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Françafrique, contrôle colonial… Du flouze chez les barbouzes

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Mercenariat en Afrique… Une tradition bien française

 

Yanis Thomas

 

4 décembre 2014

 

url de l’article:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-17028.html

 

L’utilisation de mercenaires français par le pouvoir en place est une constante en République centrafricaine. En 2002 déjà, le président Ange-Félix Patassé avait fait appel à l’ancien gendarme français Paul Barril et à ses comparses pour l’aider contre la rébellion de François Bozizé [1] (FIDH 2003). La justice centrafricaine avait d’ailleurs appelé la Cour Pénale Internationale à se saisir du cas de Paul Barril, pour la participation de sa société de sécurité dans ce conflit (LeMonde.fr, 22/05/2007).

Arrivé au pouvoir en 2003 après une lutte sanglante, François Bozizé perpétue la tradition. Confronté aux attaques de rébellions dans le nord du pays, il s’attache les services de la société de sécurité militaire EHC, dirigée par le général français Jean-Pierre Pérez, afin de former les cadres des forces armées centrafricaines (blog Lignes de défense, 27/12/2012). Les deux hommes se connaissent bien : Pérez a été le conseiller en matière de défense de Bozizé après son coup d’état en 2003 (FIDH, 2004). A l’époque, c’était le gouvernement français qui l’avait placé auprès du putschiste récemment arrivé au pouvoir. En décembre 2012, c’est aux encore aux hommes de Pérez que Bozizé confie les clefs de la capitale lors de son voyage au Tchad (Jeuneafrique.com, 24/12/2012). Cela n’empêche pas sa chute trois mois plus tard, chassé du pouvoir par les rebelles coalisés de la Séléka.

A peine autoproclamé président de la transition, le chef de la Séléka, Michel Djotodia, suit lui aussi la voie de ses prédécesseurs. Il confie sa garde rapprochée à Jérôme Gomboc, un ancien militaire du 3ème régiment de parachutistes d’infanterie de Marine, accompagné d’une vingtaine d’hommes (Jeuneafrique.com, 17/03/2013). Ceux-ci plient bagages en octobre 2013 et seul Gomboc reste sur place, ayant été bombardé en août Conseiller spécial chargé de la sécurité du Président de la transition (Jeuneafrique.com, 11/10/2013). Il reste auprès de Michel Djotodia jusqu’à ce que celui-ci soit sèchement « démissionné » en janvier 2014 par la France et les autres chefs d’Etat de la sous-région (Tchad, Congo…). Qui vont propulserCatherine SambaPanza à la tête de ce qu’il reste de l’Etat centrafricain.

Là encore la tradition va perdurer : la société Gallice, fondée par trois anciens membres du Service Action (le bras armé de la DGSE, les services secrets français) et un ancien chef du Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN), assure la formation et l’encadrement de la garde rapprochée de la nouvelle présidente (La Lettre du Continent, 09/04/2014). Elle a aussi la charge de la formation d’un embryon de gendarmerie centrafricaine (Lemonde.fr, 13/06/2014). A Bangui, la manoeuvre est supervisée par Jacky le Pemp, un ancien gendarme français, passé notamment par la Direction de la Communication de la Défense, l’organe chargé d’assurer la propagande de l’armée française.

Si ces entreprises de l’ombre agissent officiellement à titre privé, on ne peut pas exclure qu’elles continuent de recevoir leurs ordres des autorités françaises. En ce sens, la protection des dirigeants successifs cache aussi potentiellement leur surveillance et leur contrôle par les services secrets français. Ainsi, Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, assumait en 2003 devant le Sénat que « toute personne envoyée en mission par l’Etat ne l’est pas toujours de manière officielle ou officialisée » (Sénat 06/02/2003).

Et l’embargo, dans tout ça ?

La présence de ces militaires privés pourrait bien contrevenir au régime d’embargo imposé à la République centrafricaine par le Conseil de Sécurité des Nations Unies depuis le 5 décembre 2013. Car selon le texte de la résolution 2127, le Conseil de Sécurité « décide que, pour une période initiale d’un an à compter de la date d’adoption de la présente résolution, tous les États Membres devront prendre immédiatement les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à la République centrafricaine, à partir de leur territoire ou à travers leur territoireou par leurs ressortissants, ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant leur pavillon, d’armements et de matériels connexes de tous types, y compris les armes et les munitions, les véhicules et les matériels militaires, les équipements paramilitaires et les pièces détachées correspondantes, ainsi que toute assistance technique ou formation » (article 54, nous soulignons). Or qu’a fait Gomboc et que fait toujours Gallice ? De l’assistance technique ou de la formation, pour la garde rapprochée de dirigeants…

Mais, même dans ces conditions, le mercenariat français ne risque pas grand-chose. En effet, il n’existe pas en droit pénal français, de sanctions pour violation d’un embargo. Un Conseil des ministres avait bien inscrit une telle mesure à l’ordre du jour…en 2006 ! Il faut attendre début 2013 pour qu’une loi soit proposée au Parlement. Elle est toujours en attente de vote. A l’heure où le gouvernement restreint les libertés publiques en renforçant massivement son arsenal antiterroriste, on ne peut que remarquer que rien n’est fait contre les barbouzes [2].

Affaire Tomi

La société Gallice assure aussi les mêmes services auprès du président malien Ibrahim Boubacar Keita (IBK). Frédéric Gallois, l’ancien patron du GIGN, a d’ailleurs été mis en examen par la justice française en juin 2014 pour faux et usage de faux et recel d’abus de confiance dans l’enquête visant Michel Tomi (Jeuneafrique.com, 26/06/2014), sulfureux homme d’affaires français bien connu du système Françafricain pour son empire des jeux en Afrique. Celui-ci, très proche d’IBK, est poursuivi pour blanchiment aggravé en bande organisée, abus de biens sociaux et faux en écriture privée (Cf. Billets n°234, avril 2014).

[1] Ange Félix Patassé avait aussi fait appel aux miliciens du congolais Jean-Pierre Bemba ainsi qu’aux rebelles d’Abdoulaye Miskine.

[2] Si la loi avait été votée avant 2011, des hauts responsables français auraient pu être traînés devant les tribunaux pour violation de l’embargo en Libye du fait de la fourniture d’armes aux rebelles du Djebel Nefoussa.

France et recolonisation de l’Afrique: Centrafrique… La France fait le sale boulot de l’empire…

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« La guerre n’est pas faite pour être gagnée mais pour être perpétuelle » (George Orwell, « 1984 »)

« La guerre est le massacre légalisé, elle perpétue la haine et l’arrogance, qui dévorent le cœur des nations et les transforment en maniaques insatiables »
(Léon Tolstoï)

« Si mes fils ne voulaient pas la guerre, il n’y en aurait aucune » (Gutle Schnaper, épouse de Mayer Amschel Rothschild)

« J’ai passé 33 ans dans le corps des Marines, la plupart de mon temps comme un garde du corps du gros business, de Wall Street et des banquiers, en bref j’étais un racketteur pour les capitalistes… Je me doutais bien que j’étais un racketteur à l’époque, maintenant j’en suis sûr. Comme tous les membres de la profession militaire, je n’ai jamais eu de pensée originale tant que je n’ai pas quitté le service. Mes facultés mentales demeuraient en suspension tandis que j’obéissais à ma hiérarchie. Ceci est typique de quelqu’un qui œuvre au sein de l’armée. »
(Général Smedley « Butch » Butler du corps des Marines des Etats-Unis)

Une chaîne de télévision russe démonte l’opération française en Centrafique.

 

Cameroon Voice

 

9 décembre 2013

 

url de l’article:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-13545.html

 

La chaîne de télévision Russe, proRussia TV nous apporte un éclairage alternatif sur l’intervention française en Centrafrique. L’intégralité de leur analyse:

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Le trouble jeu de la France en Centre-Afrique : n’est-elle plus qu’une simple compagnie de CRS de l’Oncle Sam ?

Comme nous le craignions dans nos précédentes éditions, le scénario à l’ivoirienne semble dramatiquement se répéter en République Centrafricaine. Une fois de plus la France intervient militairement avec le blanc-seing de l’ONU, pour officiellement mettre fin à des massacres de civils et « sauver des vies humaines », selon son super-président François Hollande et le Ministre des Affaires Étrangères, le philanthrope Laurent Fabius.

Charitables déclarations et louables intentions  qui masquent difficilement la responsabilité et surtout l’implication de Paris, dans la déstabilisation de ce pays, majoritairement chrétien, livré à une rébellion musulmane venue du Nord. Pourquoi en effet avoir tant tardé pour intervenir, alors que la France maintient sur place une force militaire et ne peut ignorer les affrontements meurtriers opposant depuis de nombreux mois des groupes d’autodéfense de villageois, surnommés « anti-balaka » (ou anti-machettes) à l’ex-rébellion Séléka. Une alliance de groupes hétéroclites arrivée justement au pouvoir en chassant l’ancien président Bozizé en mars 2012… avec la bénédiction tacite de Paris ! Alors volonté politique ou impuissance diplomatique ? 
 
Les enjeux de cette nouvelle opération militaire française, baptisée Sangaris, semblent multiples. Bien que classé parmi les pays les plus pauvres de la planète, en raison de son instabilité, la Centre-Afrique dispose de riches ressources en bois, or, diamants et uranium. Les nouvelles forces armées centrafricaines qui ne sont en réalité qu’un ramassis de milices incontrôlées n’obéissant qu’à des seigneurs de la guerre locaux, mettent le pays sous leur coupe réglée. Sous couvert d’intervention humanitaire et de sécurisation d‘une région, que la France a pourtant sacrément contribué à perturber depuis 2011, notamment en Libye et en Côte-d’Ivoire, Paris cherche surtout à s’assurer du contrôle des ressources. Quitte pour cela à conforter un pouvoir minoritaire et illégitime, en désarmant des milices chrétiennes qui chercheraient à se venger sur des populations musulmanes, notamment d’origine Peules, des multiples exactions, violences et pillages à répétition dont elles sont victimes. Rien de mieux en tout cas pour attiser un conflit ethnico-confessionnel que de croire qu’un gouvernement d’obédience musulmane puisse diriger un pays comportant 80 % de chrétiens. À ce stade, ce n’est plus de l’incompétence mais une réelle politique de tension permanente et les masques tombent enfin, malgré les grandes déclarations de principe prononcées lors du sommet sur la sécurité et la coopération qui se tient actuellement. 
 
Paris semble avoir lâché l’Afrique. Ou en tout cas s’être mis en retrait au profit du bloc atlantiste, États-Unis en tête, qui entendent diriger les opérations et superviser progressivement l’ancien pré-carré français. La Françafrique semble avoir cédé le pas à l’Américafrique comme le déclare Patrick Mbeko, auteur de plusieurs ouvrages de géopolitique.

Le projet est dorénavant connu : remodeler le monde en fonction de la nouvelle guerre économique mondiale qui a débuté, et dont l’Afrique sera l’un des champs de bataille, au propre comme au figuré. Aucun pays ne pourra rester neutre et les chefs d’état africains n’ont guère le choix. Soit ils alignent leurs pays sur les visées atlantistes et ils se maintiennent au pouvoir. Soit ils passent outre et ils se retrouvent dans le camp des parias, mis à l’index des nations « éclairées » et s’exposant à des rébellions qui trouveront toujours, miraculeusement, les fonds nécessaires pour armer et entretenir une troupe de plusieurs milliers d’hommes, capables de mettre en échec les armées nationales. 
 
Le but est clair : verrouiller au plus vite le continent africain face à l’avancée commerciale des pays émergents comme la Chine, la Russie ou le Brésil. Pour cela il faut s’approprier rapidement les terres agricoles, les ressources énergétiques ou l’exploitation des richesses minérales. Mais il faut aussi contrôler les corridors d’évacuation comme la « route transversale » qui traverse l’Afrique D’est en Ouest, de l’Océan indien au Pacifique et passe… par la république centrafricaine. Étrangement aucun expert médiatique français n’aborde ces questions. On se contente seulement d’appuyer la version officielle d’une urgence humanitaire. Certains allant même jusqu’à dénier toute légitimité à la moindre réserve ou critique prononcée. Le syndrome rwandais oblige, la culpabilisation artificielle de la France joue parfaitement son rôle de censure psychologique et politique.

Toutes ces guerres humanitaires dissimulent en réalité des opérations néo-coloniales qui n’en portent pas le nom. « L’intervention française sera rapide, elle n’a pas vocation à durer et je suis sûr de son succès », c’est la dernière déclaration d’Hollande-le-va-t-en guerre. Souhaitons-le en tout cas. Car comme personne ne semble se bousculer pour financer cette opération, ni l’ONU, ni l’Union Européenne, ni les sociétés privées qui pourtant tirent d’énormes bénéfices de leur situation sur place, il faut souhaiter effectivement que cette probable victoire tactique, ne se transforme en une défaite stratégique, faute de financements. À moins que comme, certains le supputent, Paris ne consente à supporter toute la charge financière.

La Hollandie en est réduite à rendre de martiaux services en échange d’une partie de sa dette, de son déficit ou de délais supplémentaires à titre de remerciements dans le cadre des relations économiques et politiques avec l’Afrique, espérant ainsi redorer l’image ternie de M. Bricolage. Les militaires français coûtent moins cher que les intérêts de la dette. On comprendrait dès lors plus aisément le retournement stratégique français général et son alignement sur des intérêts contraires aux siens. Comme l’écrivait François de La Rochefoucauld : « Quand on croit servir les autres, on ne fait que se servir à travers eux ». fin de citation. Tout homme a son prix et il est indéniable en tout cas, que même en temps de crise financière, l’argent demeurera toujours le nerf de la guerre.

Vidéo: En français

https://www.youtube.com/watch?v=rNl7Pf06fMs