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Résistance au colonialisme: BDS, la riposte à Balfour

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 7 novembre 2017 by Résistance 71

Ce qu’il faut bien comprendre c’est que Balfour n’a fait qu’entériner un projet sioniste déjà existant, comme le dit l’historien israélien Illan Pappé dans son livre « The Ethnic Cleansing of Palestine » (2006), cela ne rappelle t’il pas quelque chose s’étant déroulé outre Atlantique ?…

« En fait, pour beaucoup de sionistes, la Palestine n’était même pas une ‘terre occupée’ quand ils arrivèrent dessus pour la première fois en 1882, mais c’était plutôt ‘une terre vide’. Les natifs palestiniens qui y vivaient leur étaient invisibles ou s’ils ne l’étaient pas, faisaient partie de la dure nature des choses de l’environnement et devaient de la sorte être soit conquis, soit éliminés. Rien, ni pierres, cailloux ou Palestiniens feraient obstacles à la ‘rédemption’ nationale de la terre convoitée par le mouvement sioniste. » (p.11 dans la version anglaise, traduit par Résistance 71)

De fait, les Palestiniens, la cause palestinienne est la même que celle des Amérindiens. Tous sont victimes de la folie colonisatrice d’un occident génocidaire.

Juste après Pappé dit ceci: « Jusqu’à l’occupation de la Palestine par la Grande-Bretagne en 1918, le sionisme n’était qu’un mélange d’idéologie nationaliste et de pratique coloniale. »

Dans so conclusion, Pappé dit ceci: « Le problème d’israël ne fut jamais sa judéité, le judaïsme possède bien des facettes et bon nombre d’entre elles fournissent une base solide pour la paix et la cohabitation, le problème est le caractère ethnique du sionisme. Le sionisme ne possède pas la même marge de pluralisme offerte par le judaïsme, certainement pas en tout cas pour les Palestiniens. »

Un autre historien israélien Schlomo Sand, professeur d’histoire à l’université de Tel Aviv dit: « La bible est la justification suprême de la colonisation des temps modernes, chaque bataille est l’écho d’une action ancienne.. » Puis, à l’instar du Dr Ashraf Ezzat dont nous traduisons les recherches, il dit ceci: « Les Egyptiens antiques conservaient des archivers méticuleuses et très complètes de chaque évènement et il y a énormément de documentation au sujet de la vie politique et militaire du royaume. Il y a même des documents au sujet de l’incursion de groupes nomades sur le territoire. Et pourtant, il n’y a absolument aucune mention nulle part de ces « enfants d’Israël » qui quittèrent l’Egypte ou qui se seraient rebellés contre elle, ou auraient émigré, à quelque moment de son histoire… Aucunes traces en quoi que ce soit ne furent trouvées de leur errance dans le désert du Sinaï à cette époque et la véritable géolocation du Mont Sinaï doit toujours être découverte.. » (« The Invention of the Jewish People », 2009). Il conclut ainsi: « Pourtant, les mythes historiques qui furent avancés et crus avec une bonne dose d’imagination et qui conduisirent à la création de la société israélienne sont maintenant devenus une force dont la puissance émet la possibilité de sa destruction. »

~ Résistance 71 ~

 

 

100 ans après Balfour la campagne BDS est notre riposte !

 

Omar Barghouti*

 

4 novembre 2017

 

Source: http://chroniquepalestine.com/100-ans-apres-balfour-campagne-bds-riposte/

 

(*) Cofondateur du mouvement BDS (Boycott, Desinvestments, Sanctions) et de la campagne palestinienne du boycott culturel et universitaire d’Israël.

 

Balfour a déclenché une tragédie nationale pour le peuple palestinien, mais avec la campagne BDS, nous ripostons.

Lorsque les milices sionistes ont chassé ma grand-mère, Rasmiyyah et sa famille à Safad sous la menace des armes à feu durant la Nakba de 1948, le processus de colonisation qui a été enclenché par la Déclaration Balfour et qui a abouti à un nettoyage ethnique est devenu une tragédie pour le peuple autochtone de Palestine. C’est devenu une question personnelle.

J’ai hérité de ma défunte grand-mère sa passion pour la dignité humaine et sa ténacité à se battre pour la justice. C’est donc tout naturellement que, dans le débat actuel sur l’héritage de Balfour, j’ai choisi de me concentrer sur les deux.

À son centenaire, de nombreux analystes débattent de ce que signifiait réellement la Déclaration Balfour et se demandent s’il était légal que l’empire britannique en 1917, offre aux colons juifs-européens un « foyer national » en Palestine « sans tenir compte à la fois de la présence et la majorité indigène », comme l’a dit Edward Said.

Ce qui manque largement au débat, au-delà des demandes justifiées d’excuses britanniques et de réparations, c’est l’impératif d’agir maintenant pour mettre un terme à la Nakba palestinienne en cours en mettant fin à la complicité non seulement du Royaume-Uni, mais surtout des États-Unis et d’autres puissances occidentales dans le maintien d’un système d’injustice qui a prévalu pendant une centaine d’années. En armant Israël, en le protégeant contre les sanctions des Nations Unies, et en le traitant comme un État au-dessus du droit international, ces puissances renforcent l’inhumanité incontestable inhérente à l’héritage de Balfour.

LIRE EGALEMENT : Une interview de José-Luis Moraguès : « Le BDS s’oppose radicalement au sionisme et à sa vision raciste du monde »

Certains peuvent s’opposer à ce que le projet sioniste soutenu par les Britanniques en Palestine soit considéré comme un cas de colonisation de peuplement, mais même les dirigeants sionistes de droite influents étaient tout à fait honnêtes à ce sujet. En 1923, par exemple, Ze’ev Jabotinsky écrivait : « Chaque population indigène dans le monde résiste aux colons tant qu’elle a le moindre espoir de pouvoir se débarrasser du danger d’être colonisée… La colonisation sioniste doit soit s’arrêter, ou bien avancer indépendamment de la population autochtone. »

Jabotinsky faisait la promotion d’un « mur de fer » sioniste pour dominer la population indigène, en partie en colonisant nos esprits par le désespoir. Aujourd’hui, Israël, soutenu par les États-Unis et l’Union européenne, construit des murs de béton et utilise une violence extrême pour écraser notre espoir et inscrire dans notre conscience collective qu’il est futile de résister à son hégémonie coloniale.

La première étape de la décolonisation et de la guérison pour nous Palestiniens, alors, doit être d’exorciser le désespoir que nous avons intériorisé pendant des décennies de brutal régime militaire israélien et de déni de nos droits humains fondamentaux. Nous devons nous investir dans un processus profond de décolonisation de nos esprits, par une dose d’espoir saine et réaliste.

Le mouvement mondial de Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions (BDS) mené par les Palestiniens, pour la liberté, la justice et l’égalité est aujourd’hui une source majeure d’espoir pour les Palestiniens.

En plus de relier la lutte palestinienne aux luttes pour la justice raciale, indigène, économique, sexuelle, sociale et climatique, la campagne BDS exerce des pressions non-violentes sur les institutions, les entreprises et les gouvernements impliqués dans le soutien aux violations des droits humains par Israël. Un récent sondage de la BBC montre qu’Israël est devenu l’un des États les moins populaires au monde.

Inspiré par le mouvement des droits civiques américains et le mouvement anti-apartheid sud-africain, le BDS a été lancé en 2005 par la plus large coalition de la société civile palestinienne. Il appelle à mettre fin à l’occupation israélienne de 1967, à mettre fin à sa discrimination raciale légalisée, qui répond à la définition américaine de l’apartheid, et à respecter le droit des réfugiés palestiniens tel que stipulé par les Nations Unies, de retourner dans leurs foyers et sur leurs terres.

Réalisant l’espoir que nourrit le BDS et le fait que l’impact du mouvement grandisse parmi les principaux fonds de pension, syndicats, gouvernements étudiants, associations académiques, mouvements sociaux, artistes et, dans une certaine mesure, Hollywood, les groupes de pression israéliens ont recours à des mesures désespérées et sans doute illégales pour étouffer le mouvement.

Par exemple, il y a quelques semaines, la ville de Dickinson, au Texas, a mis en place une législation anti-BDS en conditionnant l’aide humanitaire après les ouragans, à la promesse de ne pas boycotter Israël ou ses colonies illégales. L’Union américaine des libertés civiles (ACLU) a condamné cela comme « une violation flagrante du premier amendement, rappelant les serments de loyauté de l’ère McCarthy … »

L’ACLU a également déposé une plainte au niveau fédéral arguant d’une loi anti-BDS du Kansas – exigeant que tous les entrepreneurs d’état certifient qu’ils ne boycottent pas Israël – qui viole le premier amendement de la Constitution des États-Unis.

Loin de protéger son impunité, la pression d’Israël pour une législation anticonstitutionnelle anti-BDS au niveau de l’État et au Congrès lui aliène le courant dominant libéral. Cela peut expliquer en partie pourquoi près de la moitié des Américains soutiennent des sanctions contre Israël pour mettre fin à son occupation, selon un sondage de 2016.

Un scandale récemment révélé lié à la guerre secrète d’Israël contre BDS ne fera qu’exacerber cette aliénation. Israël a embauché un grand cabinet d’avocats pour intimider et faire taire les activistes du BDS en Amérique du Nord, en Europe et au-delà, selon les médias israéliens. L’avocat israélien au centre de cette révélation, a averti qu’Israël pouvait franchir des « lignes criminelles ».

Si la loi israélienne contre BDS est vaincue devant la Cour suprême des États-Unis, cela pourrait inaugurer une nouvelle ère de responsabilité pour Israël.

Balfour doit se retourner dans sa tombe alors que les indigènes dont il a rejeté avec arrogance les prétentions pour lui hors de propos, commencent à changer la donne grâce à la solidarité internationale des gens de conscience.

J’ai promis à ma grand-mère que je n’abandonnerai jamais cette mission de défense des droits de l’homme tant que la justice et la dignité ne prévaudront pas. Je ne briserai pas cette promesse.

Colonialisme en Palestine: la politique du flinguer pour tuer de l’état sioniste

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Tuez-les tous !

 

Jonas Alexis

 

4 janvier 2017

 

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2017/01/04/kill-them-all/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Bien avant que Netanyahou s’en vint sur la scène politique, le premier ministre israélien Yitzhak Shamir avait comparé les Palestiniens à une “nuée de sauterelles”.

HRW vient juste de condamner la politique d’Israël du “tirer pour tuer”. Politique simple: si la force de défense israélienne et les policiers perçoivent ou pensent qu’un Palestien va commettre un crime, alors ces personnels encouragent la force de défense à abattre immédiatememt et sans hésitation le Palestinien en question.

Tout membre des force de défense devrait être capable de “tirer pour tuer” le Palestinien “sans y penser à deux fois… aucun attaquant, homme ou femme, ne devrait sortir de quelque attaque que ce soit vivant.”[1]

La preuve n’est en rien importante. Ce qui est le plus important est que si la police ou l’armée veut tuer un Palestinien, alors ils peuvent le faire. La FDI et la police sont en elles-mêmes la preuve du bienfondé de l’action. Tout ce qu’elles ont alors à faire pour défendre leur cas est de simplement dire que le Palestinien allait faire quelque chose de mal. Sari Bashi, le directeur de la branche israélienne à HRW, a déclaré que ceci est clairement une violation du droit international. [2]

Les question est simplement celle-ci: Le régime israélien a t’il abattu dans le passé des Palestiniens en se basant sur cette politique ridicule ?
La question est OUI.
Ceci ne devrait pas être une surprise du tout. Nous savons et pouvons tenir pour fait établi que la politicienne et ministre de la justice israélien Ayelet Shaket a sans équivoque et ontologiquement déclaré que les Palestiniens étaient les ennemis d’Israël.

“Qui est l’ennemi ?” a t’elle demandé. “Le peuple palestinien. Pourquoi ? Demandez-leur, ils ont commencé…” L’idéologie politique de Shaked en regard des Palestiniens vaut la peine d’être citée entièrement:

“Le peuple palestinien nous a déclaré la guerre et nous devons répondre par la guerre. Pas une opération, lente et de basse-intensité, pas une escalade contrôlée, pas de destruction d’infrastructure terroriste, pas d’assassinats ciblés. Assez de toutes ces biaiseries. C’est une guerre. Les mots ont un sens. C’est une guerre.

Ce n’est pas une guerre contre le terrorisme, pas une guerre contre l’extrémisme, pas même une guerre contre l’Autorité Palestinienne. Tout ceci est également une forme d’ignorance de la réalité. Ceci est une guerre entre deux peuples. Qui est l’ennemi ? Le peuple palestinien. Pourquoi ? Demandez-leur, ils ont commencé…

Derrière chaque terroriste se tiennent des douzaines d’hommes et de femmes sans qui ils ne pourraient pas s’engager dans le terrorisme. Les acteurs de la guerre sont ceux qui incitent dans les mosquées, qui écrivent des curricula assassins pour les écoles, qui protègent, qui fournissent des véhicules et tous ceux qui les honorent et leur donnent un confort moral.

“Ils sont tous des ennemis combattants et leur sang sera leur responsabilité. Maintenant ceci inclut aussi les mères des martyrs, qui les envoient en enfer avec des fleurs et des baisers. Elles devraient suivre leurs fils, rien ne serait plus juste. Elles devraient dégager, tout comme les maisons, foyers physiques où elles ont élevé leurs serpents. Autrement, d’autres petits serpents y seront élevés.” [3]

Shaked déclare qu’elle a l’intention de “promouvoir des processus avancés” de démocratisation en Israël”, mais comment cela peut-il être compatible avec l’idée que les Palestiniens sont l’ennemi ? Shaked peut-elle vraiment penser que la démocratie pourrait ne serait-ce qu’exister sans ce que Kant qppellerait l’impératif catégorique ou la raison pratique ? Les lois d’Israël en regard des Palestiniens peuvent-elles vraiment être unversalisées ?…

L’idéologie de Shaked n’est pas du tout la démocratie. C’est en fait une perversion de démocratie. Et si vous pensez que c’est exagéré, peut-être devrions-nous amener dans la discussion le rabbin Yitzhak Ginsburg qui a dit de manière non équivoque:

Tout procès en justice qui se base sur la supposition que les juifs et les goyim sont égaux est un total travesti de justice.”[4]

La question à un million de dollars est celle-ci: Shaked a t’elle été jamais mise en doute par la mafia sioniste et les marionnettes nouveaux cons pour avoir de telles saloperies au sujet des Palestiniens ? Y a t’il eu un quelconque politicien américain la réprimandant pour ce qui est essentiellement un plan diabolique ?

Bien sûr que non !

Le fait est que Benjamin Netanyahou et autres officiels israéliens (passés et présents) ont dit des choses tout à fait similaires sur les Palestiniens. “Dans notre voisinage”, a dit le roi bibi “nous devons nous protéger des animaux sauvages… Si un soldat israélien est condamné pour meurtre, il devrait être immédiatement libéré.” dit Natanyahou.

Bien avant que Netanyahou ne vont sur la scène politique, le premier ministre israélien Ytzhak Shamir avait comparé les Palestiniens à une nuée de sauterelles [5] L’ancien chef de la FDI Raphael Eitan avait déclaré dans les années 1980:

“Nous déclarons ouvertement que les Arabes n’ont aucun droit de s’établir ne serait-ce que d’un centimètre sur Eretz Israel… La force est tout ce qu’ils ont et n’est que ce qu’ils comprendront toujours. Nous devrons utiliser la force ultime jusqu’à ce que les Palestiniens viennent à nous à quatre pattes.”

Rabbin Yaacov Perrin: “Un million d’Arabes ne valent pas un ongle juif” [6]

Le rabbin MK Eli Ben-Dahan lui-même a déclaré que les Palestiniens étaient “des animaux, ce ne sont pas des humains.” Puis il a ajouté: “Un juif a toujours un bien plus grande âme qu’un gentil, même s’il est homosexuel.

Les homosexuels d’Amérique et d’occident ne devraient-ils pas être en colère de la dégradation faite ici par Ben-Dahan ? L’organisation juive aux Etats-Unis ne nous vante t’elle pas ad nauseam que l’homosexualité est une grande chose ? Pourquoi cette organisation ne réprimande t’elle pas le rabbin Ben-Dahan pour ses vues discriminatoires ?..

[1] “‘Israeli shoot-to-kill policy belongs to western movie laws’ – HRW official to RT,” Russia Today, January 4, 2017.

[2] Harriet Agerholm, “Israeli officials back shoot-to-kill policy of Palestinian suspects, says Human Rights Watch,” Independent, January 3, 2017.

[3] Ishaan Tharoor, “Israel’s new justice minister considers all Palestinians to be ‘the enemy,’” Washington Post, May 7, 2015.

[4] Quoted in Alan Cowell, “An Israeli Mayor Is Under Scrutiny,” NY Times, June 6, 1989.

[5] Ron Kampeas, “Andrew Sullivan owes Yitzhak Shamir an apology,” Jewish Telegraphic Agency, May 6, 2015.

[6] Quoted in Clyde Haberman, “West Bank Massacre; Israel Orders Tough Measures Against Militant Settlers,” NY Times, February 28, 1994.

Colonialisme en Palestine: « Rompre le silence » sur le nettoyage ethnique sioniste en Palestine…

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Gaza le terrain de jeu de l’armée israélienne

 

Tarik Bouapia

 

8 Mai 2015

 

url de l’article:

http://www.michelcollon.info/Gaza-le-terrain-de-jeu-de-l-armee.html?lang=fr

 

L’ONG Breaking the silence (rompre le silence) vient de publier des témoignages accablants de militaires israéliens ayant participé à l’opération « Bordure Protectrice » de l’été dernier. Certains soldats, sous couvert d’anonymat, affirment qu’aucune distinction n’était faite entre les civils et les soldats. Une surprise ? Sans doute pas pour ceux qui ont toujours considéré Israël comme un État lâche et criminel.

Civils, combattants, pas de distinction

Ceux qui croyaient (encore) que l’armée israélienne était celle que décrivent les médias dominants risquent d’avoir une toute autre image de Tsahal. Breaking the silence, une ONG composé d’anciens combattants de l’armée israélienne, vient en effet de publier le lundi 4 mai 2015 une série de témoignage d’anciens militaires ayant participé au massacre de l’été dernier à Gaza. (1)
Autant dire tout de suite que ces témoignages viennent ajouter encore plus de barbarie à l’histoire déjà peu glorieuse de l’État d’Israël qui, depuis 1948, a commis des atrocités sans nom contre le peuple palestinien.
Rappelons tout d’abord que l’offensive israélienne menée du 8 juillet au 26 août 2014 a fait plus de 2100 victimes côté palestinien dont l’écrasante majorité étaient des civils. Une offensive qui, comme les précédentes, avait été soigneusement préparée par des média-mensonges.
Cette fois-ci, les TF1, France 2 et autre RTBF avait expliqué que Tsahal avait répondu à l’assassinat de trois jeunes israéliens le 12 juin. Si on suivait la logique imposée par les médias, Israël aurait donc simplement réagi au meurtre de trois de ses ressortissants.

Pourtant, lorsqu’on y regardait de plus près, l’explication donnée était un peu moins simpliste qu’elle n’en avait l’air. Avant cet événement en effet, il y avait eu la grève de la faim des prisonniers palestiniens d’avril à juin 2014 et la mort de deux jeunes Palestiniens tués par l’armée israélienne devant les télévisions le 15 mai 2014. La situation n’était donc pas apaisée. 

Mais comme toujours, afin de « protéger la sécurité » de son territoire, un territoire volé, l’armée israélienne avait lancé une attaque meurtrière dont d’anciens protagonistes viennent ici décrire la cruauté la plus abjecte qu’il soit. 

“Il y a une technique qui consistait à envoyer des milliers d’obus sur des zones densément peuplées, pour préparer l’entrée des soldats dans ces quartiers. Une fois distribués des avertissements prévenant les civils qu’ils devaient fuir, il n’y avait plus de raison de faire la distinction entre civils et militants” explique Avihai Stollar, membre de Breaking de silence.

Puis c’est au tour des soldats de livrer leur témoignage. 

L’un d’entre eux qui se trouvait à un endroit surplombant une route importante menant à la bande de Gaza raconte comment lui et ses camarades s’occupaient la journée : 
« Nous avons commencé un petit concours entre tireurs. Pour voir qui était un vrai homme, il fallait toucher une voiture qui roulait. J’ai vu un taxi et j’ai tiré un obus mais je l’ai manqué. On a encore visé et manqué des voitures. Jusqu’à que je vois un cycliste qui pédalait. Et j’ai dit « je le vise » mais je l’ai manqué. Il s’est mis à pédaler comme un fou parce qu’on lui tirait dessus ».
Puis le journaliste lui pose la question suivante « Vous est-il venu à l’esprit dans le tank que vous tiriez sur des civils à l’intérieur des véhicules ? ». Le soldat lui répond « Cela m’a dérangé un peu mais, après trois semaines dans la bande de Gaza, on en vient à tirer sur tout ce qui bouge, la distinction entre le bien et le mal devient floue, vous perdez votre morale, votre bon sens » Avant de conclure « Tout devient un super jeu vidéo réaliste ». 

Alors comme ça, il fallait savoir tirer sur une voiture pour démontrer qu’on était un « vrai homme ». Nouvelle définition du courage et de la virilité masculine version Tsahal.

Ainsi, la bande de Gaza est devenue un terrain de jeu. Les Gazaouis ne sont pas considérés comme des humains mais comme des cibles qu’il faudrait abattre.
En fait, Gaza est à la fois un terrain de jeu et un terrain de chasse pour les soldats israéliens. Les habitants de cette prison à ciel ouvert sont totalement déshumanisés et considérés comme de vulgaires membre d’une sous-espèce dont la vie ne compte pas ou si peu.

Un autre témoignage affirme que « Les soldats ont reçu pour instruction de leurs commandants de tirer sur chaque personne identifiée dans une zone de combat, dès lors que l’hypothèse de travail était que toute personne sur le terrain était un ennemi ». Un sergent d’infanterie raconte « On nous a dit, il n’est pas censé y avoir de civils, si vous repérez quelqu’un, tirez ! ». 

Un autre cas révèle que deux femmes qui au petit matin parlaient au téléphone à 800 mètres des forces israéliennes ont été prises pour des « guetteuses ». On ne savait pas trop. Résultat ? Elles ont été abattues sur le champ car considérées comme « terroristes ». Ce mot « terroriste » a décidément bon dos et sert constamment à justifier le pire. 

Pour un autre soldat, un civil qui « voit un char et ne s’enfuit pas n’est pas innocent et peut être tué ». Ce dernier considère Breaking the Silence comme une organisation anti-sioniste et quand cette dernière lui demande s’il y a eu crime de guerre, ce dernier répond cyniquement « Crime de guerre ? C’est un grand mot. Mais j’ai le sentiment d’avoir fait des trucs amoraux, sur le plan international. J’ai visé des cibles civiles, parfois juste pour le plaisir ».

Médias, politique, pseudo-intellectuels, où êtes-vous ?

Et la liste des témoignages de cette nature est malheureusement encore très longue. Ces témoignages ne surprendront que ceux qui ont cru aux belles histoires racontées tant pas les médias dominants que les prétendus « intellectuels ». Celle d’un État « démocratique », le « seul » au Moyen-Orient qui lutterait sans relâche contre des « terroristes ». Cette histoire, lue, entendue et réentendue vient une nouvelle fois se fracasser sur le mur des réalités, des faits et des témoignages de ceux qui ont été les premiers témoins mais aussi et surtout les premiers acteurs de cette barbarie. 

Car en effet, l’histoire officielle, celle écrite par les dominants et relayée par les organes de propagande tels que les médias ou l’école ne cesse encore aujourd’hui de présenter l’État d’Israël comme un territoire agressé et qui utiliserait la force dans le seul but de se défendre. Ou encore cette fable racontée à chaque agression israélienne et qui prétend décrire le conflit comme une guerre « propre ».
Déjà le mot « guerre » doit être banni du vocabulaire lorsqu’on présente les événements meurtriers à Gaza. Car la guerre est un conflit qui se mène principalement entre deux États avec plus ou moins de ressources militaires, financières, logistiques à peu près équivalentes. Ce qui n’est pas du tout le cas à Gaza. Là-bas, ce n’est pas de guerre qu’il faut parler mais bien de massacres, d’anéantissement d’un peuple, de meurtres de masse, d’une entreprise coloniale… Et puis parler d’une guerre « propre » est un oxymore insupportable.

Mais il fait partie du langage hégémonique utilisé par ceux qui défendent de manière inconditionnelle l’État d’Israël. La « propreté » comme ultime légitimation de la barbarie. 

Aujourd’hui comme hier, le masque tombe et montre comment une armée ultra-puissante anéantit un peuple sans défense auquel ne restent que le courage et la dignité. 

N’est ce pas Heilbrun, président du comité électoral du maire de Tel-Aviv qui avait déclaré : « Nous devons tuer tous les Palestiniens à moins qu’ils ne soient résignés à vivre en tant qu’esclaves ».(2) N’est ce pas Ben Gourion, le fondateur de l’Etat d’Israel qui avait affirmé : « Nous devons utiliser la terreur, les assassinats, l’intimidation, la confiscation des terres et l’arrêt de tous les programmes sociaux afin de débarrasser la Galilée de sa population arabe ».(3) 

Mais alors, ou sont les supposés « intellectuels » et « philosophes » tel que Bernard Henri Lévy ou Alain Finkielkraut qui hier apportaient un soutien indéfectible à Tsahal et qui aujourd’hui font preuve d’un silence assourdissant sur ces révélations plus qu’embarrassantes ? Que va dire BHL pour qui la responsabilité de la situation à Gaza devait être imputée au « Hamas » ?
Quelle sera la réaction de celui qui avait affirmé que « ceux qui pleurent pour les Palestiniens, je ne les ai jamais vus dans la rue pleurer d’autres morts » (4). En bon petit soldat de Tsahal en France, il ne fera sans doute aucune déclaration. Ou bien alors, il tentera de minimiser les faits et de trouver des excuses aux soldats israéliens en accusant les Palestiniens de ne pas s’être assez désolidarisés du Hamas. Qui sait ? Cet homme-là est prêt à inventer n’importe quoi pour sauver l’honneur d’une armée et d’un État qui n’en a jamais eu. 

Et François Hollande ? Va-t-il réagir face à ces révélations ? Condamnera-t-il les crimes de guerre ? Attendre de celui qui a déclaré son amour à Israël qu’il condamne ne serait-ce que timidement le gouvernement de Benjamin Netanyahu, ce serait comme attendre la venue du Père Noël. Seuls les plus naïfs pourraient croire un seul instant que le dirigeant français, totalement soumis aux États-Unis et à l’État sioniste daigne condamner la brutalité de Tsahal. 

Il ne faudra attendre que moins encore une quelconque condamnation de l’armée israélienne de la part de Manuel Valls. Lui qui avait déclaré son « attachement éternel » à Israël est sans doute l’homme politique le plus fidèle à l’idéologie colonisatrice sioniste. 

Enfin, il est intéressant de souligner le silence quasi-général des médias après les témoignages recueillis par Breaking the silence. Au journal de 20h de France 2, l’ami des puissants, David Pujadas, n’a pas du tout abordé le sujet. Ni le lundi 4 mai, jour de la publication du rapport, ni le lendemain.
Par contre, il a évoqué dans son misérable 20h une information de la plus haute importance pour l’avenir de l’humanité : le nom donné à la future princesse d’Angleterre. Des témoignages de soldats israéliens décrivant la nature sauvage de l’armée est alors passée sous silence et un sujet totalement sans intérêt est lui abordé pendant quelques minutes. La vie de l’enfant de Gaza assassiné par des lâches ne vaut apparemment pas grand-chose, contrairement à la vie d’un bébé né avec une cuillère d’argent dans la bouche… 

Le journal de droite Le Monde, expert en média-mensonges et en manipulations en tous genres a, quant à lui, traité le sujet. Néanmoins, ce qui est particulièrement embêtant, c’est la manière dont il a titré un article qui traitait des révélations faites par les soldats israéliens. Le titre en question est « La dérive morale de l’armée israélienne à Gaza ». (5) 

Ainsi selon le quotidien français, ces actes criminels ne seraient en réalité que le fruit d’une « dérive morale » et ne viendraient pas de causes beaucoup plus diverses et profondes. Car dire que le problème est moral, c’est en réalité dépolitiser, décontextualiser, dé-historiciser la question relative à la colonisation des territoires palestiniens.
Il suffirait donc de corriger ces « dérives » et tout rentrerait dans l’ordre. Tout ça a pour but, consciemment ou inconsciemment, de faire oublier les racines profondes de ce conflit qui dure depuis plus d’un demi-siècle. Les raisons politiques, géopolitiques et stratégiques de cette colonisation.
Faire oublier qui est l’agresseur et qui est l’agressé. Faire oublier qui est la victime constante des bombardements. Faire oublier qui voit ses droits fondamentaux constamment bafoués par un État assassin.

Cet argument de la morale rappelle celui utilisé par l’ancien président Nicolas Sarkozy à la suite de la crise financière de 2008. Il avait déclaré face à l’urgence de la situation qu’il fallait « moraliser le capitalisme ».
La morale, l’éthique comme le salut de l’humanité. C’est par ces valeurs que la communauté humaine trouvera le chemin de la prospérité et de la paix. Voilà le message de l’idéologie dominante.
Chacun devrait donc faire un travail sur lui-même pour que les choses aillent mieux. Une idée qui a pour but de culpabiliser les gens à propos d’une situation à laquelle ils font face oubliant ainsi les structures sociales, économiques et politiques à l’origine même de ces désastres humains. 

Ce n’est pas la morale ou l’éthique qui améliorera le monde de demain mais bien les structures qui régissent les comportements humains. C’est toutes les institutions dominantes qui prônent le néolibéralisme comme le FMI ou la Banque Mondiale qu’il faudra éliminer pour commencer à mettre fin à la misère dans le monde et poser les bases d’un monde plus juste et plus égalitaire. C’est en mettant fin à des institutions comme l’Otan que les guerres impérialistes pourront enfin prendre fin. 

Et c’est avec la lutte et la solidarité du monde entier que la Palestine vivra et vaincra !

Colonialisme et Palestine: La décolonisation passe immanquablement par la de-sionisation d’Israël…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 4 novembre 2013 by Résistance 71

Excellent analyse de Nicolas Nasser…

— Résistance 71 —

 

Les fondations du sionisme se lézardent

 

Nicolas  Nasser

 

Le 2 Novembre 2013

 

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http://french.irib.ir/component/k2/item/281274-les-fondations-du-sionisme-se-lézardent-,-par-nicola-nasser

 

Pour assécher la source idéologique du conflit isarélo-palestinien…

 

Février 2013, Jérusalem – Les fondements du sionisme sont le racisme le plus plat et le plus vulgaire. Ici, une femme palestinienne a été frappée par une femme juive dans ce qui était une attaque délibérée devant des amis de la femme juive qui se sont alors joints à elle, réussissant à arracher le foulard de la femme palestinienne tout en la rouant de coups.

L’opinion publique mondiale et israélienne prend de plus en plus conscience que la dé-Sionisation de la politique étrangère des Etats-Unis et de l’Europe comme de la politique intérieure de l’état d’Israël est devenue le passage obligé de la paix au Moyen-Orient.

Mais cette prise de conscience n’est pas parvenue à assécher la source de l’idéologie sioniste du conflit arabo-israélien car elle ne s’est pas encore concrétisée sur le terrain par la dé-Sionisation d’Israël et la distanciation des pays occidentaux de l’idéologie sioniste à laquelle ils demeurent très attachés.

Dans un article publié par Foreign Policy le 25 octobre, James Traub citait le président étasunien Barak Obama qui avait dit, en mai dernier, dans un discours « annonçant une reformulation de la guerre contre le terrorisme » : « Nous ne pouvons pas utiliser la force partout où une idéologie radicale prend racine ; « la seule alternative à la « guerre perpétuelle » est un effort permanent pour endiguer « les sources de l’extrémisme ».

Les « sources » des « guerres perpétuelles » et de « l’extrémisme » au Moyen-Orient au cours de la plus grande partie du vingtième siècle à nos jours sont facilement détectables dans le lien pernicieux qui existe entre les actions sur le terrain et « l’idéologie radicale » sioniste, autrefois laïque aujourd’hui religieuse.

Pourtant les Etasuniens et les Européens continuent à penser qu’il est moralement acceptable de chasser la population arabe indigène de Palestine pour la remplacer par un agrégat artificiel de Juifs de toutes nationalités ayant souffert d’oppression, d’antisémitisme, de pogroms et de l’Holocauste dans leurs pays occidentaux d’origine, et ils continuent à justifier ce processus.

L’attachement persistant des Etats-Unis et de l’Europe à l’idéologie sioniste est au coeur de leur relation avec Israël, le rejeton de cette idéologie, qu’ils voient comme un de leurs principaux « intérêt vitaux » au Moyen-orient et ce même attachement est aussi à la base de l’anti-américanisme et des autres formes de luttes arabes contre « l’Occident ».

Le refuge offert par le « nouveau monde », l’Amérique, a permis aux Européens de régler temporairement de manière satisfaisante la « Question Juive » ; il y vit aujourd’hui davantage de Juifs qu’en Israël.

Les communistes ont trouvé leur propre solution ; elle a pris la forme de « l’oblast » autonome juif, la première république du Birobidzhan russe, à la frontière entre l’ancienne Union Soviétique et la Chine, où vivaient trois millions de Juifs avant qu’un tiers environ d’entre eux n’émigrent en Israël après la chute de l’empire communiste.

Les états nations basant la citoyenneté sur le droit sont maintenant la règle en Europe et les Juifs y jouissent des mêmes droits civils, religieux, politiques, etc., que leurs compatriotes.

Il n’y a plus de « Question Juive » en Europe en particulier, ni en Occident en général. Si une telle question est encore soulevée, c’est plutôt en relation avec l’influence disproportionnée des citoyens juifs sur les décideurs des sphères médiatiques, financières et politiques.

Malgré cela, la propagande sioniste en Israël et à l’étranger continue à affirmer sans répit que les Juifs sont en danger à l’extérieur d’Israël, à pousser les gens à immigrer, à encourager la double citoyenneté et la double loyauté chez les siens et à considérer que tous les Juifs qui vivent à l’extérieur d’Israël sont des « réfugiés ».

Dans un article du Huffingtonpost.com, le 6 septembre de l’année dernière, Hanan Ashrawi, une dirigeante palestinienne élue au Parlement a cité Shlomo Hillel, un ministre sioniste originaire d’Irak, qui avait dit : « Je ne considère pas les Juifs qui viennent de territoires arabes comme des réfugiés. Ils sont venus vivre ici parce qu’ils étaient sionistes », et elle a cité l’ancien membre de la Knesset, Ran Cohen, un immigrant irakien qui a dit : « Je dois le dire : je ne suis pas un réfugié. Je suis venu ici à la demande du sionisme. »

En conséquence, la « Question Juive » a été transférée au lieu de refuge arabe, celui-là même qui avait déjà servi de refuge aux Juifs opprimés en Europe qui fuyaient la culture de l’inquisition de l’Europe médiévale. La plus importante minorité juive en pays arabe du Maroc en est la meilleure preuve.

Ce lieu de refuge arabe est devenu, à cause de l’idéologie sioniste, un enfer de guerres, d’instabilité, de conflits continuels et le théâtre d’une nouvelle « Question Juive » depuis qu’Israël a été crée artificiellement, il y a 65 ans, au coeur d’un monde arabe où les Juifs représentaient précédemment une minorité prospère dans chacune des capitales des 22 états arabes à l’exception de la Jordanie.

Le Sionisme justifie la création d’Israël en Palestine par des arguments controversés : Dieu aurait promis cette terre aux Juifs quoiqu’il puisse en coûter aux habitants qui s’y trouvaient bien avant que Josué et son armée ne traversent le Jourdain pour détruire Jéricho et tuer tous les hommes, les femmes, les enfants et les animaux sur « ordre de Dieu. »

Le 2 novembre 1917, le Secrétaire britannique aux Affaires Etrangères, Lord Balfour, se prenant pour le messager de Dieu sur terre, a fait une nouvelle promesse divine aux juifs, celle d’avoir une « patrie » en Palestine.

La justification moderne de l’Holocauste ne tient pas compte de l’autre peuple, les Arabes palestiniens qui paient le prix d’un crime qu’ils n’ont pas commis.

Il est intéressant de noter que, ironiquement, le Sionisme n’est pas une création juive à l’origine.

Le révérend Dr. Stephen Sizer, l’auteur de “Christian Zionism : Road-map to Armageddon ?” (Sionisme chrétien : feuille de route pour Armageddon** ?) (InterVarsity Press, 2004), a écrit dans le Middle East Monitor du 1er août : « Les origines du mouvement remontent au début du 19ième siècle quand un groupe de leaders britanniques excentriques s’est mis à faire pression pour que la Palestine redevienne juive, car ils considéraient que c’était la condition indispensable au retour du Christ… Le Sionisme chrétien par conséquent a précédé le sionisme juif de plus de 50 ans. Certains des supporters les plus acharnés de Théodore Herzl étaient des membres du clergé chrétien ». Dr. Sizer a intitulé son article : « Le Sionisme chrétien : L’hérésie qui sape la paix au Moyen-Orient ».

Lui-même et les chefs des Eglises de Jérusalem : Michel Sabbah, le Patriarche Latin, Swerios Malki Mourad des Orthodoxes Syriens, Riah Abu El-Assal l’Evêque de l’Eglise Episcopale, Munib Younan, l’Evêque de l’Eglise Evangélique Luthérienne, ont signé conjointement en 2006 la Déclaration de Jérusalem sur le Sionisme Chrétien qui se conclut par ces mots : « Nous rejetons catégoriquement les doctrines du Sionisme Chrétien comme autant d’enseignements erronés qui corrompent le message biblique d’amour, de justice et de réconciliation ».

La narrative sioniste a été remise en question par les « Nouveaux Historiens » israéliens : Benny Morris, Ilan Pappe’, Avi Shlaim, Tom Segev, Hillel Cohen, Baruch Kimmerling et d’autres l’ont déjà réévaluée et ils sont à l’origine d’une nouvelle vision post-sioniste. Pappe’ est arrivé à la conclusion que les leaders sionistes ont planifié et mis en oeuvre un « nettoyage ethnique » pour expulser la plus grande partie des Arabes palestiniens.

La trilogie de Shlomo Sand, « L’invention du peuple juif », « L’invention de la Terre d’Israël », et le troisième volume qui va bientôt sortir « L’invention du Juif laïque », a porté un grand coup aux fondations mêmes du Sionisme.

Les Sionistes essaient de dissimuler de leur mieux le fait que le Sionisme laïque n’était pas populaire chez les Juifs religieux dans les premiers temps du mouvement et le fait qu’une forte minorité de Juifs est toujours hostile à cette idéologie.

Les « Avenues de l’ONU » de Haïfa, Jérusalem et Tel Aviv ont été rebaptisées « Avenues du Sionisme » suite à l’adoption par l’Assemblée Générale des Nations Unies, le 10 novembre 1975, de la Résolution 3379 qui stipulait que « Le Sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». Elle a été révoquée par la Résolution 46/86 de 1991 ; la perpétuation de l’idéologie sioniste et les actions qui en découlent montrent que cette révocation était prématurée et qu’il faudrait envisager de rétablir la Résolution 3379.

En adoptant la Résolution 181 de 1947 qui a divisé la Palestine entre les Arabes palestiniens d’origine et les envahisseurs étrangers que représentaient les colons sionistes, la communauté internationale incarnée par les Nations Unies a fait le jeu du Sionisme chrétien et juif et s’est rendue coupable d’une erreur historique qui a anéanti tout espoir humain de paix au Moyen-Orient ; son rétablissement demeurera hors d’atteinte encore très longtemps.

Les Juifs faisaient partie intégrante de l’histoire de la région et de son tissu social jusqu’à ce que le Sionisme coupe court à tout cela. Il faudra en passer par la dé-sionisation d’Israël et de la politique internationale pour que la paix dans la région passe du rêve à la réalité et que l’histoire reprenne son cours normal. L’interruption des Croisades dans l’histoire de la région est un précédent plein d’enseignements dont toutes les parties en présence devraient tirer les leçons.