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Empire et géopolitique: Les Frères Musulmans sbires du MI6 britannique et de la CIA (Thierry Meyssan)

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Suite de la saga de la confrérie des Frères Musulmans, autre turpitude étatico-capitaliste et création des services.

~ Résistance 71 ~

 

Les frères musulmans comme force d’appoint du MI6 et de la CIA

 

Thierry Meyssan

 

28 juin 2019

 

url de l’article original:

https://www.voltairenet.org/article206725.html

 

Nous poursuivons la publication du livre de Thierry Meyssan, « Sous nos yeux ». Dans cet épisode, il décrit la manière dont le président Jimmy Carter et son conseiller national de Sécurité, Zbigniew Brzezinski, utilisèrent les capacités terroristes des Frères musulmans contre les Soviétiques.

La confrérie au service de l’administration Carter/Brzezinski

En 1972-73, un responsable du Foreign Office — et probablement du MI6 —, James Craig, et l’ambassadeur britannique en Égypte, Sir Richard Beaumont, commencent un intense lobbying pour que leur pays et les États-Unis s’appuient sur les Frères musulmans non seulement en Égypte, mais dans tout le monde musulman contre les marxistes et les nationalistes. Sir Craig sera bientôt nommé ambassadeur de sa Majesté en Syrie, puis en Arabie, et trouvera une oreille attentive à la CIA. Il sera, beaucoup plus tard, le concepteur des «  Printemps arabes  ».

En 1977 aux États-Unis, Jimmy Carter est élu président. Il désigne Zbigniew Brzezinski comme conseiller national de sécurité. Ce dernier décide d’utiliser l’islamisme contre les Soviétiques. Il donne son feu vert aux Saoudiens pour augmenter leurs versements à la Ligue islamique mondiale, organise des changements de régime au Pakistan, en Iran et en Syrie, déstabilise l’Afghanistan, et fait de l’accès états-unien au pétrole du Moyen-Orient un objectif de sécurité nationale. Enfin, il confie des moyens militaires à la Confrérie.

Cette stratégie est clairement expliquée par Bernard Lewis lors de la réunion du Groupe de Bilderberg [1] que l’Otan organise en avril 1979 en Autriche. L’islamologue anglo-israélo-états-unien y assure que les Frères musulmans peuvent non seulement jouer un grand rôle face aux Soviétiques et provoquer des troubles internes en Asie centrale, mais aussi balkaniser le Moyen-Orient dans l’intérêt d’Israël.

Contrairement à une idée reçue, les Frères ne se sont pas contentés de suivre le plan Brzezinski, ils ont vu plus loin et obtenu l’assistance de Riyad et de Washington pour constituer d’autres branches de la Confrérie dans d’autres pays  ; branches qui prendront ultérieurement leur essor. À cette époque, le roi d’Arabie octroie une moyenne de 5 milliards de dollars annuels à la Ligue islamique mondiale qui étend ses activités dans 120 pays et finance des guerres. À titre indicatif, 5 milliards de dollars, c’était l’équivalent du budget militaire de la Corée du Nord. La Ligue obtient le statut consultatif auprès du Conseil économique et social de l’ONU et un statut d’observateur à l’Unicef.

Au Pakistan, le général Muhammad Zia-ul-Haq, chef d’état-major des armées formé à Fort Bragg aux États-Unis, renverse le Président Zulfikar Alî Bhutto et le fait pendre. Membre de la Jamaat-e-Islami, c’est-à-dire de la version locale des Frères musulmans, il islamise la société. La charia est progressivement établie — y compris la peine de mort pour blasphème — et un vaste réseau d’écoles islamiques est installé. C’est la première fois que la Confrérie est au pouvoir hors d’Égypte.

En Iran, Brzezinski convainc le Shah de partir et organise le retour de l’imam Rouhollah Khomeini, qui se définit comme un «  islamiste chiite  ». Dans sa jeunesse, Khomeini a rencontré Hasan el-Banna au Caire, en 1945, pour le persuader de ne pas alimenter de conflits sunnites/chiites. Par la suite, il a traduit deux livres de Sayyid Qutb. Les Frères et le Révolutionnaire iranien s’accordent sur des sujets sociétaux, mais pas du tout sur les questions politiques. Brzezinski réalise sa méprise le jour même de l’arrivée de l’ayatollah à Téhéran, car celui-ci va prier sur les tombes des martyrs du régime du Shah et appelle l’armée à se révolter contre l’impérialisme. Brzezinski commet une seconde erreur en envoyant la Delta Force secourir les espions états-uniens qui sont retenus dans leur ambassade à Téhéran. Même s’il parvient à masquer aux yeux des Occidentaux que ses diplomates n’étaient pas des otages mais bien des espions, il ridiculise ses militaires dans l’opération manquée «  Serre d’aigle  », et installe au Pentagone l’idée selon laquelle il faudra se donner les moyens pour vaincre les musulmans.

En Afghanistan, Brzezinski met sur pied l’«  Opération Cyclone  ». Entre 17 et 35 000 Frères musulmans, originaires d’une quarantaine de pays, vont se battre contre l’URSS venue défendre à sa demande la République démocratique d’Afghanistan du terrorisme des Frères [2]— il n’y a jamais eu d’«  invasion soviétique  » comme le prétend la propagande US. Ils ne seront jamais plus de 15 000 à la fois. Ces hommes viennent en renfort d’une coalition de combattants conservateurs et des Frères musulmans locaux, dont le Pachtoune Gulbuddin Hekmatyar et le Tadjik Ahmed Chah Massoud. Ils reçoivent leur armement pour l’essentiel d’Israël [3]— officiellement leur ennemi juré, mais désormais leur partenaire. L’ensemble de ces forces est commandé depuis le Pakistan par le général Muhammad Zia-ul-Haq et financé par les États-Unis et l’Arabie saoudite. C’est la première fois que la Confrérie est utilisée par les Anglo-Saxons pour livrer une guerre. Parmi les combattants présents se trouvent les futurs responsables des guerres du Caucase, de la Jemaah Islamiyah indonésienne, du groupe Abou Sayyaf aux Philippines, et bien sûr d’Al-Qaïda et de Daech. Aux États-Unis l’opération antisoviétique est soutenue par le Parti républicain et un groupuscule d’extrême gauche, les trotskistes de Social Democrats USA.

La stratégie Carter/Brzezinski représente un changement d’échelle [4]. L’Arabie saoudite, qui était jusqu’ici le financier des groupes islamistes, se voit chargée de gérer les fonds de la guerre contre les Soviétiques. Le directeur général du Renseignement saoudien, le prince Turki (fils du roi de l’époque, Fayçal), devient une personnalité incontournable de tous les sommets occidentaux du Renseignement.

Les problèmes entre Arabes et Afghans étant récurrents, le prince Turki envoie d’abord le Palestinien Abdallah Azzam, l’«  imam du jihad  », remettre de l’ordre entre les Frères et administrer le bureau local de la Ligue islamique mondiale, puis le milliardaire Oussama Ben Laden. Azzam et Ben Laden ont été formés ensemble en Arabie saoudite par le frère de Sayyid Qutb.

Toujours durant le mandat Carter, les Frères musulmans entreprennent une longue campagne de terreur en Syrie, incluant l’assassinat des cadets non sunnites à l’Académie militaire d’Alep par l’«  Avant-garde combattante  ». Ils disposent de camps d’entraînement en Jordanie où les Britanniques leur dispensent une formation militaire. Durant ces années de plomb, la CIA parvient à sceller une alliance entre les Frères musulmans et le groupuscule ex-communiste de Riyad Al-Turk. Celui-ci et ses amis, Georges Sabra et Michel Kilo, avaient rompu avec Moscou durant la guerre civile libanaise pour soutenir le camp occidental. Ils s’affilient au groupe trotskiste états-unien, Social Democrats USA. Les trois hommes rédigent un manifeste dans lequel ils affirment que les Frères musulmans forment le nouveau prolétariat et que la Syrie ne pourra être sauvée que par une intervention militaire états-unienne. En définitive, les Frères tentent un coup d’État en 1982, avec le soutien du Baas irakien (qui collaborait alors avec Washington contre l’Iran) et de l’Arabie saoudite. Les combats qui suivent à Hama font 2 000 morts selon le Pentagone, 40 000 selon la Confrérie et la CIA. Par la suite, des centaines de prisonniers sont assassinés à Palmyre par le frère du président Hafez el-Assad, Rifaat, qui sera révoqué et contraint à l’exil à Paris lorsqu’il tentera à son tour un coup d’État contre son propre frère. Les trotskistes sont emprisonnés et la plupart des Frères fuient soit vers l’Allemagne (où réside déjà l’ancien Guide syrien Issam Al-Attar), soit vers la France (comme Abou Moussab «  Le Syrien  »), où le chancelier Helmut Kohl et le président François Mitterrand leur donnent asile. Deux ans plus tard, un scandale éclate au sein de l’opposition désormais en exil au moment du partage  : trois millions de dollars ont disparu sur une enveloppe de 10 millions donnée par la Ligue islamique mondiale.

4— Vers la constitution d’une internationale du Jihad

Durant les années 1980, la Ligue islamique mondiale reçoit instruction de Washington de transformer la société algérienne. Durant une décennie, Riyad offre la construction de mosquées dans les villages. Chaque fois, un dispensaire et une école y sont adjoints. Les autorités algériennes se réjouissent d’autant plus de cette aide qu’elles ne parviennent plus à garantir l’accès de tous à la Santé et à l’Éducation. Progressivement, les classes laborieuses algériennes se détachent d’un État qui ne leur est plus d’un grand secours et se rapprochent des mosquées si généreuses.

Lorsque le prince Fahd devient roi d’Arabie saoudite, en 1982, il place le prince Bandar (fils du ministre de la Défense) comme ambassadeur à Washington, poste qu’il conservera durant tout son règne. Sa fonction est double  : d’un côté, il gère les relations saoudo-états-uniennes, de l’autre il sert d’interface entre le directeur du Renseignement Turki et la CIA. Il se lie d’amitié avec le vice-président et ancien directeur de la CIA, George H.W. Bush, qui le considère comme son «  fils adoptif  »  ; puis avec le secrétaire à la Défense Dick Cheney, et le futur directeur de la CIA, George Tenet. Il s’insère dans la vie sociale des élites et intègre aussi bien la secte chrétienne des chefs d’état-major du Pentagone, The Family, que l’ultra conservateur Bohemian Club de San Francisco.

Bandar commande les jihadistes depuis la Ligue islamique mondiale. Il négocie avec Londres l’achat d’armement pour son Royaume auprès de British Aerospace en échange de pétrole. Les contrats du «  pigeon  », (en arabe Al-Yamamah), coûteront entre 40 et 83 milliards de livres sterling à Riyad dont une partie importante sera reversée par les Britanniques au prince.

En 1983, le Président Ronald Reagan confie à Carl Gershman, l’ancien leader de Social Democrats USA, la direction de la toute nouvelle National Endowment for Democracy [5]. C’est une agence dépendante de l’accord des «  Cinq Yeux  », camouflée en ONG. Elle est la vitrine légale des services secrets australiens, britanniques, canadiens, états-uniens et néo-zélandais. Gershman a déjà travaillé avec ses camarades trotskistes et ses amis Frères musulmans au Liban, en Syrie et en Afghanistan. Il met en place un vaste réseau d’associations et de fondations que la CIA et le MI6 utilisent pour soutenir la Confrérie là où c’est possible. Il se réclame de la «  doctrine Kirkpatrick  »  : toutes les alliances sont justes lorsqu’elles servent l’intérêt des États-Unis.

Dans ce contexte, la CIA et le MI6 qui avaient créé au plus fort de la Guerre froide la Ligue anti-communiste mondiale (WACL), vont l’utiliser pour acheminer en Afghanistan les fonds nécessaires au jihad. Oussama Ben Laden adhère à cette organisation qui compte plusieurs chefs d’États [6].

En 1985, le Royaume-Uni, fidèle à sa tradition d’expertise académique, se dote d’un institut chargé d’étudier les sociétés musulmanes et la manière dont les Frères peuvent les influencer, l’Oxford Centre for Islamic Studies.

En 1989, les Frères réussissent un second coup d’État, cette fois au Soudan au profit du colonel Omar el-Béchir. Il ne tarde pas à placer le Guide local, Hassan el-Turabi, à la présidence de l’Assemblée nationale. Ce dernier, dans une conférence délivrée à Londres, annonce que son pays va devenir la base arrière des groupes islamistes dans le monde.

Toujours en 1989, le Front islamique du Salut (FIS) surgit en Algérie, autour d’Abassi Madani, tandis que le parti au pouvoir s’effondre dans divers scandales. Le FIS est soutenu par les mosquées «  offertes  » par les Saoudiens, et par voie de conséquence par les Algériens qui les fréquentent depuis une décennie. À la faveur d’un rejet des dirigeants et non par adhésion à son idéologie, il gagne les élections locales. Considérant l’échec des politiques et l’impossibilité ontologique de négocier avec les islamistes, l’armée opère un coup d’État et annule les élections. Le pays s’enfonce dans une longue et meurtrière guerre civile dont on ne saura pas grand chose. La guérilla fera plus de 150 000 victimes. Les islamistes n’hésitent pas à pratiquer à la fois les punitions individuelles et collectives, par exemple lorsqu’ils massacrent les habitants de Ben Talha — coupables d’avoir voté malgré la fatwa l’interdisant — et rasent le village. À l’évidence, l’Algérie sert de laboratoire pour de nouvelles opérations. La rumeur se répand que c’est l’armée, et non pas les islamistes, qui massacre les villageois. En réalité, seuls quelques hauts responsables des services secrets formés aux États-Unis rejoignent les islamistes et sèment la confusion.

En 1991, Oussama Ben Laden, qui est retourné en Arabie saoudite comme un héros de la lutte anticommuniste à la fin de la guerre d’Afghanistan, se brouille officiellement avec le roi alors que les «  sourouristes  » se soulèvent contre la monarchie. Cette insurrection, le «  Réveil islamique  », dure quatre ans et se clôt avec l’emprisonnement des principaux leaders. Elle montre à la monarchie — qui s’imaginait disposer de toute autorité — qu’en entretenant le mélange entre religion et politique, les Frères ont créé les conditions d’une révolte via les mosquées.

Dans ce contexte, Oussama Ben Laden prétend avoir proposé l’aide de quelques milliers d’anciens combattants d’Afghanistan contre l’Irak de Saddam Hussein, mais, ô surprise, le roi aurait préféré le million de soldats des États-Unis et de leurs alliés. Il part «  donc  » en exil au Soudan, en réalité avec la mission de reprendre le contrôle des islamistes qui ont échappé à l’autorité des Frères et se sont soulevés contre la monarchie. Avec Hassan el-Tourabi, il organise des conférences populaires panarabes et panislamiques où il invite les représentants de mouvements islamistes et nationalistes d’une cinquantaine de pays. Il s’agit de créer au niveau des partis l’équivalent de ce que l’Arabie saoudite a déjà fait avec l’Organisation de la Conférence islamique qui réunit, elle, des États. Les participants ignorent que les rencontres sont payées par les Saoudiens et que les hôtels où elles se tiennent sont surveillés par la CIA. De Yasser Arafat au Hezbollah libanais, tous y participent.

Le FBI parvient à faire condamner la BCCI, une gigantesque banque musulmane devenue au cours du temps celle utilisée par la CIA pour ses opérations secrètes, notamment le financement de la guerre en Afghanistan — mais aussi le narcotrafic en Amérique latine [7]. Lorsque la faillite de la banque est prononcée, ses petits clients ne sont pas remboursés, mais Oussama Ben Laden parvient à récupérer 1,4 milliard de dollars pour poursuivre l’engagement des Frères musulmans au service de Washington. La CIA déplace alors ses activités sur la Faysal Islamic Bank et sa filiale Al-Baraka.

[1] « Ce que vous ignorez sur le Groupe de Bilderberg », par Thierry Meyssan, Komsomolskaïa Pravda (Russie) , Réseau Voltaire, 9 avril 2011.

[2] « Brzezinski : « Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes … » », par Zbigniew Brzeziński, Nouvel Observateur (France) , Réseau Voltaire, 15 janvier 1998.

[3] Charlie Wilson’s War : The Extraordinary Story of How the Wildest Man in Congress and a Rogue CIA Agent Changed the History of Our Times, George Crile, Grove Press (2003).

[4] Les dollars de la terreur, Les États-Unis et les islamistes, Richard Labévière, Éditions Bernard Grasset (1999).

[5] « La NED, vitrine légale de la CIA », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie) , Réseau Voltaire, 6 octobre 2010.

[6] Inside the League : The Shocking Expose of How Terrorists, Nazis, and Latin American Death Squads Have Infiltrated the World Anti-Communist League, Scott & Jon Lee Anderson, Dodd Mead & Company éd. (1986). « La Ligue anti-communiste mondiale, une internationale du crime », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 mai 2004.

[7] The BCCI Affair, John Kerry & Hank Brown, US Senate (1992) ; Crimes of a President : New Revelations on the Conspiracy and Cover Up in the Bush and Reagan Administration, Joel Bainerman, SP Books (1992) ; From BCCI to ISI : The Saga of Entrapment Continues, Abid Ullah Jan, Pragmatic Publishing (2006).

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Guerres impérialistes: La connexion Arabie Saoudite-Obama-Clinton-Frères Musulmans

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Les emails d’Hillary Clinton et la confrérie (des frères musulmans)

 

Thierry Meyssan

 

31 octobre 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article193919.html

 

L’enquête du FBI sur les e-mails privés d’Hillary Clinton ne porte pas sur une négligence face aux règles de sécurité, mais sur un complot visant à distraire toute trace de ses correspondances qui auraient du être archivées sur des serveurs de l’État fédéral. Il pourrait comprendre des échanges sur des financements illégaux ou de la corruption, d’autres sur les liens des époux Clinton avec les Frères musulmans et les jihadistes.

La relance de l’enquête du FBI sur les e-mails privés d’Hillary Clinton ne porte plus sur les questions de sécurité, mais sur magouilles qui pourraient aller jusqu’à la haute trahison.

Techniquement, au lieu d’utiliser un serveur sécurisé de l’État fédéral, la secrétaire d’État avait fait installer à son domicile un serveur privé, de manière à pouvoir utiliser Internet sans laisser de traces sur une machine de l’État fédéral. Le technicien privé de Mme Clinton avait nettoyé son serveur avant l’arrivée du FBI, de sorte qu’il n’était pas possible de savoir pourquoi elle avait mis en place ce dispositif.

Dans un premier temps, le FBI a observé que le serveur privé n’avait pas la sécurisation du serveur du département d’État. Mme Clinton n’avait donc commis qu’une faute de sécurité. Dans un second temps, le FBI a saisi l’ordinateur de l’ancien membre du Congrès, Anthony Weiner. Celui-ci est l’ancien époux d’Huma Abedin, directrice de cabinet d’Hillary. Des e-mails provenant de la secrétaire d’État y ont été retrouvés.

Anthony Weiner est un homme politique juif, très proche des Clinton, qui ambitionnait de devenir maire de New York. Il dut démissionner à la suite d’un scandale très puritain : il avait envoyé des SMS érotiques à une jeune femme autre que son épouse. Huma Abedin se sépara officiellement de lui durant cette tourmente, mais en réalité ne le quitta pas.

Huma Abedin est une états-unienne ayant été élevée en Arabie saoudite. Son père dirige une revue académique —dont elle fut durant des années la secrétaire de rédaction— qui reproduit régulièrement l’avis des Frères musulmans. Sa mère préside l’association saoudienne des femmes membres de la Confrérie et travaillait avec l’épouse du président égyptien Mohamed Morsi. Son frère Hassan travaille pour le compte du cheikh Yusuf al-Qaradawi, le prêcheur des Frères et conseiller spirituel d’Al-Jazeera.

Huma Abedin est aujourd’hui un personnage central de la campagne Clinton, à côté du directeur de campagne, John Podesta, ancien secrétaire général de la Maison-Blanche sous la présidence de Bill Clinton. Podesta est par ailleurs le lobbyiste attitré du Royaume d’Arabie saoudite au Congrès pour la modique somme de 200 000 dollars mensuels. Le 12 juin 2016, Petra, l’agence de presse officielle de Jordanie, avait publié une interview du prince héritier d’Arabie, Mohamed Ben Salmane, affirmant la modernité de sa famille qui avait illégalement financé à hauteur de 20 % la campagne présidentielle d’Hillary Clinton, quoique ce soit une femme. Le lendemain de cette publication, l’agence annulait cette dépêche et assurait que son site internet avait été piraté.

Madame Abedin n’est pas la seule membre de l’administration Obama liée à la Confrérie. Le demi-frère du président, Abon’go Malik Obama, est le trésorier de l’Œuvre missionnaire des Frères au Soudan et président de la Fondation Barack H. Obama. Il est directement placé sous les ordres du président soudanais, Omar el-Béchir. Un Frère musulman est membre du Conseil national de sécurité —la plus haute instance exécutive aux États-Unis—. De 2009 à 2012, c’était le cas de Mehdi K. Alhassani. On ignore qui lui a succédé, mais la Maison-Blanche niait qu’un Frère soit membre du Conseil jusqu’à ce qu’une preuve surgisse. C’est également un Frère qui est ambassadeur des États-Unis auprès de la Conférence islamique, Rashad Hussain. Les autres Frères identifiés occupent des fonctions moins importantes. Il faut cependant citer Louay M. Safi, actuel membre de la Coalition nationale syrienne et ancien conseiller du Pentagone.

En avril 2009, deux mois avant son discours du Caire, le président Obama avait secrètement reçu une délégation de la Confrérie dans le Bureau ovale. Il avait déjà invité, lors de son intronisation, Ingrid Mattson, la présidente de l’association des Frères et Sœurs musulmans aux États-Unis.

De son côté, la Fondation Clinton a employé comme responsable de son projet « Climat » Gehad el-Haddad, un des dirigeants mondiaux de la Confrérie qui avait été jusque là responsable d’une émission de télévision coranique. Son père avait été l’un des co-fondateurs de la Confrérie, en 1951, lors de sa recréation par la CIA et le MI6. Gehad a quitté la fondation en 2012, date à laquelle il est devenu au Caire le porte-parole du candidat Mohammed Morsi, puis celui officiel des Frères musulmans, à l’échelle mondiale.

Sachant que la totalité des leaders jihadistes dans le monde sont soit issu de la Confrérie, soit de l’Ordre soufi des Naqshbandîs —les deux composantes de la Ligue islamique mondiale, l’organisation saoudienne anti-nationaliste arabe— on aimerait en savoir plus sur les relations de Madame Clinton avec l’Arabie saoudite et les Frères.

Il se trouve que dans l’équipe de son challenger Donald Trump, on compte le général Michael T. Flynn qui tenta de s’opposer à la création du Califat par la Maison-Blanche et démissionna de la direction de la Defense Intelligence Agency (Agence de Renseignement militaire) pour marquer sa réprobation. Il y côtoie Frank Gaffney, un « guerrier froid » historique, désormais qualifié de « conspirationniste » pour avoir dénoncé la présence des Frères dans l’État fédéral.

Il va de soi que, du point de vue du FBI, tout soutien aux organisations jihadistes est un crime, quelle que soit la politique de la CIA. En 1991, les policiers —et le sénateur John Kerry— avaient provoqué la faillite de la banque pakistanaise (quoi qu’enregistrée aux îles Caïman) BCCI que la CIA utilisait pour toutes sortes d’opérations secrètes avec les Frères musulmans tout autant qu’avec les cartels latinos des drogues.

 

Ingérence occidentale et « printemps arabe »: Washington est-il au bout du bout du banc ?… Suite…

Posted in actualité, France et colonialisme, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique et social, politique française, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 8 juillet 2013 by Résistance 71

Seconde tentative de réponse avec Thierry Meyssan du Réseau Voltaire, qui voit la défaite de Washington dans sa politique du double-jeu et une reprise en main potentielle par les forces vives populaires, ce qui aura des répercussions directes sur la politique en Tunisie et bien sûr en Syrie. Nous sommes tout à fait d’accord avec l’analogie de Meyssan disant que « Les Frères musulmans sont à l’islam ce que les Trotskistes sont à l’occident : un groupe de putschistes, travaillant pour des intérêts étrangers au nom d’un idéal toujours remis au lendemain ».

Analyse lucide qui ne manque pas de finesse. Où va l’Egypte ? Où va le Moyen-Orient ? Où va le monde ? A suivre avec grand intérêt…

— Résistance 71 —

 

Le sort de Morsi préfigure t’il celui des frères musulmans ?

 

Thierry Meyssan

 

8 Juillet 2013

 

url de l’article:

http://www.voltairenet.org/article179268.html

 

 

Bien que surpris par la rapidité des événements, Thierry Meyssan célèbre la destitution du gouvernement des Frères musulmans. Alors que la presse atlantiste soutenait Mohamed Morsi et conspuait Bachar el-Assad, il tenait le discours opposé et dénonçait le « printemps arabe » comme une manipulation. Le peuple égyptien et son armée ont tranché.

A l’issue de cinq jours de manifestations géantes réclamant le départ du président Morsi, l’Armée égyptienne l’a destitué et a désigné le président du Conseil constitutionnel pour assurer l’intérim jusqu’à la convocation de nouvelles élections.

Pour mesurer l’importance de l’événement, il convient de le resituer dans sa propre narration.

Une agitation politique a gagné une partie de l’Afrique, puis du monde arabe, à partir de la mi-décembre 2010. Les deux principaux pays concernés ont été la Tunisie et l’Égypte. Ce phénomène s’explique d’abord par des causes profondes : un changement générationnel et une crise alimentaire. Si l’aspect démographique échappe largement au contrôle humain, l’aspect économique a été partiellement provoqué en pleine connaissance de cause, en 2007-08, puis à nouveau en 2010.

En Tunisie et en Égypte, les États-Unis avaient préparé la « relève de la garde » : des leaders neufs à son service à la place de leaders démonétisés. Le département d’État avait formé de jeunes « révolutionnaires » pour qu’ils se substituent au pouvoir en place. Aussi, lorsque Washington a constaté que ses alliés étaient dépassés par la rue, il leur a intimé l’ordre de céder la place à l’opposition qu’il avait préfabriquée. Ce ne sont pas la rue, mais les États-Unis qui ont chassé Zine el-Abidine Ben-Ali et le général Hosni Moubarak. Et ce sont toujours les États-Unis qui ont installé les Frères musulmans pour leur succéder. Ce dernier point est moins évident puisque les deux pays ont organisé des élections, mais la tenue d’un scrutin ne signifie pas sa sincérité. Cependant, une étude minutieuse montre que les dès étaient pipés.

Il ne fait aucun doute que ces événements avaient été anticipés par Washington et qu’ils ont été guidés par lui, même s’ils auraient pu aussi survenir dans d’autres États, comme au Sénégal et en Côte d’Ivoire.

Précisément, des troubles surviennent alors en Côte d’Ivoire à l’occasion de l’élection présidentielle. Mais ils ne sont pas reliés dans l’imaginaire collectif au « printemps arabe » et s’achèvent par une intervention militaire française sous mandat de l’ONU.

Une fois l’instabilité installée en Tunisie et en Égypte, la France et le Royaume-Uni ont lancé un mouvement de déstabilisation de la Libye et de la Syrie, en application du Traité de Lancaster. Si quelques micro-manifestations pro-démocratie se sont tenues et ont été grossies par les médias occidentaux, les troubles étaient organisés par des Forces spéciales occidentales avec l’appui de meneurs takfiristes.

À grand renfort de manipulations, l’opération en Côte d’Ivoire a été exclue du « printemps arabe » (il n’y a pas d’arabes dans ce pays au tiers musulman), tandis que la Libye et la Syrie y ont été inclus (alors qu’il s’agit d’opérations coloniales). Ce tour de passe-passe a été d’autant plus facile à réaliser que des manifestations survenaient au Yémen et au Bahreïn dont les conditions structurelles sont bien différentes. Les commentateurs occidentaux les ont d’abord inclues sous l’étiquette « printemps arabe », puis les ont escamotées de leur raisonnement, tant les situations sont peu comparables.

En définitive, ce qui fait le « printemps arabe » (Tunisie, Égypte, Libye, Syrie), ce n’est pas l’instabilité, ni la culture, mais la solution prévue par les puissances impérialistes : l’accès au pouvoir des Frères musulmans.

Cette organisation secrète, prétendument anti-impérialiste, a toujours été politiquement contrôlée par Londres. Elle était représentée au cabinet d’Hillary Clinton, par le biais d’Huma Abedin (épouse du député sioniste démissionnaire Antony Weiner), dont la mère Saleha Abedin dirige la branche féminine mondiale de la confrérie. Le Qatar a assuré le financement des opérations (plus de 15 milliards de dollars par an !) et la médiatisation de la confrérie auquel elle a confié la chaîne Al-Jazeera depuis fin 2005. Enfin, la Turquie a fourni le savoir-faire politique avec des conseillers en communication.

Les Frères musulmans sont à l’islam ce que les Trotskistes sont à l’occident : un groupe de putschistes, travaillant pour des intérêts étrangers au nom d’un idéal toujours remis au lendemain. Après avoir tenté quantité de coups d’État dans la majorité des pays arabes au cours du XXe siècle, ils ont été surpris de leur « victoire », en 2011. Ils ne disposaient en effet d’aucun programme de gouvernement en dehors des instructions anglo-saxonnes. Ils se sont donc rattachés aux slogans islamistes : « La solution, c’est le Coran », « Nous n’avons pas besoin de constitution, nous avons la Charia », etc…

En Égypte, comme en Tunisie et en Libye, leur gouvernement a ouvert leur économie au capitalisme libéral. Il a confirmé l’entente avec Israël sur le dos des Palestiniens. Et a cherché à imposer, au nom du Coran, un ordre moral, jamais inscrit dans ce livre.

Les privatisations thatchériennes de l’économie égyptienne devaient atteindre leur apothéose avec celle du Canal de Suez, joyau du pays et source de revenus, qui devait être vendu au Qatar. Face à la résistance de la société égyptienne, Doha finança un mouvement séparatiste de la région du Canal, comme jadis les États-Unis avaient créé le mouvement d’indépendance du Panama en Colombie.

En définitive, la société égyptienne n’a pas supporté ce traitement de choc. Comme je l’écrivais dans ces colonnes, il y a trois semaines, elle a ouvert les yeux en observant la révolte des Turcs contre le Frère Erdogan. Elle s’est rebellée et a lancé un ultimatum au président Morsi. Après s’être assuré par téléphone auprès du secrétaire US à la Défense, Chuck Hagel, que les États-Unis ne tenteraient rien pour sauver l’agent Morsi, le général al-Sissi a annoncé sa destitution.

Ce point mérite une explication : Mohamed Morsi s’est présenté, lors de son avant-dernier discours à la Nation, comme un « savant ». C’est en effet un ingénieur spatial ayant fait carrière aux USA, ayant acquis la nationalité états-unienne, ayant travaillé à la NASA et disposant d’une accréditation US secret-Défense. Cependant, si Morsi a été lâché par le Pentagone, il a par contre été soutenu —jusqu’à son arrestation— par le département d’État, que ce soit par l’ambassadrice au Caire Anne Patterson, par les porte-parole Patrick Ventrell et Jan Psaki, ou par le secrétaire d’État John Kerry. Cette incohérence manifeste le désarroi de Washington : d’un côté la raison interdisait toute possibilité d’intervention, d’un autre les liens trop étroits de Morsi avec les Frères musulmans l’ont privé de toute solution de rechange.

La chute de Mohamed Morsi marque la fin de la prééminence des Frères musulmans dans le monde arabe. Et ce, d’autant plus, que l’Armée a annoncé sa destitution en s’entourant des forces vives de la société, incluant les « savants » de l’Université al-Azhar.

L’échec de Morsi est un coup dur pour l’Occident et ses alliés, le Qatar et la Turquie. Dès lors, on peut logiquement se demander si elle ne marque pas la fin du « printemps arabe » et de nouveaux bouleversements en Tunisie, en Libye, et bien sûr en Syrie.

Manipulation, propagande et ingérence: Qui sont les « Frères Musulmans » ?…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique et lobbyisme, politique et social, politique française with tags , , , , , , on 31 janvier 2013 by Résistance 71

Ils sont partout, on en parle partout… Qui sont les « frères musulmans », d’où vient cette confrérie ?… Pour qui pédale t’elle ?

Une question plus que pertinente de nos jours…

Quelques bons éléments de réponse ci-dessous…

— Résistance 71 —

 

Les Frères Musulmans: Syrie, Egypte et au-delà

 

Eric Draitser

 

14 décembre 2012

 

url de l’article original en français:

http://french.irib.ir/analyses/articles/item/230789-les-frères-musulmans-syrie,-egypte,-et-au-delà-,-par-mireille-delmarre

 

La complexité du Printemps Arabe et le combat pour la liberté politique …

…à travers le monde arabe ne doit pas obscurcir ce qui est desormais devenu évident pour tout anti impérialiste : les Frères Musulmans sont l’une des plus puissantes armes de la classe dirigeante occidentale dans le Monde Musulman. C’est peut être une pillule difficile à avaler pour des raisons émotionnelles ou psychologiques, mais il suffit de regarder le rôle insidieux joué par cette organisation en Syrie et les abus de pouvoir et des droits de l’homme du gouvernement en Egypte. Dans la guerre soutenue par les US/OTAN contre le gouvernement Assad, les Frères Musulmans apparaissent comme la force bénéficiant du soutien de l’Occident, l’avant garde de l’assaut impérialiste. alors qu’en Egypte le président Morsi et le gouvernement des Frères Musulmans cherchent à détruire ce qui a été il y a un peu plus d’un an la promesse d’une révolution.

Les Frères Musulmans En Syrie

La création cette semaine d’un commandement suprême militaire en charge de toute l’aide militaire et la coordination des rebelles prouve sans équivoque le rôle de dirigeants des Frères Musulmans dans l’objectif de changement de régime en Syrie. Comme l’a rapporté Reuters :

 » Le commandement unifié comprend beaucoup d’individus ayant des liens avec les Frères Musulmans et les Salafistes… il exclut les plus hauts officiers qui ont fait défection de l’armée d’Assad(1). »

Cette structure de commandement formée à la demande et avec le soutien des US, de la GB, de la France de l’Arabie Saoudite du Qatar et de la Turquie entre autres, n’inclue pas seulement des membres des Frères Musulmans elle est en fait dominée par eux.Est ce possible que les puissances impérialistes occidentales n’aient pas noté que le groupe qu’il formait comprenait ces éléments ? Suggérer cela serait accuser les « hommes d’état » dirigeant le monde (Hillary Clinton, William Hague, Laurent Fabius, Ahmet Davutoglu, ect…) d’être stupides. Hélas ce n’est pas le cas. En fait ces individus ont collaboré pour recréer une force de proxies des Frères Musulmans en Syrie, une force qui peut être contrôlée et dépendre d’eux pour faire ce que veut l’Occident.

Cependant ce n’est pas suffisant de dire que les Frères Musulmans dirigent la nouvelle structure militaire car cela voudrait dire qu’il n’ont pas joué de rôle principal jusqu’à présent. En fait l’Organisation a été au centre de la déstabilisation de la Syrie depuis le début du conflit armé. Le Conseil National Syrien ce qui tenait lieu au début « d’opposition » soutenue par l’Occident était lui-même dominé en coulisses par les Frères Musulmans. Comme la déclaré l’ancien dirigeant des Frères Musulmans Ali Sadreddine concernant le CNS :

 » nous choisissons le visage acceptable par l’Occident…Nous avons nommé (l’ancien chef du CNS Burhan) Ghalioun à la tête du front d’action nationale. Nous n’agissons pas actuellement en tant que Frères Musulmans mais comme faisant partie d’un front qui inclus tous les courants. »(2)

Nous voyons donc là que l’organisation a depuis le tout début maintenu une grande partie du contrôle sur l’opposition basée à l’étranger distinctement différent de l’opposition interne des Conseils de Coordination Nationale et d’autres groupes. Les Frères Musulmans une machine politique internationale et para militaire a été amenée à diriger la bataille contre le gouvernement d’ Assad.

En fait, les Frères Musulmans ont fourni un certain nombre de cadres de direction et d’assistance à l’opposition basée à l’étranger et soutenue par l’étranger bien au delà de la simple direction. Allant de la couverture diplomatique et politique au soutien tactique sur le terrain tels la fourniture clandestine d’armes, le recrutement de combattants, et d’autres responsabilités nécessaires, cela couvre tout ce que nous en Occident appelons parce que cela nous arrange les « rebelles ».

Dés Mai 2012 les Frères Musulmans en Egypte le centre d’organisation fournissait déjà le soutien diplomatique et politique dont les rebelles avaient besoin pour renverser le régime d’Assad. Alors qu’ils étaient sur le point de remporter les élections égyptiennes les Frères Musulmans étaient occupés à faire des déclarations publiques sur la nécessité d’une intervention militaire occidentale en Syrie. Le porte parole de l’Organisation, Mahmoud Ghozlan a déclaré :

 » les Frères Musulmans appellent les gouvernements arabes islamiques et internationaux à intervenir… pour renverser le régime(d’Assad) » (3).

Cette déclaration publique enflammée est une coup asséné à tous ceux qui affirment que les Frères Musulmans sont d’une certaine façon anti-impérialistes qu’ils s’opposent à la domination par l’Occident du Monde Arabe. Au contraire bien qu’ils puissent se poser comme opposants à l’Occident ils sont en fait des outils des puissances impérialistes utilisés pour détruire des nations indépendantes qui s’opposent à la domination hégémonique des US au Moyen Orient.

Ce soutien politique et diplomatique est l’un des aspects de l’implication des Frères Musulmans dans la destruction de la Syrie. Comme l’a rapporté le New York Times en Juin 2012:

 » des officiers de la CIA agissent secrètement dans le Sud de la Turquie aidant les alliés à choisir quels combattants de l’opposition syrienne recevront des armes de l’autre côte de la frontière… par le biais d’un réseau clandestin d’intermédiaires incluant les Frères Musulmans syriens « (4)

L’utilisation des Frères Musulmans pour fournir clandestinement des armes aux rebelles en Syrie ne devrait pas être une surprise étant donné que ce sont les monarchies sunnites de la région ( Arabie Saoudite et Qatar principalement) qui ont été les voix les plus vociférantes pour un changement de régime en Syrie par tous les moyens nécessaires. La relation entre ces monarchies et les Frères Musulmans est évidente. Elles partagent les mêmes convictions religieuses et sont des ennemis farouches de toute forme de Shi’isme. De plus elles ont été partie prenante du système d »hégémonie US qui a maintenu toute la région sous son emprise vicieuse depuis des décennies.

Beaucoup ont affirmé par le passé que bien qu’ils partagent la même idéologie et « marque » les Frères Musulmans de Syrie étaient d’une certaine façon indépendants de la « Maison Mère ». Cette affirmation hasardeuse ne résiste pas au simple fait que chaque position publique prise par les Frères Musulmans syriens s’aligne directement sur les déclarations publiques du Caire.

Comme le montre l’article du Carnegie Middle East Center « The Muslim Brotherhood in Syria » :

« depuis le début de la révolution les Frères Musulmans ont maintenu qu’une intervention étrangère est la seule solution possible à la crise en Syrie. En Octobre 2011 ilsont également appelé la Turquie à intervenir et à établir des zones humanitaires protégées en territoire turc. »(5).

Quand deux entités portent le même nom ont les même sponsors et adoptent les mêmes positions c’est un exercice d’ignorance voulue que d’affirmer qu’elles ne sont pas tout à faire pareilles; plus précisément qu’elles prennent leurs ordres des mêmes maîtres mais qui sont ces maîtres ?

Les Puissances derrière les Frères Musulmans.

En examinant le rôle extrêmement insidieux que les Frères Musulmans jouent en Syrie on doit commencer par comprendre la relation historique entre les Frères Musulmans et l’impérialisme occidental. L’organisation a été fondée en 1928 par Hassan al Banna dans le but de rétablir une forme pure d’Islam comme il a existé il y a des siècles. Cependant ce n’était simplement que le vernis religieux crée pour dissimuler les intentions politiques de l’organisation. Comme cela a été expliqué dans un article de Mother Jones  » What is the Muslim Brotherhood and will it take over Egypt ? » l’auteur explique que:

 » les Frères Musulmans servent à combattre les nationalistes et communistes malgré l’anti impérialisme de base des Frères Musulmans le groupe finit souvent par faire cause commune avec le colonialisme britannique. Elle fonctionne comme une agence de renseignement y compris à ses tout débuts de facto comme une arme des renseignements occidentaux et ceci est primordial pour comprendre son développement et son pouvoir politique actuel. »

Cependant il y a ceux qui affirment que malgré cette « coïncidence » d’objectifs et d’agendas les Frères Musulmans ne pourraient jamais être directement liés à la communauté du renseignement. Cependant comme Robert Dreyfuss auteur de l’article de Mother Jones l’a fait clairement remarquer il y a de nombreuses preuves liant la direction des Frères Musulmans directement avec la CIA :

« A ce moment là (1954) le chef de l’organisation du groupe à l’international un responsable bien connu était Said Ramadan gendre d’Hassan al banna. Ramadan avait attiré l’attention à la fois de la CIA et du MI-6 les services de renseignements britanniques. En faisant des recherche pour mon livre… je suis tombé sur une photo inhabituelle montrant Ramadan avec le Président Eisenhower dans le bureau oval. A ce moment là ou juste après Ramadan avait probablement été recruté comme agent de la CIA. Le reporter du Wall Street Journal Ian Johnson a fourni depuis les preuves des liens étroits entre Ramadan et différentes agences de renseignements occidentaux… Johnson écrit :  » à la fin de la décennie la CIA soutenait ouvertement Ramadan. »(7).

Le fait que le personnage central dans l’organisation internationale était un agent connu de la CIA corrobore les affirmations faites par de nombreux analystes et enquêteurs que les Frères Musulmans ont été utilisés comme arme contre Nasser et en fait contre tous les dirigeants socialistes arabes qui à cette époque faisaient partie du nationalisme arabe montant qui visait comme but ultime l’indépendance de la domination impérialiste occidentale.

Afin de comprendre pleinement comment les Frères Musulmans se sont développés pour être ce qu’ils sont actuellement on doit comprendre la relation entre eux et la maison royale d’Arabie Saoudite. En fait les Saoudiens ont été depuis des décennies les principaux financiers des Frères Musulmans pour les mêmes raisons que les US et les puissances occidentales avaient besoin d’eux : s’opposer au nationalisme arabe et à ‘l’insolence » accrue des états shi’ites. Dreyfuss écrit :

« Dés le début les Frères Musulmans ont été généreusement financés par le Royaume d’Arabie Saoudite qui appréciait sa politique ultra conservatrice et sa haine virulente des communistes arabes. »(8)

C’est principalement alors que les US commençaient à exercer leur pouvoir partout dans la région après la seconde guerre mondiale que les Frères Musulmans se sont trouvés là comme bénéficiaires volontaires et humbles servants semant la haine entre les Sunnites et les Shi’ites adoptant une idéologie haineuse salafiste qui incitait au conflit et à la guerre inexorable entre les différentes branches de l’Islam. Bien sûr tout ceci bénéficie aux puissances occidentales qui non cure de l’idéologie l’essentiel étant leur argent et les ressources.

Actuellement Un Outil des Puissances Occidentales ?

On dit souvent que bien que l’histoire des Frères Musulmans les lient intimement aux services secrets occidentaux néanmoins l’organisation a changé et s’est transformée en force pacifique pour le progrés politique du Monde Arabe. Comme l’ont montré les évènemernts récents en Egypte rien n’est plus éloigné de la vérité. Avec la tentative anti -démocratique de s’accaparer le pouvoir du président égyptien Morsi la régression en matière de droits civils de droits des femmes et des minorités ethniques et religieuses, les Frères Musulmans ont montré qu’ils n’étaient qu’une force politique réactionnaire faisant semblant d’être une force de « progrés ».

S’il reste à quelqu’un un doute sur les vraies intentions et motivations des Frères Musulmans une fois arrivés au pouvoir en Egypte il suffit d’observer leur position sur les institutions de la finance mondiale capitaliste, le FMI. Au Caire l’une des premières décisions prises par Morsi et le gouvernement des Frères Musulmans cela a été de dire qu’en fait ils accepteraient volontiers les prêts sous conditions du FMI (9) pour se sauver de la perspective d’une crise économique continuelle. Néanmoins comme faisant partie des conditions du prêt le gouvernement Morsi devrait réduire drastiquement les subventions, régulations et autres  » restrictions commerciales » tout en augmentant les taxes de la classe moyenne. Cela veut dire principalement que les frères Musulmans ont accepté le cocktail habituel d’austérité administré par les agents de la finance capitaliste de si nombreuses fois partout dans le monde. Ceci naturellement nous amène à poser la question : est ce que c’est la fin de la révolution ? Effectivement beaucoup dans les rues du Caire se posent cette question. Ou plus précisément ils connaissent la réponse.

En Egypte comme en Syrie les Frères Musulmans se sont transformés en serviteurs de la classe dirigeante impérialiste occidentale. Ils ont scrupuleusement servi ses intérêts pendant des décennies même si les noms, les visages et la propagande ont changé pendant ces années. Alors que nous regardons les photos tragiques provenant de Syrie ou les dizaines de milliers de personnes dans les rues du Caire nous devons nous demander pourquoi il a fallu si longtemps à cette organisation perfide pour être exposée ou même comprise. La réponse c’est comme d’habitude car ils servent les intérêts du capitalisme mondial pour maintenir le reste du monde dans la confusion pour reconnaître qui sont les vrais ennemis du progrés. En révélant leur vraie nature (des FM ndlt) les vraies forces de paix et de progrés partout dans le monde peuvent rejeter les Frères Musulmans et le système impérialiste sous toutes ses formes visibles et invisibles.

Eric Draitser 12/12/2012 StopImperialism.com

 

Eric Draitser a crée le site StopImperialism.com. Il est analyste geo-politique indépendant basé à New York City. Il contribue régulièrement à Russia Today, Press TV, GlobalResearch.ca, et d’autres médias.

 

[1] http://news.yahoo.com/rebels-circle-damascus-airport-russia-u-downbeat-013515100.html

 

[2] http://www.reuters.com/article/2012/05/06/us-syria-brotherhood-idUSBRE84504R20120506

 

[3] http://english.al-akhbar.com/content/egypts-brotherhood-calls-intervention-syria

 

[4] http://www.nytimes.com/2012/06/21/world/middleeast/cia-said-to-aid-in-steering-arms-to-syrian-rebels.html?pagewanted=all&_r=0

 

[5] http://carnegie-mec.org/publications/?fa=48370

 

[6] http://www.motherjones.com/politics/2011/02/what-is-the-muslim-brotherhood

 

[7] Ibid.

 

[8] Ibid.

 

[9] http://www.albawaba.com/business/morsi-egypt-imf-loan-432065

 

Pour les hyperliens voir le texte original en Anglais

 

Article en Anglais

 

Traduction Mireille Delamarre

Ingérence impérialiste occidentale: Les Frères Musulmans syriens soutenus par la CIA depuis 2007…

Posted in actualité, France et colonialisme, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 29 janvier 2013 by Résistance 71

… Logique puisque la confrérie a été créée / récupérée par les services de renseignement britanniques et américains dès le début des années 1930 pour être ensuite recyclée dans la lutte contre le pan-arabisme (dont Nasser en Egypte et Kadhafi en Libye furent les leaders) nationaliste luttant contre la colonisation occidentale.

Ce que nous appelons « l’islamisme » est une création de l’occident, un outil de contrôle et de division des peuples ne servant qu’un seul intérêt: celui des inséparables cartels industriels et banquiers qui pillent le monde et renforcent la capitalisme monopoliste mortifère, criminel et génocidaire. Bien sûr il y a des frapadingues du Coran comme il y a des frapadingues du Missel et de la bible, mais ceux-ci ne sont qu’une infime minorité, l’idéologie de « l’islamisme » est autre chose: elle participe de la volonté de la stratégie du diviser pour mieux régner, à la fois au sein de l’Islam et également dans l’intention de perpétrer une culture induite et factice du « choc des civilisations », prônée par les idéologues du Nouvel Ordre Mondial répartis judicieusement de chaque côté du paradigme politique occidental. Il y a des partisans et idéologues de la stratégie du chaos de « droite » et il y en a de « gauche ». Sarkozy / Hollande étant l’exemple français, à l’image de l’exemple Bush / Obama du pays du goulag levant. Cela procède de la même façon dans toutes les nations occidentales (Blair / Cameron en GB par exemple..).

Il est grand temps pour nous, les peuples, de prendre pleinement conscience de cette supercherie et d’agir en conséquence: arrêtons de soutenir ce système obsolète, prédateur et criminel, préparons et cultivons le contre-pouvoir autogestionnaire afin de reprendre le pouvoir qui nous a été usurpé et de le dissoudre dans le peuple en refusant toute délégation de pouvoir et toute représentation de nos désirs et volontés de progressisme.

Il n’y a pas de solution dans le système ! Il faut sortir du paradigme illusoire représenté par cette alliance mortifère du prêtre, du juge et du soldat, unis pour garantir le statu quo oligarchique !…

— Résistance 71 —

 

Les frères musulmans syriens soutenus par les Etats-Unis depuis 2007 sous le gouvernement Bush

 

Tony Cartalucci

 

Le 24 Janvier 2013,

 

url de l’article original:

http://landdestroyer.blogspot.fr/2013/01/syrias-muslim-brotherhood-propped-up-by.html#more

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En 2007. Le Wall Street Journal a publié un article intitulé: « To Check Syria, U.S. Explores Bond With Muslim Brothers.” Et déjà à ce moment là, il fut noté que la confrérie avait des liens très proches avec des groupes que les Etats-Unis reconnaissent et listent comme des organisations terroristes, incluant le Hamas et Al Qaïda.

L’article nous livre une sombre prémonition du soutien que les Etats-Unis offriront aux frères Musulmans à la fois comme force politique et terroriste dans le monde arabe, et ce après des décennies de tentative d’écrasement de cette organisaton sectaire terroriste de la Tunisie à la Syrie en passant par l’Egypte, la Libye, la Jordanie et au-delà. En fait, l’artice du Wall Street Journal de 2007 notait spécifiquement que le partenariat avec les Etats-Unis “pourrait déstabiliser les gouvernements de Jordanie et d’Egypte, deux des plus gros alliés des Etats-Unis où la confrérie est une force politique d’opposition croissante.”

L’Egypte est maintenant sous la férule de la dictature de la confrérie sectaire et extrémiste des Frères Musulmans, après que les Etats-Unis aient incité les troubles dans le pays en 2011, tandis que la Jordanie voit maintenant à son tour les troubles se produire, troubles menés par cette même confrérie.

Ce qui est assez dérangeant à propos de cet article de 2007 est qu’il montre comment les “politiques de l’ère Bush” de 2000-2008 ont transcendé les gouvernements et ont continué de plus belle sous le gouvernement Obama.

L’article, écrit par Jay Solomon, fait écho similairement à une prémonition des évènements violents et sectaires qui ont engouffrés la Syrie, décrites par le journaliste lauréat du prix Pullitzer Seymour Hersch dans un article du New Yorker intitulé: « The Redireciton: Is the Administration’s new policy benefiting our enemies in the war on terrorism? »

Solomon commence en disant:

“Lors d’une après-midi humide de la fin Mai, environ une centaine de supporteurs du plus grand groupe d’opposition syrien en exil, Le Front National du Salut (FNS), s’étaient rassemblés ici devant l’ambassade de Damas pour protester contre le pouvoir de Bachar Al-Assad. Les manifestants crièrent des slogans anti Assad et brandissaient des pancartes proclamant: “Changeons de régime maintenant !”

Plus loin dans l’article, il sera révélé que le Front National du Salut était en contact avec le ministère des affaires étrangères américains et qu’une firme de consultation basée à Washington aidait en fait l’organisation à organiser cette manifestation:

Dans les semaines précédant l’élection présidentielle, l’officine du ministère des affaires étrangères, Middle East Partnership Initiative, qui fait la promotion de democratie régionale et des membres du FNS, se sont rencontrés pour parler de l’opportunité de promouvoir le manque de démocratie en Syrie et le haut taux d’abstention, disent les participants. Une autre firme de consultation basée à Washington, C&O Resources Inc., a assisté le FNS dans sa planification de la manifestion anti-Assad du 26 mai devant l’ambassade syrienne, leur donnant des contacts parmi les médias et parmi les politiques. Les officiels du ministère des affaires étrangères ont insisté sur le fait qu’ils ne fournirent aucun soutien financier ou technique aux manifestants. Tout comme le “printemps arabe”, qui fut en fait une sédition fomentée par l’occident, fut promut publiquement par des entreprises professionnelles de relations publiques, avec l’aide des médias achetés et complicites, vendant la salade comme une révolution “pro-démocratie”.

Tandis que le Wall Street Journal alors, comme le ministère des affaires étrangères et les maisons de presse occidentales le font maintenant pour l’opposition syrienne comme étant représentative d’un vaste rayon d’intérêts de la société syrienne, il fut admit alors, tout comme cela est évident maintenant, que la confrérie sectaire des Frères Musulmans, fut en fait le véritable centre de la “révolte”.

Un des membres les plus influents du FNS est la branche syrienne des Frères Musulmans, le mouvement politique actif depuis des décennies à travers le Moyen-Orient et dont les leaders ont inspiré des groupes terroristes comme le Hamas ou Al Qaïda. La branche syrienne dit qu’elle a renoncé à la lutte armée en faveur des réformes démocratiques.

L’article décrirait une opposition désorganisée et fraturée, un peu comme le Conseil National Syrien de 2011 et sa plus récente réincarnation américano-qatari de la “Coalition Nationale”, dont le seul dénominateur commun et idéologie dominante est toujours l’extrémisme sectaire exercé par la confrérie des Frères Musulmans. De manière similaire, la “Coalition Nationale” actuelle est emmenée par Moaz al-Khatib, qui a admit ouvertement sur la chaîne qatari Al-Jazeera, ses aspirations à établir un “état islamique” en lieu et place de la société séculiaire actuelle syrienne. Al-Khatib a aussi protesté véhémentement contre l’instauration sur la liste des groupes terroristes américaine de l’organisation Al-Nousra, qui se bat en Syrie comme partie intégrante de la coalition nationale d’al-Khatib.

Ce sont les “combattants de la liberté” d’alors et de maintenant que les Etats-Unis soutiennent, financent et en fait arment. La plus récente accusation  des Etats-Unis armant des terroristes connus est venue de l’ancien général américain et ancien commandant des forces spéciales (NdT: Les fameux “bérets verts”…), William G. Boykin, qui a affirmé que les Etats-Unis non seulement arment les terroristes en Syrie, mais qu’ils le font en faisant passer les armes par l’émirat de la terreur de Benghazi en Libye.

Des réseaux logistiques pan-arabes que l’OTAN utilise pour inonder la Syrie d’armes et de terroristes, ainsi que les chefs de l’opposition actuelle, ainsi qu’avec des preuves documentées d’une conspiration montée avec les Frères Musulmans depuis 2007 ainsi que d’autres groupes extrémisrtes violents en Syrie pour renverser le gouvernement, il devient très clair que le narratif des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de l’OTAN et même de l’ONU en ce qui concerne le conflit en Syrie, est une fabrication intentionnelle. Cela indique une encore plus grande tromperie, impliquant que des élections présidentielles amènent à la fois un changement de leadership et de politique. Les guerres fomentées sous Bush sont continuées et amplifiées sous Obama et ce par les mêmes politicards des même think-tanks financés par les cartels industriels et banquiers qui ont donnés à Bush son agenda il y a des années de cela.

Avec des troupes françaises, britanniques et maintenant américaines qui deviennent de plus en plus impliquées au Mali, soi-disant combattant des terroristes en contact direct avec des combattant armés, financés et auxquels on a donné une reconnaissance diplomatique par l’occident en Libye, le conflit est déjà en train de déborder en Algérie, on se doit de reconnaître qu’un agenda particulier est mené contre à la fois la volonté des peuples et leur meilleurs intérêts. Identifier les intérêts industriels et financiers impliqués dans cet agenda et les boycotter tout en les remplaçant par des alternatives locales est notre seule moyen d’arrêter cela. Clairement, comme illustré dans le cas de non-transition, de continuité de l’agenda entre Bush le droitiste républicain et Obama le “gauchiste” démocrate, les élections ne servent à rien du tout. Comme le “printemps arabe” l’a prouvé avec les manifestations de ce Front National du Salut dont le scénario était écrit par des officines américaines, la protestation et la manifestation publique ne servent à rien non plus.