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Résistance légale au colonialisme: A la source frauduleuse de l’usurpation des terres de l’empire…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 20 mars 2015 by Résistance 71

“Vendre un pays ! Pourquoi pas vendre l’air, la grande mer, ainsi que la planète ?… Comment pourrions-nous avoir confiance en l’homme blanc ? Lorsque Jésus Christ est venu sur terre, vous l’avez tué, vous l’avez cloué sur une croix… Où sont aujourd’hui les Péquots ? Où sont les Narragansett, les Mohicans, les Pocanet et autres puissantes nations de nos peuples ? elles ont disparu devant la veulerie et l’oppression de l’homme blanc, comme neige au soleil… Les os de nos morts seront labourés et leurs tombes transformées en champs cultivés.”
~ Chef Tecumseh, Shawnee, 1811 ~

“Nous ne demandons pas de savoir pourquoi la terre a été plus appropriée que l’air ou l’eau, nous voulons savoir de quel droit l’Homme s’est approprié une richesse qu’il n’a pas créé et que la Nature lui a donné gratuitement.”
~ Proudhon ~

 

L’assomption religieuse fallacieuse de la Commission des Réclamations Indiennes (Indian Claims Commissions)

 

Steven Newcomb

 

15 Mars 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/03/15/bogus-religious-premise-indian-claims-commission

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En 1974, Ralph A. Barney, chef de l’ Indian Claims Section, Lands Division, du ministère de la justice des Etats-Unis, expliqua le concept du titre (de propriété) que la commission avait utilisé dans son travail depuis 1948 (de 1948 à 1978 en fait). Il commença par mentionner “les différents concepts inhérents à la nature de cultures différentes”. Il dit alors que “la culture des Européens qui découvrirent, puis plus tard colonisèrent le continent, était une culture légiférante à la base et ce particulièrement lorsque le concept de terre et de propriété était avancé.

Du point de vue de Barney, de la perspective européenne: “la terre était sujette à la ‘propriété’ soit par un monarque ou par ses sujets et les ‘titres’ étaient la pierre angulaire d’une telle propriété.” Puis Barney fit la déclaration sans équivoque que “La ‘propriété’ au sens du droit légal à la terre était inconnu des Indiens.” Pour soutenenir cette assomption, Barney cita le juge de la cour suprême des Etats-Unis Hugo Black dans le verdict de l’affaire Shoshone Indians contre les Etats-Unis:

La propriété n’avait pas plus de signification pour eux (les Indiens Shoshone) que le fait de bouger sans cesse sur la terre de manière commune, la posséder et en profiter de la même façon qu’ils profitaient et possédaient la lumière du soleil, le vent d’Ouest et le sentiment du printemps dans l’air. L’acquisition de la terre, qui développe une loi de véritable propriété, est un accomplissement unique des ‘civilisés’ “.

L’idée “d’acquisition” est “un désir intense d’obtenir ou de posséder quelque chose” qu’on ne possède pas déjà. La déclaration du juge Hugo Black reposait sur l’impossiblité pour les nations indiennes d’avoir un désir intense d’obtenir des terres qu’ils possédaient déja et avec lesquelles ils vivaient en relation culturelle et spirituelle depuis un nombre incalculable de générations. Ce fut donc sur une base impossible que le juge Black, au nom de la Cour Suprême, cadra les Shoshone comme étant disqualifiés pour une véritable “propriété” de leurs terres.

D’après le raisonnement de Black, une propriété légale de la terre (souvent appelée en anglais “fee title”) n’était seulement attribuable qu’aux Européens chrétiens qui arrivèrent en Amérique du Nord avec un brûlant désir d’acquérir et de posséder les terres des peuples et nations originels du continent, ou autrement attribuables aux successeurs de ces premiers Européens chrétiens.

D’après Barney, les Indiens furent exclus de la catégorie “propriété de la terre” parce qu’une perspective européenne restreignait la “propriété de la terre” à un “monarque ou ses sujets”. Ceci contient la présomption que les idées, valeurs, standards et croyances de nos nations originelles étaient aussi exclus de toute décision au sujet de la relation de nos nations à nos terres et territoires. Barney écrivit du point de vue que seuls les idées, valeurs, standards et croyances européens étaient valides dans la discussion.

Pour expliquer plus avant la logique de l’exclusion des nations amérindiennes de la “propriété légale” des terres, Barney se tourna vers l’idée que les Européens avaient “découvert” le sous-continent nord-américain.

Lorsque les Européens “découvrirent” le sous-continent nord-américain, ils le trouvèrent habités par des Indiens et la question de leurs droits éveilla un grand débat moral. Le roi Charles V d’Espagne chercha l’avis du grand théologien Franciscus de Victoria, professeur principal de théologie à la Universidad de Salamanca, qui suggéra que comme les aborigènes “étaient les véritables propriétaires, avant que les Espagnols ne viennent parmi eux, à la fois d’un point de vue public et privé”, ils devraient être traités comme tels afin de sécuriser les cessions de leurs terres.

La décision morale de Francisco de Victoria disant que les Indiens étaient les “véritables propriétaires” des terres contredisaient ce que Barney avait préalablement dit au sujet de la “propriété” étant restreinte aux “monarques européens et leurs sujets”. Comment Barney échappa t’il à cette contradiction apparente ? Il le fit en simplement ignorant de Victoria et en réaffirmant la perspective de la “propriété” comme étant restreinte aux monarques européens.

Barney déclara spécifiquement: “Ce point de vue (de de Victoria) ne peut pas prévaloir si les monarques européens possédaient la terre et pouvaient la morceler et la distribuer à leurs sujets.” En d’autres termes, Barney pensait que l’idée des Indiens comme “véritables propriétaires” de leurs terres avait été éventuellement abandonnée en faveur de l’idée que les monarques “découvrant” le continent “possédaient la terre et pouvaient la morceler à leurs sujets.” Dans le narratif de Barney, ceci s’est produit aux Etats-Unis en 1823 lorsque la cour suprême de justice rendît son verdict dans l’affaire de Johnson contre McIntosh, un verdict qui a réglé le débat au sujet des deux visions possibles:

  • La propriété était restreinte aux monarques et à leurs sujets, ou
  • Les Amérindiens “étaient les propriétaires légaux des terres du continent”.

Comme le dit alors Barney: “D’un examen long et détaillé de l’histoire des relations indiennes dans ce pays, Le juge suprême Marshall a conclu (dans l’affaire Johnson), que le titre légal appartenait au gouvernement des Etats-Unis et que les tribus n’avaient aucun droit de vendre ou de transférer le titre de propriété (du moins sans le consentement du gouvernement des Etats-Unis).” Notez que l’expression “titre légal” correspond à ce que Barney avait affirmé au sujet du “droit légal” à la terre étant “inconnu des Indiens”.

Néanmoins les Indiens ne pouvaient pas être ignorés, particulièrement dans les premiers temps alors qu’ils étaient numériquement bien plus forts que les quelques colons éparpillés le long des côtes. De là se développa la théorie qui dit que tandis qu’un titre “légal” se tenait avec les nations “découvrantes” et plus tard avec les Etats-Unis, les Indiens avaient un droit de possession fondé sur ce qui était caractérisé comme leur “titre aborigène”.

La distinction faite ci-dessus se situe entre le “titre légal” et le “droit de possession” fondé sur ce qui est appelé le “titre aborigène”, qui est défini comme “l’occupation des sols” ou le “droit de possession”. Barney cita le fait que dans l’affaire United States v. Santa Fe Pacific R. Co., la cour suprême “eût l’occasion d’établir la règle, qui fut plus tard adoptée par la commission indienne, sur ce qui était nécessaire pour établir le titre indien.

D’après le narratif de Barney, le problème de la propriété indienne a été décidé par la décision dans l’affaire Johnson contre M’Intosh et en résultat de cette décision, le point de focus de la commission indienne était restreint à un concept d’”occupation indienne” des sols consistant avec le verdict de l’affaire Johnson. Comme l’avait dit la cour suprême dans son verdict de l’affaire U.S. v. Santa Fe Pacific Railroad: “Ce fut sans aucun doute la politique du gouvernement fédéral depuis le départ de respecter le droit indien à l’occupation des sols, qui ne peut-être altéré et déterminé que par les Etats-Unis. Cette politique a été primairement reconnue au cours de l’affaire Johnson v. M’Intosh, 8 Wheat. 543, 5 L.Ed. 681, et a été réaffirmée de manière répétitive.

Barney cita ensuite depuis le verdict de l’affaire du chemin de fer de Sant Fé pour expliquer que le travail de la commission des demandes indiennes, comme dans l’affaire “Indians of California”, a été limité au sujet d’un titre d’occupation des sols indien qui fut en premier lieu articulé dans l’affaire Johnson: “L’occupation nécessaire pour établir la possession aborigène est une question factuelle qui doit être déterminée comme toute autre question factuelle. S’il était établi factuellement que les terres en question étaient ou étaient incluses comme ancestrales aux Walapais dans le sens où elles constituaient un territoire définissable occupé exclusivement par les Walapais (distinctes des terres où bien d’autres tribus se déplacent), alors les Walapais avaient un “titre indien”.

Le concept américain d’un “droit indien à l’occupation” sur lequel la commission s’est reposé fut une conséquence directe de ce que le juge Marshall appelait le “droit de découverte” dans le verdict de l’affaire Johnson. Il ajouta que ce droit était “confiné aux pays alors inconnus des peuples chrétiens”, “nonobstant l’occupation des sols des natifs, qui étaient païens.

L’important est ceci: Le processus de la commission n’a jamais été légitime. Pourquoi ? Parce que la commission a travaillé et fondé son travail sur l’argument théorique religieux caché du verdict de l’affaire Johnson contre M’Intosh. Elle a effectué son travail sur l’affirmation erronée de la “domination ultime” chrétienne, elle-même basée sur la “prétention extravagante” que le “droit à la découverte” chrétien avait résulté en un droit de domination chrétienne (“ultimate dominion”), qui à son tour avait de manière supposée réduit nos Nations Originelles a un vague droit d’occupation païen en ce qui concerne nos territoires nationaux et originaux.