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Aux peuples du monde… Communiqué du Congrès National Indigène (Mexique, février 2016)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 25 mai 2016 by Résistance 71

Déclaration du Congrès National Indigène 
Mexique, le 24 février 2016

 

vendredi 20 mai 2016, par CNI

 

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http://www.lavoiedujaguar.net/Declaration-du-Congres-national-1300

Aux peuples du monde,

Sœurs, frères,

Marchant sur les pas laissés par nos anciens au fil des chemins issus de la Chaire Tata Juan Chávez Alonso, nous nous sommes réunis le 30 janvier 2016 dans la communauté chinantèque de San Antonio Las Palmas, municipalité de Tuxtepec, Oaxaca. Étaient présents des délégués des peuples mazatèque, binniza, chinantèque, maya, purépecha, otomí, nahua, wixárika, tepehua, tsotzil, chol, popoluca, zoque et tseltal, provenant de trente-deux communautés des États du Chiapas, d’Oaxaca, Veracruz, Yucatán, Campeche, Guerrero, Michoacán, État de Mexico, Morelos, District fédéral et Jalisco.

Nous nous sommes réunis pour nous voir et nous écouter en l’autre, celui qui vit chaque jour la spoliation, la répression, le mépris et l’exploitation dans chacun des recoins de la géographie indigène, là où s’annoncent les éclairs de la tempête qui recouvre nos territoires, cette tourmente engendrée dans l’obscurité du capitalisme. Nous nous rencontrons pour nous savoir une fois de plus dans le fil de l’histoire de nos ancêtres et dans la nôtre, afin de trouver et de chercher les chemins et de pouvoir continuer à exister tels que nous sommes dans chaque communauté, quartier, nation et tribu où chaque jour nous tissons le Congrès national indigène dans cette tâche difficile dont nous héritons, nous les peuples originaires, pour veiller sur le monde. Depuis là où nous sommes, nous tournons notre tête collective afin de comprendre les horizons où nous voyons ce que nous voyons.

Nous voyons les chemins mensongers que sous de multiples visages nous offrent ceux d’en haut, eux qui se disent sensibles à la douleur et au désespoir de ceux qui, en bas, souffrons de cette guerre ; nous voyons les chemins que nous offrent ceux d’au milieu, qui disent être de notre côté tout en fricotant, en s’embrassant, en dialoguant et en négociant notre douleur et notre espoir avec celui d’en haut, offrant à nos compañeros le feu des projecteurs, les reportages télé, de l’argent pour voyager, des financements et des projets qui défigurent notre lutte et font disparaître les réalités qui se tissent depuis tout en bas.

Nous voyons aussi celui qui, bien qu’étant en bas, rêve d’être en haut et devient le bourreau que, le cœur mort, nous ne voyons pas venir jusqu’à temps qu’il nous assassine, qu’il nous divise, qu’il livre notre terre-mère à ceux qui veulent la détruire, bien qu’il sache que c’est sa mère tout aussi bien, trompant les nôtres afin qu’ils acceptent les mensonges et les trahisons du gouvernement en disant que leurs intentions sont bonnes.

Mais nous voyons aussi le chemin que nous partageons entre nous, en bas, ce chemin qui vient du cœur collectif d’un peuple, un peuple qui s’écoute lui-même et qui comprend le sentiment du frère qui lutte et qui souffre tout comme nous, qui comprend que c’est sur terre que se sème la justice, comme l’a semé notre compañero Federico Ortiz, frère du peuple purépecha, et qui, fort de cet héritage, invitait sans cesse à marcher tout seuls, sans les partis, sans que personne ne nous dirige ni ne nous dise comment.

C’est avec le souvenir de cet héritage que nous avons débuté notre assemblée sur le territoire chinantèque, que Federico n’a pas pu atteindre de son vivant du fait de son décès le 23 janvier 2016. Avec aussi celui du compañero Felix Serdán, porte-parole du Congrès national indigène et commandant honoraire de l’Armée zapatiste de libération nationale, tombé le 22 février 2015, qui parlait aux jeunes en disant qu’il fallait « abandonner l’apathie, qu’ils se cultivent et qu’ils acquièrent des connaissances, car si on ne se réveille pas, on va continuer à être emportés par la tempête en cours ». L’héritage aussi du compañero Tata Juan Chávez et de sa mort anticipée le 2 juin 2012, qui a laissé derrière lui l’insistance de ses paroles sur le fait que nous devons penser et travailler sans relâche pour la « reconstruction, non pas juste d’un seul pays ou d’un seul peuple, mais d’un nouveau monde ». Ce sont ces pas-là et cet horizon qui apparaissent à nos yeux lorsque nous nous contemplons sur le long chemin qu’il nous reste à parcourir en tant que peuples organisés au sein du Congrès national indigène.

Suite aux considérations antérieures, par accord de notre assemblée de coordination élargie, nous déclarons :

  1. Que nous faisons nôtre le refus des spoliations territoriales en cours au sein du territoire indigène chinantèque à travers l’imposition de réserves écologiques, du paiement des services environnementaux, des programmes aboutissant à la privatisation de la terre tel que le Procede et le Procecom, et nous nous déclarons contre l’imposition de treize corridors touristiques, ainsi que contre l’autoroute Tuxtepec-Oaxaca qui prétend spolier les terres de onze communautés chinantèques et zapotèques, cela accompagné de concessions minières sur des terrains communaux. Nous dénonçons l’absence de justice quant au crime orchestré contre Maximino Salinas Hernández, autorité communautaire de San Antonio de las Palmas, pris en embuscade et assassiné le 30 juin 2013 par des paramilitaires opérant dans la région sous la protection des mauvais gouvernements, et le fait que les assassins soient aujourd’hui en liberté.
  2. Nous dénonçons la complicité des trois niveaux du mauvais gouvernement dans la tentative de spolier et de privatiser la totalité des terres communales des peuples tepehuano et wixárika de la communauté autonome de San Lorenzo de Azqueltán, Jalisco, et nous ratifions notre reconnaissance de leur territoire et de leurs autorités autonomes.
  3. Nous réitérons notre refus de la destruction des lieux sacrés desquels dépendent les tissus sociaux autonomes du peuple wixárika du fait des projets miniers agressifs en cours dans le désert de Wirikuta, San Luis Potosí. Malgré la validité de la suspension judiciaire existante contre soixante-dix-huit concessions minières, l’exploitation illégale persiste dans les villages de San Antonio de Coronados et de la Presa Santa Gertrudis, avec la complicité assumée des mauvais gouvernements, qui continuent à maintenir une campagne de division permanente afin de consolider cette destruction culturelle et environnementale.
  4. Nous dénonçons l’attaque en cours des gouvernements et des hommes d’affaires en vue de s’approprier des terres collectives ejidales, des sites archéologiques et des lieux sacrés du peuple maya dans l’État du Yucatán, et plus spécifiquement, de la digne lutte menée par les habitants et habitantes de la communauté de Chablekal dans la municipalité de Mérida afin d’empêcher la vente des terrains aux riches et aux entreprises immobilières aux dépens de la privation du droit de la majorité à la possession de la terre. Nous exigeons de la même manière la fin du harcèlement et de la répression contre les membres du Réseau contre les tarifs élevés de l’électricité de la communauté de La Candelaria, Campeche.
  5. Nous répudions la militarisation du territoire indigène dans la région des Chimalapas, à la frontière entre les États du Chiapas, d’Oaxaca et de Veracruz, et les intentions d’y construire une Base d’opérations mixtes avec le soi-disant prétexte de mettre un terme aux invasions agraires, alors que l’on sait parfaitement que ce sont les gouvernements des États eux-mêmes, avec le gouvernement fédéral, qui, par leurs mensonges, leurs projets pervers et leurs spoliations dans d’autres territoires, ont été les responsables de l’augmentation des invasions et de provoquer des conflits au sein des peuples.
  6. Nous exigeons l’annulation des projets mortifères qui se sont déversés en cascade sur les peuples de l’État de Mexico, sans faire cas de la volonté réitérée des communautés nahuas et ñatho, par le biais de prétendues consultations dont le seul résultat a été de supplanter la parole des peuples originaires. C’est le cas pour l’autoroute Toluca-Naucalpan, dont l’imposition s’est nourrie de la violation violente et systématique de l’autonomie des assemblées communautaires par le biais d’une forte présence policière ayant servi à intimider les voix s’opposant à la destruction de la forêt otomí mexica au sein des communautés de San Francisco Xochicuautla et San Lorenzo Huitzizilapan, ainsi qu’à surveiller les engins de chantier de l’entreprise privée Autovan, concessionnaire des travaux.

Nous exigeons également l’annulation de la construction du nouvel aéroport de la ville de Mexico et des chantiers annexes, qui engendrent déjà la destruction et la spoliation des communautés de la région du Valle de México, et la vie du lac de Texcoco ; projet ayant justifié de graves répressions telle que celle endurée par le village de San Salvador Atenco en mai 2006, dont les coupables n’ont jusqu’à présent pas été jugés. Nous qui composons le Congrès national indigène, réitérons que nous ne concèderons ni pardon ni oubli aux assassins, tortionnaires et violeurs, qu’ils soient les responsables matériels ou intellectuels des faits.

  1. Nous saluons la décision dont fait preuve l’ejido Tila, dans l’État du Chiapas, dans son cheminement vers l’autonomie et dans la décision prise de virer la présidence municipale de leur territoire, ainsi que la communauté de San Isidro Los Laureles, pour avoir récupéré près de 70 hectares divisés en trois ranchs, desquels ils avaient été spoliés.
  2. Nous dénonçons l’impunité absolue dont ont bénéficié les assassins de l’enfant Hidelberto Reyes, de la communauté de Santa María Ostula, Michoacán, assassiné le 19 juillet 2015 durant l’opération ayant abouti à la détention du commandant de la police communautaire Cemeí Verdía Zepeda, libéré le 24 décembre de cette même année. Ainsi que l’impunité et la protection dont jouissent Mario Álvarez López et Federico González Medina, chefs des territoires de la côte du Michoacán pour le compte du cartel des Chevaliers du Temple [Caballeros Templarios], et auteurs intellectuels des trente-quatre assassinats et six disparitions forcées endurées par les comuneros d’Ostula depuis le 29 juin 2009, et qui ont eu pour objectif de spolier les terres et les plages pour le trafic de drogue et de bois précieux d’espèces menacées d’extinction, ainsi que d’assurer l’exploitation légale et illégale de différents minerais dans toute la région. Tout cela au travers d’opérations conjointes entre des bandes narco-paramilitaires et tous les niveaux du mauvais gouvernement. Nous exigeons le respect absolu de l’autonomie de la communauté, de sa police communautaire et de son territoire.
  3. Nous réitérons l’exigence irrévocable de la présentation en vie, par le gouvernement mexicain, des 43 compañeros étudiants de l’école normale rurale Raúl Isidro Burgos d’Ayotzinapa, Guerrero, ainsi que la condamnation des commandants policiers, militaires et politiques responsables de ce crime. Nous savons que de la part de l’État nous n’obtiendrons que mensonge et trahison visant à occulter leur culpabilité et à faire obstruction aux enquêtes menées par le Groupe interdisciplinaire d’experts indépendants de la Commission interaméricaine des droits humains.
  4. Nous répudions la réarticulation des groupes paramilitaires autour des communautés bases de soutien de l’Armée zapatiste de libération nationale, qui s’accompagne d’une augmentation des patrouilles militaires terrestres et aériennes. Nous avertissons que la guerre contre les peuples et villages zapatistes est aussi une guerre contre tous ceux d’entre nous qui rêvons, construisons et luttons pour un autre monde possible, et que, en tant que Congrès national indigène, nous serons toujours prêts à agir en conséquence.
  5. Nous nous prononçons pour la liberté immédiate des prisonniers politiques de nos peuples, dont l’unique délit a été la défense de la terre-mère, de la dignité et de la vie de leurs peuples et des générations futures.

Prisonniers de San Pedro Tlanixco, État de Mexico

  • Rómulo Mireles, condamné à 54 ans de prison.
● Pedro Sánchez Berriozábal, condamné à 52 ans de prison.
● Teófilo Pérez González, condamné à 50 ans de prison.
● Lorenzo Sánchez Berriozábal, en attente de sa peine.
● Marco Antonio Pérez González, en attente de sa peine.
● Dominga González Martínez, en attente de sa peine.
● Deux mandats d’arrêt encore en vigueur.

Prisonniers de San Miguel Aquila, Michoacán

  • Agustín Villanueva Ramírez, condamné à 27 ans.
● Vicente Villanueva Ramírez, condamné à 27 ans.
● Efraín Villanueva Ramírez, condamné à 27 ans.

Prisonniers de San Sebastián Bachajón, Chiapas

  • Santiago Moreno Pérez
● Emilio Jiménez Gómez
● Esteban Gómez Jiménez

Prisonniers loxichas, Oaxaca

  • Álvaro Sebastián Ramírez
● Justino Hernández José
● Eleuterio Hernández García
● Agustín Luna Valencia
● Abraham García Ramírez
● Fortino Henriquez Hernández
● Zacarías Pascual García López.

Nous continuerons à marcher en bas à gauche, parce que ce n’est que là que peut renaître la vérité et la justice pour nos peuples ; ce n’est que là où nous construisons avec le cœur dirigé vers les générations futures, et les racines dirigées vers ceux qui nous ont précédés depuis là-bas, là où la vie commence, pour tous sans exception.

Pour la reconstitution intégrale de nos peuples.


Jamais plus un Mexique sans nous.


Le 24 février 2016,


Congrès national indigène.

Résistance politique: Les voix indigènes montent…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 7 février 2014 by Résistance 71

Du Mexique au Canada en passant par le pays du goulag levant et l’Amérique Latine. L’avenir de l’humanité passe par le soutien des mouvements et conseils autochtones des Amériques par les occidentaux libérés de l’idéologie colonialiste mortifère.

Victor Hugo, sympathisant des révolutionnaires de 1848, de la Commune de 1871 et des idées anarchistes (il dédicaça un poème à Louise Michel avec qui il entretint une longue correspondance entre 1850 et 1879), disait qu’aucune armée ne peut résister à une Idée dont l’heure est venue. Cette Idée dont parlait V. Hugo était l’idée d’une société libertaire.

Nous y sommes… presque…

— Résistance 71 —

 

Rencontre autonomie et libre détermination Déclaration du Congrès national indigène de l’État de Mexico

 

jeudi 6 février 2014, par CNI

 

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http://www.lavoiedujaguar.net/Rencontre-autonomie-et-libre

 

Atenco, Xochicuautla, Coyotepec… quelques noms des nombreuses communautés en lutte dans tout l’État de Mexico, contre les mégaprojets et pour la terre.

Ce communiqué est issu des rencontres entre communautés de cet État organisées en janvier 2014 par le Congrès national indigène (assemblée de communautés indigènes en lutte proches du zapatisme), qui sont en train d’articuler leurs luttes, dans ce qui semble l’un des efforts les plus avancés d’auto-organisation au niveau national, après les États du Chiapas et d’Oaxaca. (Note du traducteur.)

La lutte indigène contre la dépossession et la dévastation 
de nos territoires et ressources naturelles

Casa Vieja, Nicolás Romero, État de Mexico, 
18 janvier 2014.

Faisant suite aux accords du Congrès national indigène (CNI) ayant émané de l’initiative de la Chaire itinérante « Tata Juan Chávez Alonso » et des réunions du CNI dans la région Centre-Sud du pays qui ont suivi, nous nous sommes réunis en tant que peuples indigènes et communautés de l’État de Mexico au predio Casa Vieja de La Colmena, de l’Alianza Única del Valle, dans la commune Nicolás Romero, le 18 janvier 2014, pour élaborer des accords. Nous remercions nos frères et sœurs qui ont préparé et convoqué cette rencontre de luttes pour nos terres, nos territoires, notre eau et nos forêts.

Depuis divers endroits nous avons répondu à l’appel de nos frères des villages de San Francisco Magú, Cahuacán et Coyotepec, dont les territoires, occupés depuis des temps immémoriaux par les peuples indigènes Otomís et Nahuas, sont, comme dans tout l’État de Mexico, convoités pour les intérêts mesquins de l’initiative privée qui, en collusion avec les différents niveaux de gouvernement, prétend continuer à s’enrichir et à dévaster le cœur de nos terres au moyen de la dépossession et de l’exploitation.

Nous sommes conscients du niveau répressif de l’État de Mexico et du gouvernement fédéral, nous avons été victimes de leur tactique de division, de discrédit, de criminalisation de la protestation, des luttes et de la protection légitime de nos droits et du futur de nos villages. Et donc, quand nous nous levons pour lutter, pour défendre nos forêts, on nous accuse d’être des bucherons illégaux, et quand nous défendons l’eau, on crée pour nous des délits, comme c’est le cas pour les compagnons de San Pedro Tlanixco. De la même manière, beaucoup de nos frères ont été frappés, torturés, incarcérés ou, dans le pire des cas, ont disparu, dans une atmosphère d’hostilité et d’impunité, ayant inclus des violences sexuelles contre nos sœurs d’Atenco et d’autres villages.

Nous sommes également conscients des mécanismes que l’État met en place pour s’infiltrer dans nos institutions de gouvernements communautaires via la manipulation des processus d’élection, dans le but d’obtenir des « représentants » qui répondent à des intérêts particuliers, facilitant ainsi le contrôle institutionnel de nos territoires. De la même façon, des projets d’assistanat sont mis en place, qui entraînent la dépendance, achètent les volontés et nous maintiennent opprimés. Et quand, pour l’État, ces stratégies ne fonctionnent pas, et que nos villages, communautés, représentants et dirigeants ne se vendent pas, alors ils nous discréditent et nous répriment.

Avec ce que nous venons de mentionner, la gravité de la situation à laquelle nous sommes confrontés est claire, et pour autant nous n’exagérons pas quand nous disons que l’État mexicain a instauré une pratique génocidaire silencieuse contre nos peuples, en essayant par divers moyens de nous arracher nos modes et formes de vie. Pour cette raison, nous disons une nouvelle fois « ¡Ya basta ! ». Nous ne permettrons pas qu’ils continuent à violer nos us, coutumes et droits collectifs.

Et en conséquence, nous déclarons que, dans notre marche avec la Chaire itinérante et le CNI, nous, les peuples indigènes du Mexique, partageons une même pensée et un même ressenti, et que, dans l’unité, nous surmonterons cette situation, que nous continuerons à exercer nos droits inhérents et collectifs à l’autogouvernement, à l’autonomie et que, sans notre consentement libre, préalable et éclairé, aucun projet ne doit passer sur nos territoires.

Nous avons lutté depuis toujours en défense de notre Madre Tierra, de nos territoires, de nos forêts, de notre eau et de la vie, et nous sommes décidés à continuer à le faire, même si la vie nous est enlevée, car, comme le disait notre général Emiliano Zapata, « mieux vaut mourir debout que vivre toute une vie à genoux ».

Pour finir, accomplissant notre responsabilité sacrée de protéger la terre sur laquelle nous vivons, pour que puissent aussi y vivre nos générations futures, nous réaffirmons ce qui suit :

☀ Nous exigeons la libération de nos frères Pedro Sánchez Berriozabal, Teófilo Pérez, Rómulo Arias Mireles, Lorenzo Sánchez Berriozabal, Marco Antonio Pérez et Dominga Martínez ; ainsi que l’annulation des ordres d’appréhension des compagnons Rey Pérez Martínez et Santos Alejandro Álvarez Zetina, criminalisés injustement pour avoir défendu l’eau à San Pedro Tlanixco.

☀ Nous demandons justice pour les deux défenseurs de l’eau assassinés durant leur combat pour la conservation de l’usage, de la gestion, de l’administration et de l’approvisionnement en eau à Coyotepec, en fonction des us et coutumes.

☀ Nous disons non au projet d’autoroute privée Naucalpan-Toluca, qui menace la forêt Otomi-Mexica, et nous réclamons son annulation, comme l’arrêt de la destruction des forêts dans les communautés de Xochicuautla et de Santa Cruz Ayotuxco.

☀ Nous exigeons l’arrêt du projet d’aéroport dans la zone de Texcoco-Atenco et la réhabilitation des puits des communautés appartenant à la commune d’Atenco.

☀ Nous dénonçons l’entreprise OHL pour collusion avec le gouvernement fédéral et avec celui de l’État de Mexico pour le développement de mégaprojets à San Salvador Atenco et dans la forêt Otomi-Mexica.

☀ Nous exigeons l’annulation et la révocation de tous les permis, jusqu’au dernier, concédés à l’entreprise Merket Construcciones, en lien avec le « Projet de développement immobilier Bosques del Paraíso » à San Francisco Magú, territoire sur lequel sont interdits les fractionnements et l’utilisation d’actes notariés. De la même manière, nous demandons la réparation des dommages et la restauration des 12 hectares environ de la forêt de Pino-Encino qui ont été dévastés au nom du permis d’« approvisionnement forestier soutenable pour changement d’utilisation de sol » donné par la Semarnat – État de Mexico et qui encourage la coupe d’environ 180 hectares de forêt.

☀ Nous exigeons pour finir l’intervention rapide des autorités compétentes pour freiner le mégaprojet immobilier qui doit se construire sur les terres de l’ejido de Cahuacán, Nicolás Romero, lesquelles, selon le jugement émis par le Tribunal agraire supérieur le 12 mars 1997, confirme que les membres de l’ejido de Cahuacán en sont les « propriétaires légitimes ».

« Ensemble, construisons l’opportunité de nous rencontrer, de nous reconnaître, et de partager des expériences de lutte dans le but de planifier notre marche en défense de notre droit à la dignité et au bien-être. »

Décidé par consensus des villages indigènes Tlahuica, Matlatzinca, Mazahua, Nahua et Otomí de l’État de Mexico : San Pedro Tlanixco, San Pedro Atlapulco, San Francisco Xochicuautla, San Francisco Magú, San Lorenzo Huitzizilapan, Santa Cruz Ayotuxco, San Salvador Atenco, Pueblos del Río Tepotzotlán, Santa María Magdalena Cahuacán, Santa María Tianguistengo, Temascalapa ; avec les organisations, collectifs et autres villages : communauté La Congoja de l’État d’Aguascalientes, adhérente à la Sexta, Sixième Déclaration de l’EZLN, Ampliación San Pedro Xalpa Azcapotzalco, peuples autochtones de Santa Barbara Azcapotzalco, Axotlan Cuautitlán Izcalli, Huixquilucan, Cuajimalpa, éditions autogérées Caracol Andando Argentine, Más de 131, Mut Vitz 13 France, Cafez Belgique, La Guillotina, Alianza Única del Valle, Asamblea Nacional de Afectados Ambientales, JRA Cuautitlán Izcalli, Magisterio Mexiquense, Hormiguero Zero, Acampada Revolución, Compagnons solidaires de France.

Traduction : un compagnon solidaire 
de France présent à la rencontre

Résistance politique: Déclaration du Congrès National Indigène

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 22 août 2013 by Résistance 71

Les peuples indigènes et la décision des peuples occidentaux de les soutenir, détermineront l’avenir de la planète.

~ Résistance 71 ~

 

Déclaration de la chaire Tata Juan Chávez Alonso

 

mercredi 21 août 2013, par CNI

 

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http://www.lavoiedujaguar.net/Declaration-de-la-chaire-Tata-Juan

 

Aux peuples et gouvernements du monde 
À la Sexta, nationale et internationale 
Aux femmes et hommes élèves de la petite école zapatiste

Ainsi que c’est le cas en ce temps et dans notre histoire avec la Terre Mère, nous les peuples nations et tribus indigènes suivants : Yaqui, Mayo, Náyeri, Wixárika, Rarámuri, Odam, Nahua, Purépecha, Ñañu ou Ñuhu, Mazahua, Popoluca, Tzotzil, Chol, Tzeltal, Tojolabal, Zoque, Totonaque, Coca, Mam, Binnizá, Chinantèque, Ikoot, Mazatèque, Chontal, Ñu Saavi, Chatino, Triqui, Afrométis, Mehpa, Nancue Ñomndaa, Ñhato et Maya péninsulaire des États de Sonora, Chihuahua, Veracruz, Durango, Nayarit, Jalisco, Michoacán, Querétaro, San Luis Potosí, Morelos, État de Mexico, Guerrero, District fédéral, Puebla, Tlaxcala, Oaxaca, Tabasco, Yucatán et Campêche ; ainsi que les peuples Ixil, Quiché, Quechua et Nasa des pays de Guatemala, Pérou et Colombie, avec qui nous avons cheminé ensemble, et attentionnés, comme les enfants, hommes et femmes, de la Terre Mère que nous sommes tous, nous nous sommes rencontrés et nous nous sommes reconnus les 17 et 18 août 2013 à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas), dans les locaux du Cideci-Unitierra, pour rappeler la parole vivante de notre grand frère Tata Juan Chávez Alonso et agir en conséquence ; il nous enseigne, il nous guide, et sa mémoire, au bout d’un an d’absence, se transforme en espérance et en force pour nous, les peuples qui nous sommes refondés et reconstitués parce que nous avons décidé de continuer à être les Indiens que nous sommes, de continuer à parler la langue que nous parlons, de continuer à défendre le territoire où nous vivons.

Nous nous reconnaissons dans la lutte pour le respect de notre mode de vie ancestral, lutte que nous avons entreprise ensemble et dans laquelle nous avons parlé, nous avons exigé, et nous avons été trahis de façon répétée par les mauvais gouvernements.

Nous avons appris sur ce chemin de lutte que les puissants n’ont aucun respect pour la parole donnée, ils la trahissent et la violentent encore et encore sur toute l’étendue de ce pays qui s’appelle le Mexique, depuis le reniement des accords de San Andrés Sakamchén de los Pobres, la contre-réforme indigène de 2001, et les innombrables trahisons envers nos peuples des différentes régions et luttes, dans un Mexique indien qui est vivant, debout, et avec un seul cœur qui devient grand, aussi grand qu’est la douleur dont nous souffrons et l’espérance avec laquelle nous luttons, car, malgré la guerre d’extermination qui est devenue plus violente que jamais, nous sommes toujours là.

Nous nous reconnaissons dans le chemin de notre histoire, dans nos ancêtres qui sont le présent, le futur, et le miroir de l’autonomie exercée dans les faits comme seule voie pour l’avenir de notre existence. Elle devient notre vie communautaire, nos assemblées, nos pratiques spirituelles et culturelles, notre autodéfense et notre sécurité, nos projets propres pour l’éducation et la communication, nos revendications culturelles et territoriales dans les villes pour les peuples déplacés ou envahis qui ont gardé une mémoire historique vivante.

Nous sommes les Indiens que nous sommes, bien décidés à nous reconstituer dans un autre monde possible.

Ce miroir profond, ancien et nouveau, ce sont les luttes que nous sommes et pour lesquelles nous nous déclarons avec un seul cœur et une seule parole.

1. Nous exigeons la libération immédiate des prisonniers politiques dans notre pays, en particulier celle de notre compañero indigène tzotzil Alberto Patishtán emprisonné injustement depuis treize ans pour purger une condamnation illégale de soixante ans. De même, nous exigeons la libération de nos six frères nahuas de la communauté de San Pedro Tlanixco, prisonniers injustement au pénitencier d’Almoloya pour avoir défendu l’eau de leur communauté. Il s’agit de nos frères Pedro Sánchez, condamné à cinquante-deux ans, Teófilo Pérez, à cinquante ans, Rómulo Arias, à cinquante-quatre ans, et des compañeros Marco Antonio Pérez, Lorenzo Sánchez et Dominga González, actuellement en cours de procès. Nous exigeons aussi l’annulation des mandats d’arrêt contre Rey Pérez Martínez et Santos Alejandro Álvarez, également de Tlanixco ; la libération des compañeros prisonniers de la communauté tzeltal de Bachajón (Chiapas) Miguel Demeza Jiménez et Antonio Estrada Estrada ; des compañeros loxichas Eleuterio Hernández García, Justino Hernández José, Zacarías Pascual García López, Abraham García Ramírez, prisonniers au Cefereso n° 6 de Huimanguillo (Tabasco) ; ainsi que de Pablo López Álvarez de San Isidro Aloapan (Oaxaca), emprisonné au pénitencier de Villa de Etla.

2. Nous dénonçons le fait que les mauvais gouvernements et les entreprises multinationales se sont servis de groupes paramilitaires pour imposer des mégaprojets d’extraction au moyen de l’exploitation illégale de minerais et de bois précieux, en particulier sur la côte nahua et le plateau purépecha du Michoacán, et la communauté nahua d’Ayotitlán dans la sierra de Manantlán (Jalisco).

3. Nous demandons justice pour la communauté nahua de Santa María Ostula, sur la côte du Michoacán, où les mauvais gouvernements, en collusion avec les cartels du narcotrafic, ont protégé la spoliation des terres ancestrales de la communauté, le pillage des ressources naturelles par des groupes de la délinquance organisée, et la sanglante répression contre l’organisation communale qui a débouché sur des assassinats et des disparitions.

4. Nous saluons la lutte historique de la communauté de Cherán (Michoacán) et le digne exercice du droit d’autodéfense qui a fleuri parmi le peuple purépecha pour la défense de sa propre vie, de ses familles, de sa culture et de son territoire, menacés par la complicité des mauvais gouvernements avec des groupes paramilitaires ; ses exigences sont la sécurité, la justice, et la reconstitution de son territoire.

5. De la même façon, nous saluons la défense digne par les communautés et quartiers indigènes des savoirs traditionnels et de la culture native du maïs.

6. Nous condamnons la répression contre le peuple ikoot de San Mateo del Mar et San Dionisio del Mar, ainsi que celle contre le peuple binnizá de Juchitán et du quartier Álvaro Obregón ; nous exigeons la libération immédiate d’Alejandro Regalado Jiménez et d’Arquímedes Jiménez Luis, de même que l’annulation immédiate des couloirs éoliens aux mains des entreprises espagnoles Endesa, Iberdrola, Gamesa et Unión Fenosa, qui dans la région de l’isthme de Tehuantepec envahissent et détruisent les terres communales et les sites sacrés des peuples ci-dessus mentionnés.

7. Nous exigeons l’arrêt de la répression contre la communauté de San Francisco Xochicuautla de l’État de Mexico, ainsi que l’annulation définitive du projet routier appelé autoroute privée Toluca-Naucalpan ; de même, nous soutenons la demande de mesures de suspension devant le Système interaméricain des droits humains par les habitants de cette communauté.

8. Nous exigeons du mauvais gouvernement fédéral qu’il applique le jugement d’annulation de la construction de l’aqueduc Independencia, qui prétend dépouiller la Tribu Yaqui de l’eau qu’elle a défendue dans l’histoire au travers du río Yaqui ; nous réaffirmons notre parole : nous agirons en conséquence face à toute tentative de répression contre le campement en résistance qui se maintient sur la route internationale à la hauteur de Vícam, premier chef-lieu de la Tribu Yaqui.

9. Nous exigeons l’arrêt de la répression et le retrait de la force publique de la communauté de Huexca (Morelos), à cause de la construction d’une usine thermoélectrique ; l’annulation du projet d’aqueduc et d’extraction d’eau du río Cuautla, car il affectera vingt-deux communautés de la commune d’Ayala ; de même que l’arrêt du harcèlement contre soixante communautés des États de Morelos, Puebla et Tlaxcala qu’on prétend dépouiller par l’installation d’un gazoduc. Tout ce qui précède fait partie du Projet intégral Morelos, qui vise à détruire la vie paysanne de ces territoires pour les transformer en industries et autoroutes. Nous exigeons le respect du gardien sacré, le volcan Popocatépetl, déjà sujet à déprédation par l’abattage clandestin immodéré de ses forêts.

10. Nous sommes solidaires de la lutte de la communauté coca de Mezcala (Jalisco) pour la récupération de son territoire, et nous exigeons l’annulation de tous les mandats d’arrêt contre des comuneros dont le délit a été de défendre leur terre.

11. Nous exigeons le respect du territoire communal et de l’assemblée générale des comuneros de Tepoztlán, et nous nous joignons à l’exigence d’annulation du projet d’autoroute La Pera-Cuautla ; de même nous rejetons la campagne de mensonges et de tromperies envers l’opinion publique de la part du gouvernement de Morelos pour justifier la spoliation.

12. Nous faisons savoir qu’il existe une attaque sans précédent contre les piliers sacrés du monde reconnus et soutenus par les peuples originaires, qui les défendent très justement au nom de la vie dans l’Univers. C’est le cas des territoires sacrés de Wirikuta et Hara Mara, dans les États de San Luis Potosí et Nayarit, menacés par des projets capitalistes miniers et touristiques avec la complicité des mauvais gouvernements des États et de la Fédération. De même, nous faisons nôtre l’exigence de l’annulation totale des concessions minières et touristiques sur lesdits territoires et sur la totalité des territoires indigènes. Nous condamnons la campagne de confrontation qu’ont menée la compagnie minière First Majestic Silver et le mauvais gouvernement municipal de Catorce (San Luis Potosí). Nous saluons le digne village paysan de Wirikuta qui a décidé d’élever la voix pour la défense de sa terre, son eau, sa santé et son environnement et en solidarité avec le peuple wixárika.

13. Dans le même sens, nous faisons savoir que nous ne resterons pas en marge face à la tentative de destruction du site sacré de Muxatena et quatorze autres sites sacrés du peuple náyeri par le projet de construction du barrage de Las Cruces sur le río San Pedro Mezquital, dans l’État de Nayarit.

14. Nous dénonçons les invasions commises par des entreprises agro-industrielles sur les territoires indigènes et paysans, qui altèrent délibérément le régime des pluies pour leur propre bénéfice et détruisent la vie paysanne, comme c’est le cas de la communauté nahua de Tuxpan (Jalisco) et du Haut Plateau de Potosí sur le territoire sacré de Wirikuta.

15. Nous exigeons l’annulation des concessions minières au cœur de la sierra de Santa Marta, en territoire popoluca, et nous dénonçons la tentative d’invasion des terres communales de San Juan Volador, commune de Pajapan, par l’entreprise éolienne Dragón, au sud de l’État de Veracruz.

16. Nous exigeons l’annulation du projet routier Tuxtepec-Huatulco, baptisé couloir touristique chinantèque, sur le territoire chinantèque, ainsi que l’annulation des réserves écologiques dans la région nord de l’État d’Oaxaca.

17. Nous exigeons l’annulation du projet d’aqueduc impulsé par le mauvais gouvernement du Guerrero qui prétend dépouiller les peuples Na Savi, Nancue Ñomndaa et Afrométis de l’eau du río San Pedro de la Costa Chica du Guerrero.

18. Nous refusons la tentative d’inondation des lieux sacrés du peuple guarijio d’Álamo (Sonora) avec la construction du barrage Pilares, de même que le détournement du río Sonora au préjudice de la nation komkaak, qu’on a privée d’eau depuis quatre mois au profit des grands propriétaires agricoles de la côte du Sonora.

19. Nous dénonçons la politique d’extermination de la part du gouvernement du District fédéral contre les communautés et villages de la sierra del Ajusco, au travers de la spoliation et de la dévastation des territoires des ejidos et des communes de San Miguel Xicalco et San Nicolás Totolapan ; nous soutenons et reconnaissons les sous-délégués communautaires en résistance de San Miguel et Santo Tomás Ajusco.

20. Nous saluons la lutte de la communauté autonome de San Lorenzo Aqueltán, dans l’État de Jalisco, et nous reconnaissons ses autorités autonomes ; nous restons attentifs et solidaires de leur lutte pour la reconnaissance de leur territoire ancestral.

21. Nous saluons et reconnaissons la rénovation des autorités de la communauté autonome wixárika de Bancos de San Hipólito (Durango) ; de même nous soutenons sa lutte pour la reconnaissance de son territoire ancestral qu’elle réclame depuis plus de quarante-cinq ans.

22. Nous rendons responsables les fonctionnaires publics de la délégation politique de Xochimilco des menaces envers le compañero Carlos Martínez Romero, du village de Santa Cruz Acalpixca en lutte pour la défense de l’eau et du territoire.

23. Nous nous joignons aux demandes de dizaines de communautés nahuas et totonaques de la Sierra Nord de Puebla qui exigent l’annulation des concessions à des entreprises minières et de la mise en œuvre de projets hydroélectriques, ainsi que l’annulation des concessions minières dans la Sierra Sud et la Côte d’Oaxaca à l’entreprise Altos Hornos de México.

24. Nous soutenons la lutte de la communauté de Conhuas à Calakmul (Campêche) pour la défense de son territoire et de son travail digne, et en même temps nous exigeons l’arrêt des agressions contre la communauté de la part du gouvernement de cet État.

25. Nous exigeons la reconnaissance des terres communales de San Pedro Tlaltizapán, près de la station thermale du Chignahuapan (État de Mexico), et l’arrêt des projets immobiliers sur les terrains communaux.

26. Nous exigeons le respect des terres récupérées par l’Union paysanne indigène autonome du Río Grande (Oaxaca), et nous saluons son campement en résistance.

27. Nous exigeons également le respect du fonctionnement de la radio communautaire Ñomndaa, voix du peuple amuzgo à Xochistlahuaca (Guerrero), ainsi que le respect de toutes les radios communautaires dans les différents territoires du pays.

28. Nous renouvelons l’exigence que l’État mexicain garantisse les conditions de sécurité de Raúl Gatica, du Conseil indigène et populaire d’Oaxaca Ricardo Flores Magón.

29. Nous exigeons le respect des économies communautaires qui fonctionnent de manière autonome et en marge du libre marché qu’impose le capitalisme, comme c’est le cas de l’usage du tumin sur le territoire totonaque de Papantla (Veracruz), et du conseil du troc dans les communautés de la commune de Tianguistenco, dans l’État de Mexico.

Nous reconnaissons, nous soutenons et nous encourageons les luttes pour l’autonomie et la libre détermination de tous les peuples indigènes qui formons le Congrès national indigène, de la péninsule du Yucatán à la péninsule de Basse-Californie.

C’est cela que nous sommes, c’est là notre parole et notre lutte indéfectible, nous sommes le Congrès national indigène et nôtre est le futur de nos peuples.

Le 18 août 2013, 
au Cideci-Unitierra, San Cristóbal de Las Casas (Chiapas).

Pour la reconstitution intégrale de nos peuples 
Jamais plus un Mexique sans nous

Congrès national indigène

NB : pour la transcription des noms des tribus, nations et peuples indigènes, toujours problématique et controversée, on a décidé de ne pas chercher à se montrer plus indien que le CNI et on a repris l’orthographe du texte original (NdT).

Traduit par El Viejo 
le 21 août 2013.

Source du texte original : 
Enlace Zapatista