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Résistance au colonialisme: l’hypocrisie totale du Forum Permanent des Affaires Indigènes de l’ONU quand les institutions protègent la Doctrine Chrétienne de la Découverte fondement du colonialisme occidental (Peter d’Errico)

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Le Forum Permanent de l’ONU va t’il prendre position pour les peuples indigènes ?

Peter d’Errico

25 Avril 2016

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/04/26/will-permanent-forum-stand-indigenous-peoples

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71~

 

Le Forum Permanent sur les Affaires Indigènes (FPAI) de l’ONU (UNPFII) semble complice dans l’enterrement de ce qui avait été jusqu’ici son action la plus profonde et significative en la matière: la critique de la Doctrine Chrétienne de la Découverte qu’il avait émise dans sa 13ème session de Mai 2014 et intitulée: « Study on the impacts of the Doctrine of Discovery on indigenous peoples, including mechanisms, processes and instruments of redress. » [UN Doc E/C.19/2014/3]

Le Forum Permanent, comme la plupart des corps constitués conventionnels, a évité de nommer la base religieuse de la doctrine ; mais l’étude elle-même a ciblé la racine: “La présomption de supériorité raciale des chrétiens européens.” La Doctrine a pour origine “les bulles pontificales émise durant la soi-disante période de l’âge de la découverte en Europe. Elle était composée de réglementations, comme le Requirimiento, qui émanaient de royauté d’états européens chrétiens.”

L’étude a montré comment la présomption de la supériorité chrétienne incarnée par la doctrine de la découverte alimente les saisies coloniales des terres et le génocide des peuples autochtones. “Dans toutes ses manifestations, la ‘découverte’ a été utilisée comme cadre justificatif pour déshumaniser, exploiter, réduire en esclavage et subjuguer les peuples indigènes ainsi que de les déposséder de leurs droits les plus fondamentaux, de leurs lois, de leur spiritualité, de leur vision du monde et du mode de gouvernance de leurs terres et de leurs ressources. Ce fut en fait la véritable fondation du génocide.

L’étude se concluait avec un diagnostique réaliste et une recommandation:

“On ne peut pas effacer l’histoire. Son cours, quoi qu’il en soit, peut-être changé pour assurer le bien-être présent et futur, la dignité et la survie des peuples indigènes. La diginité et le respect des droits de l’Homme doivent être garantis, spécifiquement à la lumière de vulnérabilités existantes. Il doit y avoir une reconnaissance complète et honnête du passé afin d’assurer que les doctrines coloniales ne continuent pas à se perpétrer. Un changement clair de paradigme et critique des doctrines coloniales vers un cadre de principe axé sur les droits de l’Homme consistant avec la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU (DDPI) et autres lois internationales sur les droits de l’Homme.”

Le Forum Permanent a félicité l’auteur de l’étude et a affirmé que toutes les doctrines, incluant celle de le découverte, qui se font les avocates de la supériorité sur une base d’origine nationale ou raciale, religieuse, ethnique ou de différences culturelles sont racistes, scientifiquement fausses, légalement invalides, moralement condamnables et socialement injustes et se doivent d’être répudiées tant en parole qu’en action.

Le rapport final de la 13ème session [UN Doc E/C.19/2014/11] a recommandé que l’étude “soit soumise au président de l’assemblée générale de l’ONU et des états membres en tant que guide de référence dans les discussions concernant la réunion plénière de haut-niveau/Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes programmée pour Septembre 2014.”

La soi-disante Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes, nommée ainsi de manière erronée puisque c’était une conférence de l’AG de l’ONU et non pas des peuples indigènes, s’est déroulée sans même que la Doctrine Chrétienne de la Découverte ne fusse nommée une fois. Malgré la recommandation on ne peut plus explicite du Forum Permanent, l’étude ne fut pas discutée et aucunes recommandation pour futures actions ne fut émise ni même mentionnée.

Malgré tout, bien des observateurs ont déclaré cette réunion de haut-niveau comme étant une “victoire” pour les peuples indigènes. Il apparaît que bien des gens peuvent être embrouillés au sujet de la différence entre parler et agir. Dans ce cas précis, il n’y eut même pas de discussion dans le document de conclusion de la conférence. L’étude sur la Doctrine Chrétienne de la Découverte fut passée à la trappe.

La base de données des recommandations du FPAI de l’ONU catégorise la 13ème session et sa recommandation comme une “méthode de travail” pour le président de l’AG de l’ONU et les pays membres. Le “statut de mise en application” montre un espace blanc. Le statut de mise en application des recommandations préalables de la 11ème session critiquant la Doctrine et appelant pour sa révocation est montrée comme étant “en cours”.

Avant sa 14ème session de Mai 2015, le FPAI avait requis que ses états membres donnent leurs réponses à la 13ème session. Cinq états ont répondu: l’Australie, le Danemark, le Mexique, le Paraguay et les Etats-Unis. De ceux-ci, seul le Paraguay a rapporté une quelconque action mise en place en ce qui concerne la propriété indigène de la terre, le problème fondamental qui affecte les peuples indigènes au travers de la Doctrine Chrétienne de la Découverte. Les autres états répondant ont discuté de nombreuses affaires sociales et de programmes de services fournis aux personnes indigènes.

Le rapport final de la 14ème session [UN Doc E/2015/43] n’a pas attiré l’attention sur ce manque évident de réponse et de suivi de l’étude et de ses recommandations. En fait, le rapport a “encensé le document de clôture” de la réunion plénière de haut-niveau, sans même faire allusion au fait que la réunion n’avait aucunement adressé la Doctrine Chrétienne de la Découverte. Le rapport a néanmoins réitéré le droit des peuples indigènes à avoir leur mot à dire dans le développement de leurs terres.

Peut-être de manière édifiante, la 14ème session a aussi reconnu “le besoin de réduire le nombre de recommandations tout en renforçant le suivi et la mise en place des recommandations les plus remarquables.” Le Forum a promis de prendre une “initiative de réforme”.

L’urgence du problème du titre de propriété indigène a été accru par la reconnaissance que, comme l’a rapporté la 14ème session, le suicide au sein des peuples indigènes “est lié à la perte par les peuples indigènes de leurs droits à la terre et à leurs territoires ancestraux, leurs ressources naturelles, leurs modes de vie traditionnels et l’utilisation traditionnelle des ressources naturelles.

Bien que le rapport ait fait suivre ces trouvailles d’une volée de propositions pour des actions sur la santé, il a aussi appelé “l’envoyé du SG de l’ONU pour la jeunesse… d’informer le Forum sur les progrès en ce domaine dans la 15ème session.”

Celle-ci aura lieu en Mai 2016. L’agenda publié s’ouvre avec “Un suivi des recommandations du Forum Permanent: a) Mise à jour sur la mise en place des recommandations du FP.” Après une subséquente “réunion d’expert internationale sur le thème “Langues indigènes: préservation et revitalisation”, l’agenda continue sur deux “études préparées par des membres du FP.” La liste n’inclut pas d’étude sur la Doctrine Chrétienne de la Découverte.

Dans quelques semaines, nous saurons si le FP de l’ONU a oublié la Doctrine Chrétienne de la Découverte ou s’il va insister sur la question de la terre pour les peuples indigènes et leurs droits devant inclure une révocation de la Doctrine et des bulles pontificales desquelles les schémas de domination de la doctrine ont émergé.

L’ONU, tout comme ses états membres, fait fonctionner une énorme bureaucratie ce qui augmente la possibilité pour bien des sujets de passer à la trappe. Les états membres ne regardent pas les peuples indigènes comme des participants à part entière de l’organisation. De plus, quelques états membres, particulièrement les Etats-Unis, ont pris des mesures pour mettre une limite entre les droits des peuples indigènes et les droits des peuples. En fait, l’effort parallèle pour définir un “nouveau statut” pour les peuples indigènes à l’ONU indique autant un effort de les enterrer et de les mettre au placard que de les élever à être membre à part entière du corps général de l’organisation.

Le ministère des affaires étrangères des Etats-Unis, au moment où ceux-ci changeaient leur vote sur la DDPI d’un non à un oui, avait dit que la déclaration crée une catégorie spéciale de droits qui n’est pas équivalente à une participation complète au concert des nations. Le ministère a poussé le bouchon aussi loin que de déclarer que le système de “loi fédérale indienne”, basé sur la doctrine Chrétienne de la Découverte, est identique au système de droit mis en place dans la déclaraton de l’ONU.

En mettant ces développements bout à bout, l’étude du FPAI de l’ONU sur le Doctrine Chrétienne de la Découverte passant à la trappe et l’effort de maintenir les peuples indigènes dans un statut subordonné en rapport avec les états, peut faire facilement conclure que les droits des peuples indigènes sont non seulement sous attaque des états coloniaux, mais que les termes de l’attaque n’ont pas même changé. Les peuples indigènes ont un “forum permanent” pour leurs “affaires”, mais leurs affaires sont toujours subordonnées aux préoccupations des états qui clâment une supériorité sur eux.

Dans la tragédie de Shakespeare “Jules César”, Marc Antoine cache son amour de César: “Je suis venu pour enterrer César et non pas pour l’encenser”. L’inverse marche tout aussi bien: un ennemi peut bien dire: “Je viens pour encenser et pas pour enterrer”. Attention aux manifestations d’amitié aux peuples indigènes… à moins que ce ne soit confirmé par des actions.

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Preuve supplémentaire que l’ONU est une vaste fumisterie: Israël va présider un comité onusien sur la… décolonisation !

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, politique et lobbyisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 23 juin 2014 by Résistance 71

« Les cons çà osent tout… C’est du reste à çà qu’on les reconnaît ! »
~ Michel Audiard ~

 

Israël élu pour diriger un comité de l’ONU… sur la décolonisation !

 

IRIB

 

23 Juin 2014

 

url de l’article original:

http://french.irib.ir/component/k2/item/329904-israël-élu-pour-diriger-un-comité-de-l’onu-sur…-la-décolonisation

 

Israël a obtenu la vice-présidence du Comité spécial de l’ONU chargée de la décolonisation.

Non, ceci n’est pas un hoax : l’information nous provient directement des Nations Unies. Mordehai Amohai a été élu par 74 voix à la tête de l’une des six grandes commissions qui débuteront leur mandat en septembre prochain, a-t-on appris jeudi 19 juin. Les 74 pays, dont 28 États européens, qui ont permis à Israël d’avoir cette charge ont fait fi de sa politique coloniale menée depuis 66 ans contre les Palestiniens. Notons aussi l’abstention de 68 Etats qui, à l’insu de leur plein gré, ont adressé leurs bénédictions à l’Etat hébreu. 

Le Groupe des Etats arabes a tenté de s’opposer à l’élection de Mordehai Amohai en adressant au président actuel du Comité spécial deux lettres réclamant le rejet de la candidature d’Israël et un vote à bulletin secret. Le Qatar, président du Groupe, a fustigé « une puissance occupante élue à la vice-présidence d’une commission chargée de la décolonisation, des droits du peuple palestinien et des territoires occupés ».Sur le même ton, le représentant de l’Arabie saoudite, au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), a traité de « farce » et de « provocation odieuse » la candidature d’Israël à cette commission, qui existe depuis 1961 après l’adoption en 1960 de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux. La Palestine, ou même la Cisjordanie et Gaza, ne figurent pas à ce jour sur la liste des territoires non autonomes inscrits par l’Assemblée générale.

Le soutien total du Groupe des pays occidentaux

« Contester une candidature soutenue par un groupe régional est contraire aux normes et aux pratiques établies à l’ONU et crée un précédent dangereux », a rétorqué le représentant du Royaume-Uni, au nom du Groupe des États d’Europe occidentale et autres États.« Qu’en est-il de l’Iran, de la Syrie et de l’Arabie saoudite qui appuient les terroristes, violent impunément les droits de l’homme, puis osent venir pointer un doigt accusateur sur d’autres pays », a-t-il aussi déclaré avant le vote. « Nous devons offrir un miroir au Groupe des États arabes pour qu’il puisse se regarder en face », a fait savoir le représentant.Selon lui, les raisons du rejet de la candidature d’Israël sont « fictives et infondées ». Vraiment ? Les multiples violations par Israël du droit international, du droit international humanitaire et des résolutions de l’ONU sont des faits avérés et lui permettre d’obtenir un tel poste est vécu comme un renforcement de son impunité pour ses opposants.

Une politique coloniale qui s’aggrave

« Aujourd’hui, la voix de la raison a prévalu », a jugé Mordehai Amohai. Une raison qui n’a plus de sens. Israël, qui s’est toujours refusé de reconnaître le droit au retour des réfugiés, intensifie sa politique d’annexion et de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.Les annonces de nouvelles constructions, qui appellent en conséquence à la destruction de maisons palestiniennes et aux expulsions, sont courantes. La dernière, début juin, a été une réponse à la formation d’un gouvernement palestinien d’union nationale en avril dernier. C’est aussi un fervent partisan de la colonisation qui a été élu, mardi 17 juin, à la présidence d’Israël pour succéder à Shimon Pérès : Reuven Rivlin.Comment un Etat qui légitime aussi ouvertement le colonialisme peut prétendre à être un porte-voix d’une commission aspirant à lutter – du moins à l’origine – en faveur de l’autodétermination des peuples ? Les responsabilités de l’ONU dans la négation des droits des Palestiniens, étudiées notamment par le Tribunal Russell sur la Palestine (TRP) en octobre 2012, sont plus grandes que jamais.