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De la théorie à la pratique anarchiste avec Rudolph Rocker (version pdf)

Posted in actualité, altermondialisme, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 9 juin 2018 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

9 juin 2018

 

Jo nous a réalisé ce très bon pdf d’une compilation de textes de Rudolf Rocker:

Rudolph Rocker_Anarchie de la theorie a la pratique

 

Lectures complémentaires:

Ecrits-choisis-anarchistes-sebastien-faure-mai-2018

Manifeste pour la Société des Sociétés

Dieu et lEtat_Bakounine

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

L’anarchie pour la jeunesse

Errico_Malatesta_écrits_choisis

Appel au Socialisme Gustav Landauer

 

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Analyse politique: que sont état, nation et peuple (Rudolph Rocker)

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique with tags , , , , , , , , , , , on 5 juin 2018 by Résistance 71

Quelques précisions utiles de Rudolph Rocker pour comprendre à qui on a à faire, séparer l’utile de l’inutile et du parasitaire.

Quelques lectures complémentaires:

Discours de la Servitude Volontaire La Boetie 1548

Manifeste pour la Société des Sociétés

Dieu et lEtat_Bakounine

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

petit_precis_sur_la_societe_et_letat

 

 

État, Nation, Peuple

Rudolph Rocker

1937

La vieille opinion qui attribue la création de l’État nationaliste à l’éveil de la conscience nationale du peuple n’est qu’un conte de fées, très utile aux protagonistes de l’idée de l’État national, mais néanmoins faux.

La nation n’est pas la cause, mais le résultat, de l’Etat. c’est l’Etat qui crée la nation, non la nation qui crée l’Etat. En vérité, de ce point de vue il existe entre peuple et nation la même distinction qu’entre société et État.

Chaque unité sociale est une formation naturelle qui, sur la base de besoins communs et d’accord mutuel, est construite organiquement de bas en haut pour garantir et protéger l’intérêt général. Même quand les institutions sociales graduellement s’ossifient ou deviennent rudimentaires leur but d’origine peut en la plupart des cas être clairement reconnu. Chaque organisation d’État, cependant, est un mécanisme artificiel imposé d’en haut sur les hommes par quelques gouvernants, et il ne poursuit pas d’autre fin que de défendre et sauvegarder les intérêts des minorités privilégiées dans la société.

Un peuple est le résultat naturel de l’union sociale, une association mutuelle d’hommes poussés par une certaine similitude de conditions extérieures de vie, une langue commune, et des caractères particuliers dus au climat et au milieu géographique. De cette façon apparaissent vivants certains traits communs chez chaque membre de l’union et formant la partie la plus importante de son existence sociale. Ces rapports intimes peuvent aussi être engendrés artificiellement que détruits artificiellement.

La nation, d’autre part, est le résultat artificiel de la lutte pour le pouvoir politique exactement comme le nationalisme n’a jamais été autre chose que la religion de l’État moderne. L’appartenance à une nation n’est jamais déterminée, comme l’est l’appartenance à un peuple, par des causes naturelles, profondes ; elle est toujours sujette à des considérations politiques et fondée sur ces raisons d’État derrière lesquelles les intérêts de minorités privilégiées se cachent toujours. Un petit groupe de diplomates, qui sont simplement les chargés d’affaires de classe ou caste privilégiée, décide tout à fait arbitrairement la qualité nationale de certains groupes d’hommes dont le consentement n’est même pas demandé mais qui doivent se soumettre à cet exercice du pouvoir parce qu’ils ne peuvent agir d’eux-mêmes.

Des peuples et groupes de peuples existaient bien avant que l’État n’apparaisse. Aujourd’hui aussi ils existent et se développent sans l’assistance de l’État. Ils sont seulement gênés dans leur développement naturel lorsque quelque pouvoir extérieur intervient par la violence dans leur vie et lui impose une forme qu’elle ne connaissait pas avant. La nation est soudée à lui pour le meilleur et pour le pire et doit son existence seulement à la présence de celui-ci. En conséquence la nature essentielle de la Nation nous échappera si nous tentons de la séparer de l’État et de la doter d’une vie propre qu’elle n’a jamais possédée.

Un peuple est toujours une communauté avec des limites assez étroites. Mais une nation, en règle générale, enferme toute une série de différents peuples et groupes de peuples qui ont été, par des moyens plus ou moins violents, pressés dans le cadre d’un État commun. En fait, dans toute l’Europe il n’y a pas d’État qui ne consiste pas en un groupe de peuples différents qui étaient à l’origine de différentes descendances et de langue et furent forgés ensemble en nation unique seulement par des intérêts dynastiques, économiques et politiques.

… … … … … … …

Les Etats nationaux sont des organisations d’églises politiques ; la prétendue conscience nationale n’est pas née en l’homme mais enseignée à lui. C’est un concept religieux ; on est allemand, français, italien, exactement comme on est catholique, protestant ou juif.

 

“Le peuple consent parce qu’on le persuade de la nécessité de l’autorité ; on lui inculque l’idée que l’homme est mauvais, virulent et trop incompétent pour savoir ce qui est bon pour lui. C’est l’idée fondamentale de tout gouvernement et de toute oppression. Dieu et l’État n’existent et ne sont soutenus que par cette doctrine.”

“L’État n’a pas plus de réalité que n’en ont les dieux ou les diables. Ce ne sont que des reflets, des créations de l’esprit humain, car l’homme, l’individu est la seule réalité. L’État n’est que l’ombre de l’homme, l’ombre de son obscurantisme, de son ignorance et de sa peur.”

“Plus encore, l’esprit de l’homme, de l’individu, est le premier à se rebeller contre l’injustice et l’avilissement; le premier à concevoir l’idée de résistance aux conditions dans lesquelles il se débat. L’individu est le générateur de la pensée libératrice, de même que de l’acte libérateur. Et cela ne concerne pas seulement le combat politique, mais toute la gamme des efforts humains, en tout temps et sous tous les cieux.”
~ Emma Goldman ~

Réflexion politique: de l’État, de la Nation et du peuple (Rudolph Rocker)

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, documentaire, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 7 mars 2018 by Résistance 71

Petit précis bien utile sur l’État, la nation et le peuple pour contre-balancer les fadaises gouvernementales et l’immanquable poussée nationaliste qui va de paire avec les périodes de crise artificiellement provoquée dans et par un système étatico-capitaliste au bout du rouleau.

A lire et à diffuser sans modération…

~ Résistance 71 ~

 

État, Nation, Peuple

 

Rudolph Rocker, 1937

 

La vieille opinion qui attribue la création de l’État nationaliste à l’éveil de la conscience nationale du peuple n’est qu’un conte de fées, très utile aux protagonistes de l’idée de l’État national, mais néanmoins faux.

La nation n’est pas la cause, mais le résultat, de l’Etat. c’est l’Etat qui crée la nation, non la nation qui crée l’Etat. En vérité, de ce point de vue il existe entre peuple et nation la même distinction qu’entre société et État.

Chaque unité sociale est une formation naturelle qui, sur la base de besoins communs et d’accord mutuel, est construite organiquement de bas en haut pour garantir et protéger l’intérêt général. Même quand les institutions sociales graduellement s’ossifient ou deviennent rudimentaires leur but d’origine peut en la plupart des cas être clairement reconnu. Chaque organisation d’État, cependant, est un mécanisme artificiel imposé d’en haut sur les hommes par quelques gouvernants, et il ne poursuit pas d’autre fin que de défendre et sauvegarder les intérêts des minorités privilégiées dans la société.

Un peuple est le résultat naturel de l’union sociale, une association mutuelle d’hommes poussés par une certaine similitude de conditions extérieures de vie, une langue commune, et des caractères particuliers dus au climat et au milieu géographique. De cette façon apparaissent vivants certains traits communs chez chaque membre de l’union et formant la partie la plus importante de son existence sociale. Ces rapports intimes peuvent aussi être engendrés artificiellement que détruits artificiellement.

La nation, d’autre part, est le résultat artificiel de la lutte pour le pouvoir politique exactement comme le nationalisme n’a jamais été autre chose que la religion de l’État moderne. L’appartenance à une nation n’est jamais déterminée, comme l’est l’appartenance à un peuple, par des causes naturelles, profondes ; elle est toujours sujette à des considérations politiques et fondée sur ces raisons d’État derrière lesquelles les intérêts de minorités privilégiées se cachent toujours. Un petit groupe de diplomates, qui sont simplement les chargés d’affaires de classe ou caste privilégiée, décide tout à fait arbitrairement la qualité nationale de certains groupes d’hommes dont le consentement n’est même pas demandé mais qui doivent se soumettre à cet exercice du pouvoir parce qu’ils ne peuvent agir d’eux-mêmes.

Des peuples et groupes de peuples existaient bien avant que l’État n’apparaisse. Aujourd’hui aussi ils existent et se développent sans l’assistance de l’État. Ils sont seulement gênés dans leur développement naturel lorsque quelque pouvoir extérieur intervient par la violence dans leur vie et lui impose une forme qu’elle ne connaissait pas avant. La nation est soudée à lui pour le meilleur et pour le pire et doit son existence seulement à la présence de celui-ci. En conséquence la nature essentielle de la Nation nous échappera si nous tentons de la séparer de l’État et de la doter d’une vie propre qu’elle n’a jamais possédée.

Un peuple est toujours une communauté avec des limites assez étroites. Mais une nation, en règle générale, enferme toute une série de différents peuples et groupes de peuples qui ont été, par des moyens plus ou moins violents, pressés dans le cadre d’un État commun. En fait, dans toute l’Europe il n’y a pas d’État qui ne consiste pas en un groupe de peuples différents qui étaient à l’origine de différentes descendances et de langue et furent forgés ensemble en nation unique seulement par des intérêts dynastiques, économiques et politiques.

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Les Etats nationaux sont des organisations d’églises politiques ; la prétendue conscience nationale n’est pas née en l’homme mais enseignée à lui. C’est un concept religieux ; on est allemand, français, italien, exactement comme on est catholique, protestant ou juif.

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Lectures connexes:

Manifeste de la societe des societes

On a retrouvé l’histoire de france (Jean Paul Demoule)

petit_precis_sur_la_societe_et_letat