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L’horreur nucléaire… Les liquidateurs, de Tchernobyl à Fukushima

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Notre Dossier Fukushima

 

Un liquidateur à Fukushima

 

Djibril Maïga

 

28 juin 2018

 

Source: https://www.revue-ballast.fr/un-liquidateur-a-fukushima/

 

Nous retrouvons Minoru Ikeda dans un café du centre de Paris : un ancien ouvrier de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. Nous tentons quelques mots dans le trop sommaire japonais que nous connaissons ; la timidité d’Ikeda se dissipe en un sourire. Nanako Inaba, sociologue, l’accompagne — elle traduira. L’homme, facteur de profession, s’était porté volontaire pour intervenir sur le site au lendemain de l’accident nucléaire qui frappa son pays en mars 2011 ; on les appelle, depuis Tchernobyl, les « liquidateurs ». Il dénonce à présent les mensonges de l’État japonais et n’entend pas que des hommes aient été « sacrifiés » pour rien : militant antinucléaire, il aspire à une prise de conscience internationale et à la mise en relation des travailleurs du nucléaire aux quatre coins de la planète

Tokyo, vendredi 11 mars 2011 : une journée comme une autre dans la plus grande ville du monde, où Minoru Ikeda travaille comme postier. Sa tournée de distribution achevée, il revient au bureau et salue ses collègues ; autour d’un café, tous discutent et plaisantent comme à leur habitude. Il ne reste à Minoru que deux années avant la retraite. Il est 14 h 45 ce jour-là quand, soudain, les étagères se mettent à trembler puis tombent comme des dominos. Le bâtiment est pris d’un premier spasme. Les corps paniquent, les têtes se heurtent, la peur se lit sur les visages : la terre s’est déchirée durant l’éternité d’une minute. Le Japon vient d’enregistrer l’un des plus gros séismes de son histoire1, magnitude 9 sur l’échelle de Richter. C’est la première fois que Minoru fait l’expérience d’« un aussi long et terrible tremblement » dans la capitale ; il ajoute : « Je me suis douté que ça devait être plus dramatique ailleurs. »

La vague : genpastu-shinsai

Les transports tokyoïtes sont hors-service. Minoru ne rentrera pas chez lui pour rejoindre sa famille. L’électricité, elle, fonctionne toujours ; avec ses confrères, ils constatent l’étendue des dégâts par la lucarne du poste de télévision. Personne ne se doute que, dans l’heure qui suivra, ce séisme engendrera un tsunami submergeant les villes côtières bordant le Pacifique. En déferlant sur les habitations et les infrastructures, ces murs de vagues dépassant par endroit 30 mètres ôteront la vie à quelque 15 000 personnes dans le nord-est du pays et dévasteront plus de 10 kilomètres de terres. Les murailles de protection de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi et de ses quatre réacteurs en service, érigées à seulement six mètres de haut, seront balayées d’un revers de main. Dès lors, tandis que l’une des plus grandes centrales du monde est touchée en son cœur, la catastrophe « naturelle » devient une catastrophe industrielle2. Il est 15 heures : l’alimentation en électricité des structures de refroidissement de la centrale s’éteint automatiquement sur les réacteurs numéro 1, 2 et 3. Les systèmes de secours — de simples groupes électrogènes — prennent le relais. À 15 h 30, le tsunami noie le système de refroidissement. Quelques heures plus tard, les barres de combustible du réacteur numéro 1 commencent à fondre et l’enceinte de confinement, sous la chaleur et la pression, se met à fuir. La nuit venue, on compte les morts et les disparus sur les côtes dévastées de l’est du pays et on se met en quête de produits de première nécessité à Tokyo. Au réveil, plus au nord, les cœurs des réacteurs de Fukushima entrent en fusion à 2 800 degrés ; sous une telle pression, l’hydrogène présent dans les réacteurs implose dans l’après-midi. Le toit du réacteur numéro 2 part en fumée, tuant une personne et en blessant des dizaines. Premiers rejets radioactifs, premiers décès directement liés à l’accident.

Dimanche 13 mars, la pression augmente de manière critique dans les réacteurs numéro 2 et 3. Il s’agit d’éviter une seconde explosion. Faute de contrôler la situation, la multinationale TEPCO, exploitant la centrale, décide de dépressuriser le confinement en ouvrant les vannes : un épais nuage de vapeurs radioactives se libère dans le ciel du Japon. Cela ne change rien : le lendemain, le toit du réacteur numéro trois est soufflé comme une plume, faisant de nouveaux blessés. La situation échappe définitivement au contrôle des autorités, lesquelles décident, enfin, d’évacuer la population des 20 kilomètres alentour. Depuis les premières heures — qui deviennent vite des jours —, le Japon est comme suspendu hors du temps. Encore sous le choc, sur un territoire devenu chaotique et difficilement praticable, des militaires et des salariés de l’entreprise TEPCO se retrouvent face à une situation exceptionnelle qu’aucun protocole de sécurité n’avait anticipée. Environ un millier de personnes tentent, tant bien que mal, de refroidir les réacteurs, de remettre l’électricité en route, de faire repartir les pompes ou, à défaut, d’injecter de l’eau : de tout mettre en œuvre, en somme, pour éviter que l’accident n’empire. Autant d’opérations réalisées dans la hâte, sans préparation ni réelles informations, qui déboucheront sur de nombreux échecs. Nul n’a oublié les images de cet hélicoptère militaire qui, pathétiquement, tenta en vain de jeter des litres d’eau borée sur le cœur du réacteur numéro 1. Face à cette désorganisation avérée et à l’ignorance feinte de TEPCO, qui ne peut ni ne veut reconnaître la gravité de la catastrophe, l’État — avec à sa tête le Premier ministre Naoto Kan — tente de prendre la situation en main. Après un échec patent, révélant son impuissance à la communauté internationale, c’est au tour des pompiers-militaires et de leur équipe spéciale d’essayer de refroidir ce magma en fusion : ils réussissent finalement à acheminer de l’eau de mer en continu, directement sur le cœur du réacteur. La situation semble enfin « maîtrisée ».

Les bio-robots de Tchernobyl 

Cette lutte contre les vapeurs radioactives fait tragiquement écho à la catastrophe de Tchernobyl, en 1986. Une soixantaine de pompiers et militaires, mobilisés après l’explosion du réacteur numéro 4 de la centrale biélorusse, avaient eux aussi tenté d’en refroidir le cœur. Ignorant les risques et l’importance des précautions à prendre, ils furent irradiés à des doses létales ; nombre d’entre eux décédèrent dans les semaines qui suivirent leur intervention. Ce fut alors au tour de travailleurs civils — ouvriers et techniciens — d’être réquisitionnés. Dans l’URSS de l’époque, il était en effet envisageable pour les autorités de réquisitionner des centaines de milliers d’anonymes afin de nettoyer la centrale et ses alentours, et ce malgré l’imprévisibilité que représente un cœur nucléaire entré en fusion. Des équipes se relayèrent sans relâche et permirent d’isoler ledit cœur en construisant un sarcophage supposé étanche autour du réacteur 4. Ces centaines de milliers de sacrifiés3 seront nommés « les liquidateurs ». Face à la dangerosité de ces tâches, il fut tenté d’envoyer dans la centrale des robots pour remplacer les humains : dans ces conditions extrêmes (chaleur et haute radioactivité), les circuits des machines grillèrent à leur tour, obligeant les autorités à faire appel à ce qu’elles nommèrent — non sans ironie — des « bio-robots » : des hommes calfeutrés dans des combinaisons faites à la main, uniquement recouvertes de plomb pour protéger des radiations. Ne pouvant rester plus de quelques minutes, voire quelques secondes, au contact des radiations, ces travailleurs nettoyèrent, à coups de balai et de pelle, la centrale et son toit de débris hautement radioactifs. Ces « bio-robots » sont bien, aux yeux des autorités en charge, ce que leur nom suggère : des machines, des rouages ; ces « liquidateurs » sont des êtres à disposition, sacrifiables, qui se verront remettre, pour toute récompense et reconnaissance de leur service, une simple feuille de papier, un diplôme, insigne du mépris4.

Les centrales construites après Tchernobyl ont vu leur sécurité renforcée : la présence d’enceintes de confinement autour des réacteurs nucléaires modernes, destinées à réduire les rejets radioactifs en cas d’accident, ont certainement permis de payer des conséquences moins lourdes qu’à Tchernobyl. Le recul historique manque pour pouvoir l’affirmer. Le contexte diffère, les conséquences aussi, mais les liquidateurs, eux, demeureront : on les appelle en japonais les jenpassokuyuyi. Toutefois, de tous les liquidateurs nippons qui tentèrent de juguler la catastrophe, les médias n’en ont retenu que 50 : les fameux « Fukushima Fifty ». Ce sont eux qui, le 15 mars, après l’explosion du réacteur, restèrent malgré les dégagements de rejets radioactifs largement au-delà des limites autorisées. Pour Minoru, cette histoire des « 50 » est de l’ordre du roman national, du « besoin d’héroïsation » utile afin de diminuer le nombre de travailleurs exposés à des doses excessives. En réalité, ce sont des milliers de personnes qui furent envoyées à l’aveugle dans ce casse-pipe nucléaire et absorbèrent les radiations invisibles, et ce dès les premiers jours.

« Il fallait faire quelque chose »

Minoru est l’un de ces travailleurs. « Jusqu’à l’accident, je n’étais pas conscient, comme la plupart des habitants de Tokyo, que l’énergie de la ville venait de Fukushima », nous raconte-t-il. « La population de Fukushima assume à elle-seule tous les risques de la centrale nucléaire. C’est par solidarité que j’ai tenu à faire quelque chose pour les habitants de Fukushima. » Suite à l’accident, les rues de Tokyo voient défiler sa population : d’importantes manifestations — auxquelles le pays n’est plus habitué — s’organisent contre les mensonges du gouvernement. Mais Minoru fait partie des rares Tokyoïtes à faire le choix de dépasser cette frontière invisible qui sépare la région de Tōhoku du reste du pays. « Il fallait faire quelque chose sinon cela aurait pu aller très loin. Les jeunes, eux, ne pouvaient être sacrifiés, mais moi j’avais déjà 60 ans. » Devoir moral, donc, pour les générations suivantes, mais pas seulement : éberlué par la gestion de la crise et les mensonges non-dissimulables de son gouvernement, il ressent très vite la nécessité de comprendre par lui-même, de voir la réalité de ses propres yeux.

La plupart des travailleurs qu’il rejoint sur place sont d’anciens employés de la centrale ; les autres sont des habitants du coin qui se sont engagés pour des raisons affectives : ayant grandi dans cette importante région agricole, ils désirent plus que quiconque reconstruire leurs villes natales puis rentrer chez eux. La population a été évacuée sur 20 kilomètres. La motivation morale est forte mais les risques inhérents au travail de liquidateur constituent un frein. Pour y pallier et attirer les volontaires, l’État et TEPCO ne lésinent pas sur les yens. « L’argent compte, et pareillement pour les personnes qui viennent de l’extérieur de Fukushima », nous dit Minoru. « La question morale et l’argent se mêlent dans les motivations qui ont poussé les gens à venir travailler sur Fukushima-Daiichi. » Quand Minoru arrive sur place, il n’est pas directement employé par l’entreprise mais par un sous-traitant, lui-même prestataire. Des entreprises de sous-traitance sont convoquées sur tous les fronts : pour la gestion des radiations, des combustibles et des déchets. « Cela forme comme une pyramide, avec TEPCO à la pointe. Nous étions une équipe d’une vingtaine de travailleurs et il y avait au-dessus trois compagnies sous-traitantes. » Afin de gérer la décontamination et de montrer au reste du monde que la catastrophe est sous contrôle, l’argent de l’État et de TEPCO coule à flots. Très vite, Minoru comprend que la catastrophe est une aubaine économique pour certains et que cette ingérence de l’argent dans une crise politique crée « un souci de justice » : « Le gouvernement a décidé de donner une prime relative au danger radioactif, qui correspond à 20 000 yens5 par personne et par jour », poursuit Minoru. « Mais cette prime est grignotée par les têtes des différentes compagnies. Elles ne sont pas du tout exposées aux rayons ionisants tandis que nous, les travailleurs qui sommes sur place et réellement exposés, nous ne recevons presque rien. » Depuis, jusqu’à dix strates de sous-traitants ponctionnent l’argent des liquidateurs — ceux qui sont employés dans les échelons les plus bas ne perçoivent plus que des miettes.

Certaines villes alentour ont saisi cette opportunité juteuse : ainsi d’Iwaki, où les hôtels affichent complet — après leur journée de labeur, les travailleurs y dilapident leur paie en loyer, alcool et pachinko6. La prostitution y fleurit. Le parasitage s’organisant, le travail devient de moins en moins rémunérateur mais demeure tout aussi dangereux. Un désengouement s’ajoute à cela : l’accident ne fait plus la une des journaux ni des télévisions ; conséquence directe : de nombreux travailleurs quittent les chantiers et les employés qualifiés se raréfient. Face à ce besoin de main-d’œuvre, de nombreux soupçons visant les Yakuzas naissent : ils seraient accusés — en plus d’organiser l’économie parallèle — d’avoir mis en place un réseau de travailleurs ayant recours aux déclassés, aux sans-abris et aux sans-papiers. Autant de quidams forcés à faire le sale travail et payés à vil prix.7 Minoru a entendu parler de tout cela. « Il y a quelques années il y avait des sans-abris qui avaient été recrutés à Osaka. Mais aujourd’hui les contrôles d’identité des travailleurs sont très durs, il serait difficile de faire travailler des personnes sans papiers… » Quant aux Yakuzas, « il y en a, oui, mais ce n’est pas aussi important que ce dont on parle ».

Nettoyer l’invisible

Août 2012. Il est entre 5 et 6 heures du matin à Fukushima. Le bus de la compagnie sous-traitante vient chercher Minoru et les autres liquidateurs ; il les emmène au « J-Village », un ancien stade de foot transformé en dortoirs et en centre de coordination. Parqués sur la place principale, tous attendent l’appel comme au temps du travail à la pièce. Une fois dispatchés par secteur d’activité, chacun met de coté ses vêtements civils et enfile son uniforme, ses gants, masque et casque. Nul ne se sépare de son dosimètre. « Il permet de mesurer la dose d’irradiation par jour, mais aussi par mois. » Un cortège de navettes vient les récupérer vers 6 h 30 pour les emmener vers la centrale. Le travail de Minoru consiste à décontaminer une zone de 5 kilomètres autour de la centrale, en particulier dans la ville de Namie. Il doit déblayer l’herbe et enlever la terre contaminée sur 5 centimètres de profondeur, en remplir des sacs et la trier ; un travail sisyphéen. « J’y ai chassé les herbes au bord de la rivière car elles sont contaminées par la radioactivité, mais aussi une partie de la terre que je raclais toute la journée. » Cette technique fut également envisagée à Tchernobyl avant d’être écartée : araser la terre sur plus de 5 centimètres se révèlera d’une inefficacité patente et d’un coût démesuré — d’autant plus qu’il faut ensuite stocker tous ces déchets accumulés. L’enjeu du stockage de ces débris nucléaires est l’un des principaux problèmes liés à la décontamination : que faire de ces déchets dont la radioactivité perdure plusieurs décennies, voire plusieurs siècles, selon leur composition8 ? Où et comment les stocker ? Enfin, et surtout, comment les retraiter ? Au Japon, dans la désorganisation des premiers temps, des tonnes de sacs furent réunis puis triés chaque jour pour être enfin empilés dans des entrepôts à ciel ouvert ; ces déchets étaient protégés par de simples bâches… Face à cette accumulation surréaliste, l’une des politiques adoptées fut d’en enterrer une partie dans ce que l’on peut appeler des « cimetières du nucléaire » : pour le mieux, des entrepôts enfouis et bétonnés sous terre ; autrement, sous seulement quelques centimètres de terre… Une autre option, plus radicale mais autrement plus dangereuse, fut de les brûler, rejetant par les fumées la radioactivité directement dans les airs9.

Les sacrifiés : une économie du dosage

Un point crucial demeure concernant les liquidateurs dont Minoru se fait le porte-parole : les incidences sur la santé des irradiations nucléaires10. Tout repose sur l’évaluation du dosage, en fonction de normes sanitaires. Mais comment définir ce qui est de l’ordre du tolérable et de l’acceptable concernant la santé et la vie d’un individu ? Les facteurs moraux et sanitaires ne fixent pas cette limite, on l’imagine, mais bien plutôt la (dé-)raison économique : une économie du dosage. En France, le seuil d’irradiation pour un civil est de 1 à 6 mSv (millisieverts) annuel ; pour les travailleurs du nucléaire, cette limite est relevée à 20 mSv, soit trois fois plus11. Au lendemain de la catastrophe de Fukushima, les premiers liquidateurs se sont fait irradier à des doses non-comptabilisées. À la décharge de l’État et de TEPCO, ces sacrifiés des premières heures n’ont pas été exposés à des doses mortelles comme le furent ceux de Tchernobyl. Néanmoins, si ces irradiations avaient été réellement comptabilisées, les doses engrangées auraient évidemment bien été au-dessus de la norme : le 15 mars, à la suite des deux explosions, le débit d’irradiation à l’entrée de la centrale atteignit un pic de 11,3 mSv par heure. Un liquidateur ayant travaillé dans de telles conditions a pu absorber en moins de deux heures davantage que le taux annuel toléré. Face à l’urgence, l’État décida de faire passer la limite de 20 à 100 mSv par an… À titre exceptionnel, le 15 mars, ce seuil fut encore relevé à 250 mSv. Pour les volontaires qui furent « informés », la perspective de sauver des vies justifia la levée de toute limite d’exposition.

« Au Japon, on laisse simplement mourir les travailleurs qui se sont sacrifiés dans une totale indifférence. »

Les autorités jouent sur le flou scientifique concernant la corrélation — pourtant établie par de nombreuses études12 — entre irradiation et développement de diverses pathologies13. Autant l’irradiation à des doses létales est cliniquement visible (brûlures, vomissements menant à la mort violente), autant celle à de « faibles » doses ne dévoile ses effets qu’après plusieurs années. Les maladies se développant sur le long terme, bien après le travail effectué, pourront donc être considérées comme non-professionnelles. C’est de cette mauvaise foi que le gouvernement et les entreprises jouent, leur permettant d’éviter la reconnaissance et dès lors la prise en charge des maladies professionnelles des liquidateurs. Malgré le peu d’informations dont ils disposaient sur la réalité de la situation, les liquidateurs de Fukushima se rendirent très vite compte du danger14 : taux de radiation trop fortement élevé de leurs compteurs, nombreuses fuites incontrôlées dont ils étaient témoins, conditions de travail non-adaptées. Pris entre le devoir de sauver des vies, la région, voire la nation, et les inquiétudes pour leur santé, certains tentèrent de se mobiliser afin qu’une politique sanitaire soit réellement mise en place : malgré l’interdiction de TEPCO et la rétention étatique, certains essayèrent de sensibiliser la communauté internationale. De nombreux articles et témoignages à visage couvert et sous pseudonyme affluèrent dans les mois qui suivirent : tous de témoigner de l’anxiété des travailleurs et de leur famille et de démentir les communiqués rassurants du gouvernement et de TEPCO. Un appel à l’initiative d’une communauté de médecins japonais, relayé par The Lancet, demanda ainsi à ce que des prélèvements sanguins soient opérés sur les liquidateurs afin d’anticiper sur les futures maladies — principalement hématologiques — qu’ils auront à affronter. Le gouvernement et TEPCO refusèrent, jurant qu’il n’existait aucun danger… C’est bien une guerre de l’information qui s’engage entre les liquidateurs et cette entreprise cinquantenaire protégée et nationalisée par l’État en 2012. Après s’être battus au péril de leur vie pour l’avenir du Japon, Minoru et les liquidateurs de Fukushima se retrouvent aujourd’hui dans un autre combat : la propagande d’État. « Il y a eu un mort de leucémie à Fukushima juste après l’accident, qui n’a pas été reconnu. Je connais un autre travailleur qui a contracté une leucémie. TEPCO ne veut pas la reconnaître en tant que maladie professionnelle. »

Minoru ne nous cache pas sa colère : « J’y ai travaillé durant neuf mois. Quand j’ai quitté le travail, mon patron m’a donné mon carnet où ont été consignées les doses de radiation que j’ai reçues. J’ai appris à ce moment-là que j’avais 7,25 mSv au total, un chiffre au-delà du seuil tolérable. Normalement, pour avoir la reconnaissance de la maladie professionnelle, c’est 5 mSv. Mais une fois que vous avez quitté le travail, que vous n’êtes plus contractualisé, il est presque impossible de le faire reconnaître et donc d’avoir droit à une indemnisation. Il devrait y avoir un système de protection de la santé pour les travailleurs du nucléaire, créé par l’État, comme cela a pu être le cas pour l’amiante, par exemple. En ce moment, au Japon, on laisse simplement mourir les travailleurs qui se sont sacrifiés dans une totale indifférence. » L’entreprise n’a admis des expositions anormalement élevées (plus de 100 mSv) que pour 21 travailleurs. « On peut considérer que nous avons été sacrifiés, conclut Minoru. TEPCO et le gouvernement supposent que, parce que les travailleurs ont accepté de s’enrôler en tant que liquidateurs, ils doivent en accepter les conséquences. Ils cherchent tout simplement à se déresponsabiliser afin de ne pas reconnaître l’enjeu sanitaire lié au nucléaire, mais aussi de ne pas avoir à donner les indemnisations aux travailleurs. Le gouvernement veut tourner la page, faire comme si l’accident appartenait au passé, comme si rien ne s’était passé. L’accident est “révolu” : il n’ y a plus de problèmes. »

Une internationale des liquidateurs ?

Les travailleurs tentent de s’organiser à échelle internationale. C’est l’un des enjeux du Forum social mondial antinucléaire, qui s’est tenu à Tokyo, Montréal puis Paris, en novembre 2017. Anciens de Tchernobyl, employés du nucléaire français, liquidateurs japonais, associatifs ou lanceurs d’alerte : autant d’histoires singulières rassemblées. Minoru Ikeda avait à cette occasion rencontré, dans la capitale hexagonale, un ancien mécanicien français du nucléaire luttant pour que les maladies des travailleurs exposés à la radioactivité soient reconnues comme des maladies professionnelles, Philippe Billard. Il se rendit également à Fécamp ainsi qu’à Bure. « J’y ai appris que cinq ans après la catastrophe, le gouvernement russe avait créé une loi pour la protection des travailleurs et des habitants de la zone, avec des indemnités. » Il ajoute : « Au Japon, c’est le contraire. Il faudrait qu’un réseau des travailleurs du nucléaire se crée et s’organise afin d’avoir un poids sur les gouvernements pro-nucléaires. Dans chaque pays les situations diffèrent mais, malgré la barrière de la langue, nous nous comprenons mieux qu’avec les travailleurs japonais d’autres secteurs. Nous avons du commun, étant dans la même situation et les mêmes conditions. » Le visage de l’ancien liquidateur est anguleux, sa voix est basse, sans aucune nervosité. Il reprend une gorgée de café et ajoute : « Avant l’accident, j’étais déjà contre le nucléaire mais ce n’était que théorique. Après l’accident et mon travail en tant que liquidateur, j’ai compris le système nucléaire : une structure qui est prête à sacrifier ses propres travailleurs. »

Désormais définitivement à la retraite, l’ancien postier nous confie n’avoir aucun regret. « J’ai pu voir de mes propres yeux l’accident, les conséquences du nucléaire et surtout les conditions des travailleurs. Être le témoin de cette réalité. Je n’ai vraiment plus aucune confiance concernant cette énergie. Maintenant, je veux partager cette expérience pour aider à faire évoluer les conditions de travail des personnes dans le nucléaire. » Quelques 6 000 liquidateurs travaillent encore quotidiennement au démantèlement de la centrale nucléaire japonaise. Minoru Ikeda et Nanako Inaba se lèvent. Nous nous saluons ; ils s’en vont prendre un avion pour Tokyo.

Notes:

1. On pourra lire : « Pourquoi le Japon est une zone sismique ? ».
2. Fukushima n’est pas le premier accident nucléaire qu’a connu le Japon : en 2007, la centrale de Kashiwasaki-Kariwa, située à 10 kilomètres de l’épicentre d’un important séisme, frôlait déjà le drame nucléaire. Depuis, les Japonais ont inventé le terme « genpatsu-shinsai », qui désigne une accumulation de catastrophes naturelles menant à une catastrophe nucléaire.
3. Le bilan sanitaire varie encore : on estime qu’entre 500 000 et 800 000 personnes seraient mortes pendant les travaux de nettoyage et de cimentation.
4. Voir le documentaire de Thomas Jonhson diffusé en 2006, La bataille de Tchernobyl.
5. Soit 150 euros.
6. Un jeu d’argent très populaire dans tout l’archipel.
7. Voir « Quatre ans après Fukushima – L’ombre des Yakuzas », une enquête GQ parue en février 2015.
8. On pourra lire cet article à propos de la durée des déchets, sur le site La Radioactivité.
9. On pourra lire cet entretien paru en mars 2015 dans Lundi matin : « Partir de Tokyo ».
10. « Les initiatives de mesure des radiations ont une longue histoire au Japon. Juste après la catastrophe de Tchernobyl, des activistes anti-nucléaires japonais ont mis en place des réseaux de mesure indépendants appelés Radiation Disaster Alert Network (R-DAN). Certains scientifiques les ont soutenu. Les équipements de mesure ont été fournis par des organisations syndicales. Ce genre d’initiatives se transmettent, directement ou indirectement. La population ne peut pas croire les mesures officielles. À Fukushima on sait qu’elles sont généralement inférieures à leurs propres mesures. Et puis même en dehors de Fukushima, les gouvernements locaux ne veulent pas mesurer le rayonnement radioactif, même si certaines zones ont des radiations supérieures aux normes de sécurité. » Toshimaru Ogura, pour Ballast.
11. Voir les règlementations sur le site de l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS).
12. On pourra lire cet article de Mediapart paru en 2015 : « Fukushima, bilan d’une situation sanitaire inquiétante ».
13. L’accident de Tchernobyl constituait déjà une expérience clinique à grande échelle ; malgré les pressions exercées par les gouvernements russe et biélorusse pour ne pas diffuser de bilan sanitaire de la catastrophe, le recul historique et scientifique que nous avons désormais confirme cette corrélation.
14. On pourra lire cet article du Monde en date du mars 2013, signé Philippe Pons : « Fukushima : dans l’enfer des “liquidateurs” »

Folie nucléaire: Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima et plus à venir…

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Entretien avec Kolin Kobayashi, journaliste japonais

Nucléaire: “On vit vraiment dans la folie !”

 

Revue Ballast

 

26 juin 2018

 

url de l’article:

https://www.revue-ballast.fr/kolin-kobayashi-nucleaire-on-vit-vraiment-dans-la-folie/

 

Le premier Forum mondial antinucléaire s’est tenu à Tokyo en 2016. Le journaliste japonais Kolin Kobayashi, basé à Paris et correspondant pour Days Japan, s’y est impliqué depuis la première heure. Nous le retrouvons dans un café du centre de la capitale, qui accueillit sa troisième édition en novembre 2017 et réunit des intervenants et des militants de Russie, d’Espagne, du Niger, des deux Amériques et bien sûr du Japon. Le Forum s’acheva alors à Bure, dans la Meuse. En plus d’alerter sur les dangers intrinsèques du nucléaire, Kobayashi aspire à mettre en lumière les travailleurs exposés dans un pays où d’importants séismes sont à prévoir, alors même que ce dernier continue de compter les victimes « collatérales » de l’accident nucléaire de Fukushima en 2011. « On n’en parle pas ; autrement, on serait paniqués. »

L’ancien Premier ministre japonais Naoto Kan a fait savoir qu’il s’était aperçu, au lendemain de l’explosion de la centrale, que le secrétaire général de l’agence de sûreté nucléaire n’était pas un « spécialiste de l’énergie nucléaire » mais un économiste ! Une métaphore à valeur globale ?

Oui. La situation était réellement chaotique car les autorités japonaises n’étaient pas du tout prêtes à affronter un accident nucléaire majeur. Le gouvernement ne pouvait pas imaginer un accident de l’ampleur de Tchernobyl. Ils n’ont pas su gérer la situation et je crois que rien n’a changé, jusqu’à aujourd’hui. La situation est la même ! C’est de toute façon ingérable, un accident de cet ordre. Mais le lobby nucléaire international essaie de montrer qu’il est capable de prendre en main un accident nucléaire et en parle comme s’il s’agissait d’un risque naturel à gérer, à l’instar d’un typhon ou d’un séisme. L’accident nucléaire majeur est compté parmi ces risques ; un parmi d’autres, en somme : ça, c’est le discours officiel. Mais c’est incomparable ! Deux ans après le 11 mars 2011, dans la ville de Sendai, un grand Symposium international a été mis en place avec les organisations onusiennes. Malgré le fait qu’il s’agisse d’un accident qui nous laisse encore aujourd’hui dans un état d’urgence, ils n’ont absolument pas parlé de Fukushima. C’est incroyable, n’est-ce pas ?

Quelle est la situation des 130 000 personnes déplacées au Japon à cause de la situation nucléaire, et qu’on invite à revenir ?

On a 100 000 personnes qui sont déplacées à l’intérieur et à l’extérieur du département de Fukushima. Pour quelles raisons les autorités japonaises décident-elles de faire revenir ces réfugiés ? C’est un problème social et économique extrêmement important. Ils menacent de couper les subventions aux réfugiés qui sont partis ailleurs et qui ne reviendraient pas. Les autorités essaient de dire : finalement, les conséquences radioactives ne sont pas si importantes que ça, vous pouvez revenir, il faudra juste faire attention à ne pas manger d’aliments contaminés, à ne pas passer dans tels ou tels quartiers un peu contaminés ; ainsi, vous pourrez continuer à vivre. Mais la population vivait majoritairement de la terre ; les gens étaient paysans et agriculteurs, le département était l’un des plus importants centres agricoles… Il y a le village d’Iitate : c’était un foyer de l’agriculture biologique ! Juste après l’accident, tout a été contaminé. Un documentaire est d’ailleurs consacré à cette question : Iitaté, chronique d’un village contaminé, du réalisateur Doi Toshikuni. On ne peut pas nettoyer la forêt, la montagne ou les champs ; on ne peut pas tout raser, soulever 30 centimètres de terre et la mettre ailleurs. Alors on nettoie un peu comme ça, à la manière d’une salutation diplomatique, mais pas plus.

C’est une manière pour le gouvernent de minimiser la catastrophe ?

Bien sûr. Il ne faut pas laisser paniquer la population et de ne pas créer une crise économique.

Cela prend-il auprès de la majorité de la population ?

Il y a quelques agriculteurs particulièrement attachés à leur terroir. Certains, désespérés, se sont suicidés. D’autres essaient de collaborer avec des scientifiques afin de minimiser la contamination radioactive et remettre leurs champs en état. Des agriculteurs âgés ne peuvent plus vivre dans une maison préfabriquée d’en moyenne 29,7 m² prêtée par l’État ; ils sont tellement traumatisés… Ceux qui avaient des maisons de famille appartenant à leurs parents, à leurs grands-parents, accueillant leurs enfants et petits enfants, ceux-là se retrouvent tous dans un foyer. Résignés et conscients que, même atteints de maladies cancérigènes dues à la radioactivité, ils n’ont plus longtemps à vivre. Ceux-là se résignent, et reviennent.

Ils savent qu’ils ne vont donc pas léguer ces terres à leur famille.

La majorité des agriculteurs, conscients de tout cela, savent très bien qu’après leur génération, ce sera terminé. Les jeunes ne reviendront plus.

Que peuvent-ils transmettre aux générations futures ?

Les jeunes ont peur de subir la contamination et les familles avec enfants ne veulent pas revenir. Alors les villages, même s’ils étaient déjà petits — 6 000 personnes vivaient à Iitaté avant l’accident, 400 maintenant —, sont constitués en majorité d’une population de personnes de plus de 65 ans qui, une fois morts, n’auront personne derrière eux. Hasegawa Kenichi était fermier ; il a choisi de revenir avec sa mère de plus de 80 ans atteinte de la maladie d’Alzheimer pour continuer à vivre ailleurs que dans une baraque préfabriquée. Il est tout à fait conscient que son village et sa maison sont complètement contaminés. Mais il s’y est résigné. C’est assez tragique.

Comment gérer cette contradiction centrale entre l’urgence sécuritaire de la centrale et la protection des travailleurs livrés à son exposition ?

En réalité, ils ne les protègent pas. L’efficacité économique est prioritaire. Les travailleurs qui sont dans des zones d’irradiations fortes, des zones à risques, ne sont pas les salariés officiels de TEPCO [multinationale japonaise et, avant sa nationalisation, plus grand producteur privé mondial d’électricité, ndlr] : on fait appel à des sous-traitants. En France également, il y a des salariés « officiels » qui ne vont pas — sauf cas exceptionnels — dans des endroits dangereux. Au Japon, il y a dix étages de sous-traitance. TEPCO demande à une société générale de gérer l’ensemble des étages. Et, au final, l’entreprise qui se trouve au dernier étage n’a aucun contact avec TEPCO. La gestion et le contrôle de la santé des travailleurs qui travaillent actuellement à Fukushima Daiichi — 6 000 personnes, tous les jours ! — ne sont aucunement rationnels ni convaincants. Personne ne prend en charge cela.

Sont-ils soutenus par des organisations syndicales ?

Les syndicats officiels liés à Tepco sont complètement pro-nucléaires — comme ici, en France. Le syndicalisme existe peu dans des entreprises de moins de 50 personnes. Il y a bien une association de soutien aux travailleurs nucléaires (il s’agit en fait de plusieurs associations regroupées pour former une association solide1) qui entre en contact avec eux et leur fournit un carnet pour documenter leur carrière, dans lequel ils doivent reporter les postes qu’ils ont occupés, pendant combien de temps, à quels endroits ils sont passés, combien de doses reçues, etc. Ce carnet est utile pour archiver leur état de santé. Normalement, c’est aux autorités japonaises de le fournir à tous les travailleurs, même à ceux qui ne travailleront que dix jours : c’est utile sur le long terme. On sait que certains cancers se déclarent au bout de 30 ans ; après Hiroshima, des cancers liés aux radiations se sont déclarés après un demi-siècle.

Il n’y a pas d’examens médicaux obligatoires ?

L’association propose ce carnet déclaratif car les patrons des petites entreprises sous-traitantes demandent aux travailleurs temporaires de ne pas révéler les doses réelles reçues. Les salariés le savent, et savent aussi qu’en déclarant le chiffre de doses réelles ils ne pourront pas travailler le jour suivant — puisque son seuil de radiation est dépassé. L’exposition va dépendre des zones où ils seront envoyés. Si untel est envoyé dans une zone très contaminée, il pourra travailler d’une traite seulement une heure, voire dix minutes par jour ; d’autres, qui font des travaux de décontamination dans les villages, peuvent travailler plus longtemps. Ils doivent faire des coupures plus ou moins contrôlées. Ceux qui ont besoin d’argent, comme les travailleurs journaliers, camouflent et magouillent donc les chiffres. Vous avez dû entendre parler des mafieux japonais, les Yakuzas, qui démarchent pour trouver des travailleurs précaires prêts à mourir…

Ces travailleurs se déclarent « prêts à mourir » ?

Non, mais ils savent que c’est un risque à prendre. Ce sont des travailleurs précaires qui s’entassent dans certains quartiers populaires et cherchent tous les jours du travail. Ces gens-là sont malades physiquement ; les missionnaires de sous-traitants, les Yakuzas, proposent beaucoup d’argent contre le fait d’être « prêts à mourir ».

L’opinion publique japonaise est-elle correctement informée du sort des travailleurs du nucléaire ?

Officiellement parlant, les Japonais ne sont de toute façon pas informés ; ça reste une zone invisible, sauf pour les militants, les chercheurs et ceux qui s’intéressent d’eux-mêmes à ces problèmes. Le reste de la population n’est pas au courant. Mais des scandales éclatent parfois ça car cela concerne également les Yakuzas et les embauches illégales, sans fiches de salaire officielles, etc. Cela reste de l’ordre du fait divers social, comme il y en a tous les jours : ça passe et on oublie.

Un fait divers et jamais un problème économique et structurel ?
Voilà.

À combien s’élèvent les salaires proposés aux travailleurs ? 

C’est flou. La société qui embauche prélève une marge salariale : au bout des dix étages, la marge prélevée devient importante et le salarié touche à peine plus que le SMIC2. L’État avait promis une subvention spéciale pour les travailleurs du nucléaire mais cet argent a été totalement absorbé par les entreprises. C’est illégal. Une prime qui dépendait de l’endroit où travaillait la personne (700 à 800 euros par mois).

L’État japonais s’est donc servi de l’argent des impôts pour engraisser des entreprises sous-traitantes et sous-payer des individus ?

Oui.

Sans mouvement de contestation ?

C’est comme en France ! La grande majorité des gens sont pris en otage par cette idée reçue que, sans le nucléaire, notre vie et notre civilisation moderne ne fonctionnera plus, qu’il n’y aura pas assez d’énergie pour les hôpitaux, les écoles…

Le Japon avait réagi en fermant, pour un temps, toutes les centrales…

Avant cela, le Japon était couvert par le nucléaire à hauteur de 35 %. On est loin des 75 % de la France. Il est plus facile de le convertir en électricité conventionnelle, fioul, charbon, hydro-énergie…

Quels liens économiques existent entre l’ingénierie française et japonaise ?

Le Japon avait depuis le début des années 1970 une convention de coopération avec la France. S’y échangent des savoirs-faire, notamment au sujet des réacteurs. Les Japonais travaillent bien davantage avec l’ingénierie américaine mais le lobby industriel nucléaire français a commencé à être plus présent — notamment sur la question du retraitement. Il y a une usine de retraitement au Japon, celle de Rokkasho, qui est entièrement de technologie française. C’est pour ça qu’Areva y était présent : pour échanger mutuellement des technologies. Il y a un lien fort actuellement parce que le Japon veut conquérir la potentialité du nucléaire militaire pour être élu comme membre du Conseil de sécurité. Sans tête nucléaire, on est balayés ! Les membres du club sont liés au nucléaire, donc ce sont des liens forts. Actuellement, ASTRID est un nouveau projet de quatrième génération des réacteurs ; c’est le prolongement de Superphénix. C’est une invention franco-japonaise. Les Japonais avaient un surgénérateur de prototype Monju qui a raté — comme Superphénix —, mais ils veulent continuer d’investir.

Superphénix était supposé recycler le nucléaire appauvri utilisé par les centrales principales pour recréer de l’énergie…

Ils fabriquent des combustibles Mox en mélangeant du plutonium puis recyclent à chaque fois ce plutonium pour refabriquer du Mox et en remettre dans le réacteur. Ça, c’était le plan écrit sur la table. Mais ça ne fonctionne pas ! En France, c’est aussi un problème puisque Superphénix ne marche plus. On n’a plus besoin de faire un retraitement. La raison d’être de l’usine de la Hague est remise en cause. Que faire, alors ? Pour le lobby industriel nucléaire, il faut avancer dans cette direction en disant que le plutonium n’est, au fond, pas destiné au nucléaire militaire mais sera utilisé pour la paix ! Le nucléaire civil et le nucléaire militaire sont le recto-verso d’une pièce de monnaie : il n’y a pas de différence, c’est une continuité. Le premier réacteur nucléaire inventé pour faire des bombes atomiques françaises a été développé, non démocratiquement, sur l’usage civil de toutes les centrales nucléaires. Puis les Français ont expérimenté le type américain, pour revenir à leur propre technologie. Malgré les différences techniques entre nucléaire militaire et civil, ils reposent sur le même principe : la fission est contrôlée dans une centrale alors qu’on laisse volontairement dépasser une masse critique dans une bombe atomique.

On parle d’un élément chimique plus accessible que l’uranium, le thorium, comme d’un possible « nucléaire propre » et plus éthique. Qu’en est-il ?

Il est dit qu’avec le thorium il y aurait moins de pollution. Mais il y a toujours un déchet qui reste et on n’a pas de solution pour le déchet du thorium ! C’est comme à Bure, où l’on enfouit des déchets à 500 mètres en sous-sol. Mais imaginons que des tunnels se cassent, qu’il y ait des explosions (comme ce fut le cas aux États-Unis il y a 60 ans, et on n’en parle pas) qui génèrent une grande contamination… La question du déchet nucléaire reste la plus importante car elle est sans solution.
Le Japon est un pays tellement sismique qu’il n’y a pas d’endroit solide pour cacher de tels déchets ! Ce n’est pas comme en Finlande. Et si le magma de notre planète bouge…
 Pour le moment, n’ayant pas vraiment de solution, la plus raisonnable reste de stocker à la surface et de surveiller.

En 2015, on dénombrait 700 000 tonnes de déchets nucléaires autour de la centrale de Fukushima Daiichi…
On se trouve dans une situation très précaire. Dans les trois premiers réacteurs de Fukushima Daiichi, il y a des piscines au sommet des bâtiments. C’est une construction de style américaine : ils n’ont pas créé une structure adaptée à un pays comme le Japon. Après le séisme, l’étanchéité des piscines s’est fragilisée. Et il y a 1 500 blocs de combustibles qui sont stockés et dont on ne sait pas quoi faire. Il aurait fallu creuser un trou et les mettre dans le sol, dans un endroit sûr, mais l’accident de Fukushima a généré une radioactivité si forte qu’on n’a pas encore de robot capable d’effectuer ces tâches — et de loin ! Les travailleurs du nucléaire ne peuvent pas aller dans ces zones : on ne peut rien y faire. En cas de nouveau séisme à cet endroit, il faudra, comme le disait Naoto Kan, évacuer les populations de la région de Fukushima et de celle de Tokyo. Comment ferait-on, techniquement et économiquement ?

Pourtant, un autre séisme est annoncé dans les vingts années à venir…

On vit vraiment dans la folie… On n’en parle pas ; autrement, on serait paniqués. À Fukushima Daiichi, la radioactivité continue de se diffuser car il n’y a pas de confinement. Ce qui a été accompli à Tchernobyl l’a été au détriment de combien de travailleurs morts ? Entre 500 000 et 800 000 personnes ont travaillé et sont mortes ou tombées gravement malades pour cimenter. Et soyons clair : c’est grâce à eux que l’Europe a été sauvée ! Mais c’était l’époque de l’Union soviétique, qui pouvait ordonner au peuple de venir « aider ». Dans un pays libéral et capitaliste comme le Japon, comment voudriez vous embaucher 800 000 personnes pour faire un sarcophage autour de trois réacteurs ?

Serait-ce souhaitable ?
On ne peut pas exiger cela…

Y a-t-il eu des études effectuées sur la faune et la flore autour de Fukushima ?

« Le risque zéro n’existe pas », entend-on chez tous les officiels des organisations internationales. Il y a des scientifiques qui ont apporté la preuves de malformations dans les gènes de plantes, de papillons, d’animaux — de même qu’à Tchernobyl, dont il existe des études poussées. Celles-ci devraient être reconnues internationalement mais le lobby nucléaire domine le débat et affirme qu’il n’y a pas de victimes de la radioactivité. C’est le discours qu’on entend au Japon.

Vous êtes impliqué dans l’organisation du Forum social antinucléaire : c’est en effet assez rare que soient réunis au même endroit différents acteurs sur ces questions…

Dans l’opinion générale de la population française et japonaise, il est dit que c’est une question purement scientifique et technique, une affaire de changement de cap énergétique. Mais, je le redis, la question du nucléaire est inséparable de la question militaire et civile. Il faut vraiment saisir le nucléaire dans sa globalité. Dès qu’il y a un accident majeur, il y a des conséquences énormes sur la santé, l’économie, la politique et la société : il faut comprendre l’ensemble des phénomènes. Pour discuter de cette globalité, il n’est pas suffisant de faire seulement une conférence antinucléaire pour parler d’un côté de la sureté nucléaire et de l’autre des déchets. Il faut parler de l’ensemble des problèmes. La structure du Forum social mondial permet d’aborder toutes les questions scientifiques, sociales, économiques et politiques : il tend à créer un réseau international afin de globaliser les contestations des populations citoyennes, des militants et des scientifiques pour dire qu’il est inacceptable de continuer avec le nucléaire.

Fukushima le désastre oublié: 600 tonnes de corium en fusion s’enfoncent inexorablement dans le sol…

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, désinformation, N.O.M, politique et lobbyisme, politique et social, santé, sciences, sciences et technologies, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 9 juin 2016 by Résistance 71

Recette pour un désastre:

  • Prenez un pays situé sur le « cercle du feu » pacifique, zone volcanique et tectonique hyper-active du monde et
  • Construisez-y des centrales nucléaires à qui mieux-mieux tout en ne maîtrisant pas la technologie avenante.
  • Secouez bien avec un séisme de 8 ou 9.0
  • Arrosez d’un bon tsunami
  • Laissez mariner à feu doux pendant les 800 millions d’années à venir
  • Dégustez avec les générations futures 

~ Résistance 71 ~

 

Fukushima bien pire qu’un désastre

Robert Hunziker

7 juin 2016

url de l’article original:

http://www.counterpunch.org/2016/06/07/fukushima-worse-than-a-disaster/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les désastres peuvent être nettoyés.

Naohiro Masuda, le patron de la décommission de la centrale nucléaire de TEPCO à Fukushima Daiichi a finalement publiquement “officiellement” annoncé que 600 tonnes de combustible nucléaire fondu ou corium (NdT: en anglais le cœur du réacteur où se trouve le combustible nucléaire en fusion s’appelle “core”), manquent à l’appel (Epoch Times du 24 Mai 2016).

Bon qu’est-ce qu’on fait ?

D’après Gregory Jaczko, ancien patron de la Commission de Régulation Nucléaire des Etats-Unis (CRN), il est fort peu probable que le combustible en question soit jamais récupéré: “Personne ne sait vraiment où il se trouve et ce combustible est extrêmement radioactif et le restera pendant très très longtemps”.

Une grosse partie du problème est que personne n’a jamais fait l’expérience d’une fusion totale comme cela se passe à Fukushima, qui est maintenant de l’ordre de 100%, le combustible nucléaire possiblement en train de s’enfoncer dans le sol, mais personne ne le sait pour certain.

A partir de maintenant, tout n’est que voyage dans la Twilight Zone…

La fission absolument incontrôlable de l’assemblage de combustible nucléaire fondu continue quelque part dans les sous-bassements de ce qu’il reste de la centrale. Il est très important de le trouver dès que possible.”, reconnaît Masuda, admettant au passage que le Japon “ne possède pas encore la technologie pour extraire ce combustible d’uranium fondu actif”, (600t du combustible fondu de Fukushima n’ont toujours pas été retrouvées, révèle le patron de l’opération de nettoyage, RT, 24 mai 2016)

La fission nucléaire se produit lorsque des atomes se divisent en de plus petits atomes. Dans le cas des bombes nucléaires, la fission doit se produire extrêmement rapidement afin de charger et de déclencher une grosse explosion, tandis que dans le cas d’un réacteur nucléaire, la fission doit se produire très lentement afin de produire de la chaleur, celle-ci à son tour est utilisée pour faire chauffer de l’eau jusqu’à ébulition, la vapeur qui se dégage est récupérée pour faire tourner une turbine qui produit de l’électricité.

On peut éventuellement faire bouillir de l’eau en frottant l’un contre l’autre deux bâtons, mais la société moderne n’a pas la patience, ce qui fait accepter les risques inhérents de toute technique allant au-delà du frottement de deux bâtons. Bienvenus dans notre monde de transformation.

Même si l’équipe de nettoyage de Masuda trouve les 600t manquantes, qui sont de toute façon bien trop radioactives pour permettre une inspection ni même d’inspecter la zone immédiate, ils auront alors besoin de construire, de l’air du temps, la technologie pour les sortir de là et ensuite ? Tout n’est que supputation. C’est ce à quoi la société moderne en est réduit… Supputer. Oublions le frottement de deux bâtons pour produire de la chaleur et construisons de monstrueux Léviathans pour des milliards de dollars afin de faire bouillir la flotte et quand çà se passe mal, supputer ce qu’on fera. Qu’est-ce qui ne va pas avec ce plan ? Et bien dans un premier temps, personne ne sait ce qu’il faut faire quand l’enfer nucléaire se déchaîne.

Ils n’ont pas la technologie pour extraire le combustible !… Rien que çà !…

En 1986, des équipes d’ouvriers russes ont trouvé le corium fondu de la centrale nucléaire de Tchernobyl dans les plus bas niveaux de la centrale. Tout en “grillant 30 ouvriers” dans le processus, ils l’ont contenu de manière juste suffisante pour empêcher qu’il ne s’enfonce dans le sol, peut-être…

Pendant le travail de circonscription à Tchernobyl, une caméra robot bricolée avait réussi à prendre le monstre en photo, le noyau combustible en fusion, affublé du sobriquet de “patte d’éléphant”. Trente ans plus tard, la “patte d’éléphant” est toujours aussi mortelle.

Si on veut comparer ou mettre en contraste Tchernobyl et Fukushima, des radiations extrêmes zappent et détruisent tout robot entrant ne serait-ce que dans le vaisseau de circonscription du combustible de Fukushima. C’est un peu comme les Daleks dans Dr Who.

Trente ans plus tard, Tchernobyl semble avoir trouvé une solution à la menace de la patte d’éléphant sur la société, quant à Fukushima, ils doivent d’abord localiser les 600t de machin en fusion hautement radioactives (NdT: ils cherchent depuis maintenant plus de 5 ans !…). Ceci est peut-être déjà une mission impossible, et après ?

Trente ans après l’accident nucléaire de Tchernobyl, il y a toujours une menace radioactive signifiante en provenance des restes s’effritant du réacteur no4 ; mais une superstructure inovatrice valant 1,5 milliard d’euros est en train d’être construite pour empêcher plus de fuites, donnant ainsi une élégante solution d’ingénierie à un des plus énormes désastres connu de l’humanité”, Claire Corkhill, Ph.D, université de Sheffield New Tomb Will Make Chernobyl Site Safe for 100 Years, Phys.Org, 22 avril 2016.

De fait, on est en train de remplacer le vieux sarcophage de Tchernobyl qui s’effritait par un énorme cadre en acier tout nouveau: “Grâce au sarcophage, jusqu’à 80% du matériel de combustible radioactif demeurant après la fusion totale du réacteur a pu rester dans celui-ci. S’il devait s’effondrer, une partie du corium fondu, qui a la substance d’une lave, pourrait être éjectée dans la zone entourant la zone dans un gigantesque nuage de poussière radioactive mélangé à une mixture de vapeurs et de toutes petites particules toutes aussi radioactives, le tout partant au gré des vents. Les substances clefs de la mixture sont l’iode-131, substance liée au cancer de la thyroïde et le césium-137, qui peut être absorbé par le corps avec des effets allant de la maladie des radiations à la mort en fonction de la quantité inhalée ou ingérée,” Ibid.

La patte d’éléphant pourrait bien être le détritus le plus dangereux au monde”, (Le merdier bouillant de Tchernobyl, “La patte d’éléphant” est toujours mortelle, Nautilus, Science Connect, 4 décembre 2013). C’est un blob massif hyper radioactif qui ne mourra pas ou ne s’éteindra pas. Ceci pourrait être un script pour Dr Who ! Intrinsèquement, il existe la vulnérabilité et les risques d’utiliser l’énergie nucléaire ou alternativement, utiliser l’énergie solaire ou du vent. Celle-ci n’est pas radioactive et elle est toujours plus rapide que frotter deux bouts de bois l’un contre l’autre.

Fukushima, c’est trois fois Tchernobyl, peut-être plus ! Mais à Fukushima existe la distincte possibilité que le corium chauffé à blanc ait déjà commencé à s’enfoncer dans le sol. Après çà, laissez aller votre imagination parce que personne n’a une quelconque idée de comment çà va se terminer, si çà se termine un jour !

Mais Einstein lui savait. Voici un des ses célèbres citations: “L’énergie de l’atome a tout changé sauf nos modes de raisonnement, ainsi nous dérivons vers des catastrophes sans précédents.

Nous y voilà !

Gregory Jackzo, l’ancien patron de la CRN se pose la question de la sécurité de l’énergie nucléaire: “Vous devez maintenant accepter le fait que dans toutes centrales nucléaires, où qu’elles soient dans le monde, vous pouvez avoir ce genre d’accident catastrophique et vous pouvez fuiter une quantité assez importante de radiations, vous laissant devant une bonne décennie de nettoyage après coup.” (Epoch Times)

En extrapolant de quelques années dans le futur la question demeure: Où sera le corium fondu chauffé à blanc à l’heure des JO de Tokyo en 2020?

Personne ne le sait ni ne peut le savoir !

Et pourtant, le premier ministre japonais Abe a dit au comité de sélection olympique que Fukushima “était sous contrôle” !

Ce débat lui colle aux basques depuis son discours du 7 septembre 2015 devant le CIO, lorsqu’il a déclaré que le désastre nucléaire “était sous contrôle« . Le jour suivant, Tokyo gagna le droit d’héberger les JO d’été de 2020 “,” (Tsuyoshi Inajjma and Yuriy Humber, Abe Olympic Speech On Fukushima Contradicts Nuclear Plant Design, Bloomberg, Oct. 23, 2013).

Les autorités françaises sont en train d’enquêter sur la possibilité de pots-de-vin pour une somme de 2 million de dollars versés à une entreprise liée au fils de l’ancien patron du sport mondial Lamine Diack et des connexions présumées avec la proposition couronnée de succès du Japon pour héberger les JO”, ,” (Tokyo Olympics Bid Questioned as Prosecutors Probe $2M Payouts, The Financial Times, May 12, 2016).

Le Japon a obtenu le droit d’héberger les jeux de 2020 avec une offre de dépense de 5 milliards de dollars, ce qui est suspicieusement une toute petite somme. En contraste, la proposition d’Istanboul était de 20 milliards de dollars, ce qui parait bien plus réaliste pour un tel évènement mondial.

A jongler autant, on peut se demander si la tristement célèbre loi d’Abe sur le secret va se mettre en branle, y a t’il un moyen quelconque pour mettre des bâtons dans les roues de l’enquête ? Après tout, la loi permet à n’importe quel politicien japonais de mettre quelqu’un derrière les barreaux pour 10 ans pour avoir trahi des secrets d’état, ce qui correspond à tout ce que l’accusateur désire être “secret”. Après tout, à première vue, entre Fukushima et les JO, bien des choses secrètes pourraient bien se trâmer en coulisses.

La loi japonaise sur le secret d’état et sur la protection de secrets spécifiquement désignés, loi no108 de 2013 est passée sur les talons de la fusion du réacteur de Fukushima ; cette loi est très similaire à la Public Peace and Order Controls du Japon pendant la seconde guerre mondiale. D’après la loi No108, l’acte en soi de “fuiter” est sujet à la mise en accusation, quelque soit la fuite, le comment et le pourquoi, de manière absolue, si quelqu’un “fuite”… hop au trou !

Susumu Murakoshi, le président du barreau nippon objecte: “La loi devrait être abolie parce qu’elle met en danger la démocratie et le droit du peuple de savoir et d’être informé”, la loi sur les secrets d’Abe diminue la démocratie japonaise, Japan Times, 13 décembre 2014.

Le Japan Times doit vérifier la définition de démocratie.

Fukushima: Désastre nucléaire, mensonge et meurtre de masse…

Posted in actualité, écologie & climat, média et propagande, santé, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 5 juillet 2014 by Résistance 71

Les enfants de Fukushima sont gravement malades

 

SOTT

 

4 juillet 2014

 

url de l’article:

http://fr.sott.net/article/22087-Les-enfants-de-Fukushima-sont-gravement-malades

 

Quelque 39 mois après les multiples explosions à Fukushima, le taux de cancers de la thyroïde chez les enfants des environs sont montés en flèche, dépassant de 40 fois la normale.

Plus de 48 % des 375.000 jeunes – presque 200.000 enfants – testés par l’Université de Médecine de Fukushima, vivant à proximité des réacteurs souffrent aujourd’hui d’anomalies pré-cancéreuses de la thyroïde, principalement de nodules et de kystes. Le taux est en voie d’accélération.

Plus de 120 cancers infantiles ont été relevés quand on ne s’attend qu’à trois seulement, déclare Joseph Mangano, directeur exécutif du Projet Radiation et Santé Publique. L’industrie nucléaire et ses chantres continuent de nier cette tragédie sanitaire.

Certains ont en fait affirmé que « pas une seule personne » n’a été affectée par la libération massive des radiations de Fukushima, qui, pour certains isotopes, a dépassé de presque 30 fois celle d’Hiroshima. Mais l’épidémie mortelle de Fukushima concorde avec les impacts subis par les enfants après l’accident de Three Mile Island en 1979 et l’explosion de Tchernobyl en 1986, de même qu’avec les conclusions rapportées pour d’autres réacteurs commerciaux. La probabilité que l’énergie atomique puisse causer de telles épidémies a été confirmée par la Commission Canadienne de Sécurité Nucléaire, qui dit qu’une « augmentation du risque de cancers infantiles de la thyroïde » accompagnerait une catastrophe nucléaire.

Dans l’évaluation des perspectives de la construction d’un nouveau réacteur au Canada, la Commission dit que le taux « augmenterait de 0,3 % à une distance de 12 kilomètres de l’accident. Mais cela suppose la distribution de comprimés d’iodure de potassium et une évacuation d’urgence, ce qui ne s’est produit ni à Three Mile Island, ni à Tchernobyl, ni à Fukushima. Les chiffres ont été analysés par Mangano. Il a étudié les impacts des radiations créées par des réacteurs sur la santé humaine depuis les années 80, démarrant son travail avec un radiologue légendaire, le Dr Ernest Sternglass et le statisticien Jay Gould. Mangano confirme que la santé globale au sein de populations sous le vent (des réacteurs) s’améliore quand on ferme les réacteurs et décline quand ils sont ouverts ou ré-ouverts. Les enfants à proximité ne sont pas les seules victimes de Fukushima. L’un des responsables de la centrale, Masao Yoshida est mort à 58 ans d’un cancer de l’œsophage. Masao a héroïquement refusé d’abandonner Fukushima au pire moment de la crise, sauvant probablement des millions de vies.

Les ouvriers du site employés par des entrepreneurs indépendants – dont de nombreux sont dominés par des syndicats du crime – sont souvent laissés sans aucune surveillance pour l’exposition aux radiations. La colère du public augmente avec les plans du gouvernement pour obliger les familles – dont certaines avec de nombreux enfants – à retourner dans la région lourdement contaminée autour de la centrale. Suite à l’accident de 1979, les propriétaires de Three Mile Island ont nié que le réacteur avait fondu. Mais une caméra robot l’a confirmé ensuite. L’état de Pennsylvanie a mystérieusement fait disparaître la liste d’enregistrement des cancers, puis a dit qu’il n’y avait « aucune preuve » d’un quelconque décès.

Mais un large éventail d’études indépendantes confirme les taux en élévation de mort d’enfants et d’un excès de cancers parmi la population générale. Morts en excès, mutation et taux de maladies parmi les animaux du secteur ont été confirmés par le Département d’Agriculture de Pennsylvanie et les journalistes locaux. Dans les années 80, un juge fédéral, Sylvia Rambo, a bloqué un recours collectif de quelques 2400 habitants de Pennsylvanie sous le vent, déclarant qu’il n’y avait pas eu suffisamment de radiations libérées pour affecter quiconque. Mais 35 ans après, personne ne sait la quantité de radiations qui s’est échappée ou sa direction. Les propriétaires de Three Mile Island ont tranquillement payé des millions de dollars aux victimes sous le vent en échange de leur silence.

À Tchernobyl, le rassemblement de 5000 études a montré un nombre supérieur à 1 million de décès. Les effets des radiations sur les jeunes sous le vent en Biélorussie et en Ukraine ont été horribles. Selon Mangano, 80 % des « enfants de Tchernobyl » nés sous le vent depuis l’accident ont été affectés par un large éventail d’impacts allant de malformations et de cancers de la thyroïde à des maladies à long terme du cœur, du système respiratoire et mentales. Les résultats signifient que seul un jeune sous le vent sur cinq peut être reconnu en bonne santé. Les Médecins pour la Responsabilité Sociale et la branche allemande des Médecins Internationaux pour la Prévention des Guerres Nucléaires ont averti de problèmes parallèles près de Fukushima. Le Comité Scientifique des Nations-Unies sur les effets des radiations atomiques (UNSCEAR) a récemment publié des rapports qui minimisent les impacts des catastrophes sur les humains.

L’UNSCEAR est intimement lié à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique, dont le mandat est de promouvoir l’énergie nucléaire. L’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique) a depuis toujours l’ordre de contrôler en les bâillonnant les conclusions des Nations-Unies sur les impacts sanitaires des réacteurs.

Pendant des dizaines d’années l’UNSCEAR et l’OMS ont entretenu une couverture protectrice sur la propagation des impacts sanitaires de l’industrie nucléaire. Fukushima a prouvé qu’elle n’était pas une exception. En réponse, les Médecins pour la Responsabilité Sociale et les médecins allemands pour la prévention des guerres nucléaires ont émis une réfutation en dix points, avertissant le public sur la crédibilité compromise des Nations-Unies.

La catastrophe est « en cours » disent les groupes, et doit être surveillée pendant des décennies. « Les choses auraient pu être bien pires » si les vents avaient soufflé vers Tokyo plutôt que vers le large (et vers l’Amérique). Il existe toujours un risque pour l’irradiation de produits, et parmi les ouvriers du site dont les doses et les impacts sur la santé ne sont pas sous surveillance. Estimer la dose actuelle parmi les ouvriers et ceux sous le vent est sujet à caution et une attention spéciale doit être montrée pour les sévères impacts sur les embryons. Les études de l’UNSCEAR sur les rayonnements ambiants sont également « trompeurs » et il doit y avoir de nouvelles études sur les effets génétiques des radiations ainsi que sur les « maladies non-cancéreuses ».

L’assertion des Nations-Unies disant « qu’aucun effet sanitaire discernable relié aux radiations n’est attendu parmi les membres exposés » est « cynique », disent les groupes. Ils ajoutent que les choses se sont empirées par le refus officiel de distribuer de l’iodure de potassium, qui aurait pu protéger le public des impacts thyroïdiens dus aux libérations massives d’iode-131 radioactif. Par dessus tout, les terribles nouvelles de Fukushima ne peuvent que s’aggraver. Les radiations des trois cœurs fondus sont toujours charriées dans le Pacifique.

La gestion des barres de combustible des piscines suspendues dans l’air et éparpillées autour du site reste périlleuse. Le régime pro-nucléaire de Shinzo Abe veut rouvrir les 48 réacteurs restant. Il a fortement incité les familles qui ont fui la catastrophe à réoccuper les maisons et les villages irradiés.

Mais Three Mile Island, Tchernobyl et le fléau de mort et de maladie qui fait aujourd’hui surface près de Fukushima dit trop clairement que le coût humain de telles décisions continue de s’aggraver – avec nos enfants les premiers et les pires touchés.

Source : Eco Watch (Harvey Wassermann) Traduction : BBB (Hélios)

Fukushima, environnement et contamination planétaire: Économie de bout de chandelle, la centrale tient (littéralement) au ruban adhésif…

Posted in actualité, écologie & climat, néo-libéralisme et paupérisation, politique et lobbyisme, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme with tags , , , , , , , on 5 janvier 2014 by Résistance 71

Bande adhésive et filet métallique ont été utilisés pour renforcer les réservoirs d’eau contaminée de Fukushima

 

RT

 

4 Janvier 2014

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/fukushima-radiation-water-leak-186/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Alors que TEPCO a commencé les préparations pour un nettoyage du système de drainage et de ses tonnes d’eau radioactive fuitée sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima, un ancien employé révèle que la raison pour tant de fuites fut la réduction du coût des mesures qui vit l’utilisation de ruban adhésif, a rapporté le quotidien Asahi Shimbun.

Yoshitatsu Uechi, un mécanicien automobile et chauffeur de bus pour touristes, a travaillé sur le site de la centrale nucléaire dévastée entre le 2 Juillet et le 6 Décembre 2012, d’après l’article du Asahi Shimbun. Il était un des 17 employés en provenance de la préfecture d’Okinawa, qui fut envoyé pour travailler dans la centrale durement frappée afin de créer de nouveaux espaces de stockage de l’eau contaminée. Le tremblement de terre de Mars 2011 a déclenché un tsunami qui a touché la côte Est du Japon, endommageant la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. La catastrophe a provoqué la fusion de trois des réacteurs nucléaires de la centrale, menant au plus grand désastre nucléaire mondial depuis celui de Tchernobyl. L’eau utilisée pour refroidir les réacteurs a fuit dans le sol et a contaminé l’eau de sous-sol sur les lieux de la centrale, une partie de cette eau s’étant également échappée dans l’Océan Pacifique.

Ce Japonais de 48 ans a dit que des ouvriers furent envoyés dans plusieurs endroits de Fukushima, incluant une zone appelée H3 à haut niveau de radiation. Dans un de ces cas en Octobre 2012, Uechi fut chargé de recouvrir 5 ou 6 réservoirs de stockage sans couvercle dans la zone “E”, proche de H3 et il pleuvait, rapporte le journal japonais. Lorsqu’il fut installé en haut du réservoir haut de 10m, Uechi y trouva de la bande adhésive qui couvrait une ouverture d’environ 30cm. Après avoir utilisé une lame pour enlever la bande, il appliqua un agent d’étanchéité sur l’ooverture et y fixa un couvercle en acier, le fermant avec de gros écrous. En accord avec ses instructions, il devait utiliser 4 écrous, bien que le couvercle en ait eu 8. D’après l’employé, ses collègues lui dirent plus tard que l’utilisation de bande adhésive était une procédure normale pour gérer les problèmes “d’étanchéité” des réservoirs d’eau contaminée. “Je ne pouvais pas croire qu’un tel boulot ni fait ni à faire était entrepris, même si cela faisait partie de mesures temporaires”, a dit Uechi au quotidien Asahi Shimbun.

Parmi d’autres mesures temporaires économiques bricolées, l’utilisation de matériel d’occasion fut courante. Uechi a aussi dit que des filets en fil de fer ont été utilisés pour renforcer des barreaux durant le remplacement de coffrage en béton dans les fondations des réservoirs d’eau. De plus, des membranes résistantes à l’eau furent appliquées le long des joints à l’intérieur des réservoirs cylindriques et ce pour économiser sur les joints étanches nécessaires utilisés pour joindre les feuilles métalliques de la paroi des réservoirs. La pluie et la neige ont érodé l’agent anti-corosion mit sur les écrous des colliers de serrage, réduisant ainsi l’étanchéité, a ajouté Uechi. D’après l’ouvrier, un grand nombre de ces réservoirs ont été prouvés avoir fuité de l’eau contaminée.

Samedi, des ouvriers sur le site de la centrale ont commencé les préparations de nettoyage du système de drainage de la centrale qui contient plus de 20 000 tonnes d’eau hautement radioactive, d’après Tokyo Electric Power Company (TEPCO), l’opérateur de la centrale et responsable du nettoyage. En août dernier, TEPCO a détecté 2,35 milliards de Becquerels de césium par litre dans l’eau située dans les passages sous-terrains, qui fuitent dans le sous-sol et la nappe phréatique au travers de failles et fissures dans les tunnels de drainage.

Le niveau normal est estimé à 150 becquerels par litre de césium d’après l’UE. Les ouvriers doivent mettre en place l’équipement spécial pour geler la sol autour des réacteurs, d’après TEPCO. Ce plan inclut d’introduire des tuyaux transportant des réfrigérants liquides profondément de façon à ce qu’aucune quantité d’eau ne puisse traverser. La chercheuse sur les retombées de Fukushima, Christina Consolo a dit à RT que le problème de l’eau contaminée dans la centrale nucléaire est un problème très difficile à résoudre.

La rétention/stockage des eaux est un problème extrêmement difficile en soi, comme chacun connait le problème d’une cave où il y a des fuites, l’eau trouve toujours un passage. Le site a été bricolé avec du ruban adhésif depuis plus de deux ans. La plupart de ces “réparations” ne sont que temporaires et il y a tellement de problèmes à résoudre et le coût a toujours l’air d’être un gros problème en ce qui concerne ce qui est fait et ce qui ne l’est pas.”

Energie et environnement: La saga de Fukushima continue…

Posted in actualité, écologie & climat, politique et lobbyisme, sciences et technologies with tags , , , , , , , , , on 10 décembre 2013 by Résistance 71

Un niveau de radiation record “pouvant tuer un humain en 20 minutes” détecté à Fukushima

 

RT

 

9 Décembre 2013

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/fukushima-radiation-record-outdoor-912/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les niveaux de radiation extérieurs ont atteint leur plus haut à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, avertit l’entreprise qui l’opère. Les radiations trouvées dans une zone proche d’une canalisation en acier qui connecte les bâtiments du réacteur pourraient tuer une personne en 20 minutes, a rapporté un média local.

L’opérateur de la centrale et le responsable du nettoyage du désastre Tokyo Electric Power Company (TEPCO) a détecté des niveaux record de radiation le long d’une canalisation connectant les bâtiments du réacteur et un conduit de ventilation de 120m située à l’extérieur des bâtiments. TEPCO a mesuré les radiations en huit différents endroits autour de la canalisation avec le plus haut taux enregistré de 25 Sieverts / heure et 15 Sieverts / heure, a dit l’entreprise. Ceci correspond au plus haut taux de radiation enregistré à l’extérieur des bâtiments d’après la chaîne de télévision nationale NHK.

Plus tôt, TEPCO avait dit que des niveaux de radiation d’au moins 10 Sieverts / heure avaient été enregistrés le long de la canalisation. Ce conduit de ventilation véhiculait des gaz radioactifs après le désastre et pourrait toujours contenir des substances radioactives a ajouté TEPCO. Le tremblement de terre de mars 2011 a déclenché un tsunami qui toucha les côtes de l’Est du Japon, endommageant sévèrement la centrale de Fukushima Daiichi et causant la fusion de trois de ses réacteurs. Les réacteurs endommagés ont laissé échapper leur carburant nucléaire en dehors des coffrages en béton des sous-sols, alors que de l’eau était massivement utilisée pour refroidir, celle-ci finissant en partie par fuir dans les sols, contaminant ceux-ci à proximité sur les lieux de la centrale nucléaire. L’eau radioactive stockée sur le site a fuité dans l’océan pacifique. Ces fuites d’eau ont déclenché une somme importante de questions concernant la santé parmi les voisins du japon comme la Corée du Sud. Ce pays a testé des poissons pêchés au large des côtes du pays, d’après le ministère de la pêche de Corée du Sud.

Ainsi, la présidente de la commission américaine de régulation sur le nucléaire a assuré que l’eau radioactive atteindra les côtes américaines occidentales dans des limites de sécurité: “Le plus haut niveau de radiation qui atteindra les côtes américaines sera de deux ordres de magnitude, 100 fois moins radioactive que l’eau standard du robinet, “ a dit Allison MacFarlane à Tokyo vendredi dernier et fut citée par la chaîne Bloomberg. “Ainsi, si vous pouviez boire l’eau de mer, ce que vous ne ferez pas, cela représente un taux très bas”. Il y a 400 tonnes d’eau contaminée produite par jour sur le site.

Dans une tentative de résoudre le problème de stockage L’AIEA a proposé mercredi de considérer de pomper l’eau toxique dans l’océan après en avoir au préalable réduit la radioactivité. “Au vu de la quantité croissante d’eau contaminée sur place, TEPCO devrait… examiner toutes les options pour gérer ce stockage, incluant la possibilité de décharger de manière contrôlée, l’eau dans la mer en accord avec les normes de sécurité” a dit l’AIEA dans une déclaration officielle. TEPCO a testé une machine de transformation aquifère de haute technologie appelée ALPS, qui peut enlever les matériaux radioactifs de l’eau à l’exception du Tritium. Quoi qu’il en soit cet isotope de basse énergie est considéré comme moins dangereux que les autres isotopes radioactifs comme le Césium et le Strontium, qui sont aussi contenus dans l’eau contaminée.

Catastrophe nucléaire de Fukushima: Des JO à Tokyo ? Vraiment ?…

Posted in actualité, écologie & climat, économie, désinformation, politique et lobbyisme, sciences et technologies with tags , , , , , on 17 septembre 2013 by Résistance 71

La catastrophe sans fin de Fukushima: Les JO de 2020 sont sous la menace radioactive

 

Dr Helen Caldicott

 

15 Septembre 2013

 

url de l’article original:

http://rt.com/op-edge/fukushima-catastrophe-nuclear-olympics-883/

 

~ Traduit de l’anglais par Resistance 71 ~

 

Alors que les fuites de radiation semblent inévitables à Fukushima et virutellement instoppables, il y a toujours des mesures que tous les gouvernements du monde devraient prendre pour prévenir les conséquences du pire des scenarios. Une de ces mesures pourrait bien être d’annuler les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020.

Une estimation scientifique prédit que la plume radioactive qui voyage vers l’Est à travers l’océan Pacifique, atteindra sûrement les côtes de l’Oregon, de l’état de Washington et du Canada tôt l’an prochain. La Californie subira les effets plus tard cette même année. Parce que le flot continu d’eau radioactive qui fuit du site nucléaire est virtuellement impossible à arrêter, une plume radioactive va continuer à migrer au gré des eaux du Pacifique affectant ainsi, Hawaii, l’Amérique du nord, l’Amérique du sud et éventuellement dans le temps l’Australie au fil des décennies.

Nous ne parlons ici que des courants marins, quoi qu’il en soit, les poissons pélagiques eux, nagent des milliers de milles nautiques et ne suivent pas nécessairement les courants marins. Comme constaté, les gros poissons pélagiques concentrent efficacement les radiations et des thons ont déjà été pêchés au large des côtes californiennes contenant du césium provenant de Fukushima. Les algues également concentrent très bien les éléments radioactifs.

Alors que je contemple le futur de Fukushima, il semble que la fuite radioactive est instoppable. Les niveaux de radiation dans les bâtiments 1, 2 et 3 sont maintenant si élevés qu’aucun humain ne peut plus maintenent entrer et se rapprocher du cœur en fusion de la centrale. Il sera donc impossible de pouvoir enlever ces cœurs radioactifs pour des siècles à venir, si cela est même un jour possible…

Buildings 1, 2 & 3

Si un de ces bâtiments s’effondre, le flot d’eau refroidissante des piscines et du cœur s’arrêtera, les cœurs de la centrale deviendront incandescents et pourraient s’enflammer relâchant ainsi des quantités très importantes de radiations à la fois dans l’air et dans l’eau, provoquant une détonation du combustible nucléaire des piscines. Il est étrange que ni le gouvernement des Etats-Unis en particulier ni ceux de la communautés internationales ne se sentent pas plus concernés au sujet de ces possibilités hautement probables et qu’ils ne fassent pas preuve d’urgence face à cette situation pour éviter la catastrophe.

Similairement, les médias mondiaux sont bizarrement déconnectés de cette crise majeure qui ne faiblit pas. De manière encore plus importante, le gouvernement japonais jusqu’à encore très récemment, s’était obstiné à refuser d’inviter et de collaborer avec des experts étrangers d’entreprises nucléaires et / ou des gouvernements.

Building 4

Cette structure a été sévèrement endommagée durant le tremblement de terre initial, ses murs sont déformés, il s’est enfoncé de 80cm dans la terre. Sur son toit se trouvent une piscine de refroidissement de combustible nucléaire, qui contient environ 250 tonnes de barres de combustibles chaudes, dont la plupart ont été enlevées il y a peu du réacteur, en fait quelques jours avant que le tremblement de terre ne frappe. Ceci n’est pas entré en fusion parce que la compagnie TEPCO est parvenue à maintenir un flot constant d’eau de refroidissement, ainsi les barres de combustible et leurs étagères de stockage sont toujours intactes, mais ont été déformées suite à la force de l’explosion d’hydrogène.

La piscine de refroidissement contient également plus de 4 tonnes et demi de plutonium et plus de 100 différents isotopes radioactifs. Au lieu que ce cœur ne fonde en une masse informe comme les trois autres cœurs de réacteurs, il demeure là-haut, exposé à l’air sur le toit de ce bâtiment structurellement affaibli. Un autre tremblement de terre important pourrait finir de le détruire, causant l’effondrement du bâtiment, et les barres de combustible nucléaire avec lui. L’eau de refroidissement s’évaporerait et la chaleur intrinsèque dégagée des barres nucléaires ferait s’enflammer le combustible alors que le zirconium réagirait chimiquement avec l’air relâchant dans l’atmosphère l’équivalent en radioactivité de 14 000 bombes d’Hiroshima et 10 fois plus de cesium que Tchernobyl ne l’avait fait.

Cela contaminerait intensément  non seulement l’hémisphère nord, mais le gouvernement japonais est sérieusement en train de penser à évacuer environ 35 millions de personnes de Tokyo et des environs si cela devait se produire. TEPCO a construit un cadre métallique pour consolider le bâtiment affaibli afin de pouvoir placer une énorme grue sur le toit pour extirper de manière radio-commandée les barres de combustible nucléaire. Cette opération est toujours effectuée par ordinateur et une extraction manuelle à distance n’a jamais été tentée auparavant. Si les barres sont déformées, une ou plusieurs pourraient se briser, relâchant tant de radiation que tous les ouvriers devraient être évacués, ou si les barres venaient à se toucher l’une l’autre, une réaction en chaîne se produirait.

Je me réfère à Arnie Gundersen, un ingénieur nucléaire en qui j’ai toute confiance. Il dit qu’un mur de deux mètres d’épaisseur en zéolithe devrait être construit à quelque distance des réacteurs à flancs de colline, ceci absorberait avec succès les radiations au césium de l’eau qui entoure les cœurs des réacteurs pour que cela ne pollue plus ou bien moins l’eau qui descend de la montagne. Dans le même la construction de canaux de drainage devrait être entreprise afin de pomper et de dévier l’eau non polluée de la montagne avoisinante dans la mer. Ensuite seulement les trois cœurs de réacteurs en fusion et leurs bâtiments associés pourraient être coulés dans le béton comme les soviétiques l’ont fait à Tchernobyl, ainsi la situation pourrait éventuellement être neutralisée pour environ un siècle. Ce que nos pauvres descendants décideront de faire de cette décharge nucléaire est au-delà de ma compréhension.

Néanmoins, comme l’a dit un officiel japonais: “Si nous les ensevelissions, personne ne regardera plus une autre centrale nucléaire pendant des années.” Réaction intéressante au demeurant, il est donc parfaitement évident que malgré la calamité présente, ils velent toujours poursuivre cette option énergétique nucléaire.

En Amérique du nord, les organismes de contrôle alimentaire comme l’EPA, devraient commencer immédiatement à vérifier le poisson routinement pris au large des côtes américaines, ainsi que de manière urgente les contrôles de matériaux aériens, le long de la côte pacifique et en travers du continent, de façon à ce que s’il y a une nouvelle fuite importante de radiations, elle sera mesurée efficacement et l’information passée rapidement au public. Ceci est valable aussi pour le Canada.

Les gouvernements américain et canadien doivent renforcer les interdictions de certaines denrées en provenance du Japon à moins que chaque chose soit vérifiée pour contamination radioactive et la nourriture produite aux USA et au Canada doit être analysée de la même manière. Les USA ont autorisé de nouvelles normes rendant la sécurité alimentaire à 1200 becquerels par kilogramme de produit vendu aux Etats-Unis en provenance du Japon, tandis que la tolérance au Japon même, n’est que de 100 Becquerels par kg. A quoi pense le gouvernement américain en autorisant à exposer les citoyens à plus de radiation ? Cette situation doit changer rapidement.

Les JO nucléaires

Prenant en compte ces problèmes, comment le premier ministre japonais Abe peut-il penser que Tokyo sera une ville saine pour les JO ? Il dit actuellement “qu’il n’y a aucun problème” et que “la situation est sous contrôle”. Ne comprend-il déjà pas que des parties de Tokyo sont déjà radioactivement contaminées et que son gouvernement est en train de larguer dans l’atmosphère des milliers de tonnes de cendres radioactives, résultant de l’incinération de ses détritus et des débris du tsunami qui a suivi le tremblemment de terre dans la baie de Tokyo ? Les athlètes vont-ils nager là dedans (NdT: Pour le triathlon par exemple qui se nage en milieu naturel…) ?

Quid s’il y a une nouvelle grosse fuite de radiation avant les JO ? Des jeunes gens qui ont passés des années à s’entraîner rigoureusement, ne doivent en aucun cas être exposés à de l’air, de l’eau ou de la nourriture radioactifs. Comment Abe peut-il envisager de dépenser tout cet argent pour l’hébergement des ces JO, lorsque ses propres concitoyens, les 160 000 réfugiés de Fukushima, qui vivent dans des barraques et des millions de personnes qui vivent dans des zones hautement contaminées et quand le complexe de Fukushima est hors de contrôle ?

Environnement: Fuites d’eau radioactive à Fukushima… de mal en pis…

Posted in actualité, écologie & climat, néo-libéralisme et paupérisation, sciences et technologies with tags , , on 7 août 2013 by Résistance 71

La fuite d’eau radioactive de Fukushima est une urgence

 

RT

 

5 Août 2013

 

url d el’article original:

http://rt.com/news/fukushima-emergency-radioactive-groundwater-073/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’entreprise Tepco qui gérait la centrale de Fukushima a été accusée de “faible sens de la crise”, alors qu’elle échoue dans son combat de prévention de fuite d’eau radioactive des réacteurs dans l’eau de mer se trouvant à toute proximité de la centrale ; cette situation est devenue une “urgence” selon le contrôleur japonais de l’énergie atomique.

“Vous ne pouvez simplement pas laisser à TEPCO le soin de traiter et de disposer des déchets radioactifs et de l’eau de la centrale nucléaire”, a dit à l’agence Reuters Shinji Kinjo, patron de l’Agence de Régulation Nucléaire japonaise (ARN). “Maintenant, nous avons une urgence sur les bras”. Chaque jour, 400 tonnes d’eau contaminée diffusent dans les fondations de la centrale, qui fut détruite par le grand tremblement de terre et le tsunami de Mars 2011. Les fuites se mélangent avec l’eau utilisée pour le refroidissement des réacteurs endommagés, avant de s’accumuler et de s’échapper dans l’océan pacifique.

Depuis deux ans, TEPCO a clâmé qu’elle gérait correctement le pompage de l’excès d’eau dans des réservoirs de stockage spécifiquement construits à cet effet, mais à la fin du mois dernier, l’entreprise a admis que de l’eau contaminée n’était plus contenue. L’entreprise d’énergie qui est sous stress financier après avoir reçu une facture de nettoyage des dégâts de la centrale de 11 milliards de dollars, a durci la terre autour de la centrale avec une substance chimique spéciale, créant ainsi une barrière impénétrable du côté de la centrale exposé à l’océan. Mais la coquille n’est pas complète: la technique ne marche qu’a partie de 1,80m sous la surface du sol et plus profond. Ainsi les retenues d’eau continuent à s’opérer à l’intérieur des chambres de la centrale et atteindront éventuellement les sols non protégés alors que toujours plus d’eau entre chaque jour qu’elle n’est pompée. “Si vous construisez un mur, bien sûr l’eau va s’accumuler là et il n’y a pas d’autres moyens pour l’eau que de monter ou de s’épandre sur les côtés, ce qui mènera éventuellement à l’océan.” A dit Masashi Goto, un ingénieur nucléaire qui a travaillé dans plusieurs centrales de TEPCO. “Maintenant la question est: combien de temps avons-nous ?” Le quotidien japonais Asahi Shinbun a dit que les fuites dans l’océan pourraient se produire d’ici à 3 semaines.

Kinjo a refusé se spéculer sur le temps exact, mais a dit que “toute l’eau qui s’échappera de cette façon le fera très rapidement”. TEPCO est en train de construire une déviation qui devrait divertir l’eau au sol de la centrale. Elle a aussi promis de commencer à pomper plus d’eau dès la fin de cette semaine afin d’endiguer la montée de l’eau. Mais la compagnie fait face à certaines limites, car ses réservoirs de stockage d’eau contaminée sont mantenant pleins à 85% et qu’il n’y a pas de planification claire pour en construire d’autres ou de transformer ces zones temporaires en zones de stockage définitives. “Nous avons besoin de nouvelles mesures pour empêcher l’eau de s’échapper dans l’océan” a insisté Kinjo, qui a accusé le géant énergétique de ne pas avoir mis en application de plan à long terme pour cette crise qui se déroule maintenant depuis plus de deux ans. L’impact environnemental de l’eau radioactive qui a déjà été fuitée et celle qui le sera est difficile à estimer, car TEPCO a été très lente à mener les recherches nécessaires et aussi très réticentes à rendre publique les résultats de ses recherches au public. La semaine dernière, l’entreprise a annoncé qu’elle avait testé les fuites pour l’isotope radioactif tritium et a dit que cela restait en deçà de la limite légale. Elle prévoit maintenant de tester l’eau de mer pour le césium et le strontium, qui sont considérés comme étant bien plus dangereux pour les humains et l’environnement.