Archive pour doctrine chrétienne de la découverte apaches

Résistance au colonialisme: Les Apaches bottent le cul du pape…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 23 février 2016 by Résistance 71

Article à connecter avec « Le super mensonge du Vatican à l’ONU »

« Vous devez parler directement, ainsi vos mots iront droit dans nos cœurs comme des rayons de lumière. Parlez Américains ! Je ne vais pas vous mentir… Ne me mentez-pas ! »
~ Cochise ~

Les Apaches au pape François 1er: Reconnaissez l’histoire du génocide

ICTMN

19 février 2016

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/02/19/apaches-pope-francis-recognize-history-genocide-163488

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ce qui suit est une déclaration du Apache Ndé Nneé Working Group, de la nation Apache et de la Coalition for Apache Ndé Nneé Justice en rapport avec la tournée actuelle du pape François 1er traversant le territoire Apache Ndé Nneé.

Le pape François est actuellement en tournée officielle à travers le territoire apache Ndé Nneé jamais cédé au-dela des frontières. L’ Apache Ndé Nneé Working Group a fait une déclaration officielle demandant au pape qu’il reconnaisse qu’il est en tournée sur ces terres sans le consentement libre, informé et préalable des peuples Ndé Nneé. Cette action du pape est en violation des lois indigènes, de leur gouvernance et des cadres légaux de la déclaration des droits des peuples indigènes de l’ONU (DDPI). Le groupe demande au pape, en tant que représentant mondial de l’église catholique, de résumer immédiatement son attitude aux principes internationaux minimum. Son attitude présente est une réflexion négative de l’image du Saint siège dans son processus récurrent et sans relâche jusqu’à ce jour de nier la violence génocidaire contre les ancêtres et les survivants actuels des peuples Ndé Nneé des campagnes destructrices menées par le Saint Siège contre des souverains indigènes ne s’étant pas rendus.

L’ Apache Ndé Nneé Working Group en appelle au pape de mettre fin à son attitude paternaliste et colonialiste au Mexique et dans les territoires indigènes inhérents et de se rendre responsable de cette “tournée” dans le territoire Ndé Nneé non cédé. Ce manque de respect continuel envers les peuples indigènes est l’affirmation d’une pratique éhontement ethnocentrique dans les Amériques, qui est, dans son essence même, l’esprit général de la non reconnaissance qui souligne le processus génocidaire permanent toujours de mise sur le continent des Amériques. En ne respectant pas les protocoles dans les territoires autochtones non cédés, le pape entérine le modèle affairiste comme d’habitude, en d’autres termes, la continuation du processus engagé avec la doctrine [chrétienne] de la découverte, qui a subjugué et déshumanisé les peuples autochtones en plaçant leur souveraineté sous celles des Européens. Cette position sans relâche a positionné les peuples et nations indigènes en position d’infériorité en faisant également “normaliser” l’identité des victimes et en les plaçant sous les rubriques étatiques de “minorités” ou de “groupes ethniques” ; ceci est régressif et totalement incacceptable. Une telle attitude propage la notion totalement fictive de “conquête”, qui maintient le statu quo agressif et destructeur de viol, de pillage et de subjugation dans les territoires indigènes non cédés jusqu’à aujourd’hui.

Le schéma sans fin du Saint Siège de paternalisme et d’effacement des faits au travers l’évitement du pape de cette rupture cruciale entre les peuples indigènes et l’idéologie euro-centrique transformée en action politique, œuvre à hypnotiser les masses en pratiquant des rituels qui re-colonisent les peuples autochtones et les force à l’obéissance et la complicité dans cette mascarade.

Le groupe demande que le Saint siège soit tenu pour responsable dans son rôle de perpétration de génocide contre les peuples indigènes et qu’il doit répudier la Doctrine de la Découverte, ainsi que les effets et l’héritage de la bulle papale Inter Caetera de 1493. Les politiques continuelles assimilatoires du Saint Siège sont représentées par les voyages du pape a travers les terres indigènes, alors qu’il “est en tournée” sans le moindre respect des protocoles de reconnaissance légitimes Ndé Nneé des peuples fédéraux et non-fédéraux.

La couverture continuelle du déni de l’église et son refus constant de rencontrer face à face les peuples Ndé Nneé dans des réunions diplomatiques sont des tactiques délibérées d’évitement utilisées pour assombrir et ôter de la vue les intérêts capitalistes et de profits perpétuellement sous-jacents bénéficiants au Saint siège, qui est un très grand propriétaire terrien sur le continent des Amériques. Les tactiques sont utilisées pour mettre dans l’ombre les manières complexes par lesquelles l’église contemporaine œuvre vers la gestion du mécontentement des peuples autochtones et leur rejet croissant de la doctrine de l’église.

“Le pape François 1er n’a aucune compréhension des réalités actuelles et des divers façons dont les peuples indigènes, surtout les peuples Apache Ndé Neé, s’engagent dans des processus de décolonisation et interrogent les façons qu’utilisent le Saint Siège. L’église a menacé le statut d’autodétermination des peuples indigènes´ en avançant sur une relation de pouvoir politique et économique asymétrique, soulignant le vol par le Saint Siège et les colons européens de la souveraineté inhérente des peuples et nations indigènes ainsi que leur droit à s’autogérer.”

La visite du pape perpétue des siècles de violation contre les femmes apache Ndé, les familles, la terre, les traditions sacrées et l’auto-détermination au travers de l’invasion illégale par le Saint Siège et ses royaumes européens politico-(pseudo)légaux et leurs alliés états-coloniaux par le truchement de la bulle Inter Caetera et son héritage.

En Novembre 2015, le groupe de la nation Apache Ndé Nneé a soumis au CERD de l’ONU (In November 2015 the Apache Ndé Nneé Working Group submitted to the UN CERD (Committee on the Convention on the Elimination of all forms of Racial Discrimination) ) le fait que le Saint Siège, sa bulle Inter Caetera et la Doctrine de la Découverte qui en a résulté furent responsables du vol, du meurtre des terres apache Ndé Nneé, de leurs familles, de leurs ressources, de leur caractère sacré et que la vie elle-même dans la trace de son héritage continue à être raciste et génocidaire.

Le CERD des Nations-Unies et son comité ont en réponse soutenu le fait que le Saint Siège devait rencontrer les peuples indigènes au sujet des problèmes soulevés et ce incluant de se préoccuper “de l’héritage et des effets actuels de la Doctrine de la Découverte endorsée par la bulle Inter Cetera du mois de Mai 1493 et les autres bulles papales attenantes, aussi bien que les autres problèmes.

(The UN CERD Committee has in response supported that the Holy See must meet with Indigenous Peoples about these matters raised, including to address “the current legacy and effects of the Doctrine of Discovery endorsed in the Inter Caetera from 1493 and its related papal bulls, as well as other issues”.)

“Que le pape continue de violer l’auto-détermination et la sacralité des Apache Ndé Nneé en entrant sur nos terres sans même rechercher notre consentement, ou d’offrir de nous rencontrer au sujet des problèmes sus-mentionnés issus des recherches du CERD de l’ONU, montre le manque de respect ultime aux Apaches Ndé en tant que peuple et nation.”

“Nous ne tolèrerons pas le viol continu de nos droits à l’auto-détermination par l’église catholique, de notre pouvoir décisionnaire, de la sacralité de nos femmes, de nos terres et de nos êtres.

Entrer en territoire Apache Ndé et à ce même moment suivre ce que le CERD a trouvé, est une étape calculée par le pape François 1er et l’église catholique pour diminuer la nation Apache Ndé Nneé en tant qu’égaux dans la société du monde; en essence, peu a vraiment changé. Cette violation de nos esprits pue cette mentalité de génocide continuel contre le peuple Apache Ndé.

De fait, la présence du pape en même temps ne veut absolument rien dire pour nous ; sa condescendance, ses actions paternalistes sont, simplement, des jeux de guerre psychologique de l’église. “Que pense le pape François des violations extrêmes des droits humains des peuples Ndé Nneé dans l’ombre du grand mur frontalier du goulag? (NdT: allusion ici au mur qui se construit sur la frontière américano-mexicaine…) Des abus des droits des peuples Apaches à pouvoir prendre des décisions informées, libres et consenties en regard du pillage de la compagnie minière Rio Tinto à Oak Flat ?”

Nous poussons pour la formation d’une commision sur la vérité au sujet de l’héritage de viol et des violations de notre peuple par le Saint Siège, comme étant la seule façon de mener à de véritables réparations.

We hold fast to the formation of a Truth Commission regarding the Holy See’s legacy of rape and historical violations of our people as the only way to actual reparations.

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Résistance au colonialisme: Les Apaches toujours en lutte contre le génocide de leur nation…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, pédagogie libération, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 24 février 2015 by Résistance 71

« Quand  j’étais jeune, j’ai parcouru ce pays d’est en ouest et je n’y ai vu personne d’autre que des Apaches. Après bien des saisons j’ai de nouveau parcouru la terre pour y trouver une autre race de gens venus pour la prendre. Comment cela se fait-il ?… »

« Vous devez parler directement de façon à ce que vos mots aillent dans nos cœurs comme des rayons de soleil. Parlez Américains! Je ne vais pas vous mentir, ne me mentez donc pas !… »

~ Cochise, Chiricahua Apache, 1812-1874 ~

 

Les Apaches de San Carlos luttent contre la “découverte chrétienne”

 

Peter d’Errico

 

20 février 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/02/20/san-carlos-apache-battle-against-christian-discovery

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le cri de guerre des San Carlos Apaches qu’a fait résonner le président des Apaches de San Carlos Terry Rambler afin de prévenir de la prise en compte hostile des terres apaches par les Etats-Unis et l’entreprise minière Rio Tinto, puise sa source au cœur même du néo-colonialisme américain contre les nations natives.

L’attaque actuelle sur les terres apaches provient d’une loi qui vient de récemment passer au congrès des Etats-Unis, la loi « Southeast Arizona land exchange and conservation Act. » Le libellé de cette loi cache son véritable but. La loi n’a rien à voir avec la préservation de l’environnement. Elle autorise les compagnies minières à commencer leurs exploitations avec tous les dangers environnementaux et la destruction que la prospection minière implique.

Le libellé de la loi montre également la racine profonde anti-indienne de la loi: les terres en question n’appartiennent pas du tout à l’état d’Arizona, ce sont des territoires apaches. Déjà, rien que dans le libellé de la loi elle-même, on trouve un niveau de tromperie non négligeable…
Nous sommes habitués de la pratique politique commune de toujours cacher le véritable but de la loi derrière des phrases redondantes et bien ficelées, avec des mots comme “conservation/préservation” au lieu de “destruction”. Nous devrions aussi être familier avec le fait que le gouvernement fédéral et sa loi fédérale indienne présente toujours un masque pro-Indien couvrant un visage anti-Indien: “responsabilité de confiance” au lieu de “domination fédérale”.

La loi Rio Tinto, appelons-là donc par son véritable nom, commence avec cette déclaration présomptueuse: “Le but de cette section est d’autoriser, de diriger, de faciliter et d’expédier l’échange de terre entre Resolution Copper et les Etats-Unis.

Mais comment les Etats-Unis clâment-ils leur propriété sur cette terre ?

Les Etats-Unis affirment leur titre de propriété sur les terres ancestrales apaches de la même manière qu’ils ont affirmé leur titre de propriété sur toutes les terres indiennes: au travers de la “doctrine chrétienne de la découverte” reconnue par la cour suprême des Etats-Unis. Cette doctrine de la “découverte chrétienne” stipule que les Indiens ne sont que les “occupants” de leurs terres et qu’ils ne tiennent pas leur “occupation” de la terre par droit inhérent, mais seulement par “la grâce du souverain.”

La cour suprême a fondé sa décision au sujet de la “découverte chrétienne” sur des concepts religieux datant du temps de l’empire de la chrétienté. La Cour a soutenu et affirmé que des bulles papales datant du XVème siècle autorisant l’exploitation coloniale par le Portugal et l’Espagne et leur domination sur le “nouveau monde” donnait aussi l’autorité à la colonisation anglaise. La cour en a conclu que cette autorité religieuse à dominer et à coloniser les “païens et infidèles” s’étendait au gouvernement des Etats-Unis après la révolution américaine dont résulta l’indépendance.

La cour suprême des Etats-Unis a réaffirmé à maintes reprises et continuellement le principe de la “découverte chrétienne”. La cour cite toujours l’affaire Johnson contre M’Intosh de 1823, comme une loi valide. En fait, les tribunaux états-uniens à tous les niveaux ont cité la décision de Johnson vs M’Intosh plus de 300 fois depuis 1823, et au moins quatre fois en 2014.

En 1955, les Etats-Unis ont explicitement argumenté en faveur de la “découverte chrétienne” dans l’affaire Tee-Hit-Ton vs USA résultant en une décision de la cour suprême disant que les Etats-Unis pouvaient prendre la propriété indienne sans compensation puisque les Indiens ne sont pas propriétaires de leurs terres.

Les Apaches San Carlos se dressent contre la loi fédérale indienne et son cadre prévu par les décisions et rendus des affaires Johnson et Tee-Hit-Ton qui a établi que le principe de domination religieuse est inhérent dans la loi fédérale indienne. La loi Rio Tinto présume donc que les terres apaches sont propriétés des Etats-Unis car c’est ce que la loi fédérale indienne dit !

Cette loi contient une sous-section intitulée “Consultation avec les tribus indiennes”. Il y est dit: “Le secrétaire devra s’engager dans la consultation de gouvernement à gouvernement avec les tribus indiennes affectées concernant les problèmes préoccupationnels affectant les tribus dans l’échange des terres.” “La loi définit le “secrétaire” comme étant celui de ministère de l’agriculture. On nous demande de croire que le projet Rio Tinto a quelque chose à voir avec la nourriture, encore une autre tromperie…

La “consultation” dont il est fait mention dans le phrasé de la loi se focalise sur le fait de l’après échange, pas avant. Par contraste, la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (DDPI) de l’ONU mandate spécifiquement le “consentement préalable”. L’article 19 de la DDPI dit: “Les Etats doivent consulter et coopérer de bonne foi avec les peuples indigènes concernés au travers de de leurs propres institutions représentatives afin d’obtenir leur consentement libre, informé et préalable avant d’adopter et de mettre en application toutes mesures administratives ou législatives qui pourraient les affecter.

L’article 32 de la même déclaration renforce le principe de “consentement préalable” avec ces deux mandats suivants:

  • Les peuples indigènes ont le droit de déterminer et de développer des priorités et des stratégies pour le développement ou l’utilisation de leurs terres ou territoires et autres ressources et…
  • Les états doivent consulter et coopérer de bonne foi avec les peuples indigènes concernees au travers de leurs propres institution représentatives afin d’obtenier le consentement préalable, libre et informé de tout projet affectant leurs terres ou territoires et autres ressources, et ce particulièrement en connexion avec le développement, l’utilisation, ou l’exploitation de monerais, d’eau ou toute autre ressource.

La loi Rio Tinto échoue totalement à reconnaître les droits des Apaches San Carlos sous la déclaration des Nations-Unies. Le fait que la loi utilise la phrase “consultation de gouvernement à gouvernement” ne veut pas dire que la loi reconnaisse de fait et protège le gouvernement indigène des Apaches San Carlos. Cette phrase est un autre niveau de déception et de tromperie, un masque et une fenêtre d’opportunité créée pour un mouvement unilatéral de la part des Etats-Unis.

Pour rendre les choses pires encore, la loi dit que toutes réponses à des “préoccupations” inidennes et toutes mesures prises pour “en minimiser les effets adverses” devront être “mutuellement acceptables” à Rio Tinto !

Le fait est que les Etats-Unis ont refusé d’accéder aux normes légales internationales annoncées par l’ONU et sa DDPI. Bien que le président Obama ait renversé le vote “non” original des Etats-Unis lorsque l’ONU a adopté la déclaration, il le fît avec une nuance déclarée que “le concept d’auto-détermination de la déclaration est consistante avec la reconnaissance existante des Etats-Unis au sujet de la relation avec les tribus fédéralement reconnues.

En d’autres termes, les Etats-Unis campent sur la position que la loi fédérale indienne personnifie déjà les principes et les mandats de la déclaration de l’ONU (NdT: quelle foutaise !…) Comme nous le constatons néanmoins avec la loi Rio Tinto, la loi fédérale indienne n’a que peu de ressemblance avec les normes de l’auto-détermination établies sous la loi internationale. Bref, la déclaration d’Obama, tandis qu’attachée au vote “oui”, est toujours en fait une continuation de votre “non”. (NdT: une autre fadaise pour montrer qu’une fois de plus l’empire fait ce qu’il veut, comme çà l’arrange et qu’il se fout complètement des conséquences, car il se sait protégé…)

Au bout du compte ici, les San Carlos Apaches ont une bataille sur les bras, une bataille sérieuse et profonde contre des forces retranchées de la domination coloniale qui ont avancé et ont une expérience en le domaine de plus de 500 ans. Toutes les nations indiennes devraient prendre bonne note du défi de Rambler: “Nous devons nous unir et combattre ceux… qui cherchent à nous prendre notre liberté de culte, notre droit humain des plus importants…