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Turquie et nettoyage ethnique: Erdogan fait-il le sale boulot de l’empire ?

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 30 mars 2016 by Résistance 71

N’oublions pas que les Kurdes et le PKK c’est depuis 1999 le Confédéralisme Démocratique, mis pas à pas en place depuis 2004-2005 en Turquie et en Syrie. La province syrienne du Rojava est le lieu d’une confédération de communes suivant le manifeste d’Abdullah Ocalan publié en 2011. Cette expérience politico-sociale est une véritabe menace au concept même de l’état-nation, concept erroné et qui a échoué pitoyablement partout.

La question est la suivante: Erdogan est-il le Franco du XXIème siècle ? L’oligarchie qui maintient les états-nations en place se sert-elle aujourd’hui d’Erdogan comme elle s’est servi de Franco (et de ses alliés, incluant pour l’occasion les staliniens et les démocraties dites libérale européennes comme la France ) en 1936-39 pour détruire la révolution sociale en cours ? Pas du tout impossible, affaire à suivre de très près… Kurdes du PKK et affiliés de 2016 et anarchistes espagnols de 1936 semblent avoir une destinée commune.

— Résistance 71 —

 

Erdogan déjà 5 000 Kurdes tués

 

Réseau Voltaire

 

29 Mars 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article191012.html

 

 

Prononçant, le 28 mars 2016, un discours à l’École de guerre, le président Erdoğan a dressé le bilan de la guerre contre la terreur entreprise par son gouvernement depuis l’attentat de Suruç, le 20 juillet 2015.

Alors que cet attentat avait été revendiqué par Daesh et qu’il avait tué des militants du PKK et des Alévis favorables au président el-Assad, le président Erdoğan en avait tiré la conclusion qu’il lui fallait reprendre la guerre contre les organisations kurdes.

En neuf mois plus de 5 000 Kurdes, membres ou non du PKK, ont été tués par les forces de sécurité (armée et police) qui ont perdu de leur côté 355 hommes.

Si les victimes kurdes de la répression turque sont effectivement des combattants du PKK, cette organisation est aujourd’hui profondément atteinte. Mais il semble, qu’en réalité, la très grande majorité des morts soient de simples civils. Dans ce cas, la répression ne fera que susciter la révolte et fera grossir les rangs du PKK.

A ceux qui l’accusent d’avoir supprimé les libertés publiques au nom de la guerre à la terreur, le président Erdoğan a répondu que son pays avait au mieux conservé l’équilibre sécurité/liberté. En effet, a-t-il poursuivi, la guerre [civile] est limitée à de très faibles portion de territoire et n’atteint pas l’ensemble des citoyens. Il a alors vivement critiqué les diplomates occidentaux qui se sont rendus au procès du rédacteur-en-chef de Cumhuriyet —qui avait publié des photos et vidéos des livraison d’armes du MIT aux jihadistes—, les accusant de soutenir un « espion » lié aux terroristes.

Au cours du même discours, le président Erdoğan a souligné que la Turquie ne pouvait pas rester aveugle aux développements dans les Balkans, au Levant, en Afrique du Nord et dans le Caucase où vivent des populations liées par l’affection et la culture turque. En outre, il a rappelé que l’Asie centrale est la « patrie » des Turcs.

Enfin, il a conclu en soulignant que la Turquie ne soutient pas les jihadistes, qu’elle a expulsé plus de 3 500 étrangers qui leur sont liés, et en a incarcéré plus de 1 000.

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Déstabilisation de l’Europe et du Moyen-Orient: Erdogan, la Turquie et le projet totalitaire…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 22 mars 2016 by Résistance 71

Très bonne analyse de Meyssan sur la situation turque et géopolitique dans la zone européenne et moyen-orientale, mais nous aimerions amener quelques précisions de notre côté, car nous pensons que l’analyse de Meyssan demeure malgré tout incomplète.

La première des choses est sa mention du bout de la plume du PKK kurde. Depuis le départ, pour des raisons politiques, Meyssan ignore et omet de dire que le PKK depuis la fin des années 90 n’est plus un parti, mouvement marxiste-léniniste et que depuis 2004, les kurdes de Turquie et du Rojava syrien (région du nord de la Syrie englobant la devenue célèbre Kobané pour sa résistance héroïque aux assauts de l’EIIL/Daesh) ont fait le choix du confédéralisme démocratique, grandement inspiré dans la théorie comme dans la pratique, du communalisme libertaire et écologique pensé par l’anarchiste américain Murray Bookchin. La fédération des communes libres kurdes représente l’avenir positif du Moyen-Orient comme Abdullah Ocalan l’a expliqué dans son manifeste pour le confédéralisme démocratique que nous publions en ce moment même.
En référence historique, une s’impose ici: la comparaison avec l’Espagne et sa révolution sociale de 1936-39 qui lutta contre le fascisme de Franco et de l’église catholique et finit par perdre suite à la coalition de la préservation du statu quo étatiste des fascismes (Franco/Mussolini/Hitler), des marxistes (staliniens de l’URSS et d’ailleurs) et du soi-disant front populaire qui ferma ses portes et refusa toute aide à la “république” (qui reste dans les “livres d’histoire”) des anarchistes internationalistes. Aujourd’hui, les Kurdes du Rojava et de Turquie et les populations volontairement associées à la confédération démocratique sont “oubliées” et subissent une répression sanglante de la part de l’état fasciste turc, bras armé de tous les états ligués contre le seul danger viable à l’État et son oppression générale des peuples: la société des sociétés en association des communes libres.

La seconde chose est de continuer le raisonnement jusqu’au bout quand, comme Meyssan, on associe en partie justement du reste, Ergogan à Hitler. Comment ? En mentionnant le fait qu’Hitler est arrivé au pouvoir en Allemagne grâce aux manes financières de la City de Londres et de Wall Street et que lui et son parti nazi ont continué à recevoir ces manes jusqu’à au moins 1944, comme l’a si justement prouvé l’historien Antony C. Sutton dans son ouvrage de recherche “Wall Street et la montée d’Hitler” dont nous avons traduit de très larges extraits il y a déjà quelques années. Ainsi Hitler fut et est demeuré la création de l’occident capitaliste comme le fut auparavant l’URSS avec Lénine et Trotsky tous deux agents respectivement de la City de Londres et de Wall Street (cf Sutton “Wall Street et la révolution bolchévique”). De la même manière Erdogan et ce qu’il représente: la secte des frères musulmans, sont des créations de l’occident et soutenus par les mêmes pouvoirs financiers (la secte des frères musulmans a été développé après sa naissance par les services britanniques dans les années 1920 après l’éclatement de l’empire ottoman,à des fins de contrôle et de division de l’islam sunite, dans le plus pur style britannique du “diviser pour mieux régner”). Ainsi, ce qui arrive à la Turquie, à l’Europe et au Moyen-Orient n’est pas la volonté d’un seul homme: Erdogan et de sa clique, qui aurait kidnappé la destinée politique de l’ensemble de la région, comme semble vouloir l’indiquer Meyssan, mais tout ceci est le résultat d’une planification minutieuse arrivant à son dénouement: le chaos programmé généralisé dans la zone euro-moyen-orientale. Erdogan est un pion, payé grassement pour ce qu’il fait. Il est à 100% la création de la City de Londres et de Wall Street tout comme Lénine, Trotsky, Staline. Hitler, Mussolini, Franco, Mao, Saddam Hussein, le Shah d’Iran, la maison Al-Saoud et toute la litanie de dictateurs sud-américains l’ont été avant lui. Il sert de bouc-émissaire pur protéger ses commanditaires et si çà tourne au vinaigre, il sera sacrifié, comme toutes les autres marionnettes avant lui.

Pour La City et Wall Street, tout cela n’est que business as usual, sur fond de guerre du gaz bien évidemment, véritable enjeu de l’affaire et trop souvent occulté pour des raisons géopolitiques… Ce qui se passe en ce moment est une guerre par procuration entre Exxon-Mobil (Rockefeller) et Royal Dutch Shell (Rothschild) contre Gazprom (Russie/Poutine) et l’entreprise nationale du pétrole et du gaz iranienne. Tout le reste n’est qu’écran de fumée et posture idéologique de circonstance pour entretenir l’idéologie du “choc des civilisations” bidon inventé de toute pièce par la fange néoconservatrice occidentale.

~ Résistance 71 ~

 

Le suicide européen face à la Turquie

 

Thierry Meyssan

 

21 Mars 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article190851.html

 

En signant un accord —au demeurant illégal en droit international— avec la Turquie pour ralentir l’afflux de migrants, les dirigeants de l’Union européenne se sont engagés un peu plus dans un pacte avec le diable. Une grande partie des 3 milliards d’euros annuels alloués à Ankara servira à financer le soutien aux jihadistes et, par conséquent, à augmenter le nombre de migrants fuyant la guerre. Surtout, en abrogeant dans les prochains mois les visas avec la Turquie, les Européens instituent la libre-circulation entre les camps d’Al-Qaïda en Turquie et Bruxelles. En écrasant les peuples irakien et syrien sous l’oppression des jihadistes qu’ils financent indirectement et en abandonnant le peuple turc à la dictature du président Erdoğan, ils préparent les bases d’un très vaste affrontement dont ils seront les victimes.

Le Conseil européen des 17 et 18 mars 2016 a adopté un plan visant à résoudre le problème posé par l’afflux massif de migrants en provenance de Turquie [1]. Les 28 chefs d’État et de gouvernement se sont soumis à toutes les demandes d’Ankara.

Nous avions déjà analysé la manière dont les États-Unis entendaient utiliser les événements du Proche-Orient pour affaiblir l’Union européenne [2]. Au début de l’actuelle crise des « réfugiés », nous avons été les premiers à observer à la fois que cet événement avait été délibérément provoqué et les problèmes insolubles qu’il allait poser [3]. Malheureusement, toutes nos analyses ont été vérifiées et nos positions ont été, depuis, largement adoptées par nos détracteurs d’alors.

Allant plus loin, nous voulons étudier la manière dont la Turquie s’est emparée du jeu et l’aveuglement de l’Union européenne qui persiste à avoir un coup de retard.

Le jeu de Recep Tayyip Erdoğan

Le président Erdoğan n’est pas un homme politique comme les autres. Et il ne semble pas que les Européens, ni les peuples, ni leurs dirigeants, en aient pris conscience.

  • Premièrement, il est issu de la Millî Görüş, un mouvement islamique panturquiste lié aux Frères musulmans d’Égypte et favorable au rétablissement du Califat [4]. Selon lui —comme d’ailleurs selon ses alliés du Milliyetçi Hareket Partisi (MHP)—, les Turcs sont les descendants des Huns d’Attila, eux-mêmes enfants du loup des steppes d’Asie centrale, dont ils partageaient l’endurance et l’insensibilité. Ils forment une race supérieure appelée à gouverner le monde. Leur âme est l’islam.

Le président Erdoğan est le seul chef d’État au monde à se revendiquer d’une idéologie suprémaciste ethnique, parfaitement comparable à l’aryanisme nazi. Il est également le seul chef d’État au monde à nier les crimes de son histoire, notamment les massacres des non-musulmans par le sultan Abdülhamid II (les massacres hamidiens de 1894-95 : au moins 80 000 chrétiens tués et 100 000 chrétiennes incorporées de force dans les harems), puis par les Jeunes Turcs (génocide des Arméniens, des Assyriens, des Chaldéens, des Syriaques, des Grecs pontiques et des Yézidis de 1915 à 1923 : au moins 1 200 000 morts) ; un génocide qui fut exécuté avec l’aide d’officiers allemands, dont Rudolf Höß, futur directeur du camp d’Auschwitz [5].

En célébrant le 70ème anniversaire de la libération du cauchemar nazi, le président Vladimir Poutine soulignait que « les idées de suprématie raciale et d’exclusivisme ont provoqué la guerre la plus sanglante de l’Histoire » [6]. Puis, lors d’une marche —et sans nommer la Turquie—, il appelait tous les Russes à se tenir prêts à renouveler le sacrifice de leurs grands-parents si nécessaire afin de sauver le principe même de l’égalité entre les hommes.

  • Deuxièmement, le président Erdoğan, qui n’est soutenu que par un tiers de sa population, gouverne seul son pays par la contrainte. Il est impossible de savoir précisément ce que pense le peuple turc, puisque la publication de toute information mettant en cause la légitimité du président Erdoğan est désormais considérée comme une atteinte à la sécurité de l’État et conduit immédiatement en prison. Cependant, si l’on se réfère aux dernière études publiées, en octobre 2015, moins d’un tiers de l’électorat le soutient. C’est nettement moins que les nazis en 1933, qui disposaient alors de 43 % des voix. Raison pour laquelle, le président Erdoğan n’a pu gagner les élections législatives qu’en les truquant grossièrement. Entre autres : 
 Les médias d’opposition ont été muselés : les grands quotidiens Hürriyet et Sabah ainsi que la télévision ATV ont été attaqués par des nervis du parti au pouvoir ; des enquêtes ont visé des journalistes et des organes de presse accusés de soutenir le « terrorisme » ou d’avoir tenu des propos diffamatoires contre le président Erdoğan ; des sites web ont été bloqués ; des fournisseurs de services numériques ont supprimé de leur offre les chaînes de télévision d’opposition ; trois des cinq chaînes de télévision nationales, dont la chaîne publique, ont été, dans leurs programmes, clairement favorables au parti au pouvoir ; les autres chaînes de télévision nationale, Bugün TV et Kanaltürk, ont été fermées par la police. 
 Un État étranger, l’Arabie saoudite, a déversé 7 milliards de livres de « dons » pour « convaincre » les électeurs de soutenir le président Erdoğan (soit environ 2 milliards d’euros). 
 128 permanences politiques du parti de gauche (HDP) ont été attaquées par des nervis du parti du président Erdoğan. De nombreux candidats et leurs équipes ont été passés à tabac. Plus de 300 commerces kurdes ont été mis à sac. Plusieurs dizaines de candidats du HDP ont été arrêtés et placés en détention provisoire durant la campagne. 
 Plus de 2 000 opposants ont été tués durant la campagne électorale, soit par des attentats, soit du fait de la répression gouvernementale visant le PKK. Plusieurs villages du sud-est du pays ont été partiellement détruits par des blindés de l’armée.

Depuis son « élection », une chape de plomb s’est abattue sur le pays. Il est devenu impossible de s’informer sur l’état de la Turquie par sa presse nationale. Le principal quotidien d’opposition, Zaman, a été placé sous tutelle et se borne désormais à louer la grandeur du « sultan » Erdoğan. La guerre civile, qui fait déjà rage à l’Est du pays, s’étend par des attentats à Ankara et jusqu’à Istanbul, dans la totale indifférence des Européens [7].

  1. Erdoğan gouverne presque seul, entouré d’un groupe restreint, dont le Premier ministre Ahmet Davutoğlu. Il a publiquement déclaré durant la campagne électorale qu’il n’appliquait plus la Constitution et que tous les pouvoirs lui revenaient désormais.

Le 14 mars 2016, le président Erdoğan a déclaré que face aux Kurdes : « La démocratie, la liberté et l’état de droit n’ont plus la moindre valeur ». Il a annoncé son intention d’élargir la définition légale des « terroristes » pour inclure tous ceux qui sont « des ennemis des Turcs » —c’est-à-dire les Turcs et les non-Turcs qui s’opposent à leur suprémacisme—.

  • Troisièmement, le président Erdoğan utilise les pouvoirs qu’il s’est anti-constitutionnellement octroyés pour transformer l’État turc en parrain du jihadisme international. En décembre 2015, la police et la Justice turques avaient pu établir les liens personnels de M. Erdoğan et de son fils Bilal avec Yasin al-Qadi, le banquier global d’Al-Qaïda. Il a donc limogé les policiers et les magistrats qui avaient osé « porter atteinte aux intérêts de la Turquie » (sic), tandis que Yasin al-Qadi et l’État intentaient un procès au quotidien de gauche BirGün pour avoir reproduit mon éditorial, « Al-Qaida, éternel supplétif de l’Otan».

En février dernier, la Fédération de Russie déposait un rapport de Renseignement au Conseil de sécurité de l’Onu attestant du soutien de l’État turc au jihadisme international, en violation de nombreuses résolutions [8]. J’ai publié une étude précise sur ces accusations, immédiatement censurée en Turquie [9].

La réponse de l’Union européenne

L’Union européenne avait envoyé une délégation pour surveiller les élections législatives de novembre 2015. Elle a longuement différé la publication de son rapport, puis s’est résolue à en publier une brève version édulcorée.

Paniqués par les réactions de ses populations réagissant durement à l’entrée massive de migrants —et, pour les Allemands, à l’abolition du salaire minimum qui en a résulté—, les 28 chefs d’État et de gouvernement de l’Union ont mis au point avec la Turquie une procédure pour qu’elle résolve leurs problèmes. Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les Réfugiés, Filippo Grandi, a immédiatement relevé que la solution choisie viole le droit international, mais en supposant que les choses puissent être améliorées, ce n’est pas là le problème principal.

L’Union s’est engagée à 
 verser 3 milliards d’euros annuels à la Turquie pour l’aider à faire face à ses obligations, mais sans mécanisme de vérification de l’usage de ces fonds ; 
 mettre fin aux visas requis aux Turcs pour entrer dans l’Union [10] —ce n’est plus qu’une question de quelques mois, voire de semaines— ; 
 accélérer les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union —ce sera par contre beaucoup plus long et aléatoire—.

En d’autres termes, aveuglés par la récente défaite électorale d’Angela Merkel [11], les dirigeants européens se sont contentés de trouver une solution provisoire pour ralentir le flux des migrants, sans chercher à résoudre l’origine du problème et sans tenir compte de l’infiltration de jihadistes parmi ce flux.

Le précédent de Munich

Dans les années 30, les élites européennes et états-uniennes considéraient que l’URSS, par son modèle, menaçait leurs intérêts de classe. Elles soutenaient donc collectivement le projet nazi de colonisation de l’Europe orientale et de destruction des peuples slaves. Malgré les appels répétés de Moscou à la création d’une vaste alliance contre le nazisme, les dirigeants européens acceptèrent toutes les revendications du chancelier Hitler, y compris l’annexion de régions peuplées par les Sudètes. Ce furent les accords de Munich (1938), conduisant l’URSS a pratiquer le sauve-qui-peut et à conclure de son côté le Pacte germano-soviétique (1939). Ce n’est que trop tardivement, que certains dirigeants européens, puis états-uniens, réalisèrent leur erreur et décidèrent de s’allier avec Moscou contre les nazis.

Sous nos yeux, les mêmes erreurs se répètent. Les élites européennes considèrent la République arabe syrienne comme un adversaire, soit qu’elles défendent le point de vue colonial d’Israël, soit qu’elles espèrent recoloniser elles-mêmes le Levant et s’approprier ses gigantesques réserves de gaz encore inexploitées. Elles ont donc soutenu l’opération secrète états-unienne de « changement de régime » et ont feint de croire à la fable du « printemps arabe ». Après cinq ans de guerre par procuration, constatant que le président Bachar el-Assad est toujours là bien qu’on ait annoncé un millier de fois sa démission, les Européens ont décidé de financer à hauteur de 3 milliards d’euros annuels le soutien turc aux jihadistes. Ce qui, selon leur logique, devrait permettre leur victoire et donc mettre fin aux migrations. Elles ne tarderont pas à réaliser [12], mais trop tard, qu’en abrogeant les visas pour les ressortissants turcs, elles ont autorisé la libre-circulation entre les camps d’Al-Qaïda en Turquie et Bruxelles [13].

La comparaison avec la fin des années 30 est d’autant plus juste que lors des accords de Munich, le Reich nazi avait déjà annexé l’Autriche sans provoquer de réaction notable des autres États européens. Or, aujourd’hui la Turquie occupe déjà le Nord-Est d’un État membre de l’Union européenne, Chypre, et une bande de quelques kilomètres de profondeur en Syrie qu’elle fait administrer par un wali (préfet) nommé à cet effet. Non seulement, l’Union s’en accommode, mais par son attitude, elle encourage Ankara a poursuivre ses annexions au mépris du droit international. La logique commune du chancelier Hitler et du président Erdoğan est basée sur l’unification de la « race » et l’épuration de la population. Le premier voulait unir les populations de « race allemande » et les épurer des éléments « étrangers » (les juifs et les Roms), le second veut unir les populations de « race turque » et les épurer des éléments « étrangers » (les Kurdes et les chrétiens).

En 1938, les élites européennes croyaient en l’amitié du chancelier Hitler, aujourd’hui en celle du président Erdoğan.

 

[1] “Next operational steps in EU-Turkey cooperation in the field of migration”, Voltaire Network, 16 March 2016.

[2] « La cécité de l’Union européenne face à la stratégie militaire des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 avril 2015.

[3] « La fausse « crise des réfugiés » », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 septembre 2015.

[4] « Vers la fin du système Erdoğan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 juin 2015.

[5] « La Turquie d’aujourd’hui poursuit le génocide arménien », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 26 avril 2015.

[6] « Discours de Vladimir Poutine pour le 70e anniversaire de la Victoire de la Grande Guerre Patriotique », par Vladimir Poutine, Traduction Sayed 7asan, Réseau Voltaire, 9 mai 2015.

[7] « L’Union européenne a abandonné ceux qui se battent pour défendre les libertés en Turquie », par Can Dündar, Le Monde (France) , Réseau Voltaire, 18 mars 2016.

[8] « Rapport de renseignement russe sur l’aide actuelle turque à Daesh », Réseau Voltaire, 18 février 2016.

[9] « Comment la Turquie soutient les jihadistes », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 février 2016.

[10] “Roadmap towards a visa-free regime with Turkey”, Voltaire Network, 16 March 2016.

[11] „Alternative für Deutschland nimmt kein Blatt vor den Mund“, von Ian Blohm, Übersetzung Horst Frohlich, Strategic Culture Foundation (Russland) , Voltaire Netzwerk, 12. März 2016.

[12] « Lettre ouverte aux Européens coincés derrière le rideau de fer israélo-US », par Hassan Hamadé, Réseau Voltaire, 21 mai 2014.

[13] “Israeli general says al Qaeda’s Syria fighters set up in Turkey”, Dan Williams, Reuters, January 29, 2014.

Guerre impérialiste en Syrie: Implication turque avec Daesh… La Russie balance !

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Rappelons à toute fin utile que la Turquie est un membre de l’OTAN, vous savez… Cette Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord qui doit disparaître comme a disparu il y a deux décennies sa contre-partie de l’alliance du Pacte de Varsovie… Ainsi il est bien plus que probable que l’attentat récent à la bombe d’Ankara soit un faux-drapeau pour justifier l’action d’invasion et d’agression turque dans la région kurde du nord de la Syrie. A qui profite le crime ? Certainement pas au PKK.

— Résistance 71 —

 

Rapport de renseignement russe sur l’aide actuelle de la Turquie à Daesh

 

Réseau Voltaire

 

18 février 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article190331.html

 

Recrutement de combattants terroristes étrangers à destination de la Syrie, facilitation de leurs mouvements transfrontières vers ce pays et livraisons d’armes aux groupes terroristes opérant sur son territoire.

Selon les informations disponibles, des représentants de l’État islamique d’Irak et du Levant (ÉIIL) ont créé un vaste réseau à Antalya, avec l’aide des services spéciaux turcs, pour recruter en Turquie des personnes originaires de pays de l’ex-Union des Républiques socialistes soviétiques en vue de les faire participer au conflit en Syrie et de les transférer éventuellement en Russie.

Le groupe de recruteurs est composé : d’un citoyen kirghize dénommé Abdoullah ; d’une personne originaire de la République des Adyguées, dénommée Azmet ; d’une personne originaire de la République du Tatarstan, dénommée Elnar ; d’un citoyen russe dénommé Ilyas ; d’un citoyen azerbaïdjanais dénommé Adil Aliev et d’une personne originaire de Karatchaïevo-Tcherkessie, dénommée Nizam. Il est dirigé par un citoyen russe dénommé Rouslan Rastyamovitch Khaïboullov (pseudonymes : Baris Abdoul ou « Le Professeur »), né le 1er avril 1978 au Tatarstan. Ce dernier vit avec sa famille à Antalya et est titulaire d’un titre de séjour permanent en Turquie.

Le recrutement s’effectue au vu et au su de l’administration pénitentiaire. Si un détenu accepte de se convertir à l’islam et se livre à des activités terroristes, les recruteurs promettent de « conclure un marché » avec les organes de répression turcs et offrent gratuitement les services d’un avocat turc, Tahir Tosolar. Soultan Kekhoursaev, un Tchétchène possédant la citoyenneté turque, a également effectué des visites aux mêmes fins dans des centres de détention où sont placés des étrangers.

En septembre 2015, un groupe de combattants de l’ÉIIL comptant plus d’un millier d’hommes venus de pays d’Europe et d’Asie centrale a été conduit vers la Syrie par le passage frontalier d’Alikaila (Gaziantep), à partir du territoire turc.

Les itinéraires utilisés pour les déplacements des combattants passent très près de la frontière turco-syrienne, à travers les localités d’Antakya, Reyhanlı, Topaz, Şanlıurfa et Hatay.

En mars 2014, le chef de l’Organisation nationale turque du renseignement (MIT), H. Fidan, a coordonné le déplacement d’une grande unité de l’ÉIIL dirigée par un citoyen libyen, Mahdi al-Kharati [1]. Le transport des combattants de Libye en Syrie a été effectué par la voie maritime en passant par le poste frontalier Barsai situé entre la Turquie et la Syrie.

Depuis la fin du mois de décembre 2015, un itinéraire de transport aérien est organisé avec l’aide des services spéciaux turcs pour permettre à des combattants de l’ÉIIL de se rendre de Syrie au Yémen en passant par la Turquie, grâce à l’utilisation d’appareils militaires turcs. Un autre moyen employé pour les déplacements de combattants est le transport par voie maritime jusqu’au port yéménite d’Aden.

Des citoyens russes qui cultivent des contacts avec des représentants des services de sécurité et de police et des administrations de plusieurs villes turques, notamment Istanbul, sont impliqués dans des activités de recrutement menées par l’intermédiaire de madrassas turques.

On sait que des centres de soins et de convalescence situés dans des régions turques proches de la frontière syrienne sont accessibles à des combattants blessés de l’ÉIIL. Pas moins de 700 combattants étaient en réadaptation à Gaziantep, en 2014.

Selon les informations disponibles, à partir de 2015, les services spéciaux turcs ont aidé à transférer d’Antalya vers Eskişehir une communauté désignée sous le nom de « village tatar », qui héberge des combattants et des complices du groupe terroriste Front el-Nosra issus des populations de souche tatare des Républiques du Tatarstan, du Bachkortostan et de Mordovie. Certains d’entre eux ont une double nationalité, celle de la Russie et celle de la Turquie.

L’un des principaux responsables du village est Timour Maounirovitch Bitchourine, citoyen russe né le 15 décembre 1969, originaire de Kazan et qui apporte une aide complice aux combattants islamistes en Syrie depuis janvier 2014.

En décembre 2014, les services spéciaux turcs ont aidé à installer des camps de regroupement d’immigrés illégaux en Turquie, notamment dans la province de Hatay, en vue d’organiser un entraînement et d’envoyer des bandes d’extrémistes en Syrie. En janvier 2015, le MIT turc a été impliqué dans une opération qui visait à fusionner trois milices terroristes —Osman Gazi, Omer bin Abdulaziz et Omer Mukhtar— en un groupement appelé Brigade Soultan Abdoulhamid, dont le commandement a été confié à Omer Abdoullah. Les membres de ce groupe suivent un entraînement dans un camp situé à Bayır-Bucak, en Turquie, sous la direction d’instructeurs d’unités des forces d’intervention spéciale de l’état-major de l’Armée turque et de membres du personnel du MIT. Les activités de la Brigade Soultan Abdoulhamid sont coordonnées avec celles des combattants du Front el-Nosra dans le nord de la province syrienne de Lataquié.

Il est établi que, le 21 septembre 2015, dans la ville syrienne de Tell Rifaat, des représentants de l’opposition syrienne qui avait suivi un entraînement militaire dans un camp situé à Kırşehir en Turquie ont livré des armes aux combattants du Front el-Nosra.

Selon les informations disponibles, les livraisons d’armes à des groupes terroristes opérant en Syrie se poursuivent à l’aide de moyens fournis par les fondations İnsan Hak ve Hürriyetleri ve İnsani Yardım Vakfı (IHH) [2], İmkander [3] et Öncü Nesil İnsani Yardım Derneği sises en Turquie.

Des livraisons d’armes, de matériel militaire et de munitions de différents types sont acheminées à partir de pays étrangers vers le port turc d’İskenderun. Des équipements et fournitures militaires sont ensuite transportés à travers la province de Hatay (poste frontière d’Oncupinar) jusqu’à Alep et Idleb en Syrie par des véhicules appartenant aux fondations IHH, İmkander et Öncü Nesil portant les immatriculations turques suivantes : 33 SU 317, 06 DY 7807, 33 SU 540, 33 SU 960, 42 GL 074 et 31 R 5487. Sur le territoire syrien, les armes et munitions sont distribuées à des bandes turkmènes et à des unités du Front el-Nosra.

Le 15 septembre 2014, des représentants de la fondation IHH ont acheminé par la route des cargaisons d’armes et de médicaments destinées à des groupes de l’ÉIIL de la ville turque de Boursa vers la Syrie en passant par le poste frontière de Ceylanpınar (district de Reyhanlı). Ce convoi a été escorté à travers la Turquie par des véhicules transportant des membres du personnel du MIT.

Turquie: Erdogan corrigé par l’empire ?

Posted in actualité, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, terrorisme d'état with tags , , , , , on 18 juin 2013 by Résistance 71

Troubles en Turquie: Une mise en garde américaine à Erdogan ?

 

Grigori Milenine

 

16 Juin 2013

 

url de l’article original:

http://french.ruvr.ru/2013_06_16/Les-emotions-en-Turquie-une-taloche-americaine-a-Erdogan-3078/

 

Une nouvelle onde de désordres menace d’inonder la Turquie. Maintenant, ils embrassent non seulement Istanbul et Ankara, mais aussi d’autres villes. C’est ainsi que les gens ont réagi à la décision des pouvoirs de nettoyer la place de Taksim et le parc de Ghezi. Dans la nuit de samedi à dimanche, la police a rétabli l’ordre. Des matraques, des canons à eau et du gaz lacrymogène ont été utilisés.

Cependant, les manifestants n’ont pas l’intention de céder. Des désordres surgissent à tout moment dans différents coins du pays.

Il était difficile de s’imaginer que les plans d’abattre les arbres dans un des parcs d’Istanbul se transformeraient en une vague de protestations politiques dans toute la Turquie. Cependant, le prétexte au mécontentement, loin d’être le plus scandaleux, a révélé un tas de problèmes qui germaient depuis longtemps dans la société turque. L’un des principaux est le rejet brutal de la politique islamiste du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan. On peut aujourd’hui répartir les habitants de la Turquie en deux camps hostiles, note l’expert du Centre des études analytiques Semion Bagdasarov :

« 15-20 millions, ce sont des Alaouites qui s’opposent à l’islamisation, particulièrement après qu’Erdogan a commencé à construire des mosquées sur leur territoire. Une partie considérable de la population est tout simplement contre. Aux élections, 50% de la population ont voté pour lui. Mais il y a aussi l’autre moitié, celle qui trouve l’islamisation inadmissible ».

Cependant, une série d’experts croit que même ce problème n’est qu’un prétexte à une influence extérieure sur les processus politiques intérieurs en Turquie. Selon le président exécutif de la Société pour une coopération efficace avec les pays arabes Viacheslav Matouzov, la vague actuelle des désordres en Turquie est une sorte de mise en garde à Erdogan de la part de ses partenaires occidentaux :

« Ici sont liés les vecteurs de la lutte intérieure, mais aussi quelques facteurs extérieurs, qui ont mis en marche ce mécanisme historique avec quelques autres objectifs politiques. Erdogan n’a pas suivi totalement les consignes des États-Unis et de l’OTAN en ce qui concerne la Syrie. On demandait de lui une participation plus active de l’armée turque aux événements syriens, la proclamation du Nord de la Turquie zone interdite aux vols jusqu’à 50 kilomètres en profondeur du territoire de la Syrie et l’utilisation plus active des forces armées turques pour le soutien des groupements militarisés d’opposition, envoyés activement en Syrie depuis le territoire de la Turquie ».

De plus, comme le remarque Viacheslav Matouzov, en utilisant la Turquie comme l’avant-poste proche-oriental global de « l’implantation de la démocratie », les Américains utilisent la possibilité de tester une fois de plus leur arme politique dans la société turque :

« Ils se sentent parfaitement bien en Turquie, où travaillent non seulement des spécialistes militaires, mais aussi des technologues politiques, ils coopèrent activement avec l’opposition syrienne, qui a trouvé refuge à Istanbul et effectue la radiodiffusion sur toutes les chaînes de télévision arabe pour la Syrie. Et le séjour des Américains en Turquie permet d’utiliser les technologies politiques modernes, la tactique des « révolutions oranges » et du « printemps arabe », pour influencer les processus en cours sur le territoire de la Turquie ».

Très probablement, les événements actuels en Turquie sont un châtiment pour Erdogan en raison de son activité insuffisante de la promotion de la politique américaine au Proche-Orient, supposent les experts. Et en outre, le châtiment frappera plus tard le parti au pouvoir aujourd’hui en Turquie – Parti de la justice et du développement. Comme le remarque Viacheslav Matouzov, les troubles en Turquie se prolongeront pendant encore quelque temps et n’entraîneront pas de victimes massives. Cependant, lors des élections législatives qui auront lieu dans deux ans, la population turque, selon toute apparence, se souviendra des événements de juin 2013 et laissera le parti avec un résultat décevant.

 

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Résistance politique: Répression croissante du peuple en Turquie…

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 17 juin 2013 by Résistance 71

Terreur répressive à Istanbul

 

16 juin 2013

 

Solidarité Ouvrière

 

url de l’article:

http://www.lavoiedujaguar.net/Terreur-repressive-a-Istanbul

 

Message d’Istanbul, 
nuit du 15 au 16 juin 2013, 
aux alentours de minuit

Aujourd’hui, suite au discours extrêmement sectaire, violent et mensonger du premier ministre Recep Tayyip Erdoğan à Ankara, la police a commencé à attaquer vers 21 heures des milliers de personnes qui dînaient place Taksim et au parc Gezi.

Il y avait des enfants de quatre ou cinq ans, des mères et des personnes âgées lors de l’attaque à coups de gaz lacrymogène et de canon à eau. Selon les rapports, la police n’a pas autorisé les journalistes à faire leur travail ou à prendre des photos parc Gezi.

La police a aussi attaqué à coups de canon à eau les manifestants qui se sont réfugiés dans le célèbre hôtel Divan qui leur avait ouvert ses portes. Les gens disent qu’il y a des milliers de blessés dans l’hôtel. Les gens ont formé une chaîne humaine devant l’hôtel pour empêcher une attaque policière. Un autre rapport dit que les gens ne peuvent pas quitter l’hôtel parce que la police arrête tous ceux qui en sortent.

D’autres rapports indiquent que la police à fait fermer le métro et les liaisons par bateau entre l’Europe et l’Asie pour empêcher que les gens viennent se joindre aux manifestations. Il y a beaucoup d’enfants disparus, ou d’enfants qui ont été séparés de leurs familles. Les manifestants affrontent la police à Sıraselviler, Cihangir, Harbiye, et probablement autour de Dolmabahçe et Maçka. Ce qui se passe cette nuit est d’une brutalité inouïe, une véritable sauvagerie. C’est une sale guerre où seul un camp est armé. C’est de la terreur d’État.

Toujours vers minuit

Des témoignages de manifestants rapportent souffrir de brûlures après avoir été arrosés par des canons à eau… à se demander ce qu’ils mettent…

Message reçu vers 2 heures du matin

« Je vais bien, mes amis aussi, du moins ceux que j’ai pu joindre. Istanbul vit un enfer. Ils cherchent à tuer la ville, la voix de sa population. La situation est terrible. La police a attaqué le parc alors qu’il y avait des milliers de personnes, dont des centaines de jeunes enfants, des personnes âgées, des handicapés et des animaux sans défense. Les gens ont été gazés sans pitié. Des centaines de personnes se sont réfugiées à l’hôtel Divan, qui a toujours ouvert ses portes aux manifestants. C’était l’enfer. Le gaz entrait dans l’hôtel en même temps que les manifestants. On nous a dit d’aller en salle de conférence en bas des escaliers. Il y avait beaucoup d’enfants et beaucoup de personnes blessées. C’était terrible. Des scènes comme dans un film d’horreur. C’était difficile de respirer, nos peaux nous brûlaient, il faisait très chaud, nous suions comme des fous, les gens pleuraient, s’évanouissaient, vomissaient, appelaient à l’aide… Après une heure et demie, on nous a dit qu’il était sûr de fuir vers Harbiye. Nous sommes passés devant des centaines de policiers et beaucoup de véhicules de combat en marche vers Nisantasi. Les gens sont descendus dans les rues contre cette barbarie, criant des slogans et tapant des casseroles. Deux de mes tantes étaient dans la rue, trempées, suite aux tirs d’un canon à eau ; elles ont la soixantaine bien passée et ont été jetée contre le mur par l’eau. Comme d’autres jours avant, Kizilay, le Croissant-Rouge turc, refusait de transporter les blessés, et des sources très fiables (des docteurs) m’ont rapporté les faits. Les docteurs d’un petit hôpital privé ont dû payer une compagnie privée pour faire transporter une personne grièvement blessée qui a pu ainsi survivre. C’est un scandale. Nous vivons dans un État policier. La police a arrêté quarante-neuf avocats en investissant le Palais de justice l’autre jour. Maintenant ils essayent d’arrêter tout docteur ou toute infirmière qui aide les manifestants blessés. Le gouvernement et le gouverneur d’Istanbul continuent de parler de “groupes marginaux”. Le masque de la démocratie et de l’État de droit est tombé dans ce pays. Priez pour nous et diffusez l’information. »

Source : Solidarité ouvrière

Fil d’information en français : 
gezipark.nadir.org

Gezi Radyo 
(en turc)