Archive pour dissidence au nouvel ordre mondial

Escalade en Syrie ? Les Russes auraient abattu des missiles israéliens…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 4 décembre 2017 by Résistance 71

Si cette info se vérifie, on est entré dans l’escalade finale au Moyen-Orient… A noter que l’article de Press TV n’est pas écrit au conditionnel…
~ Résistance 71 ~

 

Israël pris de cours par les missiles russes Pantsir

 

Press TV

 

3 décembre 2017

 

url article en français:

http://www.presstv.com/DetailFr/2017/12/03/544302/Syrie-Pantsir-russe-contre-Isral

 

Israël a tiré dans la nuit de vendredi à samedi cinq missiles contre une localité située à Al-Kiswah, à 14 kilomètres de la capitale syrienne, Damas.

Rare confession, le Premier ministre israélien a revendiqué samedi dans une courte vidéo cette attaque qu’il a justifiée au nom de sa « lutte contre la présence iranienne en Syrie ». Evidemment, sans preuve ni justificatif, le régime de Tel-Aviv prétend avoir visé « une base iranienne ».

Mais ce que Netanyahu ne reconnait pas, c’est l’interception de deux des cinq missiles tirés par l’armée israélienne dans le ciel de Damas. Ce sont des batteries de missiles « Pantsir S-1 » russes qui ont intercepté les missiles israéliens.

Ces batteries antimissiles sont placées sur l’ordre direct des officiers russes largement présents dans les bases de DCA syriennes. Les sources syriennes affirment que les forces russes ont reçu l’ordre strict de Moscou de «  tirer » contre toute attaque visant les « bases russes » ou des régions qui se trouvent à leur proximité.

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Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, Yougoslavie, Irak, Libye et chaos organisé…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 3 décembre 2017 by Résistance 71

Les marchés aux esclaves dans la Libye “libérée” et le silence assourdissant des faucons humanistes

 

Neil Clark for RT

 

1er décembre 2017

 

url de l’article original:

https://www.rt.com/op-edge/411562-libya-slave-markets-nato/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les rapports nous parvenant établissant la vente d’Africains noirs pour 400 US$ sur des marchés aux esclaves se tenant dans la Libye “libérée” est une mise en accusation sans conteste de la soi-disante “intervention humanitaire” menée par l’OTAN pour renverser le gouvernement de Mouammar Kadhafi en 2011.

En mars 2011 des gravures de mode “libérales” occidentales donneurs de leçon de vertu firent équipes avec des va t’en guerre nouveaux cons de la pire espèce pour demander une action afin de “sauver” le peuple libyen du leader despote qui dirigeait le pays depuis la fin des années 1960. “On doit faire quelque chose !” crièrent-ils tous à l’unisson. Et quelque chose fut fait. La Libye fut transformée par l’OTAN d’un pays ayant le plus haut index de développement humanitaire du continent africain en 2009 en un enfer chaotique ayant des gouvernements rivaux, des chefs de guerre et des groupes terroristes se battant pour le contrôle du pays.

Sous l’ère Kadhafi, les Libyens avaient un système de santé et d’éducation gratuit. Le taux d’alphabétisation passa de 25% à 90%. Un rapport du Conseil pour les Droits de l’Homme de l’ONU félicita la Libye pour son système social en janvier 2011 (NdT: soit 2 mois avant sa destruction par l’OTAN bras armé de l’empire…). Bien entendu ce n’était pas parfait et il y avait encore des choses à améliorer et le pays s’y attelait dans bien des domaines.

Dans le Daily Telegraph, journal qui ne peut pas être accusé d’être une groupie de la Jamahiriya libyenne, la Libye fut encensée comme une des six meilleures destinations de croisière nautique en juin 2010.

Les paquebots n’ont plus la Libye sur leurs itinéraires aujourd’hui, bien trop dangereux.

La seule chose de surprenante au sujet des marchés d’esclaves (cela vaut la peine aussi de noter qu’avant le rapport de CNN, l’agence de l’ONU l’IOM avait rapporté également leur existence plus tôt cette année) est que cela surprenne encore quelqu’un. Les droits de l’Homme et le progrès social reculent en général de plusieurs centaines d’années après une “intervention humanitaire” de l’OTAN et ceci n’est pas du tout accidentel. Les “interventions” qui impliquent à dessein de gros bombardements des infrastructure du pays et le démantèlement subséquent de l’appareil d’état sont planifiés pour annihiler des décennies de progrès sociaux. “L’échec du plan” est en fait la partie la plus importante du plan comme le détaille très bien mon collègue Dan Glazebrook dans son livre “Diviser et détruire ou la statégie impérialisre de l’occident dans un âge de crise”.

La Libye fut ciblée, comme la Yougoslavie et l’Irak avant elle, non pas à cause d’une véritable préoccupation qu’un “nouveau Srebrenica” allait se produire mais parce qu’elle est un pays riche en ressources naturelles ayant un gouvernement indépendant d’esprit qui opérait dans un système économique d’état de manière prédominante et ce dans une partie des plus géostratégiques au monde.

Ni la Libye, ni l’Irak ni la Yougoslavie ne répondirent aux ordres du lobby guerrier occidental, lobby de la guerre sans fin, c’est pour cela qu’elle fut programmée pour la destruction. Le chaos qui suit routinièrement la destruction délivrée par l’OTAN est une cruelle expérience pour les locaux qui voient leurs standards de vie plonger et les risques de mourir dans une attaque terroriste violente augmenter dramatiquement, mais cette état de fait est excellent pour les entreprises coloniales occidentales lorsqu’elles entrent en masse dans le “pays libéré”, prenant avantage d’un manque d’autorité centrale.

Bien entendu, tout cela n’est jamais mentionné dans les médias amis de l’OTAN. Le rôle des élites occidentales dans la transformation d’états providence fonctionnant et états à la dérive n’est jamais mentionné dans les rapports des merdias sur ces pays après leur “libération”.

Dans son article récent pour le magazine FAIR, le journaliste Ben Norton a noté comment des rapports “parlaient à profusion de l’esclavage en Libye comme d’un problème de droits humains intemporel et non pas comme un problème politique enraciné dans une histoire très récente.”

Le narratif dominant est que les marchés aux esclaves ont ré-émergé en Libye “comme par magie”. L’”instabilité” est mentionnée mais pas sa cause, à savoir le renversement de régime en 2011 et le soutien de l’occident à des extrémistes dans dans certains cas, à des escadrons de la mort ouvertement racistes. Tout le monde est blâmé pour le chaos en place sauf les lobbyistes et les personnes protégées qui sont en fait responsables.

Le gouvernement français a joué un rôle primordial dans la destruction de la Libye en 2011 et pourtant aujourd’hui, le président français “progressiste” Macron blâme des “Africains” pour le problème de l’esclavage dans le pays. “Qui sont les trafiquants ? Posez-vous cette question, jeunes Africains. Vous êtes incroyables. Qui sont les trafiquants ? Ils sont Africains mes amis, ils sont africains.” Macron, comme d’autres leaders occidentaux, veut nous faire observer cette préoccupation de l’esclavage en mode macro et non pas en mode panoramique. Pourquoi ? Parce que si nous le faisons, automatiquement l’OTAN vient dans le champ, à la vue de tous.

Il y a le même type de blanchiment au sujet de l’Irak et sur la montée de l’EIIL/Daesh. Une fois de plus, nous sommes supposés regarder l’émergence du groupe comme “un truc qui arrive”. Mais l’EIIL n’était en rien une force lorsque le Baathiste séculier Saddam Hussein régnait sur l’Irak, il ne s’est développé que seulement après l’éviction de Saddam du pouvoir et du chaos qui s’ensuivit le démantèlement de l’appareil d’état par les occupants.

Six ans et demi plus tard, il est révélateur de prendre du recul et de regarder ce que les groupies de “l’intervention humanitaire” en Libye disaient au début de 2011 et ce qu’il s’est de facto produit après les 26 500 sorties aériennes de l’OTAN.

Le prix de l’inaction est trop élevé” était le titre d’un article de David Aaronovitch dans The Times du 18 mars 2011. “Si nous ne bombardons pas les chars de Kadhafi, l’Europe devra faire face à une marée de réfugiés et à une nouvelle génération de djihadistes”, en fut le résumé.

Devinez ? L’alliance militaire occidentale bombarda les chars de Kadhafi (et bien plus sur le côté…) et nous avons eu une vague de réfugiés de dimension biblique, incluant le poseur de bombe de Manchester Salman Abedi.

Il n’y a pas eu de mea culpa de la part d’Aaronovitch, ni de son collègue du Times Oliver Kamm qui m’attaqua après que j’eusse écrit un article dans le Daily Express appelant l’OTAN à tout arrêter.

En fait, l’expérience irakienne aurait dû mener tous les véritables humanitaires à s’opposer à l’assaut en règle de l’OTAN. Dans bien des cas, la Libye fut un crime encore plus grave que l’invasion de l’Irak, parce qu’elle est venue après Il n’y avait plus aucune excuse pour ne pas voir comment l’aventure de 2003 s’était transformée, pour soutenir une pareille affaire en Afrique du Nord.

Sans surprise, les politiciens et les experts qui ne pouvaient pas s’arrêter de parler de la Libye en 2011 et de la responsabilité de “protéger” les civils qui incombait à l’occident, semblent bien moins enclins à parler de ce pays aujourd’hui. La Libye et ses problèmes ont complètement disparu des pages des journaux. C’est la même chose après chaque intervention occidentale Toujours la même chose: saturation des médias avant et pendant la “libération”, appels belliqueux irresponsables de l’expertocratie nouveau con/libérale pour une action militaire afin de “sauver le peuple” du tout dernier Hitler en date, puis retour au silence dans l’après attaque alors que le pays concerné est de retour au moyen-âge.

Les “libérateurs” de la Libye ont bougé sur quelque chose de plus important en 2017, la Russophobie pour obsession courante. Tout en fait, pour nous distraire des conséquences des plus désastreuses de leurs actions.

Résistance au colonialisme: L’entité sioniste planifie d’assassiner le secrétaire général du Hezbollah (Press TV)

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D’après l’armée israélienne, Hassan Nasrallah sera une cible pour l’assassinat lors de la prochaine guerre contre le Hezbollah

 

Press TV

 

28 novembre 2017

 

url de l’article original:

http://www.presstv.com/DetailFr/2017/11/28/543735/Isral-menace-dassassiner-Nasrallah

 

L’armée israélienne a menacé de tuer le secrétaire général du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah.

Sur son compte Twitter, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a menacé d’assassiner le secrétaire général du Hezbollah :

 » Nasrallah constitue l’une des cibles à abattre au cours de notre prochaine guerre avec le Liban car sa mort changera littéralement la donne. » 

Le 16 février 1992, une attaque au missile menée par les hélicoptères israéliens a coûté la vie à l’ex-secrétaire général du Hezbollah, Seyyed Abbas Moussavi.

Israël réclame son alliance avec Daesh.

Cette nouvelle menace intervient alors que Daech, outil stratégique au service des intérêts d’Israël, vit ses dernières heures en Syrie et qu’en Irak, il n’est plus que l’ombre de lui-même.

Dans la foulée, un centre de renseignement israélien du nom de « Meir Amit » publie un rapport qui prône « la coopération d’Israël avec Daech » pour faire face à l’Iran et au Hezbollah.

Cité par le Jerusalem Post, le rapport affirme que désormais (après l’échec de Daech en Syrie face à l’armée syrienne et ses alliés, NDLR), « les intérêts de Daech et d’Israël sont convergents et une alliance, ne serait-ce provisoire entre Deachistes et Israéliens, s’impose. Certes, il ne s’agit pas de réclamer publiquement cette alliance. Mais celle-ci existe surtout depuis que Daech a échoué en Irak et en Syrie face à l’armée syrienne et l’Iran. Daech et Israël pourront avoir des objectifs communs, reconnaît le centre ».

Plus loin dans son rapport, l’institut confirme que « cet entrecroisement des intérêts israéliens et de Daech créerait un nouveau défi pour l’Iran et ses alliés qui tenteront, par ricochet, d’y répondre ».

Le rapport souligne que les attaques terroristes en août 2017 contre la capitale iranienne Téhéran et revendiquées par Daech, « n’ont nullement attristé Israël ». Mais « puisqu’à l’époque Daech contrôlait encore de larges régions en Syrie et en Irak, Israël a choisi de se taire. Or, à l’heure qu’il est, Daech est acculé dans ses derniers retranchements et toute attaque venue de cette organisation pourrait servir les intérêts d’Israël ».

Depuis la reprise de la ville stratégique d’Abou Kamal, dernier bastion des terroristes de Daech en Syrie, Israël ne cesse de multiplier les menaces contre l’armée syrienne, le Hezbollah, l’Iran et autres composantes de l’axe de la Résistance. Reste à savoir si, dans l’état politique et militaire où se trouve actuellement Israël, ce dernier est oui ou non capable de mettre à exécution ces menaces qui, pour de nombreux analystes, relèvent de la fanfaronnade.

Nouvelle guerre de l’empire au Moyen-Orient: L’Iran explique comment ça va se danser à Macron et aux autres…

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Pour les Gardiens de la Révolution Iranienne, pas question de désarmer le Hezbollah

“Macron est jeune et inexpérimenté”

 

Al Manar

 

24 novembre 2017

 

Source: http://french.almanar.com.lb/666576

 

Le chef des Gardiens de la Révolution iranienne (CGRI) a rejeté jeudi l’option d’un désarmement de l’organisation Hezbollah, soutenue par Téhéran et basée au Liban, ainsi que l’idée d’entamer des négociations sur son programme de missiles balistiques.

« Le Hezbollah doit être armé pour lutter contre l’ennemi de la nation libanaise qu’est Israël. Naturellement, ils (combattants du Hezbollah) devraient avoir les meilleures armes pour protéger la sécurité du Liban. Cette question n’est pas négociable « , a déclaré Ali Jaafari aux médias iraniens, cité par Reuters.

Le chef militaire a également salué le succès de l’axe de la résistance dans la région, saluant un « front de résistance » de Téhéran à Beyrouth et appelant Riyad à éviter de rentrer en confrontation avec celui-ci.

« Nous traitons directement de l’arrogance mondiale (Etats Unis) et Israël, pas avec leurs émissaires (…) c’est pourquoi nous ne voulons pas avoir de confrontation directe avec l’Arabie Saoudite », a-t-il déclaré.

« Tous les maillons du front de la résistance auront le même destin. Ces maillons sont plus qu’unis. Si Israël attaque un maillon, tous les autres maillons iront à son secours » , a indiqué aussi le chef du CGRI, cité par PressTV.

M.Jaafari a affirmé que son pays défendrait toutes les nations opprimées où qu’elles se trouvent et que dans les autres pays comme le Yémen, nos soutiens sont différents et nos aides se font à la demande du gouvernement du pays en question. Là-bas, au Yémen, le pouvoir est aux mains d’Ansarullah et nos aides se limitent à un soutien d’ordre moral et à des conseils.

Macron est « jeune et inexpérimenté »

Jaafari a en outre fustigé l’idée selon laquelle l’Iran devrait cesser ses essais de missiles, faisant allusion aux récentes déclarations du président français Emmanuel Macron qui avait souhaité que Téhéran clarifie « sa politique balistique qui apparaît comme non maîtrisée. »

« L’Iran ne négociera pas son programme défensif… il n’y aura pas de discussions à ce sujet », a-t-il ajouté, qualifiant le président français de « jeune et inexpérimenté. »

Sur un autre plan, Jaafari a également déclaré que l’Iran jouera un rôle actif dans la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu en Syrie.

= = =

De Press TV, 23 Novembre 2017:

Le chef du CGRI a annoncé ce jeudi que la lutte contre Daech, cette grande menace pour l’islam, allait se poursuivre.

Le général de division Mohammad Ali Jafari, le commandement en chef du Corps des gardiens de la Révolutions islamique (CGRI), a déclaré aujourd’hui, jeudi 23 novembre dans une conférence de presse : « La victoire sur Daech n’est pas la fin à 100 % de Daech mais plutôt la fin de son règne et ce sont là deux choses différentes. […] Daech est présent de manière souterraine au sein de différents groupuscules dans divers pays comme l’Afghanistan et il constitue une menace pour l’islam. C’est pour cette raison même que nous mettons au menu de nos travaux la lutte contre ses complots. »

Le chef du CGRI a ajouté : « Nous avons une bonne préparation pour faire face à ces menaces et l’efficacité du front de la résistance a été prouvée sur le terrain. »

Jafari a affirmé que la RII défendrait toutes les nations opprimées où qu’elles se trouvent et que « dans les autres pays comme le Yémen, nos soutiens sont différents et nos aides se font à la demande du gouvernement du pays en question. Là-bas, au Yémen, le pouvoir est aux mains d’Ansarallah et nos aides se limitent à un soutien d’ordre moral et à des conseils ».

« Tous les maillons du front de la résistance auront le même destin. Ces maillons sont plus qu’unis. Si Israël attaque un maillon, tous les autres maillons iront à son secours », a indiqué aussi le chef du CGRI.

En réponse à la question du journaliste de Fars News concernant les récentes déclarations des Occidentaux sur la capacité balistique de l’Iran, Jafari a affirmé : « Vouloir engager des négociations sur la capacité balistique, nous mettons ça sur le compte de l’inexpérience et de la jeunesse du président français. Il comprendra lui-même très vite que ses efforts sont vains. »

« Le propre du Hezbollah est d’être équipé et armé devant l’ennemi juré de la nation libanaise qu’est Israël. Parce qu’il faut rappeler que la première cible des Israéliens, c’est bien le Liban. Et il est normal que le Hezbollah soit équipé des meilleures armes pour assurer la sécurité [des Libanais] et c’est un sujet qui ne prête même pas à discussion. Toute la nation libanaise, mis à part quelques petits groupuscules marginaux, défend le principe que le Hezbollah soit armé », a enfin expliqué le commandant en chef du Corps des gardiens de la Révolution islamique.

[Source: http://www.presstv.com/DetailFr/2017/11/23/543223/CGRI-insiste-sur-le-maintien-de-la-lutte-cDaech ]

La Résistance s’unifie contre l’empire de l’Irak au Liban en passant par la Syrie et le Yémen, sous les auspices de l’Iran… (Pepe Escobar)

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… L’empire a perdu la main au Moyen-Orient, clair et net. Il est très intéressant de noter que ce concept de milices populaires est ancien et aussi que le Hezbollah avait utilisé cette formule au Liban en suggérant et en aidant à créer et à former la Brigade Libanaise de Résistance à l’Occupation [israélienne]” ou BLRO à la fin des années 90. Cette création de résistance multi-confessionnelle, donc unifiée, prit part à la grande libération du sud-Liban et de la Bekaa occidentale avec le Hezbollah du 24 mai 2000. Notons qu’il y a un “Hezbollah irakien”  depuis plusieurs années et nous ne serions pas surpris d’apprendre que ces PMU y prennent leurs racines…

La resistance contre le colonialisme s’organise et triomphera, l’unification des peuples passe aussi par les peuples occidentaux se libérant de l’idéologie coloniale et se tenant au coude à coude avec leurs frères autochtones de partout. Unification et éradication de l’antagonisme pour embrasser notre complémentarité naturelle inhérente !

~ Résistance 71 ~

 

Le secret de la renaissance irakienne : les milices multi-confessionnelles du peuple soutenues par l’Iran

 

Pepe Escobar

 

14 novembre 2017

 

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9244

 

La riposte à État islamique, sa défaite et, finalement, la victoire militaire sur les Kurdes sécessionnistes auraient été inimaginables sans les milices irakiennes qui ont fourni la plus grande partie de l’effort humain.

 

Dans la matinée d’une tempête de sable à Bagdad la semaine dernière, Abu Mahdi al-Muhandis, le légendaire chef adjoint de Hashd al-Shaabi, alias “People Mobilization Units” (PMU) et véritable cerveau de nombreuses batailles contre Daech, a rencontré un petit nombre de journalistes et d’analystes étrangers indépendants.

Ce fut un moment de remise en jeu à plus d’un titre. C’était la première interview détaillée accordée par Muhandis depuis la fatwa émise par le Grand Ayatollah al-Sistani – la marja, source d’émulation, et autorité cléricale la plus respectée en Irak – en juin 2014, quand Daesh a traversé la frontière syrienne. La fatwa, traduite librement, se lit comme suit : “Il appartient à tout Irakien, capable de porter des armes, d’aider volontairement les forces armées irakiennes pour défendre les sanctuaires de la nation.”

Muhandis a pris du temps, hors du champ de bataille, spécialement pour la réunion, il est ensuite parti directement pour al-Qaim. Il était sûr que “al-Qaim serait pris dans quelques jours” – une référence à la ville frontalière irakienne tenue par Daech et reliée au bastion de Daech Abu Kamal en Syrie.

C’est exactement ce qui s’est passé seulement quatre jours plus tard. Les forces irakiennes ont immédiatement entamé une opération de nettoyage et se sont préparées à rencontrer les forces syriennes avancées à la frontière – preuve supplémentaire que la restauration de l’intégrité territoriale de l’Irak et de la Syrie est un travail (rapide) en cours.

La rencontre avec Muhandis a eu lieu dans un bâtiment à l’intérieur de la Zone Verte massivement fortifiée – une bulle concoctée à l’américaine totalement isolée de la zone rouge ultra-volatile de Bagdad, avec de nombreux postes de contrôle et chiens renifleurs, tenus par des entreprises privées américaines.

Pour ajouter à la dramatisation, le département d’État américain, a qualifié Muhandis de «  terroriste ». Cela équivaut en pratique à criminaliser le gouvernement irakien à Bagdad – qui a dûment publié une déclaration officielle réfutant avec fureur cette qualification.

Les PMU sont un organe officiel regroupant des dizaines de milliers de volontaires liés au bureau du commandant en chef des forces armées irakiennes. Le Parlement irakien a pleinement légalisé les PMU en novembre 2016 via la résolution 91. Le point numéro 4, par exemple, stipule que « les PMU et leurs affiliés sont soumis à des réglementations militaires qui sont appliquées sous tous leurs aspects ».

Ses vingt cinq brigades de combat – comprenant chiites, sunnites, chrétiens, yézidis, turkmènes, shabaks et kurdes – ont été absolument déterminantes dans la lutte contre Daech à Samarra, Amirli, Jalawla, Balad, Salahuddin, Falloujah (trente cinq batailles différentes), Shirqat et Mossoul (surtout sur l’axe ouest de la base de Qayara à la frontière irako-syrienne, coupant les chaînes d’approvisionnement et bloquant les issues de Mossoul pour éviter les tentatives d’évasion de Daech en Syrie).

Reprendre Kirkouk « en quelques heures »

Muhandis présente les PMU comme «  une force militaire officielle » qui joue un « rôle complémentaire » à celui de l’armée irakienne. Le plan initial était que les PMU deviennent une garde nationale – ce qui est le cas actuellement : “Nous avons des drones de reconnaissance et des unités du génie que l’armée n’a pas. Cela ne nous dérange pas d’être appelés des gendarmes.” Il est fier que les PMU se battent dans une « guerre non conventionnelle », entretenant un haut niveau « militaire et moral » avec «  des victoires obtenues en un temps record ». Et, “contrairement à la Syrie”, sans soutien direct de la Russie.

Muhandis dit clairement que l’Iran est la seule nation soutenant la lutte de l’Irak contre Daech. L’Irak a renvoyé la balle en demandant à la Syrie de «  faciliter les vols des avions iraniens ». Sans accord sur le statut des forces (SOFA) entre Washington et Bagdad, «  les Américains ont retiré les compagnies qui entretenaient les chars Abrams ». En 2014, “nous n’avions même pas de kalachnikov AK-47. L’Iran nous les a données. L’ambassade américaine avait douze hélicoptères Apache prêts à évacuer des diplomates si Bagdad tombait aux mains de Daech.”

Un an plus tard, “Bagdad aurait été occupée” s’il n’y avait pas eu les PMU. “C’est comme si tu étais dans un hôpital et que tu avais besoin de sang. Les Américains se présentent avec la transfusion quand il est trop tard.” Il est catégorique, “les États-Unis n’ont pas fourni une seule balle” dans la lutte globale contre Daech. Et pourtant, Muhandis précise que les “États-Unis peuvent rester en Irak si le gouvernement irakien le décide. Mon opinion personnelle est bien connue.

Muhandis considère la “guerre médiatique” [occidentale] menée contre les PMU comme “normale depuis le début… Les pays qui soutenaient le terrorisme n’ont pas vu venir l’émergence d’une force populaire, et ne reconnaissent pas le nouveau système politique en Irak”. Sur cette note, il ajoute avec tristesse, “vous pouvez sentir l’odeur du pétrole”.

Muhandis a été personnellement blessé à Halabja et dans les opérations anti-kurdes de Saddam Hussein à Anfal. Il était “heureux de voir le Kurdistan sauvé après 1991”, soulignant, “nous avions des martyrs qui sont tombés au Kurdistan en le défendant”. Il se considère comme un ami des Kurdes, entretenant de bonnes relations avec leurs dirigeants. Les conseillers iraniens, aux côtés de l’armée irakienne et des PMU, ont également «  empêché Daech de conquérir Erbil ». Pourtant, après un « référendum unilatéral, l’Irak a dû affirmer l’autorité de l’État ».

La reprise de Kirkouk, largement une opération des PMU, a été “l’affaire de quelques heures”. Les PMU « ont évité de se battre et sont restés dans la banlieue de Kirkouk ». M. Muhandis a précédemment discuté des détails opérationnels avec les peshmergas, et il y avait une coordination complète avec l’Iran et la Turquie. “C’est une idée fausse que les dirigeants kurdes ne pourraient pas compter sur la Turquie.”

Fallujah, enfin en sécurité

Les dirigeants du Kurdistan insistent sur la protection des minorités ethniques, en faisant référence à des milliers de Sabak, Yazidi et Turkmènes – au moins 120 000 familles – contraints par la loi de Daech de devenir des réfugiés de l’intérieur. Après la victoire et la libération, les PMU ont fourni à ces familles de la nourriture, des vêtements, des jouets, des générateurs et du carburant. J’ai pu confirmer que beaucoup de ces dons provenaient de familles de combattants des PMU dans tout le pays.

Les priorités des PMU concernent des équipes de combat du génie, qui ramènent les familles chez elles, après avoir nettoyé les mines et les explosifs, et ouvert les hôpitaux et les écoles. Par exemple, 67 000 familles ont été réinstallées chez elles à Salahuddin et 35 000 familles à Diyala.

Muhandis souligne que «  dans la lutte contre Daech à Salahuddin et à Hawija, les commandants de brigade étaient sunnites ». Les PMU comprennent une brigade chrétienne de Babylone, une brigade Yazidi, et une brigade turkmène. « Lorsque les yézidis étaient assiégés à Sinjar, nous avons libéré au moins 300 000 personnes. » Dans l’ensemble, les PMU totalisent plus de 20 000 combattants sunnites. Comparez-cela au fait que 50% des kamikazes de Daech en Irak étaient des ressortissants saoudiens. J’ai confirmé avec cheikh Muhammad al-Nouri, dirigeant des universitaires sunnites à Falloujah : «  C’est une bataille contre l’idéologie wahhabite. Nous devons nous éloigner de l’école wahhabite et rediriger nos connaissances vers d’autres écoles sunnites. » Il a expliqué comment cela fonctionnait sur le terrain à Haditha, à 30 minutes d’ici : “Nous étions capables de contrôler les mosquées”, et cela motivait les gens à Fallujah. “Falloujah est une ville irakienne. Nous croyons dans la coexistence.”

Après 14 ans d’insécurité à Falloujah et avec l’expansion rapide de Haditha, Sheikh Muhammad est convaincu que « l’Irak déclarera une guerre différente contre le terrorisme ». L’approche multiconfessionnelle a également été confirmée par Yezen Meshaan. Jebouri, le chef de la brigade des PMU à Salahuddin. C’est crucial parce qu’il est membre de la très importante famille sunnite Jebouri, historiquement hostile à Saddam Hussein. Son père est l’actuel gouverneur de Tikrit. Al-Jebouri dénonce “la corruption de l’État dans les régions sunnites”, “une impression d’injustice”, et le fait que pour Daech, “les sunnites qui ne les ont pas suivis devraient aussi être tués”. Il s’inquiète de “l’accumulation saoudienne d’armes développées. Qui garantit que celles-ci ne seront pas utilisées contre la région ?” Et il refuse l’idée que “nous sommes regardés par l’Occident comme faisant partie du projet iranien”.

La victoire militaire rencontre la victoire politique

Loin du terroriste stéréotypé, Muhandis est désarmant, intelligent, spirituel et franc. Et un patriote irakien pur-sang : “L’Irak rétablit maintenant sa position grâce au sang de ses fils. Nous avions besoin d’une force militaire capable de combattre une menace interne. Nous accomplissons un devoir religieux national et humanitaire.”

Ce sont des soldats à part, les milliers de bénévoles supplémentaires des PMU ne reçoivent pas de salaire. Les députés et même les ministres étaient actifs sur le champ de bataille. Muhandis est fier : “nous avons une chaîne de commandement comme l’armée. Les PMU hébergent des milliers de personnes ayant des diplômes universitaires, ils font fonctionner des douzaines d’hôpitaux de campagne, des unités de soins intensifs, et ont le service de renseignement le plus fort d’Irak.”

À Bagdad, j’ai personnellement pu constater que le récit accusant les PMU d’être l’armée privée du Premier ministre Nouri al-Maliki est une absurdité. Si tel était le cas, le Grand Ayatollah al-Sistani devrait être blâmé, puisqu’il est conceptuellement le père des PMU. Hadi al-Amiri, le secrétaire général de la puissante organisation Badr, également extrêmement actif dans la lutte contre Daech, m’a souligné que les PMU font «  partie du système de sécurité, intégré au ministère de la Défense ». Mais maintenant «  nous avons besoin d’universités et de mettre l’accent sur l’éducation ».

Le professeur pakistanais Hassan Abbas, du Collège des affaires de sécurité internationale de la National Defense University à Washington, est allé encore plus loin, car nous avons longuement discuté non seulement de l’Irak et de la Syrie, mais aussi de l’Afghanistan et du Pakistan. “L’Irak est maintenant dans une position unique pour se diriger vers une société démocratique et pluraliste”, prouvant que “la meilleure réponse au sectarisme est l’harmonie religieuse”. Cette “croisade multiconfessionnelle contre le Takfirisme” doit maintenant se retrouver dans les rues “avec la primauté du droit et un système de justice équitable”. Abbas souligne que la base pour l’Irak à construire est le respect de la loi par l’intermédiaire d’une investigation scientifique : “Faire la police est la première ligne de défense.”<P/>

Bagdad a été capable, presque simultanément, de changer doublement la donne, par une victoire militaire à Mossoul et une victoire politique à Kirkouk. Si l’Irak se stabilise, effaçant le culte de la mort de Daech, la Syrie le fera aussi. Comme le note al-Jebouri, « maintenant, chaque communauté doit avoir une part du gâteau ». Au moins 7 millions d’emplois et de retraites sont payés par Bagdad. Les gens veulent le retour des salaires payés régulièrement. Cela commence par une sécurité décente dans tout le pays. Muhandis a été l’ingénieur – sa profession actuelle – de batailles clés contre Daech. Il y a un large consensus à Bagdad pour dire que sans lui, Daech serait fermement installé dans la Zone Verte.

Hashd al-Shaabi (PMU) est déjà un phénomène pop irakien, reflété dans cet énorme clip vidéo de la superstar Ali Aldelfi. Passer de la pop à la politique est tout autre chose. Muhandis est catégorique : les PMU ne s’impliqueront pas dans la politique, “et ne contesteront pas directement les élections. Si quelqu’un le fait, et de nombreuses personnes sont maintenant très populaires, il doit quitter Hashd”.

De la guerre hybride au renouveau national

Après des jours de conversation avec le personnel de Hashd al-Shaabi et l’observation de leur modus operandi sur un champ de bataille hybride complexe, associé à un processus de recrutement actif et à une présence massive dans les médias sociaux, il est clair que les PMU sont maintenant solidement établis comme colonne vertébrale soutenant la sécurité de l’État irakien, assurant une série de programmes de stabilisation – y compris des services médicaux indispensables – et surtout l’introduction de mesures d’efficacité dont l’Irak était totalement dépourvu depuis presque trois décennies.

C’est une sorte de mécanisme de construction de l’État qui naît d’une éthique de la résistance. Comme si la menace inquiétante de Daech, qui a pu déplacer jusqu’à 3,1 millions de personnes, avait secoué le subconscient collectif irakien, éveillé le prolétariat chiite irakien – des masses privées de leurs droits – et accéléré la décolonisation culturelle. Et ce développement complexe ne pouvait être plus éloigné de la bigoterie religieuse.

Au milieu des louanges wilsoniennes et des références au plan Marshall, le ministre des Affaires étrangères Ibrahim al-Jaafari est également un ardent défenseur des PMU, insistant sur « une expérience à étudier », « un nouveau phénomène avec une base humanitaire opérant dans un cadre légal » et « capable de briser le siège de la solitude dont l’Irak a souffert pendant des années ».

En référence à l’offensive de Daech, Jaafari a insisté : tout d’abord « l’Irak n’a pas commis de crime », et heureusement, “une nouvelle génération de jeunes est capable de renforcer l’expérience”. L’accent est maintenant mis sur «  une période de participation nationale » après la réconciliation. Il insiste sur le fait que « les familles des membres de Daech ne devraient pas payer pour leurs erreurs ». Les collaborateurs de Daech seront dûment jugés.

J’ai demandé au ministre des Affaires étrangères si Bagdad n’avait pas peur d’être pris dans un échange de tirs mortel entre Washington et Téhéran. Sa réponse a été soigneusement mesurée. Il a dit qu’il avait assez d’expérience avec les néocons “radicaux” de Washington D.C. Et en même temps, il était pleinement conscient du rôle des PMU ainsi que de l’Iran dans la réaffirmation de la souveraineté de l’Irak. Son sourire chaleureux soulignait la conviction que, sur les cendres d’une secte noire morbide, la renaissance irakienne était vigoureusement en marche.

Ne vous laissez pas enfumer sur la guerre qui se prépare… Pour avoir un avis informé: « Le Hezbollah, son histoire de l’intérieur » de Naïm Qassem 2/3

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Hezbollah son histoire de l’intérieur 2/3

 

Naïm Qassem*

 

Traduction de larges extraits de la version anglaise (2005) par Résistance 71

 

Une version française de ce livre existe sous le titre: “Hezbollah, la voie, l’expérience, l’avenir”, publiée aux éditions Al Bouraq en septembre 2008 (376 pages)

 

(*) L’auteur de l’ouvrage Sheikh Naïm Qassem est le secrétaire général adjoint du Hezbollah (“Parti de Dieu”) depuis 1991, né au Liban en 1953, il possède une éducation universitaire et religieuse. Il fut professeur de chimie pendant plusieurs années en université. Il est l’auteur de plusieurs livres sur des sujets d’ordre politique et religieux. Mr Qassem est considéré comme l’historien du Hezbollah. 

 

1ère partie

2ème partie

3ème partie

La version intégrée en PDF réalisée par Jo:

Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem

 

II. Organisation et travail public

[…] Il y eut un besoin de répondre à la question qui pose la direction générale à adopter: Est-ce que le parti devait juste être appelé “Hezbollah” (Parti de Dieu) ou “Nation (Oumma) du Hezbollah”? (Nation du Parti de Dieu)

Un danger inhérent à la structure des partis politiques est que cela restreint la taille du parti à ses membres, menant ainsi à l’exclusion des “autres”. Quelque soit la taille et la capacité de l’organisation, un parti est toujours limité en termes de rang et de fonctions. Ce fait pourrait facilement se traduire en un renoncement à un potentiel humain et une montée de l’esprit partisan, un esprit qui dénigre les non-membres et les individus dont les buts ne sont pas alignés sur les objectifs du parti.

D’un autre côté, le concept de la nation ou de corps politique repose sur une plateforme qui reconnaît tout le monde, quelque soit les allégeances, obligations ou préparation à la participation, mais qui ne manque pas d’obstacles quant à sa réalisation. La direction à suivre est donnée dans un contexte général et en des occasions particulières, auxquels la nation réagit et répond. Mais dans une société diversifiée comme l’est le Liban, une telle direction ne répond pas au défi de rassembler le potentiel de la nation et d’organiser son rôle et ses capacités, sa variété d’opinions, ses obligations individuelles, ses différences de niveaux intellectuels et son expérience pratique, son processus de décision et ses liens inter-factions.

Ainsi, une structure hiérarchique pyramidale fut finalement adoptée comme formule organisationnelle du Parti et fut agencée avec des lignes de conduite excluant les désavantages des deux propositions mentionnées ci-dessus. L’organisation prit ainsi cette forme:

  1. Le statut de membre a été conféré à ceux qui ont adopté les objectifs du parti dans leur totalité et se sont engagés à suivre les directives organisationnelles. […]
  2. Il ne fut distribué aucun signe de reconnaissance d’appartenance au parti, car les affiliés n’étaient pas les seuls individus contribuant aux objectifs du parti. La définition de l’affiliation au parti ne fut pas liée à l’obtention d’une “carte”.
  3. Les individus furent requis d’observer et d’accepter leurs fonctions au sein du parti, la plus importante étant celle de la résistance. […]
  4. Un large processus de recrutement fut lancé dans les districts et les villages, rassemblant tous ceux désirant rejoindre le parti. La gestion hiérarchique de ces recrues fut fondée sur la démographie et la distribution géographique. La participation, fonction des circonstances individuelles et de la disponibilité de temps. Tous les affiliés prirent part à l’entraînement militaire et culturel, aux fonctions de combat et de sécurité ainsi que des fonctions générales requises.
  5. Des sociétés de femmes furent créées et des rôles spécifiques distribués dans les mosquées et les districts. L’objectif était de parvenir à un recrutement culturel et sociétal afin de sécuriser la participation dans les activités et l’appel général du parti.
  6. Le recrutement de la jeunesse fut canalisé au travers du financement des Scouts de l’Iman al-Mahdi qui faisait participer aux activités du parti dans les grandes lignes et dans des activités en harmonie avec les besoins de la jeune génération.
  7. Des organisations gérées totalement indépendamment dans les domaines culturel, éducationnel, de la santé, des médias, de l’agriculture, de la construction et autres domaines, furent créées, ce qui était en plein accord avec les objectifs et la vision du parti.
  8. Le recrutement culturel ciblant les étudiants et les écoles secondaires ainsi que les professeurs d’université fut aussi activé. […]
  9. Une coopération continuelle avec les membres du clergé, les associations et les organisations variées était requise et devait être en harmonie avec les objectifs généraux du Hezbollah.
  10. Tous ceux qui participaient aux manifestations, rallies, activités et préoccupations du Hezbollah tout autant que ceux qui soutenaient l’idéologie du parti étaient (et sont) considérés comme soutiens du parti.

[…] Le choix fut fait de devenir le “Hezbollah” ou “Parti de Dieu”, qui couvre et inclut tous les segments de la nation comme détaillé ci-dessus et observe une totale promptitude à procéder à des amendements de politique interne lorsque le besoin d’un agrandissement d’échelle ou de stature se fait se fait sentir.

Le Conseil et le cadre organisationnel

Le choix a été en faveur du groupe et non pas du leadership individuel, le titre de ceci fut choisi comme étant al-Choura, le Conseil. Le nombre de membres délégués élus différaient d’un conseil à l7autre et il n’y eut initialement pas de tête individuelle ni de secrétariat général. A partir de 1985 se fit sentir le besoin d’une apparence politique officielle manifestant l’expression de la position du parti.

[…] En mai 1991, le Conseil a élu al-Sayyed Abbas al-Moussaoui comme secrétaire général, qui devint martyre le 16 février 1992. Le Conseil a alors élu son successeur en la personne de Sayyed Hassan Nasrallah. Son élection eut lieu à la mi-mai 1993. Il a été réélu depuis.

[…] De l’organisation générale initiale, des amendements furent mis en place afin de se conformer aux demandes fonctionnelles du Hezbollah. Cinq comités ou assemblées de conseil furent finalement créées: l’assemblée du djihad, l’assemblée politique, l’assemblée exécutive, l’assemblée parlementaire et l’assemblée judiciaire. Chaque assemblée se vit confier son leadership à un membre du conseil.

[…] Le Conseil est considéré être au sommet de la pyramide des objectifs stratégiques, en charge de créer la vision générale et la politique afférente, de superviser les stratégies des fonctions du parti et de prendre les décisions politiques. Le secrétaire général (SG) est en charge des responsabilités de supervision et de guidage administratif, de la coordination entre les membres du Conseil et les variés chefs d’assemblées ainsi que d’assumer la position politique du parti du manière officielle.

Attirer de nouveaux membres

Pour certains, une implication directe avec le parti et son cadre d’action était un obstacle, car pas tous ceux qui croyaient en la rectitude et la justesse de la résistance du Hezbollah pouvaient se conformer à son idéologie islamique. Similairement, ceux qui croient dans le mouvement politique du parti ne peuvent pas tous être d’accord avec le système de croyance et de réglementations de l’Islam, ou peuvent être intéressés tout en gardant une marge personnelle qui pourrait entrer en conflit avec les buts du parti et les requis pour être membre. De plus, la capacité du parti à accommoder les individus et à leur assigner des fonctions particulières n’est peut-être pas en ligne avec les perceptions individuelles des personnes de ce qui est approprié pour leurs carrières ou leurs chemins personnels.

Ainsi, le leadership a spécifiquement demandé aux assemblées de discuter des modes d’attraction de nouveaux membres de ses groupes spéciaux. Les suggestions suivantes furent faites:

  1. La création d’un nouveau cadre pour le parti afin de réduire les spécifications et les objectifs adoptés par le Hezbollah. […]
  2. La création de groupes indépendants et de cercles sympathisants ou la participation à leur création. Ces groupes doivent se conformer à certains objectifs du parti et observer un certain nombre de spécifications et de lignes de conduite. Dans le principe, il n’y a aucune objection à ce concept car il résulte d’un accord commun tacite. […]
  3. Membre périphérique: lorsqu’il n’y a pas conformité avec le minimum requis par la parti, il y a toujours une possibilité d’indépendance complète et de prise en compte des caractéristiques individuelles. […]

La différence entre les gens est une condition humaine des plus naturelle, liée à la culture, l’éducation, les inclinations et pôles d’Intérêt et de la sorte ne peut pas être géré au sein d’un cadre unique et unificateur. La responsabilité du choix est laissée aux individus en accord avec leurs propres convictions. Le parti fut lancé avec des objectifs particuliers soutenus par des mécanismes organisationnels afin de fonctionner adéquatement. Ceux qui sont d’accord et sont en harmonie avec ces objectifs sont sur la voie de l’affiliation comme membre, tandis que ceux qui ne le sont pas demeurent à une certaine distance du parti tout comme le parti accommode ou exclut des postulants sur la base de règles individuelles ou de groupe. Tel est le mode de vie. […] Les objectifs demeurent le point important et l’affiliation suit sur ce principe.

La résistance islamique

Les débuts

L’invasion du Liban par Israël en 1982 fut le 6ème conflit israélo-arabe:

  1. L’occupation par Israël des territoires de la Palestine en 1948 couvrant 20 770 des 27 027 Km2 que comprend la terre palestinienne. Ces terres sont appelées depuis “Les territoires occupés”.
  2. L’agression du trio France, Grande-Bretagne et Israël sur l’Egypte en 1956
  3. L’agression israélienne de 1967 occupant ce qu’il restait des territoires palestiniens (appelés maintenant “Les territoires de 1967” en plus de l’occupation et de l’annexion du Sinaï égyptien, des plateaux du Golan syrien et de la vallée Arabah jordanienne.
  4. La guerre d’octobre 1973 de l’Egypte et de la Syrie contre Israël fut marquée par la réclamation de territoires perdus par ces deux pays.
  5. L’agression israélienne de 1978 résultant par l’occupation par Israël de larges portions de territoires au sud-Liban et menant à la création d’une “zone de sécurité” dans laquelle demeurèrent un certains nombre de collaborateurs libanais emmenés par Saad Haddad.

Cinq guerres furent initiées par les sionistes tandis qu’une le fut par les Arabes. Ces guerres ont eu pour effet d’agrandir le contrôle géographique d’Israël, incluant des terres au-delà de la Palestine, dans les pays arabes voisins d’Egypte, du Liban, de la Syrie et de la Jordanie. La puissance militaire israélienne, soutenue par les moyens politiques internationaux, menés par les Etats-Unis, a créé suffisamment de pression pour imposer des concessions et légitimer le fait accompli (NdT: en français dans le texte original) de l’occupation des dits territoires.

Les sionistes considéraient que l’invasion du Liban handicaperait les structures de la résistance militaire palestinienne et aliénerait les combattants palestiniens au Liban, brisant ainsi leur capacité future de continuer leur quête pour la réclamation de leur terre.

[…]

Mais, alors que la Palestine est une terre musulmane et arabe occupée et qu’il est du devoir de chaque musulman de travailler pour sa libération et étant donné que d’autres zones de la terre arabe sont similairement occupées (incluant le Liban), zones auxquelles le devoir islamique de libération est aussi applicable, le juriste-théologien, l’Imam Kohmeini, a déclaré: “Israël est une glande cancéreuse.” Ansi le Hezbollah s’est dressé contre cette cible et a lancé des opérations de résistance islamique contre Israël avec les moyens humains limités dont il disposait. Ceci fut une étape sur le chemin vers un mouvement de résistance plus complet et intégrateur qui ne compromet pas la terre et qui refuse l’exploitation des faiblesses du monde arabe et de la Palestine par l’ennemi.

La priorité fut donc donnée à la confrontation, ce qui demanda l’emploi de toutes les ressources possibles pour remplir cet objectif. Les camps d’entraînement mis en place dans la Bekaa et supervisés par le corps des GRI iranien constituèrent la ressource première des combattants de la résistance ou “moudjahidines” de la “Résistance Islamique”. Ces camps furent une source d’inspiration culturelle, spirituelle, comportementale renforçant les qualités nécessaires au Djihad, ce qui étaient de fait les caractéristiques des membres du CGRI. Beaucoup de membres du Hezbollah participèrent à ces entrainements indépendamment de leurs fonctions au sein du parti, car l’entraînement est un pré-requis pour être accepter comme membre à part entière. L’ancien SG du parti, tombé en martyre, al-Sayyed Abbas al-Moussaoui, fut parmi les premiers à participer à l’entraînement qu’il termina vers la fin de 1982.

A cette époque, la capitale du Liban et ses proches banlieues, ainsi que le sud, l’ouest de la Bekaa et des parties du Mont Liban, étaient sous le joug de l’occupation israélienne. Les combattants de la résistance œuvrèrent dans des cercles secrets sans aucune apparence politique ou médiatique. S’activa en parallèle un mouvement de recrutement général qui se tint sans aucun cadre organisationnel formalisé.

Les combattants de la résistance accumulèrent très rapidement une grande expérience militaire. A ce moment furent créés des points de focalisation sur des tâches spéciales comme l’ingénierie, l’artillerie et autres spécificités dans le domaine militaire.

Jeunesse et efficacité

Le travail de résistance ne fut pas limité à ceux qui se dédièrent spécifiquement à celui-ci, mais s’étendit à l’enrôlement général de volontaires […] Les participants menaient leur vie quotidienne normalement, sur les lieux de travail, à l’université, dans le secteur privé. Il y eut un grand nombre de jeunes hommes attiré par ce volontariat et nous ne fûmes jamais à court de volontaires membres ou affiliés.

[…] Un développement militaire notoire fut celui associé à la précision du ciblage. Les unités d’ingénieurs et d’artillerie firent d’énormes progrès dans ce domaine, les rendant capables de frapper au cœur même de l’ennemi. Tout cela grâce à une meilleure maîtrise de l’environnement géographique, de la technique de mise à feu des roquettes Katiouchas, d’une meilleure compréhension des point faibles des véhicules blindés ennemis tant dans leurs formes les plus classiques qu’avec les chars à haute technologie Merkava qui devinrent très rapidement, les cercueils de leurs équipages [Note: un contrat de vente de chars Merkava à la Turquie fut annulé après la démonstration de l’efficacité des combattants du Hezbollah contre ces unités blindées israéliennes. L’opération servit à démontrer l’incapacité des chars Merkava à résister aux attaques de ceux qui comprennent son mode de confrontation…], d’une maîtrise dans la préparation des bombes sous leurs formes variées, le développement de l’expertise dans le placement de ces bombes sur le terrain des opérations, du développement d’une véritable expertise dans la reconnaissance du terrain permettant aux combattants de la résistance de s’infiltrer efficacement et d’atteindre les postes militaires ennemis avec précision, de la mise en place de technique de surveillance 24/24 de jour et de nuit des positions ennemies et de l’emploi des tactiques de pièges, des opérations de martyre et autres stratégies avancées.

De tels niveaux de performance militaire ne peuvent pas être vus en isolation de la croyance des combattants en leur cause, de la culture, du courage et de l’intrépidité de ces combattants, de leur volonté de tomber en martyre. Ceci est la véritable essence du succès de la résistance islamique.

[…] Il n’y a aucun cas de défaillance ni de désertion. […] La personnalité individuelle est le cœur même de la configuration de la résistance. C’est pour cette raison que le dossier de chaque postulant est étudié en détail avant que d’accorder le statut de membre de la Résistance. Sont analysées sa croyance individuelle en le Hezbollah, sa volonté et motivation à toujours développer plus avant sa conviction, ses capacités culturelles et militaires et la non-existence de quelque question ou doute que ce soit concernant la sécurité du postulant et de son entourage. L’individu est personnellement suivi au travers de sa formation afin de déterminer son plus fort potentiel pour le parti.

Les méthodes de combat et d’opération militaires

Le secret fut et est la clef du succès sur le champ de bataille du djihad. Surprendre l’ennemi permet les meilleurs résultats sur celui-ci tout en minimisant les pertes humaines dans les rangs de la résistance. L’ennemi œuvrait (et œuvre toujours) au moyen d’espions et d’agents de terrain pour découvrir des cibles, bénéficiant également de la reconnaissance aérienne et de moyens de surveillance militaire variés afin de détecter toute préparation d’attaque (NdT: comme la reconnaissance par satellites). Ainsi le secret devint de première importance afin de rendre ces opérations de surveillance futiles. Un groupe très restreint étaient au courant des opérations. Seuls ceux directement impliqués dans la préparation et la réalisation de ces opérations faisaient partie de ce cercle. De plus les participants du Hezbollah à ces opérations étaient choisis avec grande précision. Ainsi, l’ennemi fut incapable de découvrir quelle opération allait les frapper avant qu’elle n’ait lieu. C’est ce qui a rendu les opérations de la résistance si efficaces et imprévisibles.

L’équipement de combat était facilement transporté et caché. Il n’y avait pas besoin de chars ou d’artillerie lourde qui auraient pu facilement être ciblés par les forces aériennes ennemies, ceci n’était pas non plus en harmonie avec le plan sélectionné par la résistance en fonction de son armement.

La résistance, même lorsqu’elle fut à court d’armes et de munitions, a toujours combattu avec ce qu’elle avait sous la main. La sagesse employée dans la gestion des rares ressources militaires ont mené à la tactique de n’utiliser l’armement qu’en des lieux et temps bien déterminés. La sagesse tactique ne fut pas moins importante que les ressources militaires.

Des procédures pratiques furent mises en place pour construire un mouvement de résistance complètement différent d’une organisation militaire plus formelle. Habituellement, la résistance agissait au sein de cercles secrets, et ce même sur le champ de bataille. Ceci permettait plus de flexibilité et aussi permettait aux membres de continuer une vie normale dans les villes et villages d’où ils venaient, que ceux-ci soient proches ou éloignés de la ligne de combat. […] Les camps d’entraînement tombèrent aussi sous cette méthodologie et devinrent ainsi plus mobiles et mieux camouflés afin d’éviter les bombardements par l’aviation israélienne qui volait continuellement dans le ciel libanais.

[…] La résistance n’avait pas besoin de postes militaires fixes sauf dans quelques terrains montagneux ou zones forestières. Il y eut un besoin de poste afin de lancer des opérations, mais ceux-ci ne furent jamais établis près des zones de combat.

Ainsi, il n’était aucunement attendu que la résistance occupe quelque terre libérée que ce soit, comme ce fut le cas à la libération des postes de Sujud, Aramta et Dabshe, qui virent le déploiement du drapeau du Hezbollah et la brève présence des combattants de la résistance sur les lieux avant que l’aviation israélienne ne vienne intensément bombarder les places. Une opération de la résistance était considérée réussie si les occupants des positions ennemies étaient tués, blessés ou contraints d’évacuer et non pas nécessairement une opération qui reprenait pour l’occuper la position ennemie.

Il n’était pas non plus attendu de la résistance qu’elle concentre ses ressources humaines et militaires sur la ligne de front pour s’engager dans une guerre classique avec l’ennemi, ceci revenait à une armée régulière ayant le nombre suffisant. Le travail de la résistance était essentiellement “frapper et décrocher”, laissant l’ennemi surpris, choqué, en désarroi et sans aucune cible pour répliquer.

Une telle intensité, diversité et extension des opérations a aidé à remplir plusieurs objectifs capitaux:

  1. Confusion de l’ennemi et obliger son commandement à maintenir un état d’alerte permanent, menant éventuellement à l’extrême fatigue physique et mentale des troupes et un déclin en puissance et en efficacité.
  2. Extension du sentiment de panique au sein des troupes ennemies, la peur de la mort persistait après chaque attaque réussie de la résistance ou chaque attaque potentielle. Ceci a servi à secouer le moral de l’ennemi et à directement affecter le rendement des troupes ennemies.
  3. L’interdiction pour l’ennemi d’étendre ses objectifs expansionnistes étant donné l’intense pression exercée sur les zones déjà occupées.
  4. La libération de la terre comme objectif final et ultime, ceci s’est produit par étapes et au travers de bien des confrontations. [note: retrait progressif des forces israéliennes zone par zone jusqu’à la grande victoire en cinq décennies que représente l’évacuation par Israël du sud-Liban et de la Bekaa occidentale le 24 mai 2000…]

Le choix du temps et de l’endroit pour chaque opération était de la plus haute importance pour le succès, mais la stratégie principale était aussi celle des opérations constantes (selon les circonstances de terrain), évitant ainsi toute ouverture de feu inutile et inefficace, tout en travaillant totalement indépendamment de tout développement se tenant sur la scène politique. Un tel plan opérationnel a aidé de manière la plus importante au succès des opérations militaires de terrain et ceci a eu des répercussions inévitables sur le front politique.

Entre libération et négociation

La Résistance a toujours défini ses opérations de djihad comme visant à la libération de la terre et n’ayant aucune incidence politique. Les opérations de libération de la terre sont planifiées et exécutées sur le terrain sans recours à quelque développement politique que ce soit ou à la volatilité de politiciens. Les opérations politiques quant à elles, appellent à un effort d’amélioration des conditions de la négociation politique avec l’ennemi, qu’on lui offre des périodes de grâce, de rémission et qu’on relie les opérations de terrain avec la nature et le cours des négociations en cours.

[…] Ainsi, le Hezbollah ne vit pas de conséquence positive à la négociation politique… La solution pratique, légitime et objective est donc représentée par les opérations de résistance qui forcent, en effet clair et direct, un retrait de l’ennemi et la reconsidération tout à la fois de son agenda politique et de ses méthodes. Il n’est pas possible d’isoler tout mouvement de djihad de ses répercussions politiques et la sagesse nous demande de faire quelques pas pratiques à la suite d’un important changement politique.

[…] Il n’y a aucune restitution de terres suite à des négociations et l’occupation ne peut pas soutenir la pression de la résistance. La dépendance et la subordination aux régimes politiques enferme l’activité de résistance dans une zone d’obligations et de systèmes de requis ; ceci compromet la liberté et l’efficacité qui caractérisent habituellement de telles activités. […]

La sphère cible

Les ressources disponibles au mouvement de la résistance sont, par défaut, plus faibles que les moyens de l’envahisseur occupant. […] La résistance a identifié que la sécurité est le point faible et décisif de l’ennemi israélien. Les opérations de terrain se sont donc concentrées à lui infliger le plus grand nombre de pertes et la topographie libanaise bien particulière, a permis d’y parvenir.

Lorsque l’ennemi persista à outrepasser les limites du combat au moyen de bombardements incessants de cibles civiles au Liban, la Résistance s’est résolue à diriger les tirs de ses roquettes Katiouchas sur les colonies du nord d’Israël. La formule de blesser l’ennemi seulement au travers de ses pertes militaires ne fut pas suffisante pour empêcher l’armée israélienne de cibler les civils libanais. Ainsi, le bombardement direct de zones civiles israéliennes fut une réaction, en réciproque de la tactique initiée par l’armée israélienne. Ces mesures ont permis d’aboutir aux accords du juillet 1993 et d’avril 1996 ; accords qui établirent que toutes les zones civiles devenaient des zones neutres. Un fait qui n’est approprié et harmonieux qu’avec les objectifs de la Résistance.

[..] De plus, la résistance considère futile de cibler des Israéliens à travers le monde. La confrontation avec l’ennemi dans les zones occupées est la seule action valide et légitime, ceci amène beaucoup de soutien au mouvement. Limiter la sphère cible aux territoires occupés sert à parvenir au bris de la sécurité ennemie, de sa stabilité et de son sentiment auto-protecteur. Ceci a un effet cumulatif et n’a pas de conséquences néfastes ou d’effets secondaires sur la résistance. Cette vision des choses n’est en aucun cas séparée de l’aspect de la doctrine déterminant les règles et les lignes de conduite de la confrontation.

[…] L’objectif est de toujours maintenir le tempo et la fréquence des opérations de terrain au niveau requis approprié.

L’activité de résistance est un effort cumulatif qui ne peut pas se réaliser au travers d’un nombre limité de coups, car c’est la persistance d’une telle activité qui porte les fruits du futur.

[…] Les opérations martyres ont émergées comme une approche adoptée par la résistance. Malgré le fait que seulement 12 opérations au véhicule piégé ne furent enregistrées, ces opérations dangereuses de résistance où la possibilité de devenir martyre sont très hautes, ont été d’une valeur incommensurable.

[…]

Nomenclature islamique

Le nom “Hezbollah” ou “Parti de Dieu” provient du Coran: “Le parti d’Allah, ce sont eux les victorieux.” [Sourate 5, verset 56]

[…]

La Résistance et le travail public

Le délai entre la création d parti et ses interactions politiques est lié à ces raisons:

  1. La période de fondation s’est concentrée sur le développement militaire car l’objectif principal était la résistance à l’occupation israélienne.
  2. Le secret fut la caractéristique principale de la période fondatrice. Le travail de résistance demande qu’une bonne partie de travail soit réalisée dans le secret pour des raisons de sécurité évidentes. Le secret était une nécessité absolue dans la mesure où l’espace aérien libanais était ouvert à l’aviation israélienne. Le travail politique demande une représentation publique, le temps n’était pas venu…
  3. Depuis 1975, le Liban est le domaine de circonstances compliquées générées par une guerre civile qui mena à des conflits internes importants. Ceci fut associé à l’expulsion de l’OLP du Liban. […]
  4. La préoccupation initiale de la préservation coûte que coûte de la Résistance demanda une attention sans équivoque de tous les instants, celle-ci força à repousser l’implication politique du parti. […] Une fois que la résistance fut sortie de son enfance et qu’elle eut prouvé sa valeur et pesait de sa présence, de telles préoccupations furent diluées. Ainsi vint le temps de poser une définition du Hezbollah qui peut se lire comme suit: “Le Hezbollah est un mouvement de djihad ayant pour mission principale d’entreprendre le djihad contre l’occupant israélien. Un effort politique sage et intelligent pourrait et devrait être un soutien important pour un tel mouvement.”
  5. La stabilisation de l’identité et de l’individualité du parti fut une grande préoccupation, ainsi que de clarifier ses objectifs théologiques et pratiques, résolvant quelques préoccupations internes, comme les pensées du parti concernant le gouvernement libanais, spécifiquement après l’accord de Taïf et aussi de définir sa politique générale quant à son approche des relations envers les différents pouvoirs politiques en place.
  6. Ce n’est pas un secret que ce parti naissant absorbait les expériences de ses membres, ce qui fut d’un grand bénéfice au cours de l’année de fondation. Puis le parti grandit et ses plans et méthodes se cristallisèrent, ses positions sur certaines préoccupations devenant plus claires et déterminées.
  7. Au niveau de sa relation avec le peuple, l’action décisive du parti fut celle qui amena à la décision de participer aux élections législatives du Liban. […]

[…]

Services sociaux

Le Hezbollah est tout particulièrement attentif au travail social. Aucun aspect de l’aide aux pauvres ne fut négligé alors que le parti travaillait a réaliser une responsabilité sociale commune, répondant ainsi au besoin urgent d’introduire des programmes bénéfiques. Ce travail est simplement considéré comme un devoir du parti et a consisté en des efforts de levées de fonds et de les rendre disponibles aux ressources des services sociaux. Le parti a travaillé au mieux de ses capacité, coopérant avec les institutions publiques officielles pour répondre aux besoins sociétaux. […]

De plus, le Hezbollah a créé l’association Jihad al-Binaa (construction et développement), servant l’effort de reconstruction après les bombardements de 1985 […]  Chaque maison endommagée par les raids israéliens depuis 1991 a été restaurée par cette institution, ce qui porte un total de 17 212 maisons, magasins et structures d’utilité publique, réparés.

Entre 1988 et 1991, la parti a travaillé à enlever toute l’accumulation d’ordures ménagères et de débris dans les banlieues sud de Beyrouth, où vivent plus de 500 000 habitants. Une moyenne de 65 tonnes de détritus par jour furent retirées, ce qui résolut un problème grandement négligé par le gouvernement. Aune compensation financière ne fut demandée aux habitants et ce service a continué à être fourni gratuitement aux résidents depuis, comme part de ses efforts humanitaires.

Avec 110 citernes d’eau potable distribuées dans la banlieue sud de Beyrouth, la parti donne ainsi de l’eau potable dans des zones qui ne sont pas fournies par les services publics. 300 000 litres d’eau atteignent ainsi quelques 15000 familles quotidiennement. Ce service est fourni gratuitement à ces familles depuis 1990 jusqu’à ce jour.

Le Hezbollah est aussi concerné par les activités agricoles allant d’études de terrain à la prévision de crédit agricole en passant par la distribution de tracteurs, la fertilisation des sols, le transfert de connaissance pour l’apiculture et autres productions et le conseil de centres pilotes de développement.

[…] Pour la santé, le parti a créé L’Organisation Islamique de la Santé (OIS) qui gère 9 centres de santé, 16 cliniques fixes et 3 mobiles desservant 51 villages. Ces centres fournissent une assistance médicale gratuite, des médicaments aux personnes résidentes et à 88 écoles. Ils mettent en place des campagnes régulières contre la tabagie et la prévention de maladies. L’OIS a aussi dix antennes pour la protection civile.

Le parti fut attentif à l’éducation pour ceux dans le besoin et a fourni un support éducatif pour plus de 16 000 élèves tout en payant l’éducation de plus de 6000 étudiants. Des bourses d’études allant de 25 à 100% furent données à plus de 8000 élèves.

L’Institution pour les Blessés prend en compte plus de 3000 blessés dont plus de 2000 combattants de la résistance. La prise en charge est totale. Elle consiste en assistance médicale, pension, rééducation des handicapés. […]

Les occidentaux ont suspecté que le travail social du Hezbollah était essentiellement un outil de recrutement, alors même que ceci fut une conséquence naturelle des activités sociales du parti. Ils ont aussi suspecté que les gens qui se rassemblent autour du parti le font afin de bénéficier de ces services. Bien que ces services ont indéniablement un grand effet sur le peuple, l’essence pour la participation à de tels programmes réside ultimement en la croyance à la voie sur laquelle on s’engage. Le travail social sert à enrichir la confiance des soutiens dans la viabilité du parti, de sa cause et de son chemin, alors qu’il coopère, collabore et joint ses forces pour le bien commun afin de demeurer fort et tenace dans ses rôles de résistance et de représentation politique.

A suivre…

L’anarchie dans la révolution russe: Écrits de Nestor Makhno (version PDF)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 22 novembre 2017 by Résistance 71

Merci à Jo de JBL1960 de nous avoir réalisé ce PDF sur quelques écrits choisis de Nestor Makhno montrant l’influence et la pratique anarchiste dans la révolution russe. Makhno et ses forces paysannes ukrainiennes combattirent les deux facettes de la  contre-révolution en Ukraine: l’opposition tsariste et internationale ET les bolchéviques de Lénine et Trotsky qui ont trahi le peuple et la révolution en reprenant le pouvoir aux soviets (conseils ouvriers et populaires). Léninisme et trotskisme ne sont que des capitalismes d’état doctrinaires et totalitaires, bras armés de la City de Londres (Lénine) et de sa succursale de Wall Street (Trotsky)
~ Résistance 71 ~

 

Nestor Makhno Anarchie dans la Revolution Russe

 

Bonne lecture !