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Turquie: vrai-faux ou faux-vrai coup d’état ?… Les dessous (sales bien entendu) de l’affaire…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, résistance politique with tags , , , , , , , , on 22 juillet 2016 by Résistance 71

Manipulation en Turquie

Thierry Meyssan

19 juillet 2016

chronique originellement publié dans le journal syrien de langue française Al-Watan

source:

http://www.mondialisation.ca/manipulation-en-turquie/5536825

Le président Erdoğan est issu de la Millî Görüş, une milice islamiste qui soutenait les jihadistes en Russie dans les années 90 et ourdit un coup d’État en 1999.

En 2003, Recep Tayyip Erdoğan est devenu Premier ministre d’un État membre de l’Otan.

En 2011, le gouvernement Erdoğan a signé un traité secret avec la France l’impliquant dans les guerres contre la Libye et la Syrie en échange du « droit » d’expulser sa population kurde vers un État qui serait créé pour l’occasion.

En 2012, le président Erdoğan a pris la succession du prince Bandar bin Sultan dans la coordination des réseaux jihadistes.

En 2013, le président Erdoğan a pris la succession de l’émir Hamad du Qatar dans le parrainage des Frères musulmans. Puis, il a installé à Izmir le Commandement joint des forces terrestres de l’Otan, le LandCom, qui coordonne la guerre contre la Syrie.

En 2014, le gouvernement Erdoğan a participé à la transformation de l’Émirat islamique en Irak en lui apportant les 80 000 combattants de la confrérie irakienne des Naqchbandis —qui avait créé la Millî Görüş turque—.

Aussi, la tentative de le renverser est-elle apparue comme la fin de la guerre contre la Syrie. Pourtant, elle aurait simplement désorganisé la coalition internationale le temps nécessaire à ce que les différentes fonctions du président Erdoğan soient attribuées à d’autres leaders.

Les militaires du 16 juillet ont été trahis de l’intérieur : aucune des personnalités du régime n’a été arrêtée, ni Hakan Fidan, ni Recep Tayyip Erdoğan. Ceux qui ont pris les locaux de la télévision nationale, la TRT, ont eu beau annoncer qu’ils contrôlaient le pays, aucun des objectifs stratégiques n’avait été visé. Il y a eu beaucoup de rumeurs, mais aucune trace de coup, sinon ceux de l’attaque contre les bâtiments vides de la Grande Assemblée nationale ; des traces qui apparaissent désormais comme une mise en garde des députés.

Aucun leader du putsch n’a pris contact avec l’opposition pour l’associer au nouveau régime, si bien que celle-ci, effrayée à l’idée du retour possible d’une dictature militaire, s’est rangée au côté de son ennemi, l’AKP.

Avant même la fin de la tentative, les hommes du président Erdoğan arrêtaient les officiers de la gendarmerie qui s’étaient opposés à lui et qui n’étaient aucunement impliqués dans le coup. Une fois celui-ci terminé, ils ont non seulement arrêté les putschistes, mais aussi plus de 7 000 autres personnes, limogé plus de 8 000 fonctionnaires, suspendu 2 700 magistrats et le vice-président de la Cour constitutionnelle dont les noms attendaient depuis longtemps au Palais blanc. La grande purge des disciples de Fethullah Gülen se poursuit.

Les États-Unis semblent les plus surpris par cette trahison. Après avoir sollicité l’ancien président Abdullah Gül, puis un magistrat, comme possibles successeurs du président, ils ont soutenu le Parti démocratique des Peuples (HDP) lors des élections truquées de novembre 2015, et récemment un magistrat. À l’évidence, ils étaient informés à l’avance du coup et s’en réjouissaient. La France, également au courant, avait fermé son ambassade et son consulat le 13 juillet au soir.

Ayant désormais anéanti ses oppositions, le président Erdoğan peut continuer sans encombre à conduire son pays dans la voie du sultan Abdühamid II et des Junes Turcs : le nettoyage ethnique.

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Guerre impérialiste en Syrie: Implication turque avec Daesh… La Russie balance !

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 20 février 2016 by Résistance 71

Rappelons à toute fin utile que la Turquie est un membre de l’OTAN, vous savez… Cette Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord qui doit disparaître comme a disparu il y a deux décennies sa contre-partie de l’alliance du Pacte de Varsovie… Ainsi il est bien plus que probable que l’attentat récent à la bombe d’Ankara soit un faux-drapeau pour justifier l’action d’invasion et d’agression turque dans la région kurde du nord de la Syrie. A qui profite le crime ? Certainement pas au PKK.

— Résistance 71 —

 

Rapport de renseignement russe sur l’aide actuelle de la Turquie à Daesh

 

Réseau Voltaire

 

18 février 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article190331.html

 

Recrutement de combattants terroristes étrangers à destination de la Syrie, facilitation de leurs mouvements transfrontières vers ce pays et livraisons d’armes aux groupes terroristes opérant sur son territoire.

Selon les informations disponibles, des représentants de l’État islamique d’Irak et du Levant (ÉIIL) ont créé un vaste réseau à Antalya, avec l’aide des services spéciaux turcs, pour recruter en Turquie des personnes originaires de pays de l’ex-Union des Républiques socialistes soviétiques en vue de les faire participer au conflit en Syrie et de les transférer éventuellement en Russie.

Le groupe de recruteurs est composé : d’un citoyen kirghize dénommé Abdoullah ; d’une personne originaire de la République des Adyguées, dénommée Azmet ; d’une personne originaire de la République du Tatarstan, dénommée Elnar ; d’un citoyen russe dénommé Ilyas ; d’un citoyen azerbaïdjanais dénommé Adil Aliev et d’une personne originaire de Karatchaïevo-Tcherkessie, dénommée Nizam. Il est dirigé par un citoyen russe dénommé Rouslan Rastyamovitch Khaïboullov (pseudonymes : Baris Abdoul ou « Le Professeur »), né le 1er avril 1978 au Tatarstan. Ce dernier vit avec sa famille à Antalya et est titulaire d’un titre de séjour permanent en Turquie.

Le recrutement s’effectue au vu et au su de l’administration pénitentiaire. Si un détenu accepte de se convertir à l’islam et se livre à des activités terroristes, les recruteurs promettent de « conclure un marché » avec les organes de répression turcs et offrent gratuitement les services d’un avocat turc, Tahir Tosolar. Soultan Kekhoursaev, un Tchétchène possédant la citoyenneté turque, a également effectué des visites aux mêmes fins dans des centres de détention où sont placés des étrangers.

En septembre 2015, un groupe de combattants de l’ÉIIL comptant plus d’un millier d’hommes venus de pays d’Europe et d’Asie centrale a été conduit vers la Syrie par le passage frontalier d’Alikaila (Gaziantep), à partir du territoire turc.

Les itinéraires utilisés pour les déplacements des combattants passent très près de la frontière turco-syrienne, à travers les localités d’Antakya, Reyhanlı, Topaz, Şanlıurfa et Hatay.

En mars 2014, le chef de l’Organisation nationale turque du renseignement (MIT), H. Fidan, a coordonné le déplacement d’une grande unité de l’ÉIIL dirigée par un citoyen libyen, Mahdi al-Kharati [1]. Le transport des combattants de Libye en Syrie a été effectué par la voie maritime en passant par le poste frontalier Barsai situé entre la Turquie et la Syrie.

Depuis la fin du mois de décembre 2015, un itinéraire de transport aérien est organisé avec l’aide des services spéciaux turcs pour permettre à des combattants de l’ÉIIL de se rendre de Syrie au Yémen en passant par la Turquie, grâce à l’utilisation d’appareils militaires turcs. Un autre moyen employé pour les déplacements de combattants est le transport par voie maritime jusqu’au port yéménite d’Aden.

Des citoyens russes qui cultivent des contacts avec des représentants des services de sécurité et de police et des administrations de plusieurs villes turques, notamment Istanbul, sont impliqués dans des activités de recrutement menées par l’intermédiaire de madrassas turques.

On sait que des centres de soins et de convalescence situés dans des régions turques proches de la frontière syrienne sont accessibles à des combattants blessés de l’ÉIIL. Pas moins de 700 combattants étaient en réadaptation à Gaziantep, en 2014.

Selon les informations disponibles, à partir de 2015, les services spéciaux turcs ont aidé à transférer d’Antalya vers Eskişehir une communauté désignée sous le nom de « village tatar », qui héberge des combattants et des complices du groupe terroriste Front el-Nosra issus des populations de souche tatare des Républiques du Tatarstan, du Bachkortostan et de Mordovie. Certains d’entre eux ont une double nationalité, celle de la Russie et celle de la Turquie.

L’un des principaux responsables du village est Timour Maounirovitch Bitchourine, citoyen russe né le 15 décembre 1969, originaire de Kazan et qui apporte une aide complice aux combattants islamistes en Syrie depuis janvier 2014.

En décembre 2014, les services spéciaux turcs ont aidé à installer des camps de regroupement d’immigrés illégaux en Turquie, notamment dans la province de Hatay, en vue d’organiser un entraînement et d’envoyer des bandes d’extrémistes en Syrie. En janvier 2015, le MIT turc a été impliqué dans une opération qui visait à fusionner trois milices terroristes —Osman Gazi, Omer bin Abdulaziz et Omer Mukhtar— en un groupement appelé Brigade Soultan Abdoulhamid, dont le commandement a été confié à Omer Abdoullah. Les membres de ce groupe suivent un entraînement dans un camp situé à Bayır-Bucak, en Turquie, sous la direction d’instructeurs d’unités des forces d’intervention spéciale de l’état-major de l’Armée turque et de membres du personnel du MIT. Les activités de la Brigade Soultan Abdoulhamid sont coordonnées avec celles des combattants du Front el-Nosra dans le nord de la province syrienne de Lataquié.

Il est établi que, le 21 septembre 2015, dans la ville syrienne de Tell Rifaat, des représentants de l’opposition syrienne qui avait suivi un entraînement militaire dans un camp situé à Kırşehir en Turquie ont livré des armes aux combattants du Front el-Nosra.

Selon les informations disponibles, les livraisons d’armes à des groupes terroristes opérant en Syrie se poursuivent à l’aide de moyens fournis par les fondations İnsan Hak ve Hürriyetleri ve İnsani Yardım Vakfı (IHH) [2], İmkander [3] et Öncü Nesil İnsani Yardım Derneği sises en Turquie.

Des livraisons d’armes, de matériel militaire et de munitions de différents types sont acheminées à partir de pays étrangers vers le port turc d’İskenderun. Des équipements et fournitures militaires sont ensuite transportés à travers la province de Hatay (poste frontière d’Oncupinar) jusqu’à Alep et Idleb en Syrie par des véhicules appartenant aux fondations IHH, İmkander et Öncü Nesil portant les immatriculations turques suivantes : 33 SU 317, 06 DY 7807, 33 SU 540, 33 SU 960, 42 GL 074 et 31 R 5487. Sur le territoire syrien, les armes et munitions sont distribuées à des bandes turkmènes et à des unités du Front el-Nosra.

Le 15 septembre 2014, des représentants de la fondation IHH ont acheminé par la route des cargaisons d’armes et de médicaments destinées à des groupes de l’ÉIIL de la ville turque de Boursa vers la Syrie en passant par le poste frontière de Ceylanpınar (district de Reyhanlı). Ce convoi a été escorté à travers la Turquie par des véhicules transportant des membres du personnel du MIT.

La Russie va bombarder L’EIIL…

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Mise à jour: Première frappes aériennes russes à 13h54 près de la ville de Homs en Syrie (Source: Sputnik)

Avec ce qu’ils vont se prendre sur la gueule les mercenaires « djihadistes » de la CIA et du Mossad, çà devrait être vite torché.

Les Russes ne vont pas faire semblant comme les yanks et la « coalition anti-Daesh » de façade menée par l’empire du goulag levant, de bombarder la légion islamiste de la CIA ! Avec au sol l’armée syrienne, les milices et le Hezbollah dans les zones frontalières du Liban et du Golan annexé par les sionistes. l’affaire devrait être assez vite réglé…

Ce qui est désolant, c’est que l’ensemble de la machine d’information se met en branle pour totalement blanchir le pays du goulag levant voire Israël et la Turquie. Il ne faut quand même jamais oublié que l’EIIL/EI/Daesh ainsi qu’Al Qaïda/Al Nosra quels que soient les noms qu’on leur donne, sont des créations de l’empire, agissent sur ordre et sont encadrés par les forces spéciales de l’empire (US, Israël, GB, France, Turquie, Arabie Saoudite…).

Qui paiera pour tout cela ? Verra t’on des généraux, des présidents de l’empire devant la justice pour crimes contre l’humanité ?

Poutine sort déjà grand vainqueur de ce bras de fer, c’était prévu, mais là… C’est la fessée…

— Résistance 71 —

 

La Russie entre en guerre avec l’EIIL !

 

RT

 

30 Septembre 2015

 

url de l’article original:

http://www.rt.com/news/317021-russia-syria-engagement-how/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Moscou se prépare maintenant à utiliser ses forces armées en Syrie. RT explique pourquoi la russie s’engage, qui va combattre, comment et pour combien de temps…

Dernière minute: La Douma (parlement) russe a voté à l’unanimité l’intervention militaire russe en Syrie contre l’EIIL.

Pourquoi ?

Des milliers de combattants étrangers se battent aux côtés de l’EIIL en Syrie. Ces combattants pour beaucoup proviennent des pays voisins ex-soviétiques de la Russie ou de Russie elle-même. Il est bien mieux de combattre ces gens en Syrie que de permettre leur retour

Qui l’a permis ?

Le gouvernement syrien a officiellement demandé l’aide de la Russie. Ceci donne une justification légale d’envoyer des forces combattantes en Syrie, à l’encontre des forces occidentales qui bombardent en Syrie sans y avoir été invitées et sans aucun mandat de l’ONU.

Comment ?

En fournissant un intense soutien aérien aux troupes syriennes, sans troupes au sol.

Qui va aider ?

L’Iran et l’Irak sont à bord avec un centre de centralisation du renseignement à Baghdad. La coalition anti-EIIL menée par les Etats-Unis va t’elle y prendre part ? La question demeure ouverte pour le moment… (NdT: sachant que l’EIIL est une création de la CIA/Mossad/Arabie Saoudite financé par l’Arabie et dont la logistique au sol est gérée par Israël, la Turquie, les USA, la France, la GB, la Jordanie et l’Arabie Saoudite… on peut présumer de la réponse…)

Où sont les troupes russes en Syrie?

Sur la base navale russe de Tartous et probablement sur la base aérienne reconstruite de Lattaquié. Aurtrement… C’est un secret.

Y a t’il des limites ?

Oui. Il y a une limite de temps. C’est classifié secret défense. Demandez à l’OTAN et aux généraux bureaucrates sur twitter pour avoir des réponses.

 

 

Imbroglio de l’OTAN au Moyen-Orient: Le néo-colonialisme de la Turquie et la France sous le feu pour leur soutien à la guerre et l’EI/Daesh…

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Très bonne analyse de Meyssan qui nous éclaire sur le chronologie des évènements du Moyen-Orient depuis 5 ans (et plus), sur le rôle de chacun dans les crimes commis contre les populations civiles en Libye, en Syrie, en Irak et démontre que la France a du sang, beaucoup de sang sur les mains une fois de plus et a eu sa part ans la création et le contrôle de la légion mercenaire pseudo-djihadiste de l’EIIL/EI/Daesh ou peu import le nom que donne l’empire à sa progéniture… Meyssan reconfirme aussi ce que nous avions dit au moment de la dernière réunion Bilderberg, à savoir que Juppé est le choix des banksters en charge de toutes ces turpitudes et crimes, pour contrôler la France pour eux. Juppé sera la prochaine marionnette présidente…

Petite ombre au tableau sur l’analyse de Meyssan que nous désirons corriger ici: en bon républicain imbu du système, Meyssan ne fait pas une analyse correcte des récentes évolutions du PKK (parti ouvrier kurde) d’Ocalan. Si le PKK fut effectivement longtemps d’obédience marxiste-léniniste, il a radicalement changé de position ces dernières années se rendant compte de l’impasse à laquelle mène une telle position idéologique. Sous les influences politiques du sociologue activiste Murray Bookchin (ex-marxiste devenu anarchiste avec quelques “nuances” notables), le PKK est devenu une entité politique prônant le confédéralisme démocratique fondé sur la confédération de communes libres, autogérées et autonomes. Nous avons publié quelques articles sur la mise en place de la démocratie directe dans le kurdistan syrien et sa région du Rojava et de Kobané. Le PYG syrien lutte contre les mercenaires de l’OTAN (EIIL/Daesh) dans le nord de la Syrie et a fait un pacte de non agression avec l’état syrien qu’il ne soutient pas, mais en a fait son allié de raison au vu de la circonstance de terrain. La révolution sociale kurde du nord de la Syrie représente un danger pour le consensus du statu quo oligarchique et l’État, ainsi que pour ceux qui le soutienne, fera tout pour éventuellement écraser toute véléité de changer de paradigme politique, surtout si ce changement impique la disparition de l’État et des institutions criminelles et obsolètes au profit des conseils populaires de confédération. Plus l’expérience des communes libres confédérées kurdes est connue du grand public et plus elle aura une chance de survie face au “plus froid des monstres froids.”
Si son analyse géopolitique semble correcte, Thierry Meyssan devrait rapporté le fait que le PKK n’est plus marxiste mais anarchiste… Pourquoi ne le fait-il pas ? Et ne pas le faire sert quels intérêts ?…

~ Résistance 71 ~

 

Clinton, Juppé, Erdogan, Daesh et le PKK

 

Thierry Meyssan

 

3 Août 2015

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article188313.html

 

La reprise de la répression contre les Kurdes en Turquie n’est que la conséquence de l’impossibilité de réaliser le plan Juppé-Wright de 2011. Alors qu’il a été facile de déployer Daesh dans le désert syrien et dans les provinces de Ninive et d’al-Anbar (Irak), à majorité sunnite, il s’est avéré impossible de prendre le contrôle des populations kurdes de Syrie. Pour réaliser son rêve d’un Kurdistan hors de Turquie, Recep Tayyip Erdoğan n’a pas d’autre choix que la guerre civile.

En arrivant au pouvoir à Ankara, en 2003, le parti islamiste AKP a modifié les priorités stratégiques de la Turquie. Plutôt que de se baser sur les rapports de force post-« Tempête du désert », Recep Tayyip Erdoğan ambitionnait de sortir son pays de l’isolement dans lequel il se trouvait depuis la chute de l’Empire ottoman. S’appuyant sur les analyses de son conseiller, le professeur Ahmet Davutoğlu, il préconisa de régler les problèmes en suspens depuis un siècle avec ses voisins et de devenir progressivement l’incontournable médiateur régional. Il lui fallait pour cela à la fois devenir un modèle politique et construire des relations avec ses partenaires arabes sans perdre son alliance avec Israël.

Débutée avec succès, cette politique —dite de « zéro problème »— conduisit Ankara non seulement à ne plus craindre Damas et son soutien au PKK, mais à lui demander de l’aider à négocier une sortie de crise. En octobre 2006, le parti kurde déclara une trêve unilatérale et débuta des négociations avec le gouvernement Erdoğan. En mai 2008, Ankara organisa des négociations indirectes entre Damas et Tel-Aviv, les premières depuis le rejet par Ehud Barack du plan de Bill Clinton et d’Hafez el-Assad. Mais le président Bachar el-Assad y mit fin lorsque Israël attaqua Gaza, en décembre 2009.

Réalisant qu’il n’était pas possible de maintenir de bonnes relations avec tous les États de la région compte tenu du conflit palestinien, Ankara choisit de soutenir les Palestiniens face à Israël. Ce furent les épisodes de Davos et de la Flottille de la Liberté. Disposant alors d’un vaste soutien populaire dans le monde musulman, Ankara se rapprocha de Téhéran et accepta, en novembre 2010, de participer à un marché commun Turquie-Iran-Irak-Syrie. Les visas furent abrogés ; les droits de douanes considérablement réduits ; un consortium fut constitué pour gérer les pipe-lines et gazoducs ; une autorité fut créée pour gérer en commun les ressources en eau. L’ensemble était si attractif que le Liban et la Jordanie s’y portèrent candidat. Une paix durable semblait possible au Levant.

Alors qu’en 2011 le Royaume-Uni et la France se lançaient dans une double guerre contre la Libye et la Syrie, à la demande et sous le contrôle des États-Unis, la Turquie s’y opposa logiquement. Ces guerres, entreprises sous couvert de protection des populations, étaient trop visiblement des entreprises néo-coloniales. En outre, elles portaient atteinte aux intérêts turcs, la Libye étant un de ses principaux partenaires économiques et la Syrie en devenant un à travers le nouveau marché commun régional.

C’est alors que tout bascula…

Comment la France a fait basculer la Turquie

À l’initiative du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, Paris proposa secrètement à Ankara, en mars 2011, de soutenir sa candidature à l’Union européenne et de l’aider à régler son problème kurde si la Turquie entrait en guerre à ses côtés contre la Libye et la Syrie. Côté français cette proposition était radicalement nouvelle, Alain Juppé s’étant fermement opposé à l’entrée de la Turquie dans l’Union à l’époque où il dirigeait le parti gaulliste et était un collaborateur de Jacques Chirac. Mais, condamné pour corruption en France, il s’était exilé en Amérique en 2005 et avait donné des cours au Québec tout en suivant un stage au Pentagone. Converti au néo-conservatisme, il était revenu en France et avait été choisi par Nicolas Sarkozy comme ministre de la Défense, puis des Affaires étrangères.

Rétrospectivement, le plan Juppé révèle les intentions françaises : il y est question de créer un Kurdistan en Irak et en Syrie selon la carte qui sera publiée deux ans plus tard par Robin Wright dans le New York Times et mise en œuvre conjointement par l’Émirat islamique, le Gouvernement régional du Kurdistan irakien et d’anciens collaborateurs de Saddam Hussein liés aux Frères musulmans. Le document, cosigné par Alain Juppé et son homologue turc Ahmet Davutoğlu, ne laisse aucun doute : la France entendait se reconstituer un empire colonial en Syrie. En outre, elle avait des connexions au sein des mouvements terroristes islamistes et prévoyait la création de Daesh. Pour garantir le plan Juppé, le Qatar s’engageait à investir massivement à l’Est de la Turquie, en espérant que les Kurdes turcs abandonnent le PKK.

Ce plan est resté secret jusqu’à ce jour. Si des parlementaires français ou turcs parvenaient à s’en procurer légalement une copie, il suffirait amplement à poursuivre MM. Juppé et Davutoğlu devant la Cour pénale internationale pour crime contre l’humanité.

Contrairement à une idée répandue, les Kurdes sont profondément divisés. En Turquie et en Syrie, le PKK d’origine marxiste-léniniste a toujours défendu un point de vue anti-impérialiste. Tandis que les Kurdes d’Irak, liés à Israël depuis la Guerre froide, ont toujours été des alliés des États-Unis. Les deux groupes ne parlent pas la même langue et ont des histoires très différentes.

Il est probable que, de leur côté, les États-Unis apportèrent dans la corbeille de mariage le fait de promouvoir le modèle politique turc dans le monde arabe et d’aider l’AKP à encadrer les partis politiques issus des Frères musulmans, de sorte que la Turquie devienne le centre du prochain Moyen-Orient. En tous cas, Recep Tayyip Erdoğan soutint in extremis le projet de l’Otan qui releva l’AfriCom après la révolte de son commandant [1]

Immédiatement, Ankara mobilisa les habitants de Misrata en Libye. Ceux-ci sont majoritairement des descendants de soldats juifs de l’Empire ottoman, les Adghams, et de nomades marchands d’esclaves noirs, les Muntasirs, qui avaient soutenu les Jeunes Turcs. Ils formèrent le seul groupe significatif de Libyens pour attaquer Tripoli [2].

Simultanément, Ankara organisa plusieurs réunions de l’opposition syrienne à Istanbul à partir d’août 2011. En définitive, les Frères musulmans constituent le Conseil national syrien en octobre, en associant des représentants de divers groupes politiques et de minorités.

L’Otan renonce à envahir la Syrie

Constatant l’implication de l’Otan en Libye, Ankara escomptait logiquement une implication identique de l’Alliance atlantique en Syrie. Mais, malgré de nombreux attentats et une campagne de presse internationale soutenue, il fut impossible à la fois de soulever la population et d’attribuer de manière crédible des crimes de masse au président el-Assad. Surtout, Moscou et Pékin, échaudés par l’affaire libyenne, s’opposèrent par trois fois au Conseil de sécurité à toute résolution prétendant « protéger » les Syriens de leur gouvernement (octobre 2011, février et juillet 2012).

Washington et Londres abandonnèrent donc la partie, même si Paris et Ankara continuaient à y croire [3]. Les deux États mirent sur pied une étroite collaboration, allant même jusqu’à planifier en septembre 2012 une tentative d’assassinat du ministre syrien des Affaires étrangères Walid al-Mouallem et du président Bachar el-Assad.

L’attentat qui frappa à Riyad le prince Bandar ben Sultan en rétorsion de l’assassinat des membres du Conseil national de sécurité syrien, en juillet 2012, laissa le mouvement jihadiste international orphelin. Même si le prince survécu à ses blessures, il ne sortit qu’un an plus tard de l’hôpital et ne fut plus jamais en mesure de jouer le rôle qu’il tenait jusque-là. Recep Tayyip Erdoğan se saisit de l’occasion pour le remplacer. Il noua des relations personnelles avec Yasin al-Qadi, le banquier d’al-Qaïda, qu’il reçut de nombreuses fois en secret à Ankara. Il supervisa les nombreux groupes jihadistes, initialement créés par les États-uniens, les Britanniques et les Français.

En janvier 2013, en intervenant au Mali, la France s’éloigna des jihadistes syriens et donc abandonna sur le terrain les opérations militaires à la Turquie, même si elle maintint quelques légionnaires sur place. Peu après, l’émir de Qatar, cheikh Ahmad, fut contraint à l’abdication par Washington qui lui reprochait —sur dénonciation russe— d’utiliser ses facilités contre des intérêts économiques états-uniens. Avant même que son fils, cheikh Tamim, ne lui succède, l’essentiel du financement de la guerre contre la Syrie était repris par l’Arabie saoudite.

Pour bénéficier de ce soutien et de celui d’Israël, Recep Tayyip Erdoğan commença à promettre aux uns et aux autres que les États-Unis passeraient outre les vétos russes et chinois et lanceraient l’Otan à l’assaut de Damas. Profitant de la confusion, il organisa le pillage de la Syrie, démantelant toutes les usines d’Alep, la capitale économique, et volant les machines-outils. De même, il organisa le vol des trésors archéologiques et mit en place un marché international à Antioche [4]. Ne voyant toujours rien venir, il organisa avec l’aide du général Benoît Puga, chef d’état-major de l’Élysée, une opération sous faux drapeau pour provoquer l’entrée en guerre de l’Alliance atlantique : le bombardement chimique de la Ghoutta de Damas, en août 2013. Mais, Londres découvrit immédiatement la supercherie et refusa de s’engager [5].

La Turquie participa à l’opération de nettoyage ethnique et de partition de l’Irak et de la Syrie, connu sous le nom de « plan Wright ». La présence des services secrets turcs aux réunions préparatoires de Daesh à Amman est attestée par la publication d’un relevé de décision par le PKK. Au demeurant, le « plan Wright » reprend le « plan Juppé » qui avait convaincu la Turquie d’entrer en guerre. Par la suite, Recep Tayyip Erdoğan prit lui-même le commandement de l’organisation terroriste, assurant aussi bien son approvisionnement en armes que la vente de son pétrole.

Observant avec angoisse les pourparlers entre Washington et Téhéran, Ankara s’inquiéta d’un accord de paix qui le laisse sur le bord du chemin. Sollicité par son homologue russe, Vladimir Poutine, M. Erdoğan accepta de participer au projet de gazoduc Turkish Stream visant à casser le monopole états-unien et à contourner l’embargo européen. Puis, prenant son courage à deux mains, il s’en alla visiter son homologue iranien, cheikh Hassan Rohani. Celui-ci l’assura qu’il n’avait pas à redouter l’accord en cours de négociation. Mais lorsqu’il fut signé, le 14 juillet 2015, il fut évident qu’il ne laissait aucune place à la Turquie dans la région.

Sans surprise, Recep Tayyip Erdoğan reçut le 24 juillet un ultimatum du président Obama lui enjoignant 
 de renoncer immédiatement au gazoduc russe ; 
 de cesser son soutien à Daesh —dont il est devenu le chef exécutif derrière le paravent du calife Abou Bakr al-Baghdadi— et d’entrer en guerre contre lui. 
Pour accentuer la pression, Barack Obama évoqua la possibilité de renvoyer la Turquie de l’Otan, en concertation avec le Royaume-Uni, bien que cette situation ne soit pas prévue par le Traité.

Après s’être confondu en excuses et avoir autorisé les États-Unis et l’Otan à utiliser la base d’Incirlik contre Daesh, M. Erdoğan entra en contact avec l’envoyé spécial pour la Coalition anti-Daesh, le général John Allen, connu pour son opposition à l’accord avec l’Iran. Les deux hommes convinrent d’interpréter les propos du président Obama comme un encouragement à lutter contre le terrorisme, rubrique dans laquelle ils rangèrent le PKK. Outrepassant ses fonctions, le général s’engagea à créer une zone de non-survol de 90 km de large, en territoire syrien tout au long de la frontière turque, prétendument au profit des réfugiés syriens qui seraient menacés par leur gouvernement, en réalité pour appliquer le « plan Juppé-Wright ». Le Premier ministre turc Ahmet Davutoğlu révéla le soutien états-unien au projet sur la chaîne A Haber en lançant des bombardements contre le PKK.

Le général John Allen avait déjà par deux fois réussi à prolonger la guerre contre la Syrie. En juin 2012, il complota avec le général David Petraeus et la secrétaire d’État Hillary Clinton pour saboter l’accord conclu à Genève entre Washington et Moscou pour la paix au Proche-Orient. Cet accord prévoyait, entre autres, la paix en Syrie —bien que Damas n’ait pas été invité à cette conférence—, mais il était inacceptable à la fois pour les néo-conservateurs et pour les « faucons libéraux » états-uniens. Le trio Clinton-Allen-Petraeus s’appuya sur le nouveau président français, François Hollande, et son nouveau ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, pour convoquer une conférence des « Amis de la Syrie » et rejeter le Communiqué de Genève. En pleine campagne électorale, le président Obama ne put sanctionner ses collaborateurs, mais dès le lendemain de sa réélection, il fait arrêter David Petraeus et John Allen qu’il avait fait tomber dans un piège sexuel. Hillary Clinton se maintint quelques semaines et dut soudain se retirer après un « accident ». En définitive, seul Petraeus fut condamné tandis qu’Allen fut blanchi et que Clinton —comme Juppé— se prépare à sa prochaine campagne électorale présidentielle.

Le trio Clinton-Allen-Petraeus tenta une seconde opération en décembre 2014 qui parvint à saboter la Conférence de Moscou. En promettant aux Frères musulmans de mettre en œuvre le « plan Juppé-Wright », ils convainquirent la Coalition nationale syrienne de refuser toute discussion de paix. Au passage, cet épisode atteste que le but de la Coalition nationale syrienne n’est pas de changer de régime en Syrie, mais bien de détruire ce pays et son État.

Apprenant les faits durant son voyage en Afrique, le président Obama fit démentir officiellement l’engagement du général Allen, reconnût le droit de la Turquie à combattre le PKK, mais dénonça toute action contre lui hors de la Turquie. Le président Erdoğan convoqua alors une réunion du Conseil atlantique pour l’informer de son entrée dans la Coalition anti-terroriste et de sa double action contre Daesh et le PKK. Le 29 juillet, les Alliés lui répondirent froidement qu’ils le soutenaient dans son action, mais ne lui reconnaissaient le droit de bombarder le PKK en Irak et en Syrie qu’en cas de « poursuite » —c’est-à-dire si le PKK utilisait des bases à l’étranger pour lancer ou replier des troupes contre la Turquie—.

En outre, le président Obama a relevé de ses fonctions son envoyé spécial pour la Syrie, Daniel Rubinstein, et l’a remplacé par Michael Ratney, un spécialiste à la fois du Proche-Orient et de la communication. Il sera prioritairement en charge de surveiller les agissements du général Allen.

La Turquie entre en guerre civile

À ce jour, les actions de l’armée turque contre le PKK en Irak et en Syrie n’ont aucune justification légale en droit international. Les deux gouvernements ont dénoncé une attaque de leur territoire. Du point de vue états-unien, le PKK et l’Armée arabe syrienne —c’est-à-dire celle de la République— sont les seules forces efficaces au sol contre Daesh. La relance de la guerre contre la minorité kurde illustre la volonté de l’AKP de poursuivre la mise en œuvre du « plan Juppé-Wright », même après les retraits partiels du Qatar et de la France.

Cependant, un élément fondamental a profondément changé la donne : Israël et l’Arabie saoudite, qui soutenaient il y a peu de temps encore l’idée de créer un Kurdistan et un Sunnistan en Irak et en Syrie, y sont désormais opposés. Tel-Aviv et Riyad savent désormais que ces deux nouveaux États, s’ils devaient voir le jour, ne seraient pas contrôlés par eux, mais par une Turquie qui ne cache plus son ambition impériale et deviendrait de facto un géant régional.

Par un retournement dont le Proche-Orient a le secret, Israël et l’Arabie saoudite ont donc conclu un accord pour s’opposer à la folie du président Erdoğan et pour soutenir en sous-main le PKK, malgré son identité marxiste. En outre, Israël s’est déjà rapproché des ennemis traditionnels de la Turquie, la Grèce d’Aléxis Tsípras et Chypre de Níkos Anastasiádis.

Que l’on ne s’y trompe pas, Recep Tayyip Erdoğan a choisi la guerre civile comme seule issue politique personnelle. Après avoir perdu les élections législatives et réussi à bloquer la création d’un nouveau gouvernement, il tente de faire peur à son peuple de sorte soit à convaincre le MHP (nationaliste) à soutenir l’AKP (islamistes) pour former un gouvernement de coalition, soit à convoquer de nouvelles élections et à les gagner.

L’opération anti-terroriste censée lutter à la fois contre Daesh et contre la population kurde est presque exclusivement ciblée contre le PKK et le PYG (son alter ego syrien). Les bombardements prétendument contre l’Émirat islamique n’ont rien détruit. Simultanément, M. Erdoğan a lancé des instructions judiciaires contre les leaders kurdes du HPD, Selahattin Demirtaş et Figen Yüksekdağ. Le parquet les accuse, pour le premier, d’avoir appelé à commettre des violences contre les non-Kurdes —ce qui est une ineptie— et, pour la seconde, de soutenir le PYG, milice de la République arabe syrienne et donc, selon le magistrat, organisation terroriste.

Le guerre civile qui débute ne sera pas la même que celle des années 90. Elle sera beaucoup plus vaste et meurtrière. À la fois parce que la Turquie n’a plus aucun allié à l’extérieur et parce que la politique islamiste a divisé la société turque. Il n’y aura donc pas d’un côté les institutions turques soutenues par l’Otan et de l’autre le PKK soutenu par la Syrie, mais une fragmentation de la société turque : laïques contre islamistes ; modernes contre traditionalistes ; alévis contre sunnites ; Kurdes contre Turcs.

 

[1] Initialement dénommée « Aube de l’Odysée », l’opération contre la Libye était commandée par le général Carter Ham en sa qualité de chef de l’AfriCom. Cependant, il s’insurgea contre le rôle attribué au sol à al-Qaïda pour renverser la Jamahiriya arabe libyenne tandis que la Coalition prétendait uniquement protéger les civils. Il fut relevé de ses fonctions au profit de l’Otan et l’opération fut alors dénommée « Protecteur unifié ».

[2] Les habitants de Benghazi refusèrent d’attaquer Tripoli une fois obtenu leur indépendance de facto. Les Misratas furent encadrés par les combattants d’al-Qaïda.

[3] Pour être plus précis, Paris se retira de la guerre en mars 2012 après la chute de l’Émirat islamique de Baba Amr et la restitution des légionnaires français qui avaient été faits prisonniers. Mais le président Sarkozy ne parvint pas à se faire réélire en mai et son successeur, François Hollande, reprit la guerre en juillet.

[4] Ville également connue sous les noms d’Antakya ou de Hatay.

[5] Le Premier ministre mit en scène avec le chef de son opposition un débat aux Communes dans lequel les deux leaders se donnèrent la réplique en lisant un même texte. Le Royaume-uni put ainsi se retirer de la guerre sans avoir à accuser publiquement la Turquie. Les États-Unis lui emboîtèrent le pas.

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: La Turquie (OTAN) armée de l’air de l’EIIL contre les communes libres kurdes autogérées…

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Comme le fut également l’aviation israélienne côté Golan syrien, l’aviation turque, pays membre de l’OTAN et qui ne peut pas agir sans consentement des « instances », est devenue à son tout l’armée de l’air de la légion mercenaire de l’OTAN connue sous le nom d’EIIL/EI ou Daesh. La révolution sociale kurde de la confédération de communes libres est une plus que sérieuse épine dans le pied de l’empire. Le danger de voir des régions et peuples entiers s’affranchir des tutelles des états obsolètes et criminels devient une fois de plus, et à juste titre, au goût du jour. Les États vont devoir (essayer) d’écraser la liberté. C’est la seule chose qu’ils savent bien faire !… Soutien aux peuples émancipés, que leur exemple gagne le reste du monde occidental !

Il n’y a pas de solutions au sein du système ! La ou les seules solutions viables au marasme de l’agonie de la société étatique résident en nous, les peuples, unis et coopérant entre nous, sans intermédiaires, sans institutions étatiques, en confédération des communes libres comme le font avec succès les communes zapatistes du Chiapas au Mexique et depuis quelques années, la zone nord du Kurdistan syrien de la région de Kobané.

La Turquie est membre de l’OTAN et agit en tant que tel. N’oublions jamais que OTAN = Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord…

— Résistance 71 —

 

Communiqué du Congrès National du Kurdistan suite aux raids aériens menés par l’armée turque contre la guérilla kurde

 

Anarsist Faaliyet, KNK

 

31 Juillet 2015

 

url de l’article en français:

http://www.lavoiedujaguar.net/Communique-du-Congres-national-du

 

L’aviation turque bombarde intensivement des positions de la guérilla kurde et des zones d’habitation civile au Sud-Kurdistan (Irak).

La nuit dernière, 24 juillet 2015, des avions de chasse appartenant à l’armée turque ont massivement bombardé des zones où se trouvent des positions de la guérilla kurde ainsi que d’importantes habitations civiles, dans les régions de Qandil, Xakurke, Behdinan, Zap, Gare, Haftanin, Basya, Metina et Avaşin.

Selon des sources locales, ces bombardements auraient fait des morts parmi la population civile ainsi que des dégâts matériels importants.

Cette offensive de grande envergure menée par le gouvernement AKP marque la rupture unilatérale du cessez-le-feu qui avait été maintenu jusque-là grâce aux efforts répétés du peuple kurde et de son leader Abdullah Öcalan. Alors qu’il fait preuve d’une persévérance inouïe pour faire avancer les pourparlers de paix avec l’État turc, Abdullah Öcalan subit un isolement carcéral total depuis le 5 avril. Depuis 2013, l’armée turque a mené plusieurs opérations contre les forces de défense kurdes (HPG) alors même que celles-ci étaient en position de cessez-le-feu. Cependant, le HPG n’a pas répondu aux provocations. Avec ces derniers bombardements, l’État turc a de nouveau déclaré la guerre aux Kurdes et rompu le cessez-le feu.

La Turquie a ajouté un nouvel échelon à sa coopération avec l’organisation terroriste Daech en Syrie. Soutenant déjà cette organisation dans le but de briser la révolution du Rojava, l’État turc frappe aujourd’hui lourdement la guérilla kurde qui résiste contre les gangs de Daech, et procède par ailleurs à de grandes vagues d’arrestations dans les milieux kurdes en Turquie.

Le Congrès national du Kurdistan (KNK) appelle le gouvernement régional du Kurdistan d’Irak, les partis politiques, les organisations de la société civile et la population du Sud-Kurdistan à s’opposer à l’intervention armée de la Turquie sur leur territoire.

Il appelle également la communauté internationale, l’ONU en particulier, à juger les crimes contre l’humanité commis par Daech avec la complicité de la Turquie, à Suruç, à Kobané et dans le reste du Rojava.

Conseil exécutif du KNK
l e 25 juillet 2015

Traduction : Ne var ne yok ?

Communiqué de l’Action révolutionnaire anarchiste suite au massacre de Suruç

Notre tristesse sera notre colère, Kobané sera reconstruite

Hier, près de trois cents personnes étaient parties de différentes villes [de Turquie], à l’appel de la Fédération des associations de jeunes socialistes afin de reconstruire Kobané que Daech a essayé de réduire en cendres. Aujourd’hui, en arrivant à Suruç (Pîrsus), juste avant de partir pour Kobané, ces jeunes réalisaient une conférence de presse en face du centre culturel Amara de la ville de Suruç (Pîrsus). À la fin de la lecture du communiqué de presse, une bombe a explosé au milieu de la foule, faisant taire de nombreux cœurs qui avaient battu avec l’espoir de la reconstruction.

Selon les informations disponibles pour l’instant, trente et une personnes sont mortes et des centaines ont été blessées dans l’explosion.

Après cette explosion aujourd’hui, nous entendons, depuis les hôpitaux de Suruç (Pîrsus), les noms de ceux qui sont tombés. Ceux qui sont venus de nombreuses villes différentes, ceux qui avaient de grands espoirs dans leurs cœurs sont maintenant ceux qui sont tombés, comme les cibles des assassins. Les gens qui sortent dans les rues afin de demander des comptes pour ceux qui sont tombés, ceux qui attendant devant les hôpitaux, sont menacés par les TOMA [véhicule avec canon à eau] et la police qui sont arrivés du centre culturel Amara avant les ambulances. À Mersin, à Sert, à Istanbul… Les gens qui descendent dans les rues sont pourchassés pour être massacrés par l’État meurtrier, par les collaborateurs des assassins.

Ceux qui ont massacré de nombreuses vies, depuis le premier jour de la résistance de Kobané, essaient maintenant de nous décourager en assassinant nos frères et sœurs.

Nous essayons de reconstruire une nouvelle vie contre Daech, contre l’État qui collabore avec Daech, contre la politique de guerre sans fin de l’État. Quoi qu’il en coûte, nous allons convertir notre douleur en rage, nous allons reconstruire Kobané et recréer une vie sur cette géographie dévastée !

(Aujourd’hui, Alper Sapan de l’Initiative anarchiste Eskişehir a été assassiné au cours de l’attaque. Et un ami appelé Evrim Deniz Erol a été grièvement blessé.)

Biji Berxwedana Kobanê ! Vive la résistance de Kobané !
Biji Şoreşa Rojava ! Vive la révolution du Rovaja !

Action révolutionnaire anarchiste
 Devrimci Anarşist Faaliyet (DAF)
 le 20 juillet 2015

Traduction : OCLibertaire

 

Fin de partie géopolitique: Le président turc Erdogan, PDG de Daesh/EI, au bout du rouleau…

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La Turquie en danger

 

Thierry Meyssan

 

27 Juillet 2015

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article188273.html

 

Alors que la presse occidentale salue l’autorisation faite par la Turquie aux États-Unis d’utiliser ses bases militaires pour combattre Daesh, Thierry Meyssan observe les tensions internes de ce pays. Selon lui, le maintien de M. Erdoğan au pouvoir comme l’absence de nouvelle majorité lors des prochaines élections législatives conduiront sans délai à la guerre civile.

Depuis une quinzaine d’années, George Friedman, le fondateur de l’agence de renseignement privée Stratfor, persuade les dirigeants occidentaux que les BRICS ne joueront pas de rôle important au XXIe siècle, mais que la Turquie islamique y parviendra [1]. Friedman est un ancien collaborateur d’Andrew Marshall, le stratège du Pentagone de 1973 à 2015 [2].

La propagande en faveur de l’islamisme turc, comme modèle économique et politique, a été renforcée par le patronat islamique turc via certaines personnalités françaises qui se sont laissées corrompre (Anne Lauvergeon, Alexandre Adler, Joachim Bitterlich, Hélène Conway-Mouret, Jean-François Copé, Henri de Castries, Augustin de Romanet, Laurence Dumont, Claude Fischer, Stéphane Fouks, Bernard Guetta, Élisabeth Guigou, Hubert Haenel, Jean-Pierre Jouyet, Alain Juppé, Pierre Lellouche, Gérard Mestrallet, Thierry de Montbrial, Pierre Moscovici, Philippe Petitcolin, Alain Richard, Michel Rocard, Daniel Rondeau, Bernard Soulage, Catherine Tasca, Denis Verret, Wilfried Verstraete, pour ne citer qu’eux).

Pourtant, la Turquie est aujourd’hui au bord de l’implosion au point que sa survie, en tant qu’État, est directement menacée.

Le projet de démantèlement de la Turquie

En 2001, les stratèges straussiens du département de la Défense envisageaient un remodelage du « Moyen-Orient élargi » qui prévoyait la division de la Turquie au profit d’un Kurdistan indépendant, réunissant les Kurdes de l’actuelle Turquie, ceux d’Irak et d’Iran. Ce projet supposait la sortie de la Turquie de l’Otan, la réconciliation de tribus kurdes que tout sépare —y compris la langue— et des déplacements considérables de population. Le colonel Ralph Peters a évoqué ce plan dans un article de Parameters dès 2001, avant d’en publier la carte, en 2005. Peters est un élève de Robert Strausz-Hupé, l’ancien ambassadeur des États-Unis à Ankara et le théoricien du Novus orbis terranum (le « Nouvel ordre mondial ») [3].

Ce projet insensé a refait surface, il y a un mois, avec l’accord israélo-saoudien négocié en marge des pourparlers 5+1 sur le nucléaire iranien [4]. Tel-Aviv et Riyad comptaient sur la Turquie pour renverser la République arabe syrienne. En effet, Ankara s’était fermement engagé dans ce sens lorsque l’Otan avait terminé le transfert du LandCom (commandement joint des Forces terrestres) à Izmir, en juillet 2013 [5]. Désemparé par la passivité états-unienne, M. Erdoğan avait alors organisé sous faux drapeau le bombardement chimique de la Ghouta pour contraindre l’Otan à intervenir. Mais en vain. Il avait récidivé, un an plus tard, en promettant d’utiliser la Coalition internationale anti-Daesh pour prendre Damas. Israël et l’Arabie saoudite qui ont fait les frais de ces promesses non tenues n’auront aucune retenue à provoquer la guerre civile en Turquie.

Le changement de politique à Washington

Cependant, deux éléments semblent s’opposer au démantèlement de la Turquie.

Premièrement, le secrétariat à la Défense lui-même. Depuis le départ d’Andrew Marshall, le nouveau stratège, le colonel James H. Baker, n’est pas un straussien. Il raisonne dans le cadre des principes de la paix de Westphalie et oriente le Pentagone vers une confrontation de type Guerre froide [6]. La vision de Baker correspond à celle de la nouvelle National Military Strategy [7]. En outre, elle est partagée par le nouveau chef d’état-major interarmes, le général Joseph Dundord [8]. En d’autres termes, le Pentagone aurait abandonné la « stratégie du chaos » [9] et souhaiterait désormais s’appuyer à nouveau sur des États.

Deuxièmement, préoccupée par le possible déplacement de l’Émirat islamique (« Daesh ») du Levant vers le Caucase, la Russie a négocié —avec l’accord de Washington— un accord entre 
 la Syrie (actuellement attaquée par Daesh), 
 l’Arabie saoudite (principal financier actuel de l’organisation terroriste) 
 et la Turquie (qui assure le commandement opérationnel de l’organisation).

Ce plan a été présenté le 29 juin par le président Vladimir Poutine au ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, et à la conseillère spéciale du président Bachar el-Assad, Bouthaina Shaaban [10]. Il a immédiatement été suivi d’échanges entre les parties. 
• Le 5 juillet, une délégation des services secrets syriens était reçue par le prince héritier saoudien, Mohamad ben Salman. 
• La Turquie a reçu un émissaire officieux de Damas, puis a envoyé le sien à Damas. Après la signature de l’accord 5+1, elle a stoppé son soutien à Daesh et a arrêté 29 passeurs [11].

Les deux évolutions sont donc actuellement possibles : soit un déplacement de la guerre de la Syrie vers la Turquie, soit une coordination régionale contre Daesh.

La situation en Turquie

Quoi qu’il en soit, la Turquie s’est transformée au cours des quatre dernières années.

Premièrement, son économie s’est effondrée. Son engagement dans la guerre contre la Libye l’a privée d’un de ses principaux clients et elle n’en a tiré aucun profit car ce client est devenu insolvable. Son engagement dans la guerre contre la Syrie a été moins dramatique, car le marché commun syro-irano-turc était encore embryonnaire. Mais l’effet cumulé de ces deux guerres a cassé la croissance du pays qui est sur le point de devenir négative. En outre, une partie de l’économie turque est actuellement basée sur la vente de produits fabriqués pour des grandes marques européennes qui sont détournés des circuits commerciaux légaux à l’insu de leurs commanditaires. Ce piratage massif porte désormais atteinte à l’économie de l’Union européenne.

Deuxièmement, pour conquérir le pouvoir Recep Tayyip Erdoğan s’est protégé d’un coup d’État militaire en arrêtant des officiers supérieurs et en les accusant de comploter contre l’État. Dans un premier temps, il s’en est prit aux réseaux Gladio de l’Otan (Ergenekon dans sa version turque) [12]. Puis, dans un deuxième temps, il fit arrêter les officiers qui envisageaient de changer d’alliance avec la fin de la Guerre froide et avaient pris contact avec l’Armée populaire chinoise en les accusant d’appartenir au même groupe Ergenekon, ce qui n’avait aucun sens [13]. En définitive, à la suite de ces purges, la majorité des officiers supérieurs a été arrêtée et incarcérée. Du coup, les armées turques sont affaiblies et ont perdu leur attrait au sein de l’Otan.

Troisièmement, la politique islamiste de l’administration Erdoğan a profondément divisé le pays et a fait naître une haine d’abord entre les laïques et les religieux, puis entre les communautés sunnites, kurdes et alévies. De sorte que le parallèle avec le scénario égyptien, que j’évoquais il y a plus d’un an, devient aujourd’hui possible [14]. La Turquie est devenue une poudrière. Il suffirait d’une étincelle pour faire éclater une véritable guerre civile que personne ne pourra arrêter et qui ravagera durablement le pays.

Quatrièmement, la rivalité entre le clan islamiste de M. Erdoğan, la Millî Görüş (créé dans les années 70 par l’ancien Premier ministre Necmettin Erbakan), et le Hizmet de Fethullah Gülen a détruit le parti au pouvoir, l’AKP. Les deux écoles partagent la même vision obscurantiste de l’islam, mais Fethullah Gülen (qui vit aujourd’hui aux États-Unis) avait été recruté à la CIA par Graham E. Fuller et prêche une alliance des croyants autour de l’Otan chrétien et d’Israël, tandis que la Millî Görüş défend le suprémacisme musulman. En outre, on ne voit pas comment les partisans de l’ancien président Turgut Özal (également islamistes et à ce titre membres de l’AKP, mais favorables à la reconnaissance du génocide arménien, à l’égalité en droit des Kurdes, et à une fédération des États turcophones d’Asie centrale) continueraient à lier leur sort à celui de M. Erdoğan.

Cinquièmement, en acceptant la proposition du président Vladimir Poutine de construire le gazoduc Turkish Stream, le président Erdoğan s’est directement attaqué à la stratégie globale des États-Unis. En effet, ce gazoduc, s’il doit voir le jour, ouvrira une voie de communication continentale et menacera la doctrine de « contrôle des espaces communs » par laquelle Washington maintient sa suprématie sur le reste du monde [15]. Il permettra à la Russie de contourner le chaos ukrainien et de passer outre l’embargo européen.

L’Otan ne veut plus jouer

Si les liens personnels de M. Erdoğan avec al-Qaïda ont été établis par la Justice turque, il ne fait plus aucun doute qu’il dirige personnellement Daesh. En effet : 
 L’organisation terroriste est officiellement commandée par Abu Bakr el-Baghdadi. Mais cette personnalité n’est mise en avant que parce que c’est un membre de la tribu de Qurays et donc un descendant du Prophète. Le commandement exécutif est confié à Abu Alaa al-Afri et Fadel al-Hayali (dit Abu Muslim al-Turkmani), deux Turkmènes agents du MIT (services secrets turcs). Les autres membres de l’état-major sont issus de l’ancienne URSS. 
 Les exportations de pétrole brut, qui ont récemment repris en violation de la résolution 2701 du Conseil de sécurité, ne sont plus assurées par Palmali Shipping & Agency JSC, la compagnie du milliardaire turco-azéri Mubariz Gurbanoğlu, mais par BMZ Ltd, la société de Bilal Erdoğan, le fils du président. 
 Les soins importants aux jihadistes blessés de Daesh sont fournis par le MIT en Turquie, dans un hôpital clandestin situé à Şanlıurfa et placé sous la supervision de Sümeyye Erdoğan, la fille du président [16].

C’est pourquoi, le 22 juillet, le président Barack Obama a téléphoné à son homologue turc, Recep Tayyip Erdoğan, et l’a lourdement menacé. Selon nos informations, le président états-unien a déclaré s’être mis d’accord avec le Premier ministre britannique David Cameron pour exclure la Turquie de l’Otan —ce qui implique la guerre civile et la division en deux États— si la Turquie 
 1. ne rompt pas immédiatement l’accord gazier avec la Russie ; 
 2. ne participe pas immédiatement à la coalition internationale anti-Daesh.

Le président Erdoğan, qui a une formation islamique mais pas politique [17], a réagi à la fois en tentant d’apaiser Washington et en poursuivant ses lubies. 
 1. la Turquie a autorisé l’Otan à utiliser ses bases sur le territoire turc pour lutter contre Daesh, a arrêté des passeurs de Daesh, et a participé à des bombardements symboliques de Daesh en Syrie ; 
 2. en outre, M. Erdoğan a déployé des efforts bien plus importants contre son opposition kurde que contre Daesh en bombardant massivement des positions du PKK en Irak, en arrêtant des membres du PKK en Turquie et bloquant de nombreux sites internet kurdes [18]. Le PKK a répondu par un communiqué laconique constatant que le gouvernement venait de rouvrir unilatéralement les hostilités ; 
 3. on ignore, pour le moment, les décisions relatives au gazoduc Turkish Stream.

Les États-Unis, par la voix du représentant spécial adjoint pour la lutte contre Daesh, Brett McGurk, et l’union européenne, par la voix de la Hautre représentante pour la politique extérieure, Federica Mogherini, ont vivement critiqué l’attaque contre le PKK et souligné l’absolue nécessité de maintenir le cessez-le-feu. De son côté, Massoud Barzani, le président du gouvernement régional kurde d’Irak, a publié un communiqué pour contredire le Premier ministre Davutoğlu qui avait prétendu avoir reçu son soutien.

Nous arrivons maintenant à l’issue du délai constitutionnel de 45 jours au terme duquel le chef du principal groupe parlementaire devait constituer un gouvernement. Les trois principaux partis d’opposition, conseillés par l’ambassade des États-Unis, ayant refusé de s’allier avec l’AKP, Ahmet Davutoğlu n’y est pas parvenu. De nouvelles élections législatives devraient être convoquées. Compte tenu d’une part de la division de l’AKP (islamistes) et d’autre part, de la haine entre le MHP (conservateurs) et le HPD (gauche et kurdes), il sera difficile de trouver une majorité. Si tel est le cas ou si l’AKP parvient à se maintenir, la Turquie entrera en guerre civile.

[1] The Next 100 Years : A Forecast for the 21st Century, George Friedman (2009). L’ouvrage a été traduit avec un grand retard en français sous le titre Les 100 Ans à venir : Un Scénario pour le XXIe siècle (ZDL, 2012).

[2] « Après 42 ans, Andy Marshall quitte le Pentagone », Réseau Voltaire, 7 janvier 2015.

[3] Sur les travaux de Strausz-Hupé et de de Peters, se reporter à L’Effroyable imposture 2, pp.117-224.

[4] « Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[5] “Izmir base likely to become NATO’s Land Component Command”, Todays Zaman, June 6, 2011.

[6] « Ashton Carter nomme le nouveau stratège du Pentagone », Réseau Voltaire, 17 mai 2015.

[7] « L’Europe encore en première ligne », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 16 juillet 2015.

[8] « Le général Dunford désigne la Russie comme menace principale », Réseau Voltaire, 13 juillet 2015.

[9] “Stumbling World Order and Its Impacts”, by Imad Fawzi Shueibi, Voltaire Network, 5 April 2015.

[10] « La Russie tire ses marrons du feu », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 juillet 2015.

[11] « Premières conséquences de l’accord 5+1 », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 20 juillet 2015.

[12] « Ergenekon : une légende urbaine ? », par Orhan Kemal Cengiz ;. « L’organisation Ergenekon mise en cause pour ses relations privilégiées avec Hizb ut-Tahrir », par Mutlu Özay et Mustafa Turan, Traduction Nathalie Krieg, Today Zaman (Turquie), Réseau Voltaire, 9 juillet et 3 août 2009.

[13] « Le coup d’État judiciaire de l’AKP », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 19 août 2013.

[14] « La division de la Turquie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 31 mars 2014.

[15] “The Geopolitics of American Global Decline”, by Alfred McCoy, Tom Dispatch (USA), Voltaire Network, 22 June 2015.

[16] « Le rôle de la famille Erdoğan au sein de Daesh », Réseau Voltaire, 26 juillet 2015.

[17] « Vers la fin du système Erdoğan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 juin 2015.

[18] Dont Rudaw, BasNews, DİHA, ANHA, le quotidien Özgür Gündem, Yüksekova Haber, Sendika.Org et RojNews. Actuellement 81 000 sites internet sont inaccessibles depuis la Turquie.