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Folie nucléaire: Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima et plus à venir…

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Entretien avec Kolin Kobayashi, journaliste japonais

Nucléaire: “On vit vraiment dans la folie !”

 

Revue Ballast

 

26 juin 2018

 

url de l’article:

https://www.revue-ballast.fr/kolin-kobayashi-nucleaire-on-vit-vraiment-dans-la-folie/

 

Le premier Forum mondial antinucléaire s’est tenu à Tokyo en 2016. Le journaliste japonais Kolin Kobayashi, basé à Paris et correspondant pour Days Japan, s’y est impliqué depuis la première heure. Nous le retrouvons dans un café du centre de la capitale, qui accueillit sa troisième édition en novembre 2017 et réunit des intervenants et des militants de Russie, d’Espagne, du Niger, des deux Amériques et bien sûr du Japon. Le Forum s’acheva alors à Bure, dans la Meuse. En plus d’alerter sur les dangers intrinsèques du nucléaire, Kobayashi aspire à mettre en lumière les travailleurs exposés dans un pays où d’importants séismes sont à prévoir, alors même que ce dernier continue de compter les victimes « collatérales » de l’accident nucléaire de Fukushima en 2011. « On n’en parle pas ; autrement, on serait paniqués. »

L’ancien Premier ministre japonais Naoto Kan a fait savoir qu’il s’était aperçu, au lendemain de l’explosion de la centrale, que le secrétaire général de l’agence de sûreté nucléaire n’était pas un « spécialiste de l’énergie nucléaire » mais un économiste ! Une métaphore à valeur globale ?

Oui. La situation était réellement chaotique car les autorités japonaises n’étaient pas du tout prêtes à affronter un accident nucléaire majeur. Le gouvernement ne pouvait pas imaginer un accident de l’ampleur de Tchernobyl. Ils n’ont pas su gérer la situation et je crois que rien n’a changé, jusqu’à aujourd’hui. La situation est la même ! C’est de toute façon ingérable, un accident de cet ordre. Mais le lobby nucléaire international essaie de montrer qu’il est capable de prendre en main un accident nucléaire et en parle comme s’il s’agissait d’un risque naturel à gérer, à l’instar d’un typhon ou d’un séisme. L’accident nucléaire majeur est compté parmi ces risques ; un parmi d’autres, en somme : ça, c’est le discours officiel. Mais c’est incomparable ! Deux ans après le 11 mars 2011, dans la ville de Sendai, un grand Symposium international a été mis en place avec les organisations onusiennes. Malgré le fait qu’il s’agisse d’un accident qui nous laisse encore aujourd’hui dans un état d’urgence, ils n’ont absolument pas parlé de Fukushima. C’est incroyable, n’est-ce pas ?

Quelle est la situation des 130 000 personnes déplacées au Japon à cause de la situation nucléaire, et qu’on invite à revenir ?

On a 100 000 personnes qui sont déplacées à l’intérieur et à l’extérieur du département de Fukushima. Pour quelles raisons les autorités japonaises décident-elles de faire revenir ces réfugiés ? C’est un problème social et économique extrêmement important. Ils menacent de couper les subventions aux réfugiés qui sont partis ailleurs et qui ne reviendraient pas. Les autorités essaient de dire : finalement, les conséquences radioactives ne sont pas si importantes que ça, vous pouvez revenir, il faudra juste faire attention à ne pas manger d’aliments contaminés, à ne pas passer dans tels ou tels quartiers un peu contaminés ; ainsi, vous pourrez continuer à vivre. Mais la population vivait majoritairement de la terre ; les gens étaient paysans et agriculteurs, le département était l’un des plus importants centres agricoles… Il y a le village d’Iitate : c’était un foyer de l’agriculture biologique ! Juste après l’accident, tout a été contaminé. Un documentaire est d’ailleurs consacré à cette question : Iitaté, chronique d’un village contaminé, du réalisateur Doi Toshikuni. On ne peut pas nettoyer la forêt, la montagne ou les champs ; on ne peut pas tout raser, soulever 30 centimètres de terre et la mettre ailleurs. Alors on nettoie un peu comme ça, à la manière d’une salutation diplomatique, mais pas plus.

C’est une manière pour le gouvernent de minimiser la catastrophe ?

Bien sûr. Il ne faut pas laisser paniquer la population et de ne pas créer une crise économique.

Cela prend-il auprès de la majorité de la population ?

Il y a quelques agriculteurs particulièrement attachés à leur terroir. Certains, désespérés, se sont suicidés. D’autres essaient de collaborer avec des scientifiques afin de minimiser la contamination radioactive et remettre leurs champs en état. Des agriculteurs âgés ne peuvent plus vivre dans une maison préfabriquée d’en moyenne 29,7 m² prêtée par l’État ; ils sont tellement traumatisés… Ceux qui avaient des maisons de famille appartenant à leurs parents, à leurs grands-parents, accueillant leurs enfants et petits enfants, ceux-là se retrouvent tous dans un foyer. Résignés et conscients que, même atteints de maladies cancérigènes dues à la radioactivité, ils n’ont plus longtemps à vivre. Ceux-là se résignent, et reviennent.

Ils savent qu’ils ne vont donc pas léguer ces terres à leur famille.

La majorité des agriculteurs, conscients de tout cela, savent très bien qu’après leur génération, ce sera terminé. Les jeunes ne reviendront plus.

Que peuvent-ils transmettre aux générations futures ?

Les jeunes ont peur de subir la contamination et les familles avec enfants ne veulent pas revenir. Alors les villages, même s’ils étaient déjà petits — 6 000 personnes vivaient à Iitaté avant l’accident, 400 maintenant —, sont constitués en majorité d’une population de personnes de plus de 65 ans qui, une fois morts, n’auront personne derrière eux. Hasegawa Kenichi était fermier ; il a choisi de revenir avec sa mère de plus de 80 ans atteinte de la maladie d’Alzheimer pour continuer à vivre ailleurs que dans une baraque préfabriquée. Il est tout à fait conscient que son village et sa maison sont complètement contaminés. Mais il s’y est résigné. C’est assez tragique.

Comment gérer cette contradiction centrale entre l’urgence sécuritaire de la centrale et la protection des travailleurs livrés à son exposition ?

En réalité, ils ne les protègent pas. L’efficacité économique est prioritaire. Les travailleurs qui sont dans des zones d’irradiations fortes, des zones à risques, ne sont pas les salariés officiels de TEPCO [multinationale japonaise et, avant sa nationalisation, plus grand producteur privé mondial d’électricité, ndlr] : on fait appel à des sous-traitants. En France également, il y a des salariés « officiels » qui ne vont pas — sauf cas exceptionnels — dans des endroits dangereux. Au Japon, il y a dix étages de sous-traitance. TEPCO demande à une société générale de gérer l’ensemble des étages. Et, au final, l’entreprise qui se trouve au dernier étage n’a aucun contact avec TEPCO. La gestion et le contrôle de la santé des travailleurs qui travaillent actuellement à Fukushima Daiichi — 6 000 personnes, tous les jours ! — ne sont aucunement rationnels ni convaincants. Personne ne prend en charge cela.

Sont-ils soutenus par des organisations syndicales ?

Les syndicats officiels liés à Tepco sont complètement pro-nucléaires — comme ici, en France. Le syndicalisme existe peu dans des entreprises de moins de 50 personnes. Il y a bien une association de soutien aux travailleurs nucléaires (il s’agit en fait de plusieurs associations regroupées pour former une association solide1) qui entre en contact avec eux et leur fournit un carnet pour documenter leur carrière, dans lequel ils doivent reporter les postes qu’ils ont occupés, pendant combien de temps, à quels endroits ils sont passés, combien de doses reçues, etc. Ce carnet est utile pour archiver leur état de santé. Normalement, c’est aux autorités japonaises de le fournir à tous les travailleurs, même à ceux qui ne travailleront que dix jours : c’est utile sur le long terme. On sait que certains cancers se déclarent au bout de 30 ans ; après Hiroshima, des cancers liés aux radiations se sont déclarés après un demi-siècle.

Il n’y a pas d’examens médicaux obligatoires ?

L’association propose ce carnet déclaratif car les patrons des petites entreprises sous-traitantes demandent aux travailleurs temporaires de ne pas révéler les doses réelles reçues. Les salariés le savent, et savent aussi qu’en déclarant le chiffre de doses réelles ils ne pourront pas travailler le jour suivant — puisque son seuil de radiation est dépassé. L’exposition va dépendre des zones où ils seront envoyés. Si untel est envoyé dans une zone très contaminée, il pourra travailler d’une traite seulement une heure, voire dix minutes par jour ; d’autres, qui font des travaux de décontamination dans les villages, peuvent travailler plus longtemps. Ils doivent faire des coupures plus ou moins contrôlées. Ceux qui ont besoin d’argent, comme les travailleurs journaliers, camouflent et magouillent donc les chiffres. Vous avez dû entendre parler des mafieux japonais, les Yakuzas, qui démarchent pour trouver des travailleurs précaires prêts à mourir…

Ces travailleurs se déclarent « prêts à mourir » ?

Non, mais ils savent que c’est un risque à prendre. Ce sont des travailleurs précaires qui s’entassent dans certains quartiers populaires et cherchent tous les jours du travail. Ces gens-là sont malades physiquement ; les missionnaires de sous-traitants, les Yakuzas, proposent beaucoup d’argent contre le fait d’être « prêts à mourir ».

L’opinion publique japonaise est-elle correctement informée du sort des travailleurs du nucléaire ?

Officiellement parlant, les Japonais ne sont de toute façon pas informés ; ça reste une zone invisible, sauf pour les militants, les chercheurs et ceux qui s’intéressent d’eux-mêmes à ces problèmes. Le reste de la population n’est pas au courant. Mais des scandales éclatent parfois ça car cela concerne également les Yakuzas et les embauches illégales, sans fiches de salaire officielles, etc. Cela reste de l’ordre du fait divers social, comme il y en a tous les jours : ça passe et on oublie.

Un fait divers et jamais un problème économique et structurel ?
Voilà.

À combien s’élèvent les salaires proposés aux travailleurs ? 

C’est flou. La société qui embauche prélève une marge salariale : au bout des dix étages, la marge prélevée devient importante et le salarié touche à peine plus que le SMIC2. L’État avait promis une subvention spéciale pour les travailleurs du nucléaire mais cet argent a été totalement absorbé par les entreprises. C’est illégal. Une prime qui dépendait de l’endroit où travaillait la personne (700 à 800 euros par mois).

L’État japonais s’est donc servi de l’argent des impôts pour engraisser des entreprises sous-traitantes et sous-payer des individus ?

Oui.

Sans mouvement de contestation ?

C’est comme en France ! La grande majorité des gens sont pris en otage par cette idée reçue que, sans le nucléaire, notre vie et notre civilisation moderne ne fonctionnera plus, qu’il n’y aura pas assez d’énergie pour les hôpitaux, les écoles…

Le Japon avait réagi en fermant, pour un temps, toutes les centrales…

Avant cela, le Japon était couvert par le nucléaire à hauteur de 35 %. On est loin des 75 % de la France. Il est plus facile de le convertir en électricité conventionnelle, fioul, charbon, hydro-énergie…

Quels liens économiques existent entre l’ingénierie française et japonaise ?

Le Japon avait depuis le début des années 1970 une convention de coopération avec la France. S’y échangent des savoirs-faire, notamment au sujet des réacteurs. Les Japonais travaillent bien davantage avec l’ingénierie américaine mais le lobby industriel nucléaire français a commencé à être plus présent — notamment sur la question du retraitement. Il y a une usine de retraitement au Japon, celle de Rokkasho, qui est entièrement de technologie française. C’est pour ça qu’Areva y était présent : pour échanger mutuellement des technologies. Il y a un lien fort actuellement parce que le Japon veut conquérir la potentialité du nucléaire militaire pour être élu comme membre du Conseil de sécurité. Sans tête nucléaire, on est balayés ! Les membres du club sont liés au nucléaire, donc ce sont des liens forts. Actuellement, ASTRID est un nouveau projet de quatrième génération des réacteurs ; c’est le prolongement de Superphénix. C’est une invention franco-japonaise. Les Japonais avaient un surgénérateur de prototype Monju qui a raté — comme Superphénix —, mais ils veulent continuer d’investir.

Superphénix était supposé recycler le nucléaire appauvri utilisé par les centrales principales pour recréer de l’énergie…

Ils fabriquent des combustibles Mox en mélangeant du plutonium puis recyclent à chaque fois ce plutonium pour refabriquer du Mox et en remettre dans le réacteur. Ça, c’était le plan écrit sur la table. Mais ça ne fonctionne pas ! En France, c’est aussi un problème puisque Superphénix ne marche plus. On n’a plus besoin de faire un retraitement. La raison d’être de l’usine de la Hague est remise en cause. Que faire, alors ? Pour le lobby industriel nucléaire, il faut avancer dans cette direction en disant que le plutonium n’est, au fond, pas destiné au nucléaire militaire mais sera utilisé pour la paix ! Le nucléaire civil et le nucléaire militaire sont le recto-verso d’une pièce de monnaie : il n’y a pas de différence, c’est une continuité. Le premier réacteur nucléaire inventé pour faire des bombes atomiques françaises a été développé, non démocratiquement, sur l’usage civil de toutes les centrales nucléaires. Puis les Français ont expérimenté le type américain, pour revenir à leur propre technologie. Malgré les différences techniques entre nucléaire militaire et civil, ils reposent sur le même principe : la fission est contrôlée dans une centrale alors qu’on laisse volontairement dépasser une masse critique dans une bombe atomique.

On parle d’un élément chimique plus accessible que l’uranium, le thorium, comme d’un possible « nucléaire propre » et plus éthique. Qu’en est-il ?

Il est dit qu’avec le thorium il y aurait moins de pollution. Mais il y a toujours un déchet qui reste et on n’a pas de solution pour le déchet du thorium ! C’est comme à Bure, où l’on enfouit des déchets à 500 mètres en sous-sol. Mais imaginons que des tunnels se cassent, qu’il y ait des explosions (comme ce fut le cas aux États-Unis il y a 60 ans, et on n’en parle pas) qui génèrent une grande contamination… La question du déchet nucléaire reste la plus importante car elle est sans solution.
Le Japon est un pays tellement sismique qu’il n’y a pas d’endroit solide pour cacher de tels déchets ! Ce n’est pas comme en Finlande. Et si le magma de notre planète bouge…
 Pour le moment, n’ayant pas vraiment de solution, la plus raisonnable reste de stocker à la surface et de surveiller.

En 2015, on dénombrait 700 000 tonnes de déchets nucléaires autour de la centrale de Fukushima Daiichi…
On se trouve dans une situation très précaire. Dans les trois premiers réacteurs de Fukushima Daiichi, il y a des piscines au sommet des bâtiments. C’est une construction de style américaine : ils n’ont pas créé une structure adaptée à un pays comme le Japon. Après le séisme, l’étanchéité des piscines s’est fragilisée. Et il y a 1 500 blocs de combustibles qui sont stockés et dont on ne sait pas quoi faire. Il aurait fallu creuser un trou et les mettre dans le sol, dans un endroit sûr, mais l’accident de Fukushima a généré une radioactivité si forte qu’on n’a pas encore de robot capable d’effectuer ces tâches — et de loin ! Les travailleurs du nucléaire ne peuvent pas aller dans ces zones : on ne peut rien y faire. En cas de nouveau séisme à cet endroit, il faudra, comme le disait Naoto Kan, évacuer les populations de la région de Fukushima et de celle de Tokyo. Comment ferait-on, techniquement et économiquement ?

Pourtant, un autre séisme est annoncé dans les vingts années à venir…

On vit vraiment dans la folie… On n’en parle pas ; autrement, on serait paniqués. À Fukushima Daiichi, la radioactivité continue de se diffuser car il n’y a pas de confinement. Ce qui a été accompli à Tchernobyl l’a été au détriment de combien de travailleurs morts ? Entre 500 000 et 800 000 personnes ont travaillé et sont mortes ou tombées gravement malades pour cimenter. Et soyons clair : c’est grâce à eux que l’Europe a été sauvée ! Mais c’était l’époque de l’Union soviétique, qui pouvait ordonner au peuple de venir « aider ». Dans un pays libéral et capitaliste comme le Japon, comment voudriez vous embaucher 800 000 personnes pour faire un sarcophage autour de trois réacteurs ?

Serait-ce souhaitable ?
On ne peut pas exiger cela…

Y a-t-il eu des études effectuées sur la faune et la flore autour de Fukushima ?

« Le risque zéro n’existe pas », entend-on chez tous les officiels des organisations internationales. Il y a des scientifiques qui ont apporté la preuves de malformations dans les gènes de plantes, de papillons, d’animaux — de même qu’à Tchernobyl, dont il existe des études poussées. Celles-ci devraient être reconnues internationalement mais le lobby nucléaire domine le débat et affirme qu’il n’y a pas de victimes de la radioactivité. C’est le discours qu’on entend au Japon.

Vous êtes impliqué dans l’organisation du Forum social antinucléaire : c’est en effet assez rare que soient réunis au même endroit différents acteurs sur ces questions…

Dans l’opinion générale de la population française et japonaise, il est dit que c’est une question purement scientifique et technique, une affaire de changement de cap énergétique. Mais, je le redis, la question du nucléaire est inséparable de la question militaire et civile. Il faut vraiment saisir le nucléaire dans sa globalité. Dès qu’il y a un accident majeur, il y a des conséquences énormes sur la santé, l’économie, la politique et la société : il faut comprendre l’ensemble des phénomènes. Pour discuter de cette globalité, il n’est pas suffisant de faire seulement une conférence antinucléaire pour parler d’un côté de la sureté nucléaire et de l’autre des déchets. Il faut parler de l’ensemble des problèmes. La structure du Forum social mondial permet d’aborder toutes les questions scientifiques, sociales, économiques et politiques : il tend à créer un réseau international afin de globaliser les contestations des populations citoyennes, des militants et des scientifiques pour dire qu’il est inacceptable de continuer avec le nucléaire.

Energie et environnement: La saga de Fukushima continue…

Posted in actualité, écologie & climat, politique et lobbyisme, sciences et technologies with tags , , , , , , , , , on 10 décembre 2013 by Résistance 71

Un niveau de radiation record “pouvant tuer un humain en 20 minutes” détecté à Fukushima

 

RT

 

9 Décembre 2013

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/fukushima-radiation-record-outdoor-912/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les niveaux de radiation extérieurs ont atteint leur plus haut à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, avertit l’entreprise qui l’opère. Les radiations trouvées dans une zone proche d’une canalisation en acier qui connecte les bâtiments du réacteur pourraient tuer une personne en 20 minutes, a rapporté un média local.

L’opérateur de la centrale et le responsable du nettoyage du désastre Tokyo Electric Power Company (TEPCO) a détecté des niveaux record de radiation le long d’une canalisation connectant les bâtiments du réacteur et un conduit de ventilation de 120m située à l’extérieur des bâtiments. TEPCO a mesuré les radiations en huit différents endroits autour de la canalisation avec le plus haut taux enregistré de 25 Sieverts / heure et 15 Sieverts / heure, a dit l’entreprise. Ceci correspond au plus haut taux de radiation enregistré à l’extérieur des bâtiments d’après la chaîne de télévision nationale NHK.

Plus tôt, TEPCO avait dit que des niveaux de radiation d’au moins 10 Sieverts / heure avaient été enregistrés le long de la canalisation. Ce conduit de ventilation véhiculait des gaz radioactifs après le désastre et pourrait toujours contenir des substances radioactives a ajouté TEPCO. Le tremblement de terre de mars 2011 a déclenché un tsunami qui toucha les côtes de l’Est du Japon, endommageant sévèrement la centrale de Fukushima Daiichi et causant la fusion de trois de ses réacteurs. Les réacteurs endommagés ont laissé échapper leur carburant nucléaire en dehors des coffrages en béton des sous-sols, alors que de l’eau était massivement utilisée pour refroidir, celle-ci finissant en partie par fuir dans les sols, contaminant ceux-ci à proximité sur les lieux de la centrale nucléaire. L’eau radioactive stockée sur le site a fuité dans l’océan pacifique. Ces fuites d’eau ont déclenché une somme importante de questions concernant la santé parmi les voisins du japon comme la Corée du Sud. Ce pays a testé des poissons pêchés au large des côtes du pays, d’après le ministère de la pêche de Corée du Sud.

Ainsi, la présidente de la commission américaine de régulation sur le nucléaire a assuré que l’eau radioactive atteindra les côtes américaines occidentales dans des limites de sécurité: “Le plus haut niveau de radiation qui atteindra les côtes américaines sera de deux ordres de magnitude, 100 fois moins radioactive que l’eau standard du robinet, “ a dit Allison MacFarlane à Tokyo vendredi dernier et fut citée par la chaîne Bloomberg. “Ainsi, si vous pouviez boire l’eau de mer, ce que vous ne ferez pas, cela représente un taux très bas”. Il y a 400 tonnes d’eau contaminée produite par jour sur le site.

Dans une tentative de résoudre le problème de stockage L’AIEA a proposé mercredi de considérer de pomper l’eau toxique dans l’océan après en avoir au préalable réduit la radioactivité. “Au vu de la quantité croissante d’eau contaminée sur place, TEPCO devrait… examiner toutes les options pour gérer ce stockage, incluant la possibilité de décharger de manière contrôlée, l’eau dans la mer en accord avec les normes de sécurité” a dit l’AIEA dans une déclaration officielle. TEPCO a testé une machine de transformation aquifère de haute technologie appelée ALPS, qui peut enlever les matériaux radioactifs de l’eau à l’exception du Tritium. Quoi qu’il en soit cet isotope de basse énergie est considéré comme moins dangereux que les autres isotopes radioactifs comme le Césium et le Strontium, qui sont aussi contenus dans l’eau contaminée.

Catastrophe nucléaire de Fukushima: Des JO à Tokyo ? Vraiment ?…

Posted in actualité, écologie & climat, économie, désinformation, politique et lobbyisme, sciences et technologies with tags , , , , , on 17 septembre 2013 by Résistance 71

La catastrophe sans fin de Fukushima: Les JO de 2020 sont sous la menace radioactive

 

Dr Helen Caldicott

 

15 Septembre 2013

 

url de l’article original:

http://rt.com/op-edge/fukushima-catastrophe-nuclear-olympics-883/

 

~ Traduit de l’anglais par Resistance 71 ~

 

Alors que les fuites de radiation semblent inévitables à Fukushima et virutellement instoppables, il y a toujours des mesures que tous les gouvernements du monde devraient prendre pour prévenir les conséquences du pire des scenarios. Une de ces mesures pourrait bien être d’annuler les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020.

Une estimation scientifique prédit que la plume radioactive qui voyage vers l’Est à travers l’océan Pacifique, atteindra sûrement les côtes de l’Oregon, de l’état de Washington et du Canada tôt l’an prochain. La Californie subira les effets plus tard cette même année. Parce que le flot continu d’eau radioactive qui fuit du site nucléaire est virtuellement impossible à arrêter, une plume radioactive va continuer à migrer au gré des eaux du Pacifique affectant ainsi, Hawaii, l’Amérique du nord, l’Amérique du sud et éventuellement dans le temps l’Australie au fil des décennies.

Nous ne parlons ici que des courants marins, quoi qu’il en soit, les poissons pélagiques eux, nagent des milliers de milles nautiques et ne suivent pas nécessairement les courants marins. Comme constaté, les gros poissons pélagiques concentrent efficacement les radiations et des thons ont déjà été pêchés au large des côtes californiennes contenant du césium provenant de Fukushima. Les algues également concentrent très bien les éléments radioactifs.

Alors que je contemple le futur de Fukushima, il semble que la fuite radioactive est instoppable. Les niveaux de radiation dans les bâtiments 1, 2 et 3 sont maintenant si élevés qu’aucun humain ne peut plus maintenent entrer et se rapprocher du cœur en fusion de la centrale. Il sera donc impossible de pouvoir enlever ces cœurs radioactifs pour des siècles à venir, si cela est même un jour possible…

Buildings 1, 2 & 3

Si un de ces bâtiments s’effondre, le flot d’eau refroidissante des piscines et du cœur s’arrêtera, les cœurs de la centrale deviendront incandescents et pourraient s’enflammer relâchant ainsi des quantités très importantes de radiations à la fois dans l’air et dans l’eau, provoquant une détonation du combustible nucléaire des piscines. Il est étrange que ni le gouvernement des Etats-Unis en particulier ni ceux de la communautés internationales ne se sentent pas plus concernés au sujet de ces possibilités hautement probables et qu’ils ne fassent pas preuve d’urgence face à cette situation pour éviter la catastrophe.

Similairement, les médias mondiaux sont bizarrement déconnectés de cette crise majeure qui ne faiblit pas. De manière encore plus importante, le gouvernement japonais jusqu’à encore très récemment, s’était obstiné à refuser d’inviter et de collaborer avec des experts étrangers d’entreprises nucléaires et / ou des gouvernements.

Building 4

Cette structure a été sévèrement endommagée durant le tremblement de terre initial, ses murs sont déformés, il s’est enfoncé de 80cm dans la terre. Sur son toit se trouvent une piscine de refroidissement de combustible nucléaire, qui contient environ 250 tonnes de barres de combustibles chaudes, dont la plupart ont été enlevées il y a peu du réacteur, en fait quelques jours avant que le tremblement de terre ne frappe. Ceci n’est pas entré en fusion parce que la compagnie TEPCO est parvenue à maintenir un flot constant d’eau de refroidissement, ainsi les barres de combustible et leurs étagères de stockage sont toujours intactes, mais ont été déformées suite à la force de l’explosion d’hydrogène.

La piscine de refroidissement contient également plus de 4 tonnes et demi de plutonium et plus de 100 différents isotopes radioactifs. Au lieu que ce cœur ne fonde en une masse informe comme les trois autres cœurs de réacteurs, il demeure là-haut, exposé à l’air sur le toit de ce bâtiment structurellement affaibli. Un autre tremblement de terre important pourrait finir de le détruire, causant l’effondrement du bâtiment, et les barres de combustible nucléaire avec lui. L’eau de refroidissement s’évaporerait et la chaleur intrinsèque dégagée des barres nucléaires ferait s’enflammer le combustible alors que le zirconium réagirait chimiquement avec l’air relâchant dans l’atmosphère l’équivalent en radioactivité de 14 000 bombes d’Hiroshima et 10 fois plus de cesium que Tchernobyl ne l’avait fait.

Cela contaminerait intensément  non seulement l’hémisphère nord, mais le gouvernement japonais est sérieusement en train de penser à évacuer environ 35 millions de personnes de Tokyo et des environs si cela devait se produire. TEPCO a construit un cadre métallique pour consolider le bâtiment affaibli afin de pouvoir placer une énorme grue sur le toit pour extirper de manière radio-commandée les barres de combustible nucléaire. Cette opération est toujours effectuée par ordinateur et une extraction manuelle à distance n’a jamais été tentée auparavant. Si les barres sont déformées, une ou plusieurs pourraient se briser, relâchant tant de radiation que tous les ouvriers devraient être évacués, ou si les barres venaient à se toucher l’une l’autre, une réaction en chaîne se produirait.

Je me réfère à Arnie Gundersen, un ingénieur nucléaire en qui j’ai toute confiance. Il dit qu’un mur de deux mètres d’épaisseur en zéolithe devrait être construit à quelque distance des réacteurs à flancs de colline, ceci absorberait avec succès les radiations au césium de l’eau qui entoure les cœurs des réacteurs pour que cela ne pollue plus ou bien moins l’eau qui descend de la montagne. Dans le même la construction de canaux de drainage devrait être entreprise afin de pomper et de dévier l’eau non polluée de la montagne avoisinante dans la mer. Ensuite seulement les trois cœurs de réacteurs en fusion et leurs bâtiments associés pourraient être coulés dans le béton comme les soviétiques l’ont fait à Tchernobyl, ainsi la situation pourrait éventuellement être neutralisée pour environ un siècle. Ce que nos pauvres descendants décideront de faire de cette décharge nucléaire est au-delà de ma compréhension.

Néanmoins, comme l’a dit un officiel japonais: “Si nous les ensevelissions, personne ne regardera plus une autre centrale nucléaire pendant des années.” Réaction intéressante au demeurant, il est donc parfaitement évident que malgré la calamité présente, ils velent toujours poursuivre cette option énergétique nucléaire.

En Amérique du nord, les organismes de contrôle alimentaire comme l’EPA, devraient commencer immédiatement à vérifier le poisson routinement pris au large des côtes américaines, ainsi que de manière urgente les contrôles de matériaux aériens, le long de la côte pacifique et en travers du continent, de façon à ce que s’il y a une nouvelle fuite importante de radiations, elle sera mesurée efficacement et l’information passée rapidement au public. Ceci est valable aussi pour le Canada.

Les gouvernements américain et canadien doivent renforcer les interdictions de certaines denrées en provenance du Japon à moins que chaque chose soit vérifiée pour contamination radioactive et la nourriture produite aux USA et au Canada doit être analysée de la même manière. Les USA ont autorisé de nouvelles normes rendant la sécurité alimentaire à 1200 becquerels par kilogramme de produit vendu aux Etats-Unis en provenance du Japon, tandis que la tolérance au Japon même, n’est que de 100 Becquerels par kg. A quoi pense le gouvernement américain en autorisant à exposer les citoyens à plus de radiation ? Cette situation doit changer rapidement.

Les JO nucléaires

Prenant en compte ces problèmes, comment le premier ministre japonais Abe peut-il penser que Tokyo sera une ville saine pour les JO ? Il dit actuellement “qu’il n’y a aucun problème” et que “la situation est sous contrôle”. Ne comprend-il déjà pas que des parties de Tokyo sont déjà radioactivement contaminées et que son gouvernement est en train de larguer dans l’atmosphère des milliers de tonnes de cendres radioactives, résultant de l’incinération de ses détritus et des débris du tsunami qui a suivi le tremblemment de terre dans la baie de Tokyo ? Les athlètes vont-ils nager là dedans (NdT: Pour le triathlon par exemple qui se nage en milieu naturel…) ?

Quid s’il y a une nouvelle grosse fuite de radiation avant les JO ? Des jeunes gens qui ont passés des années à s’entraîner rigoureusement, ne doivent en aucun cas être exposés à de l’air, de l’eau ou de la nourriture radioactifs. Comment Abe peut-il envisager de dépenser tout cet argent pour l’hébergement des ces JO, lorsque ses propres concitoyens, les 160 000 réfugiés de Fukushima, qui vivent dans des barraques et des millions de personnes qui vivent dans des zones hautement contaminées et quand le complexe de Fukushima est hors de contrôle ?