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Guerre impérialiste au Moyen-Orient: Sarkozy Kadhafi… Danse macabre autour de l’or de Libye

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Sarkozy L’OTAN et l’or de Kadhafi

 

Il Fatto Quotidiano

 

14 janvier 2016

 

url de l’article original: Nous mettons la vidéo en section commentaires

http://ilfattoquotidiano.fr/sarkozy-lotan-et-lor-de-kadhafi/#.VpnX6ShZFS8

 

La vidéo ci-dessous, que nous avions déjà relayée en 2011(*), évoque le projet entrepris à l’époque par Mouammar Kadhafi de création d’une monnaie panafricaine basée sur l’or que possédait alors la Libye, et nous explique que c’est sans doute l’une des principales raisons qui a poussé l’OTAN (France et USA en tête) à intervenir militairement et à renverser le dirigeant libyen. 

La récente publication (« Emailgate« ) de centaines d’emails échangés par Hillary Clinton (qui en 2011 occupait le poste de ministre des Affaires étrangères de Barack Obama) vient confirmer aujourd’hui ce qui était suggéré alors dans ce reportage de Russia Today.

On peut par exemple lire dans un email envoyé à Hillary Clinton par un certain « Sid » en avril 2011, que l’un des motifs pour lesquels Sarkozy… a attaqué la Libye – avec l’appui de l’OTAN évidemment – fut précisément d’empêcher Kadhafi de créer cette monnaie panafricaine basée sur l’or, laquelle aurait mis à mal non seulement les équilibres monétaires internationaux, mais surtout les intérêts français dans toutes les économies postcoloniales qui utilisent encore le franc CFA comme monnaie de référence.(**)

Dans l’email cité précédemment et rendu public lors de cette fameuse Emailgate de Clinton, on peut lire :

« Selon certaines informations secrètes, auxquelles ces personnes ont eu accès, le gouvernement de Kadhafi possède 143 tonnes d’or, et une quantité similaire d’argent. […] Cet or a été accumulé avant l’actuelle révolte, et devait être utilisé pour mettre sur pied une monnaie panafricaine basée sur le Dinar-or libyen. Ce projet aurait offert aux pays africains francophones une alternative au franc CFA. Selon certains milieux bien informés, cette quantité d’or et d’argent a une valeur de plus de 7 milliards de dollars. Le renseignement français a découvert ce projet peu de temps avant que n’éclate l’actuelle rébellion, et cela a constitué un des facteurs qui ont influencé la décision du président Nicolas Sarkozy d’attaquer la Libye. »

Et pendant que les médias occidentaux nous racontaient que l’opération en Libye avait pour but de « sauver la population de son dictateur sanguinaire », l’email adressé à Hillary Clinton nous dévoile les autres vraies motivations qui ont poussé Nicolas Sarkozy à intervenir militairement :

  1. La volonté de s’approprier une grande partie du pétrole libyen
  2. Augmenter l’influence française en Afrique du Nord
  3. Améliorer la situation politique interne en France
  4. Offrir aux militaires français l’opportunité de raffermir leur position dans le monde
  5. Répondre aux préoccupations de ses conseillers quant aux plans à long terme de Kadhafi qui voulait supplanter la France en tant que puissance dominante dans les pays d’Afrique francophones.

Et nous, nous continuons à regarder les journaux télévisés.

Massimo Mazzucco

Source : Luogocomune.net, 10 janvier 2016

Traduction et sous-titrage : Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr

(*) Cette vidéo n’avait pas été sous-titrée à l’époque, ni en italien, ni en français. Voilà qui est fait en français par nos soins

(**) Lire aussi « Les emails de Hillary Clinton confirment l’ignominie de la destruction de la Libye (Levant Report)«  sur Le Blog Sam La Touche, 7 janvier 2016

Guerres impérialistes: La création monétaire cause de l’assassinat de Kadhafi et de la destruction de la Libye par l’OTAN, France en tête ?

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Ceci ne fait que confirmer 5 ans plus tard ce qui avait déjà été dit alors: Kadhafi était au stade avancé de la création du « Dinar or » et d’une monnaie africaine d’émancipation des banques centrales et de leur escroquerie de la dette ; des réunions avaient déjà eu lieu. Ajoutons à cela que Kadhafi en savait bien trop sur beaucoup trop de monde, le financement de la campagne de sarko n’étant qu’une goutte d’eau dans la mer… L’empire a fait d’une pierre deux coups: éliminer un témoin encombrant tout en détruisant et s’appropriant par le chaos un pays riche, aux ressources florissantes et dont l’indépendance et le refus de plier sous les diktats de la mafia banquière (le gang FMI/BM/BRI bras armé de la City de Londres)

Il suffisait ensuite de faire jouer la partition par les fifrelins larbins que sont la France et la GB (elle-même gouvernée par l’État dans l’état: La City de Londres…). La Libye: un cas d’école oligarchique mafieux.

— Résistance 71 —

 

Une nouvelle monnaie unique africaine serait la cause de l’intervention française en Libye

RT France

8 janvier 2016

url de l’article original:
https://francais.rt.com/france/13476-hillary-clinton-intervention-france-libye

 

D’après les éléments trouvés dans les lettres de Hillary Clinton déclassifiées le 31 décembre, la vraie raison de l’intervention en Libye était l’or qui aurait pu empêcher les plans de Nicolas Sarkozy de répandre son influence dans la région.

La correspondance de l’ancienne secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a montré qu’en 2011, Mouammar Kadhafi possédait 143 tonnes d’or et 143 tonnes d’argent avec lesquels il souhaitait créer une nouvelle monnaie unique pour l’Afrique et fournir aux pays francophones africains «une alternative au Franc CFA».

«L’or avait été rassemblé avant la révolte actuelle et devait être utilisé pour la création d’une monnaie panafricaine basée sur le dinar libyen», lit-on dans le courriel de l’ex-secrétaire d’Etat américain.

Au total, la valeur de ces réserves s’élevait à près de 7 milliards de dollars.

En Afrique, les zones franc constituent des espaces monétaires et économiques sur le territoire de plusieurs Etats de l’ancien empire colonial français, ainsi que du Cameroun, du Togo, de la Guinée équatoriale et de la Guinée-Bissau. Après l’accession à l’indépendance, la plupart de ces nouveaux états sont restés dans un ensemble monétaire homogène.

D’après le même document, le gouvernement de Nicolas Sarkozy craignait que cette nouvelle monnaie permettte à l’Afrique du Nord d’acquérir une indépendance économique, qui n’aurait pas fait les affaires de la la France et de toute l’Europe. Ces données du renseignement seraient l’«un des facteurs qui a forcé le président Nicolas Sarkozy à commencer l’intervention en Libye» et non pas la protection de la vie des civils, comme l’a décrit la doctrine sur la responsabilité de protéger, chère au conseiller informel de Hillary Clinton, Sidney Blumenthal.

L’intervention militaire en Libye a commencé en 2011 sous l’égide de l’Organisation des Nations unies et s’est déroulée entre le 19 mars et le 31 octobre 2011 pour mettre en œuvre la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies, dont le but était de «prendre toutes mesures nécessaires, nonobstant le paragraphe 9 de la résolution 1970 (2011) pour protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque en Jamahiriya arabe libyenne». La France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Canada y ont pris part malgré les critiques de plusieurs pays.

Média propagande et terrorisme d’état: La légion mercenaire djihadiste de l’OTAN

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Pour ceux qui n’étaient pas encore convaincus qu’OTAN = Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, nous publions cette excellent analyse. La caste dominante occidentale est lancée depuis le XVème siècle, dans une folle course pour la colonisation totale du monde, course qui commença avec la mise en place d’une idéologie visant à convaincre d’abord les peuples occidentaux chrétiens de leur supériorité sur les païens et les sauvages des contrées lointaines. Qui peut arrêter cette hégémonie ?

Nous, les peuples en rétablissant un système politico-social égalitaire, système qui a régit les sociétés humaines durant des millénaires avant l’avènement de l’État et de son renforcement oligarchique.

En lisant l’article ci-dessous et ce qu’il expose, la question brûle les lèvres: Qu’allons-nous faire contre ? Voter dimanche ?…. Allons, allons…

— Résistance 71 —

 

Lettre ouverte aux Européens coincés derrière le rideau de fer israélo-américain

 

Hassan Hamadé

 

21 mai 2014

 

url de l’article:

http://www.voltairenet.org/article183881.html

 

Vu d’Occident, l’Otan mène la guerre contre le terrorisme. Mais sitôt sorti de ce monde bien ordonné, la vérité est autre : l’Otan est le maître du terrorisme international, protégeant des camps d’entraînement d’Al-Qaïda en Libye et en installant d’autres sur son propre sol, en Turquie. Jamais Al-Qaïda n’a renversé de gouvernement ni conquis de nation, toujours il a détruit des sociétés, appliquant pour Washington la doctrine straussienne du chaos constructeur. Pour Hassan Hamade, la civilisation débuta en Syrie, tandis que l’Europe, l’Amérique du Nord et Israël ne sont encore qu’au stade de la barbarie. Vous n’en avez pas conscience et pensez être supérieurs ? Il vous ouvre les yeux.

Je vais vous raconter des choses graves que le rideau de fer imposé à l’Union européenne vous empêche de savoir. Je vais vous parler de la liaison dangereuse qui vous uni, à votre insu, à la plus redoutable des nébuleuses terroristes opérant sur la scène internationale : Al-Qaïda !

Oui, Al-Qaïda, celle que le dictionnaire politico-sécuritaire de votre « Occident » définit comme la mère accoucheuse de la plus cruelle des mouvances terroristes se réclamant de l’islam.

Al-Qaïda est considéré comme l’ennemi stratégique du « monde civilisé », tout en constituant une menace imminente pour les pays que vous imaginez « en voie de civilisation ». Et pour que ces derniers puissent continuer leur marche dans votre voie, ils ont besoin d’être protégés de ce danger terroriste qui les guette. C’est pourquoi tout contact avec Al-Qaïda ou avec ses branches, ses réseaux ou ses dérivées est strictement interdit, condamné, et le cas échéant réprimé. C’est un principe indiscutable que les États-Unis ont établi. Ils se sont arrogés le monopole de veiller à son respect et de contrôler son application. Mais ce respect n’a jamais dépassé les limites du discours politico-médiatique, c’est-à-dire celles de la propagande, dans sa plus simple et basse expression, car on ne peut plus parler de médias libres chez vous, dans l’espace atlantiste, mais plutôt d’outils de propagande.

Cette propagande s’est révélée plus que jamais mensongère sur le théâtre d’opération syrien où certaines branches et dérivées d’Al-Qaïda —tels le Front Al-Nosra et l’Émirat islamique en Irak et au Levant— ont gagné une notoriété mondiale en participant à la guerre d’anéantissement que livre l’axe israélo-US au plus ancien pays du monde, la Syrie. Durant ces trois années de guerre d’agression, la nébuleuse d’Al-Qaïda a fait preuve d’une discipline exemplaire dans l’application stricte et rigoureuse des plans établis par le commandement US. Elle s’est montrée la plus à même d’exécuter la stratégie du « chaos constructeur » qui passe nécessairement par la destruction de la société syrienne, en même temps que par celle des infrastructures économiques et étatiques. Il s’agit d’une vaste invasion de la barbarie pour détruire la civilisation.

L’Otan, en respectant scrupuleusement les directives de Washington, apporte sa protection immédiate à la formation et au fonctionnement du front armé engagé dans le projet israélo-US de démantèlement de la Syrie, en transformant ce berceau commun de la Chrétienté et de l’Empire arabe en « champs de carnage où triomphe la mort » [1]. Cette œuvre apocalyptique s’inscrit dans la lignée des crimes suprêmes, fierté anglo-saxonne sanguinaire, après Hiroshima et Nagasaki (1945) la Palestine (depuis 1948…) le Vietnam (1962-1975) l’Irak (depuis 1991…) pour n’en citer qu’un échantillon choisi seulement au cours des récentes décennies.

Le mensonge, toujours le mensonge, principal levier de la propagande US, dans le domaine politico-sécuritaire comme dans le domaine économique, se manifeste selon la technique saisie par le fameux Observatoire du mensonge de George Orwell, ainsi cette impitoyable entreprise belliciste est mise en marche sous les drapeaux combinés de la « Démocratie » et des « Droits de l’homme ». Les gouvernements sous-traitants, chargés de mener cette entreprise, sont appelés « les Amis de la Syrie ». Les combattants de base, des dizaines de milliers de djihadistes, issus de plus de 80 nationalités, sont désignés comme des « opposants armés  » ou des « combattants de la liberté » etc.. plus menteur que çà, tu meurs.

N’est-ce pas le mensonge qui a donné à cette gigantesque déstabilisation du monde arabe l’appellation de « printemps arabe » ? Force est de constater que partout où passe ce « printemps » s’installe la confrérie des Frères musulmans. Dans son ombre, fleurissent les organisations terroristes les plus violentes et démarre le processus de destruction des sociétés. Nombreux sont les exemples à commencer par la Libye dont la partie sud, le Fezzan, s’est transformée en un sanctuaire de camps militaires d’Al-Qaïda, entre les villes de Ghat (près de la frontière algérienne) et de Sabbah (proche du Niger). Selon les services atlantistes, il y existe trois camps où sont formés des terroristes qualifiés (des experts en explosifs et dans la préparation des voitures piégés, etc…) pour répondre aux besoins du voisinage africain (Mali, Niger, Tchad, Algérie, Nigeria). Ces terroristes pas comme les autres entretiennent des relations très solides avec certaines organisations extrémistes, comme Aqmi et Boko Haram. Leurs universités du terrorisme répondent aux « besoins » d’autres pays, tel que la Syrie, devenue ces temps-ci une destination privilégiée pour ses lauréats. Les cours y sont donnés par des « professeurs » pakistanais, égyptiens, saoudiens, yéménites et autres. Pour les deux mois de décembre 2013 et janvier 2014, cette très prestigieuse université a envoyé en Syrie 5 000 djihadistes de nationalités multiples… [2]

Une idée de la situation dans cette zone a été donnée par l’ex-chef d’état major des armées françaises, l’amiral Édouard Guillaud, lors d’une rencontre avec une vingtaine de journalistes, à Paris, le 26 janvier 2014, une semaine avant son départ à la retraite. Il déclarait : « Le Sud de la Libye est devenu un véritable trou noir (…) un lieu de régénération, d’approvisionnement en armes des terroristes, c’est le nouveau centre de gravité du terrorisme  ».

Graves sont ces révélations. Surtout lorsqu’elles viennent d’un homme qui n’a vécu aucun cas de conscience face à la mission qu’il était chargé d’exécuter en Libye, en étroite coordination avec son homologue britannique. Mais ces révélations pour choquantes qu’elles puissent paraitre ont le mérite d’être vraies. Cependant, les aveux de l’amiral ne s’arrêtent pas là. Il va beaucoup plus loin jusqu’à proposer une nouvelle intervention militaire (cela veut dire un nouveau round de destruction de ce qui n’a pas été encore totalement détruit dans le pays). Il déclare in texto : « L’idéal serait de monter une opération internationale avec l’accord des autorités [libyennes]. Et il faudra bien, un jour, se poser la question d’une intervention. Mais le problème, c’est qu’il faudrait d’abord qu’il y ait un État dans le Nord du pays » [3].

L’Otan et la « commodité du mensonge »

À écouter l’amiral dans ses aveux, on ne dirait pas que la France ait joué un quelconque rôle dans la guerre d’agression de 2011, la destruction de l’État libyen et la transformation de son vaste territoire en un « nouveau centre de gravité du terrorisme ». N’est-ce pas cette participation à l’une des entreprises guerrières les plus sales, les plus criminelles et les plus mensongères qui a été malhonnêtement présentée comme une noble assistance de la part de la France et du Royaume-Uni à la genèse du prétendu « printemps arabe » ? Sans parler des 160 000 victimes des innombrables massacres et tueries qui ont accompagnés cette guerre d’agression [4]

Venons-en à la « commodité du mensonge » [5] qui ne cesse de marquer le discours atlantiste sur cette gigantesque déstabilisation qui frappe plusieurs pays pris pour cibles par la stratégie du « chaos constructeur » états-unien. Cette « commodité du mensonge », relayée par le terrorisme du système médiatique, veut vous faire croire et nous faire croire encore que l’Otan se trouve incapable de paralyser ces usines de production de terroristes si ce n’est de les anéantir. La réalité des faits, sur le terrain, offre un démenti catégorique, sans appel, à ces mensonges grotesques compte-tenu de la parfaite domination de l’espace aérien libyen par l’aviation franco-britannique ainsi que de la surveillance continue du territoire sud-libyen par les satellites « occidentaux » qui guettent le moindre mouvement, le moindre bruit, dans l’immensité du Sahara, avec une attention toute particulière réservée aux « trois centres de formation accélérée au djihad ». Nul n’ignore l’extrême précarité de ces académies de terrorisme situées en plein air, dans l’étendue sahraouie, sans aucune couverture, s’offrant en cibles faciles à tout ennemi qui pourrait venir du ciel.

Ceci étant, l’aviation franco-britannique, à elle seule, assure la véritable protection à ces trois bases d’Al-Qaïda dans la zone du sud Libyen. Cette réalité, pour perverse qu’elle puisse vous paraitre, et que le rideau de fer israélo-US vous occulte, apporte, par voie de conséquence, un net démenti aux allégations mesquines de Paris, de Londres et des autres capitales de l’Alliance du mensonge commode, selon lesquelles le bloc « occidental » est déterminé à accomplir la grande et lourde tache de terroriser les terroristes, de les « détruire », selon l’expression de François Hollande.

Essayons de planer, ensemble cette fois-ci, dans le vide de la bonhomie, toujours guidés par les discours pédagogiques de vos dirigeants atlantistes, toujours orientés par la pensée unique que propagent vos médias, conformément au code de conduite défini dans le dictionnaire du politiquement correct, et imaginons le président français sérieux dans sa volonté de « détruire » ce terrorisme. Une seule conclusion s’impose : qu’il le fasse et nous serons les premiers à l’applaudir. Il a devant lui trois cibles faciles à détruire. C’est pour lui un jeu d’enfant compte tenu de sa parfaite maitrise de l’air. Chacun sait que dans une zone géographique désertique, telle que le Fezzan, celui qui maitrise l’air contrôle le sol. Le président doit passer à l’attaque, sans perdre plus de temps. Il est bien placé pour le faire, surtout que c’est dans cette redoutable usine de terroristes que sont formés les combattants les plus dangereux qui menacent les « intérêts français » au Mali, dans toute la zone du Sahel et ailleurs sur le continent africain.

Boko, Alep et « Damas sur Scène »

L’affaire Boko Haram [6] est venue s’ajouter au dossier pour mettre en évidence une fois de plus la perversité des gouvernements totalement inféodés au diktat de Washington. D’abord Boko Haram, qui n’est qu’un mouvement d’imbéciles et de criminels, trouve ses besoins en « terroristes qualifiés » assurés provisoirement par cette même Académie des hautes études en terrorisme du Fezzan. Pourquoi donc tous ces coups de théâtre —dont la scène la plus mensongère fut présentée à Paris, en forme de conférence réunissant autour d’un personnage excessivement médiocre cinq présidents africains directement concernés par le dossier en question, sous le contrôle direct de la bannière étoilée— et ne pas attaquer directement la source, au Fezzan ? Il faudrait être absolument stupide, pour prendre au sérieux ce soudain réveil de l’humanisme, de la Maison-Blanche, de l’Élysée ou du 10 Downing Street, ou prendre pour de vraies les larmes, celles de crocodiles versées sur le triste sort des filles nigérianes par les épouses, les concubines et les maitresses des chefs d’États otanesques. Pourtant, toutes et tous, non seulement demeurent insensibles aux multiple appels à l’aide de la population civile de la métropole martyre d’Alep —une population assoiffée, affamée, ensanglantée, prise en otage par les takfiristes—, mais ils apportent leur soutien illimité à ces terroristes qui « font du bon boulot » selon Laurent Fabius [7].

N’oubliez pas que dans l’arbre généalogique de la confrérie des Frères musulmans, Boko Haram, le Front Al-Nosra, l’Émirat islamique en Irak et au Levant, le Front islamique et compagnie sont de véritables sœurs jumelles, prises en charge à leurs naissances par les monarchies du Golfe, toujours sous les directives anglo-saxonnes. Cependant, les sœurs jumelles reconnaissent, toutes, à Al-Qaïda un droit d’ainesse indiscutable confirmé par une prodigieuse historicité qui remonte à la fameuse guerre d’Afghanistan contre l’URSS, dans les années 80 du siècle dernier.

Il s’agit d’un choix posé par Washington seul. Voilà pourquoi le président Hollande, tout comme David Cameron, s’avère animé d’une exceptionnelle force d’inertie. Il parait que, pour faire usage de la force des armes, il lui faudrait avoir la permission de Washington. Oui, la permission de Washington. « Nous devons attendre la décision du Congrès »… ainsi parla François Hollande. C’était le 6 septembre 2013. La Maison-Blanche venait de reculer sans prévenir ses Alliés, après la mise en garde du président russe Vladimir Poutine qui n’avait pas hésité à qualifier, solennellement, son visiteur le secrétaire d’État US John Kerry de « menteur » lorsqu’il accusait la Syrie de bombarder chimiquement sa propre population. Donc il est encore tôt, trop tôt même, pour oublier cette fameuse déclaration du président Hollande, révélatrice d’une extrême vassalité vis-à-vis de son supérieur hiérarchique otanesque. Il est des déclarations qui resteront gravées dans les annales des relations internationales. Celle du 6 septembre 2013 en est une, elle en dit long sur la véritable nature des relations transatlantiques, plutôt des relations entre l’occupant US et l’occupé européen. Le premier ordonne, certes en fonction de ses intérêts, le second exécute. Et les intérêts de l’Européen où sont-ils ?

C’est là où s’opère la combinaison diabolique entre le dirigeant européen et la violence du rideau de fer dont la principale vocation consiste à priver le plus large public de tout accès à la vérité. Il s’agit d’un trucage continu de l’information auquel se livre la machine médiatique. Par le biais de « l’info-flation » [8] le public subit, toujours à son insu, une opération de décervelage, un décervelage en masse des masses à travers lequel le système médiatique atteint le plus haut degré du terrorisme appliqué. C’est bien à ce niveau que se situe la dimension invisible qui caractérise le rideau de fer israélo-US et qui le différencie de celui qui existait dans l’ex-bloc de l’Est. Son rôle consiste à camoufler les véritables contradictions stratégiques entre les intérêts européens et les intérêts états-uniens de sorte que vous, public coincé derrière ce rideau de fer, ne puissiez pas remarquer que vos dirigeants servent les intérêts de l’Empire et non les vôtres. C’est bien à cause de ces créatures médiocres qui vous gouvernent que vous vous retrouvez depuis trois ans, et sans vous en rendre compte, en liaison honteuse et criminelle avec Al-Qaïda et ses ramifications, dans le même camp que les égorgeurs d’enfants, les éventreurs de femmes, les cannibales, marchant bras-dessus-bras-dessous avec la confrérie des Frères musulmans, participant activement, toujours sans vous en rendre compte, à l’anéantissement de la Syrie, notre nation-mère, la belle Syrie, berceau de la chrétienté avec son insolite exemplarité du vivre en commun entre religions, confessions et ethnies. C’est ainsi que les gouvernements atlantistes ne cessent d’innocenter les organisations terroristes, de tous les massacres que les dizaines de milliers de leurs combattants étrangers commettent sur le sol syrien, et d’attribuer leurs tueries aux forces gouvernementales.

Missions suspectes des trois bases d’Al-Qaïda en Turquie

La propagande atlantiste est tellement primitive que ses auteurs et ses dépositaires s’enflamment à la moindre remise en question de sa version officielle. Ce fut le cas de l’ambassadeur de France à l’Onu, Gérard Araud, menteur de vocation, ultra-sioniste d’adoption, sans conviction, qui n’a pas trouvé autre que le qualificatif d’« agent » pour faire taire le très sérieux correspondant de la chaine panarabe Al-Mayadeen, Nizar Abboud, dont le crime suprême a été d’oser demander au diplomate, en toute politesse, un éclaircissement sur les relations triangulaires, Qatar-France-Al-Qaïda. Exactement la même médiocrité, musclée et arrogante, qu’étale fièrement son supérieur hiérarchique, Laurent Fabius, qui n’a pas hésité à exprimer son estime pour le Front Al-Nosra qualifiant ses crimes abominables de « bon boulot » [9]. Ceci alors qu’Al-Nosra annonçait « la bonne nouvelle aux frères djihadistes du monde entier » : la fusion totale de ses structures organisationnelles avec celles de la très redoutable Al-Qaïda Fi Bilad Ar-Rafideine (Al-Qaïda en Mésopotamie) qui est la version irakienne de l’Aqmi maghrébine et du Boko Haram nigérian. Désolé de revenir à ces déclarations pour défendre la vérité que l’info-flation cherche toujours à vous occulter.

Cette expression, révélatrice d’un sadisme absolu, du chef de la diplomatie française, signifie en matière de terrorisme appliqué que les lauréats de l’Académie du Fezzan font du « bon boulot » s’ils se dirigent tout droit vers la Syrie et font du « mauvais boulot » s’ils rejoignent Boko Haram au nord du Nigeria et dans les environs du Sahel. La prestigieuse Académie continue à desservir les deux destinations, conformément aux directives de Washington que vos gouvernements européens sont déterminés à appliquer à la lettre.

Toujours dans le cadre des directives de Washington, ruissellent les pétrodollars des monarchies du Golfe pour couvrir le financement de l’énorme logistique déployée en vue d’assurer le transfert des djihadistes, d’un pays à l’autre ou d’un continent à l’autre, en toute fluidité, sans aucun obstacle, par mer, air et terre, ainsi que pour l’organisation et la gestion des structures d’accueil et d’hébergement. Car il s’agit de plusieurs dizaines de milliers de combattants farouches, venus du Caucase, du Maghreb, d’Égypte, du Pakistan, d’Afghanistan, d’Arabie Saoudite etc… L’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Lakhdar Brahimi avait avancé, en avril 2013, le chiffre approximatif de 30 à 40 000 combattants étrangers [10], alors que des estimations beaucoup plus sérieuses évoquent des chiffres dépassant les 100 000 combattants… puis il s’agit de l’injection de ces djihadistes au cœur même du pays à abattre. L’exemple de la Syrie en est le plus éloquent.

Attaquée par ces « combattants de la liberté », infiltrés par les cinq frontières terrestres depuis le Liban, Israël, la Jordanie, l’Irak et la Turquie, ainsi que par la Méditerranée, la Syrie résiste depuis plus de trois ans. C’est bien grâce à cette résistance que tous vos masques sont tombés sur la scène internationale. C’est la chute finale sur le plan idéologique. Désormais, votre « Occident » ne peut plus dire un seul mot en matière de terrorisme. Votre « Occident » ne peut plus cacher son véritable visage de principal fabricant de terroristes. Il en est le protecteur, le financier, le commanditaire, le commandant. Triste vérité.

Le terrorisme constitue une des principales composantes de l’arsenal militaire de votre Otan. Ceci ne cesse d’être prouvé et certifié. L’axe Otan-Al-Qaïda se révèle à qui veut voir et à qui veut entendre. Aujourd’hui même, se déploient au cœur de la Turquie, c’est à dire au cœur du bouclier oriental de l’Alliance atlantique, trois camps militaires d’Al-Qaïda, regroupant chacun plusieurs milliers de combattants, répartis dans trois régions de grande importance [11] :

1. Le camps de Şanlıurfa, situé dans la zone frontalière avec la Syrie. C’est un point de départ et une base arrière pour des raids qu’effectue Al-Qaïda à l’intérieur du territoire syrien. De ce camps sont parties les troupes de choc qui ont attaqué récemment la très symbolique région de Kassab, un des fiefs de la présence arménienne en Syrie et un exemple vivant d’ouverture socioculturelle, fierté du patriotisme syrien [12].

2. Le camps d’Osmaniye mérite une attention très particulière car il projette la lumière sur des dimensions soigneusement occultées par le rideau de fer. Son emplacement, en soi, est très énigmatique d’autant qu’il est révélateur du niveau de confiance qui règne au sein de l’intimité CIA-Al-Qaïda. D’abord le camps est situé dans une zone sécurisée par la présence de la très grande base militaire de la US Air Force d’Incirlik. Voisinage certes très significatif, mais ce n’est pas tout.

Non loin de ces deux bases supposées être des ennemies existentielles du « monde civilisé », se trouvent les intersections des oléoducs et des gazoducs en provenance d’Irak et d’Asie centrale qui débouchent dans le port turc de Géihan sur le littoral méditerranéen. Stop !

Al-Qaïda-oléoducs-gazoducs … ça devrait nous rappeler quelque chose que le rideau de fer néglige volontairement : l’Algérie des années 90 du siècle dernier. Souvenez-vous mes amis européens qu’alors que vos intérêts étaient régulièrement attaqués et endommagés, les milliers de kilomètres de pipe–line qui sillonnaient et sillonnent toujours l’immense territoire algérien furent épargnés, voir même protégés. Ce n’est pas par simple coïncidence que la confiance règne entre l’Empire et ses ennemis présumés. L’Empire, parait-il leur accorde le soin de veiller sur la sécurité de son artère vitale. Méfiez-vous des attraits du discours officiel, c’est dans ce qui est officieux que se cache parfois la vérité.

3. Le camps de Karaman, situé dans la zone nord-ouest d’Adana, considéré comme une académie d’études avancée en matière de terrorisme appliqué. Ce camps est plus proche d’Istanbul que de la frontière syrienne. Il semble moins impliqué dans la guerre que ne le sont les deux autres. Ce qui pose des points d’interrogations quant à son objectif véritable en territoire turc. Rien de beau, ni de bon, ne peut venir de cette nébuleuse infernale. C’est la boussole indispensable dans toute recherche concernant le rôle d’Al-Qaïda ou de sa progéniture.

En ce qui concerne ces bases précisément il s’agit d’essayer d’explorer quel avenir est réservé à la Turquie dans l’optique du « chaos constructeur » en plein application dans la région. Pour cela, il ne faudrait exclure aucune hypothèse, dont les scénarii les plus catastrophiques ou les comparaisons qui se présentent à l’esprit, sans sollicitation de notre part, compte tenu de l’intensité des cas du Pakistan et de l’Ukraine. N’est-ce pas l’extrême gravité des enjeux qui à poussé Kemal Kılıçdaroğlu, président du Parti Républicain du Peuple, kémaliste et principale force de l’opposition, à mettre en garde le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan, lors de la récente bataille des municipales, l’incitant à rompre immédiatement ses relations avec Al-Qaïda pour épargner à la Turquie des retombées néfastes sur sa propre sécurité nationale : « Nous avons demandé à Erdoğan de se désengager d’avec Al-Qaïda sinon ce serait dangereux pour la sécurité nationale de la Turquie ».

L’ambigüité qui entoure la mission de ce camps de Karaman exige une surveillance continue et justifie toutes les craintes relatives à cette présence d’Al-Qaïda sur la ligne de front de l’Alliance qui prétend diriger la « guerre contre le terrorisme ».

Ce n’est qu’un petit exemple, parmi tant d’autres, sur la tombée des masques et l’effondrement de la citadelle des mensonges bâtie autour de l’Otan depuis des dizaines d’années. Votre « Occident » et ses mauvaises fréquentations menacent la paix du monde et l’avenir de l’humanité. La légèreté extrême de vos dirigeants ainsi que leurs magouilles et leur cupidité criminelle transforment vos régimes politiques en des dictatures prédatrices incompatibles avec l’existence même d’un État de droit. La politique qu’ils mènent en votre nom glisse de manière irréversible vers le totalitarisme.

Dure est cette constatation, mais elle a le mérite d’être sincère.

 

[1] Pierre Corneille dans Le Cid

[2] « Ouverture tardive de la chasse au Jihad en Libye », par C.A., Le Canard enchaîné, 5 février 2014.

[3] Le Canard Enchainé, 5 février 2014.

[4] Estimation selon les rapports internes de la Croix-Rouge internationale.

[5] La raison assiégée, par Al Gore, Seuil éd. 2008. Lire le chapitre réservé à cette commodité.

[6] « « La face cachée de l’Affaire Boko Haram (Africom Brezynski, Plan Yinon) » », Reggan Lawson, YouTube, 17 mai 2014.

[7] Cité in « Pression militaire et succès diplomatique pour les rebelles syriens », par Tsabelle Mandraud (avec Gilles Paris), Le Monde, 14 décembre 2012

[8] C’est-à-dire l’inflation d’informations. Le système de propagande occidental est fondé sur la surabondance et non plus sur la rareté. Ndlr.

[9] Op. Cit.

[10] « Briefing to the Security Council by the Joint Special Representative of the United Nations and the League of Arab States for Syria », par Lakhdar Brahimi, 19 avril 2013.

[11] “Israeli general says al Qaeda’s Syria fighters set up in Turkey”, par Dan Williams, Reuters, 29 janvier 2014.

[12] « L’armée turque aide des mercenaires étrangers à pénétrer en Syrie » ; « L’armée turque détruit un avion de combat syrien » ; « Le Conseil de sécurité refuse de condamner l’attaque turco-terroriste de Kassab », Réseau Voltaire, 22, 23 mars et 4 avril 2014.

Guerre criminelle de l’OTAN en Libye: Où en est le pays depuis 2011 ?…

Posted in actualité, France et colonialisme, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique française, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , on 12 octobre 2013 by Résistance 71

… Il nage dans la béatitude de la démocratie apportée par les missiles de l’OTAN et les GO djihadistes à sa solde, qui le balkanise, bref que du bonheur. Merci qui ?

— Résistance 71 —

 

La désintégration de la Libye

 

Polina Lavrentieva

 

9 Octobre 2013

 

url de l’article:

http://www.voltairenet.org/article180499.html

 

À l’été 2011, Thierry Meyssan assurait qu’il n’y avait pas de printemps arabe en Libye, que la population ne se levait pas contre Mouamar el-Kadhafi, mais que les Occidentaux jouaient avec le mouvement séparatiste de la Cyrénaïque. Deux ans plus tard, c’est fait : Tripoli a perdu tout contrôle à la fois sur la Cyrénaïque et le Fezzan, comme l’ont constaté les envoyés spéciaux des Nations Unies. Les richesses du pays sont désormais aux mains des gangs et des seules multinationales US.

L’on n’arrive pas à arrêter le processus de désintégration de la Libye commencé depuis l’assassinat de Mouamar el-Kadhafi. Un nouveau rapport de l’ONU en témoigne : sur fond de séparation de provinces au sein de la Libye « libérée du dictateur », ont cours des exécutions expéditives, une oppression politique massive et des tortures.

D’après le rapport commun de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) [1] et du Haut-Commissaire de l’ONU pour les Droits de l’Homme, près de 27 personnes sont mortes en prison dans le pays pour la seule fin de l’année 2011 [2]. 8 000 personnes sont détenues dans les geôles du pays. Elles y ont été jetées en 2011 en tant que « partisans de Kadhafi ». La plupart d’entre elles n’a même pas été officiellement l’objet d’une enquête et personne ne sait combien de temps elles resteront à l’ombre, puisque le système judiciaire ne fonctionne quasiment plus.

Le New York Times indique que des gens sont arrêtés maintenant, pour des raisons religieuses ou ethniques, ou s’ils sont suspectés de ne pas être loyaux envers « la démocratie ». Les prisonniers avec lesquels les inspecteurs de l’ONU ont pu parler ont relaté qu’ils étaient battus et torturés par le feu et par la faim dans les prisons.

En avril de cette année, une loi a été votée en Libye pour interdire les tortures et condamner les enlèvements. Mais elle n’a pas de portée effective. Ce n’est qu’une partie du tableau de la désintégration de l’État libyen. Des régions se retirent peu à peu, comme nous le prévoyions il y a deux ans dans ces colonnes. Et cela ne se passe pas non plus sans effusions de sang.

Ainsi, le 27 septembre, le Fezzan a proclamé son indépendance, ou tout au moins sa complète autonomie [3] ; les chefs tribaux en ont ainsi décidé « du fait du mauvais travail du Congrès ». En juin, c’était la région [riche en pétrole] de la Cyrénaïque [4] qui reprenait sa liberté. Des trois régions historiques de la Libye, seule la Tripolitaine en fait toujours partie. Pour l’heure, il n’y a pas de force capable de réunir à nouveau ces trois États historiques qui formaient la Libye depuis 1951.

Polina Lavrentieva

 

[1] Site internet de la Manul en anglais et en arabe.

[2] “Torture and Deaths in Detention in Libya”, Unismil Report, Octobre 2013.

[3] « Libye « nouvelle » : la région de Fezzan proclame son indépendance », Irib, 27 septembre 2013.

[4] « Ливии официально больше нет. Восток объявил « нефтяное государство » » (La Libye officiellement n’est plus, l’Est se déclare en pétro-État), Odnako, 7 mars 2012.

 

Traduction 
Louis-Benoît Greffe

Source 
Odnako (Fédération de Russie)
 Hebdomadaire d’information générale. Rédacteur en chef : Mikhail Léontieff.

Guerre impérialiste en Libye: l’imposture et la propagande continuent…

Posted in actualité, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 21 octobre 2011 by Résistance 71

Beau texte qui rétablit un certain équilibre des choses, surtout après l’overdose nauséabonde et propagandiste occidentale pour justifier de cette guerre criminelle et diabolisant Kadhafi à souhait.

L’Afrique elle sait…

– Résistance 71 –

 

Libye : Le sang du lion et le festin des rats

 

Par Bahar Kymyongür

 

 

21 octobre 2011

 

Url de l’article original:

http://www.michelcollon.info/Libye-Le-sang-du-lion-et-le-festin.html?lang=fr

 

Syrte ou la Stalingrad du désert, aura résisté de tout son sang contre la barbarie céleste de l’OTAN et ses mercenaires indigènes. Au milieu de ruines fumantes de la ville martyre, un lion est mort. Un lion qui, de son vivant comme dans sa trépas, aura rendu sa fierté à sa patrie, à son peuple, à son continent et à tous les damnés de la terre.

 

Autour de son corps agonisant, tels des rats affamés, les barbares du CNT et de l’OTAN se sont disputés des lambeaux de sa noble chair.

« C’est nous qui l’avons achevé » clament les rats du Shape et de l’Elysée. « Non, c’est nous. » rétorquent les rats indigènes.

Le corps lacéré de Kadhafi, c’est la Libye lacérée, donnée en pâtures à l’OTAN et au CNT.

La Libye de Kadhafi était un pays fier. Ses citoyens ne devaient pas quémander l’aumône à la porte des seigneurs européens.

La Libye de Kadhafi était un pays prospère. Elle était l’Eldorado de toute l’Afrique. Un pays de cocagne assurant le plein emploi.

La Libye de Kadhafi était un pays paritaire. Les femmes étudiaient et réussissaient mieux que les hommes. Les femmes décidaient. Les femmes dirigeaient. Les femmes combattaient.

La Libye de Kadhafi était un pays généreux. Ecoles gratuites munies d’équipements les plus modernes. Hôpitaux gratuits ne manquant de rien. Cette Libye a entre autres, financé RASCOM 1, un satellite de télécommunications qui allait permettre à tous les Africains de téléphoner quasi gratuitement, eux qui payaient les tarifs téléphoniques les plus chers au monde. L’Europe avait été jusqu’à coloniser les réseaux de communication africains, forçant le continent à verser 500 millions de dollars par an pour le transit vocal des Africains sur ses satellites.

La Libye de Kadhafi était un pays solidaire. Dotée d’un ministère chargée de soutenir la révolution mondiale, cette Libye a accueilli à bras ouverts tous les résistants du monde, a financé d’innombrables mouvements de libération : Black Panthers, militants anti-Apartheid, résistants chiliens, salvadoriens, basques, irlandais, palestiniens, angolais. Habités par leurs fantasmes primaires, des journaleux européens ont rapporté que des snipers féminins des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) avaient été enrôlés par Kadhafi. Pure intox. En revanche, les guerriers du mouvement de libération du Sahara occidental, le Front polisario, protégeaient bel et bien Tripoli de la barbarie de l’OTAN/CNT.

La Libye de Kadhafi a fait l’expérience de la démocratie directe. Kadhafi n’avait qu’un rôle symbolique, celui du vieux sage à la fois redouté et rassurant. La population était encouragée à débattre et à choisir sa destinée à travers les Comités populaires. Pas besoin de parlement ni de partis.

Hélas, la Libye de Kadhafi n’est pas parvenue à faire vivre une démocratie durable. Les luttes personnelles ont pris le dessus sur les intérêts collectifs. Comme bien des révolutions, la Libye de Kadhafi a connu sa dégénérescence idéologique et son cortège de souffrances et d’injustices.

La Libye de Kadhafi n’est pas parvenue à instaurer la concorde entre clans et tribus de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque.

La Libye de Kadhafi a cru que seule la force viendrait à bout des djihadistes endiablés d’Al Qaida, des opportunistes et des renégats pro-occidentaux.

La Libye de Kadhafi a tenté de briser son isolement international, pensant que les rats de l’Elysée, du 10 Downing Street, du Palais Chigi ou de la Maison Blanche viendraient manger dans sa main. Ces rats se sont en réalité sournoisement glissés la manche de sa tunique. Ils ont saisi l’occasion pour infiltrer son pays, le saboter, le ruiner et le pomper pour un siècle.

A présent, les rats d’Europe et les rats du CNT étanchent leur soif dans la crinière du lion.

Mais le lion s’est dérobé à leurs griffes pour rejoindre Lumumba et Sankara, les autres enfants martyres de l’Afrique héroïque.

Buvez, hordes de lâches, buvez ! Que son sang brûle vos entrailles comme le Zaqqoum !

Pleurez patriotes libyens pleurez ! Que vos larmes engloutissent vos bourreaux et leurs armées !