Archive pour dissidence au nouvel ordre mondial

Empire et géopolitique: Les Frères Musulmans sbires du MI6 britannique et de la CIA (Thierry Meyssan)

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Suite de la saga de la confrérie des Frères Musulmans, autre turpitude étatico-capitaliste et création des services.

~ Résistance 71 ~

 

Les frères musulmans comme force d’appoint du MI6 et de la CIA

 

Thierry Meyssan

 

28 juin 2019

 

url de l’article original:

https://www.voltairenet.org/article206725.html

 

Nous poursuivons la publication du livre de Thierry Meyssan, « Sous nos yeux ». Dans cet épisode, il décrit la manière dont le président Jimmy Carter et son conseiller national de Sécurité, Zbigniew Brzezinski, utilisèrent les capacités terroristes des Frères musulmans contre les Soviétiques.

La confrérie au service de l’administration Carter/Brzezinski

En 1972-73, un responsable du Foreign Office — et probablement du MI6 —, James Craig, et l’ambassadeur britannique en Égypte, Sir Richard Beaumont, commencent un intense lobbying pour que leur pays et les États-Unis s’appuient sur les Frères musulmans non seulement en Égypte, mais dans tout le monde musulman contre les marxistes et les nationalistes. Sir Craig sera bientôt nommé ambassadeur de sa Majesté en Syrie, puis en Arabie, et trouvera une oreille attentive à la CIA. Il sera, beaucoup plus tard, le concepteur des «  Printemps arabes  ».

En 1977 aux États-Unis, Jimmy Carter est élu président. Il désigne Zbigniew Brzezinski comme conseiller national de sécurité. Ce dernier décide d’utiliser l’islamisme contre les Soviétiques. Il donne son feu vert aux Saoudiens pour augmenter leurs versements à la Ligue islamique mondiale, organise des changements de régime au Pakistan, en Iran et en Syrie, déstabilise l’Afghanistan, et fait de l’accès états-unien au pétrole du Moyen-Orient un objectif de sécurité nationale. Enfin, il confie des moyens militaires à la Confrérie.

Cette stratégie est clairement expliquée par Bernard Lewis lors de la réunion du Groupe de Bilderberg [1] que l’Otan organise en avril 1979 en Autriche. L’islamologue anglo-israélo-états-unien y assure que les Frères musulmans peuvent non seulement jouer un grand rôle face aux Soviétiques et provoquer des troubles internes en Asie centrale, mais aussi balkaniser le Moyen-Orient dans l’intérêt d’Israël.

Contrairement à une idée reçue, les Frères ne se sont pas contentés de suivre le plan Brzezinski, ils ont vu plus loin et obtenu l’assistance de Riyad et de Washington pour constituer d’autres branches de la Confrérie dans d’autres pays  ; branches qui prendront ultérieurement leur essor. À cette époque, le roi d’Arabie octroie une moyenne de 5 milliards de dollars annuels à la Ligue islamique mondiale qui étend ses activités dans 120 pays et finance des guerres. À titre indicatif, 5 milliards de dollars, c’était l’équivalent du budget militaire de la Corée du Nord. La Ligue obtient le statut consultatif auprès du Conseil économique et social de l’ONU et un statut d’observateur à l’Unicef.

Au Pakistan, le général Muhammad Zia-ul-Haq, chef d’état-major des armées formé à Fort Bragg aux États-Unis, renverse le Président Zulfikar Alî Bhutto et le fait pendre. Membre de la Jamaat-e-Islami, c’est-à-dire de la version locale des Frères musulmans, il islamise la société. La charia est progressivement établie — y compris la peine de mort pour blasphème — et un vaste réseau d’écoles islamiques est installé. C’est la première fois que la Confrérie est au pouvoir hors d’Égypte.

En Iran, Brzezinski convainc le Shah de partir et organise le retour de l’imam Rouhollah Khomeini, qui se définit comme un «  islamiste chiite  ». Dans sa jeunesse, Khomeini a rencontré Hasan el-Banna au Caire, en 1945, pour le persuader de ne pas alimenter de conflits sunnites/chiites. Par la suite, il a traduit deux livres de Sayyid Qutb. Les Frères et le Révolutionnaire iranien s’accordent sur des sujets sociétaux, mais pas du tout sur les questions politiques. Brzezinski réalise sa méprise le jour même de l’arrivée de l’ayatollah à Téhéran, car celui-ci va prier sur les tombes des martyrs du régime du Shah et appelle l’armée à se révolter contre l’impérialisme. Brzezinski commet une seconde erreur en envoyant la Delta Force secourir les espions états-uniens qui sont retenus dans leur ambassade à Téhéran. Même s’il parvient à masquer aux yeux des Occidentaux que ses diplomates n’étaient pas des otages mais bien des espions, il ridiculise ses militaires dans l’opération manquée «  Serre d’aigle  », et installe au Pentagone l’idée selon laquelle il faudra se donner les moyens pour vaincre les musulmans.

En Afghanistan, Brzezinski met sur pied l’«  Opération Cyclone  ». Entre 17 et 35 000 Frères musulmans, originaires d’une quarantaine de pays, vont se battre contre l’URSS venue défendre à sa demande la République démocratique d’Afghanistan du terrorisme des Frères [2]— il n’y a jamais eu d’«  invasion soviétique  » comme le prétend la propagande US. Ils ne seront jamais plus de 15 000 à la fois. Ces hommes viennent en renfort d’une coalition de combattants conservateurs et des Frères musulmans locaux, dont le Pachtoune Gulbuddin Hekmatyar et le Tadjik Ahmed Chah Massoud. Ils reçoivent leur armement pour l’essentiel d’Israël [3]— officiellement leur ennemi juré, mais désormais leur partenaire. L’ensemble de ces forces est commandé depuis le Pakistan par le général Muhammad Zia-ul-Haq et financé par les États-Unis et l’Arabie saoudite. C’est la première fois que la Confrérie est utilisée par les Anglo-Saxons pour livrer une guerre. Parmi les combattants présents se trouvent les futurs responsables des guerres du Caucase, de la Jemaah Islamiyah indonésienne, du groupe Abou Sayyaf aux Philippines, et bien sûr d’Al-Qaïda et de Daech. Aux États-Unis l’opération antisoviétique est soutenue par le Parti républicain et un groupuscule d’extrême gauche, les trotskistes de Social Democrats USA.

La stratégie Carter/Brzezinski représente un changement d’échelle [4]. L’Arabie saoudite, qui était jusqu’ici le financier des groupes islamistes, se voit chargée de gérer les fonds de la guerre contre les Soviétiques. Le directeur général du Renseignement saoudien, le prince Turki (fils du roi de l’époque, Fayçal), devient une personnalité incontournable de tous les sommets occidentaux du Renseignement.

Les problèmes entre Arabes et Afghans étant récurrents, le prince Turki envoie d’abord le Palestinien Abdallah Azzam, l’«  imam du jihad  », remettre de l’ordre entre les Frères et administrer le bureau local de la Ligue islamique mondiale, puis le milliardaire Oussama Ben Laden. Azzam et Ben Laden ont été formés ensemble en Arabie saoudite par le frère de Sayyid Qutb.

Toujours durant le mandat Carter, les Frères musulmans entreprennent une longue campagne de terreur en Syrie, incluant l’assassinat des cadets non sunnites à l’Académie militaire d’Alep par l’«  Avant-garde combattante  ». Ils disposent de camps d’entraînement en Jordanie où les Britanniques leur dispensent une formation militaire. Durant ces années de plomb, la CIA parvient à sceller une alliance entre les Frères musulmans et le groupuscule ex-communiste de Riyad Al-Turk. Celui-ci et ses amis, Georges Sabra et Michel Kilo, avaient rompu avec Moscou durant la guerre civile libanaise pour soutenir le camp occidental. Ils s’affilient au groupe trotskiste états-unien, Social Democrats USA. Les trois hommes rédigent un manifeste dans lequel ils affirment que les Frères musulmans forment le nouveau prolétariat et que la Syrie ne pourra être sauvée que par une intervention militaire états-unienne. En définitive, les Frères tentent un coup d’État en 1982, avec le soutien du Baas irakien (qui collaborait alors avec Washington contre l’Iran) et de l’Arabie saoudite. Les combats qui suivent à Hama font 2 000 morts selon le Pentagone, 40 000 selon la Confrérie et la CIA. Par la suite, des centaines de prisonniers sont assassinés à Palmyre par le frère du président Hafez el-Assad, Rifaat, qui sera révoqué et contraint à l’exil à Paris lorsqu’il tentera à son tour un coup d’État contre son propre frère. Les trotskistes sont emprisonnés et la plupart des Frères fuient soit vers l’Allemagne (où réside déjà l’ancien Guide syrien Issam Al-Attar), soit vers la France (comme Abou Moussab «  Le Syrien  »), où le chancelier Helmut Kohl et le président François Mitterrand leur donnent asile. Deux ans plus tard, un scandale éclate au sein de l’opposition désormais en exil au moment du partage  : trois millions de dollars ont disparu sur une enveloppe de 10 millions donnée par la Ligue islamique mondiale.

4— Vers la constitution d’une internationale du Jihad

Durant les années 1980, la Ligue islamique mondiale reçoit instruction de Washington de transformer la société algérienne. Durant une décennie, Riyad offre la construction de mosquées dans les villages. Chaque fois, un dispensaire et une école y sont adjoints. Les autorités algériennes se réjouissent d’autant plus de cette aide qu’elles ne parviennent plus à garantir l’accès de tous à la Santé et à l’Éducation. Progressivement, les classes laborieuses algériennes se détachent d’un État qui ne leur est plus d’un grand secours et se rapprochent des mosquées si généreuses.

Lorsque le prince Fahd devient roi d’Arabie saoudite, en 1982, il place le prince Bandar (fils du ministre de la Défense) comme ambassadeur à Washington, poste qu’il conservera durant tout son règne. Sa fonction est double  : d’un côté, il gère les relations saoudo-états-uniennes, de l’autre il sert d’interface entre le directeur du Renseignement Turki et la CIA. Il se lie d’amitié avec le vice-président et ancien directeur de la CIA, George H.W. Bush, qui le considère comme son «  fils adoptif  »  ; puis avec le secrétaire à la Défense Dick Cheney, et le futur directeur de la CIA, George Tenet. Il s’insère dans la vie sociale des élites et intègre aussi bien la secte chrétienne des chefs d’état-major du Pentagone, The Family, que l’ultra conservateur Bohemian Club de San Francisco.

Bandar commande les jihadistes depuis la Ligue islamique mondiale. Il négocie avec Londres l’achat d’armement pour son Royaume auprès de British Aerospace en échange de pétrole. Les contrats du «  pigeon  », (en arabe Al-Yamamah), coûteront entre 40 et 83 milliards de livres sterling à Riyad dont une partie importante sera reversée par les Britanniques au prince.

En 1983, le Président Ronald Reagan confie à Carl Gershman, l’ancien leader de Social Democrats USA, la direction de la toute nouvelle National Endowment for Democracy [5]. C’est une agence dépendante de l’accord des «  Cinq Yeux  », camouflée en ONG. Elle est la vitrine légale des services secrets australiens, britanniques, canadiens, états-uniens et néo-zélandais. Gershman a déjà travaillé avec ses camarades trotskistes et ses amis Frères musulmans au Liban, en Syrie et en Afghanistan. Il met en place un vaste réseau d’associations et de fondations que la CIA et le MI6 utilisent pour soutenir la Confrérie là où c’est possible. Il se réclame de la «  doctrine Kirkpatrick  »  : toutes les alliances sont justes lorsqu’elles servent l’intérêt des États-Unis.

Dans ce contexte, la CIA et le MI6 qui avaient créé au plus fort de la Guerre froide la Ligue anti-communiste mondiale (WACL), vont l’utiliser pour acheminer en Afghanistan les fonds nécessaires au jihad. Oussama Ben Laden adhère à cette organisation qui compte plusieurs chefs d’États [6].

En 1985, le Royaume-Uni, fidèle à sa tradition d’expertise académique, se dote d’un institut chargé d’étudier les sociétés musulmanes et la manière dont les Frères peuvent les influencer, l’Oxford Centre for Islamic Studies.

En 1989, les Frères réussissent un second coup d’État, cette fois au Soudan au profit du colonel Omar el-Béchir. Il ne tarde pas à placer le Guide local, Hassan el-Turabi, à la présidence de l’Assemblée nationale. Ce dernier, dans une conférence délivrée à Londres, annonce que son pays va devenir la base arrière des groupes islamistes dans le monde.

Toujours en 1989, le Front islamique du Salut (FIS) surgit en Algérie, autour d’Abassi Madani, tandis que le parti au pouvoir s’effondre dans divers scandales. Le FIS est soutenu par les mosquées «  offertes  » par les Saoudiens, et par voie de conséquence par les Algériens qui les fréquentent depuis une décennie. À la faveur d’un rejet des dirigeants et non par adhésion à son idéologie, il gagne les élections locales. Considérant l’échec des politiques et l’impossibilité ontologique de négocier avec les islamistes, l’armée opère un coup d’État et annule les élections. Le pays s’enfonce dans une longue et meurtrière guerre civile dont on ne saura pas grand chose. La guérilla fera plus de 150 000 victimes. Les islamistes n’hésitent pas à pratiquer à la fois les punitions individuelles et collectives, par exemple lorsqu’ils massacrent les habitants de Ben Talha — coupables d’avoir voté malgré la fatwa l’interdisant — et rasent le village. À l’évidence, l’Algérie sert de laboratoire pour de nouvelles opérations. La rumeur se répand que c’est l’armée, et non pas les islamistes, qui massacre les villageois. En réalité, seuls quelques hauts responsables des services secrets formés aux États-Unis rejoignent les islamistes et sèment la confusion.

En 1991, Oussama Ben Laden, qui est retourné en Arabie saoudite comme un héros de la lutte anticommuniste à la fin de la guerre d’Afghanistan, se brouille officiellement avec le roi alors que les «  sourouristes  » se soulèvent contre la monarchie. Cette insurrection, le «  Réveil islamique  », dure quatre ans et se clôt avec l’emprisonnement des principaux leaders. Elle montre à la monarchie — qui s’imaginait disposer de toute autorité — qu’en entretenant le mélange entre religion et politique, les Frères ont créé les conditions d’une révolte via les mosquées.

Dans ce contexte, Oussama Ben Laden prétend avoir proposé l’aide de quelques milliers d’anciens combattants d’Afghanistan contre l’Irak de Saddam Hussein, mais, ô surprise, le roi aurait préféré le million de soldats des États-Unis et de leurs alliés. Il part «  donc  » en exil au Soudan, en réalité avec la mission de reprendre le contrôle des islamistes qui ont échappé à l’autorité des Frères et se sont soulevés contre la monarchie. Avec Hassan el-Tourabi, il organise des conférences populaires panarabes et panislamiques où il invite les représentants de mouvements islamistes et nationalistes d’une cinquantaine de pays. Il s’agit de créer au niveau des partis l’équivalent de ce que l’Arabie saoudite a déjà fait avec l’Organisation de la Conférence islamique qui réunit, elle, des États. Les participants ignorent que les rencontres sont payées par les Saoudiens et que les hôtels où elles se tiennent sont surveillés par la CIA. De Yasser Arafat au Hezbollah libanais, tous y participent.

Le FBI parvient à faire condamner la BCCI, une gigantesque banque musulmane devenue au cours du temps celle utilisée par la CIA pour ses opérations secrètes, notamment le financement de la guerre en Afghanistan — mais aussi le narcotrafic en Amérique latine [7]. Lorsque la faillite de la banque est prononcée, ses petits clients ne sont pas remboursés, mais Oussama Ben Laden parvient à récupérer 1,4 milliard de dollars pour poursuivre l’engagement des Frères musulmans au service de Washington. La CIA déplace alors ses activités sur la Faysal Islamic Bank et sa filiale Al-Baraka.

[1] « Ce que vous ignorez sur le Groupe de Bilderberg », par Thierry Meyssan, Komsomolskaïa Pravda (Russie) , Réseau Voltaire, 9 avril 2011.

[2] « Brzezinski : « Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes … » », par Zbigniew Brzeziński, Nouvel Observateur (France) , Réseau Voltaire, 15 janvier 1998.

[3] Charlie Wilson’s War : The Extraordinary Story of How the Wildest Man in Congress and a Rogue CIA Agent Changed the History of Our Times, George Crile, Grove Press (2003).

[4] Les dollars de la terreur, Les États-Unis et les islamistes, Richard Labévière, Éditions Bernard Grasset (1999).

[5] « La NED, vitrine légale de la CIA », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie) , Réseau Voltaire, 6 octobre 2010.

[6] Inside the League : The Shocking Expose of How Terrorists, Nazis, and Latin American Death Squads Have Infiltrated the World Anti-Communist League, Scott & Jon Lee Anderson, Dodd Mead & Company éd. (1986). « La Ligue anti-communiste mondiale, une internationale du crime », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 mai 2004.

[7] The BCCI Affair, John Kerry & Hank Brown, US Senate (1992) ; Crimes of a President : New Revelations on the Conspiracy and Cover Up in the Bush and Reagan Administration, Joel Bainerman, SP Books (1992) ; From BCCI to ISI : The Saga of Entrapment Continues, Abid Ullah Jan, Pragmatic Publishing (2006).

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Anthropologie politique: de l’ethnocide de Pierre Clastres en PDF

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Résistance 71

 

2 juillet 2019

 

Nous avons récemment publié l’article « De l’ethnocide » de Pierre Clastres (1974), juste après celui sur la « chefferie indienne ».

Jo nous a mis ces deux articles sous format pdf, voici le tout dernier « De l’ethnocide »:

Pierre_Clastres_De l’ethnocide

 

A consulter aussi:

Notre page « Pierre Clastres »
Notre page « Anthropologie politique » pour mieux comprendre d’où nous venons, pourquoi nous sommes dans ce type de société et où aller pour sortir du marasme… Devenons ce que nous sommes.

Pierre Clastres sur l’anthropologie et la chefferie non coercitive indienne sur France Culture en 1976 et 1967, cliquez ici

 

Escroquerie du réchauffement climatique anthropique: L’énigme des Grands Lacs ?… (Dr Roy Spencer)

Posted in actualité, altermondialisme, désinformation, média et propagande, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, réchauffement climatique anthropique, résistance politique, sciences et technologies, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 30 juin 2019 by Résistance 71

 

« Si l’on abstrait du sentiment profond les éléments de pensée qui y sont mêlés, il reste le sentiment fort, et celui-ci ne garantit pour la connaissance rien que lui-même, tout comme la croyance forte ne prouve que sa force, non la vérité de ce que l’on croit. »
~ Friedrich Nietzsche, « Humain trop humain », 1878 ~

 

Contrairement aux prédictions du Réchauffement Climatique, le niveau des eaux des Grands Lacs sont à leur plus hauts

 

Dr. Roy Spencer

Climatologue
Analyste pour la NASA avec le Dr. John Christy des températures globales par satellite
Ancien patron du département en recherche climatologique de la NASA

 

24 juin 2019

 

url de l’article original:

http://www.drroyspencer.com/2019/06/contrary-to-global-warming-predictions-great-lakes-water-levels-now-at-record-highs/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

C’est devenu un truisme que tout changement dans la nature observé sera blâmé par quelque expert sur le réchauffement climatique (anthropique), aussi connu comme “changement climatique (anthropique)”, “crise climatique” ou “urgence climatique”.

Lorsque le niveau des eaux des Grands Lacs furent inhabituellement bas dans une période allant en gros de 2000 à 2012, ceci fut évoqué comme manifestation et preuve du réchauffement climatique et que celui-ci était la cause de l’assèchement des Grands Lacs.

Prenez par exemple cet article de 2012 du “National Geographic”, accompagné de cette photo étonnante:

Le texte d’accompagnement de la photo appelle cela “le fond du lac”, comme si le lac Michigan, qui a une profondeur moyenne de 80m, s’était en quelque sorte complètement asséché.

Puis, en deux ans, les niveaux d’eau les plus bas furent remplacés par les niveaux les plus hauts. La cause (analysis here) fut une combinaison de grande précipitation inhabituelle (contrairement à la théorie du réchauffement climatique) et d’un hiver exceptionnellement froid qui fit que les lacs ont pratiquement complètement gelé, réduisant ainsi l’évaporation.

Maintenant, en ce mois de juin 2019, TOUS les Grands Lacs ont atteint des records dans leur niveau le plus haut.

Le temps pour changer l’histoire

Ainsi, comment les alarmistes du climat peuvent-ils expliquer ce défi dans l’observation en rapport avec leurs prédictions ?

Simple ! Ils invoquent juste une “bizarrerie climatique” et affirment que c’est l’urgence climatique qui a causé le fait que les niveaux des eaux soient devenus plus imprévisibles, d’avoir un profil en dents de scie, d’être plus variables !…

Le problème est qu’il n’y a aucune bonne preuve que ceci se soit produit dans les 100 dernières années. Cette série de 4 grands systèmes de lacs majeurs (les lacs Huron et Michigan sont au même niveau, connectés entre eux par le détroit de Mackinac) montre qu’il n’y a aucune augmentation de variabilité depuis que les niveaux ont été précisément enregistrés (données du laboratoire de recherche environnementale des Grands Lacs de la NOAA):

(voir graphiques sur l’article original)

Ceci est juste un exemple de plus de l’aspect et tournure non scientifiques qu’ont pris bien des affirmations sur le réchauffement climatique. La météorologie et le climat sont tous deux des systèmes dynamiques non linéaires, capables de produire des changements sans aucun “forçage” de l’augmentation du CO2 ou du soleil. Le changement est normal, naturel.

Ce qui n’est pas normal en revanche, c’est de blâmer chaque changement qui s’opère dans la nature et que nous n’aimons pas sur les activités humaines. C’est ce qui s’est passé au Moyen-Age lorsque les sorcières furent blâmées pour les tempêtes, les sécheresses et autres.

On aurait pu penser que nous ayons progressé au delà de cette mentalité.

= = =

Voir notre page « Escroquerie du réchauffement climatique anthropique »

Les deux manuels du climato-sceptique:

Manuel_du_sceptique_climatique_No1

Manuel du Sceptique II-V4

 

Résistance au colonialisme: Génocide et exploitation politico-économique… une affaire qui marche ! (Mohawk Nation News)

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“Deviens qui tu es.” (Friedrich Nietzsche)

 


Teiohateh: wampum deux rangées

 

Le monde des affaires indiennes est plus important que General Motors

 

Mohawk Nation News

 

24 juin 2019

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2019/06/24/indian-business-bigger-than-general-motors/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Pensez juste à l’existence des plus lucratives qu’a créée Onkwehonweh pour les envahisseurs illégaux (colons): films, livres, écoles, livres scolaires, doctorats, universités, commissions, affaires judiciaires, juges, les sociétés d’aide à l’enfance, avocats millionnaires se spécialisant dans les affaires indiennes, les magasins d’adoption, police, prisons, des millionnaires non-natifs ayant des casinos sur les réserves, des millions de bureaucrates, des enquêtes, etc, etc… Sans nous, les indigènes, il n’y aurait pas d’activité économique dans bien des régions du monde. Ils ont volé toutes les ressources naturelles de l’Île de la Grande Tortue. Ils ne sont en rien ici sous la direction de la Grande Loi de la Paix (Kaianerekowa).

Celle-ci nous a enseigné de retourner dans nos esprits et de révéler les belles et naturelles choses à notre sujet et de notre connexion avec le monde. C’est le bon et droit chemin que nous essayons de maintenir propre. Les immigrants (colons) menacent toujours notre existence avec leur prêche et leur peur de la mort.

Nous étions des peuples sains jusqu’à l’invasion coloniale de ces immigrants (chrétiens d’Europe) illégaux. Ils feront tout pour owistah, l’argent. Nous partageons ensemble ce que l’Île de la Grande Tortue nous offre. C’est ça le concept “d’un plat, une cuillère”. La récompense est la même pour les enfants naturels de la création/nature et pour toute vie sur l’Île de la Grande Tortue. Les premières nations indiennes qui aident les envahisseurs illégaux sont “génocidées”.

La musique est le message des vrais peuples du monde et de toute vie naturelle. Nous regardons toute vie et nous sommes puissants tous ensemble. Nous nous sentons bien lorsque la Nature nous entoure.

Les programmes de contrôle des esprits de l’entreprise coloniale qu’est le gouvernement du Canada tente de nous endoctriner pour que nous imitions les envahisseurs colons. Les immigrants sur cette terre continuent de piller et d’abuser notre terre-mère.

Les envahisseurs psychopathes n’éprouvent aucun remord. Ils savent ce qui est bon ou mauvais, mais ils choisissent d’être contrôlés par leur veulerie anti-naturelle. On a à faire à des “menteurs, des voleurs et des tricheurs”. Nous voulons la vérité et la liberté. L’esclavage est le génocide. Tous les onkwehonweh du monde sont les peuples naturels et endémiques. Les envahisseurs illégaux continuent de mentir sans cesse à notre sujet. Guidés par leur haine, ils fouillent nos cultures pour voir ce qu’ils pourraient voler ou détruire. Ils refusent d’informer le monde qu’en fait nous sommes la propriété de l’Île de la Grande Tortue, nous les peuples naturels ainsi que tout ce qui est dessus ou dessous. Leur propagande démente affirme qu’ils sont les “vainqueurs” et que nous sommes les “perdants”. Leur “conseil de guerre” qui siège au ministère des affaires indiennes complotent constamment contre nous et mesure les façons diverses de nous contrôler. Ils veulent toujours “réussir”, c’est à dire dans leur jargon, toujours faire plus de fric.

Nous sommes mandatés pour l’éternité à maintenir Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix et ce par quelque moyen nécessaire que ce soit. Ils doivent retourner chez eux. Nous n’avons absolument aucune confiance en ces envahisseurs. Nous serons qui nous sommes. Les immigrants illégaux ne peuvent pas être nous et ne le pourront jamais. Ils seront toujours des squatters sur cette terre. Ils veulent tout vendre, même les étoiles. Ils veulent aller exploiter l’espace après avoir exploité notre terre-mère.

La création nous fait. Les envahisseurs illégaux savent pertinemment que nous sommes partie intégrante de l’Île de la Grande Tortue et de ce monde naturel. Nous avons des devoirs envers notre mère et toute vie naturelle. Ils planifient constamment pour nous faire disparaître. Ils quitteront l’Île de la Grande Tortue et retourneront chez eux et nous continuerons de persévérer avec notre vie.

Nous, ainsi que toute vie, ne sommes que grosses commodités exploitées par les immigrants colons, qu’ils vendent et détruisent, commodités bien plus important que General Motors (GM). Ils viennent parmi nous, prennent l’expérience, puis ont de gros boulots à enseigner à notre sujet pour le reste de leurs vies.

Nous devons vivre le rôle naturel qui nous a été assigné. Nous avons le don de la vie naturelle et nous le donnons librement.

Trudeau s’est récemment exclamé dans un rapport sur les “femmes et jeunes-filles disparues et assassinées”: “Nous ne pouvons pas imaginer ce que vous avez enduré. C’est si horrible.” La tentative de génocide ne marchera pas. Comme toute chose naturelle, nous sommes une formidable puissance.

Les immigrants/colons/envahisseurs ont un manque total de respect pour notre mère.

= = =

Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

6ème_déclaration_forêt.lacandon

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

si-vous-avez-oublie-le-nom-des-nuages-vous-avez-oublie-votre-chemin

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

 

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: la survie de l’empire passe par Ormouz (Pepe Escobar)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 26 juin 2019 by Résistance 71

 

L’Iran opte pour une « contre-pression maximale »

 

Pepe Escobar

 

24 juin 2019

 

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11365

 

Tôt ou tard, la « pression maximale » des États-Unis sur l’Iran provoquera inévitablement une « contre-pression maximale ». On devine qu’il va y avoir des étincelles.

Ces derniers jours, les cercles du renseignement en Eurasie ont poussé Téhéran à envisager un scénario assez simple : il ne serait pas nécessaire de boucler le détroit d’Hormuz si le Commandant de la Force Qods, le général Qasem Soleimani, ultime Bête noire du Pentagone, expliquait en détail, sur les médias mondiaux, que Washington n’a tout simplement pas la capacité militaire de maintenir le détroit ouvert.

Comme je l’ai indiqué précédemment, la fermeture du détroit d’Hormuz détruirait l’économie américaine en faisant exploser les produits dérivés d’une valeur de 1,2 quadrillion de dollars, et cela entraînerait l’effondrement du système bancaire mondial, écrasant un PIB mondial de 80 billions de dollars et provoquant une dépression sans précédent.

Soleimani devrait également déclarer sans détour que l’Iran peut en fait fermer le détroit d’Hormuz si son pays est empêché d’exporter deux millions de barils de pétrole essentiels pour sa survie par jour, principalement vers l’Asie. Ces exportations, qui avant les sanctions illégales des États-Unis et le blocus de facto atteignaient normalement 2,5 millions de barils par jour, pourraient maintenant être ramenées à seulement 400.000.

Ainsi l’intervention de Soleimani s’alignerait de manière cohérente sur les signes qui proviennent déjà du CGRI : le Golfe persique est décrit comme une « galerie de tir » imminente, le Brigadier-général Hossein Salami a souligné que les missiles balistiques de l’Iran sont capables de frapper les « vecteurs maritimes » avec une précision chirurgicale, toute la frontière nord du Golfe persique, en territoire iranien, est hérissée de missiles terre-mer, comme je l’ai confirmé par des sources liées au CGRI.

On vous préviendra quand ce sera fini

Alors, c’est ce qui est arrivé.

Le président des Chefs d’état-major des Forces armées iraniennes, le Major-général Mohammad Bageri, est allé droit au but : «  Si la République islamique d’Iran était déterminée à empêcher l’exportation de pétrole du Golfe persique, cette détermination serait pleinement réalisée et annoncée publiquement, compte tenu de la puissance du pays et de ses forces armées. »

Les faits sont têtus : Téhéran n’acceptera tout simplement pas une guerre économique absolue qui l’empêcherait d’exporter le pétrole assurant sa survie économique. La question du détroit d’Hormuz a été abordée officiellement passons à celle des dérivés.

La présentation d’une analyse détaillée des produits dérivés assortie d’une analyse militaire aux médias mondiaux forcerait les médias, surtout occidentaux, à aller voir Warren Buffett pour vérifier si ce point est vrai. Or, il est vrai. Suivant ce scénario, Soleimani pourrait en dire autant et recommander aux médias d’aller consulter Warren Buffett.

L’ampleur d’une possible crise des dérivés est un thème absolument tabou pour les institutions de consensus de Washington. Mais selon l’une de mes sources bancaires américaines, le chiffre le plus précis, 1,2 quadrillion de dollars, provient d’un banquier suisse de manière officieuse. Il devrait être au courant : la Banque des règlements internationaux (BRI) – la banque centrale des banques centrales – se trouve à Bâle.

L’important, c’est que peu importe la manière dont le détroit d’Hormuz serait bloqué.

Il pourrait s’agir d’une attaque sous faux drapeau, ou encore parce que le gouvernement iranien pense qu’il va être attaqué et coule alors un ou deux navires. Ce qui compte, c’est le résultat final : tout blocage des sources d’énergie aura pour conséquence que le prix du pétrole atteindra 200 dollars le baril, 500 ou même, selon certaines projections de Goldman Sachs, 1.000 dollars.

Une autre source bancaire américaine explique : «  La clé de l’analyse est ce qu’on appelle le notionnel. Ils sont tellement à court d’argent qu’on dit qu’ils ne veulent rien dire. Mais en cas de crise le notionnel peut devenir réel. Par exemple, si j’achète un appel pour un million de barils de pétrole à 300 dollars le baril, mon coût ne sera pas très élevé car on pense qu’il est inconcevable que le prix monte aussi haut. C’est ça le notionnel. Mais si le détroit est fermé, cela peut devenir un chiffre formidable. »

Officiellement, la BRI s’engage seulement sur le montant notionnel total en suspens pour les contrats portant sur des instruments dérivés qu’elle évalue à 542,4 billions de dollars, mais ce n’est qu’une estimation.

La source bancaire ajoute : «  Même ici, c’est le notionnel qui a un sens. Les montants énormes sont des dérivés de taux d’intérêt. La plupart sont théoriques, mais si le pétrole atteint 1.000 dollars le baril, cela aura une incidence sur les taux d’intérêt dans la mesure où 45% du PIB mondial est lié au pétrole. C’est ce qu’on appelle en affaires le passif éventuel. »

Goldman Sachs a conçu l’hypothèse très possible d’un baril à 1.000 dollars, quelques semaines après la fermeture du détroit d’Hormuz. Ce chiffre, multiplié par 100 millions de barils de pétrole produits par jour, nous mène à 45% d’un PIB mondial de 80 billions de dollars. Il est donc évident que l’économie mondiale s’effondrerait sur cette base.

Des chiens de guerre aboyant à mort

Jusqu’à 30% de l’approvisionnement mondial en pétrole transite par le Golfe persique et le détroit d’Hormuz. Les sagaces négociants du Golfe (les mieux informés) sont presque unanimes : si Téhéran avait vraiment été responsable de l’incident du pétrolier dans le golfe d’Oman, les prix du pétrole seraient déjà montés en flèche. Ce n’est pas le cas.

Les eaux territoriales de l’Iran dans le détroit d’Hormuz vont jusqu’à 12 milles marins (22 km). Depuis 1959, l’Iran ne reconnaît que le transit naval non militaire.

Depuis 1972, les eaux territoriales d’Oman dans le détroit d’Hormuz s’élèvent également à 12 milles marins. À son point le plus étroit, la largeur du détroit est de 21 milles marins (39 km). Cela signifie, de façon cruciale, que la moitié du détroit d’Hormuz se trouve dans les eaux territoriales iraniennes, et l’autre moitié dans celles d’Oman. Il n’y a donc pas d’« eaux internationales ».

Et cela s’ajoute au fait que Téhéran affirme maintenant ouvertement que l’Iran pourrait décider de fermer officiellement le détroit d’Hormuz, et non à la dérobée.

La réponse indirecte et asymétrique de l’Iran à toute aventure américaine sera très douloureuse. Le professeur Mohammad Marandi, de l’Université de Téhéran, a une fois de plus confirmé que « même une frappe limitée fera l’objet d’une réponse majeure et disproportionnée ». Sans gants et sans poésie excessive, cela inclut tout ce qui va de la destruction de pétroliers à, pour reprendre les mots de Marandi, « des installations pétrolières saoudiennes et émiraties en flammes ».

A son tour, le Hezbollah lancera des dizaines de milliers de missiles contre Israël. Car, comme le secrétaire général du Hezbollah, Hasan Nasrallah, l’a souligné dans ses discours, « la guerre contre l’Iran ne restera pas cantonnée aux frontières du pays, elle mettra plutôt le feu à toute la région [du Moyen-Orient]. Toutes les forces et tous les intérêts américains dans la région seront anéantis, et avec eux les conspirateurs, d’abord Israël et la famille saoudienne au pouvoir. »

Il est très instructif de prêter une attention particulière à ce que cet Israélien nous dit :

Pourtant les chiens de guerre aboient à mort.

Plus tôt cette semaine, le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, s’est rendu au CENTCOM à Tampa pour discuter des « questions de sécurité régionale et des opérations en cours » avec des généraux (pas très convaincus), un euphémisme pour parler de « pression maximale » qui finira par mener à la guerre contre l’Iran.

La diplomatie iranienne, discrètement, a déjà informé l’UE et les Suisses de leur capacité à écraser l’économie mondiale entière. Mais cela n’a pas suffi à lever les sanctions américaines.

Géopolitique, impérialisme et islam politique: les Frères Musulmans, la CIA, le MI6, Mossad et tutti quanti (Thierry Meyssan)

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Excellente enquête de Thierry Meyssan sur cette fabrication et manipulation de la « confrérie des frères musulmans » et du soi-disant « islam politique » inféodé à l’impérialisme occidental post-première guerre mondiale pour maintenir le statu quo oligarchique en place.
Pour mieux comprendre les turpitudes et les salades officielles qu’on nous fait ingurgiter de (moins en moins) force.

~ Résistance 71 ~

 

Les Frères Musulmans en tant qu’assassins

 

Thierry Meyssan

 

21 juin 2019

 

url de l’article original:

https://www.voltairenet.org/article206724.html

 

Nous poursuivons la publication du livre de Thierry Meyssan, « Sous nos yeux ». Dans cet épisode, il décrit la création d’une société secrète égyptienne, les Frères musulmans, puis sa réactivation après la Seconde Guerre mondiale par les services secrets britanniques. Enfin, l’utilisation de ce groupe par le MI6 pour procéder à des assassinats politiques dans cette ancienne colonie de la Couronne.

Les «  Printemps arabes  », vécus par les Frères musulmans

En 1951, les services secrets anglo-saxons constituèrent, à partir de l’ancienne organisation homonyme, une société secrète politique  : les Frères musulmans. Ils l’utilisèrent successivement pour assassiner des personnalités qui leur résistaient, puis à partir de 1979 comme mercenaires contre les Soviétiques. Au début des années 1990, ils les incorporèrent à l’Otan et dans les années 2010 tentèrent de les porter au pouvoir dans les pays arabes. En définitive, les Frères musulmans et l’Ordre soufi des Naqchbandis furent financés à hauteur de 80 milliards de dollars annuels par la famille régnante saoudienne, ce qui en fait une des armées les plus importantes au monde. La totalité des leaders jihadistes, y compris ceux de Daesh, appartient à ce dispositif militaire.

1— Les Frères musulmans égyptiens

Quatre empires disparaissent durant la Première Guerre mondiale  : le Reich germanique, l’Empire austro-hongrois, la Sainte Russie tsariste, et la Sublime Porte ottomane. Les vainqueurs manquent totalement de mesure en imposant leurs conditions aux vaincus. Ainsi, en Europe, le Traité de Versailles détermine des conditions inacceptables pour l’Allemagne qu’il rend seule responsable du conflit. En Orient, le dépeçage du Califat ottoman se passe mal  : à la conférence de San Remo (1920), conformément aux accords secrets Sykes-Picot-Sazonov (1916), le Royaume-Uni est autorisé à constituer un foyer juif en Palestine, tandis que la France peut coloniser la Syrie (qui incluait à l’époque le Liban actuel). Cependant, dans ce qui reste de l’Empire ottoman, Mustafa Kemal se révolte à la fois contre le Sultan qui a perdu la guerre et contre les Occidentaux qui s’emparent de son pays. À la conférence de Sèvres (1920), on découpe le Califat en petits bouts pour créer toutes sortes de nouveaux États, dont le Kurdistan. La population turco-mongole de Thrace et d’Anatolie se soulève et porte Kémal au pouvoir. En définitive, la conférence de Lausanne (1923) trace les frontières actuelles, renonce au Kurdistan et organise de gigantesques transferts de population qui font plus d’un demi-million de morts.

Mais, de même qu’en Allemagne Adolf Hitler contestera le sort de son pays, au Proche-Orient, un homme se lève contre le nouveau partage de la région. Un instituteur égyptien fonde un mouvement pour rétablir le Califat que les Occidentaux ont vaincu. Cet homme, c’est Hassan el-Banna et cette organisation, ce sont les Frères musulmans (1928).

Le Calife, c’est en principe le successeur du Prophète auquel tous doivent obéissance  ; un titre de fait très convoité. Plusieurs grandes lignées de califes se sont succédées  : les Omeyyades, les Abbassides, les Fatimides et les Ottomans. Le prochain Calife devrait être celui qui s’emparera du titre, en l’occurrence le «  Guide général  » de la Confrérie qui se verrait bien en maître du monde musulman.

La société secrète se développe très rapidement. Elle entend œuvrer de l’intérieur du système pour rétablir les institutions islamiques. Les postulants doivent jurer fidélité au fondateur sur le Coran et sur un sabre, ou sur un revolver. Le but de la Confrérie est exclusivement politique, même si elle l’exprime en termes religieux. Jamais Hassan el-Banna ni ses successeurs ne parleront de l’islam comme d’une religion ou n’évoqueront une spiritualité musulmane. Pour eux, l’islam est uniquement un dogme, une soumission à Dieu et un moyen d’exercer le Pouvoir. Évidemment, les Égyptiens qui soutiennent la Confrérie ne la perçoivent pas ainsi. Ils la suivent parce qu’elle prétend suivre Dieu.

Pour Hassan el-Banna, la légitimité d’un gouvernement ne se mesure pas à sa représentativité comme on évalue celle des gouvernements occidentaux, mais à sa capacité à défendre le «  mode de vie islamique  », c’est-à-dire celui de l’Égypte ottomane du XIXe siècle. Jamais les Frères n’envisageront que l’islam ait une Histoire et que les modes de vie musulmans varient considérablement selon les régions et les époques. Jamais ils n’envisageront non plus que le Prophète a révolutionné la société bédouine et que le mode de vie décrit dans le Coran n’est qu’une étape fixée pour ces hommes. Pour eux, les règles pénales du Coran – la charia – ne correspondent donc pas à une situation donnée, mais fixent les lois immuables sur lesquelles le Pouvoir peut s’appuyer.

Le fait que la religion musulmane se soit souvent diffusée par l’épée justifie pour la Confrérie l’usage de la force. Jamais, les Frères ne reconnaitront que l’islam ait pu se propager aussi par l’exemple. Cela n’empêche pas Al-Banna et ses Frères de se présenter aux élections — et de perdre. S’ils condamnent les partis politiques, ce n’est pas par opposition au multipartisme, mais parce qu’en séparant la religion du politique, ils seraient tombés dans la corruption.

La doctrine des Frères musulmans, c’est l’idéologie de l’«  islam politique  », en français on dit de l’«  islamisme  »  ; un mot qui va faire fureur.

En 1936, Hassan el-Banna, écrit au Premier ministre Mustafa el-Nahhas Pacha. Il exige  : 

  • «  une réforme de la législation et l’union de tous les tribunaux sous la charia  ; 
  • le recrutement au sein des armées en instituant un volontariat sous la bannière du jihad  ; 
  • la connexion des pays musulmans et la préparation de la restauration du Califat, en application de l’unité exigée par l’islam.  »

Durant la Seconde Guerre mondiale, la Confrérie se déclare neutre. En réalité, elle se transforme en un service de Renseignement du Reich. Mais à partir de l’entrée en guerre des États-Unis, lorsque le sort des armes semble s’inverser, elle joue double jeu et se fait financer par les Britanniques pour leur livrer des informations sur son premier employeur. Ce faisant, la Confrérie manifeste son absence totale de principe et son pur opportunisme politique.

Le 24 février 1945, les Frères tentent leur chance et assassinent en pleine séance parlementaire le Premier ministre égyptien. Il s’en suit une escalade de la violence  : une répression contre eux et une série d’assassinats politiques, allant jusqu’à celui du nouveau Premier ministre, le 28 décembre 1948, et en rétorsion d’Hassan el-Banna lui-même, le 12 février 1949. Peu de temps après, un tribunal institué par la loi martiale condamne la plupart des Frères à une peine de détention et dissout leur association.

Cette organisation secrète n’était au fond qu’une bande d’assassins qui ambitionnaient de s’emparer du pouvoir en masquant sa convoitise derrière le Coran. Son histoire aurait dû s’arrêter là. Il n’en fut rien.

2— La Confrérie refondée par les Anglo-Saxons 

et la paix séparée avec Israël

La capacité de la Confrérie à mobiliser des gens et à les transformer en assassins ne peut qu’intriguer les Grandes puissances.

Deux ans et demi après sa dissolution, une nouvelle organisation est formée par les Anglo-Saxons en réutilisant le nom de «  Frères musulmans  ». Profitant de l’incarcération des dirigeants historiques, l’ancien juge Hassan Al-Hodeibi en est élu Guide général. Contrairement à une idée souvent admise, il n’y aucune continuité historique entre l’ancienne et la nouvelle confrérie. Il s’avère qu’une unité de l’ancienne société secrète, l’«  Appareil secret  », avait été chargée par Hassan el-Banna de perpétrer les attentats dont il niait la paternité. Cette organisation dans l’organisation était si secrète qu’elle n’a pas été touchée par la dissolution de la Confrérie et se tient désormais à la disposition de son successeur. Le Guide décide de la désavouer et déclare ne vouloir atteindre ses objectifs que de manière pacifique. Il est difficile d’établir ce qui s’est exactement passé à ce moment-là entre les Anglo-Saxons qui voulaient recréer l’ancienne société et le Guide qui croyait juste récupérer son audience dans les masses. En tous cas, l’«  Appareil secret  » a perduré et l’autorité du Guide s’est effacée au profit de celle d’autres responsables de la Confrérie ouvrant une véritable guerre interne. La CIA introduisit à leur direction le franc-maçon Sayyid Qutb [1], le théoricien du jihad, que le Guide condamna avant de conclure un accord avec le MI6.

Il est impossible de préciser les rapports de subordination interne des uns et des autres, d’une part parce que chaque branche étrangère a sa propre autonomie et d’autre part parce que les unités secrètes au sein de l’organisation ne dépendent plus nécessairement ni du Guide général, ni du Guide local, mais parfois directement de la CIA et du MI6.

Durant la période suivant la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques essayent d’organiser le monde de manière à le tenir hors de portée des Soviétiques. En septembre 1946, à Zurich, Winston Churchill lance l’idée des États-Unis d’Europe. Sur le même principe, il lance la Ligue arabe. Dans les deux cas, il s’agit de faire l’unité d’une région sans la Russie. Dès le début de la Guerre froide, les États-Unis d’Amérique, de leur côté, créent des associations chargées d’accompagner ce mouvement à leur profit, l’American Committee on United Europe et les American Friends of the Middle East [2]. Dans le monde arabe, la CIA organise deux coups d’État, d’abord en faveur du général Hosni Zaim à Damas (mars 1949), puis avec les Officiers libres au Caire (juillet 1952). Il s’agit de soutenir des nationalistes que l’on suppose hostiles aux communistes. C’est dans cet état d’esprit que Washington amène en Égypte le général SS Otto Skorzeny et en Iran le général nazi Fazlollah Zahédi, accompagnés de centaines d’anciens responsables de la Gestapo pour diriger la lutte anticommuniste. Skorzeny a malheureusement modelé la police égyptienne dans une tradition de violence. En 1963, il choisira la CIA et le Mossad contre Nasser. Zahédi quant à lui créera la SAVAK, la plus cruelle police politique de l’époque.

Si Hassan el-Banna avait fixé l’objectif — prendre le pouvoir en manipulant la religion —, Qutb définit le moyen  : le jihad. Une fois que les adeptes ont admis la supériorité du Coran, on peut s’appuyer sur lui pour les organiser en armée et les envoyer au combat. Qutb développe une théorie manichéenne distinguant ce qui est islamiste et ce qui est «  ténébreux  ». Pour la CIA et le MI6, ce bourrage de crâne permet d’utiliser les adeptes pour contrôler les gouvernements nationalistes arabes, puis pour déstabiliser les régions musulmanes de l’Union soviétique. La Confrérie devient un inépuisable réservoir de terroristes sous le slogan  : «  Allah est notre but. Le Prophète est notre chef. Le Coran est notre loi. Le jihad est notre voie. Le martyre, notre vœu  ».

La pensée de Qutb est rationnelle, mais pas raisonnable. Il déploie une rhétorique invariable Allah/Prophète/Coran/Jihad/Martyre qui ne laisse à aucun moment de possibilité de discussion. Il pose la supériorité de sa logique sur la raison humaine.

La CIA organise un colloque à l’Université de Princeton sur «  La situation des musulmans en Union soviétique  ». C’est l’occasion de recevoir aux États-Unis une délégation des Frères musulmans conduite par un des chefs de sa branche armée, Saïd Ramadan*. Dans son rapport, l’officier de la CIA chargé du suivi note que Ramadan n’est pas un extrémiste religieux, mais plutôt un fasciste  ; une manière de souligner le caractère exclusivement politique des Frères musulmans. Le colloque se conclut par une réception à la Maison-Blanche par le Président Eisenhower, le 23 septembre 1953. L’alliance entre Washington et le jihadisme est conclue.

(*) Note de R71: Saïd Ramadan est le père de Tariq Ramadan…

La CIA, qui avait recréé la Confrérie contre les communistes, l’a d’abord utilisée pour aider les nationalistes. À cette époque l’Agence était représentée au Moyen-Orient par des antisionistes, issus des classes moyennes. Ils furent rapidement évincés au profit de hauts fonctionnaires d’origine anglo-saxonne et puritaine, sortis des grandes universités et favorables à Israël. Washington entra en conflit avec les nationalistes et la CIA retourna la Confrérie contre eux.

Saïd Ramadan avait commandé quelques combattants de la Confrérie durant la brève guerre contre Israël en 1948, puis aidé Sayyid Abul Ala Maududi a créer au Pakistan l’organisation paramilitaire de la Jamaat-i-Islami. Il s’agissait alors de fabriquer une identité islamique pour les Indiens musulmans afin qu’ils constituent un nouvel État, le Pakistan. La Jamaat-i-Islami rédigera d’ailleurs la constitution pakistanaise. Ramadan épouse la fille d’Hassan Al-Banna et devient le chef de la branche armée des nouveaux «  Frères musulmans  ».

Alors qu’en Égypte, les Frères ont participé au coup d’État des Officiers libres du général Mohammed Naguib — Sayyid Qutb était leur agent de liaison —, ils sont chargés d’éliminer un de leurs leaders, Gamal Abdel Nasser, qui est entré en conflit avec Naguib. Non seulement ils échouent, le 26 octobre 1954, mais Nasser prend le pouvoir, réprime la Confrérie et assigne Naguib à résidence. Sayyid Qutb sera pendu quelques années plus tard.

Interdits en Égypte, les Frères se replient dans les États wahhabites (Arabie saoudite, Qatar et Émirat de Charjah) et en Europe (Allemagne, France et Royaume-Uni, plus en Suisse neutre). Chaque fois, ils sont reçus comme des agents occidentaux luttant contre l’alliance naissante entre les nationalistes arabes et l’Union soviétique. Saïd Ramadan reçoit un passeport diplomatique jordanien et s’installe à Genève, en 1958, d’où il dirige la déstabilisation du Caucase et de l’Asie centrale (à la fois Pakistan / Afghanistan et vallée soviétique de Ferghana). Il prend le contrôle de la Commission pour la construction d’une mosquée à Munich, ce qui lui permet de superviser presque tous les musulmans d’Europe occidentale. Avec l’aide de l’American Committee for the Liberation of the Peoples of Russia (AmComLib), c’est-à-dire de la CIA, il dispose de Radio Liberty /Radio Free Europe, une station directement financée par le Congrès états-unien pour diffuser la pensée de la Confrérie [3].

Après la crise du Canal de Suez et le spectaculaire retournement de Nasser du côté soviétique, Washington décide de soutenir sans limites les Frères musulmans contre les nationalistes arabes. Un haut cadre de la CIA, Miles Copeland, est chargé — en vain — de sélectionner dans la Confrérie une personnalité qui puisse jouer dans le monde arabe un rôle équivalent à celui du pasteur Billy Graham aux États-Unis. Il faudra attendre les années 1980 pour trouver un prêcheur de cette envergure, l’Égyptien Youssef Al-Qaradâwî.

En 1961, la Confrérie établit une connexion avec une autre société secrète, l’Ordre des Naqchbandis. Il s’agit d’une sorte de franc-maçonnerie musulmane mêlant initiation soufie et politique. L’un de ses théoriciens indiens, Abou Al-Hasan Ali Al-Nadwi, publie un article dans la revue des Frères. L’Ordre est ancien et présent dans de nombreux pays. En Irak, le grand maître n’est autre que le futur vice-président Ezzat Ibrahim Al-Douri. Il soutiendra la tentative de coup d’État des Frères en Syrie, en 1982, puis la «  campagne de retour à la Foi  » organisée par le Président Saddam Hussein pour redonner une identité à son pays après l’instauration de la zone de non-survol par les Occidentaux. En Turquie, l’Ordre jouera un rôle plus complexe. Il comprendra comme responsables aussi bien Fethullah Güllen (fondateur de l’Hizmet), que le président Turgut Özal (1989-93) et que le Premier ministre Necmettin Erbakan (1996-97), responsable du Parti de la Justice (1961) et de la Millî Görüs (1969). En Afghanistan, l’ancien président Sibghatullah Mojaddedi (1992) en fut le grand maître. En Russie, avec l’aide de l’Empire ottoman, l’Ordre avait soulevé la Crimée, l’Ouzbékistan, la Tchétchénie et le Daghestan, au XIXe siècle contre le Tsar. Jusqu’à la chute de l’URSS, on sera sans nouvelle de cette branche  ; de même dans le Xinjiang chinois. La proximité des Frères et des Naqchbandis est très rarement étudiée compte tenu de l’opposition de principe des islamistes à la mystique et aux ordres soufis en général.

En 1962, la CIA encourage l’Arabie saoudite à créer la Ligue islamique mondiale et à financer la Confrérie et l’Ordre contre les nationalistes et les communistes [4]. Cette structure est d’abord financée par l’Aramco (Arabian-American Oil Company)*. Parmi la vingtaine de ses membres fondateurs, on compte trois théoriciens islamistes dont nous avons déjà parlé  : l’Égyptien Saïd Ramadan, le Pakistanais Sayyid Abul Ala Maududi et l’Indien Abou Al-Hasan Ali Al-Nadwi.

(*) Note de R71: Si ARAMCO est officiellement sous contrôle du gouvernement saoudien, ses actionnaires principaux sont Exxon-Mobil (Rockefeller), Royal Dutch Shell (Rothschild), BP-Amoco. Rien ne se fait sans l’aval de la grande puissance financière. La famille Al Saoud n’existe que par ses commanditaires d’origine… Le wahhabisme est le serviteur garde-chiourme du statu quo oligarchique pétrolier et financier.

De facto l’Arabie, qui dispose soudainement d’énormes liquidités grâce au commerce de pétrole, devient le parrain des Frères dans le monde. Sur place, la monarchie leur confie le système d’enseignement scolaire et universitaire, dans un pays où presque personne ne sait lire et écrire. Les Frères doivent s’adapter à leurs hôtes. En effet, leur allégeance au roi les empêche de prêter fidélité au Guide général. Quoi qu’il en soit, ils s’organisent autour de Mohamed Qutb, le frère de Sayyid, en deux tendances  : les Frères saoudiens d’un côté et les «  sourouristes  » de l’autre. Ces derniers, qui sont Saoudiens, tentent une synthèse entre l’idéologie politique de la Confrérie et la théologie wahhabite. Cette secte, dont la famille royale est membre, porte une interprétation de l’islam issue de la pensée bédouine, iconoclaste et antihistorique. Jusqu’à ce que Riyad dispose de pétrodollars, elle jetait l’anathème sur les écoles musulmanes traditionnelles qui, en retour, la considérait comme hérétique.

En réalité, la politique des Frères et la religion wahhabite n’ont rien en commun, mais elles sont compatibles. Sauf que le pacte qui lie la famille des Séoud aux prédicateurs wahhabites ne peut exister avec la Confrérie  : l’idée d’une monarchie de droit divin se heurte à l’appétit de pouvoir des Frères. Il est donc convenu que les Séoud soutiendront les Frères partout dans le monde, à la condition qu’ils s’abstiennent d’entrer en politique en Arabie.

Le soutien des wahhabites saoudiens aux Frères provoque une rivalité supplémentaire entre l’Arabie et les deux autres États wahhabites que sont le Qatar et l’Émirat de Charjah.

De 1962 à 1970, les Frères musulmans participent à la guerre civile du Yémen du Nord et tentent de rétablir la monarchie aux côtés de l’Arabie saoudite et du Royaume-Uni, contre les nationalistes arabes, l’Égypte et l’URSS  ; un conflit qui préfigure ce qui va suivre durant un demi-siècle.

En 1970, Gamal Abdel Nasser parvient à trouver un accord entre les factions palestiniennes et le roi Hussein de Jordanie qui met fin au «  septembre noir  ». Le soir du sommet de la Ligue arabe qui entérine l’accord, il meurt, officiellement d’une crise cardiaque, beaucoup plus probablement assassiné. Nasser avait trois vice-présidents, un de gauche — extrêmement populaire —, un centriste — fort connu —, et un conservateur choisi à la demande des États-Unis et de l’Arabie saoudite  : Anouar el-Sadate. Subissant des pressions, le vice-président de gauche se déclare indigne de la fonction. Le vice-président centriste préfère abandonner la politique. Sadate est désigné comme candidat des Nassériens. C’est le drame de nombreux pays  : le président choisit un vice-président parmi ses rivaux de manière à élargir sa base électorale, mais celui-ci le remplace lorsqu’il meurt et anéantit son héritage.

Sadate, qui avait servi le Reich durant la Seconde Guerre mondiale et professe une grande admiration pour le Führer, est un militaire ultra conservateur qui servait d’alter ego à Sayyid Qutb comme agent de liaison entre la Confrérie et les Officiers libres. Dès son accession au pouvoir, il libère les Frères emprisonnés par Nasser. Le «  Président croyant  » est l’allié de la Confrérie pour ce qui concerne l’islamisation de la société (la «  révolution de rectification  »), mais son rival lorsqu’il en tire un profit politique. Cette relation ambigüe est illustrée par la création de trois groupes armés, qui ne sont pas des scissions de la Confrérie mais des unités extérieures lui obéissant  : le Parti de la libération islamique, le Jihad islamique (du cheikh Omar Abdul Rahman), et Excommunication et immigration (le «  Takfir  »). Tous déclarent appliquer les instructions de Sayyid Qutb. Armé par les services secrets, le Jihad islamique lance des attaques contre les chrétiens coptes. Loin d’apaiser la situation, le «  Président croyant  » accuse les coptes de sédition et emprisonne leur pape et huit de leurs évêques. En définitive, Sadate intervient dans la conduite de la Confrérie et prend position pour le Jihad islamique contre le Guide général, qu’il fait arrêter [5].

Sur instruction du secrétaire d’État US, Henry Kissinger, il convainc la Syrie de se joindre à l’Égypte pour attaquer Israël et restaurer les droits des Palestiniens. Le 6 octobre 1973, les deux armées prennent Israël en tenaille pendant la fête de Yom Kippour. L’armée égyptienne traverse le canal de Suez tandis que la syrienne attaque depuis le plateau du Golan. Cependant, Sadate ne déploie que partiellement sa couverture antiaérienne et arrête son armée à 15 kilomètres à l’est du canal, tandis que les Israéliens se ruent sur les Syriens qui se trouvent piégés et hurlent au complot. Ce n’est qu’une fois les réservistes israéliens mobilisés et l’armée syrienne encerclée par les troupes d’Ariel Sharon, que Sadate ordonne à son armée de reprendre sa progression, puis de la stopper pour négocier un cessez-le-feu. Observant la trahison égyptienne, les Soviétiques qui ont été déjà perdu un allié avec la mort de Nasser, menacent les États-Unis et exigent un arrêt immédiat des combats.

Quatre ans plus tard — poursuivant le plan de la CIA — le Président Sadate se rend à Jérusalem et décide de signer une paix séparée avec Israël au détriment des Palestiniens. Désormais, l’alliance entre les Frères et Israël est scellée. Tous les Peuples arabes conspuent cette trahison et l’Égypte est exclue de la Ligue arabe, dont le siège est déplacé à Alger.

Washington décide de tourner la page, en 1981. Le Jihad islamique est chargé de liquider Sadate, désormais inutile. Il est assassiné lors d’une parade militaire, alors que le Parlement s’apprêtait à le proclamer «  Sixième Calife  ». Dans la tribune officielle 7 personnes sont tuées et 28 blessées, mais, assis à côté du président, son vice-président le général Moubarak en réchappe. Opportunément il était la seule personne de la tribune officielle à porter un gilet pare-balles. Il succède au «  président croyant  » et la Ligue arabe peut être rapatriée au Caire.

[1] « Sayyid Qutb était franc-maçon », Réseau Voltaire, 28 mai 2018.

[2] America’s Great Game : The CIA’s Secret Arabists and the Shaping of the Modern Middle East, Hugh Wilford, Basic Books (2013).

[3] A Mosque in Munich : Nazis, the CIA, and the Rise of the Muslim Brotherhood in the West, Ian Johnson, Houghton Mifflin Harcourt (2010). Version française : Une Mosquée à Munich : les nazis, la CIA et la montée des Frères musulmans en Occident, Jean-Claude Lattès (2011).

[4] Dr. Saoud et Mr. Djihad. La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite, Pierre Conesa, préface d’Hubert Védrine, Robert Laffont (2016).

[5] Histoire secrète des Frères musulmans, Chérif Amir, préface d’Alain Chouet, Ellipses (2015).

La famille Rothschild et le vampirisme capitaliste (VT)

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Les Sud-Africains disent que les Rothschild vampirisent l’économie du pays

 

Jonas E. Alexis

 

20 juin 2019

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2019/06/20/south-africans-rothschilds-is-sucking-the-countrys-economy/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les syndicats sud-africains ont accusé les Rothschild de capturer les “entreprises publiques” et d’interférer en leur sein ne suivant que “des objectifs veules et égoïstes”.

 De Russia Today:

La déclaration reconnaît que la richissime famille tente de faire s’effondrer la compagnie aérienne d’état South African Airways (SAA) afin que celle-ci soit privatisée… Les syndicats sud-africains disent que les Rothschild utilisent un lien qu’ils ont avec un des membres du comité directeur de SAA, Mark Kingston, qui est aussi l’ex CEO de Rothschild and Co. en Afrique du sud.

Les syndicats veulent le retrait de plusieurs membres du comité directeur de SAA dont Kingston, ainsi qu’un autre membre du comité qui lui porte le nom de la famille: l’ancien patron de la bourse de Johannesbourg, Geoff Rothschild.”[1]

Est-ce une surprise ? Pas vraiment. Ouvrez simplement un livre d’histoire non biaisé et bien documenté et vous y trouverez les crimes et l’attitude dérangée de la famille Rothschild.

La domination des Rothschild et leur pouvoir gagnés par des moyens secrets furent même admis par l’historien Gustavus Myers qui a écrit dans son “L’histoire des grandes fortunes américaines” que: “sous la surface, les Rothschild avaient un énorme pouvoir pour dicter les lois financières des Etats-Unis. Les archives légales montrent qu’ils furent le pouvoir derrière la vieille Bank of the United States.”[2]

S.C Mooney écrit que “la famille Rothschild ressort de l’histoire comme le meilleur exemple de la manipulation du pouvoir banquier international… Au moyen de l’usure sur une échelle internationale, elle fut capable de générer et de maintenir une fortune considérable qu’elle transforma en pouvoir de manipulation du monde des affaires en fonction de ses désirs et lubies.” [3] Les Rothschild ont financé des guerres en Angleterre et en Amérique, collectant d’énormes profits et d’énormes intérêts sur leurs prêts aux différentes parties.

Au milieu du XIXème siècle, la Banque d’Angleterre  était dominée de manière importante par la famille Rothschild. Comme l’a écrit l’auteur juif autrichien Frederic Morton, dès le milieu du XIXème siècle “les Rothschild étaient maintenant les banquiers des empires et des continents, de tous les principaux pays européens, de la Russie eurasienne, des Amériques, des Indes… De Paris à Vienne en passant par Francfort et Naples, les branches sœurs titanesques étaient juste tout aussi occupées.”[4]

L’historienne juive Esther Benbassa voit la chose de manière similaire.[5] Elle dit que “les Rothschild étaient des francs-maçons du rite écossais”[6] mais Benbassa voyait la franc-maçonnerie comme une organisation religieuse noble et tolérante qui avait bien accueilli les juifs.[7]

L’historien philosémite Niall Ferguson a déclaré que Nathan Rothschild “fut capable de devenir le principal conducteur de l’argent entre le gouvernement britannique et les champs de bataille européens sur lesquels l’avenir de l’Europe se décida en 1814 et 1815.”[8] Nathan, d’après Ferguson, “devint le maître de marché des obligations” et le “maître de la politique européenne pendant les guerres napoléoniennes”[9]

Au XIXème siècle, Nathan a établi “la plus grande banque au monde.”[19] Un magazine américain se plaignait dans les années 1830 que “il n’y a pas une décision ministérielle prise sans l’avis des Rothschild. Ils étendent leur emprise avec la même facilité de St Petersbourg à Vienne, de Vienne à Paris, de Paris à Londres et de Londres à Washington.”[11]

Les Rothschild, en coopération avec la Fondation Rockefeller furent derrière “la politique de monnaie de singe et d’inflation du début du New Deal de Roosevelt.”[12] En 2012, les Rothschild tentèrent de nouveau de fusionner les opérations françaises et britanniques afin de prendre encore plus de contrôle. (NdT: n’oublions jamais que le président français actuel Emmanuel Macron est un pur produit et marionnette de la banque Rothschild mis au pouvoir pour parachever certains objectifs destructeurs qui sont… en marche… mais ralentis par les Gilets Jaunes, Aouh Aouh !)

David Rothschild a déclaré que le nouveau système “serait plus propice aux nouveaux requis de la mondialisation en général et dans notre environnement concurrentiel en particulier, tout en assurant à ma famille le contrôle sur le très long terme.”[13])

Bien entendu, Ferguson n’attribue pas le pouvoir économique des Rothschild à l’usure ou à la manipulation économique ni même au vol mais à “une très bonne étoile”[14] quelque de très peu rationnel.

Il y eut d’autres voix néanmoins qui pensèrent que les Rothschild n’étaient pas si blancs que neige. En 1828, Thomas Dunscombe déclarait:

“Maître d’une fortune sans limite, Nathan affirme qu’il est l’arbitre de la guerre et de la paix et que le crédit des nations dépend de son bon vouloir ; sa correspondance est inccommensurable, ses messagers sont partout et se déplacent plus vite que ceux des princes et les ministres d’état sont ses salariés.”[15]

Henry Clews, le financier américain qui a écrit “28 ans à Wall Street” en 1888 a dit que les Rothschild faisaient une véritable fortune en Amérique au travers du banquier allemand August Schonberg, qui a changé son nom en Belmont lorsqu’il vint aux Etats-Unis.[16]

Clews déclare que par son “avarice” et sa “frugalité”, Nathan Rothschild en particulier était capable de “manipuler les marchés.”[17]

Carroll Quigley a affirmé que les Rothschild, parmi d’autres banquiers, trompaient secrètement les gouvernements et les gens ; il dit que Mirabaud et les Rothschild devinrent le système financier prédominant entre 1871 et 1900. L’économiste britannique J.A.Hobson a déclaré en 1902 que rien ne pouvait être fait par “les états européens, si la maison des Rothschild était contre…”[18]

Les Rothschild ont fait une énorme fortune durant les guerres napoléoniennes.[19] L’écrivain autrichien juif Frederic Morton (né Fritz Mandelbaum) a déclaré que les Rothschild “ont conquis le monde de manière plus efficace, subtile et durable que tous les Césars avant eux et les Hitler après eux.”[20]

Ce que dit Morton est corroboré par le biographe Derk Wilson, qui a déclaré que les Rothschild étaient si puissant financièrement et politiquement que même les gouvernement royaux et les leaders politiques avaient peur d’eux.[21] Leur influence était si intriquée que Wilson s’avança pour dire que:

“la clandestinité était et demeure une caractéristique de l’activité politique des Rothschild… Pourtant ils sont capables de façonner les évènements politiques majeurs se déroulant, en autorisant ou en suspendant des fonds de financement, en fournissant aux hommes d’état un service diplomatique officieux, en influençant les décisions au sommet et par une interaction quasi quotidienne avec les grands preneurs de décision.”[22]

Ferguson a lui-même déclaré:

“Personne ne fait plus pour faire avancer la révolution que les Rothschild… et, bien que cela puisse paraître encore plus étrange, ces Rothschild, banquiers des rois, ces détenteurs et régulateurs du portefeuille des princes, dont l’existence serait mise en grave danger avec l’effondrement du système étatique européen, conduisent en toute conscience leur mission de révolutionnaires. Je vois en les Rothschild de grand révolutionnaires qui ont fondé la démocratie moderne.”[23]

En bien des manières, ils ont fondé la “démocratie moderne” en détruisant l’ancien système pour le remplacer par le dieu Mammon juif. “Les Rothschild ont détruit la prédominance de la terre en amenant le système financier des obligations au pouvoir suprême, mobilisant au passage la propriété et quelques revenus et en même temps obtenant de l’argent avec les anciens privilèges de la terre. Ainsi fut créée une toute nouvelle aristocratie il est vrai, reposant sur les éléments les plus instables, sur l’argent, mais qui ne pourra jamais avoir le même rôle que l’ancienne aristocratie qui était enracinée dans la terre.”[24]

Ferguson a même admis que les Rothschilds représentaient une “nouvelle religion matérialiste” qui n’est rien d’autre que l’argent. Heinrich Heine a vu la même chose: “L’argent est le dieu de notre temps.”, avait-il déclaré en mars 1841, et “Rothschild est son prophète.”[25]

Heine regardait ceci comme très dangereux pour les juifs. Marx le vit également.

  • [1] “Rothschilds accused of preying on South Africa’s state-owned enterprises,” Russia Today, June 20, 2019.
  • [2] Gustavus Myers, The History of the Great American Fortunes, Vol. III (Chicago: Charles H. Kerr & Co., 1910), 183-184.
  • [3] S. C. Mooney, Usury: Destroyer of Nations (Warsaw, OH: Theopolis, 1988), 90.
  • [4] Frederic Morton, The Rothschilds (New York: Scribners, 1988), 101.
  • [5] Esther Benbassa, The Jews of France: A History from Antiquity to the Present (Princeton: Princeton University Press, 1999), 104.
  • [6] Ibid.
  • [7] Ibid., 122.
  • [8] Niall Ferguson, The House of Rothschild, 19.
  • [9] Niall Ferguson, The Ascent of Money: A Financial History of the World (New York: Penguin, 2008), 78.
  • [10] Ibid.
  • [11] Ferguson, The House of Rothschilds, 19.
  • [12] Murray N. Rothbard, A History of Money and Banking in the United States (Auburn, AL: Ludwig von Mises, 2002), 307.
  • [13] Harry Wilson, “Rothschids to Merge British and French Banking Operations to Secure Control,” Telegraph, April 5, 2012.
  • [14] Ferguson, House of Rothschilds, vol. I, 85.
  • [15] Ferguson, Ascent of Money, 78.
  • [16] See Henry Clews, Twenty-Eight Years in Wall Street (New York: Vintage Boosk, 2005), chapter 28.
  • [17] Ibid.
  • [18] Liaquat Ahamed, Lords of Finance: The Bankers Who Broke the World (New York: Penguin, 2009), 210.
  • [19] Ibid., 210; see also Egon Caesar Corti, The Rise of the House of Rothschild (New York: Cosmopolitan Book Corp., 1928).
  • [20] Morton, The Rothschilds, 14.
  • [21] Derek Wilson, Rothschild: The Wealth and Power of a Dynasty (New York: Scribner’s, 1980), 98-99.
  • [22] Ibid., 99.
  • [23] Ferguson, The House of Rothchild, Vol. I, 16.
  • [24] Ibid., 16-17.
  • [25] Ibid., 17.

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