Archive pour EIIL résistance kobané

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: La Turquie (OTAN) armée de l’air de l’EIIL contre les communes libres kurdes autogérées…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 3 août 2015 by Résistance 71

Comme le fut également l’aviation israélienne côté Golan syrien, l’aviation turque, pays membre de l’OTAN et qui ne peut pas agir sans consentement des « instances », est devenue à son tout l’armée de l’air de la légion mercenaire de l’OTAN connue sous le nom d’EIIL/EI ou Daesh. La révolution sociale kurde de la confédération de communes libres est une plus que sérieuse épine dans le pied de l’empire. Le danger de voir des régions et peuples entiers s’affranchir des tutelles des états obsolètes et criminels devient une fois de plus, et à juste titre, au goût du jour. Les États vont devoir (essayer) d’écraser la liberté. C’est la seule chose qu’ils savent bien faire !… Soutien aux peuples émancipés, que leur exemple gagne le reste du monde occidental !

Il n’y a pas de solutions au sein du système ! La ou les seules solutions viables au marasme de l’agonie de la société étatique résident en nous, les peuples, unis et coopérant entre nous, sans intermédiaires, sans institutions étatiques, en confédération des communes libres comme le font avec succès les communes zapatistes du Chiapas au Mexique et depuis quelques années, la zone nord du Kurdistan syrien de la région de Kobané.

La Turquie est membre de l’OTAN et agit en tant que tel. N’oublions jamais que OTAN = Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord…

— Résistance 71 —

 

Communiqué du Congrès National du Kurdistan suite aux raids aériens menés par l’armée turque contre la guérilla kurde

 

Anarsist Faaliyet, KNK

 

31 Juillet 2015

 

url de l’article en français:

http://www.lavoiedujaguar.net/Communique-du-Congres-national-du

 

L’aviation turque bombarde intensivement des positions de la guérilla kurde et des zones d’habitation civile au Sud-Kurdistan (Irak).

La nuit dernière, 24 juillet 2015, des avions de chasse appartenant à l’armée turque ont massivement bombardé des zones où se trouvent des positions de la guérilla kurde ainsi que d’importantes habitations civiles, dans les régions de Qandil, Xakurke, Behdinan, Zap, Gare, Haftanin, Basya, Metina et Avaşin.

Selon des sources locales, ces bombardements auraient fait des morts parmi la population civile ainsi que des dégâts matériels importants.

Cette offensive de grande envergure menée par le gouvernement AKP marque la rupture unilatérale du cessez-le-feu qui avait été maintenu jusque-là grâce aux efforts répétés du peuple kurde et de son leader Abdullah Öcalan. Alors qu’il fait preuve d’une persévérance inouïe pour faire avancer les pourparlers de paix avec l’État turc, Abdullah Öcalan subit un isolement carcéral total depuis le 5 avril. Depuis 2013, l’armée turque a mené plusieurs opérations contre les forces de défense kurdes (HPG) alors même que celles-ci étaient en position de cessez-le-feu. Cependant, le HPG n’a pas répondu aux provocations. Avec ces derniers bombardements, l’État turc a de nouveau déclaré la guerre aux Kurdes et rompu le cessez-le feu.

La Turquie a ajouté un nouvel échelon à sa coopération avec l’organisation terroriste Daech en Syrie. Soutenant déjà cette organisation dans le but de briser la révolution du Rojava, l’État turc frappe aujourd’hui lourdement la guérilla kurde qui résiste contre les gangs de Daech, et procède par ailleurs à de grandes vagues d’arrestations dans les milieux kurdes en Turquie.

Le Congrès national du Kurdistan (KNK) appelle le gouvernement régional du Kurdistan d’Irak, les partis politiques, les organisations de la société civile et la population du Sud-Kurdistan à s’opposer à l’intervention armée de la Turquie sur leur territoire.

Il appelle également la communauté internationale, l’ONU en particulier, à juger les crimes contre l’humanité commis par Daech avec la complicité de la Turquie, à Suruç, à Kobané et dans le reste du Rojava.

Conseil exécutif du KNK
l e 25 juillet 2015

Traduction : Ne var ne yok ?

Communiqué de l’Action révolutionnaire anarchiste suite au massacre de Suruç

Notre tristesse sera notre colère, Kobané sera reconstruite

Hier, près de trois cents personnes étaient parties de différentes villes [de Turquie], à l’appel de la Fédération des associations de jeunes socialistes afin de reconstruire Kobané que Daech a essayé de réduire en cendres. Aujourd’hui, en arrivant à Suruç (Pîrsus), juste avant de partir pour Kobané, ces jeunes réalisaient une conférence de presse en face du centre culturel Amara de la ville de Suruç (Pîrsus). À la fin de la lecture du communiqué de presse, une bombe a explosé au milieu de la foule, faisant taire de nombreux cœurs qui avaient battu avec l’espoir de la reconstruction.

Selon les informations disponibles pour l’instant, trente et une personnes sont mortes et des centaines ont été blessées dans l’explosion.

Après cette explosion aujourd’hui, nous entendons, depuis les hôpitaux de Suruç (Pîrsus), les noms de ceux qui sont tombés. Ceux qui sont venus de nombreuses villes différentes, ceux qui avaient de grands espoirs dans leurs cœurs sont maintenant ceux qui sont tombés, comme les cibles des assassins. Les gens qui sortent dans les rues afin de demander des comptes pour ceux qui sont tombés, ceux qui attendant devant les hôpitaux, sont menacés par les TOMA [véhicule avec canon à eau] et la police qui sont arrivés du centre culturel Amara avant les ambulances. À Mersin, à Sert, à Istanbul… Les gens qui descendent dans les rues sont pourchassés pour être massacrés par l’État meurtrier, par les collaborateurs des assassins.

Ceux qui ont massacré de nombreuses vies, depuis le premier jour de la résistance de Kobané, essaient maintenant de nous décourager en assassinant nos frères et sœurs.

Nous essayons de reconstruire une nouvelle vie contre Daech, contre l’État qui collabore avec Daech, contre la politique de guerre sans fin de l’État. Quoi qu’il en coûte, nous allons convertir notre douleur en rage, nous allons reconstruire Kobané et recréer une vie sur cette géographie dévastée !

(Aujourd’hui, Alper Sapan de l’Initiative anarchiste Eskişehir a été assassiné au cours de l’attaque. Et un ami appelé Evrim Deniz Erol a été grièvement blessé.)

Biji Berxwedana Kobanê ! Vive la résistance de Kobané !
Biji Şoreşa Rojava ! Vive la révolution du Rovaja !

Action révolutionnaire anarchiste
 Devrimci Anarşist Faaliyet (DAF)
 le 20 juillet 2015

Traduction : OCLibertaire

 

Rojava, Kobané… Le confédéralisme démocratique dont (quasiment) personne ne parle

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Anarchistes contre l’EIIL: La révolution en Syrie dont personne ne parle

 

Gareth Watkins

 

Février 2015

 

url de l’article original:

http://www.cvltnation.com/anarchists-vs-isis-the-revolution-in-syria-nobodys-talking-about/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le Moyen-Orient aujourd’hui est sans doute le dernier endroit où la bien-pensance occidentale chercherait une pensée politique progressiste et encore moins d’y voir ces pensées prendre une tournure pratique de terrain. Notre image de la région est celle de dictateurs, de juntes militaires et de théocraties construites sur les ruines de l’ancien empire Ottoman, ou alors des états creux comme l’Afghanistan et le Pakistan de manière croissante et où tout ce qui réside en dehors du capitole ressemble au monde de Mad Max. L’idée qu’une partie de la région pourrait-être non pas juste libre, mais bien avancée sur le chemin de l’utopie, n’est pas le genre d’opinion que vous trouverez dans les médias de masse.

Mais vous n’êtes pas branchés sur les médias de masse en ce moment n’est-ce pas ?

Le long de la frontière de la Syrie avec la Turquie et le nord de l’Irak, se tient une zone essentiellement kurde ayant une population de l’ordre de 4,6 millions de personnes et où une énorme expérience sociale a pris place au centre d’un feu croisé entre la dictature syrienne (sic), l’insanité collective de l’EIIL et l’hostilité permanente de la Turquie envers l’idée d’une autonomie kurde le tout avec les Etats-Unis et l’OTAN en toile de fond. Le Parti d’Union Démocratique (PYD) et le Conseil National Kurde (CNK) ont établi dans la province du Rojava une société qui mélange une féroce pratique libertaire (il y a des flingues partout = NdT: c’est une guerre civile et ils sont en lutte contre l’EIIL, normal non ?… = et il n’y a absolument aucun impôt, aucun !…) et une pensée anarchiste amicale à la façon du mouvement Occupy ayant une saine dose de féminisme. Tandis que des groupes kurdes, spécifiquement ceux qui sont alliés des Etats-Unis, voudraient établir un jour un état kurde, au Rojava, ils ont court-circuité l’idée d’un état-nation pour aller vers un système plus avancé qu’ils appellent le Confédéralisme Démocratique.

 

Dans les cantons du Rojava, il y a un tout petit gouvernement “central” ayant un minimum absolu de 40% de femmes comme déléguées, mais la très grande partie de la journée de travail au quotidien se déroule au niveau local, village par village et rue par rue, où les décisions sont prises. L’architecte principal de ce Confédéralisme Démocratique, Abdullah Ocalan, dit que “l’écologie et le féminisme sont les deux piliers centraux” du système qu’il a aidé à mettre en place, quelque chose de très très éloigné de tout ce que pourraient dire les politiciens occidentaux.
[…] Au Rojava, les hommes qui battent leur femme font face à un ostracisme sans précédent de la part de la communauté, rendant leur vie sociale dans une société hautement connectée et impliquée, virtuellement impossible. En lieu et place d’une police et d’un système carcéral, des “comités de paix” dans chaque communauté travaillent pour désamorcer les cycles de vengeances inter-familiaux en travaillant sur des arrangements consensuels entre les parties impliquées et cela marche parfaitement. (NdT: Cela marche ancestralement de la même façon dans les sociétés sans organe de pouvoir séparé des sociétés amérindiennes, mélanésiennes et africaines…)

La seule partie de l’expérience sociale du Rojava qui a reçue une attention internationale a été le YPJ ou les forces para-militaires exclusivement féminines qui ont combattues, combattent encore et ont vaincu contre les groupes terroristes de l’EIIL et parfois contre l’armée syrienne. (NdT: ce que l’auteur ne dit pas est que depuis plusieurs années, le gouvernement syrien a obtenu un accord avec le PKK, parti ouvrier kurde d’Ocalan anciennement marxiste, mais maintenant anarchiste communaliste et confédéraliste, où il fut conclu que l’état syrien laissait les Kurdes faire pourvu que ceux-ci ne se rebellent pas contre le gouvernement d’Assad. Cet accord tient et s’est consolidé par convergence d’intérêt commun contre l’armée mercenaire djihadiste de l’OTAN qu’est l’EIIL…). Des médias de la presse écrite et audio-visuelle occidentaux ont couvert la bravoure au combat des forces de l’YPJ, toutefois sans expliquer ni montrer de quelles idées elles se revendiquaient ni le sytème qui avait rendu tout cela possible.

Ce fut le YPJ avec sa contre-partie masculine du YPG qui sauvèrent des milliers de Yazidis qui étaient encerclés par les terroristes de l’EIIL sur le Mont Sinjar dans le nord de l’Irak. La communauté Yazidi a la mauvaise fortune d’être presqu’entièrement dans une zone clâmée par l’EI/EIIL et ils ont été une minorité haïe dans le monde musulman depuis un millier d’années, accusés de “culte du diable”. Tandis que les Etats-Unis larguaient des vivres du ciel, les groupes kurdes syriens brisèrent les lignes de l’EIIL et sauvèrent ainsi des dizaines de milliers de vies. Ils ont aussi défendu avec succès la ville de Kobané lorsque l’EIIL lança un assaut total sur la ville de 45 000 habitants avec des chars, des missiles et mêmes des drones (NdT: qui fournit se matos sophistiqué à l’EIIL ?…). Malgré de lourdes pertes, la ville a échappé au contrôle de l’EIIL, même si les villages alentours sont toujours contestés. Les groupes YPJ/G et le mouvement démocratique pour lequel ils combattent sont loin d’être parfaits: ils ont été accusés d’utiliser des soldats enfants et des jeunes filles de 12 ans servent de cuisinières ou de personnel d’entretien pour les membres de l’YPJ et s’entrainent militairement bien qu’elles ne soient pas déployées en zones de combat ; ces groupes sont aussi impliqués avec le parti ouvrier marxiste d’Ocala le PKK, toujours classé parmi les organisations terroristes par certaines nations. L’ancien parti rebelle marxiste-léniniste a aussi eu un passé trouble dans le trafic de drogue et ses connexions avec les services de renseignement turcs.

Malgré tous les obstacles auxquels il doivent faire face, le peuple du Rojava est, aujourd’hui, le seul mouvement de la planète ayant implémenté à grande échelle, une véritable alternative qui marche au système étatique et au capitalisme. Comme les fédérations anarchistes espagnoles et le mouvement zapatiste mexicain du Chiapas avant eux, le peuple du Rojava a choisi l’impossible: créer une nouvelle société tout en combattant en tant que plus petites forces de combat dans une guerre régionale, un numéro de funambule au dessus d’un précipice. Le temps dira s’ils pourront y parvenir.

Ingérence occidentale en Syrie: L’attaque de l’armée mercenaires de l’OTAN (EIIL) sur les communes libres kurdes de Rojava est-elle une éradication politique ?

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L’Histoire a prouvé que toute forme d’émancipation politique et sociale libertaire mettant l’État au placard se voir réprimer dans le sang… Rojava, Kobané sont politiquement dangereuses. Les populations y vivent une expérience sociales révolutionnaires, qui fait peur aux oligarques et ce à juste titre.

Divulguons sans relâche ce qu’il se passe, soutiens aux populations Kurdes de Kobané et Rojava.

— Résistance 71 —

 

Les mensonges de Mr Erdogan et la honte non assumée de la communauté internationale

 

Tom Nisse

 

6 Novembre 2014

 

url de l’article original:

http://www.monde-libertaire.fr/international/17324-les-mensonges-de-m-erdogan-et-la-honte-non-assumee-de-la-communaute-internationale

 

Depuis que l’offensive de l’État islamique (Daesh), déclenchée début septembre contre le canton kurde syrien autonome et enclavé Kobanê, a atteint la ville du même nom, les mensonges que profère le leader de la « puissance régionale » de la partie du globe concernée, M. Erdogan, président de la Turquie, sont pour le moins représentatifs. Significatif aussi que parmi les commentateurs occidentaux de la situation en question l’on se contente de les citer, mais que nulle part apparemment l’on se soucie de les identifier pour ce qu’ils sont.

Samedi 4 octobre, M. Erdogan, tête du parti islamo-conservateur turc, déclare : « Pour nous le PKK c’est la même chose que Daesh. Il ne faut pas les considérer différents l’un de l’autre. » Vérité peut-être de son point de vue, mais mensonge. Daesh (alias État islamique autoproclamé, alias Califat autoproclamé) est fanatiquement raciste, prétend fonder son idéologie et la mise en œuvre de celle-ci sur des doctrines religieuses primitives et exhumées d’une longue agonie historique, et pratique donc de manière rigoureuse le nettoyage ethnique, un lavage des cerveaux primaire, la réduction des femmes à l’esclavage, les exécutions de masse, le viol collectif, les crucifixions et les décapitations publiques (avec exhibition des trophées), la torture et la mutilation, et dans ses rangs se trouve tel père qui jubile en participant à la lapidation de sa propre fille jugée adultère. Faut-il le rappeler ? Non. Le PKK, et par extension les YPG auxquels M. Erdogan faisait sans doute référence aussi, et qui défendent leur ville Kobanê depuis plus d’un mois, sont au départ, en ce qui concerne les premiers, certes une guérilla d’inspiration marxiste impliquée dans des hostilités contre l’État turc qui ont fait beaucoup de victimes. Actuellement cependant, comme leurs descendants les YPG du Kurdistan syrien, ils prônent et s’efforcent de mettre en pratique, et ce depuis environ une dizaine d’années, un projet social et politique novateur : un collectivisme municipal qui se fondesur des valeurs appliquées telles que la laïcité et/ou le respect des différentes croyances, l’émancipation et l’égalité des femmes, la multiethnicité, l’éducation et la défense des spécificités culturelles, la démocratie directe assembléaire mixte, l’économie coopérative, ainsi que l’écologie. Et ils ont pris le parti de renoncer aux actions violentes quand on ne les y oblige pas. Faut-il le rappeler ? Oui. Absolument. Un autre aspect de ce mensonge de M. Erdogan est que, c’est de notoriété publique, Daesh a pendant plusieurs années bénéficié d’une permissivité extrême, voire d’un soutien direct et multiple de la part de l’État turc, tandis que le PKK et les YPG sont, sans le soutien de personne, en août, allés contrer une offensive de Daesh dans l’Irak voisin et ont ainsi préservé des dizaines de milliers de Yézidis et chrétiens kurdes de leur extermination pure et simple. Pas vraiment « la même chose » donc.

Mensonge suivant. Prophétique. Le mardi 7 octobre, M. Erdogan déclare que « Kobanê est sur le point de tomber ». Presque un mois plus tard les combattants et combattantes des YPG résistent toujours et tout semblerait indiquer que l’avancée de Daesh s’embourbe de plus en plus. D’aucuns s’en rongeraient les ongles ?

Émue par les images de l’exode des habitants de la région de Kobanê et impressionnée par la détermination des défenseurs de la ville, la communauté internationale (proclamée telle par qui ?) commence, au fur et à mesure des événements, à se sentir agacée par la position du gouvernement de M. Erdogan vis-à-vis du conflit qui se déroule à quelques centaines de mètres de son territoire national. Position qui consiste en une attitude de non-intervention ainsi qu’en la fermeture par l’armée turque de la frontière aux volontaires kurdes non syriens qui voudraient passer de l’autre côté pour combattre Daesh. En d’autres termes, attendre que Kobanê soit exsangue et s’écroule. Mais, face à cet agacement croissant à son égard, le président turc se voit finalement obligé d’annoncer que son pays laisserait des peshmergas, combattants kurdes d’Irak, fréquentables à ses yeux, passer sur son territoire afin de venir en aide à Kobanê. Quelques jours plus tard, le dimanche 26 octobre, il déclare : « Le YPG ne tient pas à ce que les peshmergas arrivent à Kobanê et dominent. » Mensonge supplémentaire. Imperturbable. Remontons brièvement le fil de la réalité. Le mercredi 15 octobre, Massoud Barzani, peut-être poussé par un sentiment d’exaspération humaine, ou par un sentiment de fraternité humaine, ou les deux, et avec lui le Parlement de l’administration régionale du Kurdistan irakien qu’il préside, reconnaissent officiellement les trois cantons autonomes kurdes de Syrie. Ce qu’auparavant aucun État de la communauté internationale n’a jamais daigné faire. Et non seulement les reconnaissent mais promettent d’aider Kobanê en y acheminant armes et munitions, et ce si nécessaire, c’est-à-dire si la Turquie s’oppose au passage sur son territoire par voie aérienne. Et, de fait, le lundi 20 octobre, des avions américains parachutent des armes provenant du Kurdistan irakien au-dessus de Kobanê. Les défenseurs de la ville s’en disent soulagés. Et le mercredi 29 octobre des contingents de peshmergas arrivent sur le territoire turc pour se diriger vers Kobanê. Et jamais les YPG n’ont fait mine de rechigner quant à l’arrivée de ces renforts, tout comme d’ailleurs, en août, les peshmergas étaient reconnaissants et soulagés quand des combattants des YPG et du PKK sont arrivés au nord-ouest du Kurdistan irakien pour repousser l’offensive de Daesh, et ils s’y trouvent d’ailleurs toujours, aux prises avec de nouvelles poussées militaires de la part des supporters frénétiques du Califat. Il n’était jamais non plus question que les peshmergas « dominent » à Kobanê, premièrement, leur gouvernement a reconnu les trois cantons autonomes kurdes syriens, et deuxièmement, ils ont annoncé avant même leur départ qu’ils resteraient jusqu’à ce que leur présence ne soit plus nécessaire. Et Falah Mustafa, ministre des Affaires étrangères du gouvernement régional du Kurdistan irakien, d’éclaircir le jeudi 30 octobre : « L’obstacle principal de cette opération fut géographique. Nous devions négocier avec la Turquie. Sinon, nous serions intervenus à Kobanê plus tôt et avec davantage de combattants. »

Dans le même élan, qui a comme seul objectif de voir disparaître (ou mieux, de pouvoir annexer), de quelque manière que ce soit, les cantons autonomes kurdes syriens dont Kobanê est devenu le symbole meurtri, M. Erdogan annonce, le vendredi 24 octobre que 1 300 combattants de l’Armée syrienne libre (ASL), également fréquentables à ses yeux, se dirigeaient vers Kobanê, en précisant que des responsables de son gouvernement et des commandants de l’ASL « sont en pourparlers pour définir le chemin par où ils passeront ». Mensonge encore. Un porte-parole des YPG répond immédiatement : « Nous avons déjà établi le contact avec l’ASL, mais aucun accord du genre de celui mentionné par M. Erdogan n’a encore été conclu. » En effet, le 10 septembre déjà, les YPG et l’ASL ont créé un centre d’opérations conjoint, une vidéo diffusée par les YPG en témoigne depuis cette date. Et le mercredi 29 octobre, une cinquantaine de combattants de l’ASL arrivent effectivement à proximité de Kobanê, vraisemblablement pas, n’en déplaise à M. Erdogan, pour dominer les territoires terroristes kurdes mais pour lutter aux côtés des YPG et du PKK contre un Frankenstein épouvantable dont le président turc et ses rêves de domination sont l’un des concepteurs.

Rêves de domination. Citons dans ce contexte le Premier ministre turc M. Davutoglu, qui déclare le vendredi 24 octobre : « Si la Turquie, actuellement une puissance régionale, veut s’affirmer comme une puissance mondiale, alors elle doit montrer sa compassion », faisant allusion à l’accueil des réfugiés syriens sur le sol turc. Compassion toute relative ; concernant l’accueil des réfugiés, c’est effectivement une bonne chose, comme a pu l’affirmer un journaliste, mais c’est surtout la seule attitude imaginable. Compassion réellement douteuse par contre quand on sait la répression létale qu’ont subi des manifestants kurdes mécontents du gouvernement Erdogan qui attend perfidement l’élimination de Kobanê et de sa complicité stratégique avec Daesh censée parachever cette élimination – manifestants kurdes qui de surcroît ne sont plus à brandir des revendications séparatistes depuis un bout de temps pour la plupart, mais qui demandent simplement davantage d’autonomie politique régionale et surtout davantage de reconnaissance culturelle. Mais, évidemment, un État turc qui voit son avenir en tant que « puissance mondiale » ne peut que vouloir de toutes ses forces la disparition d’un modèle de société différent, tel celui mis en œuvre dans les cantons autonomes kurdes syriens, et il ne peut qu’estampiller les sympathisants d’un tel modèle de terroristes ou de vandales minoritaires.

Mais, sans même tenir compte des visées impérialistes plus vastes à plus long terme de M. Erdogan, il est évident que, comme nous l’avons vu, concernant la bataille de Kobanê, le président turc s’est révélé être un menteur harcelé par très peu de scrupules et sans vrai souci de finesse (que c’en est à se demander d’où il tient ses informations), motivé par une volonté hystérique de voir Kobanê et ce que Kobanê symbolise s’effondrer. Malgré cela, la communauté internationale n’éprouve aucune honte à continuer à considérer l’État turc comme un allié militaire et économique convenable. À l’hystérie de l’un répond l’hypocrisie des autres.

La honte refoulée n’est-elle pas la plus disgracieuse ? La plus honteuse ?

Rojava, l’ensemble des cantons kurdes syriens, et Kobanê en particulier, de par sa résistance médiatisée, médiatisée à son insu, sont parmi les plus belles chances pour l’humanité. Peut-être parmi les dernières, tellement dans l’histoire de notre espèce ce type de volonté d’autonomie permettant un véritable autre vivre ensemble est rare, et par cela même incomparablement précieux. L’avenir du Rojava est incertain, et demeurera incertain même si Kobanê ne tombe pas, ce qui fort heureusement semble se profiler. Mais l’avenir de Rojava est bel et bien fragile, et si jamais cette expérience était détruite dans le jeu économique et géopolitique des puissances mondiales et autres puissances régionales, la honte qui devrait s’abattre sur la communauté internationale serait asphyxiante, une fois de plus. Dans ce cas, le poète devrait-il envisager le suicide ou une rage sans bornes, ou, une fois de plus, un discernement qui exige la respiration ? Narin Afrin, une commandante des YPG à Kobanê dit, dans un communiqué de presse rendu public dimanche 26 octobre : « Pour exister, nous combattons contre cette mentalité obscurantiste. » On serait tenté d’ajouter : contre toutes les mentalités obscurantistes, et certainement aussi celles qui se prétendent éclairées.

L’EI et impérialisme: Des méthodes ethnocidaires brutales inspirées du colonialisme occidental…

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On voit que la stratégie de l’ethnocide est non seulement active, ce qui dénote un schéma de conduite purement colonialiste de la part de l’armée mercenaire de la CIA et du Mossad qu’est l’EI, mais aussi que ces techniques sont directement adaptées de la méthodologie ethnocidaire des états coloniaux subsistants que sont Israël, les Etats-Unis et le Canada. Quand on lit cet article, on ne peut penser pour ceux qui sont avertis, qu’aux tortures et ethnocide/génocide perpétrés dans les pensionnats pour Indiens aux Etats-Unis et au Canada, imités et adaptés depuis par les Israéliens dans leur état d’apartheid fondamentalement raciste et suprémaciste. L’EI n’a absolument rien de musulman et tout de colonialiste (bras armé), les méthodes utilisées le prouvent…

— Résistance 71 —

 

A Kobané l’EI torture aussi les enfants

 

Al Manar

 

4 Novembre 2014

 

url de l’article:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=200517&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1

 

Les hommes, les femmes, et maintenant les enfants: à Kobané, en Syrie, l’Etat islamique n’épargne personne. Selon des témoignages recueillis par Human Rights Watch, le groupe jihadiste enlève et torture les enfants.

L’ONG a pu interroger en Turquie quatre adolescents kurdes âgés de 14 à 16 ans, détenus un temps près de Kobané, avec cent autres garçons mineurs, avant d’être relâchés sans qu’ils ne sachent pourquoi.

«Les quatre garçons ont décrit comment ils avaient subi des tabassages répétés avec un tuyau et des câbles électriques, et comment ils ont été forcés à regarder des vidéos de décapitation», rapporte l’organisation.

L’Etat islamique se montre particulièrement dur avec les enfants de familles liées au YPG, la principale milice kurde des Unités de protection du peuple kurde.

L’un des garçons interrogés par HRW raconte comment un autre jeune détenu, qui avait eu le tort de vouloir en appeler à sa mère, a été suspendu les mains attachées dans le dos, un pied attaché à ses mains, et forcé à implorer Dieu, non sa mère. Divisés en groupes, les jeunes détenus avaient le droit à trois couvertures : deux en guise de matelas, une pour se couvrir. Les jeunes détenus n’ont le droit de se laver que tous les quinze jours et sont nourris deux fois pas jour. Les rations diminuent en cas de mauvais comportement ou tentative de fuite.

Ils ont le droit à de rares coups de fil à leur famille et n’ont pas le droit de parler kurde. Ils sont forcés à prier cinq fois par jour et à suivre de l’instruction religieuse.

Guerre impérialiste en « Syrak »…

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Kobané objet de tous les mensonges

 

Réseau Voltaire

 

1er Novembre 2014

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article185773.html

 

Ce matin, 1er novembre 2014, les télévisions atlantistes et du Golfe montraient un convoi de 155 pehsmergas (pro-Israéliens) —c’est-à-dire des policiers du Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak— traversant la Turquie sous les applaudissements des Kurdes turcs. Ces médias affirmaient que le convoi était arrivé à Kobané (Syrie).

Il n’en est rien.

Les peshmergas sont actuellement stationnés au camp de réfugiés de Suruç (Turquie). Seule une délégation de dix d’entre eux est entrée dans la ville de Kobané, puis est repartie en Turquie.

De même, les médias turcs annoncent que 700 combattants de l’Armée syrienne libre (pro-Français et anti-Syriens) —sur les 1 300 annoncés— sont arrivés à Kobané, mais cette information n’est pas confirmée par les Kurdes syriens et il est peu probable que l’ASL dispose encore d’une telle force.

De son côté, le gouvernement syrien a dénoncé le projet d’entrée des peshmergas irakiens comme une violation de sa souveraineté.

Sur place, les forces de la Coalition états-unienne anti-Daesh poursuivent quelques bombardements (3 hier, contre 15 les jours précédents), toujours sans aucun résultat visible. Tandis que, à une cinquantaine de kilomètres de là, l’Armée arabe syrienne tente d’ouvrir un passage dans la ligne de front en la bombardant massivement (en moyenne 150 bombardements par jour). On ignore le nombre de jihadistes de Daesh présents, on sait juste que les États-Unis leur ont largué des armes « par erreur ».

Au moins 2 000 combattants du PYG défendent la ville syrienne de Kobané. La plupart sont d’anciens membres du PKK turc qui ont fui leur pays d’origine en raison de la répression et ont obtenu la citoyenneté syrienne au début de la guerre.

À Paris, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a dénoncé l’acharnement de la Coalition anti-Daesh à sauver Kobané qui, selon lui, n’abrite plus de civils mais uniquement des « terroristes » du PYG. Son hôte, le président français, François Hollande, a proposé de bombarder Alep, qui n’est pas occupée par Daesh ; la ville elle-même étant contrôlée par le gouvernement de Damas, sauf sa banlieue nord.

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