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Lutter contre l’empire, c’est lutter contre la Doctrine Chrétienne de la Découverte, diktat colonial depuis 1493 ~ une lectrice écrit…

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A tous les colonisés que nous sommes, pour aider tous les peuples originels à recouvrer leur terre

Erradiquons l’empire américain par la débaptisation de masse en récusation de la doctrine chrétienne de la découverte, parce qu’un empire sans terre est un empire à terre !

Par JBL1960        

26 Août 2015

Considérant qu’on ne peut résoudre un problème en gardant le même processus mental, je me suis « éveillée » et j’ai reconsidéré les choses à partir de ce moment. En fait, mon déclic, fut le massacre à l’arme chimique de La Ghouta en Syrie en août 2013. Je n’étais plus complètement dans le brouillard, j’étais semi-éveillée mais cet évènement, dès le départ, m’a torpillé l’estomac. Dès lors, j’ai commencé à agir, je ne voulais plus être une spectatrice impuissante enrageant dans mon coin.
J’ai écrit à Hollandouille à l’adresse gratuite (cad non timbrée) sur une vieille carte postale non utilisée ; PAS DE GUERRE EN SYRIE – PALESTINE LIBRE –  En fait, j’ai rempli la carte postale de message de la sorte. J’ai scruté son attitude qui m’a décillé sur le fait qu’il exécutait le Plan sur ordre des Zélites mondiales, spécialement Zuniennes.
Les élections sont vraiment un piège à cons, car elles consistent à baliser le terrain afin de faire voter pour les personnes choisies par avance. Les différents partis politique n’étant que des leurres afin d’organiser l’illusion que les élections sont la dernière expression de la Démocratie. Mais nous savons que c’est faux, que c’est un mensonge, un de plus, auquel on se raccroche par peur.
Dès lors, j’ai décidé de ne plus perdre mon temps avec la politique institutionnelle.
J’ai commencé à organiser ma réflexion, ma pensée sur comment changer de paradigme, comment créer, initier et s’organiser vers un changement de paradigme.
J’avais compris que le réel entre parfois trop brutalement en contradiction avec le narratif du Système et qu’il en démasque au moins brièvement la supercherie.
J’avais surtout intégré que d’une manière ou d’une autre, à un moment donné, se posera pour tout citoyen, le choix de la désobéissance civile.
C’est la masse pacifique des peuples qui refusera d’obéir à la fange étatico-entrepreneuriale et ses institutions obsolètes et criminelles, qui fera tomber l’empire et ses oligarques eugénistes.
Car le Plan qui est mis en œuvre depuis plus de 250 ans est un plan eugéniste et nous ne devons pas douter que tous les moyens seront bons pour réduire la population mondiale idéalement pour “l’élite”, à 500 millions d’individus qui serviront d’esclaves. On me rit au nez si souvent lorsque j’affirme ce genre de choses.

Georges Orwell dans 1984 affirme qu’ « En ces temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire ». Mais « 1984 » n’est plus une fiction depuis longtemps, c’est devenu notre réalité.
Ma difficulté première est que je ne suis rien, ni personne. Aujourd’hui, en France, si vous êtes sans travail, vous n’êtes personne. Et perso, je cumule ; sans emploi donc sans revenus, bientôt sans dents, je survie grâce au fait que mon mari perçoit une retraite de 1644 €. J’ai donc dû me persuader que je pouvais être utile dans le cadre d’un changement de paradigme et que je pouvais agir dès maintenant. Si je ne suis rien dans cette société là ; Cela n’a aucune importance. Par ailleurs, le fait que je ne possède rien se révèle un avantage, certes je suis invisible, mais je suis libre. Libre de penser, d’agir, de parler et d’aller où le vent me portera.

Formatée depuis ma naissance, comme beaucoup, sous le leitmotiv ; Obéis, tais-toi, consomme, baisse les yeux, obéis, marie-toi, consomme, tais-toi, baisse la tête, obéis, fais des enfants, tais-toi, consomme, travaillesobéis, tais-toi, consomme… J’ai malgré tout passé beaucoup de temps devant la télévision, seule, et à l’époque il n’y avait pas cette censure du « Je suis Charlie ». Certes elle était là en filigrane et ceux qui se croyaient en Démocratie, sous Pompidou, sous Giscard, étaient parfaitement intégrés au Système. Malgré une éducation catholique (j’ai été baptisée puis fait ma communion comme mon frère et ma sœur, suis allée en colonie de vacances avec les bonnes sœurs à Barneville-Carteret) je n’ai jamais cru en Dieu et pire très tôt je me suis rebellée contre l’église. Et tout de suite j’ai été moquée. Comme je lisais beaucoup, je me suis intéressée très tôt à l’égyptologie et instinctivement le narratif de l’époque, la chronologie des temps me paraissait étrange. Et puis, tout de suite j’ai été passionné par les peuples amérindiens.

Je précise que je suis d’origine espagnole par mon père et italienne par ma mère.
La découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb m’a d’emblée captivée mais pas pour les mêmes raisons que mes petits camarades. J’ai dévoré l’histoire du dernier empereur Aztèque Montezuma même si elle était racontée par les vainqueurs j’ai dès ce moment senti la problématique de la doctrine chrétienne de la découverte.
J’avais tout de même un voile devant les yeux ; Je me suis mariée, civilement, je n’ai pas fait baptiser mes enfants, mais j’ai subi la pression de la société en me mariant et en faisant des enfants. Alors que je pense sincèrement que c’est une aliénation à laquelle nous souscrivons volontairement sous prétexte que nous sommes « programmés » pour cela. Non, c’est des conneries tout cela ; Rien ne nous oblige à nous marier et à faire des enfants si nous n’en avons pas envie, or aujourd’hui vous devez vous justifier si vous ne voulez pas d’enfant. Obligation, pour une femme, puis pour un couple qui se marie, de faire des enfants. Je regrette, mais pour moi, faire un enfant est à la portée du premier débile venu et rien ne devrait nous contraindre à faire des enfants pour faire comme tout le monde. C’est pourquoi je pense que nous devrions être libres de nos choix ; Ce qui n’est absolument pas le cas aujourd’hui puisqu’on nous bassine à longueur de temps que notre modèle de société judéo-chrétien est un modèle exceptionnel à l’exemple de l’Empire Zunien.

En fait, le Système nous balise le terrain pour nous conduire là où il veut que nous allions et si c’est vrai pour le vote, c’est vrai pour tout !
Germait alors en moi l’idée d’agir pour me faire débaptiser et le faire en contestation de la doctrine chrétienne de la découverte. J’avais envie de remuer les braises de l’histoire amérindienne car pour moi l’empire Zunien, tel qu’il s’était construit, l’avait fait sur un mensonge, sur un génocide, dès 1492.

C’est alors que j’ai rencontré la pensée Mohawk par l’intermédiaire du blog Résistance71. Grâce à la Fédération Nationale de la Libre Pensée (FNDLP), j’avais pris connaissance de la tentative de plusieurs personnes pour demander la radiation de leurs noms du Registre des baptêmes. C’est pourquoi j’ai décidé de faire radier mon nom de ce même registre de l’Église Catholique Romaine, en dénonçant l’acte de baptême lui-même qui avait servi à planter les racines doctrinaires de la découverte chrétienne donnant aux Chrétiens l’autorité pseudo-légale de circonvenir à la propriété non-chrétienne et aux droits de souveraineté depuis le XVème siècle et jusqu’à aujourd’hui puisque le pape François refuse de révoquer les bulles Romanus Pontifex du 8 janvier 1455 et Inter Caetera du 4 mai 1493.

Ce que je ne savais pas à l’époque c’est que l’Église Catholique Romaine refusait de radier votre nom du registre des baptêmes, même si vous lui demandez poliment et gentiment. L’église considère le baptême comme « un évènement historique” qui s’est tenu à la demande de vos parents alors que vous étiez encore mineure, évènement qui ne préjuge en rien de ce que sont vos convictions une fois parvenue à l’âge adulte, vous laissant libre de votre cheminement dans le sens indiqué dans votre correspondance. Il apparaît ainsi que les registres de baptêmes attestent en chaque acte, qui porte la signature de plusieurs témoins, un évènement public et historique, indéniable. Un fait historique ne s’efface pas. L’acte ne peut de ce fait être rendu illisible ni être effacé. Il faut remarquer que le registre n’est pas publiquement consultable ni communicable. Il n’est pas accessible à des tiers.

De plus la Cour de Cassation de Paris a rejeté un pourvoi le 19 novembre 2014. » Tout le monde peut consulter sur internet l’arrêt N°1441 du 19 novembre 2014 et comprendre que la Justice Française légitime le refus de l’Église Catholique Romaine de procéder à la radiation d’un nom du registre des baptêmes au mépris de la loi qui ordonne la séparation de l’Église et de l’État (1905) sacralisant du même coup l’acte de baptême et conférant force de loi au dit registre ; tout comme le juge de la Cour Suprême des Etats-Unis John Marshall, qui en en 1823 a légitimé la doctrine chrétienne de la découverte dans son rendu du jugement de l’affaire  Johnson contre M’Intosh.

Dans le même temps, j’ai eu connaissance de cet expatrié français en Allemagne qui se déclarant athée se vit prélever plus de 500 € d’impôts sur son salaire, en paiement de l’impôt sur le culte de l’église catholique romaine pour cause de baptême. Cet article est lisible sur internet.

Sur le site de la Fédération Nationale de la Libre Pensée vous pourrez prendre connaissance de la réponse qui a été faite à cette personne par le diocèse de la Catholicité en Allemagne. Je n’invente rien, je n’exagère rien.
Forte de tous ces éléments, j’ai adressé un courrier à la Cour de cassation de Paris à la Présidente qui rendît l’arrêt n° 1441 du 19 novembre 2014. Ce courrier fut envoyé en contestation de la décision rendue et compte tenu des réponses qui m’ont été faites par le Diocèse de la Catholicité concernant ma demande de radiation de mon nom du registre des baptêmes et de l’introduction de nouveaux faits par l’article de presse concernant cet expatrié français en Allemagne.

Si je ne suis rien, ni personne, j’en ai parfaitement conscience. Force est néanmoins de constater que la Fédération Nationale de la Libre Pensée n’a pas plus de poids que moi dans ces affaires ; Aucune réponse ne m’a jamais été faite, soit, mais, la FNDLP n’a pas avancé d’un pouce sur le même sujet, bien que traitant directement avec le Ministère de la Justice.

La justice française, se moque de nous. Ce n’est qu’une Institution et nous n’avons rien à attendre d’une institution, surtout pas la justice.
Les archives de la catholicité m’ont adressé un dernier courrier ayant pour objet : “Apostasie”, m’informant qu’ils avaient bien pris acte de ma volonté de ne plus appartenir à l’Église Catholique, joignant une copie certifiée conforme à l’original d’extrait d’acte de baptême portant en marge « A renié avec force et en conscience son baptême par lettre datée du 2 avril 2015 ».
Pour beaucoup, tout ceci est vain, inutile, pire blasphématoire…
Pourtant, je considère par cette simple action, me libérer des chaînes que le Système nous pose dès notre naissance et que nous conservons volontairement par peur. Peur qui nous est ensuite distillée toute notre vie et tant que nous l’acceptons.

Cette action n’est pas inutile. Je ne la regrette pas. Elle me permet de me tenir aux côtés des peuples originels Amérindiens, Africains, Kanaks, Aborigènes, païens et infidèles du monde qui refusent d’être colonisés à tout jamais par tous mâles blancs et au nom du Christ depuis les siècles des siècles et pour les siècles des siècles.

Par cette action, je signifie à l’Église Catholique Romaine que je refuse que mon nom soit pour l’éternité complice des crimes de sang faits au nom de leur Dieu, en tout temps et en tout lieu.
Je dénonce les fondements religieux des lois établies à l’encontre des nations autochtones et qui prévalent encore aujourd’hui, à savoir l’affirmation de la doctrine chrétienne de la découverte dont le concept de titre par la découverte était fondé sur la même idée que les terres occupées par les païens et infidèles étaient ouvertes à toute acquisition par les nations chrétiennes.
Je me tiens aux côtés du peuple Palestinien qui subit violement depuis la naissance d’Israël une colonisation sur le mythe historiquement infondé de la Terre promise !
En fait très tôt j’ai compris que l’Empire Anglo-Américain, que j’appelle les Zunies, s’est construit sur ce présupposé : « Le colonialisme occidental depuis le XVème siècle jusqu’à aujourd’hui, est fondé sur une doctrine religieuse, raciste, eurocentriste, hégémonique et génocidaire : La doctrine chrétienne dite de la « découverte », édictée et codifiée dans les bulles papales Romanus Pontifex de 1455 et Inter Caetera de 1493. » Et comme nous ne vivons bien évidemment pas dans un monde « postcolonial », comme l’idéologie dominante voudrait nous le faire croire, les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et bien sûr Israël, sont des pays coloniaux, dirigés par des gouvernements coloniaux. Leur pseudo-légalité est fondée sur la jurisprudence de décisions de cours suprêmes (Johnson vs McIntosh, Marshall, 1823), toutes émanant de la doctrine chrétienne de la découverte, devenue dogme fondateur de la société coloniale occidentale et de mythes bibliques concernant ces nations et Israël.



C’est pourquoi, il m’a paru juste d’initier un mouvement pour permettre à celles et ceux qui le veulent de se faire débaptiser et de le faire en contestation de la doctrine chrétienne de la découverte qui prévaut encore aujourd’hui puisque les États-Unis, tout comme Israël, se présentent comme le Nouveau Monde dédié au Nouveau “peuple élu”.

Même si je ne suis qu’un grain de sable dans le rouage du NOM. Nombreux, nous pouvons enrayer la machine, par notre questionnement, par la remise en cause des dogmes, par de simples actions ;
Sans haine, sans violence, sans armes. Au nom d’aucun dieu, ni d’aucun maître, chacun par sa réflexion peut initier un changement de paradigme. Il nous appartient ensuite de nous mutualiser, de nous interconnecter afin que cette idée prenne vie et avance. Si nous sommes sincères et déterminés, notre idée nous survivra. Pour ma part ; Il est temps…

 

= = =

 

Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance d’être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

Articles connexes: A lire et diffuser sans modération

« Païens en terre promise, décoder la docrine chrétienne de la découverte »  (Steven Newcomb)

Questions aux chrétiens sur leur doctrine de la découverte

Les églises chrétiennes dans le génocide des pensionnats pour Indiens au Canada entre 1867 et 1996 (Kevin Annett)

Les bulles Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493)

Réflexions sur les bulles papales Romanus Pontifex et Inter Caetera, fondement de la doctrine chrétienne de la découverte et du colonialisme occidental

Colonialisme et luttes indigènes

Constitution de la Confédération Iroquoise (XIIème siècle)

 

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Résistance au colonialisme occidental: Mémo sur la doctrine de la découverte…

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Ceci est à lire en complément de notre traduction du texte de Newcomb « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » (2008) et notre article très récent sur la fumisterie des « excuses » du pape François aux peuples et nations amérindiens en Bolivie.

~ Résistance 71 ~

 

Mémo sur la doctrine de la découverte

 

Steven Newcomb, 2014

 

Pour en savoir plus sur l’Indigenous Law Institute, Click Here.

La doctrine de la découverte a t’elle déjà été abrogée, rendant ainsi futile la résolution proposée ?

Il n’est pas possible d’abroger, d’annuler une doctrine de domination qui a été institutionnalisé et imbriquée dans la fabrique même de bien des sociétés dans le monde. “Abrogation” est un non-sens lorsque cela s’applique à une doctrine, qui est essentiellement “un enseignement ou une façon de penser”. C’est pourquoi nous n’avons jamais appelé pour une telle action. Ce que nous avons fait au sein de l’Indigenous Law Institute depuis 1992, est d’appeler la papauté (alors Jean-Paul II) de révoquer de manière formelle la bulle Inter Caetera du 4 Mai 1493, un édit qui appela à la subjugation et au renversement des “nations barbares”. Ceci et un autre language de domination et de déshumanisation furent dirigés contre nos nations et peuples de ce continent et ailleurs dans le monde. Cet appel à la révocation d’un édit est un appel pour une action très spécifique de la papauté contre un document très spécifique qu’elle a émis, document qui est la preuve de l’utilisation par l’église d’un paradigme de domination et de déshumanisation.

Comme le pape Alexandre VI, en tant que vicaire du christ sur terre a émis ce document au nom du saint siège, le pape François 1er est bien la bonne personne pour prendre en charge cette affaire. Mais quelle est exactement l’affaire de notre point de vue ? C’est le fait que le saint siège a déchaîné sur le monde un paradigme de domination codifié dans le language que l’on trouve dans bien des bulles papales remontant des années 1430 (les îles Canaries et le génocide commis contre les Guanches) jusqu’à 1514. La bulle Dum diversas de 1452 instruit le monarque portugais à aller en terres non-chrétiennes comme l’Afrique et “d’envahir, de capturer, de vaincre et de subjuguer tous les Sarazins, païens et autres ennemis du christ, de réduire leurs personnes en esclavage perpétuel et de saisir toutes leurs possessions et propriétés.” Ce même language fut répété et incorporé dans des bulles ultérieures et la dernière, émise par le pape Léon X en 1514, incorpora bien des bulles papales précédentes et leur language idoine. 2014 est le 500ème anniversiare de la publication de ce document.

Les bulles papales, comme celle de 1493 (Inter Caetera) utilisent des expressions telles “Dominorum Christianorum” (dominateur chrétien), rendant plus qu’évident le paradigme de domination qui a été utilisé contre nos peuples et nations originels libres et indépendants de droit et ce depuis maintenant plus de cinq siècles. D’après le livre du professeur Luis Rivera A Violent Evangelism (1992), la bulle papale de 1493 n’a pas établi in précédent, parce qu’elle fut précédée des bulles émises pour le Portugal. Celle de 1493 donna aux monarques espagnols la domination sur les terres indiennes “à perpétuité”.

Lorsque j’ai voyagé avec deux collègues aux archives des Indes occidentales qui sont maintenues dans la ville de Séville en Andalousie (Espagne) au mois de Mai dernier, on nous a donné l’autorisation de voir et de consulter deux documents originaux d’époque des bulles papales de Mai 1493. Au verso de l’un des documents, nous avons pu y lire une note du secrétariat royal disant que ce document était une concession du pape pour “gagnaran y conquestaran de las Indias” (“pour vaincre et conquérir les Indes). Une décision a été prise par la papauté. En d’autres termes, de divulguer et d’étendre la “foi chrétienne” par le moyen de la guerre. Une phrase clef du document du 4 Mai 1493 est celles-ci: “Nous croyons en Lui, de qui empires et gouvernements et toute bonnes choses proviennent.” Dans la version latine, le mot employé pour “gouvernements” est “dominationes”. Ceci une fois de plus, est un indicateur du paradigme de domination mis en place de manière croissante et diffusé sous la bannière du christianisme et de l’église catholique.

Vous avez reçu le Memorandum de 2008 que j’ai écrit et que j’ai personnellement délivré à l’assistant du nonce apostolique du saint siège à l’ONU, Mgr Migliore. C’est un document que les avocats du saint siège ont décidé d’ignorer et de ne pas y répondre. L’un d’entre eux ainsi que le successeur de Mr Miglione m’ont dit verbalement, que nous ne recevrions pas de réponse concernant les points que j’ai évoqué dans le Memorandum. Les privilèges et la domination qui furent donnés aux monarques d’alors, le furent “pour toujours” et “à perpétuité”. Il semble donc très idiot venant des représentants contemporains du saint siège d’affirmer que le language de domination utilisé dans les bulles a été “abrogé” bien des fois et de bien des façons, par implication ou par accords entre puissances civiles que sont l’Espagne et le Portugal. Plus important encore, le saint siège n’a jamais reconnu publiquement le language de domination et de déshumanisation qu’il a employé et déchaîné contre nos peuples et nations originels et contre le monde il y a des siècles de cela. C’est ce qui a permis de construire toute la sémantique et les schémas comportementaux de domination et de subordination qui continuent à être utilisés aujourd’hui contre nos peuples et nations libres et indépendants de droit.

Nous sommes tous liés,

Steven Newcomb (Shawnee, Lenape)

Indigenous Law Institute

Author, Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery

Traduction en français de larges extraits du livre par Résistance 71, cliquez ici

Pour en savoir plus sur l’Indigenous Law Institute, Click Here.

Résistance politique au colonialisme: La chrétienté source de la chienlit colonialiste moderne…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , on 1 mars 2015 by Résistance 71

« Transposer un sens éthique et cette idée sur un plan de philosophie politique concise est difficile, car cela résiste l’institutionnalisation…  Je pourrai suggérer un point de départ en conceptualisant une forme d’anarcho-indigénisme. Pour prendre racine dans l’esprit des gens, la nouvelle éthique doit capturer l’esprit du guerrier dans la bataille et l’amener en politique. Comment peut-on décrire cet esprit en terme contemporain en relation à un mouvement politique ? Les deux éléments qui viennent à l’esprit sont « indigène », évoquant l’enracinement culturel et spirituel dans cette terre et la lutte Ongwehonwe pour la justice et la liberté et le philosophie politique et le mouvement qui est fondamentalement anti-institutionnel, radicalement démocratique et focalisé à agir pour forcer un changement de société: l’anarchisme.« 

~ Taiaiake Alfred ~

 

Le contexte des traités avec les nations indiennes

 

Steven Newcomb

 

27 Février 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/02/27/context-indian-nation-treaties

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le National Museum of the American Indian (NMAI) a créé une exhibition importante et visuellement captivante appelée “De nation à nation: Les traités entre les Etats-Unis et les nations amérindiennes”. Cette exposition s’est ouverte le 21 Septembre 2014 et durera jusqu’à l’automne 2018. Un résumé sur le site internet du NMAI stipule: “Les traités sont au cœur de la relation entre les nations indiennes et les Etats-Unis,” et que l’exhibition sur les traités explique “l’histoire de cette relation, incluant l’histoire et l’héritage de la diplomatie états-uno-amérindienne de la période coloniale à nos jours.

Il y a, quoi qu’il en soit, une importante question qui n’est bien évidemment pas posée par l’exposition du musée: Pourquoi les traités avec les nations indiennes ne sont-ils pas classifiés de la même manière que les traités des Etats-Unis avec des nations comm,e par exemple, la Grande-Bretagne, la France ou l’Espagne ? Une explication du cadre utilisé par les Etats-Unis, et toujours utilisé aujourd’hui, pour interpréter les traités établis avec nos nations indiennes “originelles” a été publiée en 1848. Elle fut publiée “sous l’autorité du congrès des Etats-Unis” dans le Volume II des statuts publics généraux des Etats-Unis: “The Public Statutes at Large of the United States of America,” qui fut mise en page et éditée par l’avocat Richerd Peters.

Le Volume II est intitulé “Traités entre les Etats-Unis et les tribus indiennes” / “Treaties Between the United States and the Indian Tribes,” caractérisant de la sorte les traités avec les Indiens comme n’ayant pas été faits avec des nations indiennes… A leur crédit, disons que les curateurs de l’exposition du NMAI mettent en contradiction dans leur exhibition sur les traités, cette attitude vis à vis des termes “nation à nation” et “Nations Indiennes Américaines”.

Dans la table des matières du Volume VII des “statuts généraux”, sous la “Liste des traitées entre les Etats-Unis et les tribus indiennes”, Peters écrit: “ les principes généraux reconnus (sic) par la cour suprême des Etats-Unis en relation avec les tribus indiennes” et note en page une qu’il s’était senti obligé de commencer le livre avec une information expliquant comment “des traités entre les Etats-Unis et des tribus indiennes” sont interprétés du point de vue des Etats-Unis. Une partie de cette explication implique ce qu’il appelle “les principes généraux qui ont été reconnus (sic) par la cour suprême des Etats-Unis et les tribus indiennes”, et “le titre indien des terres qu’ils occupent”.

Le corps de ce VIIème volume des statuts généraux commence avec “l’affaire de Johnson et de Graham Lessee contre William McIntosh, rapports de Wheaton 8”, dont le rendu fut écrit par le juge de cour suprême John Marshall. Il reproduit ensuite, presque verbatim, la quasi totalité de la décision de l’affaire Johnson contre M’Intosh en 1823. Cette décision est bien évidemment conçue et fondée sur ce que le juge Marshall a appelé “le droit à la découverte, confiné aux pays chrétiens, des terres alors inconnues du peuple chrétien”.

Plus tard, citant Etats-Unis contre Clarke, 9 Peters, 168, Peters écrivit que “le prix ultime était dans la couronne et ses allotements”, sujet au “droit de possession indien” . Le terme “prix ultime” d’après le dictionnaire légal Black, veut dire “titre complet et absolu”. “un “prix” (NdT: “fee” dans le texte original anglais…) est “propriété permanente et absolue, détenue par un seigneur supérieur.” Il continue: “ceci a la même signification que celle du domaine féodal et son concept de seigneurs féodaux et leurs sujets ainsi que dans l’idée de la relation du roi avec des terres “vacantes”, c’est à dire des terres de nations non-chrétiennes.

Peters, citant toujours Etats-Unis contre Clarke, se réfère à “une règle légale établie en Angleterre, qui de par sa prérogative, disait que le roi etait l’occupant universel de toutes terres vacantes dans ses domaines et avait le droit de les donner comme bon lui semblait, prérogative également valide au travers de la volonté de ses administrateurs dûment autorisés.” Cette explication est en accord avec la déclaration du juge suprême Marshall dans le rendu de Johnson contre M’Intosh: “D’après la théorie de la constitution britannique, toutes les terres vacantes sont reversées à la couronne, comme représentante de la nation et le pouvoir exclusif de le faire est admis résider dans la Couronne en tant que branche de la prérogative royale. Il a déjà été montré que ce principe était aussi reconnu en Amérique que sur l’île de Grande-Bretagne.

Marshall dit plus avant à la cour: “En virginie donc, aussi bien que n’importe où ailleurs dans les dominions britanniques, le titre complet de la Couronne sur les terres vacantes était reconnu. Aussi loin que va le respect de l’autorité de la couronne, aucune distinction ne fut faite entre les terres vacantes et les terres occupées par les Indiens. Le titre de propriété, soumis seulement aux limites du droit d’occupation des sols par les Indiens, fut admis être investi dans la personne du roi, tout comme ce fut son droit d’attribuer ce titre. Les terres auxquelles cette proclamation se référait étaient donc des terres que le roi avait le droit d’attribuer ou de réserver aux Indiens.

La déclaration de la cour suprême des Etats-Unis disant que la couronne britannique n’avait fait aucune “distinction” “entre les terres vacantes et les terres occupées par les Indiens”, fut clarifiée plus avant par Benjamin Munn Ziegler dans son livre: The International Law of John Marshall. Comme le dit alors Ziegler: “Aussi loin que fut respectée l’autorité de la couronne, aucune distinction ne fut faite entre les terres vacantes et les terres occupées par les Indiens” (p.46). Il nota ensuite en passant: “Le terme “terres inoccupées”, réfère bien sûr aux terres en Amérique qui “étaient occupées par les Indiens” lorsqu’eles furent découvertes, mais elle étaient “inoccupées” par des chrétiens…”

Voilà… Les territoires traditionnels de nos nations originelles étaient des “terres inoccupées par des chrétiens” (NdT: conformément aux bulles papales du XVème siècle, elles pouvaient être saisies, volées, usurpées..) est la réponse à la question du pourquoi le gouvernement des Etats-Unis ne classifie pas les traités avec nos nations de la même manière que ceux qu’ils établirent avec des nations comme la Grande-Bretagne, France ou l’Espagne ou tout autre pays. Les traités établis par les Etats-Unis avec les nations indiennes furent des traités établis avec des nations non-chrétiennes. L’historien Francis Jennings a résumé cette attitude de manière succinte dans son “The Invasion of America” lorsqu’il y dit ceci: “ La condition de sauvagerie impliquait plus qu’une sensibilité esthétique et le juge suprême (Marshall) d’un pays embrassant la séparation de l’église et de l’état pouvait montrer aucune préoccupation officielle au sujet de manque de chrétienté des Indiens comme critère de leur statut légal.” Nous devrions ajouter ici “et de leur statut politique”.

Les Etats-Unis ont utilisé le “manque de chrétienté” de nos ancêtres comme critère de jugement du statut politique de nos nations et des traités, le tout devant être subordonné à la “souveraineté” et la “domination” prévalentes des Etats-Unis. Tandis que les curateurs du NMAI méritent des félicitations pour avoir cadré l’exposition dans les termes de nos “Nations”, un grand pas en avant serait de parvenir à focaliser l’attention publique sur le fondement religieux chrétien bigot issus de la bible qui est sous-jacent à la loi et la politique fédérales indienne et qui fut rendu possible par le moyen des décisions de la cour suprême des Etats-Unis dans les affaires Johnson contre McIntosh (1823) et Tee-Hit-Ton Indians vs United States de 1955.