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L’empire n’a pas de territoire… Il a usurpé la terre ancestrale au nom d’un dogme religieux raciste: la doctrine de la « découverte chrétienne »… (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 4 septembre 2014 by Résistance 71

Là réside comme nous l’avons dit à maintes reprises LA solution au problème colonial qui culmine avec l’empire anglo-américain actuel. La « nation indispensable », la « lumière sur la colline », la nation à la « destinée manifeste » au peuple élu (en concurrence avec .. l’autre…) pour « régner sur le monde », tel que cela est énoncé dans la doctrine américaine, est fondée sur un vol et un génocide. La nation, l’entreprise commerciale, Etats-Unis d’Amérique, n’a aucune légitimité territoriale. Question: Comment amener le « droit international » à le reconnaître ?

Dénoncer les atrocités et l’hégémonie économico-politique mondiale de l’empire ne fait que s’attaquer aux symptômes. Il faut le dire, mais adresser la racine du mal, la racine profonde du problème, c’est s’adresser à l’enfumage, à l’escroquerie légale qui entoure les fondements juridiques mêmes de la création de cette entreprise pirate. Steve Newcomb, légiste Shawnee, lève le voile sur une partie du problème en partant d’un problème concret de société, ironiquement lié à la société du spectacle yankee.

Pour faire cesser la gangrène impérialiste, il faut adresser le problème de la terre, des territoires et déposséder l’empire de la terre usurpée. Sans territoire, un empire s’effondre dans l’instant, sa structure implose. Les Indiens des Amériques ont entre leurs mains ce pouvoir de faire imploser l’empire. Les Aborigènes d’Australie, les Maoris de Nouvelle-Zélande, et tous les peuples dépendant toujours de la « couronne » de la City de Londres et de son Commonwealth colonial, l’ont également.

Aidons-les. Là réside la première partie de la solution à nos problèmes !

— Résistance 71 —

 

La vision panoramique au delà de l’affaire des “Red Skins”

 

Steven Newcomb

 

29 Août 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/08/29/big-picture-beyond-redskins-issue

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note du traducteur: Il y a plusieurs mois, une plainte suivie d’une forte campagne de lobbying a vu l’équipe de football de la NFL des Washington “Red Skins”, devoir abandonner son logo et sa “mascotte” jugés, à juste titre, racistes. “Red Skins” veut dire “Peaux Rouges” en anglais. Cette affaire a défrayé la récente chronique et a divisé l’Amérique. Dans l’article ci-dessous, le légiste Shawnee Steven Newcomb, fondateur de l’Ingigenous Law Institute, va au-delà de cette affaire et remonte comme il devrait toujours être fait, aux origines de ce qui est fondamental pour certains et anecdotique pour d’autres… Ce qu’on pourrait penser être une réaction puérile concernant le logo d’une équipe de sport rejoint la dimension fondamentalement raciste sur laquelle est fondée cette nation des Etats-Unis d’Amérique et dont les ramifications ont aujourd’hui une portée mortifère mondiale… Plongeon donc dans le linge sale d’une nation coloniale…

L’article le Susan Shown Harjo dans le numéro du 23 Juin de Politico, “The R-Word Is Even Worse Than You Think,” au sujet du problème avec l’équipe de la NFL de Washington D.C était excellent. Et pourtant, je me demande pourquoi la controverse n’est pas connectée et liée de manière plus générale à la “vision panoramique” à avoir du pays indien. Après tout, le problème des “Red Skins” et de leur mascotte est définitivement un symptôme d’une cause bien plus profonde ; une cause qui s’est manifestée dans tous les domaines de la société aux Etats-Unis et ce, jusqu’en haut de la pyramide légale que représente la Cour Suprême des Etats-Unis.

Cette cause sous-jacente provient, à mon sens, du fait que les Etats-Unis, en tant qu’empire américain, ont été fondés et construits sur la base de la domination et de la déshumanisation de nos nations originelles et de nos peuples. Mlle Harjo illustre ceci avec une phrase clef dans son article. Elle fait remonter le problème “au temps où les colonies, les entreprises commerciales et quelques états récompensaient au moyen de primes l’extermination des autochtones en prouvant une “mort d’Indien” avec la “peau rouge” sanglante”. Elle illustre par là même la domination et la déshumanisation de nos nations et peuples originellement libres de droit.

Le droit présumé de dominer et de déshumaniser nos nations et nos peuples est profondément ancré dans le psyschisme américain. Le racisme et la bigoterie religieuse judéo-chrétienne contre nos nations sont intimement tissés dans la fabrique même des institutions politiques et légales des Etats-Unis et de cette manière cela ne va pas se terminer de si tôt. Permettez-moi de vous fournir un exemple très concret:

Dans la décision de la cour suprême des Etats-Unis sur l’affaire Michigan vs Bay Mills Indian Community du 27 Mai 2014, à la fois la majorité et la minorité de la cour ont utilisé de manière explicite le mot “subjugation”, un terme qui veut dire “domination”, se référant à la relation du gouvernement des Etats-Unis avec nos nations et peuples originellement libres. Quelle fut la réponse du pays Indien ? L’utilisation par la cour d’un cadre de domination pour sa décision n’a apparemment pas causé la plus petite émotion parmi les leaders du pays indien.

Pas une seule organisation indienne majeure est sortie du lot et a décrié la majorité de la cour suprême disant que subjugation veut dire la “subjugation” de nos nations et de nos peuples “à la volonté du gouvernement fédéral”. Nous n’avons pas vu non plus une contestation publique du désaccord du juge Thomas dans l’affaire Bay Mills (rejoint par Alito, Ginsberg et Scalia) qui dit: “Malgré la subjugation des tribus indiennes à l’autorité et à la protection des Etats-Unis, ce tribunal les a qualifié de “nations domestiquement dépendantes” qui gardent des attributs limités de leur souveraineté historique ?”

Cela ne devrait pas être bien difficle d’utiliser toute l’attention gagnée par l’affaire des “Red Skins” et de ses mascottes pour aussi montrer au public ce point clé: C’est à cause du précédent de l’affirmation par l’ancien testament du gouvernement d’un droit à la découverte chrétienne et de domination qui ont mené nos nations à être définies par la cour suprême de “nations domestiquement dépendantes”.

La majorité et la dissidence de la cour suprême dans l’affaire de Bay Mills ont tous deux cité la phrase: “nations domestiquement dépendantes” depuis le rendu de l’affaire Cherokee Nation vs Georgia (1831). Cette phrase dans Cherokee nation… remonte à une phrase du rendu Johnson contre McIntosh (1823): “Elles (les nations indiennes) occupent un territoire sur lequel nous avons un titre de propriété indépendant de leur volonté…” Notez bien qu’il n’est pas dit que nos nations existaient libres et indépendantes sur nos propres territoires. Il est plutôt dit qu’elles “occupaient” un “territoire” pour lequel les Etats-Unis affirmaient avoir un titre de propriété. La cour suprême a dit que les Etats-Unis avaient clâmé un “titre de découverte” fondé sur l’affirmation d’un “droit à la découverte”.

Le juge suprême John Marshall expliquait dans un rendu unanime de la cour dans l’affaire Johnson contre M’Intosh la base pour les Etats-Unis justifiant une forme de titre de propriété sur les territoires de nos nations. Le juge Marshall, au nom d’une cour unanime, a dit que les nations d’Europe ont affirmé le titre de propriété des terres “alors inconnues de tout peuple chrétien” (NdT: En accord avec la bulle papale de 1493 Inter Caetera) et a dit “qu’elles avaient pris possession, assumé le titre de propriété” en “affirmant leur droit de prendre possession” de ces terres non-chrétiennes.

Les terres des autochtones “qui étaient des païens infidèles” a dit Marshall, ont été sujet à une assertion, par “le peuple chrétien”, de droit de possession. Par un accord commun des nations européennes, seul “le titre préalable d’un autre peuple chrétien qui aurait pu faire la découverte” avait à être reconnu.

Joseph Story était un assistant juge à la cour suprême lorsque l’affaire Johnson contre M’Intosh fut jugée et le rendu fut émis. Il était aussi un ami très proche du juge Marshall. Des années plus tard, dans deux des livres que Story écrivit, il expliqua le raisonnement derrière la décision de Johnson contre M’Intosh. Dans son livre A Familiar Exposition of the Constitution of the United States, Story demanda: “Comment alors, pourrait-on se demander, les nations européennes ont-elles acquis le titre général de propriété qu’elles ont toujours affirmé avoir sur la totalité du sol de l’Amérique, y compris sur les terres occupées par les tribus indiennes ?

Il répondit: “La seule réponse possible est la propre assertion des nations européennes qu’elles ont acquis un titre général de propriété sur la terre en vertu d’avoir été les premiers à découvrir cette dite terre ou en d’autres termes, que leur titre était fondé sur le droit de découverte.” En d’autres termes, les nations européennes “découvreuses” ont acquis de manière supposée le titre de propriété général qu’elles affirmaient posséder, simplement en affirmant qu’elles avaient acquis ce titre. Bizarre, bizarre.

Les mots de Story “le droit de découverte” correspondent à l’utilisation par le juge Marshall de ces mêmes mots dans le rendu de la décision de l’affaire Johnson contre M’Intosh

Le droit de découverte donné par cette commission (John Cabot) est confiné aux pays “alors inconnus au peuple chrétien” et de ces pays, Cabot avait l’autorisation d’en prendre possession au nom du roi d’Angleterre. Ainsi s’arrogeant le droit de prendre possession des terres nonobstant l’occupation par les autochtones, qui étaient païens et en même temps admettant le titre de propriété de tout peuple chrétien ayant fait la découverte au préalable.

De manière importante, et contrairement a ce que bien des universitaires contemporains ont écrit, le juge Story a expliqué que la “conquête” n’était pas la base de l’assomption du droit de découverte. Une logique différente fut utilisée. Celle-ci fut expliquée par Story dans ses “Commentaries on the Constitution of the United States” (1833) de la façon suivante: “parce qu’ils étaient considérés comme païens, infidèles et sauvages, les Indiens n’eurent pas le droit de posséder les prérogatives appartenant aux nations absolues, souveraines et indépendantes.”

Ainsi, le “droit de découverte” se réfère au “peuple chrétien” s’étant arrogé le droit de prendre possession des terres des “païens” (nos ancêtres libres et indépendants non-chrétiens). Les terres des non-chrétiens étaient soumises à la saisie d’une nation chrétienne au nom d’un droit de possession, qui incluait un présumé droit de domination par “le souverain”. C’est ce que la cour suprême appelle le “droit de la découverte”. De manière remarquable, à la fois la majorité et la dissidence votant dans l’affaire Michigan contre Bay Mills Indian Communities, en citant Cherokee Nation contre Georgia qui remonte à Johnson contre M’Intosh de 1823, a utilisé le droit chrétien de la découverte (NdT: qui remonte aux bulles papales du XVème siècle Romanus Pontifex et Inter Caetera…) comme cadre légal de la notion de domination/subjugation dans leurs décisions de justice de l’année 2014.

Les nations chrétiennes d’Europe et leurs successeurs, ont imposé sur nos ancêtres libres et souverains des concepts tels que ceux “d’infidèles, de païens et de sauvages”. Le juge Story révèle que cette imposition de terminologie de domination faisait partie de la logique utilisée par la cour suprême des Etats-Unis pour définir le titre foncier de nos nations comme n’étant que “seulement d’une simple occupation des sols”. L’imposition de ces définitions dominantes et déshumanisantes ont aussi mené nos nations à être définies dans Cherokee Nation vs Georgia et plus récemment dans l’affaire de Bay Mills, comme “des nations domestiques dépendantes”, le tout basé sur le supposé droit de la découverte chrétienne.

Comme ci-dessus mentionné, dans l‘affaire Bay Mills, la majorité des juges a dit que “la subjugation veut dire…” La “subjugation” de nos nations et des peuples à “la volonté du gouvernement fédéral”. Le juge Story remonte ce schéma exact au “droit de la découverte chrétienne” lorsqu’il dit que nos ancêtres “ont été autorisés à être les occupants légaux de la terre et autorisés à une possession temporaire, en étant assujettis à la souveraineté supérieure d’une nation européenne particulière, qui en fait possédait le titre de la découverte.

La cour suprême dans l’affaire Bay Mills n’a pas reconnu que son utilisation du terme “subjugation” en 2014 remonte directement à la “subjugation” des “païens, infidèles et sauvages” des siècles précédents. Il en va de notre responsabilité de mettre au grand jour ce fait. Il n’y a rien qui nous empêche d’utiliser ce point de contentieux à haut profil qu’est l’affaire des “Red Skins” pour faire focaliser l’attention sur le raisonnement raciste et de bigoterie religieuse, qui est utilisé jusqu’à ce jour par le gouvernement des Etats-Unis contre nos nations et nos peuples. Peut-être que cela irriterait plus le pays indien si le gouvernement américain utilisait une mascotte pour illustrer sa domination et sa subjugation de nos nations, spécifiquement si cette mascotte illustrait bien le “droit des chrétiens” de découvrir ce que la chrétienté occidentale considérait comme la “terre promise” par l’ancien testament (bible) de “l’Amérique du Nord”. Tandis que le dôme du capitole de Washington, qui fut construit par des esclaves noirs, n’est peut-être pas la mascotte du gouvernement américain, il est certainement un symbole valide et toujours présent de son système de domination.

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