Archive pour crise nucléaire iran

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: La déclaration de guerre yankee aux gardiens de la révolution iranienne…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 18 juin 2017 by Résistance 71

Pour l’empire anglo-americano-christo-sioniste, la destination finale a toujours été Téhéran. Tout ce qui se passe au Moyen-Orient depuis plus de 30 ans a deux raisons d’être fondamentales:

1) Protéger l’entité sioniste, garde-chiourme de l’empire dans la région et

2) Briser l’Iran pour s’accaparer ses richesses naturelles

Les dernières manœuvres moyen-orientales impérialistes ne font que confirmer ce plan de longue haleine.

Cela confirme une fois de plus si besoin était, que tout accord avec les Yankees est voué à être trahi à plus ou mins long terme par ceux-ci… C’est inscrit dans leur génome politique !

Lisez ci-dessous ce que disait déjà il y a 12 ans, le SG adjoint du Hezbollah N. Qassem dans son remarquable ouvrage “Hizbullah, the story from within”, livre traduit en français et publié aux éditions Farouq et qui doit être lu par quiconque veut comprendre quoi que ce soit à ce qui se passe au MO depuis 1948 et la Nakba. Incontournable !

~ Résistance 71 ~

“L’intense campagne lancée par l’occident et plus spécifiquement les médias américains, pilotés en cela par Israël et les cercles hégémoniques établis contre la relation entre l’Iran et le Hezbollah, n’est qu’une partie de la politique coloniale visant à démanteler les forces de terrains variées existantes par le moyen du diviser pour mieux régner. […] C’est à la lumière de ce fait que nous en venons à comprendre l’importance et la nécessité de la relation entre le Hezbollah et l’Iran, le Hezbollah et la Syrie, le Liban et la Syrie, la résistance palestinienne et la Syrie et la Syrie et l’Iran…”

~ Naïm Qassem, SG adjoint du Hezbollah , 2005 ~

 

Washington déclare la guerre aux Gardiens de la Révolution Iranienne

 

Al Manar (avec Press TV)

 

17 juin 2017

 

url de l’article en français:

http://french.almanar.com.lb/455090 

 

The Countering Iran’s Destabilizing Activities (Loi pour la lutte contre les activités déstabilisatrices de l’Iran en 2017) ou S.722 est le nom du plan élargi que le sénat US vient de voter contre l’Iran. Il s’agit d’un arsenal législatif sans précédent que les sénateurs US ont voté à la majorité des voix (98 voix pour et seulement 2 contre) en violation flagrante de l’accord nucléaire signé le 14 juillet 2015 entre l’Iran et les 5+1.

Contenu du plan

Le paquet de nouvelles sanctions voté contre l’Iran s’ajoute aux mesures déjà existantes, mais il se distingue d’elles dans la mesure où il vise l’une des composantes des forces armées iraniennes à savoir le Corps des Gardiens de la Révolution islamique, au moment où ce dernier est impliqué à fond dans la lutte contre Daech à l’intérieur et hors des frontières nationales.

Mais que dit le plan?

Composé de douze parties, le texte ressuscite en effet les sanctions déjà levées dans le cadre de l’accord nucléaire tout en incitant le président américain à « identifier toute action iranienne susceptible d’être sanctionnée » aussi bien dans le domaine des armements qu’au niveau de la politique régionale ou même en matière de soi-disant droits de l’homme. À regarder de plus près, le sénat déclare la guerre au CGRI et ses capacités balistiques et ses activités de lutte contre le terrorisme takfiriste.

Le plan cible surtout la présence iranienne en Syrie et en Irak où l’Iran combat contre Daech et ses tentacules. Le texte demande à ce que les avions et les bateaux iraniens soient systématiquement inspectés pour empêcher toute assistance armée de l’Iran aux pays en proie à la guerre contre le terrorisme. Mais ce n’est pas tout : pour la première fois depuis la victoire de la Révolution islamique, le CGRI est placé sur la liste des  » organisations terroristes », alors même qu’il combat le terrorisme à l’intérieur et hors des frontières iraniennes.

Une quatrième partie du plan s’en prend aux missiles iraniens et déterre sous une autre forme les sanctions que l’accord nucléaire de 2015 avait partiellement levées. La banque centrale iranienne pourrait ainsi figurer de nouveau sur la liste des sanctions sous prétexte d’aide et d’assistance au programme balistique iranien.

L’accord nucléaire va-t-il survivre au tir de S-722?

Mais est-ce la fin de l’accord nucléaire signé le 14 juillet 2015 entre l’Iran et les 5+1?

De nombreux analystes voient à travers ce plan l’expression de la colère et du désespoir de l’administration américaine de voir l’Iran refuser de négocier  » autre chose que le nucléaire avec les Américains”.

Certaines sources américaines laissent entendre que le président US, un homme d’affaires avant tout, veut par ce plan, pousser Téhéran à négocier.

Mais quelle sera la réaction iranienne?

Les officiels Iraniens se sont refusés pour le moment de réagir. Mais le succès de ce nouveau paquet des sanctions dépend en grande partie de l’Europe. Fortement réticente vis-à-vis de la nouvelle administration américaine, les Européens seront-ils à même de renoncer à des milliards de dollars de contrats signés depuis 2015 avec l’Iran? Et puis la présence iranienne en Syrie, puisqu’elle est au cœur du plan américain, n’a jamais fait l’objet d’une quelconque résolution à l’ONU pour que Trump puisse en faire un levier de pression contre la Chine et la Russie.

Les Américains ont-ils à nouveau choisi un chemin de détour pour faire pression sur l’Iran?

Résistance politique: Accord sur le nucléaire iranien, le commencement de la fin pour l’hégémonie totalitaire occidentale…

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Comme d’habitude, excellente analyse de Georges Stanéchy sur l’accord nucléaire avec l’Iran et ses conséquences à court et moyen termes…

— Résistance 71 —

 

Accord nucléaire iranien: le reflux

 

Georges Stanechy

 

17 Juillet 2015

 

url de l’article original:

http://stanechy.over-blog.com/2015/07/accord-nucleaire-iranien-le-reflux.html

 

« Quand, dans ce grand organisme qu’est l’espèce humaine, chaque groupe humain qui participe à sa constitution comprendra-t-il qu’il ne peut avoir qu’un seul but, la survie de l’ensemble et non l’établissement de sa dominance sur les autres ?

Aucun d’eux n’est représentatif à lui seul de l’espèce et ne détient à lui seul la vérité. »

Henri Laborit (1)

 

Enfin, se dit-on, cet  accord sur « le nucléaire iranien » est conclu !…

Procès en sorcellerie, ou procès d’intention, on ne savait plus comment qualifier ces négociations traînant depuis des années, serpent de mer ou escargot, déambulant, disparaissant, resurgissant, à petits pas, entre Suisse et Autriche : Genève, Lausanne, Vienne…

A n’en plus finir…

« Victoire diplomatique » ?… Dont le mérite serait à partager entre l’Iran et les grandes puissances ?…

Langue de bois.

Plus lucidement, je dirais : « victoire du bon sens ». Parvenir à un accord dans un contexte de tensions armées et belliqueuses, même mal ficelé, débordant d’ambigüités, étant préférable à « pas d’accord du tout ». (2)

L’essentiel de toute façon réside, tout comme pour une Loi, dans « l’esprit » d’un texte plutôt que dans sa « lettre »…

Comme les contrats commerciaux, traités, ou  accords, estampillés « diplomatiques » ou pas, ne valent que ceux qui les signent. Souvenons-nous des propos attribués au chancelier allemand Bethmann Hollweg, sous Guillaume II, à propos du traité de neutralité de la Belgique signé par les puissances européennes. Le considérant avec le plus complet mépris, alors que son pays en était signataire, et même un des « garants » statutaires : un « chiffon de papier ». Menant droit à la première guerre mondiale…

Le point focal d’une analyse sur le résultat de ces négociations doit porter, avant tout, sur « l’esprit » de l’accord signé.  A partir de là, la ligne prospective apparaît immédiatement.

Au départ, tout le monde savait que l’Iran n’était pas intéressé par l’arme nucléaire, et avait, en conséquence, renoncé aux recherches sur les applications militaires de la recherche atomique. Des spécialistes du renseignement l’avaient confirmé depuis plusieurs années, dans plusieurs pays occidentaux.

Même à la CIA, où se trouvent d’authentiques spécialistes, qui ne sont jamais entendus évidemment. Seuls ceux au service de la propagande belliciste ayant droit d’accès à une audience politique ou publique. Parmi ces experts de la région, aussi honnêtes intellectuellement que courageux, figure Flynt Leverett, qui le rappelle encore cette semaine : l’Iran n’entretient ni programmes de recherches, ni investissements, en nucléaire militaire. (3)

« Senior analyst » à la CIA pendant plus d’une décennie, il a été un des conseillers (peu écouté…) du ministère des affaires étrangères pour le Moyen-Orient, puis « senior director » pour les affaires du Moyen-Orient au « National Security Council ». Auteur d’un livre, non encore traduit en français, Going to Tehran: Why America Must Accept the Islamic Republic of Iran (« En route pour Téhéran : Pourquoi les Etats-Unis doivent accepter la République Islamique d’Iran »), professeur de Relations Internationales à Penn State (Pennsylvania State University), il est un des plus fervents partisans de l’établissement de relations pacifiques et prospères avec cette grande nation.

Inutile de revenir sur les mécanismes qui ont régi jusqu’à présent « l’iranophobie », véritable « croisade contre l’Iran« , dans une propagande continue, hystérique, délirante, à l’échelle planétaire, avec des milliards de dollars. Tout a déjà été dit, démonté et démontré : les occidentaux n’ont jamais toléré le renversement populaire, en 1979, de leur polichinelle, au régime sanguinaire, le Shah d’Iran. (4)

Il est vrai qu’il présentait la grande qualité d’acheter, à la saoudienne ou à la qatari, des armements par milliards de dollars, laissant piller les ressources pétrolières et gazières de son pays, dans l’appauvrissement et la terreur de son peuple.

Ce n’était qu’un prétexte pour provoquer une guerre et une destruction de l’Iran. Raser ce pays, selon la méthode appliquée dans les pays de la région : Somalie, Irak, Afghanistan, Libye, Liban, Syrie, etc.

Mais, l’Iran ne présente pas la même configuration géopolitique, sociale et économique, que ces pays facilement pulvérisés dans la dévastation par les pays de l’OTAN. Les stratèges du chaos découvraient au fil du temps que l’Iran, malgré un embargo instauré dès la révolution de 1979, dont la férocité s’accentuait (la plupart des dispositifs occidentaux, en dehors de toutes décisions internationales approuvées par l’ONU) proportionnellement à sa surprenante capacité de résistance, était plus qu’une grande nation.

En pleine mutation, émergeait une grande puissance régionale. Héritière des glorieux empires et espaces Perses, carrefour historique entre Moyen-Orient et Asie Centrale, aux fabuleuses ressources naturelles et perspectives de développement.

Plus de trois fois la France en superficie, aux colossales richesses énergétiques et minières, sa population a bondi de 53 millions d’habitants en 1988, fin de la terrible « guerre imposée » (1980-1988) – pour reprendre le qualificatif des Iraniens – par les occidentaux via l’Irak de Saddam Hussein, à 80 millions en 2015 (5). En route, pour les 100 millions…

Le plus spectaculaire est le haut niveau d’éducation de sa jeunesse et de son encadrement en général, un des taux les plus élevés dans le monde. Notamment, dans l’enseignement supérieur où – les médias occidentaux ne le mentionneront jamais – les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Tout particulièrement dans les domaines scientifiques.

La remarquable équipe de négociateurs iraniens est un exemple de compétence et de dignité, face à laquelle nos diplomates européens et américains, aussi incultes qu’arrogants, faisaient figure de minables. Les français en premier lieu, avec notre lamentable ministre des affaires étrangères Fabius, emblématique de stupidité… Déchéance de notre diplomatie

Paramètre fondamental, pour comprendre le vecteur principal des négociateurs Iraniens, l’objectif prioritaire du gouvernement est l’investissement dans l’enseignement et la recherche scientifique, garant de l’indépendance et de la souveraineté du pays : économique et militaire. Expliquant ainsi que l’Iran soit le pays le plus à la pointe dans la région : outre ses spectaculaires réalisations, et même exploits, ses publications scientifiques de grande qualité (occultées en Occident), par rapport au nombre de ses étudiants et chercheurs, témoignent d’une éminente vitalité. (6)

On comprend mieux, dans les négociations sur le nucléaire, l’inflexibilité des Iraniens pour résister à la volonté des occidentaux de lui interdire le domaine « atomique » (aérospatial et balistique, aussi), afin de le réduire au niveau de pays sous-développé en termes de recherche, d’enseignement et de culture. Le fait que le droit à cette recherche ait été reconnu à l’Iran, dans le cadre de cet accord – façon d’admettre au passage sa pleine souveraineté – représente une grande victoire sur la « mentalité coloniale » de l’Occident.

Conséquence, ou prise en compte du principe de réalité : l’embargo est un échec. Obsolescence d’une arme longtemps en usage dans la prédation coloniale. Malgré ses impacts, ou ses nuisances, sur le commerce extérieur de l’Iran, son économie, sa croissance, sa richesse nationale, n’ont cessé de poursuivre leur ascension. A la surprise du FMI, lui-même…

Structurant, rationalisant, modernisant, ses systèmes de gestion grâce à la mise en place d’une « économie de résistance » orientée prioritairement sur le « hors gaz & pétrole », le pays se trouve doté, à présent, d’une industrie diversifiée. Certains gisements de croissance étant encore quasiment inexploités. (7)

Non seulement, avec de grands groupes industriels et financiers locaux qui investissement jusqu’en Chine mais, encore plus important, suivant un « modèle à l’allemande », avec un maillage de PME-PMI animé par des entrepreneurs et des créateurs d’entreprises d’une impressionnante réactivité.

Paradoxe : dans un rythme accéléré, ne cesse de s’enraciner, s’élargir, s’étendre, ce qui disparaît dans nos pays d’Amérique du nord et d’Europe, débordante d’énergie : une moyenne bourgeoisie…

A l’opposé de l’effet recherché par l’Occident. Evidemment, certains enragent…

Quelle suite à cet accord ?…

Résumons-la en deux rapports de force, avec leur interaction.

L’un agressif, celui des pays de l’OTAN poursuivant une illusion hégémonique, unipolaire et délirante ; l’autre défensif, celui de l’Iran et de ses principaux partenaires, Russie et Chine, édifiant patiemment, méthodiquement, un monde multipolaire  :

 

  1. i)   Un déchaînement, dans la diabolisation d’une propagande alimentée en milliards de dollars, des milieux de la prédation coloniale, américains et européens, avec leur « direction régionale » pour le Moyen-Orient et l’Afrique du nord, située en Palestine, qu’est l’entité sioniste.

Ceux qui ne se satisfont que de destructions et de morts, pour mieux assurer leur pillage avec leur enrichissement personnel aussi fulgurant que facile : marchands de canons, groupes spéculateurs aux activités spoliatrices dans les secteurs de l’énergie et des mines, charognards spécialisés en privatisations bradées dans la corruption, etc.

Pour eux, seule issue admissible : la destruction du potentiel de résistance de l’Iran, son pillage et son asservissement.

Dans cette logique, tout sera mis en œuvre pour saboter cet accord.

Au-delà des gesticulations frénétiques du Congrès des USA se croyant maître du monde, suivant plusieurs méthodes et tactiques déjà rodées, ou testées, contre l’Iran. Seule différence, elles vont être amplifiées à grande échelle, avec de très, très, gros moyens.

Suivant plusieurs cas de figures, combinées ou pas selon les circonstances :

=>  Attaques surprises, directes à la Yougoslave, sans mandat de l’ONU (prétextant la non application des clauses de l’accord signé…), ou via des « proxies » ; c’est-à-dire des Etats de la région. Exemple actuel de l’Arabie saoudite qui intervient militairement au Yémen.

=>  Financement et encadrement de « mouvements autonomistes », fabriqués de toutes pièces, pour déstabiliser le pays, dans ses provinces/frontières Est et Ouest (Azerbaïdjan, Kurdistan, Baloutchistan, « iraniens », etc.).

=>  Financement et encadrement d’agitateurs pour provoquer des pseudos « révolutions colorés » (« apporter la démocratie » et blablabla…) afin de mettre au pouvoir des politiciens corrompus, comme ce que vient de connaître récemment l’Ukraine.

=>  Guérilla informatique et cybernétique, aux virus difficilement détectables, pour saboter réseaux électriques, réseaux ferroviaires, grandes industries, aéroports et terminaux portuaires, radars et sécurité aérienne, etc.

=>  Multiplication des attentats et bombes, par des services spéciaux, dans les édifices religieux et centres de pèlerinage (nombreux en Iran), pour provoquer des tensions confessionnelles et ethniques, comme en Irak ou en Syrie.

=>  Assassinats de responsables portant des valeurs d’indépendance ou de fierté nationales, opposés à toute servitude coloniale : « managers » d’entreprises privées ou publiques, scientifiques, artistes ou écrivains, etc. Suivant les pratiques occidentales en usage en Irak, Syrie, Libye, Palestine, etc.

 

  1. ii)   Evidemment, l’Iran est prêt à toutes ces éventualités, après avoir minutieusement décortiqué, analysé, les modes opératoires, sur fond de destructions et de massacres quotidiens, des pays de l’OTAN dans la région. Il sait que l’Occident envisage de lui réserver, au minimum, le sort chaotique du Pakistan, avec guerre civile larvée dans les affrontements religieux et ethniques…

Le Chef de l’Etat, Ali Khamenei, vient de le rappeler au gouvernement dans ses félicitations à l’égard de l’équipe de négociateurs qui a brillamment représenté le pays lors des négociations :

« Certains Etats signataires de l’accord ne sont pas dignes de confiance » – « cannot be trusted », en anglais. (8)

C’est clair. C’est, chirurgicalement, mettre en lumière « l’esprit » de cet accord. C’est, aussi, rappeler les orientations politiques et stratégiques du pays.

Cet « accord » représente, ne l’oublions pas, une bataille que viennent de perdre les occidentaux.  Face à l’Iran et sa talentueuse équipe de négociateurs, certes.

Mais, aussi, face à la constante pression de la Russie et de la Chine envers le bloc de l’OTAN à la table des négociations : en tant que membres du Conseil de Sécurité de l’ONU, ils ne pouvaient plus décemment cautionner une interminable mascarade. Etant exclu que l’Iran, ayant démontré sa bonne foi depuis des années, abandonne sa souveraineté nationale pour se transformer en colonie à la botte des occidentaux, sous des prétextes infondés relevant du procès d’intention et non d’une réalité évidente ou objective.

Ce recul de l’Occident n’est qu’apparent. Pathologiquement sclérosé dans son délire de suprématie mégalomaniaque, il ne peut tolérer la contestation de son hégémonie par d’autres pays. La lutte va donc se poursuivre, implacablement.

Il suffit de quelques coups d’épingle pour faire sauter le vernis de cet « accord sur le nucléaire iranien ». Pour y découvrir sa véritable substance : une pause, dans un affrontement mortel.

S’il y a « choc de civilisations », il est bien là.

Non pas le « choc de civilisations » fantasmé par idéologues, politiciens, médias, confits de racisme et de bêtise. Mais, celui plus souterrainement réel, tel une tectonique des plaques, fantastique collision entre deux projets d’humanité totalement irréconciliables : les prédateurs voulant asservir peuples et nations, et les résistants déterminés à combattre cette volonté de puissance. Entre un monde unipolaire et un monde multipolaire.

L’Iran, formidable de résilience, se trouve en contact frontal avec le délire hégémonique occidental. Imperturbable, pratiquant la politique de « la caravane qui passe », son intégration dans le clan multipolaire ne cesse de s’accélérer au cœur du pôle de développement le plus actif de la planète : entre Europe et Asie Centrale. Incessamment, membre des imposantes organisations transnationales naissantes : Marché Eurasiatique, SCO, BRICS…

Sa prospérité ne va que se consolider. Pays non endetté, possédant des avoirs gelés par les occidentaux depuis des années dont le montant est estimé à plus de 100 milliards de dollars, récupérables début 2016. Il ne peut être que confiant pour l’avenir…

Ses ultramodernes et redoutables forces armées, adossées à une puissante industrie d’armement totalement autonome, se prépare à toutes les formes d’agression. Multipliant les accords de coopération militaire avec la Russie et la Chine, qui ont fait comprendre aux occidentaux que toute attaque nucléaire contre l’Iran ne serait pas admise…

C’est assister à une rapide et inéluctable évolution. Historique et géopolitique.

Du « point d’inflexion d’une hégémonie » de l’oligarchie de l’Occident, symptôme du coup d’arrêt à sa politique de prédation, au déclenchement de l’inexorable reflux de sa prépondérance mortifère et spoliatrice dans la région.

Le commencement de la fin de son délire…

  1.  Henri Laborit, Eloge de la fuite, Collection Folio Essais – Gallimard, 1976, p. 73. Téléchargeable gratuitement.
  2. Le texte de l’accord, de 159 pages avec ses annexes, intitulé «  Joint Comprehensive Plan of Action – Vienna – July 2015 « , est disponible en anglais sur le Web. Via le journal latino-américain « El Tiempo », par exemple :
http://www.eltiempo.com/contenido/mundo/medio-oriente/ARCHIVO/ARCHIVO-16091855-0.pdf
Notons qu’aucun média français, à ce jour, n’a été en mesure d’afficher un lien avec l’original du texte… Des nuls.
  3. http://www.democracynow.org/2015/7/14/could_historic_iran_nuclear_deal_transform
  4. Activez le lien, ci-après, sur le musée de Téhéran (Ebrat Museum) consacré à la police secrète du régime du Shah, hallucinante de sadisme et de sauvagerie, formée et encadrée par des spécialistes occidentaux : la SAVAK. Un univers de cauchemars…
http://www.payvand.com/news/12/feb/1092.html
  5. Sources statistiques : http://www.countrymeters.info/fr/Iran/
  6. Exemple : les magistrales recherches et découvertes iraniennes dans les nanotechnologies.
  7. Exemple : le secteur du tourisme en plein boom, avec une croissance attendue de près de 7% en 2015. Le patrimoine historique, architectural, la beauté des paysages, la variété de sa succulente gastronomie, et la gentillesse des habitants, attirent de forts contingents de touristes des pays de l’Est et d’Asie. L’Iran cible 20 millions de touristes en 2025 (hypothèse basse…).
  8. Some P5+1 members cannot be trusted : Ayatollah Khamenei, Press TV, mercredi 15 juillet 2014,
http://www.presstv.ir/Detail/2015/07/15/420422/Iran-Ayatollah-Khamenei-Rouhani-Nuclear-Conclusion-P51

 

Média et propagande: la question du nucléaire iranien sciemment exagérée

Posted in actualité, désinformation, guerre iran, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, presse et média with tags , , , , , on 9 juin 2011 by Résistance 71

Nous avons traduit ici un résumé d’article récent de Seymour Hersch, célèbre journaliste d’enquête américain, l’homme des fameux « documents du pentagone », qui contribua à pousser plus avant l’opinion publique américaine contre la guerre du Vietnam.

— Résistance 71 —

 

L’Iran et la bombe

 

A quel point est la menace nucléaire réelle ?

 

par Seymour M. Hersh

 

Le 6 Juin 2011

 

 

 

url de l’article original:

http://www.newyorker.com/reporting/2011/06/06/110606fa_fact_hersh

 

Résumé : Les archives de la sécurité nationale sur la question de savoir si le programme nucléaire de l’Iran a été exagéré: l’Iran est-il en train d’essayer de développer un armement nucléaire ? Les membres de l’administration Obama parlent souvent d’une telle manière que la conclusion en est évidente, tout comme le firent leurs prédécesseurs sous George W. Bush.

Il y a néanmoins un ensemble de preuves, incluant quelques rapports du renseignement américain au plus haut niveau qui suggère que les Etats-Unis pourraient être en danger de commettre une erreur similaire que celle qui fut faite avec Saddam Hussein il y a huit ans, permettant à des angoisses quant à la politique d’un régime tyrannique de défigurer nos évaluations des capacités militaires et des intentions d’un état.

Les deux estimations du renseignement national (NIEs) les plus récentes sur le progrès de l’Iran à produire une bombe nucléaire nous disent que l’Iran n’a rien tenté à cet égard depuis 2003. Depuis, l’Iran a lourdement investi dans la technologie nucléaire. Il a triplé son nombre de centrifugeuses nucléaires ces quatre dernières années et maintient un site d’enrichissement principal à Natanz; site qui est profondément enterré sous-terre.

Les inspecteurs de l’agence internationale pour l’énergie atomique (IAEA) ont exprimé leur frustration avec le niveau de coopération de l’Iran, mais n’ont pas été capables de trouver quelque preuve que ce soit suggérant que l’Uranium enrichi a été détourné vers un programme d’armement illicite.  La mi-Février, le lieutenant général James Clapper, directeur du renseignement national a donné au parlement et au sénat une mise à jour de leur évaluation sur le programme nucl´áire iranien. Un rapport d’évaluation datant de 2007 avait créé consternation et colère au sein de l’administration Bush et au congrès en stipulant en conclusion “qu’ils étaient hautement confiant” que l’Iran avait arrêté son programme militaire nucléaire en 2003.

Patrick Lang et le lieutenent général Ronald Burgess Jr de l’agence de renseignement de la défense et le conseiller à la sécurité nationale d’Obama Thomas Donilon ont dit dans un discours le 12 Mai que les Etats-Unis continueraient leur politique agressive de sanction jusqu’à ce que l’Iran prouve que ses intentions d’enrichissement d’uranium sont paisibles et remplissent toutes les conditions du traité de non-prolifération.

Obama a été prudent dans ses avertissements publics concernant les conséquences d’une bombe iranienne, mais il a, ainsi que d’autres au sein de son administration, souvent surévalué le renseignement sur les intentions iraniennes. D’après Robert Einhorn, Israël voit l’Iran comme une menace existentielle.

Quoiqu’il en soit, la plupart des experts israéliens sur la non-prolifération sont d’accord pour dire que l’Iran n’a pas à l’heure actuelle d’arme atomique. Une bordée de négociations il y a cinq mois entre l’Iran et l’occident, d’abord à Genève, puis à Istanbul, n’apporta que peu de progrès quant à la situation. L’interminable stress politique entre Washington et Téhéran a promu une réflexion non conventionnelle.

Une des approches, promue par l’ambassadeur retraité Thomas Pickering et d’autres, voit une acceptance du programme nucléaire iranien en essayant de l’internationaliser et en offrant à l’Iran un bon  nombre d’avantages. Pickering et ses associés sont convaincus que la solution à cette impasse nucléaire est de convertir le programme d’enrichissement nucléaire iranien en un effort multi-national.

Ceci fut mentionné dans un essai de Pickering, Jim Walsh et William Luers en 2008 dans la revue littéraire new yorkaise.

Mohamed El Baradei, prix Nobel de la Paix avec l’IAEA et qui est maintenant candidat à la présidence de l’Egypte, a passé douze ans comme directeur de l’IAEA ne se retirant qu’il y a deux ans. Dans une interview récente il a déclaré: “Je ne crois pas que l’Iran représente une menace réelle et immédiate. Tout ce que je vois est l’exagération de la menace possible représentée par l’Iran.”