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Guerre impérialiste en Syrie: La Turquie alimente Al Qaïda en « djihadistes » ouïghours…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 13 novembre 2016 by Résistance 71

Des milices d’Al Qaïda formées de djihadistes ouïghours chinois envoyées en Syrie

 

Steven Sahiounie

 

13 novembre 2016

 

url de l’article en français:

http://arretsurinfo.ch/des-milices-dal-qaida-formees-de-djihadistes-ouighours-chinois-envoyees-en-syrie/

 

Des milices d’Al-Qaïda recrutées par Erdogan sont formées de « djihadistes » ouïghours chinois envoyées en Syrie

Le président turc Erdogan a utilisé son armée de mercenaires pour lutter contre les forces militaires du gouvernement syrien dans le but de changer le régime. Ce projet militaire de changement de régime en Syrie a été conçu, soutenu et établi par les États-Unis d’Amérique, qui est un proche allié de la Turquie, et membre de l’OTAN.

« Ceci est un mémo qui décrit comment nous allons faire sortir sept pays en cinq ans, en commençant par l’Irak, puis la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et, pour finir, l’Iran. « Démocratie maintenant » datée de 2007. http://www.globalresearch.ca/we-re-going-to-take-out-7-countries-in-5-years-iraq-syria-lebanon-libya-somalia-sudan-iran/5166

L’armée de mercenaires du Président Erdogan est formée de citoyens chinois provenant de la région la plus occidentale de Chine, la région autonome Ouïghour du Xinjiang (ancien Turkestan oriental). Ils sont musulmans sunnites et représentent une des cinquante-six nationalités reconnues officiellement par la république populaire de Chine. Les ouïghours parlent l’ancienne langue turque, qui est la racine de la langue turque moderne maintenant parlée en Turquie. Leur province est le Xinjiang, et leur capitale est Urumqi.

Pendant de nombreuses années, le Président Erdogan a soutenu les revendications des Ouïghours oppressés par le gouvernement chinois. Le Président Erdogan a fait des discours dans lesquels il a comparé le peuple ouïgour aux ancêtres du peuple turc. Erdogan estime qu’il existe un lien historique et ethnique étroit entre la Turquie moderne et le peuple ouïgour. Dans un discours, le Président Recep Tayyip Erdogan a déclaré que « le Turkestan oriental n’est pas seulement le foyer des peuples turcs, mais il est aussi le berceau de l’histoire, de la civilisation et de la culture turques. Les martyrs du Turkestan oriental sont nos propres martyrs. » Sa désignation du Turkestan oriental est en fait la province chinoise du Xinjiang, patrie du peuple ouïgour.

Le Président Erdogan a utilisé sa propre armée de mercenaires composées de citoyens chinois : les Ouïghours. Il leur a délivré des passeports turcs qu’ils ont utilisés pour venir en Turquie. Les services d’immigration des aéroports turcs ont reconnu ces passeports et les ont confisqués, mais ils ont autorisé leurs détenteurs chinois à entrer en Turquie. Le Président Erdogan a organisé leurs transports depuis les aéroports turcs jusqu’en Syrie à travers la large et poreuse zone frontalière au nord de Idlib, autrefois une ville de taille moyenne au Nord-Ouest de la Syrie.

Dans le district de Zeytinburnu d’Istanbul, Nurali T., un Turc ouïghour travaillant au transport des terroristes en Syrie, avec la permission implicite du gouvernement turc, et en particulier des services de renseignement, fournit aux militants des passeports dans le monde entier. Selon le responsable du bureau de Nurali T., « plus de 50 000 Turcs ouïgours sont venus en Turquie avec des faux passeports via la Thaïlande et la Malaisie et sont entrés en Syrie après avoir passé une journée à Istanbul ». Les militants qui sont entrés en Turquie avec ces faux passeports sont hébergés soit dans des hôtels ou des pensions pour une journée avant qu’ils passent en Syrie par les frontières qui sont sous contrôle terroriste. http://chinamatters.blogspot.com/2015/07/turkey-plays-uyghur-card.html

Idlib était un foyer de violence et de destruction dès les premiers mois de la crise syrienne en mars 2011. À la fin de l’été 2011, Idlib était presque vide de résidents, soit ils fuyaient vers les camps de réfugiés turcs à proximité, soit vers les camps de réfugiés de Latakia. Idlib a été transformé en un quartier général de la Free Syrian Army (Armée syrienne libre) et une base d’opérations.

Lorsque le sénateur républicain John McCain de l’Arizona a fait son fameux voyage illégal en Syrie, pour rencontrer les commandants de l’Armée syrienne libre (ASL), il était près d’Idlib. Finalement,  l’ASL a recruté et invité des groupes Al-Qaïda de Libye, d’Afghanistan, de Tchétchénie et d’autres pays arabes et occidentaux tels que les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Europe et l’Australie. La majorité des résidents syriens ne soutiennent pas la révolution armée. En raison de ce manque de soutien sur le terrain, l’ASL a choisi d’appeler leurs frères djihadistes dans le monde entier. Le bureau américain de la CIA à Adana, en Turquie, qui dirige le commandement et les approvisionnements de l’ASL, n’a eu aucun problème à permettre à Al-Qaïda et à ses affiliés de renforcer les forces terrestres de l’ASL, qui avaient diminué. L’Amérique a utilisé l’ASL et des filiales d’Al-Qaeda comme Jibhat al-Nusra, armée islamique, Nour-al Deen al Zinki et Ahrar al Sham, pour combattre les forces gouvernementales syriennes, évitant ainsi de déployer des soldats américains. En fait, l’ASL, et toutes les autres milices armées, agissent comme des « soldats américains sur le terrain ».

Le Parti Islamique du Turkestan (TIP) est un groupe politique radical islamique composé d’Ouïghours. Leur chef est Emir Abd al-Ḥaqq al-Turkistānī. Depuis 2001, le TIP est affilié à Al-Qaïda. Les chefs de terrain du champ de bataille du TIP dans la province d’Idlib, en Syrie, sont Abu Rida al-Turkestani et Ibrahim Mansour. En 2013 le TIP s’est aligné avec Jibhat al-Nusra, un groupe terroriste en Syrie qui figure sur la liste des groupes terroristes interdits aux États-Unis. L’Observatoire syrien des droits de l’homme a déclaré : « Les Tchétchènes qui ont quitté ISIS (Islamic State of Iraq and the Levant) ont été remplacés par le Parti islamique du Turkistan ouïghour allié à Al-Qaïda ».

«Islam Awazi», le centre médiatique du Parti Islamique du Turkestan (TIP), publie trois à quatre vidéos mensuelles dans la rubrique « Un appel des premières lignes du djihad » qui rapportent les « succès » militaires des combattants du TIP. En outre, une vidéo mensuelle « Tourisme des croyants » est produite qui démontre la vie « pacifique » et « militaire » des combattants ouïghours en Syrie. En particulier, le 22 juillet 2016, le Parti Islamique du Turkestan a distribué une vidéo intitulée « My Desire », qui a mis en évidence des photos de combattants ouïghours en Syrie. http://thediplomat.com/2016/08/chinas-nightmare-xinjiang-jihadists-go-global/

Aujourd’hui, les radicaux inspirés de l’Etat islamique répètent l’expérience des combattants du TIP qui ont massacré des Chinois Han (Les Han constituent le peuple chinois « historique ») dans les gares de Kunming et de Guangzhou à l’aide de couteaux, de haches et de machettes en 2014. Le TIP a une longue histoire d’attaques terroristes en Chine contre les non-musulmans. Maintenant que le TIP est en Syrie en grand nombre, ils sont devenus un concurrent sérieux dans le Jihad mondial. En octobre 2013, cinq personnes sont mortes quand une voiture s’est écrasée contre un groupe de piétons près de la place Tiananmen à Pékin; le TIP a revendiqué l’attaque dans une vidéo. Cette loi nous rappelle l’attaque avec un camion sur la promenade des Anglais à Nice qui a tué et blessé un grand nombre de personnes lors de la fête nationale française, le 14 juillet 2016.

Les terroristes de TIP à Idlib ont été très fiers de détruire les différentes Églises chrétiennes de la région. Comme dans de nombreuses parties de la Syrie, la région d’Idlib avait accueilli des musulmans, des chrétiens et des sectes minoritaires. Le TIP a fait de nombreuses vidéos de la destruction des églises avec leur drapeau TIP sur les clochers.

Les Ouïghours sont un groupe assez pauvre et peu éduqué en Chine. Ils ont un fort sens de la famille et certains ont ressenti l’aliénation politique du gouvernement chinois et de la société. Pour cette raison, la plupart des ouïghours qui ont émigré à Idlib, en Syrie, ont amené leurs familles entières avec eux. Hommes mariés, femmes, enfants et leurs parents âgés. C’est différent de la plupart des jihadistes, qui sont de jeunes hommes voyageant seuls. Parce que ces djihadistes du TIP sont arrivés à Idlib, en Syrie, comme des unités familiales entières, ils ont eu besoin d’arrangements de vie spéciaux, contrairement aux camps typiquement terroristes masculins. Le TIP a occupé un village entier dans la province d’Idlib, nommée Az-Zanbaqi, qui abrite aujourd’hui 3 500 Ouïghours de tous âges des deux sexes. Il y avait tant d’enfants avec eux, qu’ils ont établi leurs propres écoles. L’enseignement du Coran et la formation militaire « Junior Jihadis » sont les principales matières enseignées aux enfants. Leur rêve est de survivre au djihad syrien, de s’affirmer dans les combats terroristes, puis de retourner en Chine pour commencer leur attaque contre la Chine et la transformer en un État islamique.

Les pétrodollars de l’Arabie Saoudite et du Qatar servent à financer le projet de changement de régime en Syrie. L’argent est distribué en Turquie par un fonctionnaire saoudien. L’Amérique est la source de la politique de changement de régime à l’égard de la Syrie, avec la Turquie comme la base logistique d’opérations. La Syrie est le champ de bataille et les civils syriens désarmés représentent le plus grand nombre de victimes.

La Turquie est une démocratie moderne. Depuis longtemps, elle se targue de sa forme laïque de gouvernement. Cependant, le parti AKP, le parti au pouvoir du Président Erdogan, est en fait un parti islamiste. Erdogan a continuellement apporté des changements substantiels au tissu social et politique de la Turquie afin d’amener la société turque vers un islam radical. L’islam radical n’est pas une religion ou une secte, mais une idéologie politique. Les Frères musulmans sont un parti politique mondial fondé sur l’islam radical. Les Frères musulmans sont interdits dans de nombreux pays, notamment en Égypte et en Syrie. Erdogan est un partisan et un défenseur des Frères musulmans. L’opposition armée syrienne a une aile politique, la Coalition nationale syrienne (SNC). Le Président Erdogan a accueilli la SNC à Istanbul.

Les États-Unis abritent également des Frères musulmans, avec des bureaux et des membres dans presque toutes les grandes villes. Le Congrès des États-Unis a déjà débattu de la proscription des Frères musulmans ; cependant, la loi n’a pas passé. Des membres des Frères musulmans occupent des postes importants dans l’administration Obama et dans des départements clés comme la sécurité et la défense. Au Royaume-Uni, les Frères musulmans se trouvent également dans tout le pays et sont étroitement liés au gouvernement britannique. On peut en dire autant de l’Australie.

L’Arabie Saoudite est la terre d’élection du wahhabisme, tandis que le Qatar fait la promotion du salafisme, la Turquie, les États-Unis et le Royaume-Uni sont des bases des Frères Musulmans. Tous se revendiquent de l’islam radical. Ces trois courants sont les trois côtés de la même pièce. Cependant, la grande majorité des musulmans dans le monde rejettent l’islam radical, et selon des savants islamiques, ils rejettent le « culte de la mort » appelé Etat islamique, né des trois courants décrits plus haut.

Le « Chinatown » en Syrie n’est pas un endroit touristique, connu pour ses lanternes rouges lumineuses et ses plats savoureux de nouilles. Pour cela, il faut aller à San Francisco ou Seattle. Le « Chinatown » en Syrie est un petit village de campagne au milieu des collines et des oliviers, une ville terroriste, pas une ville touristique. Un jour, le visa de ces « touristes » ouïghours viendra à expiration et ils auront alors deux solutions : affronter la mort sur les champs de bataille ou retourner chez eux par l’antique Route de la Soie que leurs ancêtres ont rendu célèbres.

 

Déstabilisation de l’Europe et du Moyen-Orient: Erdogan, la Turquie et le projet totalitaire…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 22 mars 2016 by Résistance 71

Très bonne analyse de Meyssan sur la situation turque et géopolitique dans la zone européenne et moyen-orientale, mais nous aimerions amener quelques précisions de notre côté, car nous pensons que l’analyse de Meyssan demeure malgré tout incomplète.

La première des choses est sa mention du bout de la plume du PKK kurde. Depuis le départ, pour des raisons politiques, Meyssan ignore et omet de dire que le PKK depuis la fin des années 90 n’est plus un parti, mouvement marxiste-léniniste et que depuis 2004, les kurdes de Turquie et du Rojava syrien (région du nord de la Syrie englobant la devenue célèbre Kobané pour sa résistance héroïque aux assauts de l’EIIL/Daesh) ont fait le choix du confédéralisme démocratique, grandement inspiré dans la théorie comme dans la pratique, du communalisme libertaire et écologique pensé par l’anarchiste américain Murray Bookchin. La fédération des communes libres kurdes représente l’avenir positif du Moyen-Orient comme Abdullah Ocalan l’a expliqué dans son manifeste pour le confédéralisme démocratique que nous publions en ce moment même.
En référence historique, une s’impose ici: la comparaison avec l’Espagne et sa révolution sociale de 1936-39 qui lutta contre le fascisme de Franco et de l’église catholique et finit par perdre suite à la coalition de la préservation du statu quo étatiste des fascismes (Franco/Mussolini/Hitler), des marxistes (staliniens de l’URSS et d’ailleurs) et du soi-disant front populaire qui ferma ses portes et refusa toute aide à la “république” (qui reste dans les “livres d’histoire”) des anarchistes internationalistes. Aujourd’hui, les Kurdes du Rojava et de Turquie et les populations volontairement associées à la confédération démocratique sont “oubliées” et subissent une répression sanglante de la part de l’état fasciste turc, bras armé de tous les états ligués contre le seul danger viable à l’État et son oppression générale des peuples: la société des sociétés en association des communes libres.

La seconde chose est de continuer le raisonnement jusqu’au bout quand, comme Meyssan, on associe en partie justement du reste, Ergogan à Hitler. Comment ? En mentionnant le fait qu’Hitler est arrivé au pouvoir en Allemagne grâce aux manes financières de la City de Londres et de Wall Street et que lui et son parti nazi ont continué à recevoir ces manes jusqu’à au moins 1944, comme l’a si justement prouvé l’historien Antony C. Sutton dans son ouvrage de recherche “Wall Street et la montée d’Hitler” dont nous avons traduit de très larges extraits il y a déjà quelques années. Ainsi Hitler fut et est demeuré la création de l’occident capitaliste comme le fut auparavant l’URSS avec Lénine et Trotsky tous deux agents respectivement de la City de Londres et de Wall Street (cf Sutton “Wall Street et la révolution bolchévique”). De la même manière Erdogan et ce qu’il représente: la secte des frères musulmans, sont des créations de l’occident et soutenus par les mêmes pouvoirs financiers (la secte des frères musulmans a été développé après sa naissance par les services britanniques dans les années 1920 après l’éclatement de l’empire ottoman,à des fins de contrôle et de division de l’islam sunite, dans le plus pur style britannique du “diviser pour mieux régner”). Ainsi, ce qui arrive à la Turquie, à l’Europe et au Moyen-Orient n’est pas la volonté d’un seul homme: Erdogan et de sa clique, qui aurait kidnappé la destinée politique de l’ensemble de la région, comme semble vouloir l’indiquer Meyssan, mais tout ceci est le résultat d’une planification minutieuse arrivant à son dénouement: le chaos programmé généralisé dans la zone euro-moyen-orientale. Erdogan est un pion, payé grassement pour ce qu’il fait. Il est à 100% la création de la City de Londres et de Wall Street tout comme Lénine, Trotsky, Staline. Hitler, Mussolini, Franco, Mao, Saddam Hussein, le Shah d’Iran, la maison Al-Saoud et toute la litanie de dictateurs sud-américains l’ont été avant lui. Il sert de bouc-émissaire pur protéger ses commanditaires et si çà tourne au vinaigre, il sera sacrifié, comme toutes les autres marionnettes avant lui.

Pour La City et Wall Street, tout cela n’est que business as usual, sur fond de guerre du gaz bien évidemment, véritable enjeu de l’affaire et trop souvent occulté pour des raisons géopolitiques… Ce qui se passe en ce moment est une guerre par procuration entre Exxon-Mobil (Rockefeller) et Royal Dutch Shell (Rothschild) contre Gazprom (Russie/Poutine) et l’entreprise nationale du pétrole et du gaz iranienne. Tout le reste n’est qu’écran de fumée et posture idéologique de circonstance pour entretenir l’idéologie du “choc des civilisations” bidon inventé de toute pièce par la fange néoconservatrice occidentale.

~ Résistance 71 ~

 

Le suicide européen face à la Turquie

 

Thierry Meyssan

 

21 Mars 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article190851.html

 

En signant un accord —au demeurant illégal en droit international— avec la Turquie pour ralentir l’afflux de migrants, les dirigeants de l’Union européenne se sont engagés un peu plus dans un pacte avec le diable. Une grande partie des 3 milliards d’euros annuels alloués à Ankara servira à financer le soutien aux jihadistes et, par conséquent, à augmenter le nombre de migrants fuyant la guerre. Surtout, en abrogeant dans les prochains mois les visas avec la Turquie, les Européens instituent la libre-circulation entre les camps d’Al-Qaïda en Turquie et Bruxelles. En écrasant les peuples irakien et syrien sous l’oppression des jihadistes qu’ils financent indirectement et en abandonnant le peuple turc à la dictature du président Erdoğan, ils préparent les bases d’un très vaste affrontement dont ils seront les victimes.

Le Conseil européen des 17 et 18 mars 2016 a adopté un plan visant à résoudre le problème posé par l’afflux massif de migrants en provenance de Turquie [1]. Les 28 chefs d’État et de gouvernement se sont soumis à toutes les demandes d’Ankara.

Nous avions déjà analysé la manière dont les États-Unis entendaient utiliser les événements du Proche-Orient pour affaiblir l’Union européenne [2]. Au début de l’actuelle crise des « réfugiés », nous avons été les premiers à observer à la fois que cet événement avait été délibérément provoqué et les problèmes insolubles qu’il allait poser [3]. Malheureusement, toutes nos analyses ont été vérifiées et nos positions ont été, depuis, largement adoptées par nos détracteurs d’alors.

Allant plus loin, nous voulons étudier la manière dont la Turquie s’est emparée du jeu et l’aveuglement de l’Union européenne qui persiste à avoir un coup de retard.

Le jeu de Recep Tayyip Erdoğan

Le président Erdoğan n’est pas un homme politique comme les autres. Et il ne semble pas que les Européens, ni les peuples, ni leurs dirigeants, en aient pris conscience.

  • Premièrement, il est issu de la Millî Görüş, un mouvement islamique panturquiste lié aux Frères musulmans d’Égypte et favorable au rétablissement du Califat [4]. Selon lui —comme d’ailleurs selon ses alliés du Milliyetçi Hareket Partisi (MHP)—, les Turcs sont les descendants des Huns d’Attila, eux-mêmes enfants du loup des steppes d’Asie centrale, dont ils partageaient l’endurance et l’insensibilité. Ils forment une race supérieure appelée à gouverner le monde. Leur âme est l’islam.

Le président Erdoğan est le seul chef d’État au monde à se revendiquer d’une idéologie suprémaciste ethnique, parfaitement comparable à l’aryanisme nazi. Il est également le seul chef d’État au monde à nier les crimes de son histoire, notamment les massacres des non-musulmans par le sultan Abdülhamid II (les massacres hamidiens de 1894-95 : au moins 80 000 chrétiens tués et 100 000 chrétiennes incorporées de force dans les harems), puis par les Jeunes Turcs (génocide des Arméniens, des Assyriens, des Chaldéens, des Syriaques, des Grecs pontiques et des Yézidis de 1915 à 1923 : au moins 1 200 000 morts) ; un génocide qui fut exécuté avec l’aide d’officiers allemands, dont Rudolf Höß, futur directeur du camp d’Auschwitz [5].

En célébrant le 70ème anniversaire de la libération du cauchemar nazi, le président Vladimir Poutine soulignait que « les idées de suprématie raciale et d’exclusivisme ont provoqué la guerre la plus sanglante de l’Histoire » [6]. Puis, lors d’une marche —et sans nommer la Turquie—, il appelait tous les Russes à se tenir prêts à renouveler le sacrifice de leurs grands-parents si nécessaire afin de sauver le principe même de l’égalité entre les hommes.

  • Deuxièmement, le président Erdoğan, qui n’est soutenu que par un tiers de sa population, gouverne seul son pays par la contrainte. Il est impossible de savoir précisément ce que pense le peuple turc, puisque la publication de toute information mettant en cause la légitimité du président Erdoğan est désormais considérée comme une atteinte à la sécurité de l’État et conduit immédiatement en prison. Cependant, si l’on se réfère aux dernière études publiées, en octobre 2015, moins d’un tiers de l’électorat le soutient. C’est nettement moins que les nazis en 1933, qui disposaient alors de 43 % des voix. Raison pour laquelle, le président Erdoğan n’a pu gagner les élections législatives qu’en les truquant grossièrement. Entre autres : 
 Les médias d’opposition ont été muselés : les grands quotidiens Hürriyet et Sabah ainsi que la télévision ATV ont été attaqués par des nervis du parti au pouvoir ; des enquêtes ont visé des journalistes et des organes de presse accusés de soutenir le « terrorisme » ou d’avoir tenu des propos diffamatoires contre le président Erdoğan ; des sites web ont été bloqués ; des fournisseurs de services numériques ont supprimé de leur offre les chaînes de télévision d’opposition ; trois des cinq chaînes de télévision nationales, dont la chaîne publique, ont été, dans leurs programmes, clairement favorables au parti au pouvoir ; les autres chaînes de télévision nationale, Bugün TV et Kanaltürk, ont été fermées par la police. 
 Un État étranger, l’Arabie saoudite, a déversé 7 milliards de livres de « dons » pour « convaincre » les électeurs de soutenir le président Erdoğan (soit environ 2 milliards d’euros). 
 128 permanences politiques du parti de gauche (HDP) ont été attaquées par des nervis du parti du président Erdoğan. De nombreux candidats et leurs équipes ont été passés à tabac. Plus de 300 commerces kurdes ont été mis à sac. Plusieurs dizaines de candidats du HDP ont été arrêtés et placés en détention provisoire durant la campagne. 
 Plus de 2 000 opposants ont été tués durant la campagne électorale, soit par des attentats, soit du fait de la répression gouvernementale visant le PKK. Plusieurs villages du sud-est du pays ont été partiellement détruits par des blindés de l’armée.

Depuis son « élection », une chape de plomb s’est abattue sur le pays. Il est devenu impossible de s’informer sur l’état de la Turquie par sa presse nationale. Le principal quotidien d’opposition, Zaman, a été placé sous tutelle et se borne désormais à louer la grandeur du « sultan » Erdoğan. La guerre civile, qui fait déjà rage à l’Est du pays, s’étend par des attentats à Ankara et jusqu’à Istanbul, dans la totale indifférence des Européens [7].

  1. Erdoğan gouverne presque seul, entouré d’un groupe restreint, dont le Premier ministre Ahmet Davutoğlu. Il a publiquement déclaré durant la campagne électorale qu’il n’appliquait plus la Constitution et que tous les pouvoirs lui revenaient désormais.

Le 14 mars 2016, le président Erdoğan a déclaré que face aux Kurdes : « La démocratie, la liberté et l’état de droit n’ont plus la moindre valeur ». Il a annoncé son intention d’élargir la définition légale des « terroristes » pour inclure tous ceux qui sont « des ennemis des Turcs » —c’est-à-dire les Turcs et les non-Turcs qui s’opposent à leur suprémacisme—.

  • Troisièmement, le président Erdoğan utilise les pouvoirs qu’il s’est anti-constitutionnellement octroyés pour transformer l’État turc en parrain du jihadisme international. En décembre 2015, la police et la Justice turques avaient pu établir les liens personnels de M. Erdoğan et de son fils Bilal avec Yasin al-Qadi, le banquier global d’Al-Qaïda. Il a donc limogé les policiers et les magistrats qui avaient osé « porter atteinte aux intérêts de la Turquie » (sic), tandis que Yasin al-Qadi et l’État intentaient un procès au quotidien de gauche BirGün pour avoir reproduit mon éditorial, « Al-Qaida, éternel supplétif de l’Otan».

En février dernier, la Fédération de Russie déposait un rapport de Renseignement au Conseil de sécurité de l’Onu attestant du soutien de l’État turc au jihadisme international, en violation de nombreuses résolutions [8]. J’ai publié une étude précise sur ces accusations, immédiatement censurée en Turquie [9].

La réponse de l’Union européenne

L’Union européenne avait envoyé une délégation pour surveiller les élections législatives de novembre 2015. Elle a longuement différé la publication de son rapport, puis s’est résolue à en publier une brève version édulcorée.

Paniqués par les réactions de ses populations réagissant durement à l’entrée massive de migrants —et, pour les Allemands, à l’abolition du salaire minimum qui en a résulté—, les 28 chefs d’État et de gouvernement de l’Union ont mis au point avec la Turquie une procédure pour qu’elle résolve leurs problèmes. Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les Réfugiés, Filippo Grandi, a immédiatement relevé que la solution choisie viole le droit international, mais en supposant que les choses puissent être améliorées, ce n’est pas là le problème principal.

L’Union s’est engagée à 
 verser 3 milliards d’euros annuels à la Turquie pour l’aider à faire face à ses obligations, mais sans mécanisme de vérification de l’usage de ces fonds ; 
 mettre fin aux visas requis aux Turcs pour entrer dans l’Union [10] —ce n’est plus qu’une question de quelques mois, voire de semaines— ; 
 accélérer les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union —ce sera par contre beaucoup plus long et aléatoire—.

En d’autres termes, aveuglés par la récente défaite électorale d’Angela Merkel [11], les dirigeants européens se sont contentés de trouver une solution provisoire pour ralentir le flux des migrants, sans chercher à résoudre l’origine du problème et sans tenir compte de l’infiltration de jihadistes parmi ce flux.

Le précédent de Munich

Dans les années 30, les élites européennes et états-uniennes considéraient que l’URSS, par son modèle, menaçait leurs intérêts de classe. Elles soutenaient donc collectivement le projet nazi de colonisation de l’Europe orientale et de destruction des peuples slaves. Malgré les appels répétés de Moscou à la création d’une vaste alliance contre le nazisme, les dirigeants européens acceptèrent toutes les revendications du chancelier Hitler, y compris l’annexion de régions peuplées par les Sudètes. Ce furent les accords de Munich (1938), conduisant l’URSS a pratiquer le sauve-qui-peut et à conclure de son côté le Pacte germano-soviétique (1939). Ce n’est que trop tardivement, que certains dirigeants européens, puis états-uniens, réalisèrent leur erreur et décidèrent de s’allier avec Moscou contre les nazis.

Sous nos yeux, les mêmes erreurs se répètent. Les élites européennes considèrent la République arabe syrienne comme un adversaire, soit qu’elles défendent le point de vue colonial d’Israël, soit qu’elles espèrent recoloniser elles-mêmes le Levant et s’approprier ses gigantesques réserves de gaz encore inexploitées. Elles ont donc soutenu l’opération secrète états-unienne de « changement de régime » et ont feint de croire à la fable du « printemps arabe ». Après cinq ans de guerre par procuration, constatant que le président Bachar el-Assad est toujours là bien qu’on ait annoncé un millier de fois sa démission, les Européens ont décidé de financer à hauteur de 3 milliards d’euros annuels le soutien turc aux jihadistes. Ce qui, selon leur logique, devrait permettre leur victoire et donc mettre fin aux migrations. Elles ne tarderont pas à réaliser [12], mais trop tard, qu’en abrogeant les visas pour les ressortissants turcs, elles ont autorisé la libre-circulation entre les camps d’Al-Qaïda en Turquie et Bruxelles [13].

La comparaison avec la fin des années 30 est d’autant plus juste que lors des accords de Munich, le Reich nazi avait déjà annexé l’Autriche sans provoquer de réaction notable des autres États européens. Or, aujourd’hui la Turquie occupe déjà le Nord-Est d’un État membre de l’Union européenne, Chypre, et une bande de quelques kilomètres de profondeur en Syrie qu’elle fait administrer par un wali (préfet) nommé à cet effet. Non seulement, l’Union s’en accommode, mais par son attitude, elle encourage Ankara a poursuivre ses annexions au mépris du droit international. La logique commune du chancelier Hitler et du président Erdoğan est basée sur l’unification de la « race » et l’épuration de la population. Le premier voulait unir les populations de « race allemande » et les épurer des éléments « étrangers » (les juifs et les Roms), le second veut unir les populations de « race turque » et les épurer des éléments « étrangers » (les Kurdes et les chrétiens).

En 1938, les élites européennes croyaient en l’amitié du chancelier Hitler, aujourd’hui en celle du président Erdoğan.

 

[1] “Next operational steps in EU-Turkey cooperation in the field of migration”, Voltaire Network, 16 March 2016.

[2] « La cécité de l’Union européenne face à la stratégie militaire des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 avril 2015.

[3] « La fausse « crise des réfugiés » », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 septembre 2015.

[4] « Vers la fin du système Erdoğan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 juin 2015.

[5] « La Turquie d’aujourd’hui poursuit le génocide arménien », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 26 avril 2015.

[6] « Discours de Vladimir Poutine pour le 70e anniversaire de la Victoire de la Grande Guerre Patriotique », par Vladimir Poutine, Traduction Sayed 7asan, Réseau Voltaire, 9 mai 2015.

[7] « L’Union européenne a abandonné ceux qui se battent pour défendre les libertés en Turquie », par Can Dündar, Le Monde (France) , Réseau Voltaire, 18 mars 2016.

[8] « Rapport de renseignement russe sur l’aide actuelle turque à Daesh », Réseau Voltaire, 18 février 2016.

[9] « Comment la Turquie soutient les jihadistes », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 février 2016.

[10] “Roadmap towards a visa-free regime with Turkey”, Voltaire Network, 16 March 2016.

[11] „Alternative für Deutschland nimmt kein Blatt vor den Mund“, von Ian Blohm, Übersetzung Horst Frohlich, Strategic Culture Foundation (Russland) , Voltaire Netzwerk, 12. März 2016.

[12] « Lettre ouverte aux Européens coincés derrière le rideau de fer israélo-US », par Hassan Hamadé, Réseau Voltaire, 21 mai 2014.

[13] “Israeli general says al Qaeda’s Syria fighters set up in Turkey”, Dan Williams, Reuters, January 29, 2014.

Guerre impérialiste en Syrie: Implication turque avec Daesh… La Russie balance !

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Rappelons à toute fin utile que la Turquie est un membre de l’OTAN, vous savez… Cette Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord qui doit disparaître comme a disparu il y a deux décennies sa contre-partie de l’alliance du Pacte de Varsovie… Ainsi il est bien plus que probable que l’attentat récent à la bombe d’Ankara soit un faux-drapeau pour justifier l’action d’invasion et d’agression turque dans la région kurde du nord de la Syrie. A qui profite le crime ? Certainement pas au PKK.

— Résistance 71 —

 

Rapport de renseignement russe sur l’aide actuelle de la Turquie à Daesh

 

Réseau Voltaire

 

18 février 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article190331.html

 

Recrutement de combattants terroristes étrangers à destination de la Syrie, facilitation de leurs mouvements transfrontières vers ce pays et livraisons d’armes aux groupes terroristes opérant sur son territoire.

Selon les informations disponibles, des représentants de l’État islamique d’Irak et du Levant (ÉIIL) ont créé un vaste réseau à Antalya, avec l’aide des services spéciaux turcs, pour recruter en Turquie des personnes originaires de pays de l’ex-Union des Républiques socialistes soviétiques en vue de les faire participer au conflit en Syrie et de les transférer éventuellement en Russie.

Le groupe de recruteurs est composé : d’un citoyen kirghize dénommé Abdoullah ; d’une personne originaire de la République des Adyguées, dénommée Azmet ; d’une personne originaire de la République du Tatarstan, dénommée Elnar ; d’un citoyen russe dénommé Ilyas ; d’un citoyen azerbaïdjanais dénommé Adil Aliev et d’une personne originaire de Karatchaïevo-Tcherkessie, dénommée Nizam. Il est dirigé par un citoyen russe dénommé Rouslan Rastyamovitch Khaïboullov (pseudonymes : Baris Abdoul ou « Le Professeur »), né le 1er avril 1978 au Tatarstan. Ce dernier vit avec sa famille à Antalya et est titulaire d’un titre de séjour permanent en Turquie.

Le recrutement s’effectue au vu et au su de l’administration pénitentiaire. Si un détenu accepte de se convertir à l’islam et se livre à des activités terroristes, les recruteurs promettent de « conclure un marché » avec les organes de répression turcs et offrent gratuitement les services d’un avocat turc, Tahir Tosolar. Soultan Kekhoursaev, un Tchétchène possédant la citoyenneté turque, a également effectué des visites aux mêmes fins dans des centres de détention où sont placés des étrangers.

En septembre 2015, un groupe de combattants de l’ÉIIL comptant plus d’un millier d’hommes venus de pays d’Europe et d’Asie centrale a été conduit vers la Syrie par le passage frontalier d’Alikaila (Gaziantep), à partir du territoire turc.

Les itinéraires utilisés pour les déplacements des combattants passent très près de la frontière turco-syrienne, à travers les localités d’Antakya, Reyhanlı, Topaz, Şanlıurfa et Hatay.

En mars 2014, le chef de l’Organisation nationale turque du renseignement (MIT), H. Fidan, a coordonné le déplacement d’une grande unité de l’ÉIIL dirigée par un citoyen libyen, Mahdi al-Kharati [1]. Le transport des combattants de Libye en Syrie a été effectué par la voie maritime en passant par le poste frontalier Barsai situé entre la Turquie et la Syrie.

Depuis la fin du mois de décembre 2015, un itinéraire de transport aérien est organisé avec l’aide des services spéciaux turcs pour permettre à des combattants de l’ÉIIL de se rendre de Syrie au Yémen en passant par la Turquie, grâce à l’utilisation d’appareils militaires turcs. Un autre moyen employé pour les déplacements de combattants est le transport par voie maritime jusqu’au port yéménite d’Aden.

Des citoyens russes qui cultivent des contacts avec des représentants des services de sécurité et de police et des administrations de plusieurs villes turques, notamment Istanbul, sont impliqués dans des activités de recrutement menées par l’intermédiaire de madrassas turques.

On sait que des centres de soins et de convalescence situés dans des régions turques proches de la frontière syrienne sont accessibles à des combattants blessés de l’ÉIIL. Pas moins de 700 combattants étaient en réadaptation à Gaziantep, en 2014.

Selon les informations disponibles, à partir de 2015, les services spéciaux turcs ont aidé à transférer d’Antalya vers Eskişehir une communauté désignée sous le nom de « village tatar », qui héberge des combattants et des complices du groupe terroriste Front el-Nosra issus des populations de souche tatare des Républiques du Tatarstan, du Bachkortostan et de Mordovie. Certains d’entre eux ont une double nationalité, celle de la Russie et celle de la Turquie.

L’un des principaux responsables du village est Timour Maounirovitch Bitchourine, citoyen russe né le 15 décembre 1969, originaire de Kazan et qui apporte une aide complice aux combattants islamistes en Syrie depuis janvier 2014.

En décembre 2014, les services spéciaux turcs ont aidé à installer des camps de regroupement d’immigrés illégaux en Turquie, notamment dans la province de Hatay, en vue d’organiser un entraînement et d’envoyer des bandes d’extrémistes en Syrie. En janvier 2015, le MIT turc a été impliqué dans une opération qui visait à fusionner trois milices terroristes —Osman Gazi, Omer bin Abdulaziz et Omer Mukhtar— en un groupement appelé Brigade Soultan Abdoulhamid, dont le commandement a été confié à Omer Abdoullah. Les membres de ce groupe suivent un entraînement dans un camp situé à Bayır-Bucak, en Turquie, sous la direction d’instructeurs d’unités des forces d’intervention spéciale de l’état-major de l’Armée turque et de membres du personnel du MIT. Les activités de la Brigade Soultan Abdoulhamid sont coordonnées avec celles des combattants du Front el-Nosra dans le nord de la province syrienne de Lataquié.

Il est établi que, le 21 septembre 2015, dans la ville syrienne de Tell Rifaat, des représentants de l’opposition syrienne qui avait suivi un entraînement militaire dans un camp situé à Kırşehir en Turquie ont livré des armes aux combattants du Front el-Nosra.

Selon les informations disponibles, les livraisons d’armes à des groupes terroristes opérant en Syrie se poursuivent à l’aide de moyens fournis par les fondations İnsan Hak ve Hürriyetleri ve İnsani Yardım Vakfı (IHH) [2], İmkander [3] et Öncü Nesil İnsani Yardım Derneği sises en Turquie.

Des livraisons d’armes, de matériel militaire et de munitions de différents types sont acheminées à partir de pays étrangers vers le port turc d’İskenderun. Des équipements et fournitures militaires sont ensuite transportés à travers la province de Hatay (poste frontière d’Oncupinar) jusqu’à Alep et Idleb en Syrie par des véhicules appartenant aux fondations IHH, İmkander et Öncü Nesil portant les immatriculations turques suivantes : 33 SU 317, 06 DY 7807, 33 SU 540, 33 SU 960, 42 GL 074 et 31 R 5487. Sur le territoire syrien, les armes et munitions sont distribuées à des bandes turkmènes et à des unités du Front el-Nosra.

Le 15 septembre 2014, des représentants de la fondation IHH ont acheminé par la route des cargaisons d’armes et de médicaments destinées à des groupes de l’ÉIIL de la ville turque de Boursa vers la Syrie en passant par le poste frontière de Ceylanpınar (district de Reyhanlı). Ce convoi a été escorté à travers la Turquie par des véhicules transportant des membres du personnel du MIT.

Guerre par procuration en Syrie: La Russie démasque la mafia Erdogan du pétrole volé… Mais quid du véritable financement lourd de l’EI ?…

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Nous voudrions ajouter ceci à l’analyse ci-dessous: Si ce trafic de la mafia Erdogan avec l’EIIL est bien réel, il n’en demeure pas moins l’arbre qui cache la forêt. Il est totalement impossible que les camions citernes traversant la frontière avec la Turquie et les revenus qu’ils génèrent soient suffisant pour entretenir cette énorme opération qu’est l’EI/Daesh… Le financement lourd provient du Qatar et de l’Arabie Saoudite, c’est à dire d’Exxon-Mobil et d’Aramco, qui ont attaqué la Syrie après le refus d’Assad de laisser passer le gazoduc qatari, donc d’Exxon-Mobil/Rockefeller et ainsi attiré la Russie (Gazprom) et l’Iran (NIOC) dans le conflit par procuration. De plus, des gisements très importants de gaz naturel ont été découverts au large de la Syrie et de Gaza… Qui exploitera ce filon ? Le marché du gaz naturel est le boum économique qui vient (sans mauvais jeu de mot…). La guerre (du gaz) fait donc rage !

— Résistance 71 —

 

Trafic de pétrole de l’EI: la Russie accuse Erdogan et sa famille

Al Manar

2 décembre 2015

url de l’article:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=271137&cid=19&fromval=1&frid=19&seccatid=33&s1=1

Le président turc Recep Tayyip Erdogan et sa famille sont directement « impliqués » dans le trafic de pétrole avec la milice wahhabite takfiriste Daesh (Etat islamique-EI), a affirmé le vice-ministre russe de la Défense, Anatoli Antonov, lançant mercredi de nouvelles accusations contre la Turquie qui a abattu un avion militaire russe le 24 novembre.

« Le principal consommateur de ce pétrole volé à ses propriétaires légitimes, la Syrie et l’Irak, s’avère être la Turquie. D’après les informations obtenues, la classe dirigeante politique, dont le président Erdogan et sa famille, est impliquée dans ce commerce illégal », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à laquelle, pour la première fois, étaient invités plus de 300 journalistes étrangers.
   
 »Le cynisme du gouvernement turc est sans limite », a-t-il continué, ajoutant que la Russie « a déjà à plusieurs reprises averti du danger de flirter avec le terrorisme ».
 « Vous ne vous posez pas de questions sur le fait que le fils du président turc s’avère être le dirigeant d’une des principales compagnies énergétiques et que son beau-fils a été nommé ministre de l’Energie? Quelle merveilleuse entreprise familiale! », a-t-il commenté, en référence à la récente nomination au poste de ministre de l’Energie du gendre du président turc, Berat Albayark.

C’est la première fois que Moscou cite nommément le président turc et son entourage pour accuser Ankara, qui a abattu le 24 novembre un avion militaire russe au-dessus de la frontière syrienne, provoquant une crise sans précédent avec la Russie.
Preuve à l’appui, le ministère russe de la Défense a dévoile les photographies des convois de camions-citernes transportant du pétrole jusqu’à la frontière entre la Syrie et la Turquie.
Après avoir franchi la frontière turco-syrienne, les camions-citernes transportent le pétrole de l’EI vers des ports où l’or noir est ensuite acheminé vers des pays tiers en vue de son raffinage.

Antonov a indiqué que la Russie appelle Ankara à autoriser l’accès aux lieux où, selon Moscou, sont hébergés les centres du trafic de pétrole de l’EI.


Recep Tayyip Erdogan, dont le pays a rejoint l’été dernier la coalition internationale antijihadiste, avait déjà qualifié ces accusations de « mensonges et calomnies » et nie farouchement couvrir le trafic de pétrole brut organisé par l’EI, qui constitue la principale source de revenus de l’organisation jihadiste.

Moscou, qui mène des frappes aériennes sur la Syrie depuis le 30 septembre, a intensifié ses frappes contre les installations pétrolières de l’EI, autorisant les pilotes de ses avions de « tirer à vue » sur les camions-citernes dans la zone contrôlée par l’organisation terroriste.

Depuis le début de ses interventions, l’aviation russe a détruit 32 complexes pétroliers, 11 raffineries, 23 puits de pétrole et 1.080 camions-citernes transportant des produits pétroliers, a énuméré M. Antonov, faisant défiler les cartes dans l’immense salle où s’étaient réunis plus de 300 journalistes.
   
Signalant que Daesh possède quelque 8.000 camions citernes qui transportent chaque jour 200.000 barils de pétrole, il a indiqué que grâce à ces frappes, Moscou a réussi à réduire de moitié le chiffre d’affaires annuel des activités pétrolières de l’EI, passé de trois milliards de dollars par an à 1,5 milliard de dollars.
« Les flux financiers liés à la revente de produits pétroliers ne servent pas uniquement à enrichir la haute direction politico-militaire de la Turquie. Ils reviennent en grande partie en Syrie sous forme d’armes, de munitions et de combattants de différents types. Rien qu’au cours de la semaine écoulée, 2.000 combattants ont rejoint les rangs de Daesh et du Front al-Nosra depuis la Turquie, plus de 120 tonnes de munitions et 250 véhicules de différents types ont été livrés », a-t-il également révélé.

Toutes les informations sur les itinéraires de livraison en Syrie depuis la Turquie d’armes, de munitions et de composants d’explosifs seront présentées la semaine prochaine, a-t-il conclu.