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Fadaises religieuses (et commerciales) de fin d’année: Parlons un peu de l’inquisition moderne… Eglise catholique et torture d’enfants au Canada…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 24 décembre 2013 by Résistance 71

Oui, alors que les imbécilités de fêtes de fin d’année vont déverser leur lot annuel de bondieuseries et d’hypocrisies en tout genre, penchons-nous un peu (voire beaucoup même) sur les nombreux crimes toujours impunis perpétrés par la fange étatico-religieuse depuis des siècles.

Cet article que nous avons traduit, relate des faits d’abus, de violence, de viols et de tortures, commis sur des enfants autochtones dans un pensionnat canadien d’Ontario sous gérance de l’Église catholique. Comme nous l’avons vu dans notre présentation et traduction partielle du livre de Kevin Annett sur le génocide perpétré au Canada par le truchement des « écoles résidentielles pour indiens » entre 1850 et 1996, les crimes commis ne sont pas les faits de « brebis galeuses » d’un système comme on tend toujours à essayer de le faire croire (la belle affaire !…). Ceci, comme le programme eugéniste d’élimination systématique nazi, fut le résultat d’un programme pensé, et mis en application par l’état canadien (un programme similaire existait aux Etats-Unis et en Australie et dans bien des colonies…) et dont la gérance fut confiée en ce qui concerne la Canada, essentiellement aux églises catholique, méthodiste, anglicane et unifiée. Le cas présenté ci-dessous implique l’église catholique, mais il est prouvé que les autres églises se sont rendues tout aussi coupables de crimes contre l’humanité en participant à un génocide planifié des enfants autochtones du Canada dont au moins 50 000 (chiffe très conservateur) perdirent la vie dans les pensionnats/camps de rééducation mandatés par l’état. 

En cette période de fin d’année, si propice aux « bondieuseries » ineptes et à la résurgence d’une ferveur religieuse chrétienne, il serait très bon de connaître et reconnaître les crimes de l’église et pour ceux qui écouteraient encore le « message » du cureton en chef appelé « pape », qu’ils se rappellent que si l’ancien appartenait à la Hitler Jugend, le nouveau fut un des piliers de la répression militaire en Argentine lors de la « sale guerre » en apportant son soutien inconditionnel de jésuite en chef à la junte militaire fasciste qui sévissait alors, arrêtait, torturait et faisait disparaître tant et tant de citoyens argentins…

Il est vraiment plus que temps d7appeler un chat un chat et d’exposer ces crimes impunis.

Voir notre dossier complet sur la question du génocide passé et présent au Canada.

— Résistance 71 —

 

Justice refusée aux enfants autochtones torturés au pensionnat de Sainte Anne (Ontario, Canada)

 

Jennifer Mt Pleasant

 

20 décembre 2013

 

url de l’article original:

http://tworowtimes.com/news/national/justice-denied-children-tortured-st-annes-residential-school/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Entre 1936 et 1984, le pensionnat scolaire de Sainte Anne près de James Bay en Ontario (Canada) était sous l’autorité de l’église catholique. Depuis des décennies, les victimes de Sainte Anne ont narré leurs histoires tragiques. Un des fils conducteurs qui semble être imbriqué dans chaque histoire est celui de l’abus (sexuel) et de la torture.

Un des surviants et ancien chef de la première nation de Fort Albany, Edmund Matatawabin, avait 7 ans lorsqu’il fut violemment attaché sur une chaise électrique bricolée au pensionnat de Sainte Anne.

Metatawabin se rappelle de la procédure de la chaise électrique. Les garçons étaient amenés dans une pièce et alignés selon leur âge. “Les plus petits d’abord”, se rappelle t’il. “J’étais aux alentours du numéro 7 ou 8”. Metatawabin a expliqué qu’un par un, les enfants étaient forcés de s’assoir sur un siège en bois avec les bras sanglés sur le fauteuil métallique. Un membre du personnel de l’école se tenait près d’une boîte en bois avec une manivelle, prêt à envoyer la charge électrique dans la chaise et la pauvre âme qui y était attachée.

Il se rappelle de manière très vivide, bien qu’il fût très jeune à l’époque, que les jambes des enfants, qui pendaient du siège, étaient projettées en tous sens lorsque la charge électrique passait dans la chaise. Les missionnaires se tenaient tout à côté et riaient. Il a dit qu’après que tous les garçons aient été choqués, la  chaise électrique était ensuite emmenée dans le quartier de filles où la même procédure était répétée.

Metatawabin a expliqué que bien que cette méthode de torture fut le plus souvent utilisée à des fins punitives, il nota également qu’en fait tout était punissable. Il se rappelle des enfants passés à la chaise pour avoir ri trop bruyamment, pour avoir souri ou pour avoir marché trop lentement. Le chaise électrique était aussi utilisée pour le divertissement du personnel et des dignitaires en visite.

Finalement, vers le milieu des années 1990, après beaucoup de pression des victimes et de leurs supporteurs, la police provinciale de l’Ontario (OPP) se livra à une grosse enquête sur Sainte Anne. Ceci pris 5 ans et fut une des plus grosses enquêtes de police sur les abus sexuels (viols) de l’histoire de la province.

Une fois l’enquête terminée, le gouvernement scella les résultats. Les survivants de Sainte Anne ont lutté des années pour voir les résultats de l’enquête de l’OPP diffusés par le département des affaires aborigènes (DAA). Quoi qu’il en soit, alors , même que les survivants et le public ne furent pas autorisés à voir les résultats, l’OPP arrêta cinq anciens employés de l’école, qui furent tous éventuellement condamnés.

Lorsque les survivants demandèrent des compensations par le comité de la vérité et de la réconcilaition, ils demandèrent au DAA les archives de l’OPP. Non seulement on ne leur donna aucun accès aux rapports de police mais le DAA leur dit qu’il n’avait aucun de ces documents, ce qui fut prouvé être un mensonge. Mardi dernier, le gouvernement a fait une demande devant la cour supérieure de l’Ontario et a argumenté que la province aurait dû révélé les documents alors même qu’en 2008, le gouvernement fédéral a été ordonné de diffuser tous les documents au Comité pour la Vérité et la Réconcilation, aux victies et à leurs familles. Depuis lors, le gouvernemnt a fait tout ce qu’il pouvait pour ralentir et bloquer ce processus. Le problème de l’interdiction de publication et de l’ordre de mise sous scellé a pris la vaste majorité du mardi. Le juge Paul Perell a entendu les arguments des deux parties, incluant les avocats des survivants du pensionnat de Sainte Anne et le juge Perell du comité vérité et réconciliation trancha sur l’interdiction de publication en fin de journée: “Aucun nom de personnes impliquées dans l’évaluation indépendante ne peut être divulgué sous quelque forme que ce soit, pas même sur internet, sauf autorisation exprimée des intéressés. Le juge Perell a dit qu’il ne présidera pas sur la procédure du litige sur l’ordre de scellé avant l’année prochaine.

Ce que nous savons des documents divulgués jusqu’ici est que les enfants autochtones ont été soumis à des expériences médicales. Plus spécifiquement, les enfants furent privés de nourriture riche en nutrients afin d’étudier la carence en vitamine. Certains prédisent qu’avec la divulgation de plus de documents, des horreurs bien pires seront révélées incluant les tactiques de torture comme la chaise électrique qui fut utilisée au pensionnat de Sainte Anne.

D’après un rapport récent du gouvernement, le DAA a dépensé plus d’argent en procédure de litigation que tout autre département gouvernemental. Rien qu’en 2012, la facture du département des affaires aborigènes en frais de justice était de 106 millions de dollars.

Les survivants essaient d’obtenir des compensations au travers de l’IAP qui est un processus hors tribunal pour la résolution des demandes de compensation pour abus sexuels, violence sérieuse et conséquences psychologiques à long terme. D’autres survivants ont rejoint le mouvement en se constituant parties civiles.

De quelque manière que ce soit et afin de soutenir leur cas, les survivants ont besoin des documents de l’enquête de l’OPP, documents auxquels ils sont incapables d’avoir accès pour le moment. L’enquête a résulté en plus de 7000 pages et documents, incluant les déclarations écrites de plus de 1000 témoins.

Les survivants de programme de l’école résidentielle pour indigène du Canada, qui cherchent à obtenir des compensation et la réconciliation, doivent montrer des documents pour justifier et valider leur demande. Metatawabin a dit que les survivants deviennent de plus en plus frustrés des tactiques d’étouffement de la procédure employées à la fois par les gouvernements provincial et fédéral et que le temps vient à manquer pour les anciens qui veulent que la vérité soit faite sur tout cela et recherchent justice et réconciliation.