ruban adhésif, a rapporté le quotidien Asahi Shimbun.

Yoshitatsu Uechi, un mécanicien automobile et chauffeur de bus pour touristes, a travaillé sur le site de la centrale nucléaire dévastée entre le 2 Juillet et le 6 Décembre 2012, d’après l’article du Asahi Shimbun. Il était un des 17 employés en provenance de la préfecture d’Okinawa, qui fut envoyé pour travailler dans la centrale durement frappée afin de créer de nouveaux espaces de stockage de l’eau contaminée. Le tremblement de terre de Mars 2011 a déclenché un tsunami qui a touché la côte Est du Japon, endommageant la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. La catastrophe a provoqué la fusion de trois des réacteurs nucléaires de la centrale, menant au plus grand désastre nucléaire mondial depuis celui de Tchernobyl. L’eau utilisée pour refroidir les réacteurs a fuit dans le sol et a contaminé l’eau de sous-sol sur les lieux de la centrale, une partie de cette eau s’étant également échappée dans l’Océan Pacifique.

Ce Japonais de 48 ans a dit que des ouvriers furent envoyés dans plusieurs endroits de Fukushima, incluant une zone appelée H3 à haut niveau de radiation. Dans un de ces cas en Octobre 2012, Uechi fut chargé de recouvrir 5 ou 6 réservoirs de stockage sans couvercle dans la zone “E”, proche de H3 et il pleuvait, rapporte le journal japonais. Lorsqu’il fut installé en haut du réservoir haut de 10m, Uechi y trouva de la bande adhésive qui couvrait une ouverture d’environ 30cm. Après avoir utilisé une lame pour enlever la bande, il appliqua un agent d’étanchéité sur l’ooverture et y fixa un couvercle en acier, le fermant avec de gros écrous. En accord avec ses instructions, il devait utiliser 4 écrous, bien que le couvercle en ait eu 8. D’après l’employé, ses collègues lui dirent plus tard que l’utilisation de bande adhésive était une procédure normale pour gérer les problèmes “d’étanchéité” des réservoirs d’eau contaminée. “Je ne pouvais pas croire qu’un tel boulot ni fait ni à faire était entrepris, même si cela faisait partie de mesures temporaires”, a dit Uechi au quotidien Asahi Shimbun.

Parmi d’autres mesures temporaires économiques bricolées, l’utilisation de matériel d’occasion fut courante. Uechi a aussi dit que des filets en fil de fer ont été utilisés pour renforcer des barreaux durant le remplacement de coffrage en béton dans les fondations des réservoirs d’eau. De plus, des membranes résistantes à l’eau furent appliquées le long des joints à l’intérieur des réservoirs cylindriques et ce pour économiser sur les joints étanches nécessaires utilisés pour joindre les feuilles métalliques de la paroi des réservoirs. La pluie et la neige ont érodé l’agent anti-corosion mit sur les écrous des colliers de serrage, réduisant ainsi l’étanchéité, a ajouté Uechi. D’après l’ouvrier, un grand nombre de ces réservoirs ont été prouvés avoir fuité de l’eau contaminée.

Samedi, des ouvriers sur le site de la centrale ont commencé les préparations de nettoyage du système de drainage de la centrale qui contient plus de 20 000 tonnes d’eau hautement radioactive, d’après Tokyo Electric Power Company (TEPCO), l’opérateur de la centrale et responsable du nettoyage. En août dernier, TEPCO a détecté 2,35 milliards de Becquerels de césium par litre dans l’eau située dans les passages sous-terrains, qui fuitent dans le sous-sol et la nappe phréatique au travers de failles et fissures dans les tunnels de drainage.

Le niveau normal est estimé à 150 becquerels par litre de césium d’après l’UE. Les ouvriers doivent mettre en place l’équipement spécial pour geler la sol autour des réacteurs, d’après TEPCO. Ce plan inclut d’introduire des tuyaux transportant des réfrigérants liquides profondément de façon à ce qu’aucune quantité d’eau ne puisse traverser. La chercheuse sur les retombées de Fukushima, Christina Consolo a dit à RT que le problème de l’eau contaminée dans la centrale nucléaire est un problème très difficile à résoudre.

La rétention/stockage des eaux est un problème extrêmement difficile en soi, comme chacun connait le problème d’une cave où il y a des fuites, l’eau trouve toujours un passage. Le site a été bricolé avec du ruban adhésif depuis plus de deux ans. La plupart de ces “réparations” ne sont que temporaires et il y a tellement de problèmes à résoudre et le coût a toujours l’air d’être un gros problème en ce qui concerne ce qui est fait et ce qui ne l’est pas.”