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Résistance au colonialisme: l’hypocrisie totale du Forum Permanent des Affaires Indigènes de l’ONU quand les institutions protègent la Doctrine Chrétienne de la Découverte fondement du colonialisme occidental (Peter d’Errico)

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Le Forum Permanent de l’ONU va t’il prendre position pour les peuples indigènes ?

Peter d’Errico

25 Avril 2016

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/04/26/will-permanent-forum-stand-indigenous-peoples

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71~

 

Le Forum Permanent sur les Affaires Indigènes (FPAI) de l’ONU (UNPFII) semble complice dans l’enterrement de ce qui avait été jusqu’ici son action la plus profonde et significative en la matière: la critique de la Doctrine Chrétienne de la Découverte qu’il avait émise dans sa 13ème session de Mai 2014 et intitulée: « Study on the impacts of the Doctrine of Discovery on indigenous peoples, including mechanisms, processes and instruments of redress. » [UN Doc E/C.19/2014/3]

Le Forum Permanent, comme la plupart des corps constitués conventionnels, a évité de nommer la base religieuse de la doctrine ; mais l’étude elle-même a ciblé la racine: “La présomption de supériorité raciale des chrétiens européens.” La Doctrine a pour origine “les bulles pontificales émise durant la soi-disante période de l’âge de la découverte en Europe. Elle était composée de réglementations, comme le Requirimiento, qui émanaient de royauté d’états européens chrétiens.”

L’étude a montré comment la présomption de la supériorité chrétienne incarnée par la doctrine de la découverte alimente les saisies coloniales des terres et le génocide des peuples autochtones. “Dans toutes ses manifestations, la ‘découverte’ a été utilisée comme cadre justificatif pour déshumaniser, exploiter, réduire en esclavage et subjuguer les peuples indigènes ainsi que de les déposséder de leurs droits les plus fondamentaux, de leurs lois, de leur spiritualité, de leur vision du monde et du mode de gouvernance de leurs terres et de leurs ressources. Ce fut en fait la véritable fondation du génocide.

L’étude se concluait avec un diagnostique réaliste et une recommandation:

“On ne peut pas effacer l’histoire. Son cours, quoi qu’il en soit, peut-être changé pour assurer le bien-être présent et futur, la dignité et la survie des peuples indigènes. La diginité et le respect des droits de l’Homme doivent être garantis, spécifiquement à la lumière de vulnérabilités existantes. Il doit y avoir une reconnaissance complète et honnête du passé afin d’assurer que les doctrines coloniales ne continuent pas à se perpétrer. Un changement clair de paradigme et critique des doctrines coloniales vers un cadre de principe axé sur les droits de l’Homme consistant avec la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU (DDPI) et autres lois internationales sur les droits de l’Homme.”

Le Forum Permanent a félicité l’auteur de l’étude et a affirmé que toutes les doctrines, incluant celle de le découverte, qui se font les avocates de la supériorité sur une base d’origine nationale ou raciale, religieuse, ethnique ou de différences culturelles sont racistes, scientifiquement fausses, légalement invalides, moralement condamnables et socialement injustes et se doivent d’être répudiées tant en parole qu’en action.

Le rapport final de la 13ème session [UN Doc E/C.19/2014/11] a recommandé que l’étude “soit soumise au président de l’assemblée générale de l’ONU et des états membres en tant que guide de référence dans les discussions concernant la réunion plénière de haut-niveau/Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes programmée pour Septembre 2014.”

La soi-disante Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes, nommée ainsi de manière erronée puisque c’était une conférence de l’AG de l’ONU et non pas des peuples indigènes, s’est déroulée sans même que la Doctrine Chrétienne de la Découverte ne fusse nommée une fois. Malgré la recommandation on ne peut plus explicite du Forum Permanent, l’étude ne fut pas discutée et aucunes recommandation pour futures actions ne fut émise ni même mentionnée.

Malgré tout, bien des observateurs ont déclaré cette réunion de haut-niveau comme étant une “victoire” pour les peuples indigènes. Il apparaît que bien des gens peuvent être embrouillés au sujet de la différence entre parler et agir. Dans ce cas précis, il n’y eut même pas de discussion dans le document de conclusion de la conférence. L’étude sur la Doctrine Chrétienne de la Découverte fut passée à la trappe.

La base de données des recommandations du FPAI de l’ONU catégorise la 13ème session et sa recommandation comme une “méthode de travail” pour le président de l’AG de l’ONU et les pays membres. Le “statut de mise en application” montre un espace blanc. Le statut de mise en application des recommandations préalables de la 11ème session critiquant la Doctrine et appelant pour sa révocation est montrée comme étant “en cours”.

Avant sa 14ème session de Mai 2015, le FPAI avait requis que ses états membres donnent leurs réponses à la 13ème session. Cinq états ont répondu: l’Australie, le Danemark, le Mexique, le Paraguay et les Etats-Unis. De ceux-ci, seul le Paraguay a rapporté une quelconque action mise en place en ce qui concerne la propriété indigène de la terre, le problème fondamental qui affecte les peuples indigènes au travers de la Doctrine Chrétienne de la Découverte. Les autres états répondant ont discuté de nombreuses affaires sociales et de programmes de services fournis aux personnes indigènes.

Le rapport final de la 14ème session [UN Doc E/2015/43] n’a pas attiré l’attention sur ce manque évident de réponse et de suivi de l’étude et de ses recommandations. En fait, le rapport a “encensé le document de clôture” de la réunion plénière de haut-niveau, sans même faire allusion au fait que la réunion n’avait aucunement adressé la Doctrine Chrétienne de la Découverte. Le rapport a néanmoins réitéré le droit des peuples indigènes à avoir leur mot à dire dans le développement de leurs terres.

Peut-être de manière édifiante, la 14ème session a aussi reconnu “le besoin de réduire le nombre de recommandations tout en renforçant le suivi et la mise en place des recommandations les plus remarquables.” Le Forum a promis de prendre une “initiative de réforme”.

L’urgence du problème du titre de propriété indigène a été accru par la reconnaissance que, comme l’a rapporté la 14ème session, le suicide au sein des peuples indigènes “est lié à la perte par les peuples indigènes de leurs droits à la terre et à leurs territoires ancestraux, leurs ressources naturelles, leurs modes de vie traditionnels et l’utilisation traditionnelle des ressources naturelles.

Bien que le rapport ait fait suivre ces trouvailles d’une volée de propositions pour des actions sur la santé, il a aussi appelé “l’envoyé du SG de l’ONU pour la jeunesse… d’informer le Forum sur les progrès en ce domaine dans la 15ème session.”

Celle-ci aura lieu en Mai 2016. L’agenda publié s’ouvre avec “Un suivi des recommandations du Forum Permanent: a) Mise à jour sur la mise en place des recommandations du FP.” Après une subséquente “réunion d’expert internationale sur le thème “Langues indigènes: préservation et revitalisation”, l’agenda continue sur deux “études préparées par des membres du FP.” La liste n’inclut pas d’étude sur la Doctrine Chrétienne de la Découverte.

Dans quelques semaines, nous saurons si le FP de l’ONU a oublié la Doctrine Chrétienne de la Découverte ou s’il va insister sur la question de la terre pour les peuples indigènes et leurs droits devant inclure une révocation de la Doctrine et des bulles pontificales desquelles les schémas de domination de la doctrine ont émergé.

L’ONU, tout comme ses états membres, fait fonctionner une énorme bureaucratie ce qui augmente la possibilité pour bien des sujets de passer à la trappe. Les états membres ne regardent pas les peuples indigènes comme des participants à part entière de l’organisation. De plus, quelques états membres, particulièrement les Etats-Unis, ont pris des mesures pour mettre une limite entre les droits des peuples indigènes et les droits des peuples. En fait, l’effort parallèle pour définir un “nouveau statut” pour les peuples indigènes à l’ONU indique autant un effort de les enterrer et de les mettre au placard que de les élever à être membre à part entière du corps général de l’organisation.

Le ministère des affaires étrangères des Etats-Unis, au moment où ceux-ci changeaient leur vote sur la DDPI d’un non à un oui, avait dit que la déclaration crée une catégorie spéciale de droits qui n’est pas équivalente à une participation complète au concert des nations. Le ministère a poussé le bouchon aussi loin que de déclarer que le système de “loi fédérale indienne”, basé sur la doctrine Chrétienne de la Découverte, est identique au système de droit mis en place dans la déclaraton de l’ONU.

En mettant ces développements bout à bout, l’étude du FPAI de l’ONU sur le Doctrine Chrétienne de la Découverte passant à la trappe et l’effort de maintenir les peuples indigènes dans un statut subordonné en rapport avec les états, peut faire facilement conclure que les droits des peuples indigènes sont non seulement sous attaque des états coloniaux, mais que les termes de l’attaque n’ont pas même changé. Les peuples indigènes ont un “forum permanent” pour leurs “affaires”, mais leurs affaires sont toujours subordonnées aux préoccupations des états qui clâment une supériorité sur eux.

Dans la tragédie de Shakespeare “Jules César”, Marc Antoine cache son amour de César: “Je suis venu pour enterrer César et non pas pour l’encenser”. L’inverse marche tout aussi bien: un ennemi peut bien dire: “Je viens pour encenser et pas pour enterrer”. Attention aux manifestations d’amitié aux peuples indigènes… à moins que ce ne soit confirmé par des actions.

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Mascarade à l’ONU… La « Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes » réaffirme le colonialisme sous l’impulsion du Canada et du pays du goulag levant (ex-USA)

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Cet excellent compte-rendu de Glenn Morris est à mettre en parallèle des études de Steven Newcomb sur les Droits Indigènes à l’ONU.

L’ONU est contrôlée et gérée par les gouvernements occidentaux racistes et colonialistes, eux-mêmes contrôlés par de grosses transnationales pour qui le colonialisme est un droit existentiel… L’ONU est le grand Barnum de la diplomatie mondiale en tous les domaines.

— Résistance 71 —

 

Les états envahisseurs ont détourné la Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes (CMPI) de l’ONU

 

Glenn Morris

 

16 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/10/16/invader-states-hijacked-un-world-conference-indigenous-peoples

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En regardant la frauduleuse “Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes” (CMPI) de l’ONU sur la chaîne UN Web TV les 22 et 23 Septembre dernier, je me remémorais une phrase fameuse de Thomas Pynchon: “S’ils vous poussent à poser les mauvaises questions, ils n’ont pas besoin de se soucier des réponses.” Cette réunion de l’ONU était remplie de membres d’états, de hauts fonctionnaires, qui ont convaincu un bon nombre de participants indigènes de poser une multitude de mauvaises questions. Malheureusement, quelles que soient les questions posées par les indigènes, la réponse fut toujours la même: les forces qui ont envahi vos patries sont fermement en contrôle de l’ONU.

Pire même, la pièce à l’ONU contenait des indigènes qui participèrent à cette réunion depuis une position de peur et non pas depuis cette fière position qui définissait la naissance du mouvement international contemporain de luttes indigènes pour leurs droits, commencé il y a plus de 40 ans. Les spectateurs indigènes semblaient ne participer que mûs par l’insécurité de se voir laisser en dehors de quelque chose de grand. Ils ne savaient pas exactement quoi, mais ils ne voulaient pas le louper. Ils refusèrent de faire valoir leurs droits les plus fondamentaux, de peur d’irriter, de courroucer les membres de l’ONU, ces mêmes états qui ont envahis leurs territoires, massacrés leurs peuples et tenter d’exterminer leurs cultures. Ce fut un spectacle pathétique, vraiment.

La réunion a été un succès prévisible pour les états envahisseurs des Nations-Unies. Elle a aussi marqué un retrait des 40 ans de lutte vers l’auto-détermination des peuples indigènes qui rugît après les 71 jours de libération de la réserve de Wounded Knee en 1973. Ce que la très grande majorité des peuples indigènes du monde ignoraient au sujet de cette CMPI fut que, de manière ridicule, les conclusions finales ou ce qu’ils ont appelés “Le Document Résultant” ou DR de la CMPI, avait déjà été rédigé par les états membres avant même que la conférence ne débute. La réunion elle-même ne fut qu’une farce ayant un résultat pré-déterminé. Il n’y avait aucun besoin de discussion encore moins d’un débat. En fait, il n’y avait absolument aucun besoin de cette réunion, excepté pour servir d’exemple de théâtre kabuki de l’auto-suffisance, pour permettre aux états de perpétrer la fraude de leur attention envers les peuples indigènes.

La réunion fut une régression pour les peuples indigènes car le mouvement international des peuples indigènes ces 40 dernières années a été largement influencé par 4 priorités stratégiques essentielles. Ces quatre positions ont été consciencieusement exclues ou furent rendues sans intérêt dans le document final résultant (précédant devrait-on dire…) la réunion:

  1. L’Auto-Determination. Le droit à l’auto-détermination des peuples indigènes, ce qui veut dire le droit international pour les nations indigènes de déterminer librement leur statut politique et de poursuivre librement un développement économique, politique, social et culturel. Ceci est un point phare par l’article 3 de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU. L’auto-détermination n’est mentionnée nulle-part dans le DR de la réunion.
  2. La personalité internationale des nations indigènes et le caractère international des traités entre les nations indigènes et les états envahisseurs.

Ce principe est une extension de celui de l’auto-détermination et insiste sur le fait que les peuples indigènes ne sont ni conquis et ne sont pas non plus des nations légalement sous la domination de, ou l’occupation des états envahisseurs. De manière similaire, le principe revendique que les traités entre les peuples et nations indigènes et les envahisseurs doivent obtenir le respect international et être sujets à un arbitrage international impartial comme stipulé dans l’article 37 de la DDPI de l’ONU. Il n’y a aucune mention des traités de quelque nature que ce soit dans le DR de la CMPI.

  1. Le droit des peuples indigènes de contrôler nos territoires, nos ressources naturelles et notre connaissance traditionnelle.

Il n’y a aucune garantie dans le DR de la CMPI pour sécuriser le consentememt libre, préalable et informé (CLPI) des peuples indigènes avant l’invasion des territoires par les états. Il n’y a aucune mention dans la CMPI sur le CLPI. Le dernier jour de la conférence, le Canada a explicitement dit qu’il refusait d’abandonner sa présumée suprématie sur les peuples et nations autochtones. L’arrogance coloniale du Canada n’a pas été unique, simplement le Canada l’a admis ouvertement. Les références au CLPI dans le DR sont fortuites car rendues stériles par le pillage des états de la signification même du CLPI.

  1. Le démantèlement de la doctrine chrétienne de la découverte. Le lit légal sur lequel les Etats-Unis, le Canada et les autres états colons occidentaux rationalisent leur invasion, leur domination et destruction des peuples et nations indigènes. Cette doctrine “légale”, la fondation de toutes les lois fédérales américaines sur les Indiens, légitimise la suprématie blanche et chrétienne ainsi que le vol sur des continents entiers. La légitimité sans relâche de la doctrine dans la loi des états colonisateurs, viole la charte des Nations-Unies, les deux déclarations des droits de l’Homme et la Convention pour l’Éliminaton de la Discrimination Raciale. Et pourtant, la “Conférence Mondiale” et son DR ont entièrement ignoré cet aspect et ont laissé la doctrine chrétienne de la découverte sans aucun examen et complètement intacte.

Les États ne peuvent aucune anticipation de mise en application de la DDPI de l’ONU en ignorant chacun de ces quatre point de focalisation. De même, les peuples indigènes dans la réunion peuvent à peine demander le manteau du “leadership” après s’être portés volontaires comme piliers d’un processus escroc le tout en permettant aux États de déclarer la réunion un succès. La conférence a prouvé être un succès pour les États, pour l’extension de leur domination et de la domestication des peuples indigènes. Le processus de cette “conférence mondiale” a permis aux état d’esquiver toute responsabilité de leurs crimes contre l’humanité, pour génocide, et pour leur destruction persistante des peuples indigènes (ethnocide), au nom du progrès de la “civilisation”, du développement et de la mondialisation.

Le processus de la CMPI contrôlé par les États a utilisé trois tactiques éprouvées par le temps contre les peuples indigènes afin de parvenir à museler une participation effective indigène et d’arracher un consentement dans cet ersatz de “conférence mondiale”:

  1. Diviser pour mieux régner
  2. Exclusion de l’opposition et…
  3. Fayottage

Certains membres de l’ONU (ainsi que la bureaucratie de l’ONU elle-même, qui opère avant toute chose pour protéger les intérêts des états membres), maîtrisèrent très bien le contrôle de certains gardiens du temple indigènes au sein du système onusien et en privilégiant aussi ceux qui étaient en faveur de la CMPI, les “bons Indiens raisonnables”, tout en marginalisant ceux qui avaient des critiques à formuler comme étant les “mauvais Indiens hostiles”. En légitimisant les indigènes gardiens du temple étatique, L’ONU fournît une couche isolante entre les parties étatiques qui voulaient l’apparence des peuples indigènes “marchant avec la CMPI et ceux des indigènes qui rejetaient la manipulation étatique, qui demandaient le respect et une participation équitable et qui refusèrent de donner leur consentement à cette “conférence mondiale” complètement falsifiée.

Alors qu’il devenait clair que les sbires indigènes du système ne pouvaient pas parvenir à un consensus général pour la collaboration des peuples indigènes dans le plan de la CMPI, l’ONU décida alors d’exclure et de réduire au silence l’opposition. Lorsque le North American Indigenous Peoples’ Caucus (NAIPC) décida qu’il n’allait pas accepter la subordination et l’inégalité dans le design même de la conférence, les représentants du NAIPC (à la fois adultes et ceux de la jeunesse), furent systématiquement exclus de tout débat ou décisions en regard de la réunion. L’ONU commença à marginaliser subrepticement les “mauvais Indiens” et donna plus de pouvoir et de responsabilité aux “Indiens pragmatiques”, qui furent d’accord de se soumettre au programme de la conférence.

Les “Indiens raisonables” comme les représentants de l’Indian Law Resource Center (ILRC), le Native American Rights Fund (NARF), la National Congress of American Indians (NCAI) et l’International Indian Treaty Council (IITC), reçurent leur validation en étant permis de rester dans le circuit de communication de l’ONU ; ils furent récompensés avec de l’information, de l’accès et parfois même du financement, pour faciliter leur participation continue. La tactique prit la forme du refus explicite de financer les délégués de l’opposition, tout en finançant ceux qui étaient en soutien, ceci menant à la censure de certaines voix lors de la planification du programme de la CMPI. La stratégie des États était de fournir l’illusion d’un consensus indigène en excluant ceux qui auraient pu s’y opposer et bloquer ce consensus au travers de la critique ou de perspectives contraires.

La troisième tactique, celle du “fayotage”, fut utilisée sans vergogne par certains délégués indigènes des Etats-Unis et du Canada pour circonvenir aux “mauvais indiens hostile” du NAIPC et pour solliciter les gouvernements américain et canadien. Aux Etats-Unis, l’ ILRC, NARF, NCAI et l’IITC se sont rencontrés ont ont communiqués directement avec le gouvernement et ses représentants du ministère des affaires étrangères un bon nombre de fois avant la tenue du la CMPI. Dans un apparent qui pro quo avec les Etas-Unis, les ONG indigènes sont tombées d’accord pour jouer le jeu à la réunion de l’ONU et en échange le gouvernement américain leur lança quelques miettes. Ces miettes prirent la forme d’un soutien cosmétique sur des postures non controversives de la part des ONG, qui ne défiaient en rien la suprématie du pouvoir plénière américain sur la loi et la politique internes sur les Indiens. Les organisations des “bons Indiens” rejetteront bien sûr cette caractérisation, mais les faits parlent d’eux-mêmes. Ils ont permis eux-mêmes et on cajolé plusieurs représentants de “gouvernement tribal” afin qu’ils soient exploités en tant que figurants sur la scène de théâtre Kabuki des États. Pour leur peine, ils sortirent de la réunion sans rien de substantiel.

Une image spécifique de ces relations confortables peut se voir dans la présentation du représentant des Etats-Unis, Keith Harper, lors de la CMPI le 23 Septembre. Harper, un Cherokee, mais parlant pour le gouvernement des Etats-Unis, fut nommé cette année par Obama comme ambassadeur américain au conseils des droits de l’Homme de l’ONU. Le nombre de similarités dans le discours d’Harper avec les positions circulant de l’alliance ILRC/NARF/NCAI défie toute possibilité coïncidentelle. Il est certain que les “Indiens pragmatiques” jubilent sur le fait que Harper ait mentionné la considération américaine de la “possibilité” pour que les “gouvernements tribaux” puissent être un jour, quelque part, au sein du système des Nations-Unies. Les “Indiens raisonables” (comme ces vieux “bons Indiens” d’autrefois..) seraient pourtant bien avisés de ne pas trop en attendre des Etats-Unis et de ses artifices. Tout ceci est à classer avec les milliers de promesses qui jonchent le lit de la relation historique entre les Etats-Unis et les nations autochtones.

Dans les débats ayant eu lieu ces deux dernières années au sujet de savoir si le NAIPC devait se retirer de la CMPI de l’ONU, l’Amérique du Nord a défendu cette participation se basant sur le fait qu’il était important pour les peuples indigènes de participer à cette conférence en référence au dicton qui dit que “si vous n’êtes pas à la table, c’est que vous êtes au menu”. En d’autres termes, afin de protéger les gains faits depuis 40 ans nous devons continuer à participer au processus de l’ONU, même, apparemment, sous des conditions qui pourraient être irrespectueuses, inégalitaires et destructrices.

En regardant la conférence sur la chaîne de télé de l‘ONU, je pensais à ces débats et au slogan du “menu”. Une autre citation culinaire me vint à l’esprit, cette fois-ci venant du grand auteur uruguyen Eduardo Galeano: “Votre participation dans ce processus ne vous permet que de suggérer la sauce avec laquelle vous serez mangés.” Malheureusement, tout ce qui est sorti de cette conférence de l’ONU fut, comme l’avait annoncé Galeano, l’ “opportunité” pour les peuples indigènes de participer à un processus qui nous permet seulement de suggérer la sauce avec laquelle nous serons mangés par les états et les corporations, entreprises transnationales.

Nous avons été prévenus.

Glenn Morris (Shawnee) est un membre et porte-parole du conseil de leadership de l’American Indian Movement (AIM) du Colorado. Il est professeur de science politique à l’université de Denver, Colorado, où il dirige le 4ème Centre Mondial pour l’Étude de la Loi et de la Politique Indigène. Il a été un défenseur actif des nations autochtones aux Nations-Unies depuis 1981.

Résistance au colonialisme: L’escroquerie de la Réunion Plénière de L’ONU sur les Peuples Indigènes ou le colonialisme complètement institutionnalisé…

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Sous cet article nous avons remis les liens d’articles précédents que nous avions traduit depuis le mois de Mars sur ce sujet. La fumisterie a bien sûr continué, malgré le retrait et le boycott du North American Indigenous Peoples Caucus (NAIPC), mais pour l’oligarchie et son officine de contrôle qu’est l’ONU.. pas de problème, en avant toute !… Qui peut encore croire un mot de ce qui sort du « machin » qu’est l’ONU. Fumisterie à l’état pur !

— Résistance 71 —

 

Le tour de magie de l’État, dans le document final de la réunion plénière de haut niveau sur les peuples indigènes de l’ONU

 

Steven Newcomb

 

29 septembre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/09/29/state-magic-outcome-document-un-hlpm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les prestidigitateurs sont bien au courant d’une chose essentielle: Ce sur quoi l’audience se focalise détermine ce qu’elle ne voit pas. La diversion est une affaire critique dans l’art de la prestidigitation. Les magiciens focalisent l’audience sur une chose tandis que quelque chose qu’elle ne remarque pas se déroule sous ses yeux. Ceci est une métaphore valide au sujet de ce qu’il s’est passé avec le document résultant de la Réunion Plénière de Haut Niveau de l’ONU, connue sous le nom de “Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes”.

Ce document résultant fut adopté par l’assembée générale de l’ONU le 22 Septembre 2014. Ce ne fut pas un document de consensus parce que le North American Indigenous Peoples Caucus (NAIPC) s’était officiellement retiré du Groupe de Coordination Mondial et avait appelé à l’annulation du meeting ainsi qu’avait refusé de participer à la rédaction de ce document contrôlé par l’état et motivé par les intérêts des états. Un examen de la version finale du document qui a été approuvé en tant que résolution de l’ONU, rend absolument évident que les préoccupations du NAIPC étaient bel et bien fondées.

Le document résultant de cette réunion pléniaire est fondé sur une diversion subtile. Le texte du document dirige l’attention à l’écart d’un fait central: Le sujet de ce document est les peuples qui doivent exister sous la domination ou le contrôle des États. Comment des peuples appelés “indigènes” pourront se libérer du cadre de la domination de l’état au travers de l’exercice de l’auto-détermination est une question qui ne fut même pas un sujet de discussion durant la réunion de l’ONU et de l’Assemblée Générale.

Au lieu d’apporter une opportunité de discussion au sujet de la domination des états sur les peuples dits “indigènes », tout le monde fut attendu par les gouvernements des états à accepter l’idée que les peuples étiquetés “indigènes” soient limités à “aspirer” atteindre certains droits dans le futur, tout en continuant d’exister sous la domination des États. Le document résultant de la réunion fut écrit sur la base de l’assomption que les peuples appelés “indigènes” n’existeront JAMAIS de manière libre et indépendante de la domination ou gouvernance des états sous lesquels ils sont sous “tutelle”.

Au nom de “mettre en application” les “fins” et de supporter les “principes” de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU, les gouvernements des états ont créé et maintenant adopté un document final qui accepte sans abage l’idée sous-jacente que les États seront dominants à tout jamais sur les nations et peuples étiquetés “indigènes”.

En résultat de cette diversion trompeuse, le mouvement vers ce meeting de l’ONU fut un chemin de pure folie. Au lieu de questionner ou de défier la dominace de l’état sur nos nations et peuples originellement libres, ceux qui ont désiré soutenir les intérêts et les vues des peuples indigènes ont accepté de manière inadvertente la domination de l’État comme un acquis. Sans s’en rendre compte, ils ont en fait demander des “droits” sous la domination de l’État.

Ces représentants indigènes ont été égarés sur un chemin errant et dommageable qui a mené à cette réunion pléniaire sur les peuples indigènes de l’ONU qui eut lieu les 22 et 23 Septembre 2014. Ils ont permis que leurs yeux et leur attention soient divertis de ce que les états ont fait pour manipuler nos Nations et nos Peuples au travers de manœuvres ingénieuses de tromperie.

Une technique de supercherie textuelle bien établie consiste en symbolisant et en constituant la domination de l’état en épelant toujours leurs identifiants en lettres majuscules comme par exemple: “États”, “Gouvernements”, “Chefs d’État” (NdT: du moins dans les textes officiels en anglais…) tandis que les “peuples indigènes” est épelé en minuscule. Cette technique est utilisée à travers tout le document.

Comment puis-je être certain de la présomption de la domination de l’état ? Ma certitude est le résultat d’une analyse sur le contexte du mot “Indigène” tel qu’il est utilisé par les Nations-Unies et au sujet duquel j’ai déjà écrit auparavant. Prenez par exemple le rapport de l’ONU de 2009: “State of the World’s Indigenous Peoples,” publié par le Département des Affaires Économiques et Sociales, division pour la politique sociale et le développement et le secrétariat du forum permanent de l’ONU sur les questions indigènes. Les auteurs du rapport expliquent que l’ONU n’a en fait jamais officiellement adopté de définition pour ce que sont les peuples Indigènes.

Quoi qu’il en soit, les auteurs du rapport citent alors quelques sources différentes pour donner un cadre ou une orientation mentale de façon à ce que le lecteur ait une idée de ce qui est signifié par le mot “indigène” (l’ortographe officielle de l’ONU… avec in “i” minuscule) aux Nations-Unies. Les auteurs du rapport cite ceci en provenance de la Convention de l’Organisation Internationale du Travail 169, Article 1,b:

Peuples dans des pays indépendants qui sont vus comme indigènes sur le compte de leur descendance de populations qui habitaient le pays… au moment de la conquête ou de la colonisation ou de l’établissement des frontières actuelles de l’état et qui sans regard pour leur statut légal, maintiennent quelque partie ou la totalité de leurs institutions sociales, économiques, culturelles et politiques.

Puis en page six du rapport “State of the World’s Indigenous Peoples”, les auteurs écrivent:

Le concept de peuples indigènes émerge de l’expérience coloniale, lorsque les peuples aborigènes d’une terre donnée furent marginalisés après avoir été envahis par des puissances coloniales, dont les peuples sont maintenant dominants sur les occupants précédents… La domination et le déplacement n’ont, bien sûr, pas été exclusivement pratiqués par des occupants blancs et colonialistes.

Les mots et les bouts de phrases du paragraphe ci-dessus qui contiennent la signification de domination incluent: “expérience coloniale”, “aborigène”, “marginalisés”, “envahis”, “puissances coloniales”, “maintenant dominants”, “domination”, “déplacement”, “occupants blancs”, “colonialistes” et si nous continuions avec la phrase d’après dans le texte, qui discute du contexte en Asie et en Afrique, nous pourrions rajouter les mots ou expressions “groupes dominants”, “supprimés” et “marginalisés”.

En page six du rapport “State of the World’s Indigenous Peoples” nous trouvons des preuves supplémentaires de l’utilisation de la diversion ; par exemple les auteurs du rapport ne disent pas que “des peuples aborigènes” ayant été “envahis par des puissances coloniales” a fait que ceux-ci ont été “dominés”. Les auteurs écrivent que le résultat fut que les “peuples aborigènes” furent “marginalisés”.

Les auteurs du rapport utilise le mot “marginalisés” malgré avoir reconnu l’existence de peuples qui “sont maintenant dominants sur les occupants préalables”. D’après cette reconnaissance, les auteurs auraient dû avoir écrit au sujet “de peuples maintenant dominants sur des occupants préalables maintenant dominés”.

Que les auteurs du rapport de l’ONU étaient parfaitement au courant du contexte auquel je réfere est rendu évident par le premier mot de la phrase qui apparaît deux phrases plus loin: “Domination”. Ce mot et les exemples ci-dessus explicitement identifient le contexte du mot “Indigène”. C’est aussi le contexte du document résultant de la dernière réunion pléniaire de l’ONU, adopté pour la “mise en pratique” de ce que nous pourrions maintenant tout aussi bien appeler la Déclaration des Droits des Peuples Dominés appelés Indigènes de l’ONU. C’est ce contexte qui fait que l’appel à “l’égalité” entre nos Nations et Peuples originellement libres et la domination de l’état est un non-sens. Ce qui est sensé par contre est pour nos Nations de former une alliance d’engagement sans faille pour défier et mettre un terme une fois pour toute à cette domination.

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Articles connexes de Steven Newcomb sur le sujet de l’imposture de l’ONU et de la réunion pléniaire de haut niveau sur les peuples indigènes:

 https://resistance71.wordpress.com/2014/03/19/onu-et-colonialisme-la-declaration-des-droits-des-peuples-indigenes-vraiment/

 https://resistance71.wordpress.com/2014/05/03/resistance-politique-boycott-de-la-mascarade-de-la-reunion-pleniaire-mondiale-de-lonu-sur-les-peuples-indigenes/

 https://resistance71.wordpress.com/2014/06/13/colonialisme-et-onu-controler-le-langage-controle-les-gens-jeu-semantique-jeu-de-domination-pour-un-statu-quo-colonialiste/

 https://resistance71.wordpress.com/2014/06/26/resistance-politique-a-la-semantique-colonialiste-etendue-a-lonu/