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Doctrine chrétienne de la découverte fondement du colonialisme occidental: L’hypocrisie du « dieu sublime »

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 1 juin 2016 by Résistance 71

Au sujet de la bulle pontificale “Sublimis Deus”

Steven Newcomb

23 Mai 2016

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/05/23/papal-bull-sublimis-deus

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

En 1537, le pape Paul III a émis la bulle pontificale Sublimis Deus (sublime dieu). Le pape fit cela après avoir été particulièrement influencé par un prêtre du nom d’Antonio Montesinos qui se rendit à Rome depuis l’île des Caraïbe d’Hispagnola (NdT: aujourd’hui Haïti et lieu de débarquement initial de Cristobal Colon ou Christophe Colomb, le “colonisateur porteur de la croix”…) afin de disputer le traitement horrible réservé aux Indiens. Montesinos fit cela en représentation d’un groupe particulier de prêtres de l’ordre des dominicains résidant sur l’île d’Hispagnola. L’église catholique a dit depuis plusieurs années déjà, que le document Subliminis Deus a servi à corriger un certain nombre d’édits/décrets pontificaux sur la subjugation et la colonisation qui avaient été émis par le pape Alexandre VI (Rodrigo Borgia) en 1493.

L’église prend cette position parce que le décret pontifical Sublimis Deus dit que les Indiens doivent être vus comme de véritables êtres humains (en opposition au fait qu’ils n’étaient pas considérés comme humains précédemment…). Le document Sublimis Deus dit aussi que les Indiens ne devaient pas être privés de leur liberté ou de leur propriété. Il y a cependant deux problèmes avec l’argument contemporain de l’église catholique au sujet de la bulle Sublimis Deus: d’abord, suite aux pressions politiques de l’empereur espagnol Charles V (Charles Quint), qui fit retirer de la circulation toutes les copies du document et les fit renvoyer en Espagne, le pape Paul III fit plus tard retirer toutes les pénalités ecclésiastiques (interdits et excommunication) pour toute violation des termes de la bulle Sublimis Deus. Secundo, en 1537, des millions d’Indiens avaient déjà été exterminés, privés de leur liberté et de leur propriété à cause des bulles pontificales de 1493.

La bulle Sublimis Deus n’était pas rétroactive. Elle ne pouvait pas être projetée dans le passé. Elle ne pouvait pas défaire toutes les morts, la destruction et la déshumanisation que le Saint Siège avait lâché depuis plus de 4 décennies sur la base des bulles alexandriennes de 1493. Le pape Paul III n’avait pas non plus l’intention à ce que la bulle Sublimis Deus libère les nations autochtones originellement libres du système catholique espagnol de domination qui leur avait déjà été imposé sur la base de ces mêmes bulles alexandriennes. Au mieux, les Indiens pouvaient espérer en résultat de Sublimis Deus, d’être libérés sous la domination de la couronne d’Espagne.

L’histoire de la réalité politique au XVème et subséquents siècles, révèle que l’église catholique n’a jamais eu pour intention que la bulle sublimis deus ne retire l’imposition et l’affirmation de la souveraineté et de la domination espagnols sur les nations autochtones originelles. En fait, le pape Alexandre VI avait bien stipulé dans sa bulle Inter Caetera du 4 Mai 1493 que le système de domination de l’empire chrétien (imperii Christiani) devait tenir les “barbare nationes” (en fait les nations originelles libres et souveraines) en subjection (“subjicere”) et sous domination “pour toujours” et “à perpétuité”. L’efficacité au cours des siècles de l’autorisation du pape Alexandre VI est démontrée par le fait que l’affirmation d’un droit de domination imposé dans le passé continue à être imposé à nos peuples et nations dans le présent par les gouvernements d’états. (NdT: sur le continent des Amériques)

Dans un récent entretien, l’évêque Donald Bolen du diocèse catholique de Saskatoon au Canada, a utilisé le conditionnel pour communiquer quelque chose d’hypothétique lorsqu’il a dit: “La déclaration Sublimis Deus, émise par le pape Paul III en 1537 a annulé tous les décrets précédents qui auraient nié le droit des peuples indigènes des Amériques à leur liberté et leur propriété.

Notez l’expression “auraient nié” dans le commentaire de l’évêque Bolen. Dans ce contexte, la forme conditionnelle ‘auraient” est utilisée pour une situation irréelle ou imaginée ; c’est aussi utilisé pour des situations hypothétiques ou irréelles. En d’autres termes, l’évêque Bolen affirme que le document de 1537 a annulé tout document pontifical précédent ayant eu hypothétiquement ou de manière supposée, le pouvoir de potentiellement nier aux Indiens leur droit à la liberté et à la propriété. Malheureusement, son utilisation du mot “auraient” nous empêche de nous focaliser sur le fait que l’autorisation pontificale de domination des bulles alexandriennes a été en place et appliquée pendant plus de quatre décennies contre nos nations origienlles et ce de la plus horrible des façons, la plus brutale et déshumanisante par les leaders espagnols et les conquistadores représentant la couronne de Castille.

L’évêque Bolen a échoué d’expliquer et de reconnaître que de 1493 à 1537 (44 ans), les décrets pontificaux d’Alexandre VI ont en fait été utilisés pendant plus de quatre décennies afin de dominer les peuples autochtones en les privant de leur liberté et de leur propriété et en affirmant une domination sur les territoires des nations originelles, les assujettissant comme dominions de la couronne de Castille. Si l’évêque Bolen avait reconnu cela, il aurait par là-même reconnu qu’en 1537, un fait (historique) de domination avait déjà été créé sur la vase des décrets pontificaux alexandriens. Il aurait donc reconnu, au nom de l’église catholique au Canada, que la bulle Inter Caetera avait déjà été utilisée pendant quarante ans pour refuser aux Indiens leur liberté et leur propriété.

L’utilisation du conditionnel par l’évêque Bolen ne reconnaît pas que la bulle Sublimis Deus ne pouvait rien faire pour changer plus de quarante ans de destruction et de domination institutionnalisée. Par cette simple expression du conditionnel, il a magistralement détourné l’attention du fait qu’en 1537, un système broyeur et mortel de domination chrétienne était déjà complètement en place et maintenu de manière invasive sur les nations originelles autochtones sous l’autorisation des bulles alexandriennes.

Les bulles pontificales alexandriennes servent de prototype illustrateur pour le droit de domination affirmé toujours utilisé contre nous. Une affirmation de droit de domination imposé sur tous les peuples et nations originellement libres dans le passé, continue d’être perpétré et maintenu contre nous aujourd’hui par les gouvernements d’état internationaux comme ceux du Canada, des Etats-Unis et bien d’autres. Aujourd’hui ceci est appelé la “souveraineté des états” ou le “pouvoir plénier” et de bien d’autres termes.

Par le moyen de la révocation cérémonielle de ces terribles documents pontificaux et de bien d’autres les ayant précédé commes les bulles Dum Diversas et Romanus Pontifex (NdT: pape Nicolas V en respectivement 1452 et 1455), le pape François 1er couperait ainsi avec la base même des arguemnts de domination maintenant toujours utilisés contre nous.

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