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Françafrique, contrôle colonial… Du flouze chez les barbouzes

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Mercenariat en Afrique… Une tradition bien française

 

Yanis Thomas

 

4 décembre 2014

 

url de l’article:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-17028.html

 

L’utilisation de mercenaires français par le pouvoir en place est une constante en République centrafricaine. En 2002 déjà, le président Ange-Félix Patassé avait fait appel à l’ancien gendarme français Paul Barril et à ses comparses pour l’aider contre la rébellion de François Bozizé [1] (FIDH 2003). La justice centrafricaine avait d’ailleurs appelé la Cour Pénale Internationale à se saisir du cas de Paul Barril, pour la participation de sa société de sécurité dans ce conflit (LeMonde.fr, 22/05/2007).

Arrivé au pouvoir en 2003 après une lutte sanglante, François Bozizé perpétue la tradition. Confronté aux attaques de rébellions dans le nord du pays, il s’attache les services de la société de sécurité militaire EHC, dirigée par le général français Jean-Pierre Pérez, afin de former les cadres des forces armées centrafricaines (blog Lignes de défense, 27/12/2012). Les deux hommes se connaissent bien : Pérez a été le conseiller en matière de défense de Bozizé après son coup d’état en 2003 (FIDH, 2004). A l’époque, c’était le gouvernement français qui l’avait placé auprès du putschiste récemment arrivé au pouvoir. En décembre 2012, c’est aux encore aux hommes de Pérez que Bozizé confie les clefs de la capitale lors de son voyage au Tchad (Jeuneafrique.com, 24/12/2012). Cela n’empêche pas sa chute trois mois plus tard, chassé du pouvoir par les rebelles coalisés de la Séléka.

A peine autoproclamé président de la transition, le chef de la Séléka, Michel Djotodia, suit lui aussi la voie de ses prédécesseurs. Il confie sa garde rapprochée à Jérôme Gomboc, un ancien militaire du 3ème régiment de parachutistes d’infanterie de Marine, accompagné d’une vingtaine d’hommes (Jeuneafrique.com, 17/03/2013). Ceux-ci plient bagages en octobre 2013 et seul Gomboc reste sur place, ayant été bombardé en août Conseiller spécial chargé de la sécurité du Président de la transition (Jeuneafrique.com, 11/10/2013). Il reste auprès de Michel Djotodia jusqu’à ce que celui-ci soit sèchement « démissionné » en janvier 2014 par la France et les autres chefs d’Etat de la sous-région (Tchad, Congo…). Qui vont propulserCatherine SambaPanza à la tête de ce qu’il reste de l’Etat centrafricain.

Là encore la tradition va perdurer : la société Gallice, fondée par trois anciens membres du Service Action (le bras armé de la DGSE, les services secrets français) et un ancien chef du Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN), assure la formation et l’encadrement de la garde rapprochée de la nouvelle présidente (La Lettre du Continent, 09/04/2014). Elle a aussi la charge de la formation d’un embryon de gendarmerie centrafricaine (Lemonde.fr, 13/06/2014). A Bangui, la manoeuvre est supervisée par Jacky le Pemp, un ancien gendarme français, passé notamment par la Direction de la Communication de la Défense, l’organe chargé d’assurer la propagande de l’armée française.

Si ces entreprises de l’ombre agissent officiellement à titre privé, on ne peut pas exclure qu’elles continuent de recevoir leurs ordres des autorités françaises. En ce sens, la protection des dirigeants successifs cache aussi potentiellement leur surveillance et leur contrôle par les services secrets français. Ainsi, Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, assumait en 2003 devant le Sénat que « toute personne envoyée en mission par l’Etat ne l’est pas toujours de manière officielle ou officialisée » (Sénat 06/02/2003).

Et l’embargo, dans tout ça ?

La présence de ces militaires privés pourrait bien contrevenir au régime d’embargo imposé à la République centrafricaine par le Conseil de Sécurité des Nations Unies depuis le 5 décembre 2013. Car selon le texte de la résolution 2127, le Conseil de Sécurité « décide que, pour une période initiale d’un an à compter de la date d’adoption de la présente résolution, tous les États Membres devront prendre immédiatement les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à la République centrafricaine, à partir de leur territoire ou à travers leur territoireou par leurs ressortissants, ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant leur pavillon, d’armements et de matériels connexes de tous types, y compris les armes et les munitions, les véhicules et les matériels militaires, les équipements paramilitaires et les pièces détachées correspondantes, ainsi que toute assistance technique ou formation » (article 54, nous soulignons). Or qu’a fait Gomboc et que fait toujours Gallice ? De l’assistance technique ou de la formation, pour la garde rapprochée de dirigeants…

Mais, même dans ces conditions, le mercenariat français ne risque pas grand-chose. En effet, il n’existe pas en droit pénal français, de sanctions pour violation d’un embargo. Un Conseil des ministres avait bien inscrit une telle mesure à l’ordre du jour…en 2006 ! Il faut attendre début 2013 pour qu’une loi soit proposée au Parlement. Elle est toujours en attente de vote. A l’heure où le gouvernement restreint les libertés publiques en renforçant massivement son arsenal antiterroriste, on ne peut que remarquer que rien n’est fait contre les barbouzes [2].

Affaire Tomi

La société Gallice assure aussi les mêmes services auprès du président malien Ibrahim Boubacar Keita (IBK). Frédéric Gallois, l’ancien patron du GIGN, a d’ailleurs été mis en examen par la justice française en juin 2014 pour faux et usage de faux et recel d’abus de confiance dans l’enquête visant Michel Tomi (Jeuneafrique.com, 26/06/2014), sulfureux homme d’affaires français bien connu du système Françafricain pour son empire des jeux en Afrique. Celui-ci, très proche d’IBK, est poursuivi pour blanchiment aggravé en bande organisée, abus de biens sociaux et faux en écriture privée (Cf. Billets n°234, avril 2014).

[1] Ange Félix Patassé avait aussi fait appel aux miliciens du congolais Jean-Pierre Bemba ainsi qu’aux rebelles d’Abdoulaye Miskine.

[2] Si la loi avait été votée avant 2011, des hauts responsables français auraient pu être traînés devant les tribunaux pour violation de l’embargo en Libye du fait de la fourniture d’armes aux rebelles du Djebel Nefoussa.

Résistance au colonialisme: L’armée française rackette pour le gros business…

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L’article de Granvaud cite les troupes de marine dite de la « coloniale », profitons-en pour rappeler ce que déclarait un officier supérieur d’autres troupes coloniales, celles des Etats-Unis, le général du Corps des US Marines (USMC) Smedley Butler, Marines qui sont ce que nous appelons en France les régiments RIMA et RPIMA. Voici ce qu’ils disaient dans les années 1930 dans son livre célèbre « War is a Racket », « La guerre est un racket »:

« J’ai passé 33 ans dans les Marines, la plupart de mon temps comme un garde du corps du gros business de Wall Street et des banquiers. En bref, j’étais un racketteur pour le capitalisme. »

Qu’a fait et que fait toujours l’armée française et sa « coloniale » en République Centre Africaine, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Tchad, au Sénégal, au Burkina Faso, au Niger, en Algérie.

Éclairage…

— Résistance 71 —

 

Le dossier noir de l’armée française en Afrique

 

Raphaël Granvaud

 

3 décembre 2014

 

url de l’article original:

http://www.michelcollon.info/Le-Dossier-noir-de-l-armee.html?lang=fr

 

Que fait l’armée française en Afrique ? (1) , c’est le titre du dernier “ Dossier noir ” de l’association Survie paru aux éditions Agone. Un dossier on ne peut plus actuel. Rencontre avec son auteur, Raphaël Granvaud, qui revient sur certaines questions abordées dans ce dossier.

La troisième partie de votre livre s’intitule “la réhabilitation du colonial”, j’ai ressenti un vrai malaise à sa lecture. Je ne savais pas que l’armée française, du moins les forces spéciales opérant en Afrique, étaient travaillées à ce point par la nostalgie du colonialisme. Je me demande s’il ne faut pas voir dans la forte implication militaire française en Afrique, au-delà des enjeux économiques et géopolitiques, une manifestation de puissance. Comme si la France n’avait toujours pas digéré les indépendances africaines, comme si elle ne pouvait renoncer à être une “plus grande France” (formule qui désignait l’empire français)…

Les hommes politiques le revendiquent très clairement, qu’il s’agisse de Mitterrand, de Chirac ou de Sarkozy, on retrouve toujours dans leurs discours l’idée que “la France doit garder son rang dans le monde”. On sent bien que c’est l’argument qui légitime le maintien de cette présence militaire en Afrique. Bien sûr cette présence offre de nombreux avantages : elle conditionne, dans une large mesure, la possibilité d’entretenir des situations de monopole économique dans certains pays et de surveiller des ressources stratégiques.

D’ailleurs certains régimes africains comme ceux du Tchad ou de la Centrafrique ne tiennent que par la force des armes, que par le soutien de l’armée française.

Depuis les indépendances, le prétexte majeur du maintien de la présence militaire française c’est de défendre les pays africains, avec lesquels on a passé des accords militaires, contre des agressions extérieures. Dans les faits, il n’y a quasiment jamais eu d’agressions extérieures, l’armée française n’a servi qu’à gérer les problèmes internes à des régimes confrontés à des rébellions armées ou à des mouvements populaires.

Le plus souvent, les armées des Etats africains postcoloniaux se comportent vis-à-vis de leurs propres populations comme des armées d’occupation. Leurs forces armées sont conçues avant tout pour répondre au péril de l’ “ennemi intérieur” et non à celui d’une agression extérieure. Vos analyses montrent clairement la responsabilité de la France dans cet état de choses.

Absolument, ça faisait partie du kit théorique doctrinal qui a été inculqué aux officiers africains formés dans les écoles militaires françaises. Il faut rappeler qu’au moment des indépendances, les armées africaines sont créées de toute pièce : elles constituent alors une sorte de prolongement de l’armée coloniale française. Les armées africaines sont des filiales de l’armée française, elles sont structurées sur le même modèle, formées à partir de la même idéologie : la doctrine militaire de la “guerre révolutionnaire”, de la “contre-insurrection” qui veut que le rôle principal de l’armée soit le “contrôle de la population”. Mais pour les armées africaines, il ne s’agit pas du contrôle d’une population étrangère comme dans le cas de l’armée française en Algérie. La mission des militaires africains est de contrôler leurs propres populations, mais avec les mêmes méthodes que l’armée française a employées dans ses guerres coloniales. C’est ce qui s’est passé au Cameroun, au moment de l’indépendance, dans la guerre sanglante menée contre les maquis de l’UPC (Union des Populations du Cameroun). Dans le cas du Rwanda, le chercheur Gabriel Périès a retrouvé des mémoires d’officiers rwandais, formés en France dans les années 80-90, dans lesquels on retrouve cette obsession de lutter contre l’ennemi intérieur, de mettre en œuvre des tactiques contre-insurrectionnelles. Menée à son terme, la logique du “ contrôle de la population ” conduit au génocide…

En dressant la généalogie de la guerre contre-insurrectionnelle, votre livre souligne les continuités et similitudes qui existent entre guerres coloniales d’Indochine et d’Algérie et guerres postcoloniales du Cameroun (une guerre occultée) et du Rwanda.

Je n’ai fait que rapporter des travaux qui existent sur le sujet. Officiellement, depuis la fin de la guerre d’Algérie, ces théories contre-insurrectionnelles sont remisées et des méthodes comme la torture ou la guerre psychologique proscrites. Dans les faits, il y a eu une première vague d’exportation des tactiques anti-subversives françaises à destination des dictatures sud-américaines : des gens comme le général Aussaresse (connu pour ses révélations sur l’usage systématique de la torture en Algérie) ont pu ainsi continuer à transmettre leur “ savoir-faire ”… Puis ce savoir-faire anti-insurrectionnel a été recyclé en Afrique francophone pour gérer les indépendances et la période post-indépendance. Moi, ce que j’ai essayé de montrer, c’est que cette tradition de la “guerre révolutionnaire” se poursuit aujourd’hui, de façon plus subtile. Quand on lit les publications militaires contemporaines, on retrouve des références à des gens comme Trinquier (théoricien principal de la “guerre contre-insurrectionnelle”), mais aussi des références aux techniques de conquête coloniale de Liautey ou de Gallieni (guerres coloniales de “pacification” fin 19ème – début 20ème siècle) ; des stratèges qui reviennent au goût du jour quand il s’agit de penser des situations de conflit comme celles de l’Afghanistan ou de la Côte d’ivoire.

Sur le plan des savoir-faire et des discours, l’armée française entretient donc un rapport intime avec son histoire coloniale. Y a-t-il une spécificité de l’armée française de ce point de vue là ?

Les militaires français considèrent qu’il y a une tradition culturelle française plus forte que celle des anglo-saxons sur le plan du contact avec les populations. L’armée française prétend détenir un vrai savoir-faire lui permettant de mieux se faire accepter en tant qu’armée d’occupation. C’est la question du “contrôle des populations”. Pour les militaires français, il ne faut pas faire comme les Américains qui arrivent, militairement par la force, et qui ensuite se barricadent. L’armée française se flatte d’être capable d’agir de manière psychologique, en menant des opérations “civilo-militaires” pour faire accepter auprès des populations civiles la présence des militaires. Toujours avec cette idée, qui remonte à l’Indochine, qu’on va pouvoir séparer dans la population le bon grain de l’ivraie, et couper les rébellions de leurs bases populaires.

L’armée française a-t-elle recours à des savoirs de type ethnologique dans son approche des populations des pays occupés ?

Quand on gratte un peu, on retombe toujours sur une espèce de prêt à penser, directement issu de la période coloniale. Les forces spéciales françaises sont sensées, en plus d’un savoir-faire proprement militaire, posséder un savoir culturel, ethnologique qui les rendrait plus à même d’opérer dans certaines zones géographiques du monde, en particulier en Afrique. Ces savoirs “culturalistes” reposent sur des conceptions complètement dépassées d’un point de vue universitaire. Quand on lit des interventions d’officiers dans des colloques, on trouve des choses absolument ahurissantes comme : “la présence de l’armée française est nécessaire parce que les Africains ont du mal à se projeter dans l’avenir”. Les mêmes clichés éculés qui émaillaient le discours de Dakar de Sarkozy : ce vieux fond colonial qui prétend être une connaissance permettant une intervention sur des populations.

Revenons sur le cas du Cameroun, le premier pays africain, en 1960, à accéder à l’indépendance (le 1er janvier). Du milieu des années 50 au début des années 70, il s’est produit une véritable guerre dans ce pays : des dizaines de milliers de morts, plus de 100 000 selon certaines sources. Cette guerre menée contre l’UPC par un régime à la solde de la France relève-t-elle, elle aussi, de la guerre “anti-insurrectionnelle” ?

Le chercheur Gabriel Périès a montré récemment comment les dispositifs mis en place en Algérie ont été décalqués au Cameroun à la même époque (2). Le quadrillage des territoires, la torture à grande échelle, la déportation des populations, la politique de la terre brûlée, tout ce qui se faisait en Algérie a été repris tel quel au Cameroun. Il faut signaler sur le sujet l’excellent documentaire “Autopsie d’une indépendance” (3) dans lequel on peut entendre Mesmer déclarer à propos des bombardements des villages au napalm que “ce n’est pas important”. Ce sont des choses qui, ces dernières années, commencent à remonter à la surface.

Cela remet donc complètement en question le mythe d’une “décolonisation douce”…

La “ décolonisation en douceur ” reste la version officielle si l’on se réfère aux programmes scolaires en histoire au collège ou au lycée. Un des enjeux de l’étude de la décolonisation c’est de montrer qu’il y a eu, d’un côté, une décolonisation violente, celle de l’Algérie et, de l’autre, une décolonisation qualifiée de pacifique, de “douce”. Les cas du Cameroun et de Madagascar suffisent à montrer que c’est un mythe complet : le mythe des indépendances en douceur préparées par Deferre et de Gaulle après la conférence de Brazzaville en 46. Dans les faits, tout ce qui a été concédé par la France l’a été contre le gré de la métropole, souvent après des tentatives désespérées de reprise en main violentes. Cela s’est accompagné d’un processus d’élimination des mouvements indépendantistes et de leurs leaders, mais aussi de la promotion d’hommes politiques à la dévotion des intérêts français. Dans l’après-guerre, il y a eu une émergence de mouvements indépendantistes, autonomistes, progressistes, révolutionnaires, un vent d’espoir irrésistible : il y avait des idéologies variées qui mobilisaient les populations, et ces mouvements ont été étouffés, brisés, parfois, comme dans le cas du Cameroun, complètement éradiqués. Il y a donc eu une longue période où les populations africaines ont été orphelines d’un certain nombre de mouvements et de leaders. Ça commence à renaître maintenant avec les mouvements sociaux africains et les contre-sommets où la question de la domination néocoloniale est au centre des préoccupations de la société civile ; qu’il s’agisse de la présence française ou de systèmes plus mondialisés comme la dette et les politiques imposées par le FMI et la Banque Mondiale.

Revenons à l’armée française. Dans votre livre vous mentionnez un “détail” qui fait froid dans le dos : les troupes de marine sont toujours surnommées la “Coloniale”…

Les questions de tradition et d’identité sont des questions extrêmement fortes, en particulier dans les forces spéciales, dans cette composante de l’armée française issue de l’armée coloniale. Les troupes de marine sont extrêmement fières de leur passé colonial, elles en revendiquent l’esprit et les méthodes. Les prises d’armes comme les éditoriaux de leur revue L’Ancre d’or continuent à se clôturer sur ces mots “ Et, au nom de Dieu, vive la Coloniale ! ”

Et j’imagine qu’on retrouve souvent ces troupes de marine dans les opérations françaises menées en terre africaine.

Elles composent en effet la majeure partie des forces spéciales auxquelles on fait appel lors des opérations sensibles : des opérations “coups de poing”, des opérations à forte teneur en renseignement. On les retrouve également dans les opérations européennes (EUFOR). Lors de la première d’entre elles, en République Démocratique du Congo, en 2003, la France s’était flattée d’avoir inculqué un certain nombre de méthodes à des forces militaires européennes, en particulier aux forces spéciales suédoises. Depuis on se demande quelles méthodes puisque parmi ces forces suédoises, certains militaires s’étaient plaints auprès de leur hiérarchie d’avoir eu à subir la vision d’actes de torture pratiqués par des militaires français sur des congolais. Ca a fait beaucoup de bruit en Suède, beaucoup moins en France…

Est-ce qu’il y a un contrôle du Parlement français sur les opérations militaires menées en Afrique ?

Théoriquement, depuis la modification constitutionnelle opérée à l’été 2008, il y a un droit de regard du parlement sur les opérations extérieures, mais un droit extrêmement limité. Les députés ont le droit d’être informé d’une opération extérieure dans les 3 jours après son déclenchement, ils restent donc mis devant le fait accompli. Le parlement ne possède un pouvoir de contrôle que sur les opérations lourdes de plus de 4 mois (qui ne représentent qu’une petite partie des opérations militaires) dont il peut refuser le renouvellement. Il n’y a aucun contrôle par contre sur les opérations secret-défense spéciales et les opérations clandestines de la DGSE.

Le Tchad et la République Centrafricaine (RCA) représentent certainement aujourd’hui l’exemple le plus caricatural de l’ingérence militaire française dans certaines régions d’Afrique. Vous consacrez d’ailleurs une place importante dans votre livre à ces deux terrains d’intervention.

En 2006, en RCA, la France a monté une opération du même type que Kolwezi (sauvetage du régime de Mobutu grâce à l’intervention des parachutistes français) : l’armée française a largué des parachutistes pour reconquérir Birao, dans l’ignorance totale de la population française mais aussi des parlementaires. Cette opération a sauvé le régime du président centrafricain Bozizé. Ce type d’opération reste aujourd’hui tout à fait possible. Plus récemment, lors de la dernière offensive sérieuse des rebelles sur la capitale tchadienne, il y a eu une intervention officielle de l’armée française sous prétexte de sécuriser ses ressortissants. Cette opération a permis de sécuriser l’aéroport d’où ont pu décoller les mercenaires d’Idriss Deby… D’après le journal La Croix, la “sécurisation” de l’aéroport de N’Djamena s’est accompagnée aussi d’une intervention militaire des forces spéciales françaises qui ont pris directement part aux combats contre les rebelles : une opération clandestine qui n’est toujours pas reconnue par les autorités françaises…

Dans son dernier rapport sur la Centrafrique, Human Rights Watch est très critique par rapport aux dernières interventions de l’armée française en RCA.

Dans le rapport qu’elle a publié en 2007, l’ONG a pointé un certain nombre de choses : elle a détaillé la politique de terre brûlée menée par l’armée centrafricaine à l’égard des populations du Nord, des populations accusées de soutenir les mouvements rebelles. Là aussi, on retrouve les techniques coloniales françaises : il s’agit de terroriser les populations afin de priver de leur soutien les mouvements rebelles. Les exactions les plus graves ont été commises dans le sillage direct des interventions militaires françaises. Après la reprise de Birao par l’armée française, cette ville a été ravagée par les forces centrafricaines. A l’époque, dans les journaux, les militaires français ont fait peser la responsabilité des destructions sur les rebelles. On sait depuis qu’il s’agissait d’une tentative de dissimulation qui relève de la complicité de crime de guerre. Il y a également dans le rapport de HRW des photos qui interrogent : on voit des officiers français à proximité directe de l’OCRB (Office Central de Répression du Banditisme), une sorte de milice qui se livre à des exécutions sommaires.

Vu la nature de ses interventions en Afrique, la France est-elle vraiment en mesure de commémorer le cinquantenaire des “indépendances” africaines ?  On sent qu’il y a un gros malaise au niveau de la commémoration de ce cinquantenaire. Ce malaise n’est pas étranger au fait que toutes les interventions orales de Nicolas Sarkozy [ et François Hollande] sur la question de l’Afrique affirment une volonté de rupture avec les pratiques de ses prédécesseurs. Mais en dehors des discours, de rupture on n’en voit pas : c’est toujours le règne des pressions diverses, des émissaires occultes, des accords secrets, des opérations clandestines. On va avoir en guise de célébration des choses assez caricaturales : un défilé du 14 juillet où, sous couvert de rendre hommage aux tirailleurs africains, on va inviter des armées comme celles du Cameroun ou du Congo connues pour leurs exactions envers les populations. La véritable décolonisation et la célébration de cette décolonisation restent à faire…

Source : Survie

Notes

  1. Que fait l’armée française en Afrique ? Editions Agone, oct. 2009.
  2. cf. Une guerre noire, enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994), Gabriel Périès et David Servenay, Editions La Découverte, 2007.
  3. Cameroun, Autopsie d’une indépendance, réalisation Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf, durée 52′, production : France 5 / Program 33, 2007.

Quelques références :

En Centrafrique, stratégie française et enjeux régionaux http://www.monde-diplomatique.fr/20…

État d’anarchie (rapport Human Rights Watch sur la RCA) Rébellions et exactions contre la population civile http://www.hrw.org/fr/reports/2007/…

Cameroun : retour sur une décolonisation sanglante http://www.afriscope.fr/spip.php?ar…

Où est le “centre” de l’Afrique ? http://www.africultures.com/php/ind…

Marchés militaires et économie de la prédation, des pays du lac Tchad et du Soudan occidental au Golfe de Guinée. http://www.africultures.com/php/ind…

Cinquante ans de décolonisation africaine http://www.africultures.com/php/ind…

Guerre et impérialisme occidental: La France et les trois angles morts de la commémoration

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Les manipulations médiatiques sur les poilus lors de la commémoration de l’armistice

 

Saïd Bouamama

 

17 Novembre 2014

 

url de l’article:

http://www.michelcollon.info/Manips-sur-les-poilus-3-angles.html?lang=fr

 

Le centenaire du déclenchement de la première guerre mondiale a donné une dimension particulière aux cérémonies de commémoration de l’armistice. L’inauguration d’un « Anneau de la mémoire » à Notre-Dame-de-Lorette par le président de la république a été une nouvelle occasion de justifier les interventions militaires françaises en Afrique et au Moyen-Orient. « Ce sont nos militaires qui se battent encore au Mali, qui évitent des massacres en Centrafrique ou nos aviateurs qui en Irak luttent contre le fanatisme » déclare François Hollande pour souligner que « la paix a besoin de militaires ». Les discours politiques et médiatiques à l’occasion de cette commémoration font apparaître au moins trois angles morts : le silence assourdissant sur les mutineries de soldats, le mutisme généralisé sur les conditions de recrutements des « tirailleurs » issus des colonies, l’absence de référence aux modalités d’utilisation de ces soldats coloniaux. Ces angles morts non exhaustifs sont au service d’une conclusion mensongère assénée en permanence : l’Europe c’est la paix.

Silence assourdissant sur les mutins et fusillés pour l’exemple

Il a beaucoup été question de « patriotisme » dans le discours de Hollande à l’occasion du 11 novembre (1). Il en appelle même à un « patriotisme social » c’est-à-dire à une « Union sacrée » qui unirait ceux que leurs intérêts économiques et sociaux opposent. Au cours de la première guerre mondiale certains vont refuser cette « Union sacrée » pour une guerre qui n’est pas la leur. Henri Barbusse a dès 1916 décrit le sentiment vécu par de nombreux poilus d’une guerre où certains meurent pour les profits d’autres :

« Après tout pourquoi fait-on la guerre ? Pourquoi, on n’en sait rien ; mais pour qui, on peut le dire. On sera bien forcé de voir que si chaque nation apporte à l’idole de la guerre la chair fraîche de quinze cents jeunes gens à égorger chaque jour, c’est pour le plaisir de quelques meneurs qu’on pourrait compter ; que les peuples entiers vont à la boucherie, rangés en troupeaux d’armées, pour qu’une caste galonnée d’or écrive ses noms de prince dans l’Histoire ; pour que des gens dorés aussi, qui font partie de la même gradaille, brassent plus d’affaires […] Et on verra, dès qu’on ouvrira les yeux que les séparations qui se trouvent entre les hommes ne sont pas celles qu’on croit, et que celles qu’on croit ne sont pas (2). »

Les formes d’expression du refus plus ou moins affirmé de participer à la guerre sont multiples : automutilation, refus de montée en ligne, non-exécution des ordres, etc. Ils seront nombreux à être « fusillés pour l’exemple » après le passage devant une justice militaire sommaire. Les évaluations quantitatives du nombre de fusillés diffèrent. Elles varient de 500 à 800 soldats pour l’ensemble de la guerre (3) pour un total de 3500 condamnations pour refus de combattre. Au cours de l’année 1917 le refus de la guerre se fait collectif sous la forme de mutineries. On en dénombre 111 pour l’année 1917 conduisant à 1700 condamnations (4). Si les motivations des mutins sont multiples et hétérogènes, le refus de l’Union Sacrée est incontestable comme en témoigne les paroles de la chanson de Craonne écrites par un auteur anonyme :

Ceux qu’ont le pognon, ceux-là reviendront, Car c’est pour eux qu’on crève, Mais c’est bien fini, car les trouffions, Vont tous se mettre en grève, Ce s’ra vot’ tour messieurs les gros, D’monter sur le plateau, Et si vous voulez faire la guerre, Payez-la de votre peau (5)

Jusqu’à aujourd’hui la réhabilitation collective des fusillés et mutins est une revendication d’un collectif d’associations regroupant la Libre pensée,l’Union pacifiste, la Ligue des droits de l’homme et l’Association républicaine des anciens combattants. Pour ne pas avoir à réhabiliter ces victimes d’une guerre impérialiste, François Hollande a demandé le 7 novembre 2013, qu’un espace soit consacré aux Invalides aux 639 soldats fusillés pour désertion au cours de la guerre. Cette esquive tente de calmer les revendications de réhabilitation tout en maintenant un silence sur le caractère impérialiste de la guerre. Les médias contribuent par leur silence à cette esquive idéologique consistant à classer une question sans la traiter réellement.

Mutisme généralisé sur le « recrutement » des soldats coloniaux

Les soldats coloniaux ont été en revanche présents dans le discours commémoratif du président. Le monument de Notre-Dame-de-Lorette comprend des noms de soldats issus d’une quarantaine de pays dont ceux issus des anciennes colonies. Le 7 novembre 2013, lors du lancement des commémorations officielles du centenaire de la Grande Guerre, le président de la république déclare :

« Comment ne pas saluer les 430 000 soldats venant de toutes les colonies, de l’Afrique à l’Asie du Sud-Est et qui ont pris part à une guerre qui aurait pu ne pas être la leur. Ils y ont participé pour la France, et cet engagement fut ensuite au cœur de leur légitime exigence d’émancipation et d’indépendance. La France a souscrit une dette d’honneur à l’égard de leurs descendants qu’ils soient en Afrique, en Asie ou qu’ils soient aujourd’hui citoyens français. Cette dette d’honneur, nous l’honorons, en ce moment-même au Mali, pour lutter contre le terrorisme et préserver, à notre tour, l’intégrité d’un pays démocratique (6). »

Associer la mémoire des soldats coloniaux à une intervention militaire néocoloniale révèle une logique de pensée qui n’a en rien rompu avec le mépris des indigènes qui a marqué toute l’époque coloniale et tout l’empire colonial français. Présenter l’enrôlement des indigènes comme un « engagement » est tout simplement un mensonge. Rappelons également que le mépris colonial a été présent jusqu’au traitement des « fusillés pour l’exemple » pendant la guerre. Le général Foch ordonne l’exécution de 10 % de l’effectif d’une compagnie de tirailleurs coloniaux dans les termes suivants :

« Les ordres portent qu’il soit tiré au sort un tirailleur sur dix de la compagnie qui a refusé de marcher, sans préjudice des instigateurs de ce refus d’obéissance s’ils venaient par la suite à être connus. Que les tirailleurs désignés par le sort soient promenés devant le front avec un écriteau en français et en arabe portant le mot « lâche », qu’ils soient fusillés aussitôt après (7). »

Il est vrai que la sanction collective faisait alors partie du code de l’indigénat. Ces soldats fusillés se sont-ils réellement engagés et dans quelles conditions ? Il n’est pas inutile de rappeler les conditions d’enrôlement des indigènes dans l’armée à l’époque.

Avant l’imposition de la conscription en 1912 les soldats coloniaux sont uniquement des « engagés volontaires ». Les premiers « volontaires » sont des esclaves rachetés par l’armée. L’abrogation de l’esclavage « provoqua aussitôt une crise du recrutement. Trois ans après 1848, seuls trois candidats s’étaient portés volontaires ; or il fallait au moins deux cent hommes pour assurer la garnison (8) ». Cet exemple du Sénégal se retrouve dans les autres colonies d’Afrique subsaharienne. C’est donc la difficulté à recruter des « volontaires » qui aboutit à la décision d’imposer la conscription.

La France, souligne l’historien canadien Myron J. Echenberg est « la seule puissance à imposer la conscription universelle des hommes aussi bien en période de paix qu’en temps de guerre, et ce, sur presque un demi-siècle, soit de 1912 à 1960 »(9). Voyons comment se réalisent ces « recrutements » en commençant par l’Afrique subsaharienne et en donnant la parole au comité scientifique international de l’UNESCO :

« Après l’ouverture des hostilités, alors que l’Afrique occidentale comptait à elle seule 14785 soldats africains, il fut décidé d’en recruter 50 000 autres au cours de la période 1915-1916. C’est alors que commença en Afrique française ce que le gouverneur Angoulvant a appelé « une véritable chasse à l’homme » et que Jide Osuntokun a récemment qualifié de nouvelle traite des noirs. Ayant à fournir un certain contingent de recrues, les chefs s’emparaient d’étrangers et d’anciens esclaves pour éviter d’enrôler leurs enfants ou leurs parents. Les naissances n’étant pas enregistrées, nombreuses furent les recrues qui avaient dépassé ou n’avaient pas encore atteint l’âge de porter les armes. Mais comme nous le verrons, la campagne de recrutement provoqua d’importantes révoltes, et il fut impossible de lever des troupes dans les régions en rébellion (10). »

Les révoltes contre la conscription sont fréquentes. A l’issue de l’une d’elle au Mali, le gouverneur François Clozel est contraint de constater « l’hostilité incoercible, absolue, définitive des populations au recrutement (11) ». La situation n’est pas meilleure en Afrique du Nord. Voici un témoignage de révolte contre la conscription dans la région de Mascara en Algérie :

« La population de Sidi Daho se révolte le 21 septembre 1914 et refuse que les quarante enfants recensés pour le service militaire partent. Les notables furent arrêtés et les jeunes emmenés de force à la caserne, sans l’examen médical préalable et sans le tirage au sort prévu. L’armée française occupa la région, installa canons et mitrailleuses. Certains détenus ne seront libérés qu’à la fin de la première guerre mondiale en novembre 1918, d’autres envoyés à Cayenne dont un seul reviendra après la deuxième guerre mondiale (12). »

En Asie la situation est similaire. Le futur président Ho Chi Minh donne dans ses textes de l’époque de nombreux exemples. Citons-en un :

« Si les Annamites étaient tellement enchantés d’être soldats, pourquoi les uns étaient-ils enchaînés, tandis que d’autres étaient, en attendant l’embarquement, enfermés dans un collège de Saïgon, sous l’œil des sentinelles françaises, baïonnettes au canon, fusils chargés ? Les manifestations sanglantes du Cambodge, les émeutes de Saïgon, de Bien Hoa et d’ailleurs, étaient-elles donc les manifestations de cet empressement à s’engager « en foule » et « sans hésitation » ? (13) »

Economiser le sang blanc en sacrifiant le sang noir

Les discours militaires et politiques de l’époque sur les soldats coloniaux laissent apparaître un argumentaire essentialiste. La période est riche en projets militaires : Le député Adolphe Messimy défend le projet d’une armée arabe en 1908, Le colonel Charles Mangin en appelle à la création d’une « force noire » en 1909 et le général Pennequin défend l’idée d’une « force jaune » en 1912. Le colonel Mangin publie son livre La force noire en 1910 pour argumenter son projet. L’Arabe étant considéré « comme le plus ingouvernable de tous les peuples », il en appelle aux « qualités des noirs », à savoir « la rusticité, l’endurance, la ténacité, l’instinct de combat, l’absence de nervosité, et une incomparable puissance de choc ». Compte-tenu de ces « qualités » quasi-animales, il est attendu « que l’arrivée sur le champ de bataille produira sur l’adversaire un effet moral considérable (14) ». Dans la même logique essentialiste, Mangin classe les noirs en « races guerrières » que sont selon lui les Mandingues, les Bambaras et les Wolofs et « races non guerrières » qui regroupent les nomades de l’Ouest africain.

Logiquement, il en appelle à une utilisation massive des noirs dans la guerre. La guerre sera une « guerre d’effectifs » pense-t-il, et la mobilisation des noirs doit permettre d’économiser des vies blanches. Jusqu’en 1917 les idées de Mangin influenceront le commandement général. Devenu entretemps général de brigade en 1914, Mangin est affecté à l’état-major. Ses idées et conceptions influencent fortement le très influent général Nivelle. La pression pour un recrutement massif de noirs sur la base de cette logique raciste est tellement forte que des administrateurs coloniaux s’inquiètent des conséquences économiques possibles. Jules Cardes, Conseiller du Gouverneur Général de l’AOF, et Maurice Delafosse, directeur des Affaires indigènes et musulmanes, s’adressent au ministre Maginot :

« Ne peut-on rappeler que, malgré de sanglants avertissements, le commandement a voulu persister dans la guerre d’effectifs ? N’est-ce pas lui qui, pour apaiser l’opinion publique dont le sûr instinct allait voir juste, laissa entendre que cette guerre d’effectifs sera alimentée par de la chair noire au lieu de l’être par de la chair blanche ? [ …] Cet empire africain qui est pauvre en hommes est riche en produits ; laissez-lui sa misérable population pour le ravitaillement pendant la guerre et l’après-guerre (15). »

Cette réaction d’administrateurs coloniaux devant les difficultés et les conséquences du recrutement forcé n’est pas isolée. D’autres administrateurs soulignent les conséquences en termes de révoltes des indigènes. Cela conduit le ministre des colonies à suspendre les recrutements forcés et à n’utiliser que le recrutement volontaire. Le thème de l’économie de la chair ou du sang blanc apparaît jusque dans les directives. Le général Nivelle ordonne ainsi le 21 janvier 1917 :

« Il faut y aller par tous les moyens et ne pas ménager le sang noir pour conserver un peu de blanc (16). » Cette position n’est pas isolé, il y revient en février en demandant au ministre de la guerre que « le nombre d’unités noires mises à ma disposition soit aussi élevé que possible (tant) pour donner de la puissance à notre effectif (que pour permettre d’épargner dans la mesure du possible du sang français) (17) ».

C’est cette logique qui conduit à utiliser les troupes coloniales dans certaines missions spécifiques. Ainsi au chemin des dames dans l’Aisne, ils sont utilisés pour « enfoncer les lignes ennemies ». Il y a en fait une théorisation essentialiste de la tactique militaire. Le haut commandement considère les soldats coloniaux comme des « troupes de choc » efficaces pour percer le front. Dans ce contexte il n’est pas étonnant que les soldats noirs et maghrébins aient payés un lourd tribut aux combats du chemin des dames. Ils seront parmi les premiers gazés.

« Du 16 au 30 avril 1917, fait remarquer François Roux, 8000 tirailleurs africains sont massacrés dans l’Aisne, au Chemin des Dames, afin de « tester la qualité des positions ennemies (18) ».

Bien sûr, les soldats coloniaux n’ont pas été plus que d’autres une « chair à canon » au cours de la première guerre mondiale, mais cela révèle simplement que tous les soldats ont été considérés comme chair à canon au cours de cette guerre impérialiste. En revanche, il y a bien eu une perception essentialiste du soldat colonial conduisant à une tactique militaire discriminatoire.

Les trois angles morts que nous abordons ici rapidement ne sont pas les seuls. Ils ne sont pas seulement le fait de l’ignorance des journalistes ou des politiques. Ils contribuent à construire le roman d’une Europe qui aurait apporté la paix. Les horreurs de la guerre d’hier ne sont pas référées à des causes économiques et politiques, mais apparaissent comme le résultat de la division des nations européennes, que l’union actuelle a fait disparaître. Pour cela il convient d’homogénéiser les points de vue et les attitudes des participants au massacre impérialiste : plus de réfractaire à la guerre en 1914-1918, plus de recrutement forcé dans les colonies et plus d’utilisation raciste des soldats coloniaux. Quant à l’idée de l’Europe porteuse de paix elle montre une confusion entre la fin de la guerre sur le continent européen et la fin des guerres menés par les européens. En Irak, en Afghanistan, au Mali, en Centrafrique, en Côte d’Ivoire et malheureusement dans de nombreux autres pays, les peuples savent que l’Europe reste instigatrice ou actrice de guerre pour les richesses pétrolières, gazières et minières.

 

Notes :

1 François Hollande, dépêche AFP du 11-11-2014.

2 André Loez, 14-18. Les refus de la guerre. Une histoire des mutins, Gallimard, Paris, 2010.

3 Frédéric Durdon et Pierryk Hervé, Les fusillés de la Grande Guerre, CNDP, Paris, 2011, p. 6.

4 André Loez, 14-18. Les refus de la guerre. Une histoire des mutins, Gallimard, Paris, 2010.

5 La Chanson de Craonne est d’auteur inconnu. Elle sera interdite jusqu’en 1974 et un million de franc-or fut promis à qui dénoncerait son auteur.

6 François Hollande, discours du 7 novembre 2013, http://www.elysee.fr/declarations/a…

7 Cité in Jean-Claude Flament, 14-18 étions-nous bien défendu ?, Société des écrivains, Paris, 2014, p. 26.

8 Myron J. Echenberg, Les tirailleurs sénégalais en Afrique occidentale française, 1857-1960, Karthala, Paris, 2009, p. 33.

9 Ibid, p. 25.

10 – Michael Crowder, La première guerre mondiale et ses conséquences, in Adu Bohaen (coord.), Histoire générale de l’Afrique, tome 7, éditions de l’UNESCO, Paris, 1987, p. 319.

11 François Clozel, cité in Marc Michel, Les Africains et la Grande Guerre : l’appel à l’Afrique : 1914-1918, Karthala, Paris, 2014, p. 39

12 Moutassem-Mimouni Badra, Passion d’Algérie. Chroniques de tourments et d’obsessions, Karthala, Paris, 2006, pp. 43-45.

13 Ho Chi Min, Le procès de la colonisation française, in Ho Chi Min, Action et Révolution, 10-18, Paris, 1968, p. 44.

14 Charles Mangin, La force noire, Hachette, Paris, 1910, p. 343.

15 Jules Cardes et Maurice Delafosse, Rapport du gouverneur général au ministre Maginot, cité in Marc Michel, op.cit., p. 62.

16 Cité in François Roux, La Grande Guerre inconnue : les poilus contre l’armée française, Les Editions de Paris-Max Chaleil, Paris, 2006, p. 42.

17 Cité dans Bastien Dez, « Dans la guerre des Toubabs ». Les tirailleurs « sénégalais » en 1917, Mémoire de recherche, Paris IV-Sorbonne, 2007, p. 13.

18 François Roux, La Grande Guerre inconnue : les poilus contre l’armée française, op.cit., p. 42.

 

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Vidéo:

14-18: “On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels”

http://vimeo.com/99236165

 

Article connexe:

https://resistance71.wordpress.com/2014/11/17/sport-guerre-et-propagande-du-consentement/

Le mythe du monde « post-colonial »: Le néo-colonialisme vigoureux de la Françafrique persiste et signe

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 7 octobre 2014 by Résistance 71

Le néo-colonialisme occidental en général et français en particulier a mis en place des régimes marionnettes dans ses anciennes colonies pour continuer la domination oligarchique téléguidée cette fois de l’extérieur et le pillage des ressources de ces pays sous influence ; tandis que le véritable colonialisme d’occupation et d’exploitation, lui, sévit toujours au pays de goulag levant (ex-USA), au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans tous les pays pseudo-indépendants sous domination de la « couronne » (City de Londres, banque d’Angleterre, Vatican) britannique.

La doctrine occidentale d’un « monde post-colonial » est une aure fumisterie à exposer au grand jour… parce que nous sommes tous des colonisés !…

— Résistance 71 ~

 

La Françafrique existe toujours et se porte bien

 

Didier Epsztajn

 

6 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-16531.html

 

« Il semble donc indispensable, une fois de plus, de décrire sur quoi reposent les accusations réitérées d’ingérence ou de soutien criminel de la France dans ses anciennes colonies et au-delà, ainsi que de perpétuation de visions néocoloniales, souvent influencées par un racisme latent, au cœur même de l’Etat et de la société française »

La Françafrique ne s’est pas dissoute dans les déclarations des uns ou des autres, mais elle n’est pas figée dans des formes « originelles ». Il importe de comprendre les évolutions, les déplacements, les abandons et les reconstructions… Sans oublier la toile de fond, le mode de production capitaliste et les formes changeantes de l’impérialisme ou « le racisme profondément ancré dans la société française et ses élites ».

Le livre est divisé en trois parties :

  1. Les recompositions politiques et institutionnelles de la Françafrique
  2. Présence militaire française : le retour aux fondamentaux ?
  3. Multinationales françaises : entre Françafrique et mondialisation

« Elles permettent au lecteur de s’intéresser successivement aux évolutions des trois pouvoirs qui la structurent :

  • le pouvoir politique qui, poussé à se saisir progressivement de cette thématique, multiplie les effets d’annonce sans pour autant modifier les fondamentaux de cette relation de domination, qu’il institutionnalise et banalise en l’habillant des justifications d’usage ;
  • l’armée qui, dans le prolongement de la « nouvelle doctrine » forgée à partir des années 1990, rationalise et relégitime sa présence en Afrique et auprès de certains des pires régimes du continent, instrumentalise « la guerre contre le terrorisme » et impose ses vues dans le jeu multilatéral que la France prétend jouer ;
  • les entreprises françaises qui, évoluant dans une économie de plus en plus mondialisée et un jeu désormais fortement concurrentiel, mobilisent leur « patrimoine françafricain » – en même temps qu’elles s’en affranchissent progressivement – au profit d’une oligarchie dans laquelle elles s’intègrent peu à peu, à des degrés divers qui permettent d’en établir une typologie. »

Voir l’introduction publiée avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse : Introduction  » Encore la Françafrique ! ?  » à l’ouvrage  » Françafrique. La famille recomposée « 

Dans la première partie, Fabrice Tarrit parle, entre autres, des recompositions politiques et institutionnelles, du tabou de la « complicité française dans le génocide » des Tutsis au Rwanda, du « soutien multiforme aux dirigeants les plus répressifs et les plus corrompus », de Sarkozy et de la «Françafrique décomplexée », des engagements et des renoncement des dirigeants socialistes, des approvisionnements et des marchés de Bolloré, Total ou Areva, des poignées de mains aux dictateurs, de la « réhabilitation de l’intervention française en Afrique et de sa présence militaire », de l’opération Serval, des accords monétaires, du Franc CFA, « pilier du néocolonialisme français en Afrique »…

Il analyse en détail l’intervention française au Mali, celle en Centrafrique, l’occultation et les dénis des dimensions historiques, politiques et économiques des conflits et des rôles de la France… L’auteur parle des relations avec les dirigeants africains, des réceptions des opposants, du « domaine réservé » du président de la République, des opérations militaires, de la recomposition des réseaux françafricains, de soutien aux dictateurs, de présence militaire, du franc CFA, d’ordre franco-africain… « Cette vision nourrie d’un racisme latent tout droit issu de notre histoire coloniale est partagée par un nombre important de personnalités, de fonctionnaires, d’experts, de droite comme de gauche, ce qui rend le travail d’information, d’interpellation et de mobilisation d’une association comme Survie d’autant plus nécessaire pour exposer et dévoiler les dessous institutionnels et diplomatiques de la relation franco-africaine ».

Dans la seconde partie, Raphaël Granvaud revient sur la présence militaire française, sur la protection des régimes et des dirigeants africains. « On comprend aisément ce que cette présence a pu avoir de politiquement criminel par l’importance décisive qu’elle a occupée dans les mécanismes de privation des droits économiques et politiques des populations africaines. Elle le fut également au plan juridique si l’on considère les répressions sanglantes dont les militaires français furent responsables ou complices ». L’auteur présente l’ingérence militaire française, sa nouvelle doctrine et ses vieilles pratiques, les accords de défense, les clauses secrètes de maintien de l’ordre, «l’approvisionnement préférentiel ». Il parle de la Somalie et de la piraterie dans le Golfe d’Aden, de la Libye, de la Cote d’Ivoire, de la rhétorique de la « guerre contre le terrorisme », de la France au Mali, de l’opération Serval, de la démonstration en action des « qualités du matériel de mort « made in France » », de son utilité « pour rester sur le podium des principaux exportateurs d’armes de la planète ». J’ajouterai, le plus souvent dans le silence complice des syndicats des travailleurs qui les fabriquent…

Il montre aussi comment « l’aide » est de fait une subvention déguisée aux entreprises. L’auteur analyse les faces cachées de l’opération Serval.

(Sur ce sujet, compléments possibles :

Jean Batou : Mali : refuser la géopolitique du « moindre mal ». Les objectifs de Serval, Mali : refuser la géopolitique du « moindre mal ». Les objectifs de Serval

Les zones d’ombre de l’intervention française au Mali : Eléments de contexte et d’explication,Les zones d’ombre de l’intervention française au Mali : Eléments de contexte et d’explication

Non à l’intervention de l’armée française (et autres textes et communiqués) Non à l’intervention de l’armée française (et autres textes et communiqués))

Raphaël Granvaud montre le lien entre cette « opération » et la relégitimation de l’ingérence militaire française en Afrique. Il souligne, entre autres, que « les crispations identitaires et religieuses ne sont pas la cause, mais le produit des affrontements en Centrafrique » ou la volonté de maintenir l’ordre dans ce que l’Etat français considère comme sa sphère d’influence. Il analyse comment le gouvernement français essaye de « parer aux accusations de néocolonialisme », dont la mobilisation de pays africains sur ce qui est « identifié comme étant ses propres priorités en matière de sécurité » et « d’instrumentaliser ou de forcer l’interprétation des résolutions obtenues au conseil de sécurité » de l’ONU.

Le dispositif militaire français est réorganisé « pour lutter contre le terrorisme », mais pas le terrorisme de large perspective du FMI, de la Banque mondiale, ni celui des grandes entreprises… L’auteur parle de « recolonisation assumée » à travers, entre autres, des accords de défense. Il analyse aussi les relations entre la France et les Etats-Unis pour relativiser « les discours sur la rivalité militaire ».

Les pages sur le « permis de tuer », les crimes commis par des militaires français sont particulièrement intéressantes.

La dernière partie sur les multinationales françaises est importante. Thomas Deltombe, Alain Deneault, Thomas Noirot et Benoît Orval parlent, entre autres, de Elf et Total, Bouygues, BNP, SCOA, CFAO, Bolloré, Geocoton ex-CFDT, Vinci, Castel, Air France, Vivendi, etc. Ils analysent les reconfigurations et mutations économiques, « bien plus qu’à un prétendu recul des « intérêts » français » face à la concurrence internationale, à une intégration progressive de l’oligarchie néocoloniale « française » (c’est à dire ayant une attache stato-nationale clairement identifiable) dans une oligarchie « globalisée », à la fois architecte et bénéficiaire des processus de « mondialisation » et de financiarisation off-shore ».

Les auteurs parlent des entreprises qui ont profité du système (néo)colonial, de la gestion des dépendances coloniales par des sociétés privées, de financement par « des fonds publics des infrastructures que requiert la grande industrie privée pour être profitable », des interconnexions public-privé omniprésentes au lendemain des indépendances, des bénéfices privés de la françafrique. Ils insistent à juste titre sur le tournant néolibéral, les désatisations, les déréglementations, la tendance à « l’intégration du cadre françafricain dans la globalisation de l’économie », la transnationalisation ou la financiarisation…

J’ai notamment apprécié le chapitre « La « nouvelle ruée vers l’Afrique » est-elle si défavorable aux intérêts privés français »

Les auteurs analysent les reconfigurations industrielles et économiques, la mise en concurrence des ouvrier-e-s du monde entier, les « avantage comparatifs » permis par le socle françafricain, le poids du franc CFA, les montages financiers… Ils indiquent, entre autres : « certes les héritières ont besoinde la Françafrique, mais elles sont la Françafrique »

Doit-on encore rappeler que « l’internationalisation et la financiarisation de ces entreprises, justement appelées transnationales, font qu’il devient aujourd’hui difficile de les associer rigoureusement à un pays spécifique, dont le gouvernement en défend exclusivement les intérêts à l’étranger ».

La Françafrique pese lourdement « dans l’évolution du positionnement stratégique des entreprises françaises en Afrique » et cette Françafrique est un « transfert de souveraineté ».

Un petit livre sur la persistance réorganisée de la Françafrique, sur les pratiques néocoloniales et sur les « activités » criminelles « nationales »…

Le mouvement syndical français me semble bien silencieux sur les processus de dépossession organisés par les entreprises « françaises » en Afrique. Peut-on défendre les intérêts des salarié-e-s ici sans défendre ceux des salarié-e-s africain-e-s, ? Et comment ne pas prôner et soutenir les nécessaires expropriations, réappropriations sociales par les salarié-e-s des autres pays des multinationales qui battent, entre autres, le pavillon français…

Par ailleurs, une fois de plus je dois regretter l’absence de prise en compte des dimensions de genre dans les différentes analyses.

En complément possible :

Rwanda : 20 ans après, la France peine à poursuivre et condamner les génocidaires et leurs complices :

Rwanda : 20 ans après, la France peine à poursuivre et condamner les génocidaires et leurs complices

 

Survie : Françafrique. La famille recomposée

Thomas Noirot et Fabrice Tarrit (coord.)

Thomas Deltombe, Alain Deneault, Raphaël Granvaud, Benoît Orval, Odile Tobner

Editions Syllepse, http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_37_iprod_613-francafrique.html, Paris 2014, 220 pages, 12 euros

Ingérence française au Cameroun: Pan dans les dents de la Françafrique arrogante!…

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Lettre ouverte à l’ambassadeur de France au Cameroun, Madame Christine Robichon

 

Armand Roger Biloa Mballe

 

1er Mai 2014

 

url de l’article:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-14990.html

 

Madame,

L’objet de cette lettre est de vous demander de cesser de vous mêler des affaires intérieures du Cameroun.
Depuis votre arrivée au  Cameroun en Décembre 2013, les Camerounais  vous observent, suivent et scrutent vos faits et gestes et  essaient de les mettre en perspective par  rapport  à la politique de votre pays  au Cameroun. 
Votre activisme, en quelques cinq mois de séjour au Cameroun confirment les analyses que nous avons faites voici trois mois.

Vous êtes chargée d’une mission spécifique et spéciale dans notre pays. Vos multiples déplacements, à travers le territoire national, qui ne sont que de simples opérations  de relations publiques, constituent le dernier fond de commerce d’un  vieux logiciel diplomatique  qu’utilise vos autorités pour masquer le rejet et le sentiment  profondément anti-français que les Africains en général, et les Camerounais en particulier éprouvent vis-à-vis de l’Impérialisme  de votre pays sur le Continent noir.

Mr  Gain  Bruno votre prédécesseur l’a utilisé durant son inutile séjour au Cameroun et cela n’a rien donné. Ce  nouveau mode de coopération, reste la dernière trouvaille  de  la France dans ses relations avec les Etats africains. Et pour cause, elle n’a plus rien à leur offrir (si elle en eut avant). La France, contrairement aux faux airs de suffisance et à son arrogance habituelle, est embourbée dans une interminable crise multidimensionnelle aggravée  il ya quelques mois par l’adoption de l’homosexualité comme nouveau mode de procréation et de renouvellement de sa population plus vieillissante que jamais.

Une  France empêtrée, pataugeant dans  d’inextricables et d’insolubles problèmes sociaux (chômage, pauvreté suicides…etc.), que vous continuez de  miroiter aux Camerounais, comme un horizon incontournable  en matière de développement et de progrès.

Vos sorties médiatiques et vos déclarations tantôt sur « les prisonniers politiques français » qui seraient  détenus au Cameroun(alors qu’ils ne sont que de simples délinquants  économiques et financiers et Camerounais au moment de leurs forfaits), tantôt sur le non respect des homosexuels sous les termes de Droits humains, tantôt sur la gouvernance et la corruption, cinq mois à peine  après votre arrivée au Cameroun, ont fait tomber les masques. Le peuple  camerounais sait  déjà quel type de Diplomate vous êtes.

Madame, sachez que les relations diplomatiques et consulaires sont codifiées, encadrées et régies par les Conventions signées  à Vienne  respectivement en 1961 et en 1963. La France doit retenir une fois pour  toutes  que nous sommes en 2014 et non en février 1944, l’année où le général  de Gaulle et son Ministre des colonies René Pleven, mettaient en place à Brazzaville (la triste et funeste Conférence Africaine Française de Brazzaville), l’architecture et les Instruments de  la domination de la France en Afrique. C’était il ya 70 ans.

Vos déclarations à l’emporte-pièce dans  certains  medias  camerounais, dont vous tentez d’orienter les lignes éditoriales en accordant de petits per diem au cours des stages de quelques jours et d’autres broutilles aux Directeurs de Publication n’aboutiront à rien. Sans prendre le parti du gouvernement camerounais, nous savons néanmoins que les agents de votre gouvernement ont remis de l’argent à certains medias locaux pour peindre négativement notre pays dans l’affaire Edzoa-Atangana.

Le peuple camerounais, en dépit des difficultés et des frustrations  accumulées, n’ignore plus où se trouve  son véritable ennemi. Arrêtez de parcourir les quartiers populaires de Douala  à  la recherche des mécontents comme vous le faites depuis votre arrivée au Cameroun. Vous recherchez une «  étincelle sociale » pour allumer les troubles comme votre  pays  a pris coutume de le faire dans de nombreux pays africains (Côte d’Ivoire, Libye, Niger, Mali, RCA,…). Nos problèmes internes sont les nôtres.

Les  Camerounais savent que  leur « ennemi  Central » c’est la France et ses réseaux. Une «  Diplomatie de bruit », tel est votre créneau. C’est ce comportement inattendu d’un diplomate qui a exaspéré les Autorités  béninoises et poussé le Président  Yayi Boni  en 2013  à expulser du Bénin l’Ambassadeur de France  en lui donnant quelques jours pour quitter son Pays. Ayez l’intelligence ou au moins la décence d’éviter d’invoquer les « Relations  Historiques » entre le Cameroun et la France  car vos propos ravivent la douleur 400.000 morts camerounais, victimes du génocide commis par la France dans l’Ouest du pays et dans la Sanaga-Maritime.

Et même du point de vue des traités notre pays n’a jamais été une colonie française en tant que telle. C’est au travers de la Société des Nations (SDN) en 1919, puis de l’ONU en 1945 que votre pays, affaibli  et ruiné par les guerres, est entré au Cameroun. Il y est donc par effraction, non par humanisme ou philanthropie, pour piller et exploiter ses richesses minières, naturelles et énergétiques. C’est cette politique de pillage  , d’extermination et de massacres de nos Nationalistes que vos « Historiens coloniaux » ont étiqueté de maquisards qui vous rattrape aujourd’hui dans toutes les régions du Continent africain, notamment au Rwanda.

Madame l’Ambassadeur, en parcourant les deux plus grandes villes du Cameroun (Douala et Yaoundé), donc de la sous-région Afrique centrale, quel est  le signe ou le symbole visible de la coopération entre «  votre grande et puissante France » et le  Cameroun ? Il n’y en a pas, faute de moyens. Cessez donc de chanter et  de citer la coopération entre la France et le Cameroun comme un exemple. Déboucher ou curer les caniveaux de certaines rues à Yaoundé ou à Douala, boucher les nids de poules ou replâtrer les  trottoirs  d’une route à Garoua financés par des fonds prélevés sur nos devises déposées autoritairement dans le Compte d’Opération au  Trésor français tient-il lieu de coopération ? Arrêtez  ce cirque; il est de mauvais goût et même  indigeste.

Depuis la destruction et l’occupation de la Côte d’Ivoire et l’assassinat du Président Kadhafi par Sarkozy et ses agents, « les Forces Profondes » à l’œuvre au sein de la Société Civile camerounaise ne  demandent qu’une seule chose : la France et  les Français doivent quitter l’Afrique. « French go home », telle est la lame de fond qui traverse les sociétés africaines. L’histoire moderne de notre pays a enregistré que l’Autoroute reliant les deux plus grandes métropoles  de l’Afrique centrale (Douala et Yaoundé),  sera l’œuvre de la Chine et non celle de la France. Un événement historique qui vient  tourner les sombres pages des relations entre le Cameroun et la France. Le mépris et l’arrogance  sur lesquels vous avez bâti « votre politique de coopération » en Afrique ont montré leurs limites. Dès lors, la confrontation  entre  les peuples africains et  une France plus impériale  que jamais, bien que décadente, paraît inévitable; l’on s’y prépare déjà. C’est la tâche que s’assigne notre génération.

Madame l’Ambassadeur, c’est l’occasion de vous rappeler que le 04 février 2014 vous vous êtes rendue à Douala dans la région du Littoral pour  parler de « la gouvernance, des élections, de la corruption, de la démocratie et des fraudes de toutes sortes au Cameroun. Etes-vous qualifiée pour  débattre de tels sujets dans notre pays ? Quand on sait que toute la classe politique  française (toutes formations politiques confondues) est cernée et rongée par les affaires de corruption, de détournements  de deniers publics et de mafia  à grande échelle. Voilà dont  une France où des Membres du gouvernement aux  anciens Présidents de la République sont quotidiennement interpellés devant les tribunaux  pour népotisme, emplois fictifs et qui prétend donner des leçons aux Africains. C’est le monde à l’envers.

Vous savez que sous d’autres cieux, les Chefs de Mission diplomatique, pour des raisons évidentes, se font très discrets dans leurs déplacements avec des véhicules banalisés. Mais au Cameroun comme en territoire conquis, vous vous  baladez  dans  les quartiers populaires  de Douala : New-Bell, Bali, Quartier Congo comme un Sous-préfet qui rend visite à ses Administrés. Retenez que le Cameroun n’est pas une Préfecture  de la France et Douala non plus une Sous-préfecture. Vous vous permettez de pénétrer dans ces quartiers  populaires, à bord de votre  voiture arborant le fanion du drapeau français comme au bon vieux temps de la Coloniale. Arrêtez  d’irriter et de provoquer  le peuple camerounais.

Après votre rencontre avec les « religieux », puis avec les homosexuels, c’est sans doute le tour des motos taximen et dans un proche avenir vous irez à la rencontre  des « prisonniers  franco-camerounais détenus arbitrairement  dans les geôles camerounaises » et dont la France estime être investie d’une mission universelle pour leur libération. Vous êtes à la recherche des foyers de mécontentement  dans  les quartiers populaires  afin d’allumer et d’alimenter  la contestation sociopolitique et de faire appel  à vos « Humanitaires » qui arriveront avec des armes cachées dans des cartons de riz et de blé génétiquement modifié(OGM), secourir «  les populations en danger ». C’est le scénario et le schéma classiques des foyers de tensions que votre pays  a allumés à travers  l’Afrique.

Si votre objectif ultime est de contrôler la transition au Cameroun pour installer au pouvoir un de vos agents, le peuple camerounais a un message pour votre gouvernement : vous échouerez, contrairement aux relatifs succès que vous avez obtenus dans d’autres pays. Le peuple camerounais est averti et éveillé.

Aux organes de presse locaux, nous disons  qu’il est  regrettable  que les Directeurs de ces publications, jusqu’à ces jours refusent de comprendre le jeu macabre que  la France joue dans notre Pays. En effet, comment comprendre que  Mr Alain Njipou du Journal le Messager ait pu titrer  le 05 février 2014 « Cameroun-Coopération : J.M  Nintcheu montre les vrais visages du Cameroun à la France ». Les journaux   camerounais  devraient plutôt se poser la question suivante : d’où la France prend- t- elle  les milliards qu’elle prétend déverser au  Cameroun  alors qu’elle-même se trouve au bord du gouffre économique et financier ? Pendant ce temps, les bouches du métro de Paris  sont envahies par des Sans Domiciles Fixes (SDF) et qui sont  nourris  aux  soupes populaires. Les Camerounais doivent le savoir.

En 15 avril dernier, vous vous êtes rendue au Siège  social des homosexuels en Afrique centrale à Douala, et qui se fait appeler « Réseau de Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale(REDHAC) », où vous attendait Alice Nkom de sinistre image. Cette Mémé, qui est entrée dans les lugubres annales de notre pays comme une sataniste en rendra des comptes  devant l’impitoyable tribunal de l’histoire.   Quelques jours après, vous  vous êtes retrouvée dans la partie nord du Cameroun. Si vous  n’avez rien à faire dans votre Mission diplomatique, organisez des promenades dans cette immense propriété de plusieurs centaines d’hectares, que l’Administration  coloniale française a arrachée aux  autochtones de Yaoundé, pour  en bâtir un véritable Etat en plein cœur de la Capitale camerounaise que vous appelez abusivement  Ambassade. Le peuple camerounais le sait.

Aux Camerounais qui rêvent ou qui pensent que le salut leur viendra de la France, nous leur demandons de bien regarder  et d’analyser la situation des Etats africains qui, au nom des droits de l’homme ont été déstabilisés par la France. Le sillage de la France en Afrique  c’est  du Sang, des Pillages, la désolation et  la  misère. Visitez la Côte d’Ivoire. Vous  identifierez aisément  des symboles  encore  fumants de «  la coopération française en Afrique ». Même si  les Camerounais, comme dans tous les pays du monde, ont des problèmes  au plan interne, qu’ils évitent de faire appel à  la Communauté dite « Internationale » dont la France s’est autoproclamée le porte-parole. Attention ! Les charognards  et autres mercenaires sont à l’affût  pour leurs intérêts exclusifs. Alors Vigilance.

Veuillez prendre en considération   Madame, l’Expression et le  profond  Sentiment d’une  Société  camerounaise  qui a décidé de se libérer du joug et l’encombrante tutelle d’une France toujours arrogante malgré son irréversible décadence.

Politique française: La ligne Hollande est celle de la destruction de la république française…

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François Hollande se révèle

 

Thierry Meyssan

 

14 Avril 2014

 

url de l’article:

http://www.voltairenet.org/article183193.html

 

L’opinion publique française a accueilli avec scepticisme la nomination d’un nouveau gouvernement après la défaite électorale des socialistes aux élections municipales. Elle accepte avec résignation les réformes annoncées dans l’intérêt économique général. En réalité, observe Thierry Meyssan, le changement de gouvernement n’a rien à voir ni avec l’échec économique, ni avec l’occasion présentée par cette défaite électorale, mais reproduit un exemple historique permettant au président Hollande de révéler progressivement ses choix politiques personnels. De même la réforme territoriale, telle qu’envisagée, n’a rien à voir avec des économies budgétaires, mais avec le projet de liquidation de la République française.

Présenté comme une réponse à la défaite socialiste aux élections municipales des 23 et 30 mars 2014, le nouveau gouvernement de Manuel Valls acte en réalité le virage opéré par François Hollande lors de sa conférence de presse du 14 janvier. Le président, élu comme ancien Premier secrétaire du Parti socialiste, ne réfute pas le modèle du colonisateur Jules Ferry dont il s’est inspiré jusqu’ici, mais veut en plus y ajouter le modèle des relations avec les grandes entreprises du chancelier allemand Gerhard Schröder.

Lors de son intronisation, le président Hollande plaça son quinquennat sous les auspices de Jules Ferry (1832-1893) qui défendit les intérêts du grand capital français en développant le colonialisme [1]. L’auguste socialiste rendit aussi l’école laïque gratuite et obligatoire pour que les « hussards noirs » (c’est-à-dire les instituteurs et non pas les sergents recruteurs) y forment les jeunes Français afin qu’ils deviennent les soldats de l’expansion coloniale et de la Première Guerre mondiale. Simultanément, Jules Ferry enclencha une lutte contre l’Église catholique, détournant ainsi la colère des classes opprimées de la haute bourgeoisie vers le clergé.

La première partie du mandat de François Hollande fut donc marquée par la relance de la guerre en Syrie —dont Nicolas Sarkozy s’était retiré après la chute de l’Émirat islamique de Baba Amr— [2], l’intervention au Mali à la demande du président mis en place par la France [3], puis l’intervention en République centrafricaine [4]. Toutes ces aventures furent coordonnées depuis l’Élysée, souvent contre l’avis de l’état-major interarmes et du ministre de la Défense, par le chef de cabinet militaire, le général traditionaliste Benoît Puga [5].

En outre, le président Hollande réalisa une réforme de la législation sur le mariage pour l’ouvrir aux personnes de même sexe, non que cette loi soit une demande des homosexuels, mais parce qu’elle divisa son opposition politique et assimila la droite à une forme d’obscurantisme. Il s’apprêtait à imposer également la théorie du genre de Judith Butler, mais semble avoir reculé niant même l’existence des travaux de la féministe.

La seconde partie du quinquennat, annoncée le 14 janvier, soit deux mois et demi avant les élections municipales, se veut « sociale-démocrate », au sens de l’Agenda 2010 du chancelier allemand Gerhard Schröder : il s’agit de redresser la production en facilitant le travail des grandes entreprises. Menée il y a une décennie, cette politique allégea l’État fédéral, rendit les entreprises exportatrices plus compétitives, mais augmenta considérablement les disparités sociales et la pauvreté. François Hollande reçut même à l’Élysée Peter Hartz, l’ancien conseiller du chancelier Schröder, mais nia vouloir en faire son propre collaborateur : l’ancien directeur du personnel de Volkswagen avait été condamné à deux ans de prison pour avoir corrompu les syndicalistes de son entreprise en leur payant pour 2,6 millions d’euros de prostituées et de voyages exotiques. Il n’a pas été précisé si le président Hollande souhaite suivre l’exemple de Peter Hartz jusqu’à sa quatrième réforme qui limite à trois mois la durée des assurances chômage.

Le président annonça également son intention de clore l’épisode du « mariage pour tous » qui commençait à menacer l’unité de sa propre majorité parlementaire.

Les élections municipales

Jamais dans l’histoire de France des élections municipales ne débouchèrent sur un changement de gouvernement. Il semblait en effet impossible de tirer des conclusions nationales de scrutins exclusivement locaux. Pourtant, si l’on considère les 788 communes de plus de 50 000 habitants (correspondant à 23 % de la population), on observe une abstention record, principalement parmi les électeurs ayant voté deux ans plus tôt pour François Hollande. L’ampleur du désaveu fut telle que de nombreuses mairies traditionnellement ancrées à gauche passèrent à droite, au profit de l’UMP.

Transformant cette défaite en occasion pour réaliser sa mue, le président Hollande annonça la nomination d’un nouveau Premier ministre, Manuel Valls, et le chargea de former un nouveau gouvernement « resserré, cohérent et soudé » afin de mettre en œuvre ses annonces du 14 janvier. Le président pense ainsi suivre les pas de François Mitterrand qui, en juillet 1984, congédia son Premier ministre ouvriériste Pierre Mauroy, abandonna ses 101 propositions, et désigna un grand bourgeois, Laurent Fabius, pour conduire une politique plus « réaliste ».

De même que les communistes refusèrent de participer au gouvernement Fabius chargé de brader les promesses sociales de l’élection présidentielle, de même les Verts se retirèrent du gouvernement Valls, refusant de partager son échec prévisible. De même que François Mitterrand avait choisi un Premier ministre juif et sioniste pour apaiser l’hostilité d’Israël, de même François Hollande a t-il choisi une des personnalités les plus engagées en faveur de la colonisation de la Palestine. De même que Laurent Fabius était un Premier ministre trop jeune et inexpérimenté pour s’imposer auprès du florentin François Mitterrand, de même Manuel Valls n’a pas eu la capacité de former lui-même son gouvernement et a dû s’accommoder des suggestions présidentielles.

Cependant, si François Mitterrand avait opéré un vrai changement de politique et d’hommes en 1984, François Hollande entend poursuivre la politique qu’il a progressivement fait émerger durant sa première année et demie de mandat. Aussi le nouveau gouvernement comprend-il les mêmes hommes que le précédant, à deux exceptions près, la mère de ses enfants, Ségolène Royal, et son vieil ami, François Rebsamen. Nous pouvons en conclure que son objectif n’est pas d’abandonner le sillage de Jules Ferry, mais d’y ajouter l’exemple des relations avec le Grand capital de Gerhard Schröder.

Le gouvernement de Manuel Valls

Lors de son discours d’investiture à l’Assemblée nationale, le 8 avril, Manuel Valls a repris consciencieusement les directives du président Hollande : « pacte de responsabilité » avec le Medef (syndicat patronal), « transition énergétique » pour les Verts, et « pacte social » pour les classes populaires [6]. C’est-à-dire des choix ciblés pour satisfaire des catégories d’électeurs et non pas un ensemble politique cohérent.

Or les besoins de la France sont faciles à établir : depuis de nombreuses années l’État renonce à ses moyens d’intervention, en abandonnant sa monnaie par exemple, tout en multipliant ses strates administratives, ses lois et ses règlements. Au final, le pouvoir est empêtré par sa bureaucratie et a perdu toute efficacité.

Si quelques responsables politiques mettent en cause ce processus, très rares sont ceux qui proposent de le changer. En effet, cette direction a été prise sous l’impulsion du suzerain états-unien et un changement de cap supposerait une crise politique internationale majeure, comme celle ouverte en 1966 par Charles De Gaulle lorsqu’il expulsa soudainement l’Otan hors de France.

Il n’est donc pas inutile de relever l’annonce par Manuel Valls d’une réforme majeure qui n’avait pas été évoquée auparavant. Après avoir souligné son attachement à la construction européenne et au couple franco-allemand, tout en contestant les options de la Banque centrale européenne, le Premier ministre déclara vouloir réformer en profondeur le « millefeuille territorial ». Au cours des années, aux communes et aux départements se sont ajoutés des communautés de communes, des pays et des régions. Il a proposé de diviser par deux le nombre de régions, de supprimer les départements avec leurs Conseils généraux, et de favoriser les regroupements de communes probablement en vue de la suppression des plus petites. Si tout le monde s’accorde à considérer que ce « millefeuille » était indigeste et coûteux, le choix des strates supprimées ne correspond pas à l’histoire politique française, mais au projet de transition des États-nations à l’Union européenne. Ce projet, instillé par les États-Unis lors du Plan Marshall, substituerait de grandes régions aux États-nations et transférerait les pouvoirs régaliens à une entité bureaucratique, la Commission européenne. Il s’oppose clairement au projet de régionalisation gaulliste de 1969.

Il est pour le moins étonnant de voir cette réforme traitée par le Premier ministre comme une simple variable d’ajustement économique alors que sa finalité ultime est la disparition de l’État français, donc de la République française, au profit de la bureaucratie bruxelloise (Union européenne et Otan).

Pourtant, Manuel Valls termina son discours par une ode à la République. Il déclara étrangement que « La France, oui, c’est l’arrogance de croire que ce que l’on fait ici vaut pour le reste du monde. Cette fameuse « arrogance française » que nos voisins nous prêtent souvent, c’est en fait l’immense générosité d’un pays qui souhaite se dépasser lui-même ». Deux phrases ambigües qui peuvent signifier une volonté d’exemplarité, mais aussi au contraire rappeler le « devoir de civilisation » invoqué par Jules Ferry pour attaquer la Tunisie et la Chine.

Où va la France ?

Le changement de gouvernement ne répond pas au vote des Français aux élections municipales, mais correspond à la stratégie personnelle de François Hollande qui révèle progressivement ses véritables objectifs politiques : reprise de la colonisation et défense des intérêts du Medef. Ce dernier ne représentant que le Grand capital (seul le cinquième le plus riche des entreprises est affilié à ce syndicat patronal). Nous sommes loin de la République, c’est-à-dire de la recherche de l’intérêt général.

Cette politique a sa logique : en temps de crise, il est impossible d’accroitre l’exploitation de la classe ouvrière, il faut aller chercher les super profits à l’étranger, chez des peuples qui n’ont pas les moyens de se défendre. Le sang va encore couler en Syrie et en Afrique, tandis que la misère va continuer à s’étendre en France.

 

[1] « La France selon François Hollande », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 30 juillet 2012.

[2] « Discours de François Hollande à la 3ème réunion du Groupe des amis du peuple syrien », par François Hollande, Réseau Voltaire, 6 juillet 2012.

[3] « Mali : une guerre peut en cacher une autre », par Thierry Meyssan, Al-Watan/Réseau Voltaire, 21 janvier 2013.

[4] « Contradictions françaises en Centrafrique », Réseau Voltaire, 13 décembre 2013.

[5] « Gaza : la France supervise le prolongement du Mur de séparation », Réseau Voltaire, 26 décembre 2009.

[6] « Déclaration de politique générale du Gouvernement Valls », Réseau Voltaire, 8 avril 2014.

Résistance politique au colonialisme: La Françafrique du néo-colonialisme au néo-esclavagisme…

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Excellente analyse qui trouve un écho également chez les nations autochtones des Amériques et d’Océanie…

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux libérés du dogme de la pensée colonialiste se tenant aux côtés des peuples opprimés depuis plus de cinq siècles par l’occident chrétien génocidaire.

— Résistance 71 —

 

Code noir du néo-colonialisme au néo-esclavagisme

 

Dr Cheik Diabate

 

14 janvier 2014

 

url de l’article:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-13842.html

 

Devoir de mémoire: à tous les patriotes africains, la rédaction de cameroonvoice recommande vivement cet article

L’Afrique, ce continent tant convoité et tant méprisé aura tout donné à l’Occident pour « deux pots et demi de farine de manioc » ! (voir article 22 du « Code Noir » de Colbert).

_________

Croyant ce système odieux de l’esclavage aboli, le continent noir a subi sur son propre sol  un siècle de colonisation avec son cortège de ségrégation, de travaux forcés et de discrimination (Code de l’indigénat).

Après 4 siècles d’esclavage de 1648, date de la mise en œuvre du code noir, jusqu’en 1848 date de l’abolition de l’esclavage dans les îles françaises et après encore un siècle de colonisation, les années soixante sont apparues comme les années de la libération pour une bonne partie des colonies françaises d’Afrique. Les pays colonisateurs affaiblis par deux guerres ont décidé de donner de la main droite, l’indépendance qu’ils ont reprise de la main gauche à travers des accords de coopération (charte de l’impérialisme).

50 ans après, ces anciennes puissances coloniales, connaissant une suite de crises financières aussi aiguës les unes que les autres, semblent regretter les indépendances octroyées et toutes autres formes d’autonomie. On assiste, donc, à la mise en place de nouveaux schémas d’appropriation de l’Afrique par ses anciens colons.
Tous les actes actuels des États occidentaux semblent être calqués sur le code noir et paraissent conduire le continent africain dans une spirale néo-esclavagiste avec l’appui de quelques « affranchis ». Nous entendons par « affranchis », tous ces commis placés ou cooptés à la tête des États pour satisfaire les intérêts occidentaux au détriment des besoins réels de la population.

Examinons l’essence du code noir de 60 articles et ses similitudes avec les pratiques actuelles des États occidentaux en Afrique avec l’appui de leurs « affranchis ».

Article 1

Voulons que l’édit du feu Roi de Glorieuse Mémoire, notre très honoré seigneur et père, du 23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles; ce faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nos dites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens.
Aujourd’hui en Afrique, ceux qui sont à chasser ne sont pas les Juifs mais les Chinois. Tout est mis en œuvre pour empêcher l’Afrique d’accueillir les Chinois. Pire, les partenariats stratégiques interafricains et la coopération Sud-Sud sont considérés comme une forme d’émancipation donc craints et donc à bannir.

Article 2

Tous les esclaves qui seront dans nos îles seront baptisés et instruits dans la religion catholique, apostolique et romaine. Enjoignons aux habitants qui achètent des nègres nouvellement arrivés d’en avertir dans huitaine au plus tard les gouverneurs et intendant desdites îles, à peine d’amende arbitraire, lesquels donneront les ordres nécessaires pour les faire instruire et baptiser dans le temps convenable.

Pour dépersonnaliser les Africains débarqués sur des terres inconnues d’Amérique et afin de les empêcher à recourir à leurs pratiques religieuses et culturelles de peur de se libérer de la tutelle de leur maître, les esclavagistes ont eu l’ingénieuse idée de se servir d’une interprétation de la bible faisant du Noir le descendant de « Cham » maudit par NOÉ et condamné par Dieu à l’esclavage et ne pouvant avoir son salut qu’en aliénant sa liberté à ses maîtres blancs. Le baptême était donc une adhésion au statut d’esclave et une acceptation du maître blanc. La dépersonnalisation était une condition nécessaire de l’aliénation de l’esclave.

Les articles 3 à 14 du code noir sont consacrés à la pratique religieuse de l’esclave pour éviter toute échappatoire à lui et à ses descendants.

Depuis la crise des années 80, l’Afrique est envahie par toute sorte d’églises. Le marketing religieux a remplacé l’obligation d’adhésion. Les croyances ancestrales qui sont décrites comme de l’animisme sont traduites comme des pratiques sauvages et sans fondement. Tout est mis en œuvre pour convaincre les plus incrédules ou réticents à faire le bon choix au risque de vivre l’enfer sur terre. Les salles de cinéma, les lieux de travail, les places publiques et les maisons privées se sont transformés en lieu de culte. La musique et les films religieux complètent l’arsenal de propagande. Il y a même un risque d’exclusion sociale pour ceux qui ne font pas de choix. L’objectif est clair : donner une interprétation biblique au malheur de l’Afrique dirigée par ses fils « maudits  par Dieu » et préparer les esprits à accepter le retour du maître.

Article 15 et 16

Défendons aux esclaves de porter aucune arme offensive ni de gros bâtons, à peine de fouet et de confiscation des armes au profit de celui qui les en trouvera saisis, à l’exception seulement de ceux qui sont envoyés à la chasse par leurs maîtres et qui seront porteurs de leurs billets ou marques connus.

Défendons pareillement aux esclaves appartenant à différents maîtres de s’attrouper le jour ou la nuit sous prétexte de noces ou autrement, soit chez l’un de leurs maîtres ou ailleurs, et encore moins dans les grands chemins ou lieux écartés, à peine de punition corporelle qui ne pourra être moindre que du fouet et de la fleur de lys; et, en cas de fréquentes récidives et autres circonstances aggravantes, pourront être punis de mort, ce que nous laissons à l’arbitrage des juges. Enjoignons à tous nos sujets de courir sus aux contrevenants, et de les arrêter et de les conduire en prison, bien qu’ils ne soient officiers et qu’il n’y ait contre eux encore aucun décret.
Les deux articles, ci-dessus, ont pour objectif de priver tout droit politique et civil à l’esclave et le déposséder de tout moyen de défense pour avoir comme unique protecteur le maître, sous peine de punition corporelle ou de peine de mort. La protection du maître lui sera donc accordée en contrepartie de sa soumission. L’article 17 complète l’arsenal juridique de répression.

Aujourd’hui en Afrique, les armées nationales sont progressivement remplacées par des armées des pays colonisateurs sous le couvert de l’ONU pour la défense du territoire ou la protection de la population civile. Dans un environnement d’insécurité généralisée par des conflits internes alimentés en armes et en ressources financières par le pays colonisateur. L’exercice des droits civils et politiques est devenu risqué et interdit de fait. Les contrevenants sont conduits au cimetière, en prison, en exil ou subissent des traitements inhumains et dégradants.

Article 28

Déclarons les esclaves ne pouvoir rien avoir qui ne soit à leurs maîtres; et tout ce qui leur vient par industrie, ou par la libéralité d’autres personnes, ou autrement, à quelque titre que ce soit, être acquis en pleine propriété à leurs maîtres, sans que les enfants des esclaves, leurs pères et mères, leurs parents et tous autres y puissent rien prétendre par successions, dispositions entre vifs ou à cause de mort; lesquelles dispositions nous déclarons nulles, ensemble toutes les promesses et obligations qu’ils auraient faites, comme étant faites par des gens incapables de disposer et contracter de leur chef.

Les articles 18, 19, 20, 21 interdit le droit d’exercer des activités commerciales sauf en cas de tâches commerciales confiées par le maître.

L’article 28 dépossède l’esclave de tout bien au profit de son maître même ceux obtenus par industrie ou par libéralité d’autres personnes.

Depuis les années 1990, la politique de privatisation et de libéralisation privent les peuples africains de tout bien acquis par industrie ou par libéralité. Les accords de coopération avaient déjà organisé la main mise sur les matières premières et les réserves financières. De même qu’il n’est pas permis à un esclave d’avoir un revenu, il n’est pas permis aux pays africains de disposer des revenus de leurs matières premières exportées. Ces revenus sont déclarés biens propres du maitre.

Nous assistons donc, depuis 1990 à l’exclusion des africains de l’activité du grand commerce et de l’industrie pour les orienter vers des activités de subsistance (lutte contre la pauvreté) lui permettant d’assurer les deux pots et demi de poudre de manioc. L’article 22 est éloquent à ce sujet :

Article 22

Seront tenus les maîtres de faire fournir, par chacune semaine, à leurs esclaves âgés de dix ans et au-dessus, pour leur nourriture, deux pots et demi, mesure de Paris, de farine de manioc, ou trois cassaves pesant chacune 2 livres et demie au moins, ou choses équivalentes, avec 2 livres de boeuf salé, ou 3 livres de poisson, ou autres choses à proportion : et aux enfants, depuis qu’ils sont sevrés jusqu’à l’âge de dix ans, la moitié des vivres ci-dessus.

Les maîtres doivent donc fournir la nourriture à leur esclave. Le strict minimum pour entretenir la force de travail et assurer la reproduction de cette force de travail, c’est-à-dire la descendance de l’esclave.

L’Afrique, dépouillée de ses richesses par des accords de coopération et une politique de privatisation, ne vit que de l’aide de ses maîtres pour payer des salaires de misère assurant à peine les deux pots et demi de poudre de manioc.

La masse des paysans qui produisent pour le marché international ne reçoit qu’une rémunération à peine suffisante pour assurer les deux pots et demi de poudre de manioc.

Article 31

Ne pourront aussi les esclaves être parties ni être (sic) en jugement en matière civile, tant en demandant qu’en défendant, ni être parties civiles en matière criminelle, sauf à leurs maîtres d’agir et défendre en matière civile et de poursuivre en matière criminelle la réparation des outrages et excès qui auront été contre leurs esclaves.
Comme l’esclave qui ne peut actionner la justice, les victimes des atrocités ne peuvent saisir directement la fameuse Cour Pénale Internationale (CPI). Seul leur maître a le droit de le faire pour eux. C’est pour quoi seul le conseil de sécurité, le procureur de la CPI et les États (dirigés par les affranchis) peuvent saisir la CPI. Évidemment, ces derniers n’agissent qu’au nom des intérêts du maître. Les textes de résolution pour les pays africains sont décidés, écrits et déposés au conseil de sécurité de l’ONU par le pays colonisateur en dehors de toute participation voire consultation de l’Union Africaine (UA).

Article 32 et 33

Pourront les esclaves être poursuivis criminellement, sans qu’il soit besoin de rendre leurs maîtres partie, (sinon) en cas de complicité: et seront les esclaves accusés, jugés en première instance par les juges ordinaires et par appel au Conseil souverain, sur la même instruction et avec les mêmes formalités que les personnes libres. 
L’esclave qui aura frappé son maître, sa maîtresse ou le mari de sa maîtresse, ou leurs enfants avec contusion ou effusion de sang, ou au visage, sera puni de mort.

La mise à mort politique ou physique pour ceux qui défient ou remportent des victoires démocratiques contre le gré de leur maître s’apparentent à « l’esclave qui frappe son maître ». ces transgresseurs sont jugés par le « conseil souverain » c’est-à-dire par ce qui a pris la forme de Cour Pénale Internationale ou punis par la peine de mort.

Article 38

L’esclave fugitif qui aura été en fuite pendant un mois, à compter du jour que son maître l’aura dénoncé en justice, aura les oreilles coupées et sera marqué d’une fleur de lis une épaule; s’il récidive un autre mois pareillement du jour de la dénonciation, il aura le jarret coupé, et il sera marqué d’une fleur de lys sur l’autre épaule; et, la troisième fois, il sera puni de mort.

L’exemple des massacres du Beach au Congo Brazzaville lors du retour des réfugiés de la guerre civile congolaise, le gel des avoirs des réfugiés et la tentative d’assassinat des exilés ivoiriens au Ghana en sont les meilleures illustrations.

Article 44

Déclarons les esclaves être meubles et comme tels entrer dans la communauté, n’avoir point de suite par hypothèque, se partager également entre les cohéritiers, sans préciput et droit d’aînesse, n’être sujets au douaire coutumier, au retrait féodal et lignager, aux droits féodaux et seigneuriaux, aux formalités des décrets, ni au retranchement des quatre quints, en cas de disposition à cause de mort et testamentaire.

Dans les pays militairement occupés, les Africains ont perdu tous droits civils et politiques et sont devenus des biens meubles de la communauté internationale. Leur appartenance, leur rattachement et leur tutelle dépendent de la communauté internationale. Ces pays occupés n’ont donc pas le droit de choisir les limites de leurs territoires et leurs dirigeants. Ces derniers étant choisis parmi les « affranchis » par la communauté internationale. Ce sont les maîtres qui disposent des Africains. Le maître d’un pays peut toujours changer, car les biens de la communauté connaissent une redistribution au gré des événements comme à la conférence de Berlin en 1885. Il ne faudrait donc pas être surpris de voir la Françafrique cohabiter avec l’Américafrique, puisque, depuis un moment, l’on constate le partage de l’Afrique au profit du bloc atlantiste, États-Unis en tête, qui entendent diriger les opérations et superviser progressivement l’ancien pré-carré français, la France étant maintenue à un rôle de gendarme.

Articles 56 et 57

Les esclaves qui auront été fait légataires universels par leurs maîtres ou nommés exécuteurs de leurs testaments ou tuteurs de leurs enfants, seront tenus et réputés, les tenons et réputons pour affranchis.
Déclarons leurs affranchissements faits dans nos îles, leur tenir lieu de naissance dans nosdites îles et les esclaves affranchis n’avoir besoin de nos lettres de naturalité pour jouir des avantages de nos sujets naturels de notre royauté, terres et pays de notre obéissance, encore qu’ils soient nés dans les pays étrangers.
Les « affranchis », les « boys à tout faire », sont ceux qui sont choisis par la « communauté internationale » pour tenir en laisse le peuple. Formatés dans leurs institutions, ils sont imposés à la tête de nos États par les « bombes démocratiques », par coups d’État, par des rébellions sanglantes ou encore à la suite de hold-up électoral en piétinant toute souveraineté c’est-à-dire la constitution.

CONCLUSION

En parcourant le code noir de 60 articles, l’on est frappé par l’analogie entre ce dernier et  le comportement non codifié des rapports actuels de l’occident avec l’Afrique. L’on constate que l’esprit du « Code noir » a toujours inspiré les rapports entre l’occident et l’Afrique en changeant les lettres, dans ses différentes variantes historiques (code de l’indigénat, charte de l’impérialisme, accords de coopération). Il n’y a point de doute comme le déclare les sénateurs français que « l’Afrique est l’avenir de la France ». Cet avenir est en œuvre avec comme objectif, 5 siècles après, de réchauffer encore une vieille recette en reformulant le code noir avec de nouvelles lettres mais en conservant l’esprit.

Le néo-colonialisme s’est rompu, Le néo-esclavagisme est donc en marche.

Sans une riposte intellectuelle appropriée, L’Afrique noire vivra les pages les plus sombres de son histoire. Dans une économie dite mondialisée, à l’exception de quelques « affranchis », les Africains seront dépouillés de tout et parqués dans des camps de réfugiés sans même pouvoir bénéficier de ces fameux « deux pots et demi de poudre de manioc ».

Par le Dr Cheik DIABATE ,
Enseignant Chercheur ,Université du Colorado, USA