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Résistance politique: Une journaliste américaine refuse l’obéissance à la police de la pensée au service sioniste (Veterans Today)

Posted in actualité, altermondialisme, désinformation, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 12 février 2020 by Résistance 71

 


Abby Martin & Chris Hedges

 

La journaliste Abby Martin refuse de se plier à la police de la pensée israélienne aux Etats-Unis

 

Jonas E. Alexis

 

8 février 2020

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2020/02/08/abby-martin-refuses-to-kowtow-to-israeli-thought-police-in-the-us/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Abby Martin(*) devait faire une présentation à la Georgia South University, mais ce projet a été brutalement stoppé lorsque les prostituées de la politique aux Etats-Unis lui ont demandé de signer un contrat…

Violait-elle les ténets de la liberté d’expression si prétentieusement épousés par les politiciens américains ? Faisait-elle une apologie de la violence ? Non. On a demandé à Martin de “signer un contrat promettant de ne pas boycotter Israël” ( “sign a contractual pledge to not boycott Israel.”)

Écoutez bien ceci: “depuis 2014, 28 états, parmi eux l’état de Georgie, ont adopté des lois anti-boycott d’Israël, incluant cinq décrets émis par des gouverneurs.” Une fois de plus, Martin n’a pas signé le contrat.

Elle a dit:

J’ai refusé et mon discours fut annulé. Toute la conférence s’est effondrée après le soutien de mes collègues. Cette censure de mon intervention, fondée sur la coercition à se plier à la loi anti-BDS (boycott) en Georgie n’est juste qu’un niveau de la campagne nationale pour protéger Israël de la pression exercée par la base populaire. Nous devons rester fermement opposés à tous ces efforts et ne pas ramper de peur devant ces violations éhontées de la liberté d’expression et de parole.

Les Israéliens tiennent déjà Trump par les couilles et ont fait voté des lois draconiennes par la Maison Blanche concernant les campus universitaires: “Alors que se poursuit la répression contre le mouvement de boycott BDS, le président Trump a signé un décret le 11 décembre qui permettra effectivement au gouvernement d’interpréter le judaïsme comme à la fois une race ou nationalité et une religion sous la loi fédérale de façon à ce que le ministère de l’éducation puisse prendre une action directe contre ce qu’il estime être de ‘l’antisémitisme sur les campus universitaires’”.

En d’autres termes, si vous dites quelques choses que les israéliens n’aiment pas, ils demanderont alors à leurs larbins de la Maison Blanche de vous appeler antisémite. Et si vous êtes un étudiant demandant des questions gênantes au sujet du Moyen-Orient, de Gaza et de la Palestine en général, alors votre carrière académique est virtuellement terminée. “Trump a clairement déclaré que la décision cible le mouvement Boycott, Divestment and Sanctions (BDS), l’appelant une campagne antisémite contre Israël.

Si vous protestez encore contre l’attaque sans relâche d’Israël sur les Palestiniens et particulièrement à Gaza, si vous dites assez aux guerres perpétuelles qui ne font que soutenir l’agenda d’Israël au Moyen-Orient et si vous dites que les nouveaux cons(ervateurs) sont essentiellement composés d’idéologues juifs qui continuent encore et toujours de tirer l’Amérique au fond du gouffre, alors vous devenez ipso facto antisémite. Le NY Times (NdT: la voix de la CIA) a récemment déclaré :

Le président Trump a sorti son plan longuement mûri pour la paix au Moyen-Orient, le soi-disant “deal du siècle”. Ce plan appelle pour un état palestinien en Cisjordanie et Gaza ; pour que Jérusalem, incluant la vieille ville, devienne la capitale indivisée d’Israël et pour qu’Israël annexe toutes les colonies, incluant celles de la vallée du Jourdain, ce qui constitue près du quart de la Cisjordanie, incluant sa frontière orientale avec la Jordanie, créant ainsi un état archipel (NdT: du goulag…) palestinien discontinu entouré d’une mer de territoires israéliens. Mr Trump a annoncé que les Etats-Unis allaient reconnaître la souveraineté d’Israël sur tout le territoire que le plan lui assigne, et peu de temps après, le premier ministre Benjamin Natanyahou a promis d’annexer toutes les colonies et la vallée du Jourdain à compter de dimanche.”[1]

Si vous résistez à ce plan diabolique et si vous vous rendez sur des campus universitaires pour protester, alors vous êtes encore un antisémite. Ce fut la nouvelle con de confession judaïque Melanie Philip qui déclara sans équivoque que “la vision néo-conservatrice du monde est de manière démontrable juive.” [2] Mais si un goyim cite Philip, alors il devient antisémite et Philip continuera à recevoir d’amples accolades.

En 2006, un groupe parlementaire britannique, mené par Denis MacShane et soutenu par un grand nombre de juifs et de nouveaux cons comme Melanie Philip et Emanuele Ottolenghi, a publié un rapport intitulé “Report of the All-Party Parliamentary Inquiry into Antisemitism”, dans lequel il est dit que “c’est la communauté juive elle-même qui est la mieux qualifiée pour déterminer ce qui constitue ou pas de l’antisémitisme.” [3]

Les actes constitutifs pourraient inclure “des conversations, des discussions ou des déclarations faites en public ou de manière privée et qui seraient au delà de ce qui est acceptable” tout aussi bien que “le changement de ton et d’attitude qui s’opère de manière générale lorsqu’il est discuté des juifs, que ce soit par écrit, par diffusion hertzienne, dans les universités ou dans des évènements publics ou sociaux.”[4]

Jusqu’où cela peut-il aller ? Pouvons-nous honnêtement dire que seule la communauté noire est qualifiée pour déterminer ce qui constitue le racisme, ou seule la communauté musulmane capable de décider ce qui constitue des sentiments islamophobes ? Quelqu’un peut-il voir et comprendre l’absurdité totale d’un tel système, sans en mentionner le danger ?

Que les Israéliens, nouveaux cons et leurs putes de la Maison Blanche soient d’accord ou pas, ils ne font essentiellement que déconstruire ce qui fut un temps la liberté d’expression en Amérique et ailleurs. Mais ils sont trop aveugles pour comprendre qu’ils ne font que se tirer eux-mêmes une balle dans le pied parce que comme va le dire E. Michael Jones dans son prochain ouvrage “Logos Rising: The History of Ultimate Reality”, leur idéologie va, au bout du compte, mener à la chute de leur pouvoir politique.

(*) Note de Résistance 71: Abby Martin est une journaliste américaine que nous suivions régulièrement au travers de son émissions sur RT “Breaking the Set” (2012-2015). Elle quitta RT suite à son désaccord sur la position russe concernant l’Ukraine et par suite la Crimée. Elle commença une nouvelle série d’information alternative sur Telesur (chaîne de langue anglaise de la télé venezuelienne), “The Empire Files”, que nous n’avons suivi qu’épisodiquement. Depuis 2018, sa série “d’informations radicales exposant un monde façonné par l’empire” (le slogan de l’émission) est devenu indépendante par le financement participatif (http://theempirefiles.tv )

Ex-activiste dans les mouvements pour la vérité sur le 11 septembre et Occupy Wall Street, Abby Martin est proche de ce qui est appelée “l’opposition contrôlée” et ses figures de proue en Amérique, telles Noam Chomsky, les journalistes Chris Hedges (voir photo d’illustration) et Amy Goodman (de Democracy Now !) et bien d’autres. Elle fut une des très rares journalistes à avoir invité sur son plateau des anarchistes et libertaires pour discuter ouvertement de l’Idée, lorsqu’elle était encore sur RT. Intelligente, érudite, posant souvent les bonnes questions avec un certain charisme, Abby Martin est sans aucun doute une figure du journalisme alternatif, mais…ses désaveux successifs des mouvements pour la vérité sur le 11 septembre et d’Occupy Wall Street (qui de l’avis de tous fut infiltré et torpillé de l’intérieur pour en faire un mouvement réformiste docile supplémentaire, mais fut-il jamais (r)évolutionnaire ?…), font qu’on est en droit de se demander quand reniera t’elle son engagement contre le sionisme et le mouvement BDS ? On l’aime bien, mais on la prend avec le grain de sel habituel concernant les journaleux de profession dits “alternatifs”…

L’associé et producteur exécutif de Martin pour son émission est l’ex-militaire américain et ancien combattant de la guerre d’Irak, Mike Prysner, membre du “Party for Socialism and Liberation” (PS)L, créé en 2004), parti marxiste-léniniste, le parti a présenté sa candidate aux élections présidentielles américaines en 2008, 2012, 2016 et va le faire en 2020 toujours en la personne de Gloria La Riva. En 2016, le parti a représenté 0,05% du vote populaire aux Etats-Unis. Prysner et Martin sont certes des critiques du système, mais ils sont surtout des réformistes invétérés ne remettant pas en cause les fondements du système, mais ayant quand même le mérite de sortir quelques vérités. Bien rare par les temps qui courent, convenons-en. Ne boudons donc pas ce plaisir…

 

La guerre est la paix ?… Arrêtons la guerre sans fin… arrêtons le sionisme… (Kurt Nimmo)

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ConstituSION ?…

 

Mettre un terme à la guerre sans fin ?… Mettons un terme au pouvoir du sionisme

 

Kurt Nimmo

 

24 juillet 2019

 

url de l’article original:

https://kurtnimmo.blog/2019/07/24/end-forever-war-divest-zionism/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Mercredi dernier, la chambre des “représentants” américaine a passé une résolution qui viole à la fois la constitution et le droit naturel.

Les serviteurs de l’AIPAC (NdT: lobby israélien très puissant aux Etats-Unis) croient que la capacité de confronter et de s’opposer à la politique d’apartheid d’Israël doit être criminalisée, et ce même aux dépends de la constitution qu’ils ont supposément juré de préserver (ceci est une vaste fumisterie depuis un bon moment).

Mais peu importe la constitution, qui est si proche d’être lettre morte. En tant qu’être humain libre, vous avez parfaitement le droit naturel de vous opposer et de refuser de faire quelque affaire que ce soit avec n’importe quel individu ou entité que ce soit et vous pouvez aussi encourager les autres à faire de même, aussi loin que cette opposition et sa manifestation ne sont ni violentes ni coercitives.

Le congrès des Etats-Unis ne croit pas que ce droit naturel soit légal, du moins pas tant que cela touche à Israël. D’après nos soi-disants “représentants”, la critique de l’état sioniste décrite sans exception comme “tropisme raciste”, est ipso facto antisémite et ne doit donc pas être acceptée et doit être vigoureusement condamnée, non seulement cela, mais elle doit aussi être maintenant criminalisée.

La criminalisation du mouvement de boycott d’Israël BDS (Boycott, Divestment, Sanction) est le dernier effort en date d’Israël et de ses groupes de pressions non enregistrés aux Etats-Unis, pour détruire tout activisme politique lié à la cause palestinienne. C’est un effort concerté pour maintenir le système d’apartheid en Israël, un système qui à terme nettoiera ethniquement tous les Palestiniens de cet état artificiel mis en place pour les juifs par la Grande-Bretagne et la France il y a un siècle.

L’attaque du mouvement BDS n’est pas le seul effort d’expulsion des non-juifs d’Israël (ou au mieux en faire des citoyens de seconde voire troisième zone) et de destruction des états qui soutiennent les Palestiniens, essentiellement l’Iran, la Syrie et le Liban (ce dernier ayant été envahi par Israël en maintes occasions). Il est tout à fait possible de dire que les guerres sans fin qui ont miné les Etats-Unis depuis plus de 15 ans, ont été menées au bénéfice et au service d’Israël.

Ceci est indiscutable. Il est bien connu, ou du moins il devrait être connu que Saddam Hussein n’était en aucun cas une menace pour les Etats-Unis. Il soutenait les Palestiniens non seulement rhétoriquement mais aussi financièrement, l’Iraq se devait donc d’être envahi d’abord par Bush père, qui imposa avec l’ONU des sanctions draconiennes qui virent la mort de 500 000 enfants Iraquiens, puis par Bush fils et son administration infestée de nouveaux-cons.

Les attentats du 11 septembre et l’invasion de l’Afghanistan furent perpétrés pour mettre en place la “guerre contre le terrorisme” et de dépeindre les musulmans comme les ennemis des Etats-Unis, donnant ainsi un prétexte d’attaquer les ennemis d’Israël, l’Iraq, la Libye, la Syrie et le Liban. Tant qu’il y aura une résistance à la politique raciste d’Israël et sa violente domination et nettoyage ethnique des Palestiniens arabes, il y aura une “guerre contre le terrorisme”.

Ces dernières années, le point de focale de cette série d’invasions sans fins et hautement lucrative pour le complexe militaro-industriel a basculé directement ou indirectement sur ce que les Etats-Unis voient comme l’ennemi: le peuple américain, à commencer avec les “suprémacistes blancs” qu’on nous dépeint comme l’avant-garde d’une nouvelle vague mondiale de l’antisémitisme. En fait, ce supposé antisémitisme est une attaque sur des nationalistes qui en ont ras le bol de l’état et de son parasitisme.

Il est fort peu probable que l’Iran soit envahi avant les élections à moins que l’Iran ne provoque les Etats-Unis et leurs partenaires européens à l’attaquer. Souffrant de la maladie mentale de l’hubris et de l’exceptionnalisme (et dans le cas d’Israël, de racisme ouvertement affirmé), les ennemis de l’Iran sont incapables de comprendre que toute attaque sur ce pays résultera en un énorme carnage, spécifiquement en Israël et dans toutes les bases militaires américaines encerclant l’Iran. Les nouveaux-cons et les soutiens “d’Israel #1” qui infestent l’administration/gouvernement Trump croient sincèrement qu’ils peuvent s’en tirer sans aucune conséquence  ou si peu, en bombardant l’Iran, proclamant une fois de plus à qui veut entendre que c’est du gâteau.

A l’encontre de l’Iraq, l’Iran n’a pas souffert d’un démantèlement complet sous un régime de sanctions médiéval punitif, bien que si les sanctions continuent d’empirer, l’Iran pourrait bien finir aussi brisé que l’Iraq avant l’invasion de Bush le minus. Mais les leaders de l’Iran ne laisseront jamais cela se produire.

De plus, l’Iran montre maintenant de la détermination et refuse de jouer le jeu dans les termes imposés par la clique des globalistes  et des nouveaux-cons , adorateurs d’Israel #1. Pour chaque coup américain, il y a un contre-coup iranien. Il est si évident maintenant que Trump est frustré avec l’Iran et son manque de volonté bornée de se plier à l’effort néolibérale et sioniste pour détruire le pays et le balkaniser. L’Iran contre-attaquera.

Et ce combat pourrait être emmené jusqu’en Amérique et pas seulement aux militaires stationnés autour de l’Iran. Si ceci se produit, bien entendu, l’outrance et la colère rallieront les Américains à soutenir une guerre finale. Les Américains sont de fait très peu différents des Allemands sous le joug nazi, trompés à marcher en guerre par la rhétorique et des opérations sous faux-drapeau. La propagande est bien plus efficace maintenant, bien plus qu’il y a 80 ans. (NdT: là, nous ne sommes pas d’accord avec KN. La propagande marche de moins en moins bien et de plus en plus de monde est au courant des politiques de faux-drapeaux passées et présentes…en cela, monter une opération faux-drapeau est plus compliquée maintenant car le système en a usé et abusé, plus grand monde est dupe. Il suffit de voir a quelle vitesse les attaques chimiques faux-drapeau en Syrie furent exposées et dévoilées, quasiment en temps réel !…)

Je n’ai pas grand espoir que le virus sioniste qui infecte le gouvernement américain soit éliminé avant que la guerre finale n’éclate, une annihilation nucléaire de toute vie sur terre.

Les tentacules de la menace sont profondément enterrées et ancrées dans les centres du pouvoir et du contrôle. Si la guerre contre le mouvement BDS nous montre quoi que ce soit, c’est que nos soi-disants “représentants” et la marionnette pro-sioniste de la Maison Blanche, réagiront inlassablement à toute menace contre l’état sioniste aussi minime soit-elle.

Une loi est passée dans l’état de Floride et fut célébrée à Jérusalem, loi qui fait de la critique d’Israël un crime, dénotant un antisémitisme. Cette loi définit aussi le BDS de la manière la plus sérieuse en l’assimilant à une menace identique à celle de l’Etat Islamique:

Dans cette loi. le mouvement BDS est définie comme un groupe terroriste qui n’est pas en cela différent du Ku Klux Klan (KKK) ou de l’EIIL, ce qui a déclenché toute une série de questions si la critique de l’état juif pouvait-être mal caractérisée comme étant une critique anti-sémite du peuple juif.

D’après un député démocrate qui a voté pour cette loi, son adoption est une “mitzvah”, c’est à dire en hébreu, un devoir moral, un ordre de foi.

Si cette folie continue, des blogs comme celui-ci ne pourront plus être permis sur internet. Toute critique d’Israël et du sionisme va devenir illégale, punissable comme crime, comme ça l’est maintenant en France et dans la plupart des pays d’Europe et une fois de plus, la constitution et le 1er amendement (sur la liberté d’expression) seront lettre morte… une fois pour toute.

 

Résistance au colonialisme: Les enjeux révolutionnaires d’un conflit en Palestine (OSRE)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 27 novembre 2018 by Résistance 71

 

Palestine les enjeux révolutionnaires d’un conflit

 

Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne

 

Mai 2018

 

source: http://rebellion-sre.fr/palestine-les-enjeux-revolutionnaires-dun-conflit/

 

Quelle ligne politique suivre dans le conflit au Proche-Orient ? Il est certain que notre engagement socialiste révolutionnaire européen nous amène, quasiment naturellement, à soutenir la cause des peuples syriens, libanais et palestinien. Cette prise de position au nom de la solidarité avec ceux qui luttent contre l’impérialisme sioniste mérite d’être approfondie. Il est important d’expliquer que cela ne découle pas de la recherche d’un combat révolutionnaire de substitution ou d’une inavouable haine. Notre anti-sionisme n’est pas un antisémitisme ou une judéophobie déguisée, ce n’est pas une posture pseudo rebelle (un simple keffieh autour du cou ne fera jamais de vous un révolutionnaire…). C’est une opposition à une idéologie qui sert de fondement à la politique israélienne depuis la création de l’Etat hébreu. Cette politique qui fait le jeu des intérêts du système mondialiste dans la région et qui participe à la destruction de tous les obstacles à sa domination. On aurait tort de croire que ce conflit n’a de conséquences que d’un point de vue local. Il concerne tout ceux qui n’acceptent pas de voir les peuples écrasés par la globalisation capitaliste.

Les origines du sionisme

Le sionisme politique, fondé par Théodor Herzl, découle des conceptions nationalistes et colonialistes ayant cours en Europe au 19° siècle. Ne reposant pas directement sur la foi juive, il voulait amener une réponse « nationale » et bourgeoise à la situation très particulière des communautés juives européennes.

En effet, « jusqu’à la propagation du mode de production capitaliste au XVIII ° siècle, les juifs demeuraient, dans la région euro-méditerranéenne, une des rares communautés pré-capitalistes à avoir survécu à leur déplacement géographique. Cette communauté avait pu se maintenir aussi tard en se faisant l’agent social du commerce des marchandises et de l’argent dans les sociétés féodales européennes, où elle constituait une base extérieure au processus de production pré-capitaliste. C’est en s’appuyant sur cette base que les juifs avaient pu maintenir comme un îlot, certes précaire, au milieu de la société environnante, leur communauté, avec son organisation interne relativement autonome » (Le Brise-Glace). Quand le capitalisme devint le mode de production dominant en Europe, la société juive dut affronter une remise en cause de ses fondements communautaires. N’ayant plus leur rôle réservé, les juifs furent contraints soit de s’adapter soit d’intégrer ce nouveau système dans la genèse duquel ils avaient jouer un rôle important sur le plan financier (capitalisation de l’économie).

Ainsi ce phénomène de déstructuration de leur communauté traditionnelle ne fut pas seulement subi, il fut aussi assumé volontairement par le mouvement des « Lumières Juives », les Haskalah. Il voulait faire « sortir des ghettos » leurs coreligionnaires et les intégrer à la société moderne. Refusant les pratiques et les traditions religieuses au nom de l’« humanisme » et de l’« assimilation » avec les « peuples progressistes de l’Occident », il fut bien reçu. Ce mouvement rencontra un écho des plus favorable dans la bourgeoisie juive d’Europe de l’Ouest qui voyait là une occasion de réintégrer sa place dans la vie économique en pleine croissance. Quand la Convention de 1792, issue de la Révolution Française, décréta l’émancipation politique des juifs, elle entérina l’éclatement de la communauté en individus atomisés en affirmant vouloir : « Tout accorder aux juifs en tant qu’individus, ne rien leur accorder en tant que nation ». « Le principe d’atomisation des individus dans la concurrence mercantile, fondement même de la société démocratique, était là parfaitement énoncé ».

En Europe de l’Ouest, les juifs s’assimilèrent rapidement à la petite et grande bourgeoisie et leur « judaïsme » ne fut plus que la religion privée d’individus atomisés. Par contre, en Europe Orientale, l’intégration était presque impossible dans la mesure où les sociétés de l’Est n’étaient pas assez développées économiquement pour laisser une place aux juifs. « La loi de l’argent s’était imposée à toute la société, avait déstructuré le mode de vie traditionnel mais, du fait de la pression concurrente des nations plus avancées, le nouveau mode de production ne pouvait pas se développer suffisamment pour intégrer l’ensemble des masses déracinées ». Dans le yiddishland, cette situation rendait, en même temps, l’assimilation et le maintien dans la communauté impossibles. Les retombées de l’émergence du capitalisme avaient détruit le fragile équilibre de toute les sociétés est-européennes. Un antisémitisme populaire, né dans les masses ruinées, touchait les juifs jugés responsables des bouleversements économiques et sociaux. En réaction, dans les communautés juives, se développa un retour au mysticisme avec le hassidisme (basé sur l’étude de la Kabbale) qui tentait de refonder un lien communautaire sur la tradition. Ses caractéristiques étaient à la fois le culte du sacrifice rédempteur et un mépris souverain à l’égard des aspects matériels de l’existence, qui permit à une large partie des juifs est-européens de surmonter la misère. En effet, la paupérisation avait fait naître un prolétariat juif qui ne pouvait demeurer que dans la communauté sans pouvoir la dépasser, et ne pouvait s’investir que dans la petite production à domicile pour le compte de la bourgeoisie juive.

Mais l’industrialisation de la fin du XIX° siècle allait réduire d’avantage l’espace de la communauté moribonde, la réduisant au chômage ou à l’émigration vers l’Ouest. C’est alors que le prolétariat juif commença à adhérer au projet socialiste et que le marxisme se diffusa en son sein. Le socialisme apparut comme une solution pour sortir du ghetto, pour dépasser la condition d’exclus de la société en intégrant les juifs par la lutte de la classe ouvrière autochtone. Ainsi en Russie on retrouvera des juifs sécularisés aussi bien parmi les premiers marxistes, que chez les socialistes-révolutionnaires, les communistes ou les populistes. Mais cette démarche ne concerna qu’une minorité, les difficultés à sortir de la communauté (aussi bien dus à l’antisémitisme vivace qu’à l’apparition d’un sentiment national juif spécifique) devait aboutir à un repli communautaire. Le Bund allait incarner ce virage séparatiste qui le coupa du reste du mouvement révolutionnaire européen. Le très important parti social-démocrate juif (implanté principalement dans la « zone réservée » russo-polonaise) opta pour la revendication d’un territoire juif autonome en Europe orientale avant la guerre de 14-18. L’échec de ce projet sera la condition de la victoire du sionisme.

L’imposture sioniste

Il existe à l’origine deux types de sionisme : un sionisme « bourgeois » et un sionisme « ouvrier ». Le sionisme « bourgeois » fut une parade de la bourgeoisie juive ouest-européenne à l’émigration massive des prolétaires juifs d’Europe de l’Est. Ce mouvement de population massif réveilla l’antisémitisme dans la classe ouvrière à la fin du XIX° siècle. Le patronat utilisant ces émigrants comme une main-d’oeuvre bon marché en concurrence avec les ouvriers locaux (comme quoi rien ne change dans le monde du capital…). Inquiète de voir se développer un fort sentiment d’hostilité populaire à son égard, la bourgeoisie juive décida de détourner ce flux d’émigration vers un « foyer national juif » sous la protection des grandes puissances coloniales européennes. «  A vrai dire, le choix de la Palestine importait peu pour les bourgeois juifs. Ces derniers auraient accepté a priori n’importe quelle autre solution territoriale, pourvu qu’ils fussent débarrassés de leurs coreligionnaires de l’est. Ainsi, en 1903, Herzl proposa sérieusement au mouvement sioniste, l’Ouganda, gracieusement offert par sa Majesté britannique, comme futur foyer juif. Mais le choix de la Palestine devait s’imposer naturellement du fait de la survie chez les juifs d’Europe orientale d’une tradition culturelle véhiculant l’imaginaire de Sion et de la Terre d’Israël ». Il est à noter, que parmi les juifs traditionalistes, l’idée d’un retour en Palestine était jugée sacrilège.

Dès le départ l’entreprise va prendre un aspect colonial. Le capital bourgeois servait à acheter des terres aux grands propriétaires arabes absentéistes sur lesquelles on installait des colons juifs venus de l’Est pour encadrer les travailleurs palestiniens. Dans le même temps, le sionisme « bourgeois » s’accapara le commerce et l’industrie des villes. La Palestine était loin d’être un désert au début du 20° siècle, c’était une région riche dont la production de céréales et d’agrumes était exportée dans tout le Proche-Orient. Quand la Grande-Bretagne occupa la région à la suite de la Guerre de 14-18, elle permit aux colons juifs de s’implanter massivement en Palestine.

Mais très vite, l’exploitation de type colonial sera dépassée. Les tensions naissantes entre les nouveaux arrivants et les populations arabes obligèrent les britanniques à contrôler l’émigration juive.

C’est alors que le sionisme bourgeois va utiliser l’élan du socialisme juif pour donner naissance à un sionisme « ouvrier » destiné à mener une colonisation de peuplement. Le mythe du « Kibboutz » va servir de masque à la spoliation de tout un peuple. Ce rêve communautaire et égalitaire va séduire une grande partie des juifs de l’Est. L’arrivée massive de ces colons idéalistes va rendre inutile l’utilisation de la main d’oeuvre palestinienne et servira à mettre en place les fondements du futur Etat hébreu. La combativité du sionisme « ouvrier » va accélérer la naissance d’Israël et l’imposer par les armes aux britanniques et aux arabes.

Un état d’exception

Avec la fondation du Fond National Juif en 1901, le sionisme bourgeois avait posé le premier jalon d’une politique d’accaparement des terres palestiniennes. En effet, il acquiert des terrains qui ne pouvaient, dès lors, être revendus ou simplement loués à des non juifs. Avec le sionisme « ouvrier », ils devaient être de plus exploités uniquement par des juifs. Les Palestiniens devenaient de trop sur leur propre terre. Avant même la fondation d’Israël, le directeur du Fond National juif déclarait en 1940 :  » Il doit être clair pour nous qu’il n’y a pas de place pour deux peuples dans ce pays. Si les arabes le quittent, il nous suffira (…). Il n’existe pas d’autre moyen que de les déplacer tous ; il ne faut pas laisser un seul village, une seule tribu… Il faut expliquer à tous les chefs d’Etats amis, que la terre d’Israël n’est pas trop petite si tous les arabes s’en vont, et si les frontières sont un peu repoussées vers le nord, le long du Litani (rivière au centre du Liban actuel), et vers l’est sur les hauteurs du Golan ».

A la faveur des guerres successives, les israéliens vont mettre en application ce programme de choix ethnique. Chasser les Palestiniens fut une entreprise délibérée et systématique qui fut entérinée par une législation d’exception. Expropriation de centaines d’hectares de terres agricoles, lois spéciales permettant la mise en place de zones interdites, expulsions de quartiers entiers des grandes villes, interdiction de circulation, tout fut mis en place pour faire des arabes vivant encore en Israël des citoyens de seconde zone (20 % de la population, de confession musulmane ou chrétienne). La destruction systématique des villages palestiniens à coups de bulldozers (cimetières, mosquées et églises compris) est le symbole de cette volonté d’effacer toute trace de présence arabe en Israël.

La conquête des territoires occupés durcira la politique d’expansion sioniste. Alors que le sionisme « ouvrier » s’essoufflera à partir des années 80, un sionisme « religieux » prendra le relais pour légitimer les multiples agressions israéliennes. Alors que les partis ultra religieux n’ont pas un grand écho dans la vie quotidienne d’une société israélienne calquée sur le modèle occidental, ils fournissent pourtant aux gouvernements successifs tout un discours mystique reliant les conquêtes territoriales d’Israël à la volonté divine.

Condamné plusieurs fois par l’ONU, Israël semble ne pas craindre d’apparaître comme un état prédateur. Bénéficiant du silence médiatique sur ces crimes, le sionisme sait qu’il le doit à sa relation privilégiée avec la super-puissance mondiale américaine et à son alignement sur sa stratégie au Proche-Orient.

Le Proche Orient dans le Nouvel Ordre Mondial

Durant la Guerre Froide, Israël était devenu une tête de pont de l’impérialisme américain au Proche-Orient. Devant préserver cette région des éventuelles avancées du communisme, l’Etat sioniste a reçu une aide financière et militaro économique considérable. « Sentinelle de l’Occident » face à un monde arabo-musulman pouvant basculer du côté de l’URSS, il a vécu quasiment sous perfusion constante des Etats-Unis. La sécurité d’Israël et sa fonction de gardien de l’ordre régional justifient, avec le contrôle des ressources pétrolières, la présence constante américaine dans cette région.

Débarrassée de son rival soviétique au début des années 90, l’unique super-puissance a les mains libres pour redessiner la carte du Proche-Orient selon ses intérêts. Cela débuta par la Première Guerre du Golfe en 1991 avec l’aval des autorités internationales. En 2003, les Etats-Unis envahissent l’Irak sous le prétexte de restaurer la « démocratie ».

En 2006, L’agression sioniste contre le Liban a été commanditée par les Etats-Unis pour accélérer l’instauration de son projet de « Nouveau Proche-Orient ». «  Selon le magazine New-yorkais, Bush aurait demandé à Israël d’ouvrir un front contre le Hezbollah, prélude à un bombardement Us contre les installations nucléaires de l’Iran. Cette agression s’inscrit dans la guerre de 10 ans annoncée par Bush au lendemain du 11 septembre 2001 et qui vise à la mise en place du Grand Proche-Orient. Plan états-unien de division de la région en entités maintenues artificiellement en conflit les unes avec les autres sur des bases ethniques, religieuses ou économiques, mais toutes dépendantes des Etats-Unis par leur soumission aux diktats de l’OMC ». Israël garderait alors son rôle de gendarme chargé de la répression de toutes les résistances nationales. Pour cela, « Israël veut fixer lui-même ses frontières puisque les peuples refusent de capituler et de renoncer à leurs droits. Une première phase fut le redéploiement en Cisjordanie après l’évacuation de Gaza, puis la construction du mur annexant encore plus de terres palestiniennes en rendant la vie impossible aux populations arabes » (1). L’invasion du Liban vise à contrôler la zone du fleuve Litani convoitée depuis longtemps pour ses ressources hydrauliques qu’il représente et sa position stratégique.

L’attaque contre le Hezbollah a offert à l’Etat sioniste l’occasion de prouver son utilité à son puissant protecteur. En apportant une contribution majeure à la guerre contre « le Terrorisme », il voulait montrer sa puissance et son efficacité. Mais son « match nul » a déçu les américains qui s’étaient pourtant investis dans les préparatifs de l’invasion. Le « Printemps arabe » fut l’occasion de provoquer une guerre civile en Syrie ( voir les articles sur notre site).   Aujourd’hui la menace est dirigée vers  l’Iran.

L’Etat d’Israël sait qu’il doit réussir à gagner une course de vitesse en se transformant en bunker face à l’axe de la résistance ( Iran/ Hezbollah/Syrie) . Sa survie dépend plus que jamais de son alliance avec les Etats-Unis et de  sa capacité à provoquer le chaos dans la région , il est donc malheureusement prévisible que le Liban, la Palestine et la Syrie deviennent une nouvelle fois la cible des ambitions sionistes.

Note et Bibliographie :

1). C. Beuzit, Le peuple libanais uni met en déroute l’impérialisme sioniste, cf. Intervention Communiste n°76, septembre-octobre 2006. (Organe de l’URCF, il est disponible contre 2 euros auprès des « amis d’Oulianov, BP 40084, 75862 Paris cedex 18).

Le Sionisme, avorton du mouvement ouvrier, in Le Brise-Glace, n°2-3, 1989.

Th.Cosme, Moyen Orient 1945-2001 / Histoire d’une lutte de classes, Sononevero, 2003.

 

Résistance au colonialisme: Massacre en Palestine occupée et lutte des classes (7 du Québec)

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A Gaza, la bourgeoisie se planque et le prolétariat planche, encore une lutte de libération nationale bourgeoise

 

Robert Bibeau

 

23 mai 2018

 

Source: 

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/a-gaza-la-bourgeoisie-se-planque-et-le-proletariat-planche-encore-une-lutte-de-liberation-nationale-bourgeoise/

 

Que se passe t’il en Palestine occupée ?

Depuis plusieurs semaines (depuis le vendredi 30 mars 2018) le gouvernement israélien et l’armée israélienne ont assassiné plus d’une centaine de Palestiniens, de nombreux enfants notamment, et ils en ont blessé des milliers d’autres (plus de 11 000). Désarmés, ces Palestiniens ont été tués ou blessés pour le crime de manifester contre leur incarcération dans le plus grand bagne à ciel ouvert des temps modernes où un million cinq cent mille damnés de la terre s’entassent, emprisonnés depuis soixante-dix années.

Au-delà du dégoût et de la colère que provoque ces meurtres commis de sang-froid, sous l’œil des caméras (nonobstant leur myopie sélective) la question que soulève ces crimes contre l’humanité c’est : « Pourquoi ce carnage largement médiatisé ? »

Se peut-il que les palestiniens manifestant pensent que ces soldats totalement aliénés – endoctrinés – s’abstiendront de les tués ? Se pourrait-il que les Palestiniens innocents espèrent que les dirigeants israéliens reculeront devant ces crimes de guerre avérés ?  Je ne le crois pas. Les prolétaires palestiniens connaissent leurs geôliers « nazifiés » depuis soixante-dix ans maintenant, et il est évident qu’aucun de ces militants n’attend de pitié des mercenaires de Tsahal.

Il nous faut donc admettre que les martyrs palestiniens connaissent les risques qu’ils encourent face à ces tueurs programmés. Car autant le mystère est grand sur ce qui pousse ces militants bien intentionnés – mais manipulés – à s’immoler de la sorte, autant le mystère plane sur les motifs et les objectifs des autorités israéliennes qui ne peuvent ignorer le dommage que leur occasionne de telles spectacles d’assassinats publics télévisés et répétés. Qui après avoir vu ces crimes de guerre osera encore prétendre au droit à l’existence de cet État fantoche, de cet État voyou, de cet État illégale et illégitime, construit sur une Terre expropriée et ensanglantée.

Le peuple « juif » n’existe pas mais l’État colonial israélien existe

Il est évident que les dirigeants israéliens savent qu’ils forcent leurs comparses des capitales de la « communauté international » bidon à se démasquer et à s’exposer en compagnie de ces tueurs en série, ce qui les embarrasse assurément, c’est pourtant l’effet escompté. À travers cette allégeance occidentale à ses tortionnaires sionistes, le suzerain américain souhaite signifier aux prolétaires américains, israéliens, palestiniens, français, canadiens, et à ceux du monde entier, le sort qu’il réserve aux damnés de la Terre révoltés. Après George W Bush, après Barack Obama, voici Donald Trump qui proclame « Vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous ». Voilà la signification profonde de cette tuerie contre le peuple Palestinien, massacre qu’exécute le protectorat israélien, ce soi-disant État d’un « peuple » qui n’existe pas et n’a jamais existé.

En effet, comme l’écrit Shlomo Sand un peuple – une nation – de quelques milliers d’individus n’a pu subsister dans l’errance, expatrier- éparpiller à travers le monde pendant deux milliers d’années, convertissant et intégrant des étrangers (goys) ayant pour seule composante identitaire un livre « révélé » (la Thorah) différemment interprété. (1)

La vraie nature du protectorat israélien

Il faut bien le comprendre, Israël est un protectorat créé par les impérialistes britanniques au siècle dernier, à une époque où pour contrôler et s’approprier une richesse naturelle (pétrole), son transport et ses marchés, une puissance impériale devait disposer d’une armée à proximité de la ressource, une armée capable d’intervenir rapidement pour frapper les bourgeoisies nationales récalcitrantes en cas de nécessité. C’est d’ailleurs ce que fit l’État fantoche israélien en 1956, aux ordres du Royaume-Uni et de la France, empires convoitant le Canal de Suez porte d’entrée des pétroliers ravitaillant le marché européen. Il en fut ainsi par la suite quand la nouvelle puissance hégémonique américaine eut pris le relais des vieilles puissances européennes déchues (Guerre de 1967, de 1973, bombardements de la Tunisie, de la Jordanie, de la Libye, de l’Irak, de la Syrie, invasions et occupation du Liban, et du Golan, etc.). Aujourd’hui, sous l’impérialisme moderne dont l’économie est mondialisée et financiarisée, l’entretien d’un contingent militaire en terre étrangère n’est plus nécessaire. Il faut en convenir Israël est une base militaire obsolète qu’il leur faudra tôt ou tard désaffectée. (2)

L’internationale « juive » ne fait plus recette, bienvenue au « false flag » sioniste

Nul ne doit se laisser berner par les jérémiades proto-sionistes à propos de la lubie de la judéité du « Peuple élu » et autres fadaises au sujet des prophéties de Theodor Herzl, un suprémaciste sponsorisé, et de l’assentiment prémédité de Lord Arthur Balfour (1917), et autres foucades folkloriques complotistes à propos des sectes « juives internationales » qui domineraient le monde avec leurs 16 millions d’adhérant (sur 7 milliards d’individus vivants soit 0,05%), comprenant quelques dizaines de prétendants « juifs » sur les 2500 milliardaires recensés (0,05% du total) , ou encore, à propos de l’État de tous les « Juifs » (dont la majorité des citoyens est athée) sur une Terre « promise » (sic) par Yahweh à cette populace d’exilée multiethnique rassemblée là par les pénuries de logements et d’emplois. Ne pas oublier non plus l’inévitable forfanterie de l’« AIPAC », un club sélect dont les milliardaires opportunistes américains se servent comme paravent pour dissimuler leurs méfaits et en accusé commodément les sanguinaires « juifs » expatriés. Vous cherchez un modèle de « False Flag », en voilà un.

Une époque tire à sa fin, l’alliance Atlantique s’effrite

Soupçonnent-ils ces capitalistes israéliens, ce que vous et moi nous savons déjà : que premièrement, leur mentor déclinant s’écarte progressivement de ses alliés et concurrents européens; que deuxièmement, une fois leur tuteur défaussé il ne restera plus personne pour les protégés; que troisièmement, le temps joue contre eux ! Imaginez dans trente ans combien de dizaines de millions d’arabes enragés –débarrassés de leurs dirigeants prostrés – encercleront cette base militaire néocoloniale abandonnée par les porte-avions US partis en galère faire la guerre de l’autre côté de la Terre, en mers de Chine, de Corée ou du Japon.

Te Deum en Palestine sacrifiée

Il n’y a qu’une explication possible à la tactique sanguinaire et suicidaire de l’État voyou israélien. Maintenant qu’il a reçu la dernière concession de son maître poltron à son ambassade relocalisée, le diable sioniste étale sa hargne désespérée avant de jouer son va-tout, ce bain de sang signifiant qu’il vendra chèrement chaque parcelle de terre spoliée, ce dont le Hamas et l’OLP ont pris acte à n’en pas douter à travers ces milliers de sacrifiés. Il est tout de même triste qu’une nouvelle fois (vingtième répétition depuis la Nakba de 1948) des milliers de Palestiniens aient ainsi payer de leur sang les tractations pour le partage des terres entre deux bourgeoisies nationalistes chauvines (3). Un jour, le bantoustan palestinien tant souhaité par Arafat et par Haniyeh ouvrira ses portes, veuillez en remercier ces milliers d’immolés. La véritable libération du prolétariat palestinien viendra plus tard, n’en doutez pas. (4)

NOTES

1.      1.http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/comment-le-peuple-juif-fut-invente/

2.      2.http://www.les7duquebec.com/7-au-front/wall-street-se-retire-de-laccord-sur-le-nucleaire-iranien/

3.      3. Selon Ismaïl Haniyeh, « les sangs versés à Gaza ont fait capoter la décision de Trump concernant le « deal du siècle ». « Donald Trump avait l’intention d’annoncer le « deal du siècle » et le « démantèlement de la Palestine » le jour même du transfert de l’ambassade US à Qods, mais les sangs versés à Gaza l’ont empêché d’exécuter sa décision », a dit le chef du Hamas.  http://www.presstv.com/Detail/2018/04/06/557610/Isral-Palestine-Gaza-Cisjordanie-retour

4.      4. Robert Bibeau (2017) Question nationale et révolution prolétarienne sous l’impérialisme moderne.  L’Harmattan. Paris. 150 pages. http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/question-nationale-et-revolution-proletarienne-sous-limperialisme-moderne-ouvrage-de-robert-bibeau/

Résistance au colonialisme, à l’ethnocide et au génocide en Palestine… La grande marche du retour des Palestiniens fait faire dans son froc à l’entité sioniste…

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La grande marche du retour et la bataille médiatique

 

Fadwa Nassar avec Al Manar

 

18 avril 2018

 

Source: http://french.almanar.com.lb/860748

 

 

Avant même que la « grande marche du retour » ne soit déclenchée le 30 mars, à l’occasion de la Journée de la terre, l’occupant sioniste a lancé sa grande machine médiatique, relayée par les médias internationaux : elle serait organisée par le mouvement Hamas, les manifestants seraient des combattants, et son but serait de masquer les « déboires » du mouvement de la résistance.

Justifier la tuerie…masquer le but de la marche

Cette version sioniste du grand mouvement populaire déclenché à partir de la bande de Gaza a eu pour objectif de justifier à l’avance la tuerie qui a eu lieu. Le dernier bilan de cette tuerie perpétrée par les sionistes, depuis le 30 mars, s’élève à 33 martyrs et 4279 blessés.

Prétendre que le mouvement Hamas est l’organisateur de la marche, comme l’ont relayé des médias à la botte des sionistes dans le monde, c’est d’abord justifier tout massacre, et ensuite, masquer le but principal de la marche, qui est l’affirmation du droit au retour des réfugiés à la Palestine, droit reconnu par l’ONU, ce qui a été masqué par une grande partie des médias dans le monde, y compris des médias « pro-palestiniens ». Car réclamer le « droit au retour des réfugiés » signifie, pour la plupart des médias et de la communauté internationale, mettre en « danger » la solution de « deux Etats », si chère à tous ceux qui ont accordé une légitimité à la fondation d’une entité sioniste en 1948, sur la base des massacres et de l’expulsion massive des Palestiniens.

Le peuple, dans toutes ses composantes

« Israël » a tué des manifestants désarmés, quelle que soit leur appartenance politique. Bien évidemment, les marcheurs vers l’entité coloniale ne sont pas des « a-politiques » et nombreux d’entre eux appartiennent aux formations de la résistance armée, car en Palestine, et dans la bande de Gaza plus encore, la résistance armée est une résistance populaire, et ses membres sont issus du peuple palestinien.

Mais au cours de la marche, ces résistants ont marché désarmés, avec leur peuple, et les dirigeants politiques de la résistance étaient et sont toujours présents, à la tête des manifestations et dans les « tentes du retour », comme doivent l’être tous les dirigeants dignes de ce nom. De même, la coordination de la « grande marche du retour » rassemble les formations de la résistance aux côtés des unions populaires (femmes, jeunes, étudiants, journalistes, avocats, médecins, etc) et des associations civiles. C’est donc le peuple palestinien, dans toutes ses composantes, qui participe à la marche du retour, pour réclamer le droit légitime au retour des réfugiés à leurs terres.

 

 

Personne n’a le droit de supprimer le droit

Las d’attendre la communauté internationale, les Palestiniens ont décidé d’agir, d’autant plus que le président américain Trump a ouvertement souscrit à la position sioniste, affirmant que le droit au retour des réfugiés est annulé. Mais le peuple palestinien affirme que nul n’a le droit de supprimer son droit, ni de le marchander. C’est le sens de la « grande marche du retour », ignoré par les médias, qui l’ont remplacé par d’autres objectifs, qui seraient de desserrer l’étau et le blocus contre la bande de Gaza, ou même de régler le problème avec Mahmoud Abbas.

Pleurer les victimes sans soutenir la résistance

Depuis que la marche a été déclenchée, des pressions sont exercées par des régimes arabes, des Etats européens et des organisations internationales, tous désireux de sauver l’entité sioniste, pour cesser la marche, en contrepartie de quelques miettes, du genre lever partiellement le blocus contre Gaza et régler le différend avec l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas. En même temps, l’Autorité et ses services sécuritaires empêchent le mouvement de la marche de s’étendre vers la Cisjordanie, en vue de l’étouffer et de réduire son objectif, qui serait propre à la bande de Gaza, et non un objectif national partagé par tout le peuple palestinien.

C’est en ce sens que les médias plutôt « pro-palestiniens » liés à l’Autorité palestinienne dénoncent la tuerie perpétrée par l’entité coloniale, sans cependant expliciter clairement l’objectif de la « grande marche du retour », au cours de laquelle les Palestiniens, et notamment les jeunes qui prennent de nombreuses initiatives, inventent mille et une façons d’affirmer leurs droits. Comme l’a déjà écrit le martyr Bassil Al-A’raj, nombreux sont ceux qui savent pleurer sur les victimes, mais peu savent comment soutenir une résistance légitime.

Empêcher la transmission des faits

Les dirigeants de l’entité sioniste et ses médias ont salué la tuerie que leur armée a perpétrée, et les nombreux journalistes de la colonie proposent quotidiennement des moyens encore plus diaboliques. Le journaliste martyr Yasser Murtaja serait un membre des Brigades al-Qassam, d’après eux, justifiant ainsi son assassinat. Ils ont justifié le fait qu’ils visent, outre les journalistes et photographes, les équipes médicales et les ambulances, faisant de nombreux blessés, car tous seraient des membres de la résistance armée. Le fait de viser les journalistes, comme les sionistes le font depuis la fondation de leur colonie, a pour but d’empêcher la transmission des vraies images de la marche et son caractère populaire, qui démentent la propagande sioniste, et le fait de viser les équipes médicales a pour but de terroriser les manifestants, de stopper la marche, et de lancer un message de défi à tous ceux qui lui demandent de « diminuer l’intensité de ses tirs ».

Seulement une baisse de l’intensité des tirs

Car c’est l’intensité des tirs de l’armée sioniste sur des manifestants et « infiltrés » désarmés qui gêne la communauté internationale, qui a donné cependant son feu vert à la tuerie. Certains Etats et des organisations internationales réclament même des enquêtes. Le représentant du mouvement du Jihad islamique au Liban, Ihsan Ataya a justement répondu à ce propos, disant : « les sionistes tuent les Palestiniens, les tueries sont exposées sur les écrans, comme des films… Certains viennent réclamer des commissions d’enquête pour s’assurer de la nature des munitions. Est-ce que les Palestiniens de Gaza se suicident-ils, par hasard ? Nous entendons certains demander à l’ennemi sioniste de ne pas utiliser la force excessive. Est-ce un message implicite disant que la tuerie est permise, mais que le problème réside dans le nombre de martyrs et de blessés et des armes utilisées ? »

Face à cette marche, les sionistes paniquent, parce qu’ils ont affaire à un peuple décidé à retourner sur ses terres spoliées en 1948. Ils se préparent à tuer le 15 mai, mais d’ici là, et parce qu’ils savent que c’est un mouvement populaire, ils proposent des soi-disant concessions, pour briser le mouvement. Mais les organisateurs de la marche poursuivent le mouvement et viennent de décider de déplacer les tentes, de 50 à 100 mètres, vers les barbelés installés par les colons, en vue de la journée du 15 mai prochain.

 

Résistance au colonialisme: Des Amériques à la Palestine, se réapproprier l’histoire pour changer les mentalités…

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“Le peuple natif de Palestine, comme les @euples natifs de tout autre pays du monde arabe, d’Asie, d’Afrique, des Amériques et d’Europe, a refusé de diviser la terre avec une communauté de colons s’y établissant.”
… “La résolution 181 de l’ONU [de novembre 1947] fut un acte prématuré de donner la moitié de la Palestine à un mouvement idéologique qui avait ouvertement déclaré dans les années 1930 de vouloir dé-arabiser la Palestine.”
~ Walid Khalidi ~

“L’aspect le plus immoral de la résolution 181 est le fait qu’elle n’inclut absolument aucun mécanisme pour empêcher un nettoyage ethnique de la Palestine… Et comme l’ont reconnu plus tard les théoriciens du nettoyage ethnique, là où est adoptée une idéologie exclusive dans une réalité de terrain hautement chargée en différence ethnique, il ne peut y avoir qu’un seul résultat: le nettoyage ethnique.”
~ Illan Pappe ~

Excellente analyse de Ramzy Baroud, dont le titre est un clin d’œil au livre référence d’Howard Zinn « Une histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours » (1980) à laquelle nous ajouterons sous l’article notre traduction d’un extrait du livre de l’historien israélien et spécialiste de la Nakba Illan Pappe « The Ethnic Cleansing of Palestine » (6 rééditions depuis la première édition d’octobre 2006) où il présente les 3 axiomes d’Israël dans sa politique intérieure.
~ Résistance 71 ~

 

Le besoin d’une histoire populaire palestinienne

 

Ramzy Baroud

 

22 février 2018

 

Source: http://www.chroniquepalestine.com/besoin-histoire-palestinienne-populaire/

 

ll est temps pour les intellectuels palestiniens de s’approprier et d’écrire une histoire palestinienne qui soit véritablement celle du peuple.

L’Accord d’Oslo de 1993 est un moment critique qui a brisé la cohésion du discours palestinien et a affaibli et divisé le peuple palestinien. Cependant, il n’est pas trop tard pour y remédier par des efforts décisifs et communs, au-delà des points de vue politiques palestiniens liés à des aspirations égoïstes et à des organisations rivales.

En l’absence d’une direction palestinienne qui soit l’émanation du peuple palestinien lui-même, les intellectuels doivent sauvegarder et exposer l’histoire palestinienne au monde avec souci d’authenticité et d’équilibre. La clarté et l’intégrité de l’histoire palestinienne ont été endommagées et altérées par les tactiques de l’Autorité palestinienne (AP) qui ont pour effet d’effacer le droit au retour des réfugiés palestiniens de sa plate-forme politique.

Le président palestinien Mahmoud Abbas, du parti Fatah, a réellement déclaré qu’il n’avait aucun intérêt à retourner à Safad, la ville palestinienne d’où sa famille avait été expulsée en 1948 !

Une telle attitude est ce à quoi l’on devait s’attendre de la soi-disant direction palestinienne modérée, dont le discours et les perspectives politiques sont toujours calés sur les limites du « processus de paix » longtemps promu par Washington. Mais ce genre de pragmatisme politique a ravagé le récit palestinien, l’éloignant de la lutte populaire en cours.

La Palestine n’est pas une histoire de factions – elles ne sont qu’un sous-produit d’une histoire tumultueuse et multiforme du colonialisme et de la résistance, des influences politiques et idéologiques étrangères et de la concurrence féroce entre divers mouvements sociaux.

Bien sûr, il serait facile de faire endosser cette représentation faussée de la Palestine uniquement par le leadership palestinien – c’est aussi le résultat d’un récit sioniste omniprésent qui cherche à effacer la réalité.

Résistance et « existence »

Pour l’essentiel, l’histoire de la Palestine est l’histoire du peuple palestinien, car c’est lui la victime de l’oppression et le principal canal de résistance, si l’on commence par la création d’Israël sur les ruines des villages palestiniens en 1948. Si les Palestiniens n’avaient pas résisté, leur histoire se serait interrompue immédiatement et ils auraient eux aussi disparu.

Ceux qui critiquent la résistance palestinienne, armée ou non, ne se représentent pas les ramifications psychologiques de la résistance, comme un sentiment d’autonomisation collective et d’espoir parmi le peuple. Dans son introduction à « Les damnés de la terre » de Frantz Fanon, Jean-Paul Sartre décrit la résistance violente comme un processus par lequel « un homme se re-crée ».

Et pendant 70 ans, les Palestiniens se sont embarqués dans ce voyage de la recréation du « soi-même ». Ils ont résisté, et leur résistance sous toutes ses formes a façonné un sentiment d’unité collective, malgré les nombreuses divisions qui ont surgi entre eux.

La résistance incessante, une notion maintenant incarnée dans le tissu même de la société palestinienne, a privé l’oppresseur de la possibilité d’écraser les Palestiniens ou de les réduire à l’état de victimes impuissantes et de réfugiés sans défense. La mémoire collective du peuple palestinien doit se concentrer sur ce que signifie être Palestinien, définir le peuple palestinien, ce qu’il représente en tant que nation et pourquoi il a résisté tout au long des années.

Il est temps de s’éloigner de l’élitisme intellectuel

Une nouvelle articulation du récit palestinien est plus que jamais nécessaire. Le discours des élites sur la Palestine tourne à vide et n’a pas plus de valeur que les Accords d’Oslo. Ce n’est rien de plus qu’un exercice éculé fait de clichés vides de sens et visant à soutenir la domination politique américaine en Palestine ainsi que dans le reste du Moyen-Orient.

La théorie du « grand homme », qui stipule que des individus tout-puissants façonnent l’histoire, est un obstacle qui définit depuis trop longtemps la manière dont le discours palestinien a été relayé. Décrypter la Palestine à travers cette lentille est une tache au front de nombreux intellectuels.

C’est un discours réductionniste qui a marginalisé pendant des décennies le peuple palestinien, sa souffrance et son héroïsme, préférant plutôt des négociateurs palestiniens bien habillés parlant pompeusement d’un « processus de paix » et de « compromis douloureux », comme si c’était acceptable pour les droits et libertés d’une nation entière d’être réduit à une monnaie d’échange.

La vérité est très différente de ces distorsions médiatiques. Le processus de paix est mort, mais le peuple palestinien résiste toujours. Sans surprise, le peuple est plus puissant qu’un groupe d’individus égocentriques. La résistance populaire n’est pas limitée par la politique frivole d’Abbas ou d’autres acteurs.

Abbas et ses seconds couteaux ont non seulement muselé la volonté politique du peuple palestinien et prétendu faussement représenter tous les Palestiniens, mais ils ont aussi dépouillé les Palestiniens de leur récit, celui-là même qui unit les fellahs (paysans) et les réfugiés, les occupés et les shattats (diaspora), en une seule nation.

Ce n’est que lorsque l’intellectuel palestinien pourra reprendre possession de ce récit collectif que les limites imposées à la voix palestinienne pourront finalement être brisées. C’est seulement à ce moment-là que les Palestiniens pourront vraiment faire face à la propagande israélienne hasbara (propagande) israélienne et à la propagande des médias occidentaux et, enfin, parler sans entraves.

Peut-être le plus important, si l’histoire du peuple doit être racontée avec précision et équité, le conteur doit être un Palestinien. Ce n’est pas un sentiment ethnocentrique dissimulé, mais plutôt la confirmation que les faits changent dans le processus d’interprétation, comme l’explique le défunt professeur palestinien Edward Said : «Les faits tirent leur importance de ce qui en est fait en interprétation … Les interprétations dépendent beaucoup de qui est l’interprète, à qui il s’adresse, quel est son but et à quel moment historique l’interprétation a lieu ? »

Le Dr Soha Abdel Kader décrit les études d’histoire du Moyen-Orient comme «portant généralement l’empreinte de l’orientalisme», avec des sources et des méthodologies limitées pour étudier la région. La même chose est vraie pour les études palestiniennes. Fait le plus remarquable depuis le début du prétendu processus de paix, l’historiographie palestinienne a largement négligé les gens ordinaires et est restée otage de l’histoire des élites, de leurs institutions politiques, de leurs événements diplomatiques et de leur compréhension des conflits, que ce soit sur le plan socio-économique ou conflictuel.

Parmi les citoyens palestiniens du peuple, cependant, « l’histoire d’en bas » est ce qui capte l’attention. « Adab al-sijun » (littérature de la prison) est resté un aliment de base dans la plupart des librairies palestiniennes et des bibliothèques jusqu’à ce jour. Contrairement à «la théorie du grand homme», «l’Histoire d’en bas» soutient que si les individus ou les petits groupes sociaux (élites dirigeantes et ceux qui les financent) peuvent provoquer certains événements historiques, ce sont surtout les mouvements populaires qui influencent significativement les résultats sur le long terme.

La première Intifada palestinienne a conforté cette affirmation. Ainsi, les appels constants pour une « Troisième Intifada » par beaucoup de Palestiniens ne sont pas invoqués par légèreté mais viennent plutôt des succès historiques de tels mouvements « d’en bas ».

Les Palestiniens présentés comme un inconvénient

Il y a des obstacles à ces appels pour un autre mouvement populaire conduit depuis la base. Il y a les défis de provoquer une prise de conscience et de gérer efficacement un tel projet, mais aussi les tentatives impitoyables des historiens sionistes (ainsi que de nombreux occidentaux) de remplacer le récit historique palestinien par le leur.

Dans le récit sioniste israélien, les Palestiniens, s’ils sont mentionnés, sont décrits comme des nomades à la dérive, un inconvénient qui entrave la voie du progrès – un récit reprenant celui qui définissait la relation entre chaque puissance coloniale occidentale et les peuples indigènes qui résistaient.

Du point de vue sioniste, l’existence palestinienne est un inconvénient qui ne devait être que temporaire. « Nous devons expulser les Arabes et prendre leur place », écrit le père fondateur d’Israël, David Ben Gourion.

Ce type de discours éhonté s’est systématiquement traduit par les agressions militaires qui ont « nettoyé ethniquement » près d’un million de Palestiniens de leurs terres en 1947-48, et qui continuent de mener l’entreprise coloniale dans les Territoires occupés.

Ce récit continue d’être défendu par les historiens, les médias et les politologues sans trop de contestation. Dans son interview au journal israélien Haaretz, en 2004, l’historien israélien Benny Morris a donné son point de vue sur le nettoyage ethnique des Palestiniens, illustrant la profondeur de la dépravation morale du récit israélien : « Je ne pense pas que les expulsions de 1948 étaient des crimes de guerre. On ne fait pas une omelette sans casser des œufs, vous devez vous salir les mains … Il n’y avait pas d’autre choix que d’expulser cette population ».

Entre le marteau et l’enclume

Assigner au peuple palestinien le rôle de personnes déracinées, déshéritées et nomades sans se soucier des implications éthiques et politiques de telles représentations, a contribué à présenter à tort les Palestiniens comme un collectif docile et acceptant d’être balayés par ceux qui sont plus puissants.

Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité, et la résistance palestinienne est l’exemple ininterrompu de la force et de la résilience du peuple palestinien.

Oui, le combat a été dur. Entre le marteau de l’occupation et de la Hasbara israélienne, et l’enclume des soumissions et échecs du leadership palestinien, la Palestine, les Palestiniens et leur histoire se sont retrouvés piégés et mal compris.

Il est temps pour nous de passer la vitesse au-dessus. Nous, écrivains, historiens et journalistes palestiniens, assumons la responsabilité de réinterpréter l’histoire palestinienne et faire nôtres et faire partager les voix palestiniennes, afin que le reste du monde puisse, pour une fois, apprécier l’histoire racontée par des vainqueurs tenaces bien que blessés.

Il nous incombe – pas seulement aux Palestiniens, mais aussi à ceux qui souhaitent présenter une compréhension véridique de notre lutte historique – de reprendre le récit palestinien et d’effacer la propagande sioniste. L’histoire doit maintenant se concentrer entièrement sur la vie, les perspectives et les représentations des gens du peuple – les réfugiés, les indigents, les classes populaires dont les Palestiniens de la classe ouvrière. Ce sont eux qui incarnent réellement la Palestine, pas Abbas et son imaginaire processus de paix.

= = =

« Les trois axiomes de la politique intérieure d’Israël » (extrait du livre d’Ilan Pappe « The Ethnic Clearing of Palestine », 2006 page 239), traduit de l’anglais par Résistance 71

« La première des trois lignes de conduite, ou plutôt axiomes, d’Israël est que le conflit israélo-palestinien a son origine en 1967. Pour le résoudre tout ce dont on avait besoin était un accord qui déterminerait le statut futur de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. En d’autres termes, comme ces zones ne constituent que 22% du territoire de la Palestine, Israël a réduit d’un coup de crayon toute résolution de paix à seulement une toute petite partie du territoire originel palestinien. Non seulement cela, mais Israël demandait et continue à demander aujourd’hui, toujours plus de compromis territoriaux, soit en résonance avec l’approche économique favorisée par les Etats-Unis ou comme dictés par une carte sur laquelle les deux camps politiques se sont mis d’accord en Israël.
Le second axiome est que tout ce qui est visible dans ces zones, la Cisjordanie et la bande de Gaza, peut toujours encore être divisé et que ces divisions, cette faculté à toujours plus diviser, est une des clefs du processus de paix. Pour Israël, cette division du visible inclut non seulement la terre mais aussi le peuple et les ressources naturelles.
Le troisième axiome israélien est que rien de ce qui s’est produit avant 1967, incluant la Nakba et le nettoyage ethnique, ne sera jamais négociable. Les implications ici sont très claires: cela retire complètement de l’équation du processus de paix le problème des réfugiés et met directement sur la touche et sans appel le droit des Palestiniens au retour à la terre. »

Espoir de fin d’année en provenance de Palestine occupée…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 30 décembre 2017 by Résistance 71

Terminons l’année 2017 sur une note d’espoir en provenance de la Palestine occupée où une partie de la jeunesse israélienne ouvre les yeux et agit pour être du bon côté de l’histoire… Quoi de plus beau que de voir les éléments internes à une dictature se soulever et entrer en dissidence ?…
2018 s’annonce être une année qui fera date, à suivre…
~ Résistance 71 ~

 

Des élèves israéliens refusent de servir leur armée en Cisjordanie occupée

Al Manar

30 décembre 2017

url de l’article en français: http://french.almanar.com.lb/717066

Des dizaines d’élèves israéliens de terminale ont affirmé dans une lettre qu’ils refusaient d’être enrôlés dans l’armée d’occupation israélienne après leur bac pour protester contre ce qu’ils qualifient de « mise en œuvre par l’armée d’une politique gouvernementale raciste qui viole les droits de l’Homme ».

La lettre, signée par 63 lycéens de tout le pays, est adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu, au ministre de la Défense Avigdor Liberman, au ministre de l’Education Naftali Bennett et au chef d’état-major de l’armée Gadi Eisenkot, rapporte la chaine d’information israélienne i24.

La missive appelle tous les lycéens israéliens à se joindre à eux et à refuser d’être enrôlés tant que la Cisjordanie continuera d’être « occupée ».

« L’armée met en œuvre une politique gouvernementale raciste qui viole les droits de l’homme fondamentaux et applique une loi pour les Israéliens et une autre loi pour les Palestiniens dans le même territoire », souligne la lettre.

« Toute une nation vit sous une incitation à la haine institutionnalisée et dirigée contre les Palestiniens des deux côtés de la Ligne Verte, et nous – jeunes hommes et femmes de différentes parties du pays et de différents milieux sociaux – refusons de croire à l’incitation systématique ou de prendre part à la politique oppressive du gouvernement », conclut la lettre.

Le refus de servir dans l’armée d’occupation est l’une des questions les plus controversées en ‘Israël’.

Selon le site d’information Ynet, les signataires prévoient de descendre dans la rue pour mobiliser davantage de lycéens.

Résistance au colonialisme: BDS, la riposte à Balfour

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 7 novembre 2017 by Résistance 71

Ce qu’il faut bien comprendre c’est que Balfour n’a fait qu’entériner un projet sioniste déjà existant, comme le dit l’historien israélien Illan Pappé dans son livre « The Ethnic Cleansing of Palestine » (2006), cela ne rappelle t’il pas quelque chose s’étant déroulé outre Atlantique ?…

« En fait, pour beaucoup de sionistes, la Palestine n’était même pas une ‘terre occupée’ quand ils arrivèrent dessus pour la première fois en 1882, mais c’était plutôt ‘une terre vide’. Les natifs palestiniens qui y vivaient leur étaient invisibles ou s’ils ne l’étaient pas, faisaient partie de la dure nature des choses de l’environnement et devaient de la sorte être soit conquis, soit éliminés. Rien, ni pierres, cailloux ou Palestiniens feraient obstacles à la ‘rédemption’ nationale de la terre convoitée par le mouvement sioniste. » (p.11 dans la version anglaise, traduit par Résistance 71)

De fait, les Palestiniens, la cause palestinienne est la même que celle des Amérindiens. Tous sont victimes de la folie colonisatrice d’un occident génocidaire.

Juste après Pappé dit ceci: « Jusqu’à l’occupation de la Palestine par la Grande-Bretagne en 1918, le sionisme n’était qu’un mélange d’idéologie nationaliste et de pratique coloniale. »

Dans so conclusion, Pappé dit ceci: « Le problème d’israël ne fut jamais sa judéité, le judaïsme possède bien des facettes et bon nombre d’entre elles fournissent une base solide pour la paix et la cohabitation, le problème est le caractère ethnique du sionisme. Le sionisme ne possède pas la même marge de pluralisme offerte par le judaïsme, certainement pas en tout cas pour les Palestiniens. »

Un autre historien israélien Schlomo Sand, professeur d’histoire à l’université de Tel Aviv dit: « La bible est la justification suprême de la colonisation des temps modernes, chaque bataille est l’écho d’une action ancienne.. » Puis, à l’instar du Dr Ashraf Ezzat dont nous traduisons les recherches, il dit ceci: « Les Egyptiens antiques conservaient des archivers méticuleuses et très complètes de chaque évènement et il y a énormément de documentation au sujet de la vie politique et militaire du royaume. Il y a même des documents au sujet de l’incursion de groupes nomades sur le territoire. Et pourtant, il n’y a absolument aucune mention nulle part de ces « enfants d’Israël » qui quittèrent l’Egypte ou qui se seraient rebellés contre elle, ou auraient émigré, à quelque moment de son histoire… Aucunes traces en quoi que ce soit ne furent trouvées de leur errance dans le désert du Sinaï à cette époque et la véritable géolocation du Mont Sinaï doit toujours être découverte.. » (« The Invention of the Jewish People », 2009). Il conclut ainsi: « Pourtant, les mythes historiques qui furent avancés et crus avec une bonne dose d’imagination et qui conduisirent à la création de la société israélienne sont maintenant devenus une force dont la puissance émet la possibilité de sa destruction. »

~ Résistance 71 ~

 

 

100 ans après Balfour la campagne BDS est notre riposte !

 

Omar Barghouti*

 

4 novembre 2017

 

Source: http://chroniquepalestine.com/100-ans-apres-balfour-campagne-bds-riposte/

 

(*) Cofondateur du mouvement BDS (Boycott, Desinvestments, Sanctions) et de la campagne palestinienne du boycott culturel et universitaire d’Israël.

 

Balfour a déclenché une tragédie nationale pour le peuple palestinien, mais avec la campagne BDS, nous ripostons.

Lorsque les milices sionistes ont chassé ma grand-mère, Rasmiyyah et sa famille à Safad sous la menace des armes à feu durant la Nakba de 1948, le processus de colonisation qui a été enclenché par la Déclaration Balfour et qui a abouti à un nettoyage ethnique est devenu une tragédie pour le peuple autochtone de Palestine. C’est devenu une question personnelle.

J’ai hérité de ma défunte grand-mère sa passion pour la dignité humaine et sa ténacité à se battre pour la justice. C’est donc tout naturellement que, dans le débat actuel sur l’héritage de Balfour, j’ai choisi de me concentrer sur les deux.

À son centenaire, de nombreux analystes débattent de ce que signifiait réellement la Déclaration Balfour et se demandent s’il était légal que l’empire britannique en 1917, offre aux colons juifs-européens un « foyer national » en Palestine « sans tenir compte à la fois de la présence et la majorité indigène », comme l’a dit Edward Said.

Ce qui manque largement au débat, au-delà des demandes justifiées d’excuses britanniques et de réparations, c’est l’impératif d’agir maintenant pour mettre un terme à la Nakba palestinienne en cours en mettant fin à la complicité non seulement du Royaume-Uni, mais surtout des États-Unis et d’autres puissances occidentales dans le maintien d’un système d’injustice qui a prévalu pendant une centaine d’années. En armant Israël, en le protégeant contre les sanctions des Nations Unies, et en le traitant comme un État au-dessus du droit international, ces puissances renforcent l’inhumanité incontestable inhérente à l’héritage de Balfour.

LIRE EGALEMENT : Une interview de José-Luis Moraguès : « Le BDS s’oppose radicalement au sionisme et à sa vision raciste du monde »

Certains peuvent s’opposer à ce que le projet sioniste soutenu par les Britanniques en Palestine soit considéré comme un cas de colonisation de peuplement, mais même les dirigeants sionistes de droite influents étaient tout à fait honnêtes à ce sujet. En 1923, par exemple, Ze’ev Jabotinsky écrivait : « Chaque population indigène dans le monde résiste aux colons tant qu’elle a le moindre espoir de pouvoir se débarrasser du danger d’être colonisée… La colonisation sioniste doit soit s’arrêter, ou bien avancer indépendamment de la population autochtone. »

Jabotinsky faisait la promotion d’un « mur de fer » sioniste pour dominer la population indigène, en partie en colonisant nos esprits par le désespoir. Aujourd’hui, Israël, soutenu par les États-Unis et l’Union européenne, construit des murs de béton et utilise une violence extrême pour écraser notre espoir et inscrire dans notre conscience collective qu’il est futile de résister à son hégémonie coloniale.

La première étape de la décolonisation et de la guérison pour nous Palestiniens, alors, doit être d’exorciser le désespoir que nous avons intériorisé pendant des décennies de brutal régime militaire israélien et de déni de nos droits humains fondamentaux. Nous devons nous investir dans un processus profond de décolonisation de nos esprits, par une dose d’espoir saine et réaliste.

Le mouvement mondial de Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions (BDS) mené par les Palestiniens, pour la liberté, la justice et l’égalité est aujourd’hui une source majeure d’espoir pour les Palestiniens.

En plus de relier la lutte palestinienne aux luttes pour la justice raciale, indigène, économique, sexuelle, sociale et climatique, la campagne BDS exerce des pressions non-violentes sur les institutions, les entreprises et les gouvernements impliqués dans le soutien aux violations des droits humains par Israël. Un récent sondage de la BBC montre qu’Israël est devenu l’un des États les moins populaires au monde.

Inspiré par le mouvement des droits civiques américains et le mouvement anti-apartheid sud-africain, le BDS a été lancé en 2005 par la plus large coalition de la société civile palestinienne. Il appelle à mettre fin à l’occupation israélienne de 1967, à mettre fin à sa discrimination raciale légalisée, qui répond à la définition américaine de l’apartheid, et à respecter le droit des réfugiés palestiniens tel que stipulé par les Nations Unies, de retourner dans leurs foyers et sur leurs terres.

Réalisant l’espoir que nourrit le BDS et le fait que l’impact du mouvement grandisse parmi les principaux fonds de pension, syndicats, gouvernements étudiants, associations académiques, mouvements sociaux, artistes et, dans une certaine mesure, Hollywood, les groupes de pression israéliens ont recours à des mesures désespérées et sans doute illégales pour étouffer le mouvement.

Par exemple, il y a quelques semaines, la ville de Dickinson, au Texas, a mis en place une législation anti-BDS en conditionnant l’aide humanitaire après les ouragans, à la promesse de ne pas boycotter Israël ou ses colonies illégales. L’Union américaine des libertés civiles (ACLU) a condamné cela comme « une violation flagrante du premier amendement, rappelant les serments de loyauté de l’ère McCarthy … »

L’ACLU a également déposé une plainte au niveau fédéral arguant d’une loi anti-BDS du Kansas – exigeant que tous les entrepreneurs d’état certifient qu’ils ne boycottent pas Israël – qui viole le premier amendement de la Constitution des États-Unis.

Loin de protéger son impunité, la pression d’Israël pour une législation anticonstitutionnelle anti-BDS au niveau de l’État et au Congrès lui aliène le courant dominant libéral. Cela peut expliquer en partie pourquoi près de la moitié des Américains soutiennent des sanctions contre Israël pour mettre fin à son occupation, selon un sondage de 2016.

Un scandale récemment révélé lié à la guerre secrète d’Israël contre BDS ne fera qu’exacerber cette aliénation. Israël a embauché un grand cabinet d’avocats pour intimider et faire taire les activistes du BDS en Amérique du Nord, en Europe et au-delà, selon les médias israéliens. L’avocat israélien au centre de cette révélation, a averti qu’Israël pouvait franchir des « lignes criminelles ».

Si la loi israélienne contre BDS est vaincue devant la Cour suprême des États-Unis, cela pourrait inaugurer une nouvelle ère de responsabilité pour Israël.

Balfour doit se retourner dans sa tombe alors que les indigènes dont il a rejeté avec arrogance les prétentions pour lui hors de propos, commencent à changer la donne grâce à la solidarité internationale des gens de conscience.

J’ai promis à ma grand-mère que je n’abandonnerai jamais cette mission de défense des droits de l’homme tant que la justice et la dignité ne prévaudront pas. Je ne briserai pas cette promesse.

Colonialisme en Palestine: la politique du flinguer pour tuer de l’état sioniste

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Tuez-les tous !

 

Jonas Alexis

 

4 janvier 2017

 

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2017/01/04/kill-them-all/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Bien avant que Netanyahou s’en vint sur la scène politique, le premier ministre israélien Yitzhak Shamir avait comparé les Palestiniens à une “nuée de sauterelles”.

HRW vient juste de condamner la politique d’Israël du “tirer pour tuer”. Politique simple: si la force de défense israélienne et les policiers perçoivent ou pensent qu’un Palestien va commettre un crime, alors ces personnels encouragent la force de défense à abattre immédiatememt et sans hésitation le Palestinien en question.

Tout membre des force de défense devrait être capable de “tirer pour tuer” le Palestinien “sans y penser à deux fois… aucun attaquant, homme ou femme, ne devrait sortir de quelque attaque que ce soit vivant.”[1]

La preuve n’est en rien importante. Ce qui est le plus important est que si la police ou l’armée veut tuer un Palestinien, alors ils peuvent le faire. La FDI et la police sont en elles-mêmes la preuve du bienfondé de l’action. Tout ce qu’elles ont alors à faire pour défendre leur cas est de simplement dire que le Palestinien allait faire quelque chose de mal. Sari Bashi, le directeur de la branche israélienne à HRW, a déclaré que ceci est clairement une violation du droit international. [2]

Les question est simplement celle-ci: Le régime israélien a t’il abattu dans le passé des Palestiniens en se basant sur cette politique ridicule ?
La question est OUI.
Ceci ne devrait pas être une surprise du tout. Nous savons et pouvons tenir pour fait établi que la politicienne et ministre de la justice israélien Ayelet Shaket a sans équivoque et ontologiquement déclaré que les Palestiniens étaient les ennemis d’Israël.

“Qui est l’ennemi ?” a t’elle demandé. “Le peuple palestinien. Pourquoi ? Demandez-leur, ils ont commencé…” L’idéologie politique de Shaked en regard des Palestiniens vaut la peine d’être citée entièrement:

“Le peuple palestinien nous a déclaré la guerre et nous devons répondre par la guerre. Pas une opération, lente et de basse-intensité, pas une escalade contrôlée, pas de destruction d’infrastructure terroriste, pas d’assassinats ciblés. Assez de toutes ces biaiseries. C’est une guerre. Les mots ont un sens. C’est une guerre.

Ce n’est pas une guerre contre le terrorisme, pas une guerre contre l’extrémisme, pas même une guerre contre l’Autorité Palestinienne. Tout ceci est également une forme d’ignorance de la réalité. Ceci est une guerre entre deux peuples. Qui est l’ennemi ? Le peuple palestinien. Pourquoi ? Demandez-leur, ils ont commencé…

Derrière chaque terroriste se tiennent des douzaines d’hommes et de femmes sans qui ils ne pourraient pas s’engager dans le terrorisme. Les acteurs de la guerre sont ceux qui incitent dans les mosquées, qui écrivent des curricula assassins pour les écoles, qui protègent, qui fournissent des véhicules et tous ceux qui les honorent et leur donnent un confort moral.

“Ils sont tous des ennemis combattants et leur sang sera leur responsabilité. Maintenant ceci inclut aussi les mères des martyrs, qui les envoient en enfer avec des fleurs et des baisers. Elles devraient suivre leurs fils, rien ne serait plus juste. Elles devraient dégager, tout comme les maisons, foyers physiques où elles ont élevé leurs serpents. Autrement, d’autres petits serpents y seront élevés.” [3]

Shaked déclare qu’elle a l’intention de “promouvoir des processus avancés” de démocratisation en Israël”, mais comment cela peut-il être compatible avec l’idée que les Palestiniens sont l’ennemi ? Shaked peut-elle vraiment penser que la démocratie pourrait ne serait-ce qu’exister sans ce que Kant qppellerait l’impératif catégorique ou la raison pratique ? Les lois d’Israël en regard des Palestiniens peuvent-elles vraiment être unversalisées ?…

L’idéologie de Shaked n’est pas du tout la démocratie. C’est en fait une perversion de démocratie. Et si vous pensez que c’est exagéré, peut-être devrions-nous amener dans la discussion le rabbin Yitzhak Ginsburg qui a dit de manière non équivoque:

Tout procès en justice qui se base sur la supposition que les juifs et les goyim sont égaux est un total travesti de justice.”[4]

La question à un million de dollars est celle-ci: Shaked a t’elle été jamais mise en doute par la mafia sioniste et les marionnettes nouveaux cons pour avoir de telles saloperies au sujet des Palestiniens ? Y a t’il eu un quelconque politicien américain la réprimandant pour ce qui est essentiellement un plan diabolique ?

Bien sûr que non !

Le fait est que Benjamin Netanyahou et autres officiels israéliens (passés et présents) ont dit des choses tout à fait similaires sur les Palestiniens. “Dans notre voisinage”, a dit le roi bibi “nous devons nous protéger des animaux sauvages… Si un soldat israélien est condamné pour meurtre, il devrait être immédiatement libéré.” dit Natanyahou.

Bien avant que Netanyahou ne vont sur la scène politique, le premier ministre israélien Ytzhak Shamir avait comparé les Palestiniens à une nuée de sauterelles [5] L’ancien chef de la FDI Raphael Eitan avait déclaré dans les années 1980:

“Nous déclarons ouvertement que les Arabes n’ont aucun droit de s’établir ne serait-ce que d’un centimètre sur Eretz Israel… La force est tout ce qu’ils ont et n’est que ce qu’ils comprendront toujours. Nous devrons utiliser la force ultime jusqu’à ce que les Palestiniens viennent à nous à quatre pattes.”

Rabbin Yaacov Perrin: “Un million d’Arabes ne valent pas un ongle juif” [6]

Le rabbin MK Eli Ben-Dahan lui-même a déclaré que les Palestiniens étaient “des animaux, ce ne sont pas des humains.” Puis il a ajouté: “Un juif a toujours un bien plus grande âme qu’un gentil, même s’il est homosexuel.

Les homosexuels d’Amérique et d’occident ne devraient-ils pas être en colère de la dégradation faite ici par Ben-Dahan ? L’organisation juive aux Etats-Unis ne nous vante t’elle pas ad nauseam que l’homosexualité est une grande chose ? Pourquoi cette organisation ne réprimande t’elle pas le rabbin Ben-Dahan pour ses vues discriminatoires ?..

[1] “‘Israeli shoot-to-kill policy belongs to western movie laws’ – HRW official to RT,” Russia Today, January 4, 2017.

[2] Harriet Agerholm, “Israeli officials back shoot-to-kill policy of Palestinian suspects, says Human Rights Watch,” Independent, January 3, 2017.

[3] Ishaan Tharoor, “Israel’s new justice minister considers all Palestinians to be ‘the enemy,’” Washington Post, May 7, 2015.

[4] Quoted in Alan Cowell, “An Israeli Mayor Is Under Scrutiny,” NY Times, June 6, 1989.

[5] Ron Kampeas, “Andrew Sullivan owes Yitzhak Shamir an apology,” Jewish Telegraphic Agency, May 6, 2015.

[6] Quoted in Clyde Haberman, “West Bank Massacre; Israel Orders Tough Measures Against Militant Settlers,” NY Times, February 28, 1994.

Colonialisme en Palestine: « Rompre le silence » sur le nettoyage ethnique sioniste en Palestine…

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Gaza le terrain de jeu de l’armée israélienne

 

Tarik Bouapia

 

8 Mai 2015

 

url de l’article:

http://www.michelcollon.info/Gaza-le-terrain-de-jeu-de-l-armee.html?lang=fr

 

L’ONG Breaking the silence (rompre le silence) vient de publier des témoignages accablants de militaires israéliens ayant participé à l’opération « Bordure Protectrice » de l’été dernier. Certains soldats, sous couvert d’anonymat, affirment qu’aucune distinction n’était faite entre les civils et les soldats. Une surprise ? Sans doute pas pour ceux qui ont toujours considéré Israël comme un État lâche et criminel.

Civils, combattants, pas de distinction

Ceux qui croyaient (encore) que l’armée israélienne était celle que décrivent les médias dominants risquent d’avoir une toute autre image de Tsahal. Breaking the silence, une ONG composé d’anciens combattants de l’armée israélienne, vient en effet de publier le lundi 4 mai 2015 une série de témoignage d’anciens militaires ayant participé au massacre de l’été dernier à Gaza. (1)
Autant dire tout de suite que ces témoignages viennent ajouter encore plus de barbarie à l’histoire déjà peu glorieuse de l’État d’Israël qui, depuis 1948, a commis des atrocités sans nom contre le peuple palestinien.
Rappelons tout d’abord que l’offensive israélienne menée du 8 juillet au 26 août 2014 a fait plus de 2100 victimes côté palestinien dont l’écrasante majorité étaient des civils. Une offensive qui, comme les précédentes, avait été soigneusement préparée par des média-mensonges.
Cette fois-ci, les TF1, France 2 et autre RTBF avait expliqué que Tsahal avait répondu à l’assassinat de trois jeunes israéliens le 12 juin. Si on suivait la logique imposée par les médias, Israël aurait donc simplement réagi au meurtre de trois de ses ressortissants.

Pourtant, lorsqu’on y regardait de plus près, l’explication donnée était un peu moins simpliste qu’elle n’en avait l’air. Avant cet événement en effet, il y avait eu la grève de la faim des prisonniers palestiniens d’avril à juin 2014 et la mort de deux jeunes Palestiniens tués par l’armée israélienne devant les télévisions le 15 mai 2014. La situation n’était donc pas apaisée. 

Mais comme toujours, afin de « protéger la sécurité » de son territoire, un territoire volé, l’armée israélienne avait lancé une attaque meurtrière dont d’anciens protagonistes viennent ici décrire la cruauté la plus abjecte qu’il soit. 

“Il y a une technique qui consistait à envoyer des milliers d’obus sur des zones densément peuplées, pour préparer l’entrée des soldats dans ces quartiers. Une fois distribués des avertissements prévenant les civils qu’ils devaient fuir, il n’y avait plus de raison de faire la distinction entre civils et militants” explique Avihai Stollar, membre de Breaking de silence.

Puis c’est au tour des soldats de livrer leur témoignage. 

L’un d’entre eux qui se trouvait à un endroit surplombant une route importante menant à la bande de Gaza raconte comment lui et ses camarades s’occupaient la journée : 
« Nous avons commencé un petit concours entre tireurs. Pour voir qui était un vrai homme, il fallait toucher une voiture qui roulait. J’ai vu un taxi et j’ai tiré un obus mais je l’ai manqué. On a encore visé et manqué des voitures. Jusqu’à que je vois un cycliste qui pédalait. Et j’ai dit « je le vise » mais je l’ai manqué. Il s’est mis à pédaler comme un fou parce qu’on lui tirait dessus ».
Puis le journaliste lui pose la question suivante « Vous est-il venu à l’esprit dans le tank que vous tiriez sur des civils à l’intérieur des véhicules ? ». Le soldat lui répond « Cela m’a dérangé un peu mais, après trois semaines dans la bande de Gaza, on en vient à tirer sur tout ce qui bouge, la distinction entre le bien et le mal devient floue, vous perdez votre morale, votre bon sens » Avant de conclure « Tout devient un super jeu vidéo réaliste ». 

Alors comme ça, il fallait savoir tirer sur une voiture pour démontrer qu’on était un « vrai homme ». Nouvelle définition du courage et de la virilité masculine version Tsahal.

Ainsi, la bande de Gaza est devenue un terrain de jeu. Les Gazaouis ne sont pas considérés comme des humains mais comme des cibles qu’il faudrait abattre.
En fait, Gaza est à la fois un terrain de jeu et un terrain de chasse pour les soldats israéliens. Les habitants de cette prison à ciel ouvert sont totalement déshumanisés et considérés comme de vulgaires membre d’une sous-espèce dont la vie ne compte pas ou si peu.

Un autre témoignage affirme que « Les soldats ont reçu pour instruction de leurs commandants de tirer sur chaque personne identifiée dans une zone de combat, dès lors que l’hypothèse de travail était que toute personne sur le terrain était un ennemi ». Un sergent d’infanterie raconte « On nous a dit, il n’est pas censé y avoir de civils, si vous repérez quelqu’un, tirez ! ». 

Un autre cas révèle que deux femmes qui au petit matin parlaient au téléphone à 800 mètres des forces israéliennes ont été prises pour des « guetteuses ». On ne savait pas trop. Résultat ? Elles ont été abattues sur le champ car considérées comme « terroristes ». Ce mot « terroriste » a décidément bon dos et sert constamment à justifier le pire. 

Pour un autre soldat, un civil qui « voit un char et ne s’enfuit pas n’est pas innocent et peut être tué ». Ce dernier considère Breaking the Silence comme une organisation anti-sioniste et quand cette dernière lui demande s’il y a eu crime de guerre, ce dernier répond cyniquement « Crime de guerre ? C’est un grand mot. Mais j’ai le sentiment d’avoir fait des trucs amoraux, sur le plan international. J’ai visé des cibles civiles, parfois juste pour le plaisir ».

Médias, politique, pseudo-intellectuels, où êtes-vous ?

Et la liste des témoignages de cette nature est malheureusement encore très longue. Ces témoignages ne surprendront que ceux qui ont cru aux belles histoires racontées tant pas les médias dominants que les prétendus « intellectuels ». Celle d’un État « démocratique », le « seul » au Moyen-Orient qui lutterait sans relâche contre des « terroristes ». Cette histoire, lue, entendue et réentendue vient une nouvelle fois se fracasser sur le mur des réalités, des faits et des témoignages de ceux qui ont été les premiers témoins mais aussi et surtout les premiers acteurs de cette barbarie. 

Car en effet, l’histoire officielle, celle écrite par les dominants et relayée par les organes de propagande tels que les médias ou l’école ne cesse encore aujourd’hui de présenter l’État d’Israël comme un territoire agressé et qui utiliserait la force dans le seul but de se défendre. Ou encore cette fable racontée à chaque agression israélienne et qui prétend décrire le conflit comme une guerre « propre ».
Déjà le mot « guerre » doit être banni du vocabulaire lorsqu’on présente les événements meurtriers à Gaza. Car la guerre est un conflit qui se mène principalement entre deux États avec plus ou moins de ressources militaires, financières, logistiques à peu près équivalentes. Ce qui n’est pas du tout le cas à Gaza. Là-bas, ce n’est pas de guerre qu’il faut parler mais bien de massacres, d’anéantissement d’un peuple, de meurtres de masse, d’une entreprise coloniale… Et puis parler d’une guerre « propre » est un oxymore insupportable.

Mais il fait partie du langage hégémonique utilisé par ceux qui défendent de manière inconditionnelle l’État d’Israël. La « propreté » comme ultime légitimation de la barbarie. 

Aujourd’hui comme hier, le masque tombe et montre comment une armée ultra-puissante anéantit un peuple sans défense auquel ne restent que le courage et la dignité. 

N’est ce pas Heilbrun, président du comité électoral du maire de Tel-Aviv qui avait déclaré : « Nous devons tuer tous les Palestiniens à moins qu’ils ne soient résignés à vivre en tant qu’esclaves ».(2) N’est ce pas Ben Gourion, le fondateur de l’Etat d’Israel qui avait affirmé : « Nous devons utiliser la terreur, les assassinats, l’intimidation, la confiscation des terres et l’arrêt de tous les programmes sociaux afin de débarrasser la Galilée de sa population arabe ».(3) 

Mais alors, ou sont les supposés « intellectuels » et « philosophes » tel que Bernard Henri Lévy ou Alain Finkielkraut qui hier apportaient un soutien indéfectible à Tsahal et qui aujourd’hui font preuve d’un silence assourdissant sur ces révélations plus qu’embarrassantes ? Que va dire BHL pour qui la responsabilité de la situation à Gaza devait être imputée au « Hamas » ?
Quelle sera la réaction de celui qui avait affirmé que « ceux qui pleurent pour les Palestiniens, je ne les ai jamais vus dans la rue pleurer d’autres morts » (4). En bon petit soldat de Tsahal en France, il ne fera sans doute aucune déclaration. Ou bien alors, il tentera de minimiser les faits et de trouver des excuses aux soldats israéliens en accusant les Palestiniens de ne pas s’être assez désolidarisés du Hamas. Qui sait ? Cet homme-là est prêt à inventer n’importe quoi pour sauver l’honneur d’une armée et d’un État qui n’en a jamais eu. 

Et François Hollande ? Va-t-il réagir face à ces révélations ? Condamnera-t-il les crimes de guerre ? Attendre de celui qui a déclaré son amour à Israël qu’il condamne ne serait-ce que timidement le gouvernement de Benjamin Netanyahu, ce serait comme attendre la venue du Père Noël. Seuls les plus naïfs pourraient croire un seul instant que le dirigeant français, totalement soumis aux États-Unis et à l’État sioniste daigne condamner la brutalité de Tsahal. 

Il ne faudra attendre que moins encore une quelconque condamnation de l’armée israélienne de la part de Manuel Valls. Lui qui avait déclaré son « attachement éternel » à Israël est sans doute l’homme politique le plus fidèle à l’idéologie colonisatrice sioniste. 

Enfin, il est intéressant de souligner le silence quasi-général des médias après les témoignages recueillis par Breaking the silence. Au journal de 20h de France 2, l’ami des puissants, David Pujadas, n’a pas du tout abordé le sujet. Ni le lundi 4 mai, jour de la publication du rapport, ni le lendemain.
Par contre, il a évoqué dans son misérable 20h une information de la plus haute importance pour l’avenir de l’humanité : le nom donné à la future princesse d’Angleterre. Des témoignages de soldats israéliens décrivant la nature sauvage de l’armée est alors passée sous silence et un sujet totalement sans intérêt est lui abordé pendant quelques minutes. La vie de l’enfant de Gaza assassiné par des lâches ne vaut apparemment pas grand-chose, contrairement à la vie d’un bébé né avec une cuillère d’argent dans la bouche… 

Le journal de droite Le Monde, expert en média-mensonges et en manipulations en tous genres a, quant à lui, traité le sujet. Néanmoins, ce qui est particulièrement embêtant, c’est la manière dont il a titré un article qui traitait des révélations faites par les soldats israéliens. Le titre en question est « La dérive morale de l’armée israélienne à Gaza ». (5) 

Ainsi selon le quotidien français, ces actes criminels ne seraient en réalité que le fruit d’une « dérive morale » et ne viendraient pas de causes beaucoup plus diverses et profondes. Car dire que le problème est moral, c’est en réalité dépolitiser, décontextualiser, dé-historiciser la question relative à la colonisation des territoires palestiniens.
Il suffirait donc de corriger ces « dérives » et tout rentrerait dans l’ordre. Tout ça a pour but, consciemment ou inconsciemment, de faire oublier les racines profondes de ce conflit qui dure depuis plus d’un demi-siècle. Les raisons politiques, géopolitiques et stratégiques de cette colonisation.
Faire oublier qui est l’agresseur et qui est l’agressé. Faire oublier qui est la victime constante des bombardements. Faire oublier qui voit ses droits fondamentaux constamment bafoués par un État assassin.

Cet argument de la morale rappelle celui utilisé par l’ancien président Nicolas Sarkozy à la suite de la crise financière de 2008. Il avait déclaré face à l’urgence de la situation qu’il fallait « moraliser le capitalisme ».
La morale, l’éthique comme le salut de l’humanité. C’est par ces valeurs que la communauté humaine trouvera le chemin de la prospérité et de la paix. Voilà le message de l’idéologie dominante.
Chacun devrait donc faire un travail sur lui-même pour que les choses aillent mieux. Une idée qui a pour but de culpabiliser les gens à propos d’une situation à laquelle ils font face oubliant ainsi les structures sociales, économiques et politiques à l’origine même de ces désastres humains. 

Ce n’est pas la morale ou l’éthique qui améliorera le monde de demain mais bien les structures qui régissent les comportements humains. C’est toutes les institutions dominantes qui prônent le néolibéralisme comme le FMI ou la Banque Mondiale qu’il faudra éliminer pour commencer à mettre fin à la misère dans le monde et poser les bases d’un monde plus juste et plus égalitaire. C’est en mettant fin à des institutions comme l’Otan que les guerres impérialistes pourront enfin prendre fin. 

Et c’est avec la lutte et la solidarité du monde entier que la Palestine vivra et vaincra !