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Colonialisme et génocide au Canada… Quand on reparle des charniers d’enfants autochtones sur les sites de pensionnats

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Génocide passé et présent au Canada

 

“Lieu du crime ? Quel lieu du crime ?” L’attention sporadique sur les charniers d’enfants autochtones au Canada

Une lettre ouverte à Jill Macyshon de CTV News, Winnipeg et à l’ensemble des médias canadiens

 

De Kevin D. Annett, M.A., M.Div.

Auteur de “Meurtre par décret: le crime de génocide au Canada, contre-rapport de la Commission Vérité & Réconciliation, 2016”

 

4 September, 2018

 

url de l’article original:

http://itccs.org/2018/09/04/crime-scene-what-crime-scene-the-on-again-off-again-coverage-of-mass-graves-of-children-in-canada/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Chère Jill,

Je constate que les enfants indiens morts sont de nouveau brièvement en vogue. Cela fait maintenant plus d’une décennie que j’ai envoyé à votre agence de presse, ainsi qu’à tous les réseaux médiatiques et gouvernementaux canadiens, une liste bien documentée de 28 sites contenant des charniers sur ou près d’anciens sites de pensionnats pour Indiens à travers le Canada. Personne d’entre vous tous n’avait pris la peine de répondre à cette époque, sans aucun doute parce que la “solution” interne du gouvernement canadien et des églises pour fixer ce problème de génocide n’était pas encore tout à fait en place. Mais maintenant que ces perpétreurs se sont moralement et légalement absous eux-mêmes de leur crime et de toute conséquence impliquant leur forfait sur plus d’un siècle de massacre de plus de 50 000 enfants autochtones, ce en finançant eux-mêmes leur propre “enquête” qu’ils ont mal nommée “Commission Vérité et Réconciliation” (CVR), je constate donc par votre récente couverture de cette affaire qu’il est maintenant considéré comme permis et sans danger d’aborder tièdement et du bout des lèvres le sujet.

Je me réfère évidemment à votre reportage du 31 août dernier sur la “découverte” de ce qui parait être une “fosse commune / charnier” sur un site de pensionnat par une chercheuse de la CVR, Anne Lindsay, dont je n’ai jamais entendu parler , près de l’ancien pensionnat de l’Eglise Unifiée du Canada à Brandon dans la province du Manitoba ainsi que sur le site de Portage la Prairie, un des centres les plus tristement célèbres de massacre que j’ai répertorié dans ma recherche et confirmé par des témoins oculaires comme Peter Yellowquill et Chef Louis Daniels. (voir à 14:07 dans https://www.youtube.com/watch?v=OPKFk_L7y9g et www.murderbydecree.com )

L’intrépide Mlle Lindsay y a apparemment trouvé des enfants âgés entre 7 et 16 ans  enterrés près d’un RV Park à quelques kilomètres de l’ancien pensionnat de Brandon. On peut se demande comment a t’elle pu fouiller sur une scène de crime, en sortir des restes de victimes, sans parler de pouvoir en discerner les âges (NdT: ce qui demande une expertise médicolégale), sans que les flics n’aient quoi que ce soit à y redire. Vous ne mentionnez pas ce petite problème légal dans votre article, pas plus que vous ne citez un chiffre précis du nombre de morts dans ces endroits: pas ce chiffre “niant l’holocauste” de “3200 morts” (soit moins de 3% des incarcérés) cité par la CVR, mais le chiffre bien documenté d’un taux de mortalité allant de 40 à 60% selon les pensionnats (ce qui fit plus de 50 000 enfants morts dans ces écoles), mis en évidence dans les documents gouvernementaux en remontant aussi loin que 1907.

Tout comme Mlle Lindsay, votre couverture de l’information évite la question de base demandant comment de tels charniers peuvent bien être découverts, sans parler des les mettre à jour, sans que la police ne déclare immédiatement le site être une scène de crime et d’y conduire une enquête médicolégale sur les restes humains afin d’établir les identités, cause de la mort et qui est responsable. cette simple petite affaire n’est jamais mentionnée, de manière présumée parce que lorsqu’il s’agit de petits Indiens morts au Canada aux mains des officiels, un standard différent de la loi s’applique.

Ah mais suis-je bête, nous savons qui est responsable de tous ces cadavres: les mêmes instituions qui paient Mlle Lindsay pour creuser, localiser et éliminer leurs sales affaires. Mais le fait demeure que la CVR et ses sponsors gouvernementaux et des églises, est une fois de plus engagée dans une énorme obstruction dans la marche de la justice et dans un acte criminel, celui de détruire des preuves sur scènes de crime ainsi que des preuves cruciales sur leur participation dans un crime contre l’humanité: le plus grand et plus caché des crimes de groupe de l’histoire du Canada.

Si vous vous référiez au droit international Jill, vous pourriez noter que les puissances responsables d’avoir commis des crimes de guerre domestiques et des meurtres de masse sont interdites de mener leur propre enquête ou de décider de leur propre accord concernant les réparations allouées aux survivants des massacres, ce que le Canada a fait ouvertement et sans scrupules.

C’est comme si le maniaque tueur en série arrangeait lui-même le jury et corrompait les victimes pour qu’elles se taisent. Le fait que le Canada et les églises catholique romaine, anglicane et unifiée du Canada furent capables de le faire, de tromper la loi et tout standard humanitaire en parvenant à camoufler leurs crimes, a pu se faire grâce à non seulement les autres nations, comme me l’avait dit Un officiel de l’ONU en 1999: “Tous nos pays ont commis ce type de crimes. Qui veut ouvrir la boîte de pandore ?…”, mais aussi grâce à la moins que courageuse et très peu indépendante presse canadienne, comme ceci est rendu encore plus évident avec votre reportage du 31 août.

Rien de tout cela ne me surprend, parce que c’est le schéma de duplicité, de criminalité et d’auto-absolution pour lequel le Canada et les églises ainsi que leurs compères des médias, sont si notoires. Mais pour chaque crime de groupe il y a éventuellement un jugement, même lorsque les perpétreurs sont toujours aux manettes. La chute imminente d’un autre pape pour avoir activement camouflé et avoir participé au trafic d’enfants au sein de l’église de Rome en est la preuve et comme le dit le vieil adage que le plus protégé des criminels peut se sauver, mais pas se cacher.

Peut-être que ça ne sert à rien, mais les preuves intangibles que moi-même et quelques autres ont amené à la lumière, contre vents et marées, depuis plus d’un quart de siècle, preuves qui prouvent la culpabilité et la totale responsabilité du gouvernement du Canada et de ses églises, vous sont accessibles ainsi qu’aux médias afin de finalement rapporter la véritable histoire de notre propre génocide intra muros et comment celui-ci continue jusqu’à ce jour. Bien entendu, ceci vous mettrait à risque de perdre votre licence CRTC d’accréditation médiatique attribuée par ce même gouvernement coupable de ces crimes… Disons que je ne parierai pas là-dessus.

Dans le même temps, les enfants qui furent violés, affamés, torturés et battus à mort puis jetés dans des fosses communes non marquées hurlent toujours pour qu’on les entende ; et pour leurs assassins toujours en vie d’être traduits devant la justice. Mais quiconque a un cœur et un cerveau sait tout cela.

L’empereur nu que sont l’état et les églises du Canada est comme ça parce que ses habits sont souillés du sang de ses victimes. Il est bizarre de voir comment les médias sont si convaincus qu’un tel monarque est légitime. Peut-être que CTV montrera le chemin du changement en sortant du Grand Mensonge en ne croyant plus et en ne diffusant plus les rapports du tueur psychopathe sur ses crimes.

La vérité et toute notion de justice résident autre part.

= = =

Lectures complémentaires:

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

le bouclier du lanceur d’alerte

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

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Colonialisme occidental: Pape, génocide et doctrine chrétienne de la découverte…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 27 avril 2015 by Résistance 71

Nous dédions cette traduction au troll « wared »…

— Résistance 71 —

 

Le pape et le génocide: regardons l’ensemble du paysage

 

Peter d’Errico

 

25 Avril 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/04/25/pope-and-genocide-lets-look-whole-picture

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le pape François 1er a récemment fait plus fort que le politiquement correct sur un autre sujet des plus sensibles: le massacre turc du peuple Arménien il y a cent ans. Les remarques du pape furent faites au cours d’une commémoration de masse à la basilique St Pierre de Rome pour le centenaire du début du massacre (en 1915). Il a décrit le massacre des Arméniens par les Turcs Ottomans comme étant “le premier génocide du XXème siècle”.

Comme rapporté dans le New York Times, le gouvernement turc a répondu véhémentement, exprimant “une grande déception et tristesse”, caractérisant la déclaration du pape comme “loin de toute réalité légale ou historique”.

Le gouvernement turc nie que le massacre des Arméniens et des Kurdes durant la première guerre mondiale fut un génocide. En fait, la loi turque interdit à quiconque de référer à l’évènement comme étant un génocide. Les gens qui utilisent cette terminologie peuvent être emprisonnés pour le crime de “dénigrement du fait d’être turc”.

Ainsi la Turquie nie la preuve et l’archivage historique montrant qu’un tiers du peuple arménien a été éliminé dans une série d’assassinats de masse organisés sur une période d’environ 4 ans. Plus de vingt pays reconnaissent maintenant le massacre des Arméniens comme étant un génocide. Le mot “génocide” fut originellement créé par Raphael Lemkin pour décrire l’effort d’éliminer le peuple arménien.

Dans un signe d’approche mentale indépendante en ce qui concerne sa papauté, le pape s’est exprimé sur l’Arménie malgré le fait que les diplomates du Vatican évitent ce sujet. Comme le suggère l’article du Times: “François a clairement l’intention de provoquer une réponse”. Il met le massacre des Arméniens dans la même catégorie que d’autres massacres de masse, incluant ceux perpétrés par les nazis et les soviétiques.

La critique du pape de la violence gouvernementale place le génocide dans son juste contexte, comme le résultat de régimes violents “exploitant les différences ethniques et religieuses”. Un génocide ne se produit pas par accident ou par inadvertance. Un génocide se produit parce qu’il est le résultat d’intentions politiques et religieuses de domination d’autrui avec l’intention de détruire un autre peuple. La Convention des Nations-Unies de 1948 sur le génocide définit le “génocide” comme “des actes commis avec l’intention de détruire, en partie ou en intégralité, un groupe national, ethnique, racial ou religieux en tant que tel.

Wikipedia, citant une vaste source de documents, décrit les évènements arméniens comme “perpétrés en deux phases: le massacre généralisé de la population mâle mature par les massacres eux-mêmes ou la subjection des conscripts militaires au travail forcé, suivi de la déportation des femmes, des enfants, des personnes âgées et des infirmes au moyen de marches de la mort les menant dans le désert syrien. Poussés de l’avant par une escorte militaire, les déportés étaient privés de nourriture, d’eau et étaient périodiquement soumis au vol, au viol et au massacre.

Quiconque a étudié l’histoire des Etats-Unis va immédiatement reconnaître le schéma de ces marches de la mort forcées. Elles se produisirent dans l’épisode connue sous le vocable de la “Piste des larmes”. Les preuves historiques montrent plus d’une piste aux larmes, mais bien plus d’épisodes en fait, lorsque les forces militaires des Etats-Unis attaquèrent les nations indigènes avec l’intention de les détruire. Le président George Washington et les généraux Sherman et Sheridan ont tous appelés à “l’exermination” des peuples natifs. Lord Jeffrey Amherst, commandant des forces coloniales avant la révolution américaine, se référaient aux Indiens en les traitant de “vermine” et appela pour leur “extirpation totale”.

Le pape François 1er dénonçant le génocide arménien est quelque chose d’important, mais le pape ne s’est pas intéressé à l’histoire des Etats-Unis, il ne s’est pas non plus trop penché sur les archives coloniales chrétiennes. Sa proposition de canoniser le moine espagnol Junipero Serra cette année durant sa visite aux Etats-Unis montre qu’il est en état de déni complet au sujet du génocide des Amérindiens.

Un profil biographique de Serra publié par Public Broadcasting System (PBS), décrit le moine comme ayant été “une force décisive dans la conquête et la colonisation espagnole de ce qui est aujourd’hui l’état de Californie.” PBS fait remarquer que les missions espagnoles avaient pour but “à la fois de christianiser la masse des populations indiennes et aussi de servir l’intérêt stratégique de l’Espagne en empêchant l’exploration russe et sa possible annexion de la côte pacifique de l’Amérique du Nord.

En fait, la papauté possède un passé tres nébuleux lorsqu’il s’agit de génocide. Le pape Pie XII par exemple, n’a jamais publiquement condamné la persécution nazie des juifs, alors même que ceux-ci étaient arrêtés en masse et déportés depuis Rome. Pie XI soutint en fait Mussolini et son gouvernement fasciste, comme détaillé dans le livre de David Kertzer « The Pope and Mussolini: The Secret History of Pius XI and the Rise of Fascism in Europe. » Un document interne du Vatican de l’époque déclare: “Les catholiques ne peuvent en fait penser qu’avec terreur ce qui pourrait se produire en Italie si le gouvernement de l’honorable Mussolini devait tomber… ils ont ainsi tout intérêt à le soutenir.

Lorsque le pape Jean-Paul II a émis ses “excuses” pour 2000 ans de violence contre les juifs, les hérétiques, les femmes, les Roms et les peuples natifs, il blâma des individus plutôt que l’église elle-même, une position en cela similaire de celle du gouvernement turc, qui ne nie pas que des Arméniens fiuent tués, mais décrit les assassinats comme plus ou moins des actes isolés de soldats en guerre, plutôt que d’un effort prémédité d’un gouvernement pour éliminer un peuple entier.

L’héritage du pape comme opposant au génocide ne sera pas complet ni assuré tant qu’il ne répudiera pas la doctrine “chrétienne de la découverte”. Cette doctrine fut ciselée par la papauté au XVème siècle en tant qu’infrastructure légale et religieuse du colonialisme chrétien européen sur le “Nouveau Monde”. Elle survit de nos jours dans la loi fédérale indienne et dans d’autres systèmes légaux d’états colons (NdT: comme le Canada par exemple..) comme le fondement de la domination gouvernementale des terres natives.

La Cour Suprême des Etats-Unis a établi les droits de propriété des Etats-Unis contre les peuples natifs sur la base de la doctrine chrétienne de la découverte en 1823, dans le verdict de l’affaire Johnson contre M’Intosh. Les Etats-Unis ont réaffirmé la doctrine en 1955 dans le verdict de l’affaire Tee Hit Ton contre les Etats-Unis. Les deux affaires sont citées régulièrement jusqu’à ce jour dans des affaires légales où les tribunaux déboutent les plaintes des peuples natifs concernant la domination des Etats-Unis sur leurs vies et leurs terres.

Si le pape a vraiment l’intention de se concentrer sur l’histoire du génocide, il devra étendre ses références pour y inclure le contexte nord-américain. Le pape François 1er pourrait commencer à s’occuper de l’holocauste des Amérindiens en abandonnant la canonisation de Juniper Serra. Puis, il devrait reconnaître le rôle de l’église et de sa doctrine comme facilitatrice de 500 ans (nous comptons toujours…) de violence coloniale et de génocide et répudier la doctrine chrétienne de la découverte.

Peter d’Errico est diplômé de la fac de droit de Yale en 1968. Il a été avocat pour les Dinebeiina Nahiilna Be Agaditahe Navajo Legal Services, 1968-1970, in Shiprock. Il a enseigné le droit à l’université du Massachussetts, Amherst de 1970 à 2002. Il est avocat consultant pour les affaires concernant les indigènes.