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Résistance au colonialisme: Frankenstein et les Indiens (Steven Newcomb)

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Frankenstein et les peuples natifs ou l’expression d’une ironie

Le Frankenstein de Mary Shelley sanglota sur les actes ignobles commis par les chrétiens européens [sur les Indiens]

 

Steven Newcomb

 

14 février 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/frankenstein-native-peoples-expression-irony/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A lire: « Païens en terre promise, décider la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, Fulcrum, 2008 (version française PDF, traduction Résistance 71, mise en page JBL1960, 2016)

 

Si ce n’était pas à cause de mon bon ami Peter d’Errico, je ne saurais pas que Mary Shelley mentionne les Amérindiens dans son célèbre livre d’horreur “Frankenstein”. Peter est une des seules personnes que je connaisse qui a en fait lu le livre plutôt que de se référer aux films d’Hollywood sur cette histoire. Dans le “Frankenstein” de Shelly, une jeune Arabe du nom de “Safie” est instruite par son tuteur Félix. Un des livres qui est utilisé pour son éducation est “Ruines d’empire” du Comte Volney. Des leçons, le monstre de Shelley dit: “J’ai entendu parler de la découverte de l’Amérique et j’ai pleuré avec Safie sur le triste sort de ses habitants originels.

Quelle parfaite expression de l’ironie: le monstre de Shelley pleure sur les actes monstrueux commis par les chrétiens européens contre les peuples originels de ce continent, connu sous le nom de “Continent des Amériques”. Il y a une autre ironie en regard du Frankenstein de Mary Shelley, livre qui d’après certains érudits, est un des tous premiers livres de science-fiction: son histoire fut joué en premier lieu sous forme de pièce de théâtre en 1823, la même année que la décision de fiction légale par la Cour Suprême des Etats-Unis dans son verdict de l’affaire Johnson c. M’Intosh, décision qui a eu pour résultat tant de destruction pour nos nations originelles et qui est toujours vu et considéré aujourd’hui comme un précédent légal valide et actif.

La fiction de la CS dans sa décision Johnson c. M’intosh suit ce que John Steinbeck appelait “le schéma de la réalité contrôlé et façonné par la pensée de l’écrivain.La décision de Johnson c. M’Intosh est un schéma de réalité créé par l’esprit du juge John Marshall, utilisant des idées préexistantes et sous-jacentes à la sémantique de la domination que l’on trouve dans la langue anglaise. Une idée que Marshall créa dans son rendu de la décision qu’il écrivit pour la cour unanime, est que la liberté des nations originelles de ce continent a été “nécessairement diminuée” par le “peuple chrétien” supposément en “découvrant” des terres “habitées” par des non-chrétiens (“natifs qui étaient païens”).
Etant donné l’effort de la cour de Marshall pour utiliser l’expression d’idées dans la décision de l’affaire Johnson comme moyen d’essayer de mettre un terme à la liberté des nations originelles du continent, quelle ne fut pas l’ironie du sort de voir que la fameuse cloche de la liberté de Philadelphie se fissura lorsqu’elle résonna lors de la processon des funérailles du juge Marshall, comme l’a décrit Alfred Steinberg en 1835:

“Tandis que la dépouille du juge Marshall était portée dans les rues de Philadelphie vers les embarcadères pour qu’elle soit restituée à Richmond en Virginie, les autorités de la ville lui rendirent un grand honneur. Elles ordonnèrent que la Cloche de la Liberté qui avait sonné l’indépendance des Etats-Unis depuis len beffroi de l’Independance Hall le 4 juillet 1776, sonna en l’honneur du juge Marshall. Durant son carillonage, la cloche se fendit soudain et une grande fissure apparut sur son flanc.”

Quelle synchronicité ironique: la Cloche de la Liberté est morte durant un effort de la faire sonner en l’honneur du juge Marshall, que le peuple des Etats-Unis tient en haute estime, mais qui a tant fait pour tuer la liberté de nos nations originelles. Mary Shelley a utilisé son personnage de Frankenstein comme moyen de commenter de telles injustices. Témoin de l’instruction reçue par le jeune Safie, le monstre pose une question qui semble capturer à merveille la contradiction entre l’injustice de la décision de Johnson c. M’Intosh écrite par le juge Marshall et la haute estime que lui porte le peuple américain.

En parlant des leçons d’histoire dont il a été le témoin, Frankenstein déclare: “Ces superbes narrations m’ont rempli de sentiments étranges. L’Homme fut-il en fait à un moment donné si puissant, si vertueux et magnifique et pourtant à la fois si méchant et vil ?” Le monstre continue avec un commentaire qui semble capturer les vues contradictoires de Marshall, dépendant de la perspective de chacun: “Il apparaît à un moment donné comme un héritier du principe du mal et à un autre moment tout ce qui pourrait être considéré de noble et de divin.” Puis le monstre dit: “Pendant très longtemps je n’ai pas pu concevoir comment un homme pouvait aller de l’avant et tuer un de ses semblables ni même pourquoi il y avait des lois et des gouvernements, mais quand j’ai entendu les détails du vice et du massacre, j’ai cessé de me poser la question…

Ici Frankenstein semble suggérer que ces “détails historiques de vice et de massacre” fournissent une réponse à la question du “Pourquoi y a t’il des lois et des gouvernements ?” Ceci ne répond pas en tout cas à ce que les lois et les gouvernements soient utilisés comme moyens de perpétrer le vice et le massacre, comme nous le trouvons fréquemment dans l’histoire des lois et des gouvernements des Etats-Unis (gouvernement fédéral ET les gouvernements des états) qui sont utilisés contre les nations originelles de ce continent et résultant dans le type d’histoires tragiques aur lesquelles sanglota le monstre de Mary Shelley.

Frankenstein continue ses réflexions et dit: “Chaque conversation des villageois ont ouvert maintenant de nouvelles préoccupations pour moi.” Il continue:

Tandis que j’écoutais l’enseignement que Félix donnait à l’Arabe [Safie], l’étrange système de la société humaine me fut expliqué. J’ai appris au sujet de la division de la propriété, d’immense richesse et de pauvreté abjecte ; du rang, de la descendance, de l’ancestralité et du sang noble.

La propriété est le point de focus de la décision de l’affaire Johnson c. M’Intosh. Marshall l’indiqua lorsqu’il écrivit que “le droit de la société de prescrire ces règles par lesquelles la propriété peut être acquise et préservée n’est pas et ne peut pas être remis en cause.Le verdict de Johnson c. M’Intosh, qui fait partie intégrante du système légale foncier des Etats-Unis d’Amérique a eu pour résultat l’accumulation “d’une très grande richesse” pour les Etats-Unis et une “pauvreté abjecte” pour les nations originelles de ce continent.

Le Dr David Nichols dans son livre Lincoln and the Indians, fournit des détails à fendre le cœur sur ce que les peuples originels ont expérimenté comme résultat de leur appauvrissement sous la colonisation états-unienne de ce sous-continent nord-américain. Dans cet exemple au Kansas, le superintendant des affaires indiennes Coffin “a estimé le nombre de réfugiés indiens être entre 10 à 16 000.” Il a dit au haut-commissaire Dole: “Ils sont dans un état de destitution des plus déplorables, certains d’entre eux sont morts de faim et ont gelé [sic] à mort après la désastreuse bataille.” Nichols note “qu’ils manquent de provisions de toute sorte” et cite un médecin de l’armée américaine qui a décrit le degré de pauvreté extrême et la souffrance des Indiens, dans ce cas précis au Kansas:

Il est impossible pour moi de décrire l’état de délabrement de leur condition. Lere seule protection contre la neige sur laquelle ils s’allongent est l’herbe de la prairie et contre le vent des morceaux et lambeaux de tissus fixés et tendus entre deux poteaux. Certains d’entre eux avaient des vêtements mais beaucoup n’avaient que des vêtements en lambeaux qui ne masquaient pas leur nudité et j’ai même vu sept d’entre eux d’un âge variant entre 3 et 15 ans n’ayant absolument rien pour se couvrir.”

Nichols résume en déclarant: “Il y avait très peu de nourriture et la maladie fit des ravages.” Cette information citée nous ramène aux mots du monstre de Mary Shelley:

Les paroles des leçons m’incitèrent à l’introspection. J’ai appris que les possessions les plus estimées par vos semblables sont une belle et pure ascendance unifiée par des richesses. Un humain peut-être respecté avec seulement un seul de ces avantages, mais sans aucun des deux, il était considéré, à de rares exceptions près, comme un vagabond et un esclave, condamné à gaspiller son énergie pour le profit du petit nombre choisi !

La description fournie ci-dessus du Dr Nichols ne nous donne juste qu’un tout petit aperçu de l’incroyable degré de souffrance qui fut infligé aux peuples et nations originels par le verdict de l’affaire Johnson c. M’Intosh et son héritage, ainsi qu’avec la loi et la politique fédérales indiennes de manière générale. Le Frankenstein de Shelley pose une question qui fournit un cadre de référence pour le verdict de l’affaire Johnson c. M’Intosh et le code de la domination. C’est une question que ceux souffrant et mourant dans les vents glacés des prairies du Kansas auraient pu se poser: “Ai-je été un monstre, une vermine sur la terre, que tout le monde fuyait et déshérité de tous ?

Dressez-vous avec nous à Standing Rock !

Mni Wiconi: l’eau c’est la vie !

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Résistance au colonialisme: Exposer le système colonial de domination s’exerçant même au travers de l’ONU…

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“Toute domination implique une invasion, parfois physique et ouverte, parfois camouflée, l’envahisseur assumant le rôle de l’aide à un ami. En dernière analyse, l’invasion est une forme de domination économique et culturelle… Pour que l’invasion culturelle réussisse, il est essentiel que ceux qui sont envahis deviennent convaincus de leur infériorité.”

“L’authentique libération, le processus d’humanisation, n’est pas un autre dépôt [de connaissance] à être effectué dans l’esprit des Hommes. La libération est une praxis: l’action et la réflexion d’hommes et de femmes sur leur monde afin de le transformer.”

~ Paolo Freire ~

 

La Déclarations des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU n’est pas la base de la fin de la domination

 

Steven Newcomb

 

22 Juin 2015

 

url de l’article:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/06/22/un-declaration-not-basis-ending-domination

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Pour bien des hommes le sentiment de la domination est bien doux…” écrit Leonard Barnes dans on livre “Empire ou démocratie” (1939). James Crawford, dans sa préface du livre d’Antonie Anghie “Imperialism, Sovereignty, and the Making of International Law” (2005), dit qu’Anghie a argumenté que les relations entre l’occident et les ordres politiques non-occidentaux “possèdent des caractéristiques communes”. Ces caractéristiques ont reproduit au fil du temps, “une routine sous-jacente de domination et de subordination.

Crawford explique comment Anghie a documenté qu’au-delà des préoccupations du droit international pour les relations entre les États, il y avait la préoccupation pour les “relations entre les civilisations et les peuples.” Puis Crawford continue en disant: “De plus, ceci furent des relations de domination.” Ceci prend tout son sens à la lumière d’une définition clef du mot “civilisation”, c’est à dire, l’imposition d’une forme particulière de culture sur une population pour laquelle ce schéma culturel est totalement inconnu. La forme culturelle étrangère est imposée par une nation ou un peuple sur d’autres nations et/ou peuples comme moyen de leur imposer un système de domination, système qui doit être constamment gardé et vigilamment défendu par l’État.

“L’avancée de la civilisation”, lorsqu’appliquée aux efforts d’envahir et de subjuguer par la force nos nations originelles (NdT: “primitives” au sens anthropologique du terme, du latin primere: premier, original…) et se saisir de nos territoires, n’est qu’un euphémisme pour l’expression “avancée de la domination”, qui est parfois subtilement déguisée en “marche du progrès”. La logique résultante fut indiquée par l’universitaire de droit du XIXème siècle Charles Salomon qui a dit: “Aucun mot n’est plus vague et n’a été impliqué dans plus de crimes que le mot de civilisation”. Les efforts de dominer nos nations et nos peuples en clâmant de “civiliser” et de “christianiser, évangéliser” nos ancêtres, furent mis en œuvre afin de tenter de forcer nos ancêtres, ainsi que nous comme leurs descendants, dans et sous les règles de l’ordre politique dominant, celui du “civis” ou de la “société civile”. Ce processus fut merveilleusement résumé dans le titre du livre de J.P. Kinny “A Continent Lost—A Civilization Won” (1937). L’affirmation sous-jacente est on ne peut plus claire: “la domination a fait gagner un continent” et nos nations originelles, en conséquence de l’avancée de cette “domination”, ont, elles, perdu un continent. La plupart des gens ne voient pas ou refusent de voir que le mot “civilisation” est un mot qui masque avec succès le concept et la pratique de domination derrière le masque trompeur de la “positivité”.

Un vocabulaire extrêmement varié, comprenant un langage du système de domination dérivé du gréco-romain, a été utilisé contre nos nations et nos peuples depuis des siècles. Ce qui est typiquement appelée “L’État” provient d’une vision du monde étatico-centrique, vue comme la “plus haute forme d’ordre politique”, ceci chez nous étant parfois appelé la “couronne”. Ce qu’on appelle “l’État” est un mot raccourci pour l’expression “l’État de domination”. D’après les fervents supporteurs de l’augmentation de la “domination de l’état”, celle-ci doit être maintenue coûte que coûte et par dessus tout. Elle doit être imposée sur toutes les autres formes de civilisations humaines, incluant nos nations originellement et toujours aujourd’hui libres de droit.

Dans le contexte de l’ONU, les nations et les peuples sur lesquels un “état de domination” a été imposé, sont appelée: indigènes. Lorsque des représentants de l’Île de la Grande Tortue (NdT: Amérique du Nord dans la terminologie des Indiens d’Amérique) se sont rendus à Genève en 1977 et quand le premier Groupe de Travail des Peuples Indigènes se rassembla en 1981, pour travailler à l’élaboration de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (DDPI) de l’ONU, le schéma de domination et de subjugation en droit international n’avait pas encore été identifié comme le problème à résoudre par les nations et peuples colonisés sur la voie de la libération, qui ont été forcés, subjugués par un système de domination. A cette époque, le schéma spécifique de domination et de subjugation de la loi fédérale états-unienne sur les Indiens, n’avait pas encore été identifié comme le problème à résoudre dans le contexte des Etats-Unis et de son système “légal” de domination…

Dans les années 1970 et au début des années 1980, le langage international (incluant la loi internationale) que les états utilisent en rapport aux personnes qualifiées “d’indigènes” n’avait apparemment pas encore été identifié comme un système de langage de domination. Ce système de langage n’avait pas encore été compris comme le moyen utilisé par les états pour maintenir l’état de domination sur les nations et peuples originels. Le système de domination du langage politique se cache derrière de telles expressions à la consonnance neutre comme “la loi” et “l’intégrité territoriale de l’État”.

Ces phrases ne sont que des euphémismes pour un système d’état de domination. Les avocats des peuples indigènes dans les années 1970 et 80 n’ont apparemment pas remarqué que SI le texte de la DDPI de l’ONU était écrit sur la base du système de langage de domination des États, alors le texte résultant de la Déclaration ne serait, au nom des droits de l’Homme, qu’un texte de maintien plus que de fin de l’imposition de la domination sur nos nations et peuples originels. Ils n’ont apparemment pas remarqué que l’écriture du texte de la DDPI dans le contexte de la domination d’état, résulterait en un document écrit utilisant les concepts et les catégories mêmes, qui servent à constituer et à maintenir un état de domination sur nos nations et peuples originels.

Le système légal et politique fédéral sur les Indiens, tel que mentionné ci-dessus, a aussi été construit et maintenu en fonction du système de langage de domination des Etats-Unis. Le gouvernement des Etats-Unis a clarifié qu’il n’avait absolument aucune intention ni intérêt de mettre fin à son système de domination appelé “loi et politique fédérale indienne”. Il n’est intéressé qu’à maintenir en place le système existant qu’il prend toujours bien soin de ne jamais étiqueté de système de domination. Les Etats-Unis n’ont pas non plus d’intérêt à utiliser le texte de la DDPI de l’ONU comme moyen de libérer nos nations et peuples originels de l’Île de la Grande Tortue du système de domination et de subjugation que les Etats-Unis ont imposé et continuent d’imposer par la force à nos nations.

Les Etats-Unis et d’autres états comme le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, interprètent les articles 4 et 46 de la DDPI, par exemple, comme les autorisant ainsi que d’autres états, à maintenir leurs systèmes respectifs de domination sur les peuples dénommés “indigènes”. En résultat d’expressions comme “loi et politique fédérale indienne”, la “loi”, le “gouvernement”, la “société civile” etc, le citoyen lambda ne voit pas le système de domination. Le schéma de domination et de déshumanisation de nos nations et de nos peuples ne peut devenir évident que dans le processus d’être dûment nommé. Une utilisation redondante de mot tel que domination (comme démontré dans cet article), amène le véritable schéma à l’attention et à la scrutinité de notre conscience humaine. Ne pas utiliser le mot “domination” laisse le système de domination dans l’ombre puisqu’on n’en parle pas et ainsi ne pas en parler fait qu’il n’existe pas.

Quand le mot “conquête” est utilisé au lieu du mot “domination”, ceci fait croire que les nations et les peuples ainsi dominés le furent par une défaite militaire dans un lointain passé et sont ainsi donc obligés d’accepter passivement la “défaite” comme leur lot permanent dans la vie. Cela donne l’illusion que l’on est en train de parler de droit des nations et peuples vaincus. Mais quand ce qui est étiqueté “conquête” est identifié précisément comme une domination des plus injuste, ceci procure alors à nos nations et peuples originels un moyen de défier l’ordre politique existant comme étant une violation flagrante de notre droit de naissance d’exister libres de toute forme de domination.

Pas une fois le texte de la DDPI de l’ONU ne nomme et n’adresse la domination comme un problème existant et contemporain qui doit être résolu pour les nations et peuples “indigènes”. La déclaration de L’ONU fut rédigée de façon impliquant en apparence que les nations et peuples appelés “indigènes” furent “conquis” (défaits) mais que malgré une telle “conquête”, les peuples appelés “indigènes” ont toujours le droit d’aspirer à la réalisation de certains droits humains sous un système de domination d’un état donné. Les termes de la DDPI pour cela sont “l’État” et “l’intégrité territoriale de l’État”.

Nulle part dans le texte de la DDPI est fait le contre-argument que les nations et peuples appelés “indigènes” n’ont pas été conquis avec succès, mais ont été au lieu de cela forcés d’exister depuis des siècles sous des formes injustes de domination qui doivent être stoppées. Pour toutes les raisons ci-dessus, une “aspiration” pour des “droits humains” sous la domination de l’État, sur la base de la DDPI, n’est pas une base pour mettre fin à la domination sur nos nos nations et peuples originels, toujours libres de droit.

Steven Newcomb (Shawnee, Lenape) is co-founder and co-director of the Indigenous Law Institute and author of Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery (Fulcrum, 2008). He is Co-Producer of the soon to be released documentary movie “The Doctrine of Discovery: Unmasking the Domination Code,” directed by Sheldon Wolfchild (Dakota), with narration by Buffy Saint-Marie.

Résistance au colonialisme: Identifier et lutter contre le double pouvoir…

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“Si un peuple vit par et obéit à la loi naturelle, il n’y a aucun besoin de lois humaines pour quelque situation que ce soit. La première loi humaine est la mort de la loi naturelle… La loi naturelle est la loi de la vie, la loi humaine est la loi de la mort.”
~ Russell Means, Lakota ~

 

La loi et politique fédérale indienne des Etats-Unis et son double gouvernement

 

Steven Newcomb

 

12 avril 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/04/12/us-federal-indian-law-and-policy-and-us-double-government

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le superbe et très complet livre de Michael Glennon National Security and Double Government (2014, Oxford University Press), fournit un excellent point de vue sur l’état de sécurité nationale que sont les Etats-Unis, qui commença avec la loi sur la Sécurité Nationale passée en 1947 sous la présidence de Harry Truman. Glennon dans son livre utilise l’expression de “réseau trumanien” (trumanite network en anglais) pour discuter de ce réseau très secret de l’appareil de sécurité de l’état qui s’est développé au sein du gouvernement des Etats-Unis pendant les près de soixante-dix ans où les Etats-Unis sont officiellement entrés dans cette période de leur histoire.

Glennon utilise aussi l’expression “institutions madisonniennes” pour discuter la manière typique ce que la plupart des gens pensent du système politique des Etats-Unis et de leurs fondateurs. “Madisonnien” se réfère évidemment au président James Madison qui fut instrumental dans la rédaction de la constitution des Etats-Unis à Philadelphie en 1787, document qui fut ratifié par les états en 1789.

Glennon utilise l’expression “double gouvernement” pour s’intéresser à un point clef. La plupart des gens voient le gouvernement des Etats-Unis comme étant constitué de ceux qui occupent les sièges du pouvoir dans le système madisonnien: le pouvoir exécutif (la Maison Blanche), le Congrès (législatif) et le pouvoir judiciaire. Mais, lorsqu’on parle d’affaires de sécurité nationale américaine, alors on entre dans le monde opaque du réseau trumanien, qui comprend plusieurs centaines de personnes, qui sont en fait en contrôle total, bien qu’on ne les voit jamais sur le devant de la scène. Ce réseau a directement mené à cet état de surveillance nationale sous le regard espion duquel le “pays des hommes libres” vit aujourd’hui.

C’est sans aucun doute en résultat du réseau trumanien que, le 18 Janvier 2001, le conseil national à la sécurité envoya le memorandum: “United States Position on Indigenous Rights Negotiations” au gouvernement sortant du président William ‘Bill” Jefferson Clinton.

Les délégués des Etats-Unis furent instruits de faire progresser la position exprimée dans le memorandum du NSC au cours de discussions internationales sur les affaires des peuples indigènes qui prenaient place dans des endroits comme les Nations-Unies et l’Organization of American States (OAS). La position politique américaine en 2001 sur les peuples indigènes fut réaffirmée à la fois par le gouvernement de G.W Bush et celui de Barak Obama.

Le troisième point de ce document du NSC se réfère au problème de “l’auto-détermination” des peuples indigènes. Voici ce qu’il dit: “ La délégation des Etats-Unis devra soutenir l’expression d’’auto-détermination interne’ pour les déclarations des droits des peuples indigènes à la fois à l’ONU et à l’OAS, qui sera définit comme suit: ‘les peuples indigènes ont le droit à une auto-détermination interne.

Dans le document officiel, le mot “interne” veut dire interne à une nation ou un peuple particulier et “au sein” d’un “état-nation” comme les Etats-Unis. Le troisième point du memorandum poursuit: “En vertu de ce droit (d’auto-détermination interne), ils (les peuples indigènes) peuvent négocier leur statut politique au sein du cadre de l’état-nation existant et sont libres de poursuivre leur développement économique, sociale et culturel.

En droit international, le droit à l’auto-détermination a été exprimé de cette façon: “Tous les peuples ont le droit à l’auto-détermination. En vertu de ce droit, Ils déterminent librement leur statut politique…” Le réseau trumanien américain et le NSC ont changé “ils déterminent leur statut politique” en “ils peuvent négocier leur statut politique au sein du cadre de l’état-nation existant…

Un tel langage en provenance du memorandum du NSC explique la base de la position des Etats-Unis au sujet de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU, publiée en 2010 par le ministère des affaires étrangères des Etats-Unis. Le ministère y déclare: “Les Etats-Unis sont donc heureux de soutenir l’appel de la déclaration pour la promotion du développement d’un nouveau concept international distinct d’auto-détermination spécifique aux peuples indigènes. L’appel de la déclaration est de promouvoir le développement d’un concept d’auto-détermination pour les peuples indigènes qui soit différent du droit existant à l’auto-détermination issus du droit international.

Néanmoins, ce n’est pas la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU qui “appelle” à “un concept nouveau et différent spécifique aux peuples indigènes”. C’est au contraire, l’état sécuritaire national et son réseau trumanien qui a appelé cela pour les nations et peuples originels (les “peuples indigènes”) qu’on ne leur accorde que “l’auto-détermination interne” soumise dans le système politique dominant des Etats-Unis. Ceci représente un type de langage particulièrement soigné afin d’empêcher toute réforme fondamentale. Ce langage est mis en avant par les Etats-Unis pour maintenir le statu quo de la captivité des nations premières sous la loi fédérale indienne, de son système politique et sous la doctrine judéo-chrétienne d’un droit de découverte et de domination.

(NdT: Officiellement dans les textes des Etats-Unis, la réserve Lakota/Sioux de Pine Ridge par exemple, est le “camp de prisonniers de guerre #44”… Toujours aujourd’hui.. Le terme de “captivité” employé ici par Newcomb est parfaitement pesé et utilisé…)

Ethnocide, génocide aux Amériques… 22-24 Octobre tribunal sur le génocide des pensionnats pour Indiens dans le wisconsin

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Nous ne vivons en aucun cas dans un monde « post-colonial », ceci n’est qu’une mascarade de bonne conscience. Le génocide aux Amériques entre 1492 et le XXème siècle de plus de 150 millions de personnes indigènes, le plus grand génocide de l’histoire de l’humanité, conduit sous les auspices originaux de la papauté, puis de toutes les églises chrétiennes, est toujours impuni. Pourquoi ? Parce que les descendants héritiers pseudo-légaux des perpétrateurs sont toujours aux commandes de l’entreprise coloniale criminelle.

Il faut décoloniser ce qui mettra fin aux crimes de l’empire, qui ne connaissent plus de limite de nos jours. L’empire est fondé sur une fiction légale, il n’a pas de territoire. Il a volé TOUT CE QU’IL POSSEDE. Il est temps de rendre et de faire payer aux criminels leurs méfaits plus que centenaires.

— Résistance 71 —

 

Torturés et assassinés: Les étudiants du Mexique et les Indiens dans les pensionnats

 

Brenda Norrell

 

9 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://indigenousresistancejuly2014.blogspot.com/2014/10/murdered-and-tortured-students-in.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La plupart d’entre nous vivons des vies aseptisées de la torture du mexique. Une fois que vous avez vu la torture, ou les photos de gens torturés, ces corps demeurent imprimés dans votre mémoire à tout jamais. S’il vous plaît, rappelez-vous des étudiants qui ont “disparu” et ont été assassinés par la police à Guerrero au Mexique.

Les enfants torturés et assassinés des pensionnats pour Indiens aux Etats-Unis seront le sujet de la réunion du tribunal de Green Bay dans le Wisconsin du 22 au 24 Octobre courant. Govonda à Earthcycle et moi-même couvriront en direct par vidéo et par articles écrits la procédure du tribunal. La torture et le meurtre sont des choses dont on peut se détourner facilement, nous espérons que vous ne le ferez pas.

Bill Means, Lakota et frère de feu (le grand activiste) Russell Means, ouvrira les débats le 22 Octobre. Les intervenants sur l’histoire en ce premier jour seront Loretta Metoxen, historienne Oneida; David Tucker, historien Oneida-Menominee; Melinda Young, historienne Lac du Flambeau et Terrence Nelson, Anishinaabe et Grand Chef de l’organisation des Chefs du Sud Canada.

Le deuxième jour, 23 Octobre, il y aura comparution des témoins et discussion de recommandations pour la réconciliation et la restauration des droits des enfants indigènes. Le dernier jour aura lieu une conférence de presse et un sommaire des débats ayant eu lieu en cession.

Se souvenir des enfants qui ne sont jamais retournés chez eux

Brenda Norrell

Photos for the families of the children who never came home. Carlisle Cemetery 2008 by Brenda Norrell

Censored News

http://www.bsnorrell.blogspot.com/

CARLISLE, Penn. — La très vaste majorité des enfants indiens qui furent pensionnaires des écoles d’internat aux Etats-Unis furent kidnappés, volés à leurs parents. A la Carlisle Indian Industrial School, les enfants autochtones faisaient partie d’une expérience américaine qui devint le prototype de tous les pensionnats qui s’en suivirent. A travers les Etats-Unis, les enfants indiens furent interdits de parler leur propre langage, qui véhiculait leurs chansons et cérémonies traditionnelles (ethnocide). Leurs cheveux étaient coupés courts afin de retirer “leur indiennité”. Dans ces pensionnats, les enfants étaient maltraités de manière routinière, battus, violés et sexuellement harcelés. Beaucoup furent torturés et enfermés dans des caves sombres, certains furent abattus pour avoir essayé de s’enfuir. Beaucoup moururent de malnutrition et de pneumonie. Bien d’autres mourent de tuberculose, le tout partie intégrante d’un génocide: Les enfants atteints de tuberculose étaient mis avec les enfants sains ce qui eut pour résultat une épidémie galopante de tuberculose.

Les jeunes garçons qui survécurent furent militarisés et envoyés dans l’armée américaine. La Carlisle School devint éventuellement une école de guerre et finalement le campus de l’armée américaine. A Haskell, des tombes non marquées dans les marécages sont explicites sur le reste de l’histoire. Beaucoup des enfants qui moururent ou furent assassinés, furent enterrés dans des tombes sans marques distinctives, sans pierres tombales. Ce schéma de génocide fut répété au Canada et en Australie. Au Canada, dans les pensionnats gérés par les églises, il y a maintenant de nouvelles preuves que les enfants y furent violés et assassinés.

Carlisle fut construite sur les lieux d’une ancienne prison. Là, Richard H. Pratt mit en place l’école, fondée sur son expérience à la prison de St Augustin en Floride. “Tuer l’Indien du dedans pour sauver l’Homme”, disait Pratt en énonçant sa théorie éducative. “Les premiers enfants arrivèrent à Carlisle le 6 Octobre 1879 et le programme d’assimilation commença aussitôt. Les garçons étaient habillés en uniforme militaire, les filles portaient des robes de style victorien. Filles et garçons eurent leurs cheveux coupés de force, ce qui pour un Lakota était un symbole de deuil.”

http://native-american-history.suite101.com/article.cfm/carlisle_indian_school#ixzz0RTJ9nQLX

Les pierres tombales disent l’histoire, les enfants commencèrent à mourir rapidement. Un nombre inconnu mourut après être retourné chez eux et une génération entière d’Amérindiens souffrit des mauvais traitements de leur enfance et du manque d’affection de leurs parents généré par la séparation de force. A l’école Carlisle, 10 000 enfants entrèrent entre 1879 et 1918. Il y a 186 tombes officielles marquées et un grand nombre d’enfants furent enterrés à la sauvette sans signe distinctif.

Quelques noms du cimetière, souvenez-vous des enfans de Carlisle…

Fanny Charging Shield, Sioux, died March 7, 1892; Susia Nach Kea, Apache, died May 14, 1889; Godfrey Blatcha, Apache, died July 1890; Cooking Look, Alaskan, died Jan. 4, 1904; Alice Springer, Omaha, died Nov. 12, 1883; Henry Jones, Iowa, died March 20, 1880; Nannie Little Rose, Cheyenne; Albert Henderson; Giles Hands, died May, 1881, Cheyenne; Maul, daughter of Chief Swift Bear, Sioux, died Dec. 1880; Ernest, son of Chief White Thunder, Sioux, died Dec. 14, 1880; Isabel Kelcusay, Apache, died on Christmas day, Dec. 25, 1884; Pedro Saaehez, Apache, died in May of 1885; Frank Cushing, Pueblo, died July 22, 1881; William Sammers, Cheyenne, died May 21, 1888, Corine Simohtie, Apache, died Feb. 11, 1886; Sibyl Mapko, Apache; Kate Rosskidwitts, Witchita, died Jan. 10, 1882, John Bytzolay and all the others.

 

Résistance au colonialisme: Au XXIème siècle une cour d’appel américaine continue de se fonder sur des textes racistes du XVème siècle pour escroquer une nation indienne…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 9 octobre 2014 by Résistance 71

Un panel du tribunal du 9ème circuit réaffirme la doctrine de “la découverte et de la conquête”

 

Steven Newcomb

 

3 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/10/03/ninth-circuit-court-panel-reaffirms-discovery-and-conquest

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 27 Août 2014, un panel de trois juges de la 9ème court d’appel a rendu une décision serrée (2-1) dans l’affaire White contre l’université de Californie. L’affaire judiciaire implique un contentieux au sujet de deux vestiges ancestraux de plus de 9000 ans que le Kumeyaay Cultural Repatriation Committee (KCRC) considère être les restes d’ancêtres du peuple Kumeyaay.

La 9ème cour d’appel les a nommé “La Jolla remains.” Les restes ancestraux Kumeyaay furent “découverts” en premier lieu en 1976 pendant une fouille archéologique sur le terrain de la résidence du chancleier de l’Université de Californie à San Diego et au sein du territoire de la nation Kumeyaay

En préambule de sa décision, le panel de la 9ème chambre a dit: “ Les Kumeyaay, aussi connus sous le nom de Ipai, Tipai ou Diegueño, ont occupé les zones du sud-ouest des Etats-Unis et du nord-ouest du Mexique de manière aborigène… La nation Kumeyaay occupe couramment des terres variées de San Diego et d’Imperial Counties en Californie jusqu’à plus de 100km à l’intérieur du territoire mexicain.”

Notons que la 9ème chambre d’appel n’a pas reconnu le fat que la nation Kumeyaay vivait originellement sur 100% de son propre territoire national, elle a dit plutôt que la nation Kumeyaay “occupait de manière aborigène la zone de…” ce qui veut dire appartenant aux Etats-Unis et au Mexique. L’utilisation de la phrase “occupé de manière aborigène” donne un contexte politique de colonisation étrangère. Le mot “aborigène” remonte à “aborigine” ce qui veut dire. “un habitant indigène spécifiquement en contraste avec un peuple envahisseur ou colonisateur.”

Le contexte “d’un peuple envahisseur ou colonisateur” est le cadre de référence utilisé par la 9ème chambre d’appel pour les zones “aborigènement occupées” du “sud-ouest des Etats-Unis et du nord-ouest du Mexique”. Ce phrasé spécifique ne considère la nation Kumeyaay qu’APRES qu’elle n’ait été envahie et colonisée ou devenue “indigène ». Pour éviter toute complication politique potentielle qui pourrait se produire après que la cour ait dit que la nation Kumeyaay “occupe toujours couramment” sa propre terre, la seconde note de bas de page de la cour stipule que, au vu de la cour, la nation Kumeyaay n’a “qu’un intérêt aborigène” sur les terres qu’elle occupe actuellement:

Note 2 de bas de page:

L’intérêt aborigène sur la terre est généralement décrit comme le droit d’une tribu à occuper la terre. Ce n’est pas un titre de propriété, mais fait valoir “le droit à l’occupation des sols que le souverain donne et protège contre l’intrusion de tierces parties.” Tee-Hit-Ton Indians v. United States, 348 U.S. 272, 279 (1955). Ce droit, qui est par nature résiduel, provient de la théorie légale que la découverte et la conquête ont donné aux conquérants le droit de posséder la terre mais n’a pas dérangé le droit des tribus à l’occuper. Voir Johnson v. M’Intosh, 21 U.S. 8 Wheat 543, 588-91 (1823).

La déclaration du panel de la 9ème chambre d’appel stipulant “le droit de tribu d’occuper la terre” et que cette occupation est “résiduelle par nature”, est important parce que “résiduel”dans ce contexte veut dire “en relation avec, ou constituant un résidu: restant après qu’une partie ait été prise”. La caractérisation du “droit de tribu à occuper la terre” en tant que “nature résiduelle” a dit le panel, “provient de la théorie légale de la découverte et de conquête qui ont donnés aux conquérants le droit de posséder la terre.” Réexprimé ceci devient: La découverte et la domination/colonisation ont donné aux dominants le droit de propriété à la terre.

Ce phrasé est pris du rendu de l’affaire Tee-Hit-Ton Indians v. United States. La décision majoritaire fut écrite par le juge Stanley Reed. Il écrivit à la cour: “Cette position sur le titre de propriété indien a été rationalisé depuis longtemps par la théorie légale qui dit que la découverte et la conquête ont donné aux conquérants la souveraineté sur les terres ainsi obtenues”, et la 9ème chambre et son panel ont dit que “la découverte et la conquête”, “ont donné le droit de propriété aux conquérants”.

Bien que la section entière que le juge Reed a cité du chapitre du livre de Wheaton; “Elements of International Law” est un peu longue, quelques passages choisis pertinemment nous donnent une vue de la base de cette “théorie légale” que la Cour Suprême des Etats-Unis a utilisé dans sa décision Tee-Hit-Ton et que la 9ème chambre d’appel a aussi utilisé pour décrire le droit de la nation Kumeyaay d’occuper la terre comme “résiduel”. Comme Wheaton l’a déclaré:

D’après les idées européennes de cet âge de la découverte, les nations païennes des autres endroits du monde étaient le butin et proies légaux des conquérants civilisés et entre les puissances chrétiennes elles-mêmes, le souverain pontif était l’arbitre suprême dans les conflits territoriaux.

Ainsi, la bulle du pape Alexandre VI (Inter Caetera 1493) réserva à l’Espagne toutes les terres non occupées par d’autres nations chrétiennes et la patente alouée à Henri VII d’Angleterre à John Cabot et ses fils, les autorisant à “rechercher et découvrir toutes îles, régions et provinces où que ce soit, qui pouraient appartenir à des païens et des infidèles et de les subjuguer, occuper et de posséder leurs territoires, comme ses vassaux et lieutenants”… Ceci devint alors une maxime politique et légale, que de dire que le droit des Indiens natifs était subordonné à celui du premier chrétien découvreur des terres…” (Wheaton insistait sur le mot “chrétien” dans le texte)

La citation d’à la fois Tee-Hit-Ton Indians and Johnson v. M’Intosh par la 9ème chambre d’appel est très important. Non seulement le juge Stanley Reed a t’il écrit l’opinion sur Tee-Hit-Ton de 1955 comme mentionné précédemment, mais il a aussi écrit une opinion de désaccord dans l’affaire Alcea Band of Tillamook de 1946 dans laquelle Reed disait que Johnson contre M’Intosh exprimait “la théorie” que “la découverte par les nations chrétiennes leur donnait la souveraineté et le titre de propriété des terres découvertes.” Dans ses Commentaries on the Constitution of the United States, publiés en 1833, le juge de la cour suprême Story, qui y siégeait alors toujours, soutint cette vue lorsqu’il écrivit:

Nous avons aussi vu que le titre de propriété des Indiens n’était pas traité comme un droit de propriété et de contrôle, mais juste comme une vague occupation de la terre. En tant que païens, infidèles et sauvages, ils n’étaient pas autorisés de posséder de quelconques prérogatives appartenant à des nations indépendantes, souveraines et absolues. Le territoire sur lequel ils vaquaient et qu’ils utilisaient pour leurs buts temporaires et fugitifs, était, en accord avec les chrétiens, considéré comme habité seulement par des animaux brutaux.

Et c’est sur la base de ce type de pensée bigote chrétienne que la 9ème chambre d’appel considère le droit de la nation Kumeyaay d’occuper la terre dans son territoire être “résiduel”. Le simple “droit d’occuper” est le “résidu” de ce qui reste après que les Kumeyaay aient été forcés de subir une “réduction” par laquelle la domination chrétienne et la subjugation non-chrétienne furent construites. Le droit des Kumeyaay d’occuper leur propre terre, sans aucun droit de propriété ou de contrôle est le résidu conceptuel restant après que les monarques chrétiens européens aient assumé la “domination ultime des terres pour eux-mêmes”, d’après le phrasé du rendu de l’affaire Johnson vs M’Intosh et qu’ils aient assumé que les nations originelles de la terre étaient “un peuple sur lequel le génie supérieur européen devait clâmer une ascendance”, la définition d’un mot comme “domination”.

En bref, la note 2 de White v. University of California est un résultat direct de l’affirmation faite il y a des siècles que les peuples chrétiens ont découvert les terres des “païens et des infidèles” et que de ceci en résulta le fait que les chrétiens furent permis de s’approprier et de clâmer la souveraineté chrétienne (dominium en latin, un droit de domination) sur toutes les nations originelles et les peuples de ce continent des Amériques, incluant la nation Kumeyaay.

Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le successeur de cette affirmation de droit de la domination chrétienne basé sur une assertion de droit par la “découverte” chrétienne.

Colonialisme et génocide américain: Un tribunal sur les pensionnats indiens se réunit du 22 au 25 octobre 2014…

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Après la nouvelle du génocide paraguayéen des Indiens Aché qui passe en justice en Argentine… Voici que passe en revue légale l’ethnocide/génocide des pensionnats indiens au pays du goulag levant… Il est plus que temps que l’occident paie pour ses crimes depuis le XVème siècle et que les peuples occidentaux comprennent enfin que la domination depuis plus de 5 siècle de la soi-disant civilisation occidentale sur le monde est fondée sur des dogmes fondamentalement racistes, ethnocidaires et génocidaires. La vérité nous libèrera, nous et le monde du paradigme politique colonial, fléau de l’humanité.

— Résistance 71 —

 

Tribunal sur les pensionnats pour Indiens Oneida, Wisconsin, Octobre 2014

 

Indigenous Resistance

 

17 Août 2014

 

url de l’article:

http://indigenousresistancejuly2014.blogspot.com/2014/08/tribunal-on-indian-boarding-schools.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La Blue Skies Foundation a programmé un tribunal spécialisé sur les expériences des enfants autochtones qui furent forcés d’intégrer des pensionnats pour Indiens dans leur jeune âge. Ce tribunal doit se réunir du 22 au 25 octobre courant au Radisson Hotel and Conference Centre, Oneida, dans l’état du Wisconsin.

Blue Skies Foundation travaille avec le personnel de l’Human Rights Action Centre de l’université du Minnesota à Minneapolis, Jack Healey, Bill Means, co-fondateur de l’International Indian Treaty Council (NdT: et frère de Russell Means), ainsi qu’avec Sheron Leonard, Pele Films et bien d’autres personnes intéressées à documenter la sombre histoire des pensionnats pour Indiens.

Un panel de juges autochtones qualifiés écoutera les témoins qui donneront leurs expériences empiriques sur les abus et mauvais traitements dont ils ont souffert aux mains du gouvernement fédéral et du conseil des églises (qui géraient les pensionnats), alors qu’ils étaient forcés de vivre loin de leurs familles et de leurs nations. Des mots mêmes du fondateur et du superintendant de la tristement célèbre Carlisle Indian School, le général Richard Henry Pratt, il s’agissait de “transférer l’enfant né sauvage dans l’environnement de la civilisation et il grandira avec un langage et des habitudes civilisés.”

En conclusion des auditions du tribunal, les juges donneront un résumé exécutif de leurs trouvailles et conclusions qui sera partagé avec les communautés autochtones.

Ces auditions du tribunal seront diffusées en direct professionnellement depuis la Californie et les contenus des témoignages seront formatés en un DVD qui sera utilisé dans les écoles comme outil pédagogique. Nous essayons de rendre une histoire transparente tant que nous avons toujours à notre disposition quelques témoins capables de raconter leurs propres histoires.

Une des raisons de mettre en place un tribunal sur les pensionnats indiens est d’amener une certaine attention sur le traitement réservé aux enfants de ces pensionnats et de commencer à comprendre et à faire comprendre les effets que ces traitements eurent sur le long terme vis à vis des survivants et de leur vie. On nous explique les châtiments corporels subis par les enfants en punition d’avoir parlé leur propre langue, les abus sexuels, viols et la violence physique et mentale qui eut lieu au nom de “l’éducation” de nos enfants et afin de les dépouiller de leurs “racines sauvages” et de les introduire à la “civilisation”.

Nous pensons avoir la capacité de capturer une documentation de première main de la part de quelques personnes de nos peuples et ceci est vital car nous obtiendrons de vive voix, de leurs propres mots, la dure réalité de l’expérience de ces pensionnats pour Indiens.

Il y a ceux d’entre nous qui ressentent qu’en tant que peuple autochtone, nous sommes tous les victimes de cette ère des pensionnats. Certains de nos parents y sont entrés aussi jeunes qu’à 3 ou 4 ans. Dans leurs années les plus formatrices et laissant le plus d’impression, ils ne reçurent aucuns conseils de manière gentille et avec amour. D’après nos sources, ils furent élevés dans une sorte de code militaire, dans la façon même dont les repas étaient servis, dont ils devaient faire leur lit et de la façon dont ils devaient se déplacer d’un endroit à un autre. Tout ceci est directement issu d’un manuel militaire. Les châtiments corporels pour de petites fautes comme parler leur langue natale laissèrent une marque psychologique indélébile sur beaucoup. Certains des châtiments corporels restèrent avec les intéressés, qui les utilisèrent sur leurs propres enfants une fois adulte et après avoir fondé une famille.

Le tribunal va regarder les pensionnats pour Indiens comme une autre forme de génocide (NdT: ethnocide d’après l’anthropologue Robert Jaulin, qui peut mener au génocide comme c’est le cas en l’occurence…) contre nos peuples. Nous comprenons qu’il s’agit d’une sorte de vol de l’identité en ce qui concerne notre langue, notre culture, et notre façon spirituelle de vivre, qui nous furent retirés. Bien que certaines communautés aient pratiqué des cérémonies de cicatrisation du passé afin d’avancer dans la vie, nous pensons que nous ne pouvons pas aller de l’avant sans au préalable faire face à ce qui nous a handicapé émotionnellement depuis tant d’années. Nous allons tenter de bâtir une passerelle pour qu’en tant que nations, nous puissions établir un plan qui nous ramènera le plus près possible de nos origines. Nous voulons une coopération du gouvernement des Etats-Unis et du conseil des églises pour qu’ils aident à explorer toutes les possibilités d’authentification de notre belle et riche façon de vivre.

Ceci est une invitation à nous rejoindre, à participer soit en témoignant ou en écoutant et assistant financièrement pour rendre possible la documentation finale de l’histoire et de la vérité. Cette entreprise se doit d’être l’objet d’un effort communautaire total afin de pouvoir obtenir un impact qui aura force de processus de cicatrisation du mal fait. Nous savons qu’afin de pouvoir continuer à aller de l’avant de manière saine, nous devons confronter les problèmes qui nous ont blessé et nous blessent encore. Nous ne pouvons plus continuer à nous mettre la tête dans le sable et prétendre que tout va bien dans nos communautés. Le très haut taux de suicide, l’alcoolisme galopant, les abus de drogues et de substances toxiques et maintenant les problèmes de gangs de jeunes ne peuvent plus être ignorés plus longtemps. Nous devons faire face aux racines de tous les maux auxquels nous avons à faire. Nous devons faire face à temps de problèmes et de défis en tant que peuples autochtones.

Nous devons commencer à rendre responsable les “gérants” à qui fut donnée la force coercitive à utiliser contre nos enfants. Nos parents entrèrent dans ces pensionnats comme de très jeunes enfants innocents et ils furent forcés d’avoir honte d’eux-mêmes à cause de la couleur de leur peau et de la langue qu’ils parlaient, choses avec lesquelles ils étaient simplement nés avec.

Ils ont essayé d’échapper à la réalité parce qu’ils ont pensé qu’ils étaient dans une situation sans espoir et sans aucune chance de sortie. Certains se sont tournés vers l’alcoolisme, d’autres se sont suicidés et d’autres encore ont abandonné et se sont livrés à cette nouvelle forme de vie où rien n’est sacré (assimilation). Nous voulons essayer d’honorer nos ancêtres en reconnaissant les sacrifices qu’ils ont fait, nous voulons honorer tous les bébés et jeunes enfants qui dorment dans des tombes marqués du mot “inconnu” et des parents qui se demandèrent des années durant quand leurs enfants reviendraient-ils à la maison. Nous devons narrer notre propre histoire avec nos pieds fièrement ancrés dans le sol.

Je vais vous laisser sur un rappel de ce à quoi nos parents et nos grands-parents ont dû faire face et vous demande de nous rejoindre sur notre chemin vers la cicatrisation.

Je ne crois pas que les Indiens, des gens qui pour la vaste majorité ne parlent pas anglais, vivent dans l’insalubrité et la dégradation, qui font peu de progrès année après année, qui sont une source perpétuelle de dépenses pour notre gouvernement et une menace constante pour des milliers de voisinage blancs de ce pays, sont un frein à la civilisation et un blocage pour notre progrès, aient quelque droit que ce soit de retenir par la force leurs enfants hors de l’école afin qu’ils grandissent et deviennent comme eux-mêmes, une race de barbares et de demi-sauvages.” – T.J Morgan, commissaire aux affaires indiennes de 1889 à 1893.

La Fondation Blue Skies, Inc. a un statut fédéral 501C3 reconnu d’association à but non lucratif, organisée exclusivement pour des buts charitables, éducationnels et spirituels (ID#45-2364127). Spécifiquement, Blue Skies cherche à représenter, améliorer et préserver le peuple amérindien, sa culture et sa spiritualité.

Blue Skies Foundation, Inc.

N5679 Skylark Drive

De Pere, Wisconsin 54115

Résistance politique au colonialisme: Analyse de la falsification historique du Vatican au sujet des bulles papales du XVème siècle (Steven Newcomb)

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Autres articles connexes de Steve Newcomb traduits par nos soins, cliquez ici

— Résistance 71 —

 

Désinformation de la part de la mission d’observation permanente du Saint Siège (Vatican)

 

Steven Newcomb

 

4 Mai 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/05/04/misinformation-permanent-observer-mission-holy-see

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 27 Avril 2010, la mission d’observation permanente du Saint Siège (Le Vatican) aux Nations-Unies a délivré sa déclaration officielle au sujet de la Doctrine (chrétienne) de la Découverte durant la 9ème session du Forum Permanent de l’ONU sur les problèmes indigènes. La déclaration est un excellent exemple d’obscurantisme et de falsification historique. Voyons donc cela d’un peu plus près.

La déclaration du Saint Siège clâme que le document pontifical de 1493 “Inter Coetera (sic), en tant que source de droit international.. a été abrogé par le traité de Tordesillas”. Ceci ne parle en rien de ce dont nous avons soulevé depuis 1992: les bulles papales de 1493 et leurs documents précédents, sont la génèse de la domination sur nos nations originelles et les peuples de l’Île de la Grande Tortue de cet hémisphère. Le Saint Siège tente, à notre vue, de faire glisser l’attention du problème de son autorisation de domination sur la question irrelevante de savoir si le document Inter Caetera est une source du droit international.

La déclaration du Saint Siège de 2010 dit également que la “division des terres entre la Castille-Aragon (Espagne) et le Portugal”, fut abrogée par le traité de Tordesillas de 1494.” Après avoir été informé de cet argument, Anthony Padgen, un éminent universitaire spécialiste de cette période historique m’a dit dans un courriel: “Je ne vois pas comment un accord (le traité Tordesillas) entre deux pouvoirs civils pourrait véritablement abroger une bulle papale.”

En y regardant de plus près néanmoins, le Saint Siège ne disait pas que le traité de Tordesillas a abrogé la bulle papale. Le sujet de la phrase du Saint Siège est “la division des terres entre l’Espagne et le Portugal”, qui fut faite par le pape Alexandre VI en 1493. Si le traité de Tordesillas “a abrogé” ou annulé quoi que ce soit, c’est la “division des terres” en rendant discutable le placement du pape quant à la ligne de démarcation de la division des dites terres.

Il y avait toujours une ligne de démarcation entre l’Espagne et le Portugal, mais elle a été déplacée vers un endroit différent à la suite d’un accord par traité civil auquel le pape donna sa bénédiction. La décision de l’Espagne et du Portugal de bouger la ligne de démarcation est ce que le Saint Siège caractérise maintenant apparemment comme une “abrogation” de la division terrestre du pape entre deux pays. Quoi qu’il en soit, abroger un document est “abolir par une action autoritaire, officielle ou formelle”, par le parti qui a créé le document. Clairement, le traité de Tordesillas n’abroge pas la bulle papale Inter Caetera en tant que tel parce que ni l’Espagne ni le Portugal n’était l‘entité qui a émis le document et ces pays n’avaient pas la jurisdiction, le pouvoir légal “d’abroger” un document émis par la pape.

De plus, le Saint Siège a affirmé en 2010 qu’ en tant “que source de loi canon ou loi de l’église… Inter Coetera (re-sic) a aussi été abrogée par les faits…” Le Saint Siège a dit que le document pontifical lui-même a été “abrogé” en tant que “source de droit canon ou ecclésiastique”. Comment cela a t’il pu bien pu se produire ? Une raison donnée fut “la colonisation de l’Amérique du Nord et des Caraïbes par le roi de France”.

Samuel Eliot Morison a écrit à ce sujet dans son “The European Discovery of America: the Northern voyages A.D 500-1600”, New York Oxford University Press, p.341. D’après Morison, en 1533, le roi de France François 1er, le pape Clément VII et l’évêque Le Veneur se sont rencontrés à Marseille pour célébrer le mariage entre un des fils de François 1er et la nièce du pape Catherine de Médicis. Morison dit que ce fut “facile de persuader le saint père de déclare que l’édit d’Alexandre (de 1493) ne s’appliquait qu’aux terres déjà découvertes, pas à celles trouvées plus tard par d’autres souverains. Ainsi, François 1er obtint le feu vert du Vatican (pour d’autres colonisations) et passa le mot à Jacques Cartier.”

C’est pourquoi le Saint Siège se doit de répondre à cette question: “Comment la colonisation française de terres non chrétiennes en Amérique du Nord et dans les Caraïbes, que le pape Clément VII avait approuvé et bénit, a pu “abroger” la bulle papale Inter Caetera “comme source de loi canon ou ecclésiastique”. Elle ne l’a pas pu et ne l’a pas fait.

Puis, le Saint Siège dans sa déclaration de 2010 a affirmé que la bulle papale, document Inter Caetera “a aussi été abrogée par d’autres bulles papales, comme par exemple Sublimis Deus.” Le Saint Siège cita ensuite le document Sublimis Deus de 1537 du pape Paul III comme suit:

“Les Indiens et les autres peuples qui ont pu avoir été découverts plus tard par les chrétiens, ne sont en aucun cas privés de leur liberté ou de leur possession de propriété, et ce alors même qu’ils résident en dehors de la foi de Jesus Christ, et qu’il peuvent et doivent, librement et légitimement, jouir de leur liberté et de la possession de leur propriété, ils ne devront pas non plus être réduits en esclavage ; si le contraire se produisait, ce serait nul et non avenu et n’aurait pas d’incidence.”

Aussi merveilleux ce langage puisse t’il paraître, l’empereur espagnol Charles V ordonna que toutes les copies de la bulle papale Sublimis Deus qui avait atteint la “Nouvelle Espagne” (aux “Amériques”), fussent confisquées et ramenées en Espagne. Le document était lettre morte dans les colonies/dominions de l’Espagne aux “Amériques”. De plus, comme mentionné par le Dr. Luis Rivera-Pagan dans son ouvrage “Violent Evengelism” (1992), le pape Alexandre VI avait, par la bulle de 1493, attribué à perpétuité à l’Espagne un droit de domination en relation des terres non-chrétiennes “découvertes ou à découvrir”. Le don à l’Espagne par la papauté d’un droit de domination (colonisation) en relation aux terres non –chrétiennes découvertes, ne fut pas abrogé par la bulle papale Sublimis Deus, ni non plus le pape Paul III n’eut l’intention d’abroger par le moyen de Sublimis Deus, les dons fait par la papauté au préalable, d’un droit de domination territorial donné à la couronne espagnole.

Les avocats du Saint Siège ne sont manifestement pas des historiens. S’ils l’étaient, ils en sauraient bien plus que cela et n’essaieraient pas d’embobiner les gens à croire que le don par la papauté d’un droit de domination fut “abrogé” en 1537 par le pape Paul III et sa bulle Sublimis Deus. Comme l’a fait remarqué le Dr. Luis Rivera dans son livre de 1992 “A Violent Evangelization”:

“Dans l’arène juridique, les bulles alexandriennes ont maintenu leur caractère d’autorisation, comme montré par la première phrase de la première loi du premier chapitre du troisième livre de “The Compilation of the Leyes de Indias” (1680), qui les reconnaît (les bulles papales) comme la première fondation pour la possession à perpétuité des Amériques par la couronne de Castille:

“Par donation du Saint Siège apostolique et romain… Nous sommes les seigneurs des Indes de l’Ouest, terres et iles et océans découverts ou à découvrir et incorporés à notre couronne royale de Castille.. et nous donnons notre foi et notre parole royale et les rois nos successeurs, de façon à ce qu’elles (les Indes occidentales) ne puissent jamais nous être retirées ou séparées de nous en totalité ou en parties, pour quelque raison ou cause que ce soit.”

Et Rivera conclut: “Cette loi est basée sur les déclarations royales consécutives de Carlos V (Charles V) et Felip II (Philippe II), qui durant le XVIème siècle émirent la doctrine de la domination castillanne à perpétuité sur les peuples hispano-américains. Toutes ces déclarations font allusions aux bulles alexandriennes comme point crucial de référence. “Ainsi, en 1680 les lois des Indes occidentales étaient toujours reconnues das les publications royales espagnoles comme fondées sur le “caractère spécial d’autorisationdes bulles alexandriennes”. Si ces documents du pape Alexandre furent abrogés par le bulle papale de 1537, de manière évidente la monarchie espagnole (Charles V et Philippe II) n’ont pas eu ni lu le memo… voilà pourquoi la monarchie a continué à les utiliser comme fondation même de la loi des Indes occidentales.