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Colonialisme et génocide au Canada… Quand on reparle des charniers d’enfants autochtones sur les sites de pensionnats

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Génocide passé et présent au Canada

 

“Lieu du crime ? Quel lieu du crime ?” L’attention sporadique sur les charniers d’enfants autochtones au Canada

Une lettre ouverte à Jill Macyshon de CTV News, Winnipeg et à l’ensemble des médias canadiens

 

De Kevin D. Annett, M.A., M.Div.

Auteur de “Meurtre par décret: le crime de génocide au Canada, contre-rapport de la Commission Vérité & Réconciliation, 2016”

 

4 September, 2018

 

url de l’article original:

http://itccs.org/2018/09/04/crime-scene-what-crime-scene-the-on-again-off-again-coverage-of-mass-graves-of-children-in-canada/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Chère Jill,

Je constate que les enfants indiens morts sont de nouveau brièvement en vogue. Cela fait maintenant plus d’une décennie que j’ai envoyé à votre agence de presse, ainsi qu’à tous les réseaux médiatiques et gouvernementaux canadiens, une liste bien documentée de 28 sites contenant des charniers sur ou près d’anciens sites de pensionnats pour Indiens à travers le Canada. Personne d’entre vous tous n’avait pris la peine de répondre à cette époque, sans aucun doute parce que la “solution” interne du gouvernement canadien et des églises pour fixer ce problème de génocide n’était pas encore tout à fait en place. Mais maintenant que ces perpétreurs se sont moralement et légalement absous eux-mêmes de leur crime et de toute conséquence impliquant leur forfait sur plus d’un siècle de massacre de plus de 50 000 enfants autochtones, ce en finançant eux-mêmes leur propre “enquête” qu’ils ont mal nommée “Commission Vérité et Réconciliation” (CVR), je constate donc par votre récente couverture de cette affaire qu’il est maintenant considéré comme permis et sans danger d’aborder tièdement et du bout des lèvres le sujet.

Je me réfère évidemment à votre reportage du 31 août dernier sur la “découverte” de ce qui parait être une “fosse commune / charnier” sur un site de pensionnat par une chercheuse de la CVR, Anne Lindsay, dont je n’ai jamais entendu parler , près de l’ancien pensionnat de l’Eglise Unifiée du Canada à Brandon dans la province du Manitoba ainsi que sur le site de Portage la Prairie, un des centres les plus tristement célèbres de massacre que j’ai répertorié dans ma recherche et confirmé par des témoins oculaires comme Peter Yellowquill et Chef Louis Daniels. (voir à 14:07 dans https://www.youtube.com/watch?v=OPKFk_L7y9g et www.murderbydecree.com )

L’intrépide Mlle Lindsay y a apparemment trouvé des enfants âgés entre 7 et 16 ans  enterrés près d’un RV Park à quelques kilomètres de l’ancien pensionnat de Brandon. On peut se demande comment a t’elle pu fouiller sur une scène de crime, en sortir des restes de victimes, sans parler de pouvoir en discerner les âges (NdT: ce qui demande une expertise médicolégale), sans que les flics n’aient quoi que ce soit à y redire. Vous ne mentionnez pas ce petite problème légal dans votre article, pas plus que vous ne citez un chiffre précis du nombre de morts dans ces endroits: pas ce chiffre “niant l’holocauste” de “3200 morts” (soit moins de 3% des incarcérés) cité par la CVR, mais le chiffre bien documenté d’un taux de mortalité allant de 40 à 60% selon les pensionnats (ce qui fit plus de 50 000 enfants morts dans ces écoles), mis en évidence dans les documents gouvernementaux en remontant aussi loin que 1907.

Tout comme Mlle Lindsay, votre couverture de l’information évite la question de base demandant comment de tels charniers peuvent bien être découverts, sans parler des les mettre à jour, sans que la police ne déclare immédiatement le site être une scène de crime et d’y conduire une enquête médicolégale sur les restes humains afin d’établir les identités, cause de la mort et qui est responsable. cette simple petite affaire n’est jamais mentionnée, de manière présumée parce que lorsqu’il s’agit de petits Indiens morts au Canada aux mains des officiels, un standard différent de la loi s’applique.

Ah mais suis-je bête, nous savons qui est responsable de tous ces cadavres: les mêmes instituions qui paient Mlle Lindsay pour creuser, localiser et éliminer leurs sales affaires. Mais le fait demeure que la CVR et ses sponsors gouvernementaux et des églises, est une fois de plus engagée dans une énorme obstruction dans la marche de la justice et dans un acte criminel, celui de détruire des preuves sur scènes de crime ainsi que des preuves cruciales sur leur participation dans un crime contre l’humanité: le plus grand et plus caché des crimes de groupe de l’histoire du Canada.

Si vous vous référiez au droit international Jill, vous pourriez noter que les puissances responsables d’avoir commis des crimes de guerre domestiques et des meurtres de masse sont interdites de mener leur propre enquête ou de décider de leur propre accord concernant les réparations allouées aux survivants des massacres, ce que le Canada a fait ouvertement et sans scrupules.

C’est comme si le maniaque tueur en série arrangeait lui-même le jury et corrompait les victimes pour qu’elles se taisent. Le fait que le Canada et les églises catholique romaine, anglicane et unifiée du Canada furent capables de le faire, de tromper la loi et tout standard humanitaire en parvenant à camoufler leurs crimes, a pu se faire grâce à non seulement les autres nations, comme me l’avait dit Un officiel de l’ONU en 1999: “Tous nos pays ont commis ce type de crimes. Qui veut ouvrir la boîte de pandore ?…”, mais aussi grâce à la moins que courageuse et très peu indépendante presse canadienne, comme ceci est rendu encore plus évident avec votre reportage du 31 août.

Rien de tout cela ne me surprend, parce que c’est le schéma de duplicité, de criminalité et d’auto-absolution pour lequel le Canada et les églises ainsi que leurs compères des médias, sont si notoires. Mais pour chaque crime de groupe il y a éventuellement un jugement, même lorsque les perpétreurs sont toujours aux manettes. La chute imminente d’un autre pape pour avoir activement camouflé et avoir participé au trafic d’enfants au sein de l’église de Rome en est la preuve et comme le dit le vieil adage que le plus protégé des criminels peut se sauver, mais pas se cacher.

Peut-être que ça ne sert à rien, mais les preuves intangibles que moi-même et quelques autres ont amené à la lumière, contre vents et marées, depuis plus d’un quart de siècle, preuves qui prouvent la culpabilité et la totale responsabilité du gouvernement du Canada et de ses églises, vous sont accessibles ainsi qu’aux médias afin de finalement rapporter la véritable histoire de notre propre génocide intra muros et comment celui-ci continue jusqu’à ce jour. Bien entendu, ceci vous mettrait à risque de perdre votre licence CRTC d’accréditation médiatique attribuée par ce même gouvernement coupable de ces crimes… Disons que je ne parierai pas là-dessus.

Dans le même temps, les enfants qui furent violés, affamés, torturés et battus à mort puis jetés dans des fosses communes non marquées hurlent toujours pour qu’on les entende ; et pour leurs assassins toujours en vie d’être traduits devant la justice. Mais quiconque a un cœur et un cerveau sait tout cela.

L’empereur nu que sont l’état et les églises du Canada est comme ça parce que ses habits sont souillés du sang de ses victimes. Il est bizarre de voir comment les médias sont si convaincus qu’un tel monarque est légitime. Peut-être que CTV montrera le chemin du changement en sortant du Grand Mensonge en ne croyant plus et en ne diffusant plus les rapports du tueur psychopathe sur ses crimes.

La vérité et toute notion de justice résident autre part.

= = =

Lectures complémentaires:

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

le bouclier du lanceur d’alerte

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

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Les fléaux de l’humanité: La peste religieuse… (Johann Most)

Posted in actualité, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 30 août 2018 by Résistance 71

 

La peste religieuse

 

Johann Most

1892

 

De toutes les maladies mentales que l’homme s’est implantées systématiquement dans le cerveau, la PESTE RELIGIEUSE est certainement la plus horrible.

Comme tout a son histoire, cette ÉPIDÉMIE n’est pas sans avoir la sienne. Seulement il est, parbleu !, bien dommage que le développement de cette histoire ne soit pas tout ce qu’il y a de plus joli. Les vieux Zeus et Jupiter étaient des individu très convenables, nous dirons même assez éclairés, si on les compare aux rejetons trinitaires de l’arbre généalogique du bon DIEU, lesquels ne le cèdent en rien aux premiers en cruauté et en brutalité.

Du reste, nous ne voulons pas perdre notre temps avec les dieux retraités ou déchus, car ils ne causent plus aucun dommage ; par contre, nous critiquerons sans respect les « faiseurs de pluie et de beau temps » encore en activité de service et les terroristes de l’enfer.

Les chrétiens ont une « Trinité » ; leurs aïeux juifs se contentaient d’une « seule déité » ; à part cela, les deux peuples forment tous les deux une société fort réjouissante. L’ancien et le nouveau « testament » sont pour eux la source de toute sagesse, c’est pour cela qu’il faut lire, bon gré et mal gré, ces saintes écritures si l’on veut les connaître et partant, les tourner en ridicule.

Examinons simplement l’historique de ces divinités et nous verrons que cela suffira à caractériser le tout. Voici la chose brièvement :

Au commencement DIEU créa le ciel et la terre. Il se trouvait tout d’abord au milieu du néant, dont l’aspect devait être, en effet, assez triste pour qu’un Dieu lui-même s’y ennuyât, et comme c’est une bagatelle pour un Dieu de faire des mondes avec rien, il créa le ciel et la terre comme un charlatan remue les œufs ou les écus de sa manche. Plus tard il fabriqua le soleil, la lune et les étoiles. Certains hérétiques qu’on nomme astronomes, ont bien démontré il y a longtemps, que la terre n’est et n’a jamais été le centre de l’Univers, qu’elle n’a pu exister avant le soleil, autour duquel elle tourne. Ces gens ont prouvé que c’est une véritable bêtise de parler de la lune, du soleil et des étoiles après la terre, comme si celle-ci, comparée à ceux-là, était une chose spéciale et extraordinaire ; il y a longtemps que chaque écolier sait que le soleil n’est qu’un astre, que la terre est un de ses satellites, et la lune pour ainsi dire un sous-satellite ; il sait également que la terre en comparaison de l’Univers est loin de jouer un rôle supérieur ; qu’au contraire, elle est un grain de poussière dans l’espace. Mais est-ce qu’un Dieu s’occupe d’astronomie ? Il fait ce qu’il veut et se moque de la science et de la logique ; c’est pour cette raison que, après sa fabrication de la terre, il fit d’abord la lumière et ensuite le soleil.

Un Hottentot saurait parfaitement que sans le soleil, la lumière ne peut exister ; mais Dieu… hum ! n’est pas un Hottentot.

Voyons plus loin : la création avait parfaitement réussie jusque-là, mais il n’y avait pas encore de vie dans la baraque ; et comme le créateur voulait enfin s’amuser, il fait l’HOMME. Seulement en le faisant, il s’écarta de façon particulière de sa première manière de procéder. Au lieu d’effectuer cette création par un simple commandement, il se donna beaucoup d’embarras, il prit un prosaïque morceau d’argile, modela à son image un homme, et y souffla une âme.

Comme Dieu est tout-puissant, bon, juste, en un mot l’amabilité même, il vit tout de suite qu’Adam (c’est ainsi qu’il avait appelé sa fabrication) seul, s’ennuyait affreusement (peut-être se rappela-t-il sa propre existence si ennuyeuse dans le néant), il fabriqua alors une mignonne, une charmante Ève.

Assurément l’expérience lui avait prouvé que c’était un travail bien ennuyeux pour un Dieu que de pétrir l’argile, car il employa une autre méthode. Il enleva une côte à Adam et la changea instantanément en une petite femme ; instantanément, dis-je, car la vitesse n’est pas une sorcellerie pour un Dieu. L’Histoire ne nous dit pas si la côte d’Adam fut remplacée plus tard ou s’il dut se contenter de celles qui lui restaient.

Les sciences modernes ont établi que les animaux et les plantes, formées d’abord de simples cellules, ont acquit peu à peu dans le cours des millions d’années leurs formes actuelles ; elles ont établi de plus que l’homme n’est que le produit le plus parfait de ce long et continuel développement, et que non seulement il y a quelques cent mille ans il ne parlait pas, et se rapprochait de beaucoup de l’animal, dans l’acception du mot, mais qu’il doit descendre des animaux du plus bas de l’échelle, toute autre supposition étant à rejeter. Partant de là, l’histoire naturelle nous fait considérer Dieu en sa fabrication d’hommes comme un hâbleur ridicule ; mais à quoi sert tout cela ? On ne plaisante pas avec Dieu.

Que ces histoires aient un cachet scientifique ou non, il commande qu’on les croie ; sans cela il vous enverra chercher par le diable (son concurrent), ce qui doit être fort désagréable. Car en enfer règne non seulement les pleurs et les continuels grincements de dents, mais mieux encore, il y brûle un éternel feu, un ver infatigable vous y ronge et il sent fort le soufre et la poix dans cet endroit-là.

Or, donc, d’après cela, un homme sans corps, c’est-à-dire une âme, serait rôtie ; la chair qu’il n’a pas grillera, les dents qu’il n’a plus grinceront encore ; il pleurera sans yeux et sans poumons, le ver rongera ses os tombés depuis longtemps en poussière, il flairera sans nez une odeur sulfureuse, et tout cela éternellement !!! Drôle d’histoire.

Du reste Dieu, comme il le dit lui-même dans sa chronique, la Bible, sorte d’autobiographie, est excessivement capricieux et avide de vengeance ; enfin quoi un despote de premier ordre.

A peine Adam et Ève étaient-ils créés qu’il fallut gouverner cette engeance ; dieu émit-il un code dont voici la teneur catégorique : « Vous ne mangerez pas du fruit de l’arbre de la science. » Depuis lors, il n’a existé aucun tyran couronné ou non qui n’ait jeté lui aussi cette défense à la face des peuples. Mais Adam et Ève n’obéirent pas à cette injonction ; ils furent aussitôt expulsés (comme de vulgaires socialistes) et condamnés, eux et leurs descendants, pour toujours aux plus rudes travaux. De plus les droits d’Ève lui furent enlevés et elle devint la servante d’Adam à qui elle dut obéissance. Dans tous les cas, ils étaient déjà sous la surveillance de la haute Police divine.

Assurément Lehman[7] lui-même n’a pas été aussi loin dans son despotisme, mais Dieu n’est-il pas son supérieur ?

La sévérité de Dieu envers les hommes ne servit à rien, au contraire ; plus ils augmentaient, plus ils le lassaient. On peut se faire une idée de la vitesse de leur propagande quand on lit l’histoire de Caïn et d’Abel ; lorsque ce dernier fut tué par son frère, Caïn alla dans un pays… étranger et prit femme. Le bon Dieu ne nous dit pas d’où venait ce pays étranger et les femmes qu’il contenait ; ce qui, du reste, n’est pas étonnant ; il peut bien l’avoir oublié alors qu’il était surchargé de travaux de toute sorte.

Enfin, la mesure était comble ; Dieu résolut d’exterminer le genre humain dans l’eau. Seulement il choisit un couple pour faire un dernier essai ; il n’eut pas la main heureuse malgré toute sa sagesse, car Noé, le chef des survivants, se révéla un grand noceur, s’amusant avec ses fils…

Que pouvait-il sortir de bon d’une pareille famille ?

Le genre humain se répandit de nouveau et produisit de pauvres pécheurs. Le bon dieu aurait bien crevé de divine colère en voyant que toutes ses punitions exemplaires, comme par exemple la destruction de villes entières par le feu et le soufre ne servaient absolument à rien. Alors il résolut d’exterminer toute cette canaille, lorsqu’un événement des plus extraordinaires lui fit changer d’avis, sans cela c’eût été fait de l’humanité.

Un jour apparaît un certain Saint-Esprit. Il en était de ce dernier comme de la jeune fille de l’étranger[8] : personne ne savait d’où elle venait. L’écriture de la Bible, c’est-à-dire Dieu lui-même, dit seulement qu’il est lui-même le Saint-Esprit. Par conséquent nous avons affaire pour l’instant à un Dieu en deux unités. Ce Saint-Esprit prit la forme d’un pigeon et fit la connaissance d’une femme obscure nommée Marie. Dans un moment de doux épanchement il la couvrit de son ombre et voici : elle mit au monde un fils, sans que cela, comme l’affirme la Bible, porta atteinte à sa virginité. Dieu se nomma alors le Dieu le père, tout en assurant qu’il ne faisait qu’un non seulement avec le Saint-Esprit mais aussi avec le Fils ! Que l’on considère bien cela : Le père était son propre fils, le fils son propre père et de plus tous deux ensemble étaient le Saint-Esprit ! C’est ainsi que se forma la Sainte-Trinité. – Et maintenant, pauvre cervelle humaine, tiens-toi ferme, car ce qui va suivre pourrait te mettre à l’envers.

Nous savons que Dieu le père avait résolu d’exterminer le genre humain, ce qui fit énormément de peine à Dieu le fils ; alors, il (le fils, qui, comme nous le savons, était le père) prit tout sur lui et pour apaiser son père (qui était en même temps le fils), il se fit crucifier par ceux-mêmes qu’il voulait sauver de l’extermination. Ce sacrifice du fils (qui est un avec le père) plut tellement au père (qui est un avec son fils), qu’il publia une amnistie générale qui est en partie encore en vigueur aujourd’hui.

En première ligne le dogme de la récompense et de la punition de l’homme dans l’autre monde. Il y a longtemps qu’il a été prouvé scientifiquement qu’il n’y a pas d’autre vie indépendante que celle du corps et que l’âme – ce que les charlatans religieux appellent l’âme – n’est pas autre chose que l’organe de la pensée (cerveau) qui reçoit les impressions par l’organe des sens et que, partant, ce mouvement doit cesser nécessairement avec la mort corporelle. Mais les ennemis jurés de l’intelligence humaine ne s’occupent pas des résultats des expériences scientifiques que juste assez pour les empêcher de pénétrer le peuple. C’est ainsi qu’ils prêchent la vie éternelle de l’âme. Malheur à elle dans l’autre monde si le corps dans lequel elle a habitée ici-bas n’a pas suivi ponctuellement les lois de Dieu ! Car, ces gens-là nous l’assurent, Dieu tout bon, tout juste, très fin aussi, s’occupe de chaque peccadille d’un chacun et s’enregistre dans ses actes universels (quel contrôle et quelle comptabilité !). A côté de cela, il est parfois comique dans ses exigences. Écoutez plutôt :

Tandis qu’il désire que les nouveau-nés soient arrosés d’eau froide (baptisés en son honneur au risque de les enrhumer), tandis qu’il éprouve un plaisir inouï lorsque de nombreuses brebis croyantes qui bêlent leurs litanies et que les plus zélés de son parti lui chantent sans interruption leurs pieuses hymnes en le sollicitant pour toute sorte de choses possibles et impossibles ; tandis qu’il se mêle aux guerres sanglantes en se faisant encenser et adorer comme Dieu des batailles ; il se fâche tout rouge lorsqu’un catholique mange de la viande un vendredi ou ne va pas régulièrement à confesse. Il s’irrite aussi si un protestant méprise les os des saints ; les images et autres reliques de la Vierge, recommandés par l’église catholique, ou si un fidèle quelconque ne fait pas son pèlerinage annuel, le dos courbé, les mains jointes et les yeux tournés vers le ciel. Qu’un homme meure pêcheur endurci, le bon Dieu lui inflige une punition à côté de laquelle tous les coups de bâton – et de knout, tous les tourments des prisons et du bannissement, toutes les sensations des condamnés sur l’échafaud, tous les supplices inventés par les tyrans apparaissent comme un agréable chatouillement. Ce Dieu bon surpasse en cruauté bestiale tout ce qui peut se passer de plus canaille sur la terre. Sa maison de détention s’appelle enfer, son bourreau est le diable, ses punitions durent éternellement. Mais pour de légères fautes et à la condition que le délinquant meure catholique, il fait grâce après un séjour plus ou moins long dans le purgatoire qui se distingue de l’enfer, comme en Prusse la prison se distingue de la maison de force.

Quoiqu’un bon petit feu soit entretenu dans le dit purgatoire, il n’est aménagé qu’en vue d’un séjour relativement court et sa discipline n’est pas très serrée. Les soi-disant péchés mortels ne sont pas punis par le purgatoire mais bien par l’enfer. Et parmi ces derniers il nous faut compter le blasphème en parole, en pensée et en écrit. Dieu ne tolère non seulement pas la liberté de la presse et de la parole, mais il interdit et proscrit les pensées non articulées qui pourraient lui déplaire. Enfoncés, les despotes de tous les pays et de tous les temps ! surpassés lesdits tyrans par le choix et la durée des punitions ! Donc ce Dieu est le monstre le plus épouvantable que l’on puisse s’imaginer. Sa conduite est d’autant plus infâme qu’il faut croire que le monde entier, que l’humanité est réglée dans toutes ses actions par sa divine providence.

Il maltraite par conséquent les hommes pour des actions dont il est lui-même l’inspirateur ! que les tyrans de la terre des temps passés et présents sont aimables comparés à ce monstre ! Mais il plaît à Dieu qu’un homme vive en homme de Dieu, c’est alors qu’il le maltraite et le torture davantage encore après sa mort, car le paradis promis est encore plus infernal que l’enfer. On n’a là aucun besoin, on est au contraire toujours satisfait sans qu’aucun désir ne précède la satisfaction de ce besoin.

Mais comme on ne peut se représenter aucune jouissance sans désir suivi de son accomplissement, le séjour du ciel sera donc bien stupide. On y est là éternellement occupé à contempler Dieu ; on y joue toujours les mêmes mélodies sur les mêmes harpes, on y chante continuellement le beau cantique qui pour n’être pas tout à fait aussi ennuyeux que Malborough s’en va-t-en guerre, n’en vaut guère mieux. C’est l’ennui à son plus haut degré. Le séjour dans une cellule isolée serait certainement à préférer.

Rien d’étonnant à ce que les riches et les puissants qui peuvent se procurer le paradis sur terre ne s’écrient en riant, avec Heine, le poète :

Nous laissons le paradis

Aux anges et aux pierrots.

Et pourtant ce sont justement les riches et les puissants qui entretiennent la religion. Assurément cela fait partie du métier. C’est même une question de vie pour la classe exploitante, la bourgeoisie, que le peuple soit abêti par la religion. Sa puissance monte ou tombe avec la folie religieuse.

Plus l’homme tient à la religion, plus il croit. Plus il croit, moins il sait. Moins il sait, plus bête il est. Plus il est bête, plus il se laisse gouverner facilement.

Cette logique fut connue des tyrans de tout temps, c’est pour cela qu’ils s’allièrent toujours avec le prêtre. Quelque dispute éclatait-elle entre ces deux sortes d’ennemis de l’homme, elle n’était pour ainsi dire qu’une futile querelle de ménage pour savoir qui aurait la maîtrise. Chaque prêtre sait bien que son rôle est fini lorsqu’il n’est plus soutenu par les millions. Les riches et les puissants n’ignorent pas non plus que l’homme ne se laisse gouverner et exploiter que lorsque les corbeaux, peu importe l’église à laquelle ils appartiennent, ont réussi à implanter au sein des masses l’idée que notre terre est une vallée de larmes, qu’il leur ont infiltré cette sentence à respecter l’autorité, ou bien lorsqu’ils les ont alléchés par la promesse d’une vie plus heureuse dans l’autre monde.

Windhorst, le jésuite par excellence, fit entendre un jour assez clairement, dans la chaleur d’un combat parlementaire, ce que les filous et les charlatans du monde pensent à ce sujet :

« Lorsque la foi s’éteint dans le peuple, dit-il, il ne peut plus supporter sa grande misère et se révolte ! »

Cette phrase était claire et aurait dû faire réfléchir bien des ouvriers. Mais, hélas !, tant d’entr’eux sont si bornés, grâce à la religion, qu’ils entendent les choses les plus simples sans les comprendre.

Ce n’est pas en vain que les prêtres, c’est-à-dire les noirs gendarmes du despotisme, se sont efforcés de retenir de tout leur pouvoir la décadence religieuse, quoique comme on sait, ils pouffent de rire entre eux en pensant aux bêtises qu’ils prêchent contre bonne rémunération.

Pendant des siècles, ces détraqueurs de cervelle ont gouverné les masses par la terreur, car, sans cela, il y a longtemps que la folie religieuse aurait pris fin. La cachot et les chaînes, le poison et le poignard, la potence et le glaive, le guet-apens et l’assassinat, au nom de Dieu et de la Justice, ont été les moyens employés pour le maintien de cette folie, qui sera une tache dans l’histoire de l’humanité. Des milliers d’individus ont été grillés à petit feu sur les bûchers au nom de Dieu, pour avoir osé mettre en doute le contenu de la Bible. Des millions d’hommes furent forcés pendant de longues guerres, de s’entretuer, de dévaster des pays entiers et laissèrent ces mêmes pays aux prises avec la peste après les avoir pillés et incendiés pour maintenir la religion. Les supplices les plus raffinés furent inventés par les prêtres et leurs acolytes, lorsqu’il s’est agit de ramener à la religion ceux qui n’avaient plus la crainte de Dieu.

On appelle criminel un homme qui estropie pieds et jambes de son semblable. Comment appelle-t-on celui qui atrophie le cerveau d’un autre et qui, lorsque cela ne le conduit pas au but désiré, fait périr même le corps à petit feu avec une cruauté raffinée ?

Il est vrai que ces êtres ne peuvent plus aujourd’hui se livrer à leur métier de bandit comme autrefois, lors même que les procès en blasphèmes abondent encore ; par contre ils savent maintenant se glisser dans les familles, y influencer les femmes, accaparer les enfants et abuser de l’enseignement donné dans les écoles. Leur hypocrisie a plutôt augmenté que diminué. Ils s’emparèrent de la presse lorsqu’ils s’aperçurent qu’il n’était pas possible de faire disparaître l’imprimerie.

Un vieux proverbe dit : « Où a passé un prêtre, l’herbe ne repousse plus pendant dix ans », ce qui revient à dire que lorsqu’un homme se trouve sous la griffe d’un prêtre, son cerveau a perdu ses facultés de penser, ses rouages se sont arrêtés et les araignées y tissent leurs toiles. Il ressemble au mouton pris de vertige. Ces malheureux ont perdu le but de la vie et, ce qui est encore plus malheureux, c’est qu’ils forment la plus grande partie des antagonistes de la science et de la lumière, de la révolution et de la liberté. On les trouve toujours prêts dans leur bêtise obtuse à aider ceux qui veulent forger de nouvelle chaînes pour l’humanité ou à aider ceux qui veulent mettre des bâtons dans les roues du progrès toujours croissant. Or donc, en essayant de guérir des malades, non seulement on accomplit une bonne œuvre vis-à-vis d’eux-mêmes, mais encore on est en voie d’arracher un cancer qui ronge le peuple et qui doit être totalement détruit, si la terre doit devenir le séjour d’hommes et non un terrain de jeux pour les dieux et les diables, comme elle l’a été jusqu’à présent.

Par conséquent, arrachons du cerveau les idées religieuses, et à bas les prêtres ! Ces derniers ont la coutume de dire que la fin justifie les moyens. Bien ! Employons nous aussi cet axiome contre eux. Notre but est la délivrance de l’humanité de tout esclavage, de la tirer du joug de la servitude sociale comme des fers de la tyrannie politique, mais aussi sortir cette même humanité des ténèbres religieuses. Tout moyen pour l’accomplissement de ce haut but doit être reconnu comme juste par tous les vrais amis de l’humanité et doit être mis en pratique à chaque occasion propice.

Tout homme anti-religieux commet donc une négligence à ses devoirs lorsqu’il ne fait pas tout ce qu’il peut journellement et à toute heure pour tuer la religion. Tout homme délivré de la foi qui omet de combattre la prêtraille où et quand il peut est un traître à son parti. Partout guerre, guerre à outrance à cette noire engeance.

Excitons contre les corrupteurs et éclairons les aveugles. Que chaque arme nous soit bonne pour notre cause, aussi bien l’acerbe moquerie que le flambeau de la science et où ces dernières armes restent sans effet, eh bien ! employons des arguments plus faciles : qu’on ne laisse pas passer sans la relever aucune allusion à Dieu et à la religion dans les assemblées où sont discutées les intérêts du peuple. De même que le principe de la propriété et sa sanction armée, l’État ne peut trouver place dans le camp de la révolution sociale, – ce qui est en dehors de ce camp est naturellement réactionnaire – de même la religion ou ce qui s’y rapporte n’y a place. Et qu’on sache bien que plus ceux qui veulent mêler leur bavardage religieux aux aspirations des travailleurs, eussent-ils l’air respectables, leur réputation fût-elle bonne, sont de dangereux personnages. Quiconque prêche la religion sous n’importe quelle forme ne peut être qu’un sot ou un coquin. Ces deux sortes d’individus ne valent rien pour l’avancement d’une chose qui ne peut atteindre son but que si elle est sûre de la sincérité de ses combattants.

La politique opportuniste est, dans ce cas, non seulement un mal mais un crime. Si les ouvriers permettent à quelques prêtres de se mêler de leurs affaires, non seulement ils seront trompés, mais encore trahis et vendus.

Autant il est logique que le prolétaire combatte principalement le capitalisme et partant vise aussi la destruction de son mécanisme forcé, l’État, autant il coule de source que l’Église reçoive aussi son compte dans ce combat, car elle ne peut pas être de côté : il faut que la religion soit détruite systématiquement dans le peuple, si l’on veut que ce dernier revienne à la raison sans laquelle il ne pourra jamais conquérir sa liberté.

Proposons quelques questions pour les sots et autrement dit, pour ceux qui ont été abêtis par la religion, en tant qu’ils paraissent corrigibles. Par exemple :

  • Si Dieu veut qu’on le connaisse, qu’on l’aime et qu’on le craigne, pourquoi ne se montre-il pas ? 
  • Et s’il est si bon que le disent les prêtres, quelles raison a-t-on de le craindre ? 
  • S’il sait tout, pourquoi l’ennuyer de nos affaires particulières et de nos prières ? 
  • S’il est partout, pourquoi bâtir des églises ? 
  • S’il est juste, pourquoi penser qu’il punira les hommes créés par lui pleins de faiblesse ? 
  • Si les hommes ne font le bien que par une grâce particulière de Dieu, quelle raison aura-t-il de les récompenser ? 
  • S’il est tout-puissant, comment peut-il permettre le blasphème ? 
  • S’il est inconcevable, pourquoi nous occuper de lui ? 
  • Si la connaissance de Dieu est nécessaire, pourquoi reste-t-il dans l’ombre ? Etc., etc. 

Devant de telles questions l’homme croyant reste bouche bée. Mais chaque homme pensant doit admettre qu’il n’existe pas une seule preuve de l’existence de Dieu. De plus, il n’y a aucune nécessité d’une divinité. Un Dieu en dehors ou en dedans de la nature n’est d’aucune nécessité lorsqu’on connaît les propriétés et les règles de cette dernière. Son but moral n’est pas moins nul.

Il existe un grand royaume gouverné par un souverain dont la manière d’agir amène le désordre dans l’esprit de ses sujets. Il veut être connu, aimé, honoré et tout contribue à embrouiller les idées qu’on peut se faire de lui. Les peuples soumis à sa dépendance n’ont sur le caractère et les lois de leur souverain invisible que les idées dont ses ministres leur font part ; par contre, ceux-ci admettent qu’ils ne peuvent se faire aucune idée de leur maître, que sa volonté est impénétrable, ses vues et ses idées insaisissables ; ses valets ne sont jamais d’accord sur les lois à donner de sa part et ils les annoncent dans chaque province d’une manière différente ; ils s’insultent mutuellement et s’accusent l’un l’autre de tromperie.

Les édits et les lois qu’ils sont censés devoir donner sont embrouillés ; ce sont des rébus qui ne peuvent être ni compris ni devinés par les sujets auxquels ils devraient servir d’enseignement. Les lois du monarque caché ont besoin d’éclaircissement et cependant ceux-là même qui les expliquent ne sont jamais d’accord entre eux ; tout ce qu’ils savent raconter de leur souverain caché est un chaos de contradictions ; ils ne disent pas un mot qui ne puisse être aussitôt controuvé et taxé de mensonge.

On le dit extrêmement bon et cependant il n’y a pas un homme qui ne se plaigne de ses décrets.

On le dit infiniment sage et cependant tout dans son administration semble être à rebours de la raison et du bon sens. On glorifie sa justice, et les meilleurs de ses sujets sont ordinairement ceux qui sont le moins favorisés. On assure qu’il voit tout et sa présence ne remet cependant rien en ordre. Il est, dit-on, ami de l’ordre et pourtant tout n’est que confusion et désordre dans ses états. Il fait tout par lui-même, mais les événements répondent rarement à ses plans. Il voit tout à l’avance mais ne sait pas ce qui arrivera. Il ne se laisse pas offenser en vain et pourtant il tolère les offenses d’un chacun. On admire son savoir, la perfection de ses œuvres et cependant ses œuvres sont imparfaites et de courte durée. Il crée, détruit, corrige ce qu’il a fait sans jamais être content de son ouvrage. Il ne cherche dans toutes ses entreprises que sa propre gloire sans cependant atteindre le but d’être loué en tout et partout. Il ne travaille qu’au bien-être de ses sujets… mais la plupart manquent du nécessaire. Ceux qu’il paraît favoriser le plus sont généralement les moins contents de leur sort : on les voit se soulever contre un maître dont ils admirent la grandeur, dont ils louent la sagesse, dont ils honorent la bonté, dont ils craignent la justice et dont ils sanctifient les commandements qu’ils ne suivent jamais.

Ce royaume est le monde, ce souverain est Dieu : ces valets sont les Prêtres, les hommes sont les sujets. Joli pays ! Le Dieu des Chrétiens spécialement est un Dieu qui, comme nous l’avons vu, fait des promesses pour les rompre, répand la peste et les maladies sur les hommes pour les guérir ; un Dieu qui créa les hommes à son image et qui, pourtant, ne prend pas les responsabilités du mal ; qui vit que toutes ses œuvres étaient bonnes et s’aperçut bientôt qu’elles ne valaient rien ; qui savait que les deux premiers êtres mangeraient du fruit défendu et qui, pourtant pour cela, punit tout le genre humain. Un Dieu si faible qui se laisse duper par le diable, si cruel qu’aucun tyran de la terre ne peut lui être comparé. Tel est le Dieu de la mythologie judéo-chrétienne.

Celui qui créa les hommes parfaits sans aviser pourtant à ce qu’ils restent parfaits ; celui qui créa le diable sans pouvoir arriver à le dominer est un gâcheur que la religion qualifie de souverainement sage ; pour elle tout puissant est celui qui condamne des millions d’innocents pour la faute commise par un seul, qui extermina par le déluge tous les hommes à l’exception de quelques-uns qui reformèrent une race aussi mauvaise que la première : qui fit un ciel pour les fous qui croient aux évangiles et un enfer pour les sages qui le réprouvent.

Celui qui se créa lui-même par le Saint-Esprit ; qui s’envoya comme médiateur entre lui-même et les autres ; qui, méprisé et bafoué par ses ennemis, se laissa clouer sur une croix comme une chauve-souris à la porte d’une grange ; qui se laissa enterrer, qui ressuscita des morts, descendit aux enfers, remonta vivant au ciel où il s’assit à sa droite même pour y juger les vivants et les morts, alors qu’il n’y aura plus de vivants, celui qui a fait tout cela est un charlatan divin. C’est un affreux tyran dont l’histoire devrait être écrite en lettres de sang, car elle est la religion de la terreur. Loin de nous donc la mythologie chrétienne. Loin de nous un Dieu inventé par les prêtres de la foi sanglante qui, sans leur néant important, avec lequel ils expliquent tous, ne se vautreraient plus longtemps dans l’abondance, ne prêcheraient plus longtemps l’humilité tout en vivant eux-mêmes dans l’orgueil, mais au contraire seraient précipités dans l’abîme de l’oubli. Loin de nous cruelle trinité, le père meurtrier, le fils contre nature et le Saint-Esprit voluptueux ! Loin de nous tous ces fantômes déshonorants, au nom desquels on rabaisse les hommes au niveau des misérables esclaves et qu’on renvoie par la toute puissance du mensonge des peines de cette terre aux joies du ciel. Loin de nous tous ceux qui, avec leur démence sainte, sont les entraves du bonheur et de la liberté ! Dieu est un revenant inventé par des charlatans raffinés au moyen duquel on a jusqu’à présent effrayé et tyrannisé les hommes. Mais le revenant s’évanouit dès qu’il est examiné par la saine raison, les masses trompées s’indignent d’avoir cru si longtemps et jettent à la face des prêtres ces mots du poète :

Sois maudit, O Dieu que nous avons prié

Dans le froid de l’hiver et les tourments de la faim…

Nous avons en vain attendu et espéré ;

Il nous a singés, trompés et bernés !

Espérons que les masses ne se laisseront plus longtemps tromper et berner, mais qu’un jour viendra où les crucifix et les saints seront jetés au feu, les calices et les hosties convertis en objets utiles, les églises transformées en salle de concert, de théâtres ou d’assemblées, ou, dans le cas où elles ne pourraient servir à ce but, en grenier à blé et en écuries à chevaux. Espérons qu’un jour viendra où le peuple éclairé cette fois ne comprendra pas que pareille transformation n’ait pas déjà eu lieu depuis longtemps. Cette manière d’agir courte et concise ne se pratiquera naturellement que lorsque la RÉVOLUTION SOCIALE, qui approche, éclatera, c’est-à-dire au moment où il sera fait table rase des complices de la prétraille : principes, bureaucrates et capitalistes et où l’État ainsi que l’Église seront radicalement balayés.

Johann Most, 1892.

[1] Wilhelm Liebknecht Bebel, proches de Karl Marx fonde en 1866 le Parti populaire saxon, puis le Parti ouvrier social-démocrate allemand en 1869, qui deviendra le Parti Social-démocrate (SPD) en 1890.

[2] Le 11 mai 1878, Max Hödel, plombier anarchiste allemand de 21 ans tente d’assassiner à coups de revolver l’empereur Guillaume 1er, il échoue et est décapité deux mois plus tard. Le 2 juin, Karl Nobiling anarchiste issu d’une famille aisé et fraîchement diplômé d’un doctorat en philosophie tente à son tour d’assassiner l’empereur, mais ne parvient qu’à le blesser. Il meurt trois mois plus tard en prison. A la suite de ces deux tentatives, le chancelier Bismarck promulgue les dites Lois antisocialistes interdisant entre autre les oraganisations socialistes et social-démocrates.

[3] Sofia Perovskaïa, membre de l’organisation terroriste révolutionnaire Narodnaïa Volia, organisa l’attentat dans lequel mourut le tsar Alexandre II en 1881. Avant cela, elle avait déjà participé à plusieurs tentatives d’attentats. Elle fut pendue pour régicide le 3 avril 1881.

[4] Compagnon de Perovskaïa, il participa à l’attentat contre le tsar et fut également exécuté.

[5] Le 22 janvier 1905 une marée humaine, sur fond de grève massive, manifeste vers le Palais d’Hiver où réside le Tsar Nicolas II, en silence et dans l’intention de remettre pacifiquement au «Petit père» ses doléances par le biais du prêtre Gapone. Mais l’armée tire dans la foule, faisant des centaines de morts. Cette journée restée dans les mémoires sous le nom de Dimanche Rouge marque également le début de la Révolution de 1905.

[6] Von Plehwe fut directeur de la police du tsar puis Ministre de l’Intérieur. Après avoir réchappé à un attentat l’année précédente, il mourut dans l’explosion de la bombe d’Igor Sazonov le 15 juillet 1904 à Saint-Pétersbourg, attentat commandité et organisé par l’Organisation de Combat des Socialistes Révolutionnaires.

[7] L’empereur Guillaume est appelé ainsi par une grande partie du peuple allemand pour rappeler sa fuite en 1848, sous le nom de Lehman, lâcheur de poste.

[8] Allusion à un poème de Schiller.

Le texte mis en PDF par Jo de JBL1960:

la-peste-religieuse-par-johann-most-1892

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Lectures complémentaires:

Ecrits-choisis-anarchistes-sebastien-faure-mai-2018

Manifeste pour la Société des Sociétés

Dieu et lEtat_Bakounine

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Leon_Tolstoi_Politique_et_Religion

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

Colonialisme chrétien, génocide et réseau pédophile: Les églises et états à genoux…

Posted in actualité, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 15 avril 2014 by Résistance 71

“Dieu mort, restent les Hommes, c’est à dire l’Histoire qu’il faut comprende et bâtir.”
~ Albert Camus ~

“Les gens construisent une telle machine de pouvoir, qu’ils permettent à quiconque le peut de la saisir (et les chances sont très grandes qu’elle sera toujours saisie par les plus moralement dépravés), ils se soumettent servilement au pouvoir et sont ensuite surpris que tant de maux en ressortent. Ils ont peur des bombes des anarchistes et n’ont pas peur de cette organisation terrible qui les menace sans cesse des pires calamités… Pour délivrer les Hommes des terribles maux de l’armement et des guerres, qui fluctuent toujours, ce n’est pas d’assemblées parlementaires, de conférences, de traités, ni de tribunaux d’arbitrage, dont nous avons besoin, mais de la destruction de ces instruments de violence que sont ce que nous appelons les gouvernements et desquels résultent les plus grands maux de l’humanité. Pour détruire la violence gouvernementale, une seule chose est nécessaire: Que les gens comprennent que le sentiment de patriotisme, qui supporte à lui seul cet instrument de violence, est un très mauvais sentiment, un sentiment brutal, dangereux, disgrâcieux et par dessus tout, totalement immoral.”
~ Léon Tolstoï ~

La pierre de jet appelée Vérité et ses conséquences: vivre dans un monde post-Goliath

 

Kevin D. Annett


Secrétaire de terrain de l’International Tribunal into Crimes of Church and State (ITCCS)

 

13 Avril 2014

 

url de l’article original:

http://itccs.org/2014/04/13/the-slung-stone-called-the-truth-and-its-consequences-living-in-a-post-goliath-world/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

“Au moins 50 000 enfants aborigènes (du Canada) sont morts dans les pensionnats pour Indiens entre 1896 et 1973, d’après les propres documents du gouvernement sur leur taux de mortalité…” ~ Première déclaration de presse de Kevin Annett annonçant la publication de son livre: Hidden from History: The Canadian Holocaust on February 1, 2000

“Les archives concernant la mortalité de dizaines de milliers d’enfants autochtones, décédés du temps du programme des pensionnats pour Indiens qui sévissait au Canada, ont été remises à la Commission Vérité et Réconciliation. Plusieurs gouvernements provinciaux ont abandonné leurs archives à la commission…”

– West Coast Native News, le 30 Mars 2014 (http://westcoastnativenews.com/tens-of-thousands-first-nation-children-died-in-residential-schools/)

~ Puis David choisît quelques pierres bien lisses et les mît dans son sac et il tint sa fronde prête alors qu’il s’approchait de Goliath… ~ 1 Samuel 17:40

………

La pierre fatale appelée vérité

Je sais définitivement de quoi il retourne maintenant. Mais alors même que le Goliath de Rome et de Londres chancèle du coup reçu et commence à s’effondrer, une partie stupide et lancinante de moi-même pense toujours incroyablement que le miracle se soit produit et la bataille est gagnée. Même dans la victoire, nos esprits demeurent un peu plus dans le passé.

Ainsi, cette étrange partie de moi-même a trouvé bizarre la semaine dernière qu’aucun journaliste ne m’ait appelé pour me demander comment cela se ressentait d’avoir eu raison tout ce temps ; ou que l’église unifiée du Canada ne frappe pas à ma porte en se confondant en excuses: “Nous sommes désolés !” d’avoir détruit votre vie sans nécessité au sujet de quelque chose qui était en fait bien vrai: les assassinats qu’elle avait perpétrée sur de petits enfants bronzés.

Bien sûr qu’ils n’appellent pas, imbécile ! Dis-je à mon for intérieur stupide. Ils se barrent tous en rasant les murs !

Ces Philistins de l’église et de l’état ne sont plus le problème après tout ; spécifiquement maintenant qu’ils sont en déroute après la chute de leur mensonge Goliath, alors qu’ils utilisent les distractions usuelles et nécessaires avec leur réthorique politiquement correcte dont ils ont besoin pour couvrir leur retraite précipitée. Mais dans leur sillage, le reste d’entre vous va devoir maintenant décider comment voulez-vous vivre dans le grand vide et la brillante lumière laissés par leur absence.

J’ai rencontré aujourd’hui même une personne qui a travaillé pendant des décennies à un haut niveau de la Gendarmerie Royale du Canada, GRC (NdT: la police fédérale canadienne, l’équivalent du FBI, connue sous le nom de “police montée”). Il m’a dit que chaque “Mountie” (gendarme) au Canada a été briefé qu’il ne devait “en aucune circonstance” me harceler, m’engager ou même me poser des questions. Pourquoi ? A cause du très récent ordre de mise à pied que notre tribunal international de droit commun a émis à chaque agent, fonctionnaire de la couronne d’Angleterre, après que cette dernière ait été prouvée coupable de génocide lors d’un procès l’an dernier. Les gendarmes ont peur de cet ordre, brièvement, parce que, pour citer cet officiel: “Nous savons tous ce que nous avons fait.

Les nouvelles en provenance de Rome sont même encore plus révélatrices. Apparemment, même la mafia n’utilise plus la Banque du Vatican (NdT: qui est un gros actionnaire de la Banque d’Angleterre et dont les intérêts sont gérés depuis bien longtemps par la famille Rothschild..) pour blanchir leur argent de la drogue car, pour citer un sénateur italien: “Même les aveugles peuvent voir que l’église (catholique) est à genoux et ce n’est pas pour prier…” Apparemment, deux autres cardinaux importants connectés à la Banque sont également en passe de jeter l’éponge.

Tout cela me semble t’il, a tout l’air d’un Titan nommé Goliath, allongé dans la poussière et attendant que quelqu’un de courageux vienne le décapiter avec sa propre épée.

Ce coup de grâce arrive, mais je veux d’abord partager ce qui a vraiment mis à bas la bête.

Je viens d’avoir 58 ans en février dernier et mes hanches ne fonctionnent plus très bien ces jours-ci ; ceci provient du fait que j’ai dû marcher partout avec mes sacs surchargés de documents. Ce n’était pas comme çà il y a quelques 22 ans de celà, quand j’avais encore un permis de conduire et un salaire et lorsque j’ai appris au sujet des champs de la mort de Port Albeni (NdT: sur la côte ouest du Canada en Colombie Britannique) en tant que jeune prêtre de l’église unifiée y officiant.

Le genre d’usure particulière et incurable liée à la guerre qui vient avec le fait d’avoir lutté pendant si longtemps n’avait pas encore sévit sur moi à cette époque. J’étais aussi aveuglé que le reste d’entre vous et de cette façon, relativement heureux. Beaucoup de mes amis Indiens étaient aussi toujours vivant, des types dont vous n’entendrez jamais parler sauf par moi, des gars biens, qui savaient tout des enfants assassinés et qui avaient même aidé à les enterrer. Mais ces amis sont morts aussi maintenant. Tous.

Ricky Lavallée était l’un d’entre eux: lui qui avec sa guitare à deux cordes et son sourire moqueur me tirait toujours les mêmes deux dollars pour manger une pizza avant d’aller avec quelques autres survivants et moi-même, créer quelques nuisances les dimanches dans les églises du centre ville de Vancouver qui détestaient nous voir et ce que nous savions de leur saloperie. Ricky et six autres d’entres nous, arrêtèrent une fois le trafic le long de la Georgia Street avec nos bannières sur lesquelles hurlaient les mots: “Tous les enfants doivent avoir un enterrement correct !” et il souriait tout le temps.

L’année dernière, quelqu’un a très violemment frappé Ricky sur la poitrine, si violemment qu’il en est mort, peu de temps après qu’il ait parlé publiquement d’avoir vu un de nos potes, Bingo Dawson, se faire battre à mort par les flics de Vancouver, lui aussi. Mais comme Bingo était “officiellement” décédé “suite à un coma éthylique”… et bien, Ricky devint très vite un autre témoin occulaire encombrant.

Des photos de Ricky Lavallée et de Bingo Dawson devraient être accrochés aux murs de chaque classe d’école de notre nouvelle et bourgeonnante République du Kanata, car ils furent, ainsi que bien d’autres héros tombés, la force qui propulsa la pierre qui amena les criminels au sol.

… et ses conséquences

Ceux qui me souhaitent souvent de “faire attention” n’ont pas vraiment suivi l’affaire ces jours-ci. Ce sont les sales types qui aiment prétendre qu’ils gèrent, qui doivent faire sérieusement attention collectivement à leurs fesses de nos jours, pas moi, parce que comme le gendarme a dit… Ils savent ce qu’ils ont fait.

Comme un certain brandon sans abri avait l’habitude de dire en Galilée, le royaume des cieux est partout sur terre et pourtant les gens ne le voient pas. Ceci résume la situation actuelle, dans le sillage de la mise à bas légale et bientôt spirituelle du Vatican et de la Couronne d’Angleterre et de tous les pays et toutes les entreprises qui en sont échus ; nous sommes libres de refaire le monde et nous-mêmes dès maintenant, mais seulement si nous arrêtons de voir et de croire les illusions qui nous sont imprimées dans les esprits par des entités totalement fictives, et ce en commençant par les tribunaux, gouvernements et églises qui peuvent paraître réels.

Un de mes nouveaux amis est un Canadien du Midwest, un fermier et un sacré expert en droit coutumier. Il explique les choses de cette façon:

“Il n’y avait auparavant que la Loi Naturelle qui gouvernait les Hommes, le loi “de jure”, de dieu, celle de l’égalité et de la paix ; mais ensuite le pouvoir légal de facto a subverti le pouvoir de la loi et la force de facto devint le pouvoir légal des rois auto-proclamés et des papes qui régnèrent arbitrairement hors de la Loi Naturelle. Mais la Magna Carta est venue pour restaurer la Loi Naturelle sur l’humanité, et une fois de plus, le pouvoir de facto l’a rogné jusqu’à ce que la justice soit effectivement abolie dans tous les soi-disants tribunaux de justice.

Aujourd’hui, il n’y a plus de tribunaux ou gouvernements “de jure” où que ce soit: ce ne sont que des contractants privés des entreprises qui gouvernent notre monde. Ainsi, nous abolissons maintenant ces pouvoirs entrepreneuriaux de facto avec, une nouvelle fois, la Magna Carta, au travers des tribunaux de droit coutumier. Mais cette fois-ci, la bataille des balanciers doit cesser. Le peuple doit finalement se réapproprier la loi et la terre s’il doit avoir un futur.”

D’accord, il y a bien des gens éveillés qui y répondent. Mais COMMENT ?

Notre travail vous montre à tous non seulement le pourquoi mais aussi le comment déplacer les institutions criminelles et ce pas simplement en exposant les crimes. Cette dernière année, nous avons créé des ateliers de formation pour enseigner aux gens la droit coutumier et les déléguer pour être sheriffs et officiers de paix et membres de jury qui remplaceront les tribunaux corrompus entrepreneuriaux d’aujourd’hui. En Mai, des groupes du monde entier vont systématiquement faire appliquer les ordres de mise à pied émis à l’encontre des autorités criminelles existantes, qu’elles soient de police, d’église, de justice, de politique ou du pape.

Pour pousser les choses encore plus loin, durant le week-end pasqual qui vient les 18-20 Avril, nous allons spirituellement converger vers Rome pour annihiler l’autorité et la règle du Vatican et de l’entité qui le contrôle.

L’épée qui tranchera finalement la tête de Goliath est brandie, Ô peuple. Le problème n’est pas le manque de lame, mais la couardise et le conditionnement de la masse des gens. Et c’est pourquoi, seul le reliquat de ce qui fut appelé “les guerriers”, seront capables de créer l’exemple et de faire jaillir l’étincelle d’illumination qui fera se rassembler des millions de personnes qui pourront refaçonner notre monde. La clareté et la volonté de ce reliquat est maintenant à un stade décisif.

Vous allez adorer les conséquences d’une frappe mortelle bien ciblée ! Alors faites la preuve devant dieu et nos descendants, que vous valez la peine de la liberté qui vous a été donnée maintenant par le sang et le sacrifice de quelques uns d’entre nous.

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Les origines du colonialisme: Inhumain trop inhumain… selon le Vatican

Posted in actualité, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, politique et social, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 12 octobre 2013 by Résistance 71

Cette traduction d’un article de recherche de Steve Newcomb (grand spécialiste de la nation Shawnee concernant les origines de la loi fédérale sur les Indiens) est très complémentaire de notre série sur le vol, pillage et génocide commis à l’encontre des nations autochtones des Amériques depuis 1492 et des informations en découlant au sujet des origines profondes religieuses et vaticanes de la colonisation menée tambour battant par les nations européennes depuis le XIème siècle et les premières croisades et son apogée entre la fin du XVème et la fin du XIXème siècles.

Pour plus d’information lire ces articles:

Dans l’ordre chronologique de ce qui a été traduit/publié:

https://resistance71.wordpress.com/2013/09/19/societe-contre-letat-de-lorigine-du-genocide-introduction-au-livre-de-kevin-annett-hidden-no-longer-genocide-in-canada-past-and-present/

https://resistance71.wordpress.com/2013/09/19/colonialisme-et-genocide-au-nouveau-monde-a-decouvert-genocide-au-canada-passe-et-present-introduction-1ere-partie/

https://resistance71.wordpress.com/2013/09/23/colonialisme-et-genocide-au-nouveau-monde-a-decouvert-genocide-au-canada-passe-et-present-introduction-2eme-partie/

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/01/resistance-des-peuples-le-droit-coutumier-doit-remplacer-le-systeme-legal-planetaire-corrompu-lexemple-donne-par-le-tribunal-international-sur-les-crimes-des-eglises-et-des-etats/

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/02/genocide-denfants-indiens-au-canada-quand-la-collusion-criminelle-de-letat-et-des-eglises-genere-la-farce-de-la-reconciliation/

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/04/resistance-politique-le-grand-mensonge-qui-regit-le-colonialisme-bulle-papale-de-1493/

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/05/au-sujet-de-lorigine-du-colonialisme-la-bulle-papale-inter-caetera-alexandre-vi-1493/

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/09/lorigine-profonde-du-colonialisme-occidental-les-bulles-pontificales-romanus-pontifex-1455-et-inter-caetera-1493/

 — Résistance 71 —

 

Cinq cents ans d’injustice

L’héritage du racisme religieux du XVème siècle

 

par Steve Newcomb

 

Source: Newcomb, Steve. « Five Hundred Years of Injustice. » Shaman’s Drum. Fall 1992, p. 18-20.

 

url de l’article original:

http://ili.nativeweb.org/sdrm_art.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Quand Christophe Colomb posa le pied pour la première fois sur les sables blancs de l’île de Guanahani, il pratiqua une cérémonie de “prise de possession” de la terre pour le roi et la reine d’Espagne, agissant sous la loi internationale de la chrétienté occidendale. Bien que l’histoire de la “découverte” de Colomb ait pris des proportions mythologiques dans la vaste majorité du monde occidental, très peu de gens sont en fait au courant que cet acte de “possession” est fondé sur une doctrine religieuse connue dans l’histoire sous le vocable de la “doctrine de la découverte”. Bien peu réalisent même qu’aujourd’hui, plus de cinq siècles plus tard, le gouvernement des Etats-Unis (NdT: et du Canada et les gouvernements des nations sud-américaines) continue d’utiliser cette doctrine archaïque judéo-chrétienne pour nier les droits des Indiens des Amériques.

Les origines de la doctrine de la découverte

Pour bien comprendre la relation entre le principe de la découverte érigé par la chrétienté et les lois des Etats-Unis, nous devons commencer par examiner le document pontifical qui fut écrit quarante ans avant que Colomb ne fasse son voyage historique de 1492 ; le pape Nicolas V émit pour le roi Alphonse V du Portugal la bulle Romanus Pontifex en 1455, déclarant la guerre contre tous les non-chrétiens à travers le monde et spécifiquement promouvant la conquête, la colonisation et l’exploitation des nations non-chrétiennes et de leurs territoires.

Sous le coup de doctrines théologiques et légales formulées pendant et après les croisades, les non-chrétiens furent considérés comme ennemis de la foi catholique et ainsi dégradés au statut de sous-hommes. De manièrre concordante, dans la bulle de 1455, le pape Nicolas V donna des instructions au roi Alphonse de “capturer, de vaincre et de subjuguer les sarazins, les païens et autres ennemis du Christ” et de les mettre “en état d’esclavage perpétuel” et de “saisir toutes leurs possessions et propriétés” [Davenport: 20-26]. Agissant ainsi selon ses privilèges papaux, le Portugal continua son trafic d’esclaves africains et étendît sa domination coloniale royale en faisant des “découvertes” le long de la côte Ouest africaine, clâmant ces territoires comme territoires portugais.

Ainsi, lorsque Colomb mit les voiles à l’Ouest à travers la Mer des Ténèbres en 1492, avec la  claire compréhension qu’il était “autorisé de prendre possession” de toutes terres qu’il serait amené “à découvrir” et qui n’était pas sous la domination d’un dirigeant chrétien, lui et les souverains espagnols d’Aragon et de Castille suivaient déjà une tradition bien établie de “découverte et de conquête”. De fait, après que Colomb s’en revint en Europe, le pape Alexandre VI émit la bulle pontificale Inter Caetera du 3 Mai 1493, “garantissant” a l’Espagne, à la requête expresse du roi Ferdinand et de la reine Isabelle, le droit de conquérir les terres que Colomb avait déjà trouvées, ainsi que toutes terres que l’Espagne pourrait “découvrir” dans le futur.

Dans ce document Inter Caetera, le pape Alexandre exprima son désir que les peuples “découverts” soient “subjugués et amenés à la foi elle-même”. De cette façon, disait le pape, “L’empire chrétien” pourrait se propager.. Lorsque le Portugal protesta contre cette concession à l’Espagne, le pape Alexandre stipula dans une bulle suivante le 4 Mai 1493, que l’Espagne de devait pas tenter d’établir sa domination sur des terres qui étaient “déjà sous la possession de seigneurs chrétiens”. Puis, avant de museler les deux monarques rivaux, le pape dessina une ligne de démarcation entre les deux pôles, donnant à l’Espagne le droit de conquête et de colonisation d’un côté du globe et au Portugal l’autre.

Durant le cinq-centième anniversaire du voyage de Colomb aux Amériques, il est important de reconnaître que les actes cruels de génocide et de conquête commis par Colomb et ses hommes contre les peuples pacifiques des Caraïbes, furent endorsés pleinement par les documents sus-mentionnés de l’église catholique romaine. En fait, ces documents papaux furent souvent utlisés par les conquérants européens des Amériques pour justifier d’un système de colonisation incroyablement brutal et sans merci, qui déshumanisa les peuples autochtones en regardant leurs territoires comme “n’étant habités que par des animaux sauvages”.

La leçon à tirer de ceci est que les bulles pontificales de 1455 et 1493 sont deux exemples très clairs du comment les “pouvoirs chrétiens” ou “les différents états de la chrétienté”, voyaient les peuples indigènes: comme “les butins et proies légaux de leurs conquérants civilisés”. En fait, la “loi des nations” chrétiennes estimait que celles-ci avaient un droit divin, fondé sur la bible, de clâmer le titre absolu et l’autorité ultime sur tous nouveaux habitants non-chrétiens “découverts” ainsi que leurs terres et propriétés. Au cours des siècles qui suivirent, ces croyances ont donné naissance à la doctrine de la découverte utilisée par l’Espagne, le Portugal, l’Angleterre, La France et la Holande et de fait toutes les nations chrétiennes.

La doctrine de la découverte dans la loi américaine

En 1823, la doctrine de la découverte chrétienne fut adoptée en catimini dans la loi américaine par la cour suprême des Etats-Unis dans le cas devenu célèbre de Johnson contre McIntosh. Ecrivant pour une cour unanime, le juge suprême John Marshal observa que les nations chrétiennes européennes avaient assumé la “domination ultime sous forme coloniale” (NdT: sens du mot “dominion” employé en anglais) des terres d’Amérique durant l’âge de la découverte et que avec cette “découverte”, les Indiens avaient perdu “leurs droits de souveraineté totale en tant que nations indépendantes” et ne retenaient que le droit “d’occuper” leurs territoires. En d’autres termes, les nations indiennes étaient soumises à l’autorité ultime de la première nation de la chrétienté qui clâma possession d’une région spécifique des terres indiennes.

D’après Marshall, les Etats-Unis, après avoir gagné leur indépendance en 1776, devinrent une nation héritière du droit de la “découverte” et acquérirent le pouvoir de “domination coloniales (dominion)” de la Grande-Bretagne. Bien sûr, lorsque Marshal définît en premier lieu le principe de “découverte”, il utilisa une langage qui n’attira pas l’attention sur le biais religieux, déclarant que “la découverte donne droit au gouvernement par les sujets ou l’autorité par lesquels la découverte fut faite, contre tout autre gouvernement européen”. Quoi qu’il en soit, en discutant le précédent légal soutenant les conclusions de la cour, Marshal cita de manière spécifique la charte anglaise donnée à l’explorateur John Cabot, afin de documenter la “reconnaissance totale” par l’Angleterre de la doctrine de la découverte. Ensuite, paraphrasant le langage de la charte elle-même, le juge Marshall nota que Cabot était autorisé de prendre possession de terres “sans se préoccuper de l’occupation des sols par les indigènes, qui sont des païens et dans le même temps en admettant le titre de propriété de tout chrétien qui en aurait pris possession au préalable.”

En d’autres termes, la cour suprême des Etats-Unis affirmait que la loi américaine était basée sur une règle fondamentale de la “loi des nations” et qu’il était possible de virtuellement ignorer les droits fondamentaux des “païens” indigènes et de clâmer que les “terres inoccupées” de l’Amérique appartenaient de droit aux nations européennes les découvrant. Il est bien sûr très important de comprendre que, comme l’a justement fait remarquer Benjamin Munn Ziegler dans sa Loi Internationale selon John Marshall, que le terme de “territoires inoccupés” se référait à “la terre en Amérique qui lorsqu’elle fut découverte était ‘occupée par des Indiens”, mais “inoccupés par des chrétiens’ ”

Ironiquement, la même année de la décision juridique de l’affaire Johnson contre McIntosh, lun des pères fondateurs des Etats-Unis, James Madison, écrivit: “La religion n’est pas la préoccupation du gouvernement humain. La religion est essentiellement distincte du gouvernement civil et exempte de sa reconnaissance ; une connexion faite entre les deux est injurieuse aux deux parties.”

La plupart d’entre nous ont été élevés dans la croyance que la  constitution des Etats-Unis fut faite pour maintenir une séparation de l’église et de l’état. Malheureusement, avec la décision de la cour suprême dans l’affaire Johnson, la doctrine chrétienne de la découverte fut non seulement pas écrite dans la loi américiane mais elle devint aussi la pierre angulaire de la politique américaine envers les Indiens au cours du siècle suivant.

De la doctrine de la découverte aux nations indépendantes intérieures

Utilisant comme base légale le principe de la “découverte”, la cour suprême déclara en 1831 que la nation Cherokee (et par implication toute autre nation indienne), n’était pas totalement souveraine, mais que “peut-être”, elle pourrait être étiquetée comme une “nation indépendante intérieure”. [Cherokee nation contre l’état de Georgie]. Le gouvernement fédéral en profita pour dire que les traités faits avec les nations indiennes ne reconnaissaient pas les nations indiennes comme étant libres du contrôle de l’état fédéral. D’après le gouvernement, les nations indiennes étaient des “nations indépendanes intérieures”, sujettes à l’autorité légale complète du gouvernement fédéral, ceci étant connu sous le vocable de “pouvoir pléniaire”. Ainsi, l’ancienne doctrine chrétienne de la découverte et sa conquête et sugjugation des Indiens “païens”, furent étendues par le gouvernement fédéral en une doctrine mythique disant que la constitution des Etats-Unis permettait l’autorité gouvernementale sur les nations indiennes et leurs territoires.

Le mythe du “pouvoir pléniaire” sur les Indiens, un pouvoir du reste, qui ne fut jamais voulu par les auteurs de la constitution, a été utilisé par les Etats-Unis pour:

  • Circonvenir aux termes des traités solennels liant les Etats-Unis aux nations indiennes, malgré le fait que tous ces traités sont “loi suprême de la terre, malgré tout écrit constitutionnel”.
  • Voler les territoires ancestraux des peuples indiens vivant à l’Est du Mississippi en les déportant de leurs terres par la loi de 1835 concernant la déportation des Indiens.
  • Utiliser un statut congressionnel connu sous le vocable de la loi d’alotement général de 1887, pour priver les Indiens de quelques 90 millions d’acres de leurs terres. Cette loi, expliqua John Collier (commissaire aux affaires indiennes), fut une “méthode indirecte, pacifique sous forme légale, de prendre la terre que nous étions déterminés à prendre, mais ne voulions pas prendre ouvertement à cause des traités”.
  • Voler les Collines Noires (Black Hills), territoire sacrée de la grande nation Sioux en violation totale des termes du traité de Fort Laramie de 1868 (NdT: Le SEUL traité de l’histoire américaine, qui vit le gouvernement américain qui avait perdu la guerre, faire des concessions à ses vainqueurs !… Traité qui fut violé par les yankees à maintes reprises depuis…), qui reconnait à la nation Sioux la propriété absolue et exclusive de son territoire.
  • Payer le secrétariat à l’intérieur la somme de 26 millions de dollars pour 24 millions d’acres des terres de la nation Shoshone, parce que le peuple Shoshone a constamment refusé de vendre ses terres et refuser de la même manière de prendre quelque argent que ce soit. Bien que les limites frontalières du territoire Shoshone et leur droit de souveraineté furent reconnus clairement par le gouvernement fédéral dans le traité de la vallée de Ruby en 1863, le gouvernement proclame maintenant que le fait de s’être lui-même payé au titre de la nation Shoshone a mis fin à la souveraineté territoriale de la dite nation.

Les cas cités ci-dessus sont juste quelques exemples du comment le gouvernement des Etats-Unis a utilisé les décisions de justice des affaires Johnson contre McIntosh et la nation Cherokee contre l’état de Georgie pour dénigrer abruptement les droits des peuples indigènes. De fait, un grand nombre de politiques intérieures américaines sur les Indiens sont fondées sur la “rationalité” cachée du principe “de la découverte chrétienne”, une vision qui “subordonne aux premiers découvreurs chrétiens” ou à leurs successeurs, les “païens” indigènes des Amériques.

Comme l’avait déjà observé Thomas Jefferson, lorsque l’état utilise la doctrine de l’église comme moyen coercitif, le résultat en est “l’hypocrisie et la méchanceté”. Bien malheureusement, l’utilisation par la cor suprême des Etats-Unis de l’ancienne doctrine chrétienne de la découverte, pour circonvenir à la constitution et comme moyen de saisir les terres indiennes et de placer les nations indiennes sous le contrôle du gouvernement fédéral, a prouvé que Madison et Jefferson avaient raison.

Mettre fin à cinq cent ans d’injustice faite aux peuples autochtones

Dans un pays fait pour maintenir une séparation stricte de l’église et de l’état, la doctrine de la découverte aurait dû être déclarée inconstititionnelle parce qu’elle est fondée sur un traitement raciste des nations autochtones pour le simple fait qu’elles n’étaient pas chrétiennes au moment de l’arrivée des Européens sur le continent. En pénalisant les peuples indigènes sur la base de leurs croyances religieuses non-chrétiennes et leurs pratiques cérémonielles traditionnelles, les privant de la vaste majorité de leurs terres ancestrales et de leur souveraineté, la décision Johnshon contre McIntosh devient un des piliers de la violation des “droits naturels” de l’humanité, tout autant que des droits fondamentaux des peuples indigènes.

Alors que nous allons au-delà des cinq cents ans de l’invasion des Amériques par Christophe Colomb, il est grand temps de renoncer de manière formelle et de mettre fin au racisme religieux qui fut écrit dans la loi des Etats-Unis par le juge de la cour suprême John Marshall. Que le peuple américain et spécifiquement la droite chrétienne, veuille assister les autochtones à abroger la décision Johnson, en dira beaucoup au monde sur le point de sérieux auquel se trouve les Etats-Unis en ce qui concerne les principes de liberté, de justice et de liberté religieuse.

Alors que nous approchons le 500ème anniversaire des bulles papales des 3 et 4 Mai 1493, il est important de garder présent à l’esprit que la “doctrine de la découverte” est toujours utilisée par un grand nombre de pays des Amériques pour nier les droits des peuples indigènes et de perpétuer la colonisation de tout le continent. Pour pouvoir mettre fin au système de colonisation et de sortir de la tradition culturelle et spirituelle de la subjugation, nous devons renverser la doctrine à sa racine. C’est pourquoi je propose que les personnes non indigènes, spécifiquement les chrétiens, s’unissent en solidarité avec les peuples autochtones du continent américain afin d’impressionner le pape Jean Paul II sur l’importance pour lui de révoquer la bulle Inter Caetera de 1493, dans une cérémonie formelle impliquant les peuples natifs.

Revoquer ces documents papaux et renverser la décision Johnson contre McIntosh sont deux étapes très importantes pour corriger les injustices qui ont été infligées aux peuples indigènes ces cinq cents dernières années. Ce sont aussi des étapes spirtituelles importantes vers la création d’un mode de vie qui ne sera plus fondé sur la veulerie et la subjugation et la coercition. Peut-être pourrons-nous alors utiliser notre nouvelle solidarité pour commencer à créer un style de vie fondé sur le principe des premiers occupants: “Le respect de la Terre et un respect sacré pour tout le vivant”.

References

Cherokee Nation v. Georgia 30 U.S. (5 Pet.) 1, 8 L.Ed. 25 (1831).

Davenport, Frances Gardiner, 19l7, European Treaties bearing on the History of the United States and its Dependencies to 1648, Vol. 1, Washington, D.C.: Carnegie Institution of Washington.

Johnson and Graham’s Lessee V McIntosh 21 U.S. (8 Wheat.) 543, 5 L.Ed. 681(1823).

Rivera-Pagan, Luis N., 1991, « Cross Preceded Sword in ‘Discovery’ of the Americas, » in Yakima Nation Review, 1991, Oct. 4.

Story, Joseph, 1833, Commentaries on the Constitution of the United States Vol. 1 Boston: Little, Brown & Co.

Thacher, John Boyd, 1903, Christopher Columbus Vol. 11, New York: G.P. Putman’s Sons.

Williamson, James A., 1962, The Cabot Voyages And Bristol Discovery Under Henry VII, Cambridge: Cambridge University Press.

Wheaton, Henry, 1855, Elements of International Law, Sixth Edition, Boston: Little Brown, and Co.

Ziegler, Benjamin Munn, 1939, The International Law of John Marshall, Chapel Hill: The University of North Carolina Press.

Steve Newcomb est un Indien Shawnee & Lenape. Pendant plus d’une décennie, il a étudié les origines  de la loi fédérale sur les Indiens des Etats-Unis et de la loi internationale, qui remontent toutes deux aux premiers jours de la chrétienté. Il met en ce moment même la dernière main à son livre , Pagans In the Promised Land: Religion, Law, and the American Indian.

Colonialisme et génocide au Nouveau Monde: « A découvert: Génocide au Canada passé et présent » Introduction – 2ème partie –

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 23 septembre 2013 by Résistance 71

« Février 2008: Le gouvernement Harper déclare que, bien qu’ « un énorme nombre de morts » soit à déplorer dans les pensionnats pour Indiens, aucunes charges criminelles ne seront retenues contre les églises responsables de ces écoles.
11 Juin 2008: Sous une énorme pression, le premier ministre Steven Harper publie des ‘excuses’ officielles au sujet des pensionnats pour Indiens, tout en essayant de minimiser l’extension de la mortalité dans ces écoles en disant simplement que ‘certains y moururent’ ; mais d’autres leaders de partis réfèrent aux fosses communes retrouvées près des écoles. »

~ Kevin Annett ~ (« chronologie du crime: Génocide au Canada dans l’ère moderne)

 

A découvert: Génocide au Canada passé et présent (Introduction, 3ème édition 2010) ~ 2ème partie ~

(“Hidden No Longer: Genocide in Canada Past and Present”)

 

1ère partie

 

Kevin Annett

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

2ème Partie

 

Le génocide en tant qu’idéal religieux: La chrétienté en pratique

“Si le non-croyant ne se repent pas, c’est le devoir et la tâche de l’église de sauver la communauté en expulsant l’hérétique du monde par la mort” (St Thomas d’Aquin, 1267)

Il n’y a qu’une et une seule sainte église catholique en dehors de laquelle il n’y a aucun salut. Les épées spirituelle et matérielle sont dans les mains de l’église. Il est donc nécessaire pour le salut de toute créature de se soumettre au romain pontife.” (Pape Boniface VIII, 1302)

Envahir, rechercher, capturer, vaincre et soumettre tous les sarazins et païens quels qu’ils soient et les autres ennemis du Christ où qu’ils soient… et réduire leurs personnes à l’état d’esclavage perpétuel…” (Bulle papale Romanus Pontifex, 1455, autorisant la conquête du monde non-chrétien)

La “Chrétienté” est la théorie et la pratique de l’empire universel chrétien qui veut que toute l’humanité doit se trouver sous l’autorité de la papauté romaine ou périr. Comme toute “novlangue” tyrannique, le terme est une version raccourcie de sa signification pleine:

Note du traducteur: Nous devons ici indiquer l’anglais pour une meilleure compréhension sur les mots. Chrétienté en anglais se dit “christendom”, contraction de “christian domination” ~

La racine du “dom” dans le cas présent devient très importante, cela provient du terme “domanus” ou “celui qui subjugue”, le mot latin “dominium” était généralement appliqué à toute partie qui avait conquis une autre, incluant la notion romaine de déité, de propriété et de loi. Ainsi, “domini”, ou dirigeant sacré, s’applique à dieu en tant qu’être conquérant qui règne par la force, le “dominion” est le régime légal établi par un conquérant, etc…

Dans le monde romain dans lequel le christianisme est né, la conquête donnait au vainqueur le pouvoir et la propriété absolus sur les conquis et ce qui avait été conquis, qui perdaient ainsi leur statut, leurs droits, propriétés et terres et étaient réduits en esclavage perpétuel. Ainsi, lorsque l’église chrétienne parvint à obtenir le pouvoir politique et devint un état, elle s’arrogea la domination absolue sur les personnes, croyants ou non-croyants.

Cette suprématie était bien sûr fictive et fut renforcée par un document forgé connu sous le nom du “don de Constantin”, par lequel ce dernier avait été supposé avoir transféré les terres et l’autorité politique de l’empire romain à l’église catholique et son pape Sylvestre 1er au IVème siècle.

Le document fut en fait écrit au IXème siècle, mais sa forgerie n’empêcha pas la papauté de l’utiliser pour justifier sa prise de pouvoir sur tous les royaumes du monde: spécifiquement alors que la papauté cherchait à étendre son contrôle sur son adversaire principal, l’empire romain oriental et son église orthodoxe, juste avant la première croisade du XIème siècle.

Utilisant la “libération” de la terre sacrée de l’islam comme prétexte de cette invasion, la papauté lança sa première entreprise génocidaire avec la déclaration d’indulgence du pape Urbain pour tous ceux qui attaquaient les”sarazins et les païens”  ennemis de l’église en l’an 1095. Se reposant sur les mêmes lois et justifications qu’elle utilisera des siècles plus tard pour conquérir le nouveau monde, l’église stipula que tous les crimes commis durant les croisades seraient absous et les perpétrateurs spirituellement purifiés par leur conquête des non-croyants.

Les autorisations papales de conquêtes guerrières furent abondantes après le précédent de la 1ère croisade. Soixante ans plus tard, en 1155, le seul pape anglais, Adrien IV, émit une bulle connue sous le nom de Laudabiliter, qui autorisait l’invasion et la conquête de l’Irlande par le roi d’Angleterre Henri II.

Dans un scenario identique à celui que sera plus tard celui qui piègera les nations indigènes des Amériques, le roi Henri justifia de son invasion d’un peuple “libre et innofensif” en “découvrant” que les Irlandais avaient besoin des “bénéfices de la civilisation et de la réforme de leur religion”, pour laquelle ils perdraient volontairement leur indépendance. Comme toute terre chrétienne était dite propriété de la papauté, Henri devait avoir la permission du pape avant d’envahir “son” territoire.

Similairement, 50 ans après Laudabiliter, le pape Innocent III lança la croisade contre les Albigeois en 1209, croisade contre des dissidents de l’église, les Cathares du sud-ouest de la France. Plus de 10 000 personnes furent massacrées par les armées du pape.

Le génocide chrétien en Europe alla grandissant après l’holocauste des Cathares. Un an après la fin de la croisade anti-Albigeois en 1227, la pape Grégoire IX établit la première cour de justice inquisitoriale en Europe pour essayer d’éliminer les dissidents chrétiens. L’utilisation de la torture par ces cours fut autorisée par des lois papales en 1252. En 1326, la mission de l’inquisition fut élargie à la persécution des “sorcières” et le plus grand massacre de masse pré-colonialisme commença, au cours duquel des millions de personnes, la plupart des femmes, perdirent la vie entre les mains de l’église.

Au XVème siècle, l’église était à la recherche de nouvelles terres et de gens à conquérir et avec la découverte portugaise de l’Afrique commença l’effort génocidaire de la papauté le plus dévastateur. En 1455, dans sa bulle papale Romanus Pontifex, le pape Nicolas V autorisa que toutes les terres non chrétiennes et tout royaume de part le monde fussent conquis, leurs peuples mis en esclavage par les rois chrétiens.

La bulle suivante du pape Alexandre VI en 1493 Inter Catera, divisa le monde entier entre l’Espagne et le Portugal et nia l’autorité de tous les royaumes ou autres autorités sur ces terres, ces actions étaient fondées sur un principe fondamental: le pape possédait déjà ces terres par droit divin tout aussi bien que par Le “don de Constantin” et sa fiction légalisée et qu’il pouvait donc assigner ces terres à qui il le désirait dans la mesure où les non-chrétiens avaient de facto perdu leurs droits à leurs terres et à eux-mêmes par le simple fait que des chrétiens les avaient “découverts”.

Cette soi-disante “doctrine de la découverte” deviendra éventuellement la base de toute la conquête et de l’occupation du Nouveau Monde par l’Europe et est toujours aujourd’hui maintenue dans les cours de justice nord-américaines pour justifier le vol des terres autochtones. Un tel processus de négation des peuples non-chrétiens était fondé sur l’ancienne pratique légale romaine appelée “Res Nullius” ou “propriété de personne”.

Avant d’envahir une terre étrangère, les agents légaux de l’empereur romain déclaraient que la terre était “nullius” ou dénuée de propriétaire, afin de l’ouvrir à la conquête et au vol/pillage par Rome. Les ennemis de Rome étaient donc déclarés des non-entités politiques, légales, des “non-personnes”, dont la terre vacante pouvait être occupée comme bon semblait.

L’église chrérienne du XVème siècle a étendu cette notion de manière plus large à tout non-chrétien, de façon à ce que sous la doctrine légale établie par les hommes de loi de la papauté comme “Terra Nullius” ou “terre de personne”, “tout mécréant, païen, infidèle ou personnes non baptisées” étaient “nullifiés”, privés d’identité politique et légale et leurs terres mise sur le “marché de la découverte”, de la conquête et d’acquisition nouvelle pour les rois européens sous l’autorité du pape.

Ainsi furent exterminées des dizaines de millions de personnes indigènes à travers le monde, au cours du plus grand génocide de l’histoire de l’humanité, mené et légitimé par l’église de Rome et ses cousins protestants. Clairement, ce crime énorme était une excroissance directe des enseignements et des pratiques fondamentaux de la chrétienté (christendom), et pour cette raison, ce ne fut pas considéré comme criminel ni mal. En tant qu’ennemis nullifiés d’une guerre sainte, les peuples non-chrétiens acquérirent une humanité partielle seulement une fois qu’ils s’étaient soumis à leur destin de conquis et furent mis en esclavage: une réalité qui continue jusqu’à aujourd’hui.

Génocide chrétien dans le Nouveau Monde et au Canada

Ce fut la pratique courante et délibérée de nos moines que de prendre les bébés des sauvages, de les baptiser avant que leurs petites têtes et boîtes crâniennes ne fussent éclatées sur le sol, ainsi ils pouvaient aller au paradis et ne pas resombrer dans la mécréance” ~ (Bartolomeo de Las Casas dans “Une brève histoire de la dévastation des Indes occidendales”, 1542) ~

Il est important qu’il n’y ait pas de paix du tout entre nos frères Hurons et leurs voisins, car ceci est requis pour la foi et le commerce des fourrures.” ~ (Jean de Brebeuf, missionnaire jésuite en Nouvelle France, Canada, 1642) ~

L’Espagne était la super-puissance mondiale au XVIème siècle et sa domination du commerce mondial et la découverte récente du nouveau monde de l’hémisphère occidental, força les autres nations vers la périphérie de cet immense massacre et saisie de terres connus sous le nom de “l’âge de la découverte”. En réalité, ceci fut l’âge de l’impérialisme chrétien, se produisant de concert avec d’immenses guerres de religions entre catholiques et protestants en Europe qui débordèrent sur le Nouveau Monde.

Des nations émergentes comme l’Angleterre furent poussées vers le nord par l’Espagne et son hégémonie, dans ce que sont aujourd’hui le Canada et le nord-est des Etats-Unis, où les pêcheries et le commerce des fourrures devinrent aussi lucratifs que l’or d’Amérique du sud. Le roi Henri VII d’Angleterre donna à l’explorateur John Cabot une charte pour conquérir “mécréants et sauvages” de la même manière que les bulles papales, mais l’invason des territoires du nord fut considérablement ralentie à cause de la rivalité avec les Français.

Vers l’an 1600, quand les Espagnols eurent quasiment détruit la vaste majorité des peuples Maya et Aztèque et massacrèrent plus d’un million de natifs Caribs, Arawaks et autres indigènes des îles (des Caraïbes) qu’ils forcèrent en esclavage dans leurs mines d’or et d’argent, la France et l’Angleterre quant à elles, avaient juste commencé à prendre pied sur les côtes orientales et au nord du continent.

Ceci ne fut pas par manque d’essayer. Quand l’explorateur français Jacques Cartier rencontra en premier les pacifiques indigènes Miq’maq (NdT: qui existent toujours dans les provinces de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau Brunswick et du Québec) dans la province actuelle du Nouveau Brunswick en 1534, son équipage lui suggéra de faire tirer le canon avec des salves de soufre, de plomb, de verres brisés et de cailloux (mitraille improvisée). Puis les Français attaquèrent leurs villages et demandèrent aux survivants toute leur richesse et leurs femmes.

Une telle attitude “civilisée” n’empêcha pas Cartier de commenter:

Ces gens peuvent être appelés sauvages, car ils sont les plus pauvres de la terre: ensemble, ils n’ont pas la valeur de cinq sous entre eux. Et pourtant, ils partagent tout ce qu’ils ont avec les autres et vivent dans une véritable communauté de biens. Ils sont complètement étrangers à toute notion de propriété et tout ce qui appartient à l’un appartient tout aussi bien à l’autre… Ils sont sûrement de meilleurs chrétiens en ce sens que nous ne le sommes.” ~ (cité dans “Founding of Canada des débuts à 1815”, Stanley Ryerson, 1960) ~

Et de fait, ce fut précisément leur manière ressemblant à celles du Christ qui en fit la cible pour l’extermination par l’église chrétienne. Les Indiens étaient considérés comme des “hérétiques” refusant d’être chrétiens. Aussi tôt qu’en 1509, un éminent juriste européen du nom de Martin Fernandez de Encisco avait déclaré:

Le roi d’Espagne a tous les droits d’envoyer ses hommes dans les Indes occidentales pour demander à ces idolâtres de lui remettre leurs terres parce qu’il les a reçu du pape. Si les Indiens refusent, il peut en toute légalité les combattre, les tuer, les mettre en esclavage, car en tant qu’incroyants, il n’ont rien de plus que n’importe quel hérétique.” (”Suma de Geografia Que Trata de Todas Las Partidas del Mundo”, 1518)

Légalement et moralement, quiconque en dehors de l’église catholique et romaine était placé dans la même catégorie de nullius par l’église, dénué de droits, de nationalité ou d’existence, par le simple fait qu’il était dans un état de pêché mortel du fait de ses différentes croyances. Ainsi, tous les groupes de missionnaires de l’église qui étaient envoyés parmi les indigènes des Amériques (tout comme en Asie et en Afrique) étaient toujours accompagnés d’au moins un “saint inquisiteur” qui avait le pouvoir de traduire en justice et de condamner à la torture et à la mort tout non chrétien parmi les Indiens.

Sous les jougs espagnol et français, les cours de l’inquisition furent souvent de rigueur pour traduire des Indiens en “justice”. Il y eut plus de 900 procès pour hérésie contre des Indiens au Mexique au XVIème siècle. Dans un de ces “Auto da Fe” (ou “acte de foi”, le nom formel de l’inquisition), qui s’est tenu au Mexique en 1570, plus de 3 800 Indiens furent condamnés, pendus ou brûlés vifs pour “hérésie”.

Un tel terrorisme religieux n’était pas moins actif dans les terres saisies par l’Angleterre, la France ou la Hollande au nord de l’Amérique espagnole.

Par exemple, après l’arrivée des premiers jésuites en Nouvelle-France (maintenant le Québec) en 1611, cet ordre religieux déclara une guerre ouverte aux nations indiennes alliées avec le rival anglais et même aux nations autochtones neutres, comme les Algonquins. En tant qu’investisseurs majeurs dans le commerce de la fourrure, les jésuites protégèrent leurs profits en éliminant les nations indiennes qui dérivaient des fourrures dans les mains anglaises. Ainsi, dès 1640, les jésuites étaient d’accord avec un plan du gouverneur Montmagny de la Nouvelle-France pour chasser et exterminer tous les Algonquins non-chrétiens.

Les missionnaires jésuites “en robe noire” diffusèrent la variole, les armes à feu et l’alcool parmi les tribus algonquines de l’est du Canada de manière si efficace qu’environ les trois-quarts de celles-ci furent anéantis en moins d’une génération. La maladie se répandit aux tribus voisines, ce qui eut pour résultat que même les alliés des Français comme les Hurons, furent gravement atteints de dépopulation et furent virtuellement exterminés vers l’an 1700.

Les Anglais également utilisèrent la guerre bactériologique comme arme principale contre les nations indiennes hostiles, comme décrit par le général anglais Geoffrey Amherst en juillet 1763, dans une lettre à un des ses subordonnées au sujet des indiens locaux Miq’maqs:

Vous feriez bien d’essayer d’inoculer les Indiens (avec la variole) en utilisant des couvertures contaminées, ainsi que d’essayer toute autre méthode qui pourrait servir à extirper cette race exécrable. Je serai très heureux si votre plan pour les chasser et les traquer au moyen de chiens de chasse pouvait voir le jour… Je choisirai plutôt la liberté de tuer tout sauvage venant de votre côté, que d’être toujours dans le doute de savoir s’ils sont amis ou ennemis…” ~ (http://nativeweb.org/pages/legal/amherst/lordjeff.html )

Note du traducteur: Ce général anglais Amherst s’est vu octroyer des noms de rues… et de villes, nommées après lui au Nouveau Brunswick, en Ontario et en Nouvelle-Ecosse jusqu’à aujourd’hui !!…

En 1749, la législature de Nouvelle-Ecosse passa une série de “proclamations de scalpage”, qui récompensaient de la somme de 10 livres sterling quiconque délivrerait le scalp d’un homme Miq’maq à un magistrat local. 5 Livres Sterling étaient offertes pour le scalp d’une femme ou d’un enfant…

Note du traducteur: La suite de cette section donne de nombreux exemples jusqu’à l’établissement de la loi raciste et d’apartheid sur les Indiens (Indian Act) de 1876 au Canada.

En cloture de cette section du livre, Annett pose cette question vitale à laquelle il répondra dans la suite du livre:

~ Pourquoi ? Comment se fait-il que le Canada et ses églises (catholique et protestantes) ont-ils été capables de perpétrer un tel génocide légal sur des nations autochtones depuis si longtemps ? Et ce sans crainte d’être poursuivis dans des cours internationales de justice, spécifiquement après la seconde guerre mondiale et l’établissement de la convention de l’ONU sur le génocide et autres codes des droits de l’Homme ? ~

=  =  =

Biographie du révérend Kevin Daniel Annett

Secrétaire de la Commission sur la Vérité sur le Génocide au Canada (établie le 3 Septembre 2000 à Vancouver, Colombie Britannique, d’un mandat provenant du tribunal IHRAAM, tribunal sur les pensionnats indiens du 12-14 Juin 1998 à Vancouver)

Auteur des ouvrages: “Hidden from History: the Canadian Holocaust” (Février 2001) et “Love and Death in the Valley” (Novembre 2002)

Né à Edmonton (Alberta) en 1956, a grandi à Winnipeg et à Vancouver

Education et expérience professionnelle :

– Bachelor of Arts (B.A) de l’université de Colombie Britannique UBC en 1983

– Masters of Arts (M.A) en Sciences Politiques UBC, 1986

– M.Div de l’école de théologie de Vancouver, 1990

– Consortium des ministères religieux natifs, 1993

– Conseiller et organisateur communautaire 1976-1990

– Ordonné prêtre de l’United Church of Canada (Église Unifiée du Canada), 1990 (NdT: Combinaison œucuménique de quatre églises protestantes: église méthodiste, église congrégationnelle, église presbytérienne et église évangélique, fondée en 1925, travaillant avec l’église catholique.)

– Prêtre rural Manitoba, 1990-91

A servi comme directeur du programme du ministère urbain et comme chapelain à la mission Fred Victor de Toronto, 1991-92

– Appointé comme prêtre de l’église unifiée de St Andrew’s à Port Albeni en Colombie Britannique en juillet 1992. Triple le volume de sa paroisse et sert jusqu’à son licenciement sans raison ni préavis le 23 Janvier 1995, après qu’il ait dénoncé et prouvé l’existence de meurtres multiples et de vols de terres autochtones par l’Eglise Unifiée du Canada. Il sera subséquemment excommunié sans aucun procès ni audition en Mars 1997.

– Ordonné prêtre de l’église de la communauté coopérative en décembre 1995

– Conseiller et archiviste, des cercles de la repentance sur les pensionnats aborigènes de Vancouver de 1996 à aujourd’hui.

– A organisée l’IHRAAM, tribunal pour les pensionnats canadiens sous les auspices des Nations-Unies les 12-14 juin 1998 à Vancouver, a servi comme conseiller, écrivit et publia le rapport final du Tribunal.

– Fonda le Commission pour la Vérité sur le Génocide au Canada en Septembre 2000

– Conférencier pour les études canadiennes au collège Langara de Vancouver depuis septembre 2000

– A créé et est l’hôte de l’émission de radio “Hidden from History”, un programme des droits de l’Homme et d’affaires publiques, diffusé sur la radio coopérative de Vancouver de février 2001 à aujourd’hui.

– Actuellement prêtre de l’église pour tous, communauté religieuse sans dénomination, unissant les populations natives indiennes et blanches de Vancouver.

Source:

http://canadiangenocide.nativeweb.org/kevin_bio.html