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Impérialisme de la chrétienté… Le pape François 1er en mission de « purification de mémoire » (Steven Newcomb)

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Quand le pape veut faire une nouvelle diversion du sujet de la doctrine chrétienne de la découverte… Le fondement de la pseudo-souveraineté territoriale de l’empire américain est directement lié aux bulles papales racistes et esclavagistes du XVème siècle.

— Resistance 71 —

 

L’extension de l’empire chrétien et le père Junipero Serra

 

Steven Newcomb

 

4 Février 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/02/04/expanding-christian-empire-and-father-junipero-serra

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a eu quelques articles publiés récemment se demandant si c’est une bonne idée pour le pape Fançois 1er de faire d’un prêtre franciscain, Junipero Serra, un saint de l’église catholique apostolique et romaine.. La vaste majorité de la discussion à ce sujet est demeurée transfixée sur la personalité de Serra. Une discussion sur le système général mis en place par l’impérialisme catholique que Serra représenta et travailla à faire avancer, a été tout particulièrement évitée, plus précisément par l’église catholique elle-même.

L’église catholique préfère que les gens pensent de Serra qu’il était un agent de “l’évangélisme” religieux et non pas un agent de l’impérialisme religieux déshumanisant. Il n’y a aucun doute que l’église ne désire pas que Serra soit vu ou pensé comme un agent de ce que le pape Alexandre VI appelait “l’empire chrétien” et les “dominations”. (NdT: en latin “dominum christianorum”)

L’archevêque Gomez de Los Angelès a récemment publié un article dans lequel il a clâmé que la “ canonisation du padre Serra sera un jour merveilleux pour ‘les Etats-Unis’… Ce sera un jour à se commémorer que notre état de Californie et notre pays (les Etats-Unis) et toutes les nations des Amériques, sont nés de la mission chrétienne et construits sur des fondations chrétiennes.” L’archevêque Gomez n’est pas précis au sujet d’un point clef: Ce qu’il référencie est un “fondement” de l’impérialsme chrétien et catholique et de ce que le pape Alexandre VI appelait en latin “imperia et dominationes”.

Le “fondement” auquel se réfère l’archevêque Gomez a été identifié dans un livre publié en 1909 par l’imprimerie nationale du gouvernement des Etats-Unis. Ce livre fut compilé et édité par Francis Newton Thorpe sous un décret du congrès datant du 30 Juin 1906. Livre intitulé: “The Federal and State Constitutions Colonial Charters, and Other Organic Laws of the States, Territories, and Colonies Now or Heretofore Forming the United States of America.”

La table des matières du livre fournit une information importante quant aux archives documentaires du système politique et des lois organiques des Etats-Unis dans ces endroits où la couronne de Castille prît en premier lieu possession des terres et territoires des nations indiennes originelles d’Amérique du Nord. Sous “Floride” dans la table des matières nous trouvons: “Prérogatives accordées à Christophe Colomb, 1492,” et aussi “bulle du pape Alexandre VI, 1493,” sous “Texas”, on trouve: “Affirmation de domination espagnole en amérique, 1492-93 (bulle papale)”.

D’après donc un livre publié par le gouvernement même des Etats-Unis, compilé, corrigé, édité par une autorité des plus compétentes sur le sujet, le fondement du système politique impérialiste et des lois organiques dans les endroits clâmés par la couronne d’Espagne comme par exemple, la Floride, le Texas et la Californie (ainsi que l’Arizona, le Nouveau Mexique et d’autres endroits), remonte aux prérogatives accordées à Colomb et aux documents papaux d’Alexandre au temps de l’empire chrétien de 1493.

L’héritage dominant tracé jusqu’aux prérogatives données à Colomb et aux documents des bulles du pape Alexandre VI, est le contexte dans lequel le pape actuel François 1er va déclarer le père Junipero Serra devenir un “saint” de l’église catholique. En déclarant cela, le pape François attire l’attention hors du sujet de la lecture correcte à donner sur le passé impérialiste de l’église catholique et ainsi travailler plus avant vers ce que l’ancien pape Jean Paul II avait appelé “la purification de la mémoire”. Il maintient l’église “purifiée” donc en attirant l’attention hors du sujet du contexte impérialiste mortifère du système politique espagnol de mission catholique. La canonisation annoncée par le pape François retire les regards du fait que le père Serra était porteur des désirs du pape Alexandre VI pour que les “nations barbares” soient “subjuguées” (dominées).

Le contrôle inpérialiste d’aujourd’hui sur les nations originelles de Californie et de bien d’autres endroits, peut-être remonté jusqu’aux documents des bulles d’un pape du XVème siècle et à l’empire espagnol catholique que Serra servait. La véritable nature de l’empire catholique espagnol a été intelligemment déguisée derrière un cloaque d’euphémismes comme les termes de “système de mission catholique”.

Dans son livre “A violent evangelism” datant de 1992, le Dr. Luis Rivera-Pagán montre que “les bulles (édits) de l’époque alexandrienne ont maintenu leur caractere d’autorité dans la sphère juridique.” Il dit que cela peut se trouver dans “la compilation des Leyes de Indias (1680)”, qui reconnaît ces documents papaux “comme le premier fondement de la possession à perpétuité des Amériques par la couronne de Castille” (page 32).

Comme l’avait déclaré l’empereur d’Espagne en 1680: “Par don du saint siège de Rome… Nous sommes seigneur des Indes Occidentales, des îles et des terres de l’océan, dévouvertes, à découvrir et à incorporer sous notre couronne de Castille…. (de façon) à ce qu’elles puissent demeurer unifiées à tout jamais pour leur plus grande perpétuité et affirmation, nous interdisons de la sorte qu’elles puissent nous être retirées… (Recopilación, 1841).

Rivera-Pagán dit ensuite: “Cette loi est basée sur des déclarations royales consécutives de Carlos V et de Philippe II, qui pendant le XVIème siècle étendît la doctrine de la domination castillane à perpétuité sur le peuple Ibero-Américain. Toutes ces déclarations font directement allusion aux bulles du pape Alexandre VI comme point de référence crucial en la matière.” L’étymologie de “dominion” remonte à domination, pour comme le dit William Brandon dans son livre New Worlds for Old Reports from the New World and Their Effect on the Development of Social Thought in Europe, 1500–1800 (1986), “le pouvoir politique émanant de la propriété, du dominium, était de fait, la domination.

Dans les termes du Traité de Guadalupe Hidalgo de 1848 entre les Etats-Unis et le Mexique, les Etats-Unis sont reconnus comme étant le succésseur politique de l’empire du Mexique sur les zones géographiques que le Mexique apparemment cédait aux Etats-Unis. Le résultat fut que les nations natives originelles de Californie (et de toutes les autres clâmées par l’Espagne) sont supposées exister aujourd’hui sous la souveraineté dominante et le dominium de ce que la cour suprême des Etats-Unis a appelé “l’empire américain” (dans sa décision et rendu de l’affaire Loughborough v. Blake, 1820, and Downes v. Bidwell, 1901).

Un livre publié en 1885 révèle que l’affirmation de domination territoriale des Etats-Unis sur de vastes régions que le Mexique a cédé aux Etats-Unis avec le traité de Guadalupe Hidalgo de 1848 peut-être remontée au temps de Christophe Colomb et des bulles papales de 1493. Le livre de Frederick Hall est intitulé: The Laws of Mexico: A Compilation and Treatise Relating To Real Property, Mines, Water Rights, Personal Rights, Contracts, and Inheritances. La première partie du livre est intitulée: “Crown Lands of Spain, Public Lands of Mexico, and Mines,” (Les terres de la couronne d’Espagne, les terres publiques du Mexique et les mines) et on peut y lire ceci:

  • 1. Don du pape ~ Afin de renverser le paganisme et faire avancer la religion catholique, Alexandre VI émît une bulle (édit papal) en 1493, donnant à la couronne de Castille l’entièreté du vaste domaine alors découvert ou devant être découvert entre les pôles nord et sud ou tout ce qui y est considéré comme n’étant pas déjà possession d’une puissance chrétienne.” “Ut fides Catholica et Christiana religio nostres præsertim temporibus exaltetur, etc., ac barbaræ deprimentur, et ad fidem ipsam reducantur,” comme cela était écrit dans la bulle: 1 Haz. Coll. 3.”

Hall laissa hors de cette citation latine le mot “nationis” qui figurait dans le texte original en latin, le texte original étant: “ac barbaræ nationis deprimantur”). Il le fît sans aucun doute afin d’éviter d’attribuer ne serait-ce qu’un soupçon de souveraineté nationale aux Indiens de la région géographique appelée “Californie”.

La domination (le droit de domination) affirmé par l’empire espagnol, fondé sur le don édicté par bulles papales, passa à l’empire mexicain lorsqu’il gagna son indépendance de l’Espagne, puis passa du Mexique à l’empire américain au travers du traité de Guadalupe Hidalgo. Le droit impérial de domination est considéré passer d’un empire à l’autre par le jeu des règles de succession politique et ceci est ni plus ni moins le contexte régnant autour de la décision du pape François 1er de déclarer Junipero Serra être un saint de l’empire religieux de l’église catholique apostholique et romaine.