Archive pour éducation état et liberté

Education: La Finlande révolutionne l’enseignement…

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social with tags , , , , on 3 février 2017 by Résistance 71

De 1er système éducatif au monde en 2012, la Finlande est 5ème en 2016 rattrappée apparemment par les 4 géants asiatiques: La Corée du Sud, le Japon, Hong-Kong et Singapour. La Finlande est néanmoins toujours le leader des pays “non-asiatiques” devant la GB, le Canada et la Hollande. Voir le lien sous notre traduction.

Initiative intéressante à suivre…

~ Résistance 71 ~

« Glorifier la démocratie et réduire les gens au silence est une farce, discourir sur l’humanisme et nier les gens est un mensonge… Seul le dialogue qui requiert une pensée critique peut aussi générer une pensée critique. Sans dialogue il n’y a pas de communication et sans communication il ne peut pas y avoir de véritable éducation. »

« Toute investigation thématique qui approfondit l’éveil historique est véritablement éducative, tandis que toute authentique éducation enquête sur la pensée. »

~ Paolo Freire, « La pédagogie des opprimés », 1970 ~

  

La Finlande va devenir le premier pays au monde à se débarrasser de tous les sujets scolaires

 

Novembre 2016

 

Source: reprise février 2017

http://www.globalresearch.ca/finland-will-become-the-first-country-in-the-world-to-get-rid-of-all-school-subjects/5572373

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le système éducatif de la Finlande est considéré comme un des tous meilleurs au monde. Dans la classification mondiale, il est toujours dans le top 10 (NdT: 1er en 2012, 5ème en 2016). Mais quoi qu’il en soit, les officiels là-bas ne se reposent jamais sous leurs lauriers et ils ont décidé d’entreprendre une véritable révolution de leur système scolaire.

Les Finlandais veulent mettre fin aux sujets d’études scolaires et les enlever des programmes d’enseignement. Il n’y aura donc plus de cours de maths, de physique, de littérature, d’histoire ou de géographie.

Le patron du ministère de l’éducation à Helsinki, Marjo Kyllonen a expliqué les changements:

“Il y a des écoles qui enseignent à l’ancienne méthode, système qui n’a eu de bénéfice qu’au début du XXème siècle, mais les besoins ont changé et nous avons besoin de quelque chose pour le XXIème siècle.”

Au lieu d’enseigner des sujets individuels, les élèves vont étudier des évènements et des phénomènes dans un format multi-disciplinaire. Par exemple, la seconde guerre mondiale sera examinée de la perspective de l’histoire, de la géographie et des mathématiques. En prenant le cours “travailler dans un Café”, les élèves vont absorber un corps complet de connaissances sur l’anglais, l’économie et les techniques de communication.

Ce système sera inroduit pour les classes de secondaire, commençant à l’âge de 16 ans, L’idée générale est que les élèves choisissent pour et par eux-mêmes quel sujet ou quel phénomène ils veulent étudier en considérant leurs ambitions pour le futur et leurs propres capacités.

De cette manière, aucun élève ne devra plus passer par des cours complets de physique et de chimie alors qu’ils se demandent perpétuellement “en quoi cela me servira t’il ?” le format traditionnel de relation prof-élève sera aussi amené à changer. Les élèves ne devront plus s’assoir derrière une table en attendant anxieusement que leur nom soit appelé pour répondre à une question. Ils travailleront dès lors en petits groupes pour discuter de problèmes.

Le système éducatif finlandais encourage le travail collectif, c’est pourquoi cela va aussi changer la relation avec les professeurs. La réforme scolaire demandera un grand effort de coopération entre les profs des différents sujets et les élèves. Environ 70% des professeurs d’Helsinki ont déjà entrepris le travail préparatoire à ce changement et sur la nouvelle méthodologie d’enseignement, ils reçoivent des augmentations de salaires compensatoires.

Ce changement doit être complété avant 2020.

= = =

Les systèmes éducatifs du monde (évaluation subjective):

http://www.edudemic.com/learning-curve-report-education/

Résistance éducative au Nouvel Ordre Mondial…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 3 février 2015 by Résistance 71

Une école sans dieu ni maître

 

Franck Antoine

 

29 Janvier 2015

 

url de l’article original:

http://www.questionsdeclasses.org/?Une-ecole-sans-dieu-ni-maitre

 

Personne, aucun-e travailleur-se ni aucun-e journaliste ni aucun individu ne saurait être menacé-e, blessé-e ou tué-e pour ce qu’il est, sa religion, son travail, les propos qu’il tient ou encore les avis qu’il émet.

La mise en scène hypocrite d’une prétendue « unité nationale » est une chimère, un prétexte à imposer le silence aux questions dérangeantes. L’émotion embrouille la pensée.

Les assassinats des 7, 8 et 9 janvier sont une aubaine pour les tenants du repli identitaire et nationaliste ; une occasion nouvelle de stigmatisation de territoires ou de populations. Nous avons été nombreux à marquer la minute de silence, y compris là où on voudrait faire croire l’inverse dans un but évident d’ instrumentalisation pour créer un climat de haine et faire croire à l’inéluctabilité de mesures d’exception.

Ces réflexes médiatiques, sitôt les attentats commis, nous inquiètent sur la nature des déclarations politiques. Elles veulent évacuer les vrais enjeux. Les inégalités sociales et économiques sont le véritable terreau pour tous les fanatismes religieux ou nationalistes. Sans partage des richesses, le capitalisme continuera de créer du désespoir et du fanatisme.

C’est pourquoi la seule « guerre contre le terrorisme » qui vaille c’est la lutte contre l’injustice sociale. Nous ne réclamons pas de nouvelles lois liberticides et nous voulons supprimer toutes les prisons. On préfère comme d’autres ouvrir des écoles. Mais des écoles sans « vigipirate » ; des écoles sans sélection sociale, sans dieu ni maître, des écoles sans exclusions. Des écoles qui s’occupent d « éduquer pour émanciper ».

On veut aussi pouvoir rire de tout. Mais dire cela c’est revendiquer l’absence de toute censure. L’anti-autoritarisme ne souffre en effet aucune exception.

C’est ce que nous efforçons de mettre en œuvre dans nos écoles, collèges, facs ou lycées. Avec les élèves et les personnels que nous côtoyons. Nous n’avons pas attendu le 7 janvier pour lutter, avec d’autres, contre tous les obscurantismes au quotidien de nos classes, des luttes sociales, en AG et dans la grève.

La CNT-FTE appelle l’ensemble des personnels de l’Éducation à se réunir en AG pour élaborer collectivement un autre futur, débarrassé des profiteurs de guerres et des semeurs de terrorisme.

Extrait du communiqué confédéral

Nous sommes tous anticapitalistes, autogestionnaires et libertaires

La CNT invite toutes et tous à rejoindre le combat antifasciste et à exprimer sa solidarité avec l’ensemble des peuples -partisan-e-s Kurdes, Syriens Libres, Palestiniens, Espagnols, Grecs, minorités opprimées…- combattant le capitalisme, l’autoritarisme, l’obscurantisme, la misère et l’exploitation, peu importe les couleurs que ces fléaux arborent. Enfin, la CNT tient à rappeler la nécessité, coûte que coûte, de garder le cap de la lutte des classes et de l’émancipation internationale des travailleurs sans se laisser aveugler par les fables nationalistes que la classe dominante cherchera à nous imposer.

No Pasaran !

La perversion de l’éducation dans la société moderne par le « modèle » néo-libéral…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, politique et lobbyisme, politique française, résistance politique, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 24 septembre 2014 by Résistance 71

“Il en sera donc de même pour les professeurs de l’école moderne, divinement inspirés et patentés par l’État. Ils deviendront nécessairement, les uns sans le savoir, les autres en pleine connaissance de cause, les enseignants de la doctrine du sacrifice populaire à la puissance de l’État et au profit des classes privilégiées de l’État…

Toute éducation rationnelle n’est au fond rien que cette immolation progressive de l‘autorité au profit de la liberté, le but final de l’éducation ne devant être que celui de former des Hommes libres et plein de respect et d’amour pour la liberté d’autrui.”

~ Michel Bakounine ~

 

“L’éducation par accumulation de connaissances (bachotage) endort et inhibe le pouvoir créatif, l’éducation par la pose de problèmes implique au contraire un dévoilage constant de la réalité. La première tente de maintenir la submersion de la conscience tandis que la seconde pousse à l’émergence de la conscience et de l’intervention critique dans la réalité…

L’éducation en tant que pratique de la liberté, en opposition à l’éducation en tant que pratique de la domination, nie que l’Homme est abstrait, isolé, indépendant et non-attaché au monde, elle nie aussi que le monde existe en tant que réalité en dehors des personnes. La réflexion authentique ne considère ni l’Homme comme étant abstairt ni le monde sans les personnes qui l’habitent, mais considère les personnes dans leurs relations avec le monde.”

~ Paolo Freire ~

 

L’hégémonie culturelle néo-libérale  injectée dans l’éducation et sa « méthodologie » moderne ici mentionnée, est la forme la plus pernicieuse du colonialisme des esprits, que nous dénonçons d’un « Nous sommes tous des colonisés ! ». Il faut briser les chaînes de cette (re)mise en esclavage systématique.

— Résistance 71 —

 

L’industrie néolibérale, un modèle pour l’école ?

 

Carlos Perez

 

22 Septembre 2014

 

url de l’article:

http://www.michelcollon.info/L-industrie-neoliberale-un-modele.html?lang=fr

 

Depuis une vingtaine d’années, l’école est de plus en plus soumise à une obligation de résultat et de performance. L’École imite le système de production industrielle et évolue comme évoluent nos entreprises. Petit à petit, réforme sur réforme, en 20 ans le modèle éducatif a incorporé, voire absorbé le modèle de management industriel.

On pousse l’apprenant à toujours plus d’efficience, d’efficacité, d’adaptabilité et de productivité pour affronter le marché et la compétitivité mondiale au dépend de son bien être et de sa santé.

« L’enseignement belge francophone mis au régime pour réaliser plus de 300 000 000 € d’économie de 2015 à 2016 », titrait l’article de Pierre Bouillon le lundi 23 juin 2014 dans « le Soir ». Cette réforme économique n’est que la prolongement d’un projet de rationalisation du modèle éducatif qui a débuté il y a déjà 25 ans, comme l’indique l’APED dans son cahier pédagogique intitulé « 25 ans d’austérité dans l’enseignement ». Pourtant tout le monde sait qu’il manque des écoles à Bruxelles dans pratiquement toutes les sections (1). Et la situation est la même pour les professeurs : « un manque criant de profs à Bruxelles » titrait l’avenir.net dans son édition du 14 octobre 2013.

La question est : comment demander à l’apprenant de produire toujours plus, avec toujours moins ? Très simple : on prend comme modèle l’industrie. On rationalise le modèle éducatif comme on rationalise une entreprise industrielle. L’École imite le système de production industrielle et évolue comme évoluent nos entreprises. Petit à petit, réforme sur réforme, en 20 ans le modèle éducatif a incorporé, voir absorbé le modèle de management industriel.

Cela s’appelle le « New management » public ou l’économie de la connaissance.

Voila ce que nous dit Cristian Marroy sur cette question, dans son livre « l’école à l’épreuve de la performance », p38 :

« Face à ces contraintes budgétaires, les économistes mettent en avant leur capacité à apporter des solutions pour « produire » plus et à moindre coût, c’est-à-dire éduquer mieux avec des budgets stables, voir moindres, en définissant les paramètres institutionnels sur lesquels les politiques doivent jouer pour optimiser le système. Pour ce faire, l’analyse économique utilise le paradigme de la fonction de production importée du monde de l’entreprise. » 

Les économistes au secours de notre enseignement, ceux-là mêmes qui n’ont rien vu venir dans les différents crashs boursiers et qui ont plongé toute la planète dans la misère et l’austérité, à la rescousse de l’éducation. Quelle barbarie, les incompétents au service de l’éducation, nos enfants sont véritablement en danger.

Voilà ce qu’il nous propose :

« James Lewis Jr, économiste américain, a milité pour l’introduction des méthodes de gestion d’entreprise dans l’éducation. En prenant exemple sur les meilleures de nos firmes, nous pouvons mener notre combat pour l’excellence de nos circonscriptions scolaires rapidement, humainement et en faisant des économies. De Closet, en France, ne dit pas autre chose, « pour nos circonscriptions scolaires, il faut prendre exemple sur Bouygues et Renault. »

Toutes ces méthodes, pour diminuer et comprimer les coûts par enfant et gagner en productivité, pénètrent à vitesse accélérée le modèle éducatif. C’est également ce que confirme Dominique Raulin, agrégé en mathématique : alors que le temps annuel d’enseignement diminue, la somme de connaissances disponibles connaît un accroissement sans précédent. Et Emmanuel Davidenkof, lui aussi, parle d’un empilement des connaissances par élève sans précédent, comme s’il fallait que les enfants empilent tout ce qu’il n’est pas permis d’ignorer.

Cette prouesse est réalisée par des méthodes de rationalisation et de management empruntées au modèle industriel. On parvient à augmenter la production des élèves dans les conditions décrites ci-dessus grâce à des méthodes qui ont fait leurs preuves dans les entreprises sur les ouvriers, des méthodes d’adaptabilité, de flexibilité, de drill et de conditionnement couplées d’évaluations permanentes pour augmenter la qualité et le volume de production de l’apprenant.

Tout ça en diminuant les coûts par enfant, l’industrie « un vrai miracle » !

« Claude Lessard analyse les nouveaux rôles des administrateurs d’établissements dans le cadre des pratiques actuelles, nettement « managériales et productivistes », et les enjeux de cette évolution où « l’autonomie est désormais conditionnelle à l’insertion réussie des enseignants dans des systèmes de gestion axée sur les résultats » : question préoccupante, conclut-il. » (2)

Le mouvement politique d‘éducation populaire (M’PEP), dans un article paru dans le journal « Innovation Démocratique », le mardi 20 août 2013, a également sa petite idée sur cette nouvelle fonction productiviste de l’école :

« Le productivisme appliqué de manière croissante à l’enseignement et le recentrage sur les fondamentaux », c’est-à-dire dans la conception élitiste des libéraux, les mathématiques et le français. Un bachotage permanent, complété par un infernal dispositif d’évaluation des élèves, survalorise la performance personnelle. Les conséquences en sont à la fois une baisse de l’enseignement des connaissances générales et la disparition de toute référence au plaisir d’apprendre. Tels sont les effets du remplacement d’une vraie pédagogie par les préceptes productivistes. Une conception des finalités de l’enseignement et de la scolarité calquée sur celle du travail, avec les mêmes conséquences : une recherche de la productivité conduisant à l’explosion des maladies « professionnelles » (3) symptômes de l’inadaptation au système.

La réforme réactionnaire du système psychiatrique en cours dans le cadre européen (enfermement autoritaire et isolement des patients) est la réponse du système libéral aux destructions psychiques provoquées dans la population par la recherche sans fin de plus de productivité. Des expérimentations sont d’ailleurs en cours dans les écoles, à la demande des institutions européennes, pour détecter dès la petite enfance les signes de l’inadaptation et leur traitement par la psychiatrie. Tel se présente le dangereux mouvement pour la médicalisation de la difficulté scolaire. »

Depuis une vingtaine d’années, l’école est de plus en plus soumise à une obligation de résultat et de performance.

Tous les organismes nationaux et internationaux inspirés par l’OCDE et les idées du « new public management » poussent inexorablement l’éducation dans cette direction.

Réforme sur réforme, en 20 ans, notre modèle éducatif a incorporé une approche économique et une culture d’entreprise. Le constat suivant est malheureusement plus que confirmé.

Il ne s’agit plus d’humaniser la norme, mais de normaliser l’homme. Ce qui ne devait être à la base que la partie la moins intéressante, la plus marginale, en définitive la moins importante du processus pédagogique, c’est-à-dire les évaluations et la mesure des performances des ressources humaines de « l ’élève », se révèle être aujourd’hui le cœur et le noyau de la politique en matière éducative.

Toutes les productions de l’apprenant doit être évaluées, notées, scrutées à la loupe, exactement comme le font les entreprises pour améliorer l’efficience de la production.

Cela implique que l’apprenant fasse ce qui lui est demandé, de la manière dont cela lui est demandé, le plus souvent selon des modalités qui lui sont imposées sur le mode implicite.

Pour se faire, tous les marqueurs et les outils attachés à l’éducatif, qu’ils soient sociaux, pédagogiques, politiques, juridiques et économiques, vont s’organiser et être orientés dans une seule et unique direction : améliorer la croissance productive de l’apprenant en rationalisant l’école, ses structures et ses méthodes, comme on rationalise les entreprises.

Le professeur, reconverti en manager, doit exclusivement se concentrer sur l’amélioration de l’efficience productive des ressources humaines mises à sa disposition.

L’oppressé ou l’élève peut produire toujours plus, si l’on parvient à le formater de façon précoce et féroce, en l’obligeant insidieusement à s’adapter en permanence, pour son bien, quitte à détruire sa santé. L’objectif essentiel du discours du New Management public est d’accroître le profit, c’est-à-dire qu’en rationalisant tout et partout, on peut malgré tout accroître la production pédagogique de l’apprenant. Le moyen privilégié, dont on se sert pour assurer la pérennité de cette logique, consiste à manipuler le langage pour en pervertir le sens « la Nov langue ».

Le langage commun à l’industrie a pénétré l’école pour en accepter l’essentiel : la logique productiviste.

Dés lors, le langage de notre modèle éducatif sera le langage de l’efficience et de l’efficacité quel que soit le parti politique au pouvoir. Si l’on parle de mixité sociale dans l’enseignement, ce n’est absolument pas pour la diversité qu’elle procure mais comme facteur d’efficience, de croissance et de compétitivité, c’est-à-dire que l’émulation pour la production et le mimétisme sur les plus productifs doivent pousser l’élève moins productif à vouloir augmenter sa propre productivité sans que cela ne coûte un euro à l’école ou à l’entreprise, marqueur qui a antérieurement été introduit dans les entreprises

« Le 22 octobre 2004, trente-cinq dirigeants de grandes entreprises du CAC 40 signent la charte de la diversité « Promouvoir la diversités en entreprise :genèse et ambiguïtés d’une initiative patronale » (4) pour ajouter un facteur de tension supplémentaire et une concurrence de plus, incitations qui doivent permettre une meilleure compétitivité et productivité entre allochtones et autochtones.

On parle de pédagogie par objectif et compétences, ce qui permet un meilleur rendement individuel, également introduit dans les entreprises. On parle de portefeuille de compétences et de portefeuille linguistique, pour se positionner le mieux face à la concurrence, d’économie de la connaissance, du capital immatériel de ressources humaines, de régulation par les résultats, d’évaluations standardisées, de mesures statistiques de la production de l’élève. Même les méthodes pédagogiques doivent soutenir la production, et, par exemple, une polémique est née autour du global et du syllabique pour savoir laquelle des deux méthodes était la plus efficiente et permettait la meilleure production écrite de l’apprenant.

Ce débat est toujours d’actualité : Lesquelles des méthodes traditionnelles ou actives permettent-elles une meilleure production, plus d’efficacité et d’efficience, compte tenu du volume de production que l’apprenant doit fournir et du temps de production qui lui est rationnellement imparti ?

« Dans le discours des institutions internationales et de plus en plus dans celui des responsables nationaux, l’école a pour fonction de produire des ressources humaines ou du « capital humain ». L’employabilité est devenue la norme qui organise les mutations de l’école. L’idéologie de la professionnalisation a pénétré l’université et l’ensemble du système, jusqu’aux premiers niveaux de l’enseignement.

Prenons le « socle commun de compétences ». (5). Ces compétences ont été fixées par l’OCDE et par la Commission européenne à partir de critères d’employabilité, en fonction de considérations économiques et non pas pédagogiques. On va jusqu’à redéfinir les programmes, l’évaluation, la pédagogie.(6) »

Bref on ne parle plus de l’école qu’en termes managérial et de l’apprenant et qu’au regard de son adaptabilité face au processus de production pédagogique. Il faut maintenir le taux de compétitivité, de productivité et de croissance.

Toujours à un niveau plus élevé, la fameuse triade du père Didon pour les jeux olympiques « toujours plus vite, toujours plus fort, toujours plus haut ». Seul le marqueur de la croissance illimitée de la production de l’apprenant est toléré par le système néolibéral tout comme dans l’industrie, quitte à mettre en danger tous les hommes et la planète elle-même. Le « progrès » sans morale, ni étique est-elle encore du « progrès » ?

Selon l’OCDE, ce serait plus de 350 000 000 personnes qui seraient touchées par la dépression nerveuse dans les pays industrialisés. Selon l’OMS, en 2001, quelque 450 000 000 personnes (13% de la population mondiale) souffriraient d’une affection neurologique.

On prévoyait également qu’une personne sur quatre allait connaître un trouble mental au cours de sa vie.

Selon une évaluation du CREDES, le nombre de déprimés aurait augmenté de 50% entre le début des années 1980 et le début des années 1990. Aux Etats-Unis, selon un rapport du BIT datant de 1993, le « stress » coûtait déjà quelque 200 milliards de dollars par an, soit la totalité des bénéfices des 500 sociétés les plus riches du pays.

Plus récemment, les médecins du travail américains soulignaient que les dépressions du personnel étaient devenues l’une des maladies les plus coûteuses auxquelles devaient faire face les employeurs et que les congés maladies, dont elles étaient responsables, étaient les plus longs et que leur taux de rechute était plus élevé que celui des maladies cardiaques et des douleurs dorsales.

Voila ce que l’on réserve pour l’école et l’apprenant : un « progrès » qui est une véritable forme de barbarie. L’adaptation permanente aux normes productives et compétitives du système, ce qui à mes yeux n’est absolument pas signe de progrès pour l’humain mais de domination des corps et des esprit et d’exploitation permanente . La seule chose qui est prise en compte aujourd’hui, dans les analyses de l’école, même chez les progressistes, c’est la question de la productivité, de la rentabilité des élèves, de leur niveau et de la médiocrité de ce niveau qu’il faut sans cesse remonter. Jamais la santé et le bien être de ces enfants ne sont intégrés dans la réflexion. En bref : formater, conditionner, formater, il en restera bien quelque chose, placer l’enfant au centre de l’éducation. Oui, mais comment et pour quoi faire ?

 

Notes :

  1. « le Soir », 4 mai 2012.
  2. cfr Les cahiers pédagogiques, « Enseigner, un métier sous contrôle ? » mai 2014
  3. Dans le cas de l’école : les « dys » – dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, dysorthographie, etc.
  4. Milena Doytcheva, Myriam Hachimi Alaoui, « Promouvoir la diversité en entreprise : genèse et ambiguïtés d’une initiative patronale « , REVUE Asylon(s), N°8, juillet 2010-septembre 2013, Radicalisation des frontières et promotion de la diversité. Url de référence : http://www.reseau-terra.eu/article9…
  5. Introduit au collège puis en primaire, il liste les aptitudes que l’élève doit acquérir, à côté des connaissances.
  6. Christian Laval ; gaetanpelletier.wordpress.com/2014/04/07/alfred-est-dans-le-frigo/

Société du spectacle et endoctrinement pédagogique…

Posted in actualité, altermondialisme, militantisme alternatif, N.O.M, pédagogie libération, politique et social, résistance politique with tags , , , , , , , , on 20 octobre 2012 by Résistance 71

Ecole discipline et répression des désirs

 

Le 13 Octobre 2012

 

url de l’article original:

http://zones-subversives.over-blog.com/article-ecole-et-repression-des-desirs-111197895.html

 

L’ancien situationniste Raoul Vaneigem propose une critique de l’école, entre répression des désirs et soumission à la discipline.

« L’école a été avec le famille, l’usine, la caserne et accessoirement l’hôpital et la prison le passage inéluctable où la société marchande infléchissait à son profit la destinée des êtres que l’on dit humains » tranche Raoul Vaneigem pour ouvrir son texte. Cet écrivain et poète a participé à l’aventure de l’Internationale situationniste. Il insiste sur l’affirmation d’une subjectivité radicale. Il s’attache, dans le sillage des avant-gardes artistiques, à la libération de la créativité, des désirs et des passions. Ses écrits renvoient à la perspective d’une révolution poétique et orgastique. Le plaisir et la jouissance doivent primer sur les normes et les contraintes sociales. Dans un petit texte, intitulé Avertissement aux écoliers et lycéens, il applique ses idées radicales au domaine de l’éducation.

De la discipline scolaire à l’expression des désirs

« L’école a-t-elle perdu le caractère rebutant qu’elle présentait aux XIXème et XXème siècles, quand elle rompait les esprits et les corps aux dures réalités du rendement et de la servitude, se faisant gloire d’éduquer par devoir, autorité et austérité, non par plaisir et par passion ? » demande ironiquement Raoul Vaneigem. Pour lui l’école, même sous sa forme moderne, conserve une dimension autoritaire. Le dressage et la soumission sont les véritables objectifs de l’entreprise scolaire. L’enfant, attiré par la vie et le jeu, doit se conformer à « l’ennuyeux travail du savoir abstrait » explique Raoul Vaneigem.

L’école, à l’image de l’édifice social, condamne les enfants à la survie et à la routine au détriment d’une vie plus intense et plus riche. « Odieuse hier, l’école n’est plus que ridicule » estime Raoul Vaneigem. L’embrigadement scolaire était justifié par l’objectif d’une réussite sociale avec un emploi et l’espérance d’une promotion sociale. L’école produit alors des adultes frustrés et insatisfaits, loin des rêves d’enfance. Les élèves apprennent à se conformer aux injonctions d’une société fondée sur le pouvoir et le profit. Mais pour le poète à la radicalité émoussée, l’école n’est pas à détruire. Cette institution porterait en elle les germes d’un renouveau. L’école doit permettre l’apprentissage de la vie. « Mais aussi une vie fondée sur la créativité,  non sur le travail; sur l’authenticité, non sur le paraître; sur la luxuriance des désirs, non sur les mécanismes du refoulement et du défoulement » précise Raoul Vaneigem. L’école doit permettre l’expression de l’amour et du merveilleux. La volonté de vivre doit primer sur la volonté de puissance.

L’enseignement doit permettre à l’enfant de « satisfaire ses désirs non dans l’assouvissement animal mais selon les affinements de la conscience humaine » estime Raoul Vaneigem. Pourtant l’école repose sur la répression des désirs. Discipline et maintien de l’ordre fondent toute éducation. Les connaissances sont assénées par la contrainte et la menace. L’« intelligence sensible et sensuelle chevillée aux désirs » doit se soumettre au savoir abstrait séparé de la vie. Les corps et les esprit doivent se soumettre à l’autorité des professeurs qui récompensent les plus serviles. L’école apparaît comme un lieu de dressage et de conditionnement.

Mais l’école autorise également des dérapages contrôlés. Les mouvements de contestation sont encadrés par des bureaucrates. Les cours de récréation servent de défouloir.

La curiosité spontanée des enfants est réprimée. L’école détruit le plaisir d’apprendre pour imposer l’ennui. L’enfant est castré de sa sensualité originelle et de ses pulsions de vie. Il est gavé artificiellement par le système éducatif pour être conduit sur le marché du travail.

L’école s’apparente à un tribunal dans lequel l’élève est « mis en examen ». Il subit l’accusation présumée d’ignorance. Les enfants sont jugés et sanctionnés. Ils ne peuvent plus développer leur autonomie et leur créativité.

Au contraire, la connaissance doit ouvrir au merveilleux.

L’école moderne entre normes et contraintes

Malgré le déclin de l’autoritarisme dans les sociétés occidentales, l’image de l’école caserne perdure. La soumission, la hiérarchie et même les bâtiments évoquent un enseignement militaire fondé sur la peur. Raoul Vaneigem préconise de « faire de l’école un lieu où ne règnent ni autorité ni soumission, ni forts ni faibles, ni premiers ni derniers ». Mais, à l’école comme dans la société, la barbarie prime sur la créativité. L’apprentissage doit au contraire encourager « une volonté sans cesse ravivée de jouir de soi et du monde ».

La contrainte réprime le désir de savoir. « Travaille d’abord, tu t’amuseras ensuite » devient l’injonction privilégiée de l’école et de la famille. Le plaisir et la passion demeurent pourtant les véritables moteurs de l’activité humaine.

Désormais, l’école devient une marchandise. Dans les universités, les étudiants sont considérés comme des clients incités à consommer des cours plutôt qu’à apprendre. L’école doit favoriser « une plus grande adaptabilité des comportements de manière à répondre à la demande du marché de la main-d’oeuvre » prescrit la Commission européenne dès 1993.

A partir des années 1950, les sociétés capitalistes s’appuient sur une forte consommation. Après l’atelier et le bureau, les travailleurs doivent rejoindre les usines de la consommation. L’école doit fabriquer un individu producteur et consommateur.

L’emprise de la rentabilité et de la logique quantitative sur la vie existe également à l’école. Contre une société de surproduction et de surconsommation, l’école doit s’appuyer sur le jeu pour permettre aux individus de développer leur créativité.

Un texte intitulé « Vaneigem over » souligne les limites du livre de l’ancien situationniste. Pour Vaneigem, la société semble évoluer positivement depuis Mai 68. Les contraintes semblent disparaître progressivement. L’école n’est donc plus à détruire mais doit se contenter d’évoluer. Cette analyse se révèle évidemment fausse et naïve. Certes l’autoritarisme brutal s’accompagne de l’intériorisation de normes sociales. Pour autant, les individus ne semblent pas plus libres. L’école, l’Etat, la famille diffusent des normes qui sont intériorisées par chacun. Des individus dociles sont façonnés par le capital. Les institutions qui imposent la répression sexuelle et le renoncement aux désirs évoluent, s’adaptent, mais perdurent. Luc Boltanski souligne la récupération de la critique artiste, incarnée par Vaneigem, par le capitalisme.

Mais les avant-gardes artistiques proposent des pistes de réflexions pour ne pas s’accommoder de l’institution scolaire. Plus sûrement qu’un aménagement de l’embrigadement des enfants proposé par un Vaneigem édenté. Libérer la créativité et les désirs et passionner la vie ne peut se réaliser que sur les ruines de l’école.

Source: Raoul Vaneigem, Avertissement aux écoliers et lycéens, Mille et une nuits, 1995

 

Articles liés:

L’école à l’ère du capitalisme néolibéral

La défense de l’Université et ses limites

Les situationnistes dans la lutte des classes

Critiquer l’art pour passionner la vie

 

Pour aller plus loin:

« Vaneigem over« , texte publié sur le site de Claude Guillon le 10 juillet 2004

Recension par Ono Maxada publié sur le site La révolution en charentaises le 27 novembre 2011

Enregistrement d’une lecture du livre sur le site Zapzalap publié le 11 juin 2012