Archive pour frontières terrorisme d’état

Résistance politique: Frontières… outil de contrôle système mondial de caste ! (CrimethInc)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 13 novembre 2018 by Résistance 71

Lectures complémentaires:

« Migration et population »

« Colons ! Arrêtez de nous emmerder ! »

Réseau de Résistance et de Rébellion International 

Manifeste pour la Société des Sociétés

 

 

Frontières
Le système mondial de caste

 

CrimethInc

 

Novembre 2018

 

url de l’article original:

https://crimethinc.com/posters/borders-the-global-caste-system

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

[…] Dans une première partie, l’auteur commente sur une série de posters réalisés en association avec leur livre. Nous n’avons pas traduit ce passage —

(Résistance 71 )

La frontière n’est pas seulement un mur ou une ligne sur une carte. C’est une structure de pouvoir, un système de contrôle. La frontière est partout où les gens ont peur d’être déportés, partout où les migrants se voient refuser les droits accordés aux citoyens, partout où les êtres humains sont divisés entre inclus et exclus.

La frontière divise le monde entier entre des communautés emmurées et des prisons, l’une au sein de l’autre en cercles concentriques de privilège et de contrôle. A un bout de cette continuité, il y a les milliardaires qui peuvent voler en jet privés où bon leur semble et de l’autre côté, les détenus en réclusion solitaire. Tant qu’il y a une frontière entre vous et ceux moins fortunés que vous, vous pouvez aussi être certains qu’il y aura une frontière au-dessus de vous, vous empêchant d’atteindre les choses dont vous avez besoin ; et qui va déchirer la seconde frontière avec vous, si ce n’est les gens qui sont séparés de vous par la première frontière ?

Défier l’apartheid global

Parlez de liberté autant que vous le voulez, nous vivons dans un monde de murs. Il y en avait peu auparavant, nous pouvions alors savoir lesquels, comme le mur d’Adrien, la Grande Muraille de Chine, le mur de Berlin. Maintenant ils sont partout. Les murs des jours anciens sont devenus viraux, pénétrant chaque niveau de la société. Wall Street, nommée après le rempart construit par des esclaves africains pour protéger les colons européens, est un exemple de cette transformation: il n’est plus question de garder les natifs en dehors du périmètre, mais c’est devenu une question d’économie de marché qui impose ses divisions partout dans le monde.

Ces divisions prennent plusieurs formes. Il y a des frontières physiques, les murs des centres de détention, les clôtures de barbelés et de ciment, les périmètres qui entourent les campus universitaires privés et les communautés emmurées.

Il y a des frontières contrôlant le flot de l’information: les autorisations de sécurité, les bases de données secrètes et classifiées, les pare-feux d’internet qui coupent la communication de pays entiers. Il y a des frontières sociales, les privilèges de la citoyenneté, les barrières du racisme, tous les moyens par lesquels l’argent calibre ce que chaque personne peut et ne peut pas faire.

Toutes ces divisions sont fondées sur une violence incessante. Pour certains, cela veut dire l’emprisonnement, la déportation, la torture, le confinement carcéral, les attaques de milices et de vigilantes, l’assassinat commandité par l’État. Pour d’autres, cela veut dire patrouilles de police, points de contrôle, harassement routier, surveillance, bureaucratie et propagande.

Le frontières ne font pas que diviser les pays: elles existent là où les gens vivent dans la peur des raids de l’immigration, partout où les gens doivent accepter des bas salaires parce qu’ils n’ont pas de “papiers”. Le monde n’est pas juste divisé horizontalement en juridictions différentes, il est aussi divisé socialement en différentes zones de privilèges, d’accès. La frontière américano-mexicaine fait partie de la même structure que la barrière en chaîne qui empêche l’accès d’un parking vide à des SDF et les prix qui empêchent l’ouvrier de pouvoir acheter des la nourriture bio dans son supermarché, même si ce fut lui un de ceux qui ont ramassé ces légumes dans les champs.

Le but de la frontière n’est jamais celui de réguler l’immigration, mais de contrôler les communautés des deux côtés du mur. Le régime des frontières permet aux autorités de forcer les salaires à la baisse, de supprimer la dissidence, et de canaliser le ressentiment envers ceux qui ont le moins de pouvoir dans la société plutôt qu’envers ceux qui en ont le plus.

On nous raconte que les frontières nous protègent des étrangers. Mais comment sont-ils devenus des étrangers en première instance ?… Nous sommes tous dans une économie globale dans laquelle les ressources sont exploitées depuis un pays et envoyées dans un autre et dans laquelle les profits engrangés dans un pays sont envoyés dans un autre. Ce n’est pas nouveau… Cela se passe depuis la colonisation du continent des Amériques.

[NdT: voir notre traduction du livre de Seven Newcomb: “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”]

Alors, qui envahit qui ? Les entreprises coloniales qui pillent le sud, ou les migrants qui vont au nord, suivant les ressources et les opportunités qu’on leur a enlevées ?… Si quelqu’un a bien le droit de traverser ces terres, n’est-ce pas les descendants de ces peuples qui vivaient ici très très longtemps avant l’invasion européenne (NdT: christo-européenne devons-nous toujours préciser car ceci est un fait de par la “doctrine chrétienne de la découverte” mise en place au XVème siècle par bulles pontificales) ?

Il y a aujourd’hui quelques 11 millions de personnes n’ayant aucun papiers vivant aux Etats-Unis. Ces gens sont essentiels au maintien de l’économie ; sans leur labeur à très bon marché, le travail dans l’agriculture et dans la construction BTP serait interrompu. Beaucoup d’entre ces personnes ont vécu aux Etats-Unis depuis très longtemps, certains plus de 10 ans, voire plusieurs décennies. De tous ceux qui traversent la frontière en provenance du Mexique sans papiers, au moins 50% d’entre eux sont des déportés qui essaient de retourner vers leurs familles demeurées aux Etats-Unis.

La frontière n’est pas faite pour maintenir dehors les personnes n’ayant pas les bons documents. Le but est de faire comprendre que rentrer sans papiers est dangereux, traumatisant, cher, mais possible. Le but de déporter les gens n’est pas de vider les Etats-Unis des gens sans papiers. C’est de terroriser ceux qui demeurent dans le pays avec la menace de la déportation ; ainsi finalement ceci sert à maintenir le système de caste en faisant chanter une population captive.

Aussi longtemps qu’une partie de la population US vit en danger constant et sans aucuns droits, les employeurs ont accès à un très vaste réservoir de travailleurs jetables facilement exploitables. Ceci tire aussi les salaires vers le bas pour les travailleurs citoyens américains. Mais ce ne sont pas les travailleurs immigrants sans papiers qui “volent leur travail”, c’est la frontière elle-même.

Accuser les migrants de voler les boulots des citoyens américains c’est blâmer les victimes. Si tout le monde avait les mêmes droits, si les frontières nationales ne créaient pas des populations artificiellement appauvries dans des pays qui sont volés, pillés de leurs ressources naturelles et traités comme des dépôts d’ordure, le travailleur migrant ne pourrait en rien couper l’herbe sous le pied de quiconque en ce qui concerne les opportunités de boulot.

S’il n’y avait pas toutes les pressions et les risques encourus auxquels doivent faire face les travailleurs sans papiers, ils pourraient obtenir le même salaire que tout le monde. Encore et toujours, les travailleurs sans papiers ont démontré leur courage dans leur lutte pour des salaires plus importants, malgré les obstacles auxquels les autres travailleurs ne doivent pas faire face. Mais frontière et pression sur l’immigration forcent les salaires à la baisse partout. Là est tout le problème.

En déportant ces gens qui ont vécu aux Etats-Unis pour certains depuis des décennies, le gouvernement américain utilise le Mexique comme camp de concentration pour cacher et divertir du problème du chômage et autres problèmes. Le désespoir et les armes à feu produits aux Etats-Unis réapparaissent au Mexique au sein d’une économie parallèle illégale et brutale motivée par l’appétit croissant des consommateurs américains pour les narcotiques en tout genre. C’est une façon d’exporter la violence tant nécessaire au maintien d’un tel déséquilibre du pouvoir. C’est donc devenu plus difficile et donc plus cher de pouvoir entrer aux Etats-Unis sans documents légaux, les cartels ont été attirés par ce nouveau business juteux, créant un retour de bâton brutal que les autorité américaines utilisent pour continuer toujours plus de harcèlement.

Le cycle se répète à l’infini et s’intensifie.

La frontière envoie les ressources et les profits d’un côté et les êtres humains de l’autre. C’est ainsi que les riches amassent une énorme concentration de richesse: pas seulement en accumulant toutes les ressources en un endroit, mais aussi en en excluant les gens. C’est à ça que servent tous ces murs érigés. Si un prisonnier est quelqu’un contenu dans des murs, qu’est-ce que cela fait de nous ? Les prisons ne font pas que retenir les gens en leur sein.

Lorsque la frontière est partout, tout le monde est transformé en prisonnier ou en gardien de prison. Il est très facile d’être corrompu par les avantages de la citoyenneté: être capable de voyager un peu plus librement, pouvoir participer légalement au marché du travail, avoir accès à ce qu’il reste de l’assistance de l’État, être reconnu comme partie prenante de la “société”. Pourtant, ces privilèges s’obtiennent à un terrible prix, car les documents qui sont en la possession d’une personne n’ont de valeurs que parce que d’autres n’en ont pas. Leur valeur est entièrement créée et repose sur une rareté artificiellement créée.

Tant qu’il y a une frontière entre vous et ceux qui sont moins fortunés que vous, vous pourrez être certains qu’il y aura aussi une frontière au-dessus de vous, vous empêchant l’accès à des choses dont vous avez besoins. Des gens sont déportés, d’autres sont expulsés mais le mécanisme fondamental demeure identique.

Qui va vous aider à déchirer les frontières se situant au-dessus de vous si ce n’est les gens bloqués par les frontières situées sous vous ? Les frontières ne sont que des constructions sociales, elles sont des cadres imaginaires imposés sur le monde réel. Il n’y a absolument rien de nécessaire ni d’inévitable à leur sujet. Si ce n’est à cause de la violence de ceux qui y croient, elles cesseraient immédiatement d’exister. Traverser une frontière sans documents est une manière de résister ; de la même manière qu’est de connaître mieux les gens qui sont affectés par la frontière de façons dont vous ne l’êtes pas, aidant ainsi à comprendre et à partager leur lutte.

Ensemble, nous pouvons rendre les frontières incontrôlables, un pas en avant vers la création d’un monde dans lequel tout le monde sera libre de voyager absolument où il le désire, d’utiliser l’énergie créatrice de la manière qu’il le désire afin de remplir le potentiel individuel selon ses propres termes.

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