Archive pour décolonisation et souveraineté

Décolonisation ! Lettre d’un chanteur occitan aux militants décoloniaux…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 17 février 2021 by Résistance 71

 

Point de vue intéressant et certainement valide. La colonisation est partout et bien actuelle. L’État est colonial et coercitif par nature. C’est par la force et non le consentement général qu’il “unifie”, allié à la veulerie de dirigeants locaux corrompus. Pourquoi le cri d’auto-détermination catalan, basque, breton aurait-il moins de valeur que celui d’un Iroquois, d’un Apache, Lakota, Maori, Aborigène d’Australie, Kurde ou Kanak ? Aucune raison.
Il est temps de remettre les question d’autonomie sur la table, partout… C’est une condition sine qua non pour mettre un coup d’arrêt à la division organisée sur des bases artificielles pour toujours mieux nous contrôler.
Allez faire un tour sur le site internet de Laurent, très bien fait… (lien sous l’article)
~ Résistance 71 ~

 

 

Lettre d’un chanteur occitan aux militants décoloniaux : Et nous là-dedans ?

 

Laurent Cavalié

 

17 février 2021

 

Source:
https://www.lavoiedujaguar.net/Lettre-d-un-chanteur-occitan-aux-militants-decoloniaux-Et-nous-la-dedans

 

Avons-nous une place dans la sphère décoloniale ? Nous ne sommes ni « racisé·e·s », ni « non blancs », ni « noirs », ni « blacks », ni « indigènes », mais je veux vous exprimer pourquoi j’ai besoin de me rapprocher des combats décoloniaux. Je veux vous exprimer les siècles de mépris vis-à-vis de notre langue qui n’est pas le français, de notre accent qui n’est pas celui des dominants économiques et médiatiques, de notre absence des plateaux de théâtre, des médias, du cinéma. Je veux vous exprimer la fatigue de devoir encore et toujours justifier de l’universalité de notre propos.

Je veux vous dire qu’en même temps que la France colonisait le monde et mettait en place l’esclavage, elle opérait à l’intérieur de l’Hexagone une vaste opération de colonisation des consciences, pour anéantir la diversité linguistique, pour empêcher les enfants de parler la langue de leurs parents, pour nous faire admettre qu’il n’y avait qu’une seule langue du progrès et que c’était le français, et par là même pour nous faire croire qu’il n’y avait qu’une seule voie possible, celle du progrès. Tous les moyens étaient bons pour glorifier l’idée de la grandeur universelle de la France et du français, y compris ceux du révisionnisme historique. Y compris ceux des sévices corporels pour les enfants, ceux de l’humiliation et du mépris.

La question du mépris des cultures populaires de la France, et de la pensée colonialiste de l’État français en direction des cultures particulières de l’intérieur — j’aurais pu oser l’expression cultures autochtones — ne peut pas être écartée d’un revers de manche, au prétexte que nous n’aurions pas été colonisés au sens où cela s’entend le plus couramment, c’est-à-dire par les armes, génocide et esclavage à l’appui. Je pourrais préciser ici que, pour ce qui est de la conquête armée et du génocide, le Languedoc, d’où je suis, a déjà payé un lourd tribu à la France lors de la croisade dite « contre les Albigeois », suivi d’un siècle de terreur quotidienne, avec ses milliers de bûchers, orchestrée par l’Inquisition. Mais je ne vais justement pas, ici, commencer à compter les morts qui justifieraient que nous sommes plus ou moins dignes de se revendiquer victimes du colonialisme.

D’autant plus que je pourrais même dresser un tableau réjouissant de notre situation : je pourrais me réjouir que la langue soit enseignée, qu’elle soit chantée. Je pourrais me réjouir que des carnavals se réinventent, que des villages recréent leur totem. Je pourrais relever qu’il existe des politiques publiques en faveur de la création artistique en occitan. Je pourrais avoir l’honnêteté de dire que c’est une joie que d’avoir trouvé un chemin artistique dans notre langue. Et que c’est peut-être même une facilité, vu que nous sommes aidés financièrement, et aussi plus facilement repérables car porteurs d’une histoire particulière, d’une « couleur » artistique particulière dans l’immense choix des propositions de créations qui inondent le marché de la culture, en France, tous les ans. Pour certains artistes qui galèrent pour vivre de leur création, nous sommes même considérés comme privilégiés. On peut, et même on doit mettre en avant cette joie, qui est réelle pour bien des acteurs de notre monde occitan, sans masquer la réalité du théâtre, de l’édition, de l’enseignement, qui sont tenues à bout de bras par la force des militants qui arrachent à l’État quelques aumônes, alors qu’il est question là ni plus ni moins de la survie d’une langue.

Nos réalités sont diverses et aujourd’hui le sentiment de dépossession demeure. Notre langue est en danger et tout ce qu’on pouvait qualifier, comme un ensemble très subjectif mais pourtant bien réel, d’art de vivre, c’est-à-dire notre relation particulière au monde — ni plus valable ni moins valable qu’aucune autre — est en train de finir de se diluer dans la culture médiatique dominante.

Le sentiment de dépossession demeure. Notre capacité à relativiser dépend évidemment de la construction de chacun, de sa capacité à se détacher d’une situation ou non, de son humour ou de son manque d’humour, de sa capacité à affronter ou de sa prédisposition au silence. On n’est pas égaux face au sentiment de dépossession et face aux sentiments qui en découlent : du sentiment de la perte de lien à celui de solitude, du sentiment de n’appartenir à aucune communauté à celui d’exclusion, de celui d’être dominé à celui de discrimination, de celui de pauvreté culturelle à celui de désœuvrement. On n’est pas égaux et tous ces ressentis appartiennent à chacun et sont toujours respectables. Hiérarchiser les douleurs et les peines est une absurdité pour quiconque est capable d’empathie.

Le sentiment de dépossession demeure et il est non seulement respectable, mais il faut le comprendre. Nous avons été dépossédés au cours des siècles passés de notre culture populaire, puis autodépossédés de ce qu’il en restait au cours du vingtième siècle à force de nous signifier notre indignité et l’inutilité de notre langue. Aujourd’hui la place est libre, les cerveaux sont disponibles à la colonisation mentale des dominants : l’État et les grands industriels s’insinuant à tous les niveaux, sociaux et intimes, de nos vies. Notre culture s’est tellement diluée dans la culture capitaliste et médiatique dominante, qui depuis tellement de temps nous vend ses illusions de bonheur, que nous nous modelons en rêve collectif, à l’image des possédants, à leur parlé, à leur accent, à leurs habits, à leur mode de vie — sans même avoir les moyens de nos rêves ! Il y a tellement de temps que nous avons abandonné à l’industrie les usages populaires qui nous caractérisaient, que l’essentiel de notre culture, notre univers, notre art de vivre, notre rapport au monde, notre géographie intérieure et l’art de la raconter, s’y sont dissous. Notre culture et notre langue s’effacent tellement, que nous voilà même dépossédés de la légitimité de nos actions, de nos créations ou de nos combats, qui passent pour inutiles. Et nous voilà contraint de nous justifier encore et toujours de leur bon sens, alors même que, écrire de la poésie et chanter en occitan, n’est pas toujours un choix, mais une évidence qui s’impose, simplement.

À chacun ses évidences, certes. Chacun son histoire, aucune n’est comparable, certainement pas hiérarchisable sur une illusoire échelle de la victimisation. Nous en sommes, nous tous, à bâtir des discours, à composer des musiques, à créer des esthétiques sur des ruines laissées par l’industrie capitaliste et colonialiste. Si c’est une hydre, comme on aime parfois nommer le système en lui accordant l’existence d’un être vivant, elle est encore en pleine possession de ses moyens de destruction. La situation est aussi dramatique qu’inespérée pour tous ceux qui souhaitent trouver un chemin créatif fraternel. Tout ce qui fut détruit est à réinventer. Quels imaginaires peuvent naître du cataclysme ? Quand les anciens se sont tus, parce que ce qu’ils avaient à nous raconter avait été tué par le mépris, ou bien parce que ce qu’ils avaient à nous raconter était source de trop de souffrance, quel langage peut-on encore inventer ?

BORREIA !

E patarem patarem cap al centre dal monde.
Zinga-zanga ! Sèm dançaires d’una tèrra rebonduda.
Tornarem caufar l’òli, la qu’avèm pas escampada al pè de la muralha.
Tornarem caufar l’òli, verge a ne tornar daurar los solelhs de la lenga.
Tornarem caufar l’òli, verge a s’enfuocar en vol, a n’enregar lo cèl e s’abrandar pels pès de l’ordre que camina.
E piularem coma d’aucèls perduts sus la tèrra noiriguièra.
E bramarem coma lops en ardada, aclapats mas que volon pas que viure.

Et nous frapperons des pieds, frapperons jusqu’au centre du monde.
D’un pied ! De l’autre ! Nous sommes des danseurs d’une terre enfouie.
Nous réchaufferons l’huile, celle que nous n’avons pas jetée au pied de la muraille.
Nous réchaufferons l’huile, vierge à redorer les soleils de la langue.
Nous réchaufferons l’huile, vierge à s’enflammer en vol, à en zébrer le ciel et s’embraser dans les pieds de l’ordre qui avance.
Et nous piaillerons comme des oiseaux perdus sur la terre nourricière.
Et nous gueulerons comme loups en horde, accablés mais voulant seulement vivre.

Laurent Cavalié
laurentcavalie(at)free.fr
28, rue Lamourguier
11100 Narbonne
sirventes.com

= = =

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

 


Fédération Anarchiste Communiste d’Occitanie

Résistance au colonialisme: L’empire est attaqué tout azimut… Un tribunal néo-zélandais déclare que les Maoris n’ont pas céder leur souveraineté en 1840…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 21 novembre 2014 by Résistance 71

… contrairement à ce que dit la doxa officielle impérialiste. Nous l’avons dit et ne le répéterons jamais assez: Nous ne vivons aucunement dans un monde « post-colonial » comme l’oligarchie essaie de nous le faire croire, mais dans un monde colonial et colonialiste où en fin de compte nous sommes tous des colonisés.

Nous avons dit qu’au-delà du pays du goulag levant et du Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ainsi en fait que tous les pays du Commonwealth, étaient toujours sous domination et contrôle colonial de la « couronne » britannique, c’est à dire de la City de Londres (Banque d’Angleterre / Vatican). Nous devons soutenir Amérindiens, Maoris et Aborigènes d’Australie ainsi que les Maasaï et peuples toujours sous tutelle, car nous ne pourrons jamais être libres sans qu’ils le soient.

Sans terres l’empire s’effondre. Rien n’est légitime dans son entreprise. Que leur souveraineté soit rendue aux peuples autochtones et que nous marchions enfin la main dans la main pour un monde libre dans une grande confédération des communes libres et émancipées.

— Résistance 71 —

 

Il n’y a pas eu de cession de territoires en Nouvelle-Zélande (par les Maoris)

 

NRTNZ

 

14 novembre 2014

 

url de l’article:

http://norightturn.blogspot.co.nz/2014/11/there-was-no-cession-in-new-zealand.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

2ème partie

 

Le mythe fondateur de la Nouvelle-Zélande est qu’au contraire des autres pays comme l’Australie ou les Etats-Unis, la gouvernance britannique a été établie ici pacifiquement par un acte de cession volontaire de territoire. En 1840, par le Traité de Waitangi, les Maoris ont abandonné leur souveraineté au profit de la Grande-Bretagne en échange de la citoyenneté et de la protection de leurs terres (que le gouvernement ensuite vint à frauduleusement voler au bout de plusieurs campagnes militaires, mais comme je l’ai dit plus haut: il s’agit d’un mythe fondateur…) Le tribunal de Waitangi vient tout juste de faire passer tout cela par dessus bord.

Aujourd’hui, le tribunal vient de publier un rapport sur la 1ère étape de son enquête au sujet de Te paparahi o te Raki (La Grande Terre du Nord) et les revendications du traité.

Le rapport est au sujet de “la signification et de l’effet” de traité en Février 1840, lorsque les premières signatures du te Tiriti eurent lieu dans la Bay of Islands et l’Hokianga. La seconde étape de l’enquête qui est en cours, est au sujet des évènements après Février 1840.

“Bien que la GB se rendît aux négociations du traité avec l’intention d’acquérir la souveraineté et donc le pouvoir de faire et de mettre application la loi sur à la fois les Maori et les Pakeha, elle n’a pas expliqué cela au rangatira”, a dit le tribunal.

Le représentant de la Grande-Bretagne, William Hobson et ses agents, ont plutôt expliqué le traité comme donnant “le pouvoir de contrôler les sujets britanniques et ainsi de protéger les Maoris”, tandis qu’on dit à rangatira (l’assemblée traditionnelle des anciens Maoris) qu’ils conserveraient leur “tino rangatiratanga””, leur indépendance et leur autorité pleine de chefs.

“Le rangatira qui a signé le te Tiriti o Waitangi en Février 1840 n’a pas cédé leur souvraineté à la Grande-Bretagne”, a conclus le tribunal. “Ce qui veut dire, ils n’ont pas céder l’autorité pour faire et mettre en application la loi sur leur peuple ou leurs territoires.”

Le tribunal possède l’autorité exclusive de déterminer la signification et l’effet du traité, ceci est donc assez définitif: Comme compris en 1840, le traité n’a pas été une cession de souveraineté, mais un accord de partenariat avec un rôle limité pour la couronne étrangère.

Notez la remarque importante: Comme compris en 1840. Le tribunal a du mal à dire qu’ils n’ont pas tiré de conclusions sur le comment le gouvernement a acquis la souveraineté qu’il exerce ipso facto aujourd’hui. Seulement qu’il ne l’a pas acquise. Mais en éliminant l’élément central de notre mythe fondateur, ils ont soudainement mis notre constitution sur des bases incertaines.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Certainement que certains actes des années 1840 et dans les décennies qui ont suivies deviendront des irrégularités de traité (et nous avons le problème des irrégularités pré-1840, alors que les Britanniques avaient violé une promesse d’enquête sur des transactions foncières et de restitution de territoires qui n’avaient pas été acquis régulièrement). Le système existant de règlement de traité est parfaitement capable de gérer cela. Cela va potentiellement lever la possibilité de nouvelles demandes, car ces irrégularités n’ont peut-être pas été incluses dans les accords passés et cela va mettre une grosse pression sur la date limite des réclamations du gouvernement (qui, dans la mesure où il empêche les justes réclamations, ne peut-être vu que comme une barriere bureaucratique de style texanne afin de prévenir que justice soit rendue). Cela va faire poser des questions sur l’effet légal des lois et des ordonnances passées dans la période de pré-souveraineté et sur leur effet sur la loi coutumière Maorie (qui, légalement, est en vigueur jusqu’à temps qu’elle ne soit objectée par le parlement). Ceci se dirige dans la direction de la cour suprême dans les affaires ayant trait à ces lois.

Mais le plus gros effet sera psychologique. Pakeha (les colons) vont devoir confronter le fait que notre histoire est un peu plus complexe et bien moins confortable que ce qu’ils prétendent. Ou pas. Au regard du passé, ceci va sûrement se terminer en une poussée de racisme envers les Maoris pour avoir dérèglé les mythes, puis ce sera un retour à l’ignorance confortable.

= = =

Article connexe:

“Les Maoris de Nouvelle-Zélande n’ont pas cédé la souveraineté à la Grande-Bretagne” en 1840, dans le Telegraph UK du 14 Novembre 2014:

http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/australiaandthepacific/newzealand/11230323/New-Zealands-Maori-did-not-cede-sovereignty-to-Britain.html

Preuve supplémentaire que l’ONU est une vaste fumisterie: Israël va présider un comité onusien sur la… décolonisation !

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, politique et lobbyisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 23 juin 2014 by Résistance 71

« Les cons çà osent tout… C’est du reste à çà qu’on les reconnaît ! »
~ Michel Audiard ~

 

Israël élu pour diriger un comité de l’ONU… sur la décolonisation !

 

IRIB

 

23 Juin 2014

 

url de l’article original:

http://french.irib.ir/component/k2/item/329904-israël-élu-pour-diriger-un-comité-de-l’onu-sur…-la-décolonisation

 

Israël a obtenu la vice-présidence du Comité spécial de l’ONU chargée de la décolonisation.

Non, ceci n’est pas un hoax : l’information nous provient directement des Nations Unies. Mordehai Amohai a été élu par 74 voix à la tête de l’une des six grandes commissions qui débuteront leur mandat en septembre prochain, a-t-on appris jeudi 19 juin. Les 74 pays, dont 28 États européens, qui ont permis à Israël d’avoir cette charge ont fait fi de sa politique coloniale menée depuis 66 ans contre les Palestiniens. Notons aussi l’abstention de 68 Etats qui, à l’insu de leur plein gré, ont adressé leurs bénédictions à l’Etat hébreu. 

Le Groupe des Etats arabes a tenté de s’opposer à l’élection de Mordehai Amohai en adressant au président actuel du Comité spécial deux lettres réclamant le rejet de la candidature d’Israël et un vote à bulletin secret. Le Qatar, président du Groupe, a fustigé « une puissance occupante élue à la vice-présidence d’une commission chargée de la décolonisation, des droits du peuple palestinien et des territoires occupés ».Sur le même ton, le représentant de l’Arabie saoudite, au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), a traité de « farce » et de « provocation odieuse » la candidature d’Israël à cette commission, qui existe depuis 1961 après l’adoption en 1960 de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux. La Palestine, ou même la Cisjordanie et Gaza, ne figurent pas à ce jour sur la liste des territoires non autonomes inscrits par l’Assemblée générale.

Le soutien total du Groupe des pays occidentaux

« Contester une candidature soutenue par un groupe régional est contraire aux normes et aux pratiques établies à l’ONU et crée un précédent dangereux », a rétorqué le représentant du Royaume-Uni, au nom du Groupe des États d’Europe occidentale et autres États.« Qu’en est-il de l’Iran, de la Syrie et de l’Arabie saoudite qui appuient les terroristes, violent impunément les droits de l’homme, puis osent venir pointer un doigt accusateur sur d’autres pays », a-t-il aussi déclaré avant le vote. « Nous devons offrir un miroir au Groupe des États arabes pour qu’il puisse se regarder en face », a fait savoir le représentant.Selon lui, les raisons du rejet de la candidature d’Israël sont « fictives et infondées ». Vraiment ? Les multiples violations par Israël du droit international, du droit international humanitaire et des résolutions de l’ONU sont des faits avérés et lui permettre d’obtenir un tel poste est vécu comme un renforcement de son impunité pour ses opposants.

Une politique coloniale qui s’aggrave

« Aujourd’hui, la voix de la raison a prévalu », a jugé Mordehai Amohai. Une raison qui n’a plus de sens. Israël, qui s’est toujours refusé de reconnaître le droit au retour des réfugiés, intensifie sa politique d’annexion et de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.Les annonces de nouvelles constructions, qui appellent en conséquence à la destruction de maisons palestiniennes et aux expulsions, sont courantes. La dernière, début juin, a été une réponse à la formation d’un gouvernement palestinien d’union nationale en avril dernier. C’est aussi un fervent partisan de la colonisation qui a été élu, mardi 17 juin, à la présidence d’Israël pour succéder à Shimon Pérès : Reuven Rivlin.Comment un Etat qui légitime aussi ouvertement le colonialisme peut prétendre à être un porte-voix d’une commission aspirant à lutter – du moins à l’origine – en faveur de l’autodétermination des peuples ? Les responsabilités de l’ONU dans la négation des droits des Palestiniens, étudiées notamment par le Tribunal Russell sur la Palestine (TRP) en octobre 2012, sont plus grandes que jamais.

Décolonisation et souveraineté: La question de l’autodétermination et de l’auto-gouvernement réel… Le cas du Canada…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 22 décembre 2013 by Résistance 71

Les nations autochtones ont-elles besoin d’une souveraineté ?

Un essai informatif rédigé par l’avocat Mohawk et universitaire du droit:

 

Stephen John Ford

 

13 Décembre 2013

 

url de l’article original:

http://www.idlenomore.ca/sovereignty_do_first_nations_need_it

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le problème à répondre à cette question est enraciné dans la mauvaise compréhension qu’ont les peuples autochtones au sujet de ce qu’est véritablement la souveraineté. Quelques personnes indigènes prennent la position de dire que la souveraineté est un concept particulier au colon. D’autres expliquent qu’il n’y a pas de mot pour cela dans leur langue et que donc ceci n’a jamais été connu de leur nation. De fait, le concept de souveraineté a été développé en Europe aux XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles. Cela a pris sa racine dans le vieux français: soverei’nete. Bien qu’il n’y ait pas un mot unique s’en rapprochant dans les langues indigènes, le concept tel qu’il s’appliquerait aux premières nations, est néanmoins bel et bien présent.

A mon avis, le point de focus devrait être sur la signification que cela a dans le contexte des premières nations. Bien que le mot souveraineté ait plusieurs définitions possibles, il y en a quelques unes qui résonnent parfaitement bien dans le contexte de l’expérience autochtone. Le dictionnaire encyclopédique Webster définit la souveraineté comme incluant le concept d’auto-gouvernement: sov-er-eign-ty n. 3. La condition d’indépendance politique et d’auto-gouvernement. Il est établi au-delà de toute contestation que les nations autochtones étaient politiquement indépendantes avant les premiers contacts avec les Européens et se gouvernaient elles-mêmes sous leur propres lois. Quand on considère des synonymes de “souveraineté”, on trouve des mots comme “jurisdiction, pouvoir, autorité et contrôle”. Comme la cour suprème du Canada a demandé un titre de propriété de Nations Premières pour pouvoir démontrer une “possession exclusive”, ce qui est jurisdiction et contrôle, alors les premières nations démontreraient aussi leur souveraineté. Finalement, la loi internationale demande que des nations n’interfèrent pas dans les affaires d’autres nations, interférer serait une violation de leur souveraineté. Le concept de la non-interférence, non-ingérence souveraine n’est pas seulement un concept de la loi internationale moderne. Ce concept a été fondamental dans l’établissement de la première relation entre les nations autochtones et les Européens nouveaux-venus. Des traités ont été établis sur ce concept même, comme par exemple le plus connu qui est l’accord du traité Wampum à Deux Rangées, qui rend compte de manière évidente du principe de non-ingérence et de respect mutuel comme la fondation même de tout traité. Le principe de non-interférence, non-ingérence est un composant nécessaire de la compréhension légale inernationale du concept de souveraineté.

Pourquoi exercer une souveraineté ?

Le besoin des nations autochtones d’exercer une souveraineté vient de l’assertion des colons que la Couronne (NdT: rappelons-nous toujours que la “couronne” ne veut pas dire la “famille royale anglaise” comme il est faussement assumé, mais qu’il s’agit de la “City de Londres”, la “couronne” est en fait la Banque d’Angleterre et affiliés…) est devenue souveraine sur les terres, territoires et les peuples qui vivent dessus dès la “découverte”. La doctrine de la découverte et le concept de terra nullius qui veut dire “terre vide” sont les fondations légales (NdT: comme nous l’avons vu sur ce blog, fondées sur le droit canon et les bulles pontificales Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493)…) sur lesquelles les couronnes européennes firent la déclaration pompeuse de souveraineté sur les terres indigènes et les populations. Depuis, les tribunaux ont utilisé et maintenu ceci pour toujours trancher en faveur de l’état colonial.

Bien que “les droits aborigènes et de traité existant” soient maintenant protéger par la constitution dans l’article 35(1), les tribunaux ont toujours refusé de reconnaître toute souveraineté que les nations indigènes possèdent. En fait, la cour suprême du Canada a déclaré que le but de la section 35(1) de la constitution “donne le cadre constitutionnel pour la réconciliation sur la pré-existence de sociétés indigènes distinctes occupant la terre sous la souveraineté de la Couronne.” (R.v Van der Peet [1996] 2 SCR 507). Pour moi, ceci déforme le véritable but de la section 35(1), qui est le véhicule constitutionnel par lequel une véritable réconciliation collective peut être effectuée. Quoi qu’il en soit, ce qui doit être réconcilié est l’assertion de la souveraineté de la Couronne avec les nations autochtones pré-contact avec les Européens. L’assertion de la souveraineté de la Couronne est devenue avec le passage du temps, de facto, ou contrôle de souveraineté actuel qui existe et est mis en pratique. En d’autres termes, le Canada a assumé et appliqué le contrôle actuel sur tout le territoire et les gens.. D’un autre côté, les nations indigènes avant le contact avec les Européens possédaient ce qui est appelé un souveraineté légale De jure, exercée par leurs interactions et exercice reconnu de contrôle sur leurs territoires. Cette souveraineté légale, bien que parfaitement connue des nouveaux-venus européens, fut complètement ignorée et éliminée par les fictions légales que sont terra nullius et la doctrine de la découverte (loi canonique) comme mentionné ci-dessus et refusa toute reconnaissance par l’état colonial.

Comme la question de savoir si l’auto-gouvernement est un droit indigène constitutionnellement protégé est toujours sans réponse par la cour, alors par là-même est toujours sans réponse la question de la “souveraineté légale” autochtone.

Reconnaissance, Exercice ou Termination

Il est clairement établi que les états coloniaux comme le Canada, les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ne reconnaîtront jamais volontairement la souveraineté autochtone. Mais néanmoins, c’est la reconnaissance de la souveraineté qui permet son exercice indisputé. Comment donc la souveraineté autochtone pourrait-elle être reconnue? La reconnaissance de souveraineté embrasse la notion de relation de nation à nation. De l’interaction d’une entité souveraine avec une autre entité souveraine. Ceci est le plus souvent vu au travers des traités et alliances passés pour le bien commun. Nonobstant les traités historiques que les nations autochtones ont passé avec les nations européennes, les nations autochtones se doivent de continuer d’établir traités et alliances avec d’autres nations souveraines dans le contexte moderne de reconnaissance de souveraineté.

Ceci peut facilement être fait. Par exemple, la nation Mohawk pourrait négocier et entrer dans un traité de commerce et d’échanges avec la nation Mi’kmaq ou la nation Ojibway pourrait entrer en accord avec la nation Cree sur les questions de protection de l’environnement. Les possibilités sont sans fin et pourraient, devraient être inclues et étendues à toutes les nations autochtones du monde entier.

Le problème de la reconnaissance de la souveraineté peut-être facilement résolu. L’exercice de la souveraineté autochtone est, de but en blanc, une proposition simple et directe. Cela peut être aussi simple que l’exercice individuel d’un droit collectif indigène comme chasser, pêcher ou collecter. A plus grande échelle la souveraineté autochtone s’exerce au niveau de la nation. Comme mentionné ci-dessus, la souveraineté peut-être exprimée sous la forme de traité ou d’alliance. De manière plus importante, l’exercice de la souveraineté doit se faire au travers du développement et de la mise en application de législation fondée sur la loi indigène. L’application étant comprise comme la jurisdiction sur des territoires et des personnes au sein de ces territoires. Mais cet exercice de souveraineté va invariablement attirer un retour de bâton de la part des gouvernements et de leurs agences de l’état colonial. C’est la peur de ce retour de bâton et les conséquences en retour qui ont empêchées le leadership de s’engager dans cette forme d’expression de la souveraineté. La réponse historique classique des Affaires Indiennes au refus de se soumettre du leadership indigène est l’arrêt du robinet des subventions. Ceci veut généralement dire réductions dans les programmes, réduction dans le travail, ce qui a pour effet de faire réfléchir les leaders à ne pas ennuyer l’AANDC.

Le but de la souveraineté autochtone doit se voir sur le long terme et toute conséquence sur le court terme doit-être vue de cette façon. A terme, l’expression constante et sans faille de l’exercice de la souveraineté indigène forcera une redistribution de la richesse et du pouvoir jurisdictionnel au sein de l’état colon. Ceci aura pour résultat que la dépendance aux fonds fédéraux sera grandement réduite voire même annihilée, ce qui coupera l’herbe sous les pieds du gouvernement en ce qui concerne ce point de contrôle vital.

L’exercice et les expressions multiples de la souveraineté indigène sont critiques pour s’opposer aux politiques fédérales de termination des droits. Ces politiques sont consistantes avec le but du projet de 1969 qui prévoyait de terminer les droits autochtones ainsi que les statuts spéciaux qui leurs incombaient, une fois l’assimilation effectuée. En ce moment même il y a de nombreuses négociations sur la terminations des droits sur les tables de par la nation entière. Que ce soit par la Comprehensive Land Claims ou les Accords d’auto-gouvernement (Agreements on self-governance), la politique fédérale donnera des compensations financières à court-terme en échange de l’élimination de futures demandes autochtones des droits inhérents à la section 35 incluant les titres de propriété. Dans bien des cas, mettant en esclavage les nations premières en tant que “gouvernement municipal” au sein de leur province. Dans la vaste majorité des cas, cet agenda de termination des droits et les accords qui en découlent se passent sans le consentement libre, préalable et informé des membres des bandes.

La souveraineté autochtone est nécessaire pour la survie des nations premières du Canada. Avec celle-ci vient la redistribution de la donne des ressources et des richesses nécessaire pour retirer le joug de la dépendance et du contrôle exercés par le gouvernement fédéral. La souveraineté indigène donnera également aux premières nations le contrôle juridique sur leurs territoires afin de protéger la terre et l’eau permettant ainsi un développement durable des économies à l’intérieur des territoires. La souveraineté autochtone est parfaitement possible à atteindre. Pas au travers des “Chefs” élus par la force de la loi fédérale sur les indiens (Indian Act) et les conseils de bandes mais au travers de la volonté collective des peuples impliqués.