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Guerre impérialiste et reconquête coloniale de la France au Mali… et ailleurs !

Posted in actualité, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique française, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 7 février 2013 by Résistance 71

Excellente analyse ici de Robert Bibeau afin de bien comprendre les tenants et aboutissants de cette vaste mascarade qu’est l’opération « Serval » au Mali. Il est devenu évident maintenant pour ceux qui en doutaient encore, que la légion mercenaire islamiste de l’OTAN (appelée Al Qaïda, plutôt Al CIAda et sa franchise locale AQMI au service des cartels transnationaux) est transbahutée d’Afghanistan au Mali en passant par la Libye et la Syrie, afin de servir les intérêts occidentaux de reconquête directe du continent africain pour à la fois refaire main basse sur les ressources naturelles immenses du continent et en même temps… essayer d’empêcher les Russes et les Chinois de s’y implanter. Nous sommes encore et toujours dans une logique de bras de fer géopolitique mettant en lice l’empire anglo-américano-sioniste contre les nations refusant la domination impérialiste de l’occident, grosso modo les pays du BRICS et des états membres de la Coopération de Shangaï, dont l’Iran est maintenant avec le Pakistan, un observateur.

Quoi qu’il en soit, la relation dominant / dominé est évidente et doit disparaître si nous désirons enfin grandir et devenir une espèce biologique adulte. L’enjeu est un changement radical et mondial d’attitude. Cela va devenir possible alors même que le système capitalisto-étatique arrive au bout du bout du banc. L’oligarchie en est parfaitement consciente et pense que le moment est venue pour elle de forcer l’avènement de sa gouvernance mondiale au travers un état unique fasciste (fusion de l’état global et des cartels industriels et banquiers) transnational. La reconquête de l’Afrique est une étape décisive dans l’établissement de la grille de contrôle totalitaire planétaire. Tout ceci fait partie d’un schéma de transformation global, passant par la reconquête de l’Afrique qui sera laissée sous le joug du commandement américain de l’AFRICOM, alors que le tour de l’Asie arrive… Une Asie trop prospère, dénuée de conflits religieux, mais qui possède le « démon » capable de galvaniser l’inconscient collectif des moutons occidentaux: le bon vieux « péril jaune » remis au goût du jour. La clé du monde de demain réside en Asie et en Eurasie.

— Résistance 71 —

 

La guerre de reconquête au Mali

 

Robert Bibeau

 

Le 6 Février 2013

 

url de l’article original:

http://les7duquebec.org/7-au-front/87816/

 

La conjoncture malienne n’est pas aussi complexe que l’on voudrait nous le laisser imaginer. Quels sont les ingrédients et la recette de cette soupe Françafrique ?

La crise économique systémique qui sévit durement sur les pays d’Afrique depuis 2008 a jeté les paysans, les ouvriers et les artisans dans la misère et dans les ornières de l’exil rempli de péril. Les puissances impérialistes continuent de rapatrier les profits et d’acheminer les matières premières vers les métropoles cupides, mais elles ne veulent rien entendre des souffrances qu’elles infligent à ces peuples désespérés et elles font tout pour que ces pestiférés demeurent dans ces contrées qu’elles ont affamées et sinistrées.

En conséquence, les marchés, les places publiques, les quartiers, les fleuves et les sentiers d’Afrique sont encombrés d’hommes désœuvrés, en transhumance entre le Sud paupérisé et le Nord, «marche pied» vers l’Europe, cet Eldorado inhumé. Cette main d’œuvre bon marché est prête à tout pour ravitailler leur famille demeurer au foyer.

L’offre de service en bras armés – meurtriers engagés – métayers fusiliers – a de beaucoup augmenté depuis quelques années, au point d’engorgée les agences de recrutement et de renseignement de l’OTAN et de leurs sous-traitants – djihadistes, islamistes, intégristes – et autres pestiférés de cet univers de mercenaires sous-payés.

 Le recrutement des exécutants

Tantôt, l’aspirant «terroriste» est recruté et embauché pour un coup fourré de courte durée – cahier des charges spécifié – solde déterminée et autorisation de se payer à même ce qu’il pourra voler aux populations exécutées, ce qui comprend la permission de violer des femmes pour se rassasier. Souvent, ces flibustiers de la modernité s’emparent d’armes sophistiquées pour se préparer à honorer le prochain contrat attribué par l’OTAN, les États-Unis ou la France. Ils doivent penser à s’équiper pour la prochaine équipée.

Parfois le futur «terroriste» est embauché pour un temps indéterminé. Sa foi dans le Coran étant garant de son recrutement, de son entrainement et de son réengagement. Lavage de cerveau, rhétorique euphorisante anti Occident et le militant est prêt à donner sa vie pour son gourou du moment. En effet, les monopoles miniers criminalisés, les pétrolières polluantes et prévaricatrices, les entreprises manufacturières prédatrices, les représentants des gouvernements néo-colonialistes, les camps militaires retranchés, menaçants comme celui de la banlieue d’Abidjan (43e Bima), tout l’environnement social concourent à accréditer l’idée que l’Occident occupe et vide le continent africain de ses ressources, de sa plus-value et de ses biens.

C’est si vrai que les services secrets américains, français, britanniques, russes s’appuient sur ces sentiments d’aversion-répulsion pour recruter et enflammer le continent africain ravagé.

Les suites des coups d’État approuvés par la «communauté internationale»

Quand le coup de force tordu est terminé, comme en Libye l’été dernier, en Côte d’Ivoire l’année qui a précédée, ces mercenaires – corsaires du désert regroupés en bandes armés anarchiques – sont remerciés par leurs sponsors, mais ils ne désarment pas pour autant. Ils errent à la recherche d’un nouvel engagement, d’un nouveau théâtre d’opération ou l’OTAN, le Qatar, l’Arabie Saoudite, la France ou les États-Unis voudront bien les exfiltrer – les aéroporter – pour une nouvelle «guerre humanitaire». Préférablement loin de la Syrie ou le gouvernement local tient bon et extermine les terroristes infiltrés dans le pays mortifié.

S’ils ne sont pas recrutés, s’ils ne sont pas de corvée, les «djihadistes» de service et les mercenaires sans foi ni loi errent dans le désert en quête de terres mortifères à piller.

Pendant ce temps au Mali

Pendant ce temps au Mali le gouvernement national fantoche de ce pays artificiel dont les frontières ont été dessinées par la France impérialiste il y a cinquante années passées – quand Paris peinait à massacrer les peuples d’Indochine et d’Algérie et ne disposait pas d’assez de troupiers pour exterminer la moitié du continent africain colonisé – en mars 2012, le gouvernement malien était renversé par une révolution de palais à Bamako. Un petit capitaine obscur et imprévisible (major Sanogo) démettait le Président Touré et assignait un nouveau-ex-président, Monsieur Traoré, puis congédiait le Premier Ministre pendant que la bourgeoisie compradore malienne se remplissait les poches à même les «aides» internationales, la solde des soldats détournées, le trafic de drogues, la vente d’armes et autres activités illicites comme toutes les autres bourgeoisies patriotiques d’Afrique sponsorisées par l’Occident, la Russie et la Chine concertées.

Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et le groupe Ansar Dine trouvèrent approprié de profiter de la déliquescence de l’État fédéral malien pour s’emparer du contrôle du Nord du pays désertique, sous développé, affamé et oublié par Bamako l’éloignée (1).

Et voilà qu’une caravane de mercenaires terroristes désœuvrés, saqués, passait par-là, de retour de sa croisade de rapine assassine à Tripoli et à Benghazi. Les damnés armés jusqu’aux dents par les soins de la France et de l’OTAN, se trouvèrent disposés à saccager ce pays meurtri dont l’armée nationale laminée n’avait nullement l’idée de se sacrifier pour la patrie des pourris de Mopti et pour préserver les intérêts d’AREVA, de Total, de Sahara Mining, de MDL d’Australie et d’OROMIN du Canada.

Voici que l’armée malienne de service, ses généraux trafiquants et son capitaine gourmand avaient besoin du soutien de la «mère patrie» pour rétablir l’autorité impérialiste sur le pays failli. Aussi, une coalition de circonstance fut vite rameutée par la CEDEAO sous la houlette de monsieur Ouattara, le présidentié reconnaissant, co-présidé par Compaoré le dictateur avéré et gracié. Hollande fier de son blanc-seing lança ses hordes meurtrières, bombardiers, blindés motorisés, bombes à fragmentation et drones nouvellement équipés aux trousses des populations désarmées et des mercenaires déglingués et des partisans révoltés (MNLA et Ansar Dine), à la reconquête française des mines maliennes de la Françafrique.

Les «islamistes» de service comprenant enfin le message de leur ex-employeur et futur créancier se retranchèrent dans les montagnes de l’Adrar et du Gouma où ils seront peut-être contenus si les soldats de la force d’intervention africaine se résignent à compléter leur formation et à se présenter au front.

Les meurtriers motorisés d’hier, aujourd’hui retranchés dans les montagnes du Sahel, seront probablement bombardés par les Rafales de la Françafrique, histoire de leur faire observer qu’ils n’ont pas mission d’occuper ou d’administrer les populations des néo-colonies faillies. Ces tâches bancales sont assignées aux marionnettes désignées et à leurs armées subventionnées après élections truquées, où l’Élysée tranche qui est élu et qui est battu. Que ces mercenaires poltrons «terroristes-islamistes» de service attendent patiemment leur prochain ordre de mission pour attaquer le Niger, le Tchad, la Mauritanie, ou qui sait, l’Algérie, que l’OTAN ou la France leur assigneront en temps voulu.

Pour ce qui a trait aux révoltés Touareg, ils peuvent se maintenir sur leurs terres ancestrales s’ils sont obéissants-repentants, et à condition qu’ils n’embêtent personne et surtout pas les minières monopolistes qui exploitent la force de travail local et spolient les ressources nationales.

De quel côté se ranger ?

Au milieu de ce salmigondis l’intellectuel Samir Amin se défend d’appuyer l’impérialisme français mais se prononce en faveur de l’intervention des impérialistes français qui ont bien raison, dit-il, de réprimander leurs terroristes au chômage et de reprendre le contrôle de leur néo-colonie faillie, mais sans la maintenir comme un État client dominé et exploité suggère-t-il (2). Mais, pourrait-on rétorquer, c’est exactement le but recherché, replacer la néo-colonie en État de marche en tant que courroie de transmission entre les puits de mine et les usines en France métropolitaine.

Deux intellectuels protestent outrés contre leur ami Samir Amin le révisionniste qu’ils réprimandent vertement. Au nom de la «souveraineté» malienne – inexistante comme nous venons de le constater – et au nom de la fraternité entre la bourgeoisie malienne dominée et les capitalistes monopolistes français dominants et occupants, ils écrivent : «(…) et si ces sommes considérables (30 millions d’euros d’effort de guerre français au Mali. NDLR) étaient affectées au développement et à la coopération réelle du Mali avec la France, que resterait-il aux fameux «islamistes», ou aux séparatistes Touaregs, ou à leurs alliés du Qatar et d’ailleurs, comme espace politique pour intervenir ?» (3).

Deux questions confrontent ces internationalistes. Pourquoi dénoncer la lutte de libération nationale que mène la bourgeoisie Touareg de l’Azawad et pourquoi dans ce conflit prendre parti en faveur de la bourgeoisie malienne compradore du Sud contre celle du Nord ? Question encore plus importante : que resterait-il comme espace aux impérialistes français pour spolier la plus-value des ouvriers, la rente foncière des paysans, le profit des artisans et les ressources naturelles du Mali si la France se mettait tout à coup à affecter les crédits de l’État bourgeois français au développement et à la coopération fraternelle ? L’État français bourgeois ne verse pas le sang de ses soldats et ne débourse pas de tels montants pour aider le Mali à devenir prospère et indépendant. Si c’était le cas il lui suffirait de se retirer du Mali et d’abandonner à son sort la bourgeoisie compradore qu’elle y a implantée et de cesser d’armer ses flibustiers (4).

Comme vous le comprenez cette guerre de la diplomatie de la canonnière Françafrique au Mali est une querelle de famille entre petits et grands bandits et leurs thuriféraires tous divisés sur les modalités de sujétion du peuple malien. L’Islam, la souveraineté nationale, la coopération équitable et fraternelle, la démocratie, l’emploi, le développement social, la croissance économique, le prix des produits agricoles et le peuple malien ne comptent pour rien dans cette échauffourée entre vauriens.

Les progressistes et les internationalistes du monde entier n’ont qu’à se ranger du côté des paysans, des artisans et des ouvriers du Mali et de leurs familles, la grande majorité de la population malienne qui ne veut pas de guerre, ni d’arbitraire. Souhaitons que les différents peuples regroupés dans cette fédération hétéroclite appelée Mali sauront s’unir et s’armer, et comme l’immense peuple algérien en 1962, chasser la puissance néocoloniale, ses terroristes-islamistes sous-traitants et les sous-fifres nationaux stipendiés.

La France hors du Mali.

Le Mali aux peuples du Mali.

Fraternité entre tous les peuples du Mali, aucun n’est ennemi.

Solidarité dans l’adversité entre tous les ouvriers du Mali.

Ingérence française au Mali: Un renforcement néo-colonial…

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Le Réseau CADTM Afrique condamne l’intervention militaire de la France et de ses alliés au Mali

par CADTM

 

le 29 Janvier 2013,

 

url de l’article original:

http://cadtm.org/Le-Reseau-CADTM-Afrique-condamne-l

 

Comme le dénonce un appel lancé par des femmes maliennes, la situation dramatique du Mali doit ouvrir les yeux sur une réalité terrible qui se vérifie dans d’autres pays en conflit : les violences faites aux femmes sont instrumentalisées pour justifier l’ingérence et les guerres de convoitise des richesses de leurs pays.

Nous condamnons sans réserve les violations des droits humains par les groupes armés qui contrôlent la partie Nord du Mali. Nous sommes aux côtés des femmes et de toutes les victimes d’abus. Nous dénonçons également l’intervention militaire que mène la France depuis le 10 janvier 2013. L’État Français mène une guerre au Nord du Mali, non pas pour défendre la démocratie et garantir le respect des droits humains comme on le prétend, mais bel et bien pour défendre ses propres intérêts coloniaux et ceux des multinationales françaises présentes en Afrique afin d’exploiter les ressources naturelles (uranium, or, diamants, pétrole, terre, eau…). La France, comme les États-Unis dans d’autres parties du monde, veut montrer sa capacité militaire à prendre la défense des intérêts stratégiques des grandes puissances occidentales et de leurs grandes entreprises.

Les bombardements français sur les régions très appauvries du Mali reflètent avant tout la détermination de l’impérialisme français à maintenir une domination néocoloniale sur les richesses des peuples de l’Afrique dans un contexte de crise mondiale du capitalisme. Il utilise les armes de pointe pour dissuader les convoitises de la Chine et les autres puissances. Par ailleurs, l’intervention occidentale a aussi comme but d’empêcher l’autoorganisation des Maliens afin d’éviter le réveil de leurs aspirations démocratiques, anti impérialistes et panafricanistes. La France et ses alliés veulent éviter la remise en cause des régimes relais de la Françafrique.

Le Mali est l’un des pays les plus appauvris et exploités du monde malgré ses importantes ressources naturelles minières et agricoles. Elles sont accaparées par les multinationales. Le peuple malien est terriblement affecté par les politiques néolibérales imposées par la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International, l’OMC, l’Union européenne et l’Etat français. Ces politiques n’ont été possibles qu’avec la complicité des régimes en place. Ces politiques ont empêché le Mali de se libérer du poids d’une dette extérieure qui sert d’instrument de pompage de ressources et de soumission du pays aux intérêts des institutions et des puissances créancières. L’initiative d’allègement de la dette du Mali, qui fait partie des pays pauvres très endettés (PPTE) a prolongé les effets dévastateurs du système d’endettement car les réductions de dette accordées au compte-gouttes ont été systématiquement conditionnées par l’application de mesure de privatisation et d’ouverture économico-commerciale. Ces mesures ont soumis les paysans/paysannes et les travailleurs/travailleuses des villes a une concurrence internationale à laquelle ils et elles ne pouvaient pas répondre. Les femmes maliennes qui portent un poids énorme dans la vie du pays sont victimes au quotidien de privation de tous ordres. Elles résistent au quotidien.

La dette et son remboursement continuent d’être les instruments d’une paupérisation des populations.

L’État français bombarde des villes, des villages et des infrastructures déjà rares du Mali dont la reconstruction demain sera probablement le prétexte pour endetter encore un peu plus le pays et augmenter sa soumission aux créanciers. Le FMI vient justement d’annoncer l’octroi au Mali d’un prêt de 18,4 millions de dollars. Cela ouvrira un nouveau cycle de malheurs pour le peuple malien s’il ne prend pas son sort en main.

Le gouvernement français devrait normalement réserver les millions d’euros que coûtera son déploiement militaire au Mali pour les besoins sociaux de sa population condamnée elle-même à l’austérité du fait de l’explosion de la dette publique.

La région connaît une propagation des groupes intégristes qui ont été appuyés et armés par les puissances occidentales, États-Unis en tête, directement ou par le biais du Qatar ou de l’Arabie Saoudite. Aujourd’hui les grandes puissances occidentales ne savent plus comment se dépêtrer d’un mouvement qui ne leur est plus utile, leur échappe et s’est retourné contre elles. La manière dont elles sont intervenues en Libye a aggravé la situation de la région entraînant notamment une prolifération des armes. Les interventions occidentales en Afghanistan et en Irak ont démontré que les arguments humanitaires cachent des intérêts économiques, politiques et militaires inavouables. L’intervention et l’occupation militaire occidentale n’apporte pas de solution réelle aux problèmes des droits humains. Elle tend même à les aggraver.

Pour le CADTM Afrique, c’est au peuple malien de régler les conflits internes et chasser tous les groupes qu’il considère anti démocratiques et obscurantistes qui veulent imposer leurs lois par les armes.

Le Réseau CADTM Afrique :

condamne l’intervention impérialiste de la France et de ses alliés au Mali, il appelle à l’arrêt immédiat des bombardements et au retrait des troupes françaises et africaines du Mali ;

exprime sa solidarité avec le peuple malien et son droit de décider librement de son devenir.

appelle à un renforcement de la solidarité des Peuples maliens et africains pour barrer la route aux forces de la restauration et de ré-colonisation du Mali et du Sahel ;

considère que la CEDEAO, organisation sous régionale dirigée par un club de chefs d’États au service des hégémonies américaine et européenne, n’a aucune légitimité et aucun pouvoir légal pour contracter des prêts de guerre au nom du peuple souverain du Mali ;

invite le Peuple malien à invoquer l’absence de consentement comme fondement juridique d’une répudiation de toute dette héritée de l’intervention étrangère.

appelle les peuples d’Afrique du nord au sud, du Maghreb au Machrek à s’unir contre les guerres.

Ingérence française au Mali: Le dessous des cartes ?

Posted in actualité, France et colonialisme, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, neoliberalisme et fascisme, politique française, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 22 janvier 2013 by Résistance 71

Mali: Une guerre peut en cacher une autre

 

Thierry Meyssan

 

Le 21 Janvier 2013

 

Url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article177179.html

 

Préparée de longue date et annoncée par François Hollande six mois à l’avance, l’intervention française au Mali a été présentée comme une décision prise en urgence en réponse à des développements dramatiques. Cette mise en scène ne vise pas seulement à s’emparer de l’or et de l’uranium maliens, elle ouvre surtout la voie à une déstabilisation de l’Algérie.

L’appétit vient en mangeant », dit le proverbe. Après avoir recolonisé la Côte d’Ivoire et la Libye, puis tenté de s’emparer de la Syrie, la France lorgne à nouveau sur le Mali pour prendre l’Algérie à revers.

Durant l’attaque de la Libye, les Français et les Britanniques ont fait un large usage des islamistes pour combattre le pouvoir de Tripoli, les séparatistes de Cyrénaïque n’étant pas intéressés à renverser Mouammar el-Kadhafi une fois Benghazi indépendante. À la chute de la Jamahiriya, j’ai personnellement été témoin de la réception des dirigeants d’AQMI par des membres du Conseil national de transition à l’hôtel Corinthia, qui venait d’être sécurisé par un groupe britannique spécialisé venu exprès d’Irak. Il était évident que la prochaine cible du colonialisme occidental serait l’Algérie et qu’AQMI y jouerait un rôle, mais je ne voyais pas quel conflit pourrait être utilisé pour justifier une ingérence internationale.

Paris a imaginé un scénario dans lequel la guerre pénètre en Algérie par le Mali.

Peu avant la prise de Tripoli par l’OTAN, les Français parvinrent à soudoyer et à retourner des groupes Touaregs. Ils eurent le temps de les financer abondamment et de les armer, mais il était déjà bien tard pour qu’ils jouent un rôle sur le terrain. Une fois la guerre finie, ils retournèrent dans leur désert.

Les Touaregs sont un peuple nomade vivant au Sahara central et sur les bordures du Sahel, soit un vaste espace partagé entre la Libye et l’Algérie, le Mali et le Niger. S’ils ont obtenu la protection des deux premiers Etats, ils ont au contraire été délaissés par les deux derniers. Par conséquent, depuis les années 60, ils n’ont cessé de remettre en question la souveraineté du Mali et du Niger sur leurs terres. Bien logiquement, les groupes armés par la France décidèrent d’utiliser leurs armes pour faire aboutir leurs revendications au Mali. Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) prend le pouvoir dans presque tout le Nord-Mali où il habite. Cependant, un groupuscule d’islamistes touaregs, Ansar Dine, rattaché à AQMI, en profite pour imposer la charia dans quelques localités.

Le 21 mars 2012, un étrange coup d’État est perpétré au Mali. Un mystérieux « Comité pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État » (CNRDRE) renverse le président Amadou Toumani Touré et déclare vouloir restaurer l’autorité malienne au Nord du pays. Il en résulte une grande confusion, les putschistes étant incapables d’expliquer en quoi leur acte améliorera la situation. Le renversement du président est d’autant plus bizarre qu’une élection présidentielle était prévue cinq semaines plus tard et que le président sortant ne se représentait pas. Le CNRDRE est composé par des officiers formés aux États-Unis. Il empêche la tenue de l’élection et transmet le pouvoir à un des candidats, en l’occurrence le francophile Dioncounda Traore. Ce tour de passe-passe est légalisé par la CEDEAO, dont le président n’est autre qu’Alassane Ouattara, mis au pouvoir un an plus tôt par l’armée française en Côte d’Ivoire.

Le coup d’État accentue la division ethnique du pays. Les unités d’élite de l’armée malienne (formées aux USA) ayant un commandement touareg rejoignent la rébellion avec armes et bagages.

Le 10 janvier, Ansar Dine —appuyé par d’autres groupes islamistes— attaque la ville de Konna. Il quitte donc le territoire touareg pour étendre la loi islamique au Sud du Mali. Le président de transition Dioncounda Traore décrète l’état d’urgence et appelle la France au secours. Paris intervient dans les heures qui suivent pour empêcher la prise de la capitale, Bamako. Prévoyant, l’Élysée avait pré-positionné au Mali des hommes du 1er Régiment parachutiste d’infanterie de marine («  la coloniale  ») et du 13e Régiment de dragons parachutistes, des hélicoptères du COS, trois Mirage 2000D, deux Mirage F-1, trois C135, un C130 Hercule et un C160 Transall.

En réalité, il est fort peu probable qu’Ansar Dine ait représenté une menace réelle, car la vraie force combattante, ce ne sont pas les islamistes, mais les nationalistes touaregs, lesquels n’ont aucune ambition au Sud du Mali.

Pour conduire son intervention militaire, la France demande l’aide de nombreux États, dont l’Algérie. Alger est piégé : accepter de collaborer avec l’ancienne puissance coloniale ou prendre le risque d’un reflux des islamistes sur son sol. Après hésitation, il accepte d’ouvrir son espace aérien au transit français. Mais en définitive, un groupe islamiste non identifié attaque un site gazier de British Petroleum au Sud de l’Algérie en accusant Alger de complicité avec Paris dans l’affaire malienne. Une centaine de personnes sont prises en otages, mais pas seulement des Algériens et des Français. Le but est manifestement d’internationaliser le conflit en le transportant en Algérie.

La technique d’ingérence française est une reprise de celle de l’administration Bush : utiliser des groupes islamistes pour créer des conflits, puis intervenir et s’installer sur place sous prétexte de résoudre les conflits. C’est pourquoi la rhétorique de François Hollande reprend celle de « la guerre au terrorisme », pourtant abandonnée à Washington. On retrouve dans ce jeu les protagonistes habituels : le Qatar a pris des parts dans de grandes sociétés françaises installées au Mali, et l’émir d’Ansar Dine est proche de l’Arabie saoudite.

Le pyromane-pompier est aussi un apprenti sorcier. La France a décidé de renforcer son dispositif anti-terroriste, le plan Vigipirate. Paris ne craint pas une action des islamistes maliens sur le sol français, mais le reflux des jihadistes de Syrie. En effet, durant deux ans, la DCRI a favorisé le recrutement de jeunes musulmans français pour se battre avec l’ASL contre l’État syrien. Du fait de la débandade de l’ASL, ces jihadistes reviennent actuellement au pays natal où ils pourraient être tentés, par solidarité avec Ansar Dine, d’utiliser les techniques terroristes qu’on leur a appris en Syrie.

Ingérence occidentale en Afrique: Guéguerre française pour un néocolonialisme parasite…

Posted in actualité, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, politique française, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 17 janvier 2013 by Résistance 71

Le Mali et la ruée sur l’Afrique: une nouvelle vague de barbarie

 

Ben Schreiner



 

Le 15 Janvier 2013

 

url de l’article original:

http://www.informationclearinghouse.info/article33622.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’intervention militaire française au Mali qui a débutée Vendredi, la seconde intervention de la France en deux ans dans une ex-colonie africaine, est rapportée être “secondée” par les Etats-Unis. Ceci ne doit pas être une surprise lorsque l’on considère l’intensification de la pénétration du Pentagone en Afrique.

D’après le centre de commandement américain en Afrique AFRICOM, le Pentagone prévoit de déployer des soldats dans quelques 35 pays africains différents en 2013. Comme le rapporte NPR, environ 4000 soldats américians vont prendre part “à des manœuvres militaires et entraîner les troupes africaines dans des domaines allant de la logistique au tir en passant par l’organisation des soins médicaux.” (du reste, l’officier malien responsable du coup d’état en Mars dernier avait juste reçu une formation militaire de la part des Etats-Unis.)

Bien entendu, l’armée américaine a déjà une présence de terrain très significative en Afrique. Par exemple, la “base de drones predators la plus active en dehors de la zone de guerre d’Afghanistan” avec 16 vols de drones par jour, est localisée au Camp Lemonnier à Djibouti.

Mais comme le note la revue Army Times: “La région à bien des égards représente la dernière frontière militaire” et afin de rassasier l’appétit américain pour une “projection de sa puissance mondiale”, aucune frontière n’est laissée non conquise.

Ainsi, un rapport de Juin dernier du Washington Post révélait que les tentacules préliminaires de l’armée américaine s’étendaient déjà à travers l’Amérique. Comme le journal le rapportait, la surveillance aérienne américaine s’exerce actuellement depuis des bases clandestines au Burkina Faso, en Mauritanie, en Ouganda, en Ethiopie, à Djibouti et au Kenya, avec un plan contingent d’ouvrir une nouvelle base au sud Soudan.

Le Post expliquait plus en disant que: “le pentagone dépense 8,1 millions de dollars pour moderniser une base aérienne opérationnelle avancée en Mauritanie, sur la côte ouest du Sahara. La base est proche de la frontière avec le Mali touché par les troubles.”

Avec de tels avantages déjà en place, le Pentagone était en position non seulement de “seconder” la France dans son intervention au Mali, mais, comme l’a rapporté le New York Times (NdT: La voix officielle de la CIA dans la presse écrite américaine), de peser “sur un bon nombre d’options pour aider les efforts français, ceci incluant un soutien accru dans la logistique et dans le partage optimisé du renseignement”.

Pour mieux mettre en lumière ce qu’un soutien américain pourrait éventuellement devenir au Mali, J. Peter Pham, le directeur de l’Atlantic Council’s Africa Center de Washington et un chef conseiller stratégique de l’AFRICOM a commenté: “Les attaques de drones ou de l’armée de l’air ne vont pas restaurer l’intégrité territoriale du Mali ou défaire les islamistes, mais elles peuvent être de moindres maux.” Un signe plutôt de mauvaise augure, quand on sait que “cette option du moindre mal” a déjà coûté le massacre de centaines d’innocents dans la campagne d’assassinat américaine par drones.

Bien sûr, tout comme avec la campagne de drones, la poussée du Pentagone en Afrique est devenue partie intégrante par extension de l’emballage acidulé de la “guerre contre la terreur”. Un rapport de Juin d’Army Times notait: “L’Afrique en particulier, a émergé comme la plus grande des priorités pour le gouvernement américain parce que des groupes terroristes y sont devenus une menace de plus en plus grande pour les Etats-Unis et la sécurité régionale.”

Mais quelle intervention n’a t’elle pas été justifiée en employant quelque variante que ce soit de la toujours très utile rengaine de la “guerre contre la terreur” ? Comme le président français François Hollande l’a déclaré Vendredi dernier: “Les terroristes devraient savoir que la France sera toujours là quand les droits d’un peuple, ceux du Mali qui veut vivre librement et dans une démocratie, sont en danger.”

“L’idéologie de notre temps, du moins lorsqu’il s’agit de légitimer la guerre, est un certain discours sur les droits de l’Homme et la démocratie”, a écrit Jean Bricmont dans son livre “L’impérialisme humanitaire”. Et nous pourrions même ajouter, un certain discours cynique de combattre la terreur.

Naturellement, la notion même que le renouveau d’intérêt de l’occident pour l’Afrique soit ancré dans un désir altruiste d’aider les états africains à combattre le terrorisme et d’établir la démocratie est complètement absurde. Ce fut l’alliance de l’OTAN, moins une nation, qui s’est si avidement alignée avec les combattants salafistes pour renverser Mouamar Kadhafi en Libye. De plus, c’est la même alliance militaire qui encourage les salafistes en Syrie, tout en les bombardant dans la région AfPak (Afghanistan/Pakistan), en Somalie, au Yémen et maintenant au Mali.

Clairement, seuls ceux qui pratiquent la double pensée ont une chance de comprendre le terrain en permanence mouvant de la “guerre contre la terreur” menée par l’occident.

De fait, pour une fois, le voile de la “protection de la démocratie” et de “combattre la terreur” est levé et le visage impérialiste est dévoilé.

Ainsi, l’impératif qui motive le renouvellement de l’intérêt occidental en Afrique, comme l’a expliqué Conn Hallinan, est la course pour sécuriser les vastes ressources et richesses du continent.

“Les Etats-unis reçoivent actuellement environ 18% de ses sources d’énergie de l’Afrique, ce chiffre est prévu de grimper à 25% à l’horizon 2015, l’Afrique aussi fournit environ un tiers des besoins énergétiques de la Chine, plus du cuivre, du platine, du bois et du minerai de fer”, écrit Hallinan.

De plus comme l’affirme Maximilian Forte dans son Slouching Towards Sirte : “Les intérêts chinois sont perçus comme entrant en concurrence avec ceux de l’occident quant à l’accès aux ressources et aux influences politiques. AFRICOM et quelques autres initiatives du gouvernement américain sont faits pour prendre en compte et contrer ce phénomène.”

Ceci explique l’aventure de l’OTAN de 2011 en Libye, qui a enlevée du pouvoir un leader pan-africain borné qui menaçait de frustrer l’expansion d’AFRICOM dans cette “dernière frontière” militaire. Ceci explique aussi l’intervention française, soutenue par les Etats-Unis au Mali, qui sert au renforcement des intérêts occidentaux plus avant en Afrique.

L’intervention comme nous le voyons appelle l’intervention. Comme Nick Turse nous avait prévenu en Juillet: “Le Mali n’est sûrement que le début et bien malin qui peut dire comment cela va se terminer.”

Une chose est sûre, nous allons vers une nouvelle vague de barbarisme alors que la course effrénée pour l’Afrique s’accélère.

Ben est un écrivain free lance qui couvre la politique américaine et internationale. Il possède une licence en science politique de Willamette University à Salem dans l’Oregon et est actuellement étudiant en Masters de journalisme à l’université du Wisconsin-Madison.

 

Contact via email at bnschreiner[at]gmail.com. http://www.workingleft.blogspot.com

Politique française et impérialisme: Le poison va s’étendre du Mali en Algérie… comme prévu par l’oligarchie !

Posted in actualité, France et colonialisme, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 16 janvier 2013 by Résistance 71

Algérie / Mali: Une guerre en cache toujours une autre

 

M. Saadoune

 

Le 16 Janvier 2013

 

url de l’article original:

http://french.irib.ir/analyses/commentaires/item/237041-algérie-mali-une-guerre-en-cache-toujours-une-autre-par-m-saadoune

 

Une guerre proclamée peut en cacher une autre.

Et les takfiris, incultes, bornés ou illuminés, servent toujours de prétexte commode pour des aventures guerrières dont l’objectif ne se limite jamais à les combattre. L’air est connu, l’opinion entre dans la deuxième décennie de la guerre éternelle, celle où le djihadisme est l’ennemi idéal. Depuis les attentats de septembre 2001, les fanatiques takfiris sont les méchants par définition de l’empire. La propagande surévalue généreusement leur dangerosité, leur poids politique et leur dimension sociale pour permettre les guerres, la prise de contrôle direct des ressources ou tout simplement casser un pays qui pourrait abriter «potentiellement» une menace. 

L’ennemi est toujours le même et son nom décliné sous tous les registres de l’altérité radicale irréductible.

A l’aune de l’Occident et de ses valeurs naturellement supérieures, les coûts humains faramineux des guerres impériales anti-islam et assimilés passent pour dommages véniels. Il ne viendrait pas à l’esprit des magistrats en mission de la Cour pénale internationale de demander des comptes à ceux qui ont supervisé des massacres de masse sur la base de mensonges éhontés et de manipulations grotesques des faits. Cela n’est pas prévu dans le cahier des charges de la justice selon les théoriciens de la guerre des civilisations. La Cour pénale internationale, c’est fait pour nous, les négro-bougnoules à la marge de l’Histoire. Accessoirement, pour quelques dirigeants balkaniques que l’on représente comme des supplétifs des barbares d’au-delà du Limes. On ne fera donc pas le compte des pertes humaines subies par les Afghans, les Irakiens….

C’est la faute à Al-Qaïda pour les uns, le «prix de la liberté» pour les autres. Mais l’incendie doit être entretenu. Si Ben Laden est bien mort, on nous signifie qu’Al-Qaïda reste vivante et que cette cellule informe se serait métastasée en une multitude de filiales meurtrières. La première victime des guerres est la vérité et, dans ce jeu où les médias excellent, des illuminés jouent pleinement leur rôle en prétendant menacer le monde entier. L’épouvantail islamiste est bien l’argument ultime pour l’Occident néoconservateur.

Etre contre l’intervention française au Mali, c’est donc être pour Aqmi, le Mujao ou Ançar Eddine. L’éternel jeu fermé pour interdire de réfléchir. Pourtant la vérité intangible de l’ennemi djihadiste peut connaître quelques bémols : en Syrie, on vend, sans pudeur particulière, un scénario alternatif et ceux qui évoquent les islamistes ne sont, n’est-ce pas ma chère, que les suppôts de Bachar Al-Assad. Ce qui démontre, s’il en était encore besoin, que les partitions s’écrivent en fonction des objectifs du «Centre». Mais si l’on a besoin de paravent, on a également besoin de couverture, dans le cas du Mali, la France se prévaut d’agir avec l’approbation de la communauté internationale.

Il y a en France des voix qui doutent ouvertement de la pertinence d’aller à la guerre, fort heureusement pour eux leur statut de Français de souche les prémunit de l’accusation d’être les idiots utiles du djihadisme. Mais que cela ne nous empêche pas, nous les suspects, d’observer qu’il y a déjà une très grave crise humanitaire dans le Sahel. Et que la guerre menée par la France peut se transformer en une vaste entreprise d’éradication des Touaregs. 

L’histoire tragique de la fausse décolonisation du Sahel devrait susciter plus d’humilité. Le legs empoisonné est bien là : on s’est arrangé pour que les populations touaregs ne cessent de poser des «problèmes» au Mali depuis l’indépendance.

Et le poison s’est bien répandu. Ceux qui font l’effort de lire ce qui s’écrit et d’entendre ce qui se dit à Bamako – et ne se contentent pas de la parole millimétrée des spin doctors de l’armée française – ont le devoir de rappeler qu’il existe un discours de haine chez les politiciens, qu’il y règne un esprit revanchard qui risque de coûter cher. Mais que l’on ne s’inquiète pas des lendemains de carnage, les médias en rangs serrés et les experts en mission nous expliqueront qu’il ne s’agissait que d’imprévisibles dérapages ou d’inévitables dommages collatéraux !