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Grèce: Tsipras & Varoufakis faux-nez de l’oligarchie (John Pilger)

Posted in actualité, altermondialisme, économie, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, Social & Retraite, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 22 juillet 2015 by Résistance 71

Une fois de plus comme le confirme ici le toujours excellent John Pilger: Il n’y a pas de solutions au sein du système.

Comme le nez au milieu de la figure: une évidence !…

— Résistance 71 —

 

Le problème de la Grèce n’est pas seulement une tragédie, c’est un mensonge

 

John Pilger

 

13 Juillet 2015

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/the-problem-of-greece-is-not-only-a-tragedy-it-is-a-lie

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une trahison historique a consummé la Grèce. Ayant mis de côté le mandat de l’électorat grec, le gouvernement Syriza a volontairement ignoré le vote tsunami du “NON” de la semaine dernière et a secrètement acquiescé à une série de mesures répressives d’appauvrissement en retour pour un “sauvetage” qui veut dire un sinistre contrôle étranger du pays et un avertissement au monde.

Le premier ministre Alexis Tsipras a poussé au parlement une proposition pour que soient coupés quelques 13 milliards d’euros des dépenses publiques, 4 milliards de plus que la figure “d’austérité” rejetée majoritairement par le peuple grec dans un referendum le 5 Juillet dernier.

Ceci inclut une augmentation de 50% des coûts d’assurance maladie pour les retraités, dont pratiquement 40% d’entre eux vivent dans la pauvreté ; de grandes coupes dans les salaires du secteur public ; la privatisation complète de services publics tels que les aéroports et les ports ; une augmentation de la TVA à 23%, maintenant appliquée aux îles grecques où le peuple a du mal à joindre les deux bouts et bien plus à venir.

“Le parti anti-austérité remporte une éclatante victoire”, titrait le Guardian de Londres le 25 Janvier. Le journal appelait Tsipras et sa bande de camarades bien éduqués des “gauchistes radicaux”, Ils portaient des chemises sans cravate et le ministre des finances se balladait en moto ; il était décrit comme la “rock star de l’économie”. Tout cela n’était qu’une façade. Ils n’étaient pas les radicaux que ce cliché implique, ils n’étaient pas non plus “anti-austérités”.

Pendant six mois, Tsipras et le maintenant déchu ministre des finances, Yanis Varoufakis, ont fait la navette entre Athènes et Bruxelles, Berlin et autres centres du pouvoir financier européen. Au lieu de la justice sociale pour la Grèce, ils sont parvenus à un nouvel endettement, à un appauvrissement approfondi qui remplaceraient à peine une pourriture systémique fondée sur le vol des revenus des impôts par les grecs super-riches en accord parfait avec les valeurs “néo-libérales” européennes et des emprunts bon marché et hautement profitables pour ceux qui cherchent maintenant à obtenir le scalp de la Grèce.

La dette de la Grèce, rapporte un audit du parlement grec, “est illégale, illégitime et odieuse”. En proportion, elle est de moins de 30% de la dette de l’Allemagne, son créancier le plus important. Elle est moins que la dette des banques européennes dont le “package de sauvetage” en 2007-8 fut à peine controversif et est demeuré impuni.

Pour un petit pays comme la Grèce, l’Euro est une monnaie coloniale: Une laisse qui le lie à une idéologie capitaliste si extrème que même le pape la déclare “intolérable” et “la fange du diable”. L’Euro est à la Grèce ce que le dollar US est aux territoires isolés du Pacifique dont la pauvreté et la servilité sont garanties par leur dépendance.

Durant leurs périgrinations à la cour des puissants à Bruxelles et Berlin, Tsipras et Varoufakis se sont eux-mêmes présentés comme n’étant ni “radicaux”, ni mêmes “gauchistes”, pas mêmes comme de simples et honnêtes socio-démocrates, mais comme des arrivistes supplicateurs dans leurs demandes et leurs plaidoiries. Sans bien sûr sous-estimer l’hostilité à laquelle ils ont dû faire face, il est juste également de dire qu’ils n’ont fait montre d’aucun courage politique. Plus d’une fois, le peuple grec a eu vent de leurs “plans d’austérité secrets”, fuités aux médias: comme la lettre du 30 Juin publié par le Financial Times, dans laquelle Tsipras promettait aux patrons de l’UE, de la BCE et du FMI d’accepter leur demandes les plus basiques et les plus vicieuses, qu’il a maintenant acceptées.

Quand l’électorat grec a voté “NON” le 5 Juillet à cette donne totalement pourrie, Tsipras a dit: “Lundi le gouverneent grec sera à la table des négociations après le referendum avec de bien meilleures propositions pour le peuple grec.” Les Grecs n’ont pas voté pour de “meilleurs termes”. Ils ont voté pour la justice et pour leur souveraineté, comme ils l’on déjà fait le 25 Janvier (en donnant la victoire électorale à Syriza)

Le jour d’après les élections de Janvier un gouvernement véritablement démocratique et oui, radical, aurait arrêté chaque euro sortant du pays, aurait répudié la dette “illégale et odieuse”, comme l’Argentine l’a fait avec grand succès, et aurait expédié un plan pour sortir de cette zone euro totalement incapacitante. Mais il n’y avait aucun plan de la sorte. Il n’y avait que la volonté de “s’assoir à la table” pour rechercher de “meilleurs termes”.

La véritable nature de Syriza a été rarement examinée et expliquée. Pour les médias étrangers, ce n’est rien de plus qu’un parti “gauchiste” ou “d’extrieme gauche” ou “noyau dur”, terminologie de confusion habituelle. Quelques uns des supporteurs internationaux de Syriza ont atteint, à un moment, des niveaux de groupies et de soutien béat qui rappelaient le temps de la monté de Barack Obama. Peu ont questionné: qui sont donc ces “radicaux” ? En quoi croient-ils ?

En 2013, Yanis Varoufakis a écrit ceci: “Devrions-nous nous féliciter de cette crise du capitalisme européen comme étant une opportunité de le remplacer par un meilleur système ? Ou devrions-nous être préoccupés et soucieux de ceci pour nous embarquer dans une campagne de stabilisation du capitalisme ? Pour moi, la réponse est claire. La crise de l’Europe a très peu de chance de donner naissance à un système meilleur que le capitalisme… Je me plie à la critique du fait que j’ai fait campagne sur un agenda fondé sur la supposition que la gauche était, et demeure, franchement vaincue… Oui, je voudrais mettre en avant un agenda radical, mais non, Je ne suis pas préparé à commettre l’erreur du parti travailliste qui suivit la victoire de Thatcher… Qu’est-ce que cela a fait en GB au début des années 1980 en faisant la promotion d’un agenda de changement socialiste que la société britannique méprisa tout en suivant le trip néo-libéral de Thatcher ? Rien en fait. Quel bien cela fera t’il aujourd’hui d’appeler à un démantèlement de la zone euro et le L’UE elle-même ?…

Varoufakis omet totalement de mentionner le parti social-démocrate qui divisa les socialistes et le vote travailliste et mena directement au blairisme. En suggérant que le peuple britannique “méprisa le changement socialiste”, alors qu’aucune réelle opportunité ne lui fut offerte pour parvenir à ces changements, il se fait l’écho d’un Tony Blair.

Les leaders de Syriza sont une sorte de révolutionnaires, mais leur révolution est l’appropriation perverse, familière, des mouvements parlementaires et socio-démocrates par des libéraux déguisés et équippés pour obéir à la ligne néo-libérale et à une ingénierie sociale dont le visage authentique est celui de Wolfgang Schauble, le ministre des finances allemand, un voyou impérialiste. Tout comme le parti travailliste (NdT: les socialos d’outre-Manche) en Grande-Bretagne et ses équivalents parmi les anciens partis socio-démocrates comme le parti travailliste australien, se décrivant eux-mêmes comme étant toujours “libéraux” et même “de gauche”, Syriza est le produit d’une classe moyenne hautement éduquée, influente et hautement privilégiée, “éduquée dans le post-modernisme”, comme l’écrivit Alex Lantier.

Pour eux, le terme de classe sociale n’est pas mentionable, sans parler de celui d’une lutte incessante, et ce indépendamment de la réalité des vies de la plupart des êtres humains. Les pontes de Syriza sont bien élevés, ils ne mènent pas du tout à la résistance que la plupart des gens ordinaires attendent, comme l’électorat grec l’a si bravement démontré, mais ils mènent à de “meilleurs termes” dans un statu quo vénal qui canalise et punit les pauvres. Lorsque fusionnés avec une “politique identitaire” et ses distractions insidieuses, la conséquence n’est pas la résistance, mais la soumission. La vie politique “de base” en Grande-Bretagne est l’exemple flagrant de tout ceci.

Cela n’est pas du tout inévitable, ce n’est pas quelque chose qui est gravé dans le marbre, si nous nous réveillons de ce long coma post-moderne et rejetons les mythes et les mensonges de ceux qui affirment nous représenter et si nous nous battons.

Économie et impérialisme: Syriza, tragédie grecque en deux actes…

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Autogestion et association volontaire des communes libres, telle est la voie… Passer par les urnes et penser aux « réformes » n’est plus une utopie mais un délire !

Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !…

— Résistance 71 —

 

Le cheval de Troie de la Troïka :
 Syriza va-t-il capituler en Grèce ?

 

Pepe Escobar

 

6 Février 2015

 

url de l’article:

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article5591

 

La tragédie grecque de 2015 est une mauvaise version (financière) remixée de la Guerre de Troie. Sauf qu’aujourd’hui, la nouvelle troïka, formée de la Banque centrale européenne (BCE), de la Commission européenne (CE) et du Fonds monétaire international (FMI), tient le rôle de la Grèce, tandis que celle-ci est la nouvelle Troie.

Il est clair que la BCE ne va pas y aller de main morte pour faire de la Grèce un État européen en déliquescence. Sa logique étant qu’il faut en empêcher d’autres, comme l’Espagne, et même la France dans un avenir pas si lointain, de fomenter de drôles d’idées. Ou tu rentres dans le rang de l’austérité, ou on j’t’la joue à la flamme moyenâgeuse.[L’affrontement est déjà entré dans la légende. Après que Varoufakis est resté ferme dans son refus de discuter avec la troïka …le président de l’eurogroupe Dijsselbloem lui a glissé quelques mots à l’oreille… comme une réplique à la Pulp Fiction, genre : Je vais t’la jouer à la flamme bien moyenâgeuse, NdT]

C’était tellement prévisible que la destinée d’Athènes, de l’Euro en fait, aboutirait entre les mains du président de la BCE, Mario Maître de l’Univers Draghi, pourvoyeur de la nouvelle estimation trimestrielle qui, en théorie, prévoit de donner un peu plus de temps aux pays européens ravagés par l’austérité pour poursuivre leurs réformes.

Un bref historique est nécessaire. La troïka a imposé à la Grèce un racket économique, mais c’est la population grecque qui en paie le prix. Essentiellement, la dette publique grecque est passée du privé au public lorsque la BCE et le FMI ont sauvé les banques privées (allemandes, françaises, espagnoles). La dette est évidemment montée en flèche. La troïka est intervenue, pas pour sauver la Grèce, mais pour sauver le système bancaire privé.

La BCE a acheté la dette publique des banques privées à prix fort, parce qu’elle ne peut pas acheter la dette publique directement de l’État grec. La cerise sur ce mille-feuilles, c’est que les banques privées ont trouvé les liquidités pour acheter la dette publique de la Grèce, et auprès de qui ? De la BCE, bien sûr, et ce, à des taux d’intérêt ultralégers. C’est purement et simplement du vol et ce sont les voleurs qui ont établi les règles du jeu d’un bout à l’autre.

Mais où est notre argent ?

Le résultat, c’est qu’Athènes est maintenant en faillite. Le ministre des Finances de la Grèce, Yanis Varoufakis, a au moins entrepris sa tournée européenne avec une proposition louable : la BCE pourrait transférer à la Grèce 1,9 milliard d’euros adossés à des obligations grecques ; relever de 10 milliards d’euros le plafond du montant des obligations d’État à court terme ; et ouvrir une ligne de crédit d’urgence avec les banques. Dès le départ, l’élément clé pour Varoufakis c’était d’ouvrir la voie à une renégociation du plan de sauvetage de 240 milliards d’euros de la troïka.

Les faucons de la BCE, comme le Finlandais Errki Liikanen, ont rejeté cette proposition d’un revers de main, en insistant sur le fait qu’en l’absence d’une entente globale, qui équivaudrait à une reddition de la Grèce, pas le moindre euro ne sera donné à Athènes.

Quelle corvée pour Varoufakis et le premier ministre Tsipras, que cette tournée européenne dans le rôle de mendiants suppliants faisant face à une étincelante collection de mafieux doucereux, dont le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, et le président du Conseil européen, le va-t-en-guerre Donald Tusk.

La semaine prochaine se tiendra une réunion extraordinaire de l’Eurogroupe, qui précédera un sommet européen le 12 février à Bruxelles, qui ne manquera pas de faire des étincelles.

Bref, c’est mal parti !

Varoufakis a essayé de garder sa contenance, en continuant de dire qu’une sortie de la zone euro serait extrêmement préjudiciable à la Grèce. Ce serait encore plus préjudiciable si Syriza abdiquait totalement en faveur des Maîtres de l’Univers néolibéraux. Cela ne ferait que prolonger indéfiniment la crise économique en Grèce et pourrait finir par amener les fascistes du parti Aube Dorée au pouvoir.

Varoufakis, lors d’une conférence de presse avec le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble à Berlin, n’a pas manqué de souligner que même en se disant d’accord avec 67% du plan en cours, il ne règle en rien le problème de la corruption et de la fraude fiscale en Grèce, qu’il n’est question que du remboursement et non de la remise sur les rails de l’économie grecque.

Pour sa part, Schaüble, c’était prévisible, a proféré une menace à peine voilée d’un avenir incertain sans programme de sauvetage. Le dorénavant célèbre nous ne sommes même pas tombés d’accord sur le désaccord de Schaüble cachait en fait une main de fer dans un gant de velours.

Rien ne laisse croire que des négociations complexes pendant au moins quelques mois suivront, au moment où Athènes tente de revoir sa façon de transiger avec la troïka. La BCE fait comme si la Grèce était condamnée. Elle laisse tomber Syriza en soutenant du même coup les fascistes d’Aube Dorée. Un exemple éloquent de la manière dont la banque centrale voit la démocratie.

Y a quelqu’un pour bombarder Francfort ?

Finalement, nous en arrivons à ceci : sans les liquidités de la BCE (sans au moins un peu de liquide d’ici la fin du mois), la Grèce risque de revenir aux drachmes en n’ayant même pas tiré un seul coup. Ils sont pourtant des légions partout en Europe à le souhaiter. En parallèle, de Lisbonne à Rome, on murmure que si la BCE avait agi de la sorte auprès d’un pays relativement bien armé, les chars d’assaut seraient dans les rues (Mais pour faire quoi ? Bombarder Francfort ?).

Varoufakis insiste : Nous ne capitulerons pas. Ce qui se traduit essentiellement par un défaut de paiement de la Grèce. Nous n’en sommes pas encore là pour l’instant. À très court terme, Draghi sait aussi que si la Grèce obtient une partie des liquidités qu’il lui faut à court terme, ce serait la guerre contre la Bundesbank. Mais cela n’arrivera pas, car la BCE et la Bundesbank sont des complices dans le crime.

La BCE et la Bundesbank sont arrivées de nouveau à la conclusion qu’il n’y a pas de risque de contagion, même si la Grèce quitte la zone euro. La stratégie ne vacillera pas. On écrasera la Grèce et tout ira pour le mieux, l’économie à la terminator de la troïka pourra continuer à fouler au pied des pays en entier.

Méfiez-vous des Maîtres de l’Univers qui sont tout sourire. Draghi et les brutes de la BCE tout de Zegna vêtus [marque de fringues de luxe pour hommes, NdT] auront beau nous faire leurs plus beaux sourires, ce qu’ils démontrent à nouveau de façon sans équivoque, c’est jusqu’à quel point le système des banques centrales est l’ennemi mortel de la démocratie.

Source RT

Traduit par Daniel, relu par jj pour Le Saker francophone

 

 

 

 

 

Nouvel ordre mondial: la crise économique globale est pilotée pour torpiller les souverainetés nationales… La Grèce en cheval de Troie pour l’Europe

Posted in actualité, économie, crise mondiale, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme with tags , , , , , , , , , , on 26 février 2012 by Résistance 71

Le déficit grec était bidonné !

Le Président de la Statistique grecque encourt la prison à vie

 

 

Le 25 Février 2012,

 

url de l’article original:

http://www.decapactu.com/spip/article.php3?id_article=663

 

 

C’est un scandale de dimension continentale qui vient d’éclater à Athènes : le chiffre du déficit public de 2009 avait été gonflé artificiellement lors de sa révision à la hausse en novembre 2010 de 13,6 % à 15,4 % du PIB. Ces chiffres auraient été aggravés à dessein afin de culpabiliser les Grecs jusqu’à ce qu’ils acceptent l’abaissement de leur niveau de vie, la ruine de leur économie et le dépeçage de leur patrimoine, le tout imposé par l’Union européenne et servilement relayé par leurs politiciens véreux. Il fallait pour cela que le déficit grec dépassât celui de l’Irlande et devînt ainsi un record dans la zone euro.

Malheur à celle qui a dit la vérité

C’est une employée de l’Elstat, l’institut statistique grec, Zoé Gorganta, qui a révélé l’affaire en septembre dernier, sans que rien ne soit porté à la connaissance du peuple grec littéralement martyrisé par la troïka UE-BCE-FMI. Malheur à celle par qui le scandale arrive : Zoé Gorganta a été immédiatement licenciée.

Une commission d’enquête parlementaire grecque

Le procureur d’Athèmes, Grigoris Peponis, a obtenu jeudi du parlement grec, la mise en place d’une commission parlementaire d’enquête concernant le niveau du déficit public hellénique en 2009. Georges Papandréou et de son ministre des Finances d’alors Georges Papakonstantinou semblent d’ores et déjà mouillés jusqu’au cou. La Commission d’enquête doit démontrer qu’ils auraient commandités le tripatouillage des chiffres.

L’Elstat imposée par l’UE

Si la responsabilité des ministres grecs est flagrante, celle des institutions européennes l’est tout autant : L’Elstat a été fondée en août 2010 sur le modèle des autres instituts statistiques européens. La Commission européenne avait alors imposé que l’institut grec soit indépendant du pouvoir politique afin que ne se reproduise pas les « trucages » de comptes qui avaient permis entre 2000 et 2004 au pays d’entrer sans difficultés dans la zone euro. Ce serait très drôle si ce n’était pas si tragique.

Atteinte à la sûreté de l’État

La transmission de l’affaire au parlement a provisoirement évité au président de l’Elstat, Andreas Georgiou, d’être mis en examen pour « atteinte à la sûreté de l’Etat », et de risquer une condamnation de prison à vie. Pour sa défense, il tente de noyer le poisson dans un océan d’eau trouble : il a soumis au procureur un dossier de pas moins de 74.500 pages au prétexte d’expliquer le mode de calcul du déficit et a effectué mercredi une déposition de 110 pages.

Andreas Georgiou aurait insisté sur la surveillance européenne qui aurait alors entouré ses calculs, gage pour lui de leur justesse [1]. Il réfute toute pression gouvernementale et proclame son indépendance absolue. A Luxembourg, Eurostat proteste également de la régularité absolue des comptes grecs. Un ange passe sur Bruxelles.

Une raison de plus d’expulser la troïka UE-BCE-FMI

La commission parlementaire grecque devra donc faire la lumière sur un scandale susceptible de révéler la gigantesque entreprise de corruption qu’est devenue la « construction » européenne. Si cette première victoire de la liberté est encourageante, il est à craindre que tout soit fait pour lui mettre des bâtons dans les roues et les médias français – champions de la désinformation – testent déjà leur manœuvre de dé crédibilisation sur le thème éculé de « théorie du complot ».

Il est désormais indéniable que la troïka n’a plus aucune crédibilité pour « contrôler » sur place les comptes grecs, comme il a été décidé mardi dernier.

A quand une commission d’enquête parlementaire en France ?

Au-delà du cas grec, il faudra également tirer toutes les conséquences de cette révélation : c’est bien sur la base de chiffres bidonnés que les finances françaises ont été ponctionnées par dizaines de milliards. Dès la première aide, il avait été dit en séance de commission des finances que la Grèce ne remboursera pas, sans que cette juste prédiction ne soit contredite. C’est donc en toute connaissance de cause qu’ont été détournés des milliards appartenant aux Français pour le compte des usuriers de la Grèce, dans une gigantesque manipulation.

En attendant que toute la lumière soit faite et que soient jugés et condamnés ceux qui auraient triché pour asservir les peuples et servir la troïka, il devient évident que la manipulation de la crise visait à mettre en place le fameux « Nouvel Ordre Mondial » où les banquiers mettraient en faillite les états pour installer une dictature en Eurozone, puis en Europe, puis ailleurs.

Oligarchie financière: La Grèce est une autre victime des assassins économiques du Fond Mafieux International (FMI)…

Posted in actualité, économie, crise mondiale, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme with tags , , , , , , , on 8 août 2011 by Résistance 71

Nous avons traduit ici le dernier article en date de John Perkins, rendu célèbre outre-Atlantique pour son livre: « Confessions d’un assassin économique ».

Si nous ne partageons pas toutes ses idées comme par exemple sa solution au problème ici apportée (voter les pourris dehors et voter les « bons » dedans pour reprendre le contrôle de la république est pour nous une aberration totale), nous ne sommes pas non plus d’accord avec son descriptif et évaluation des « bienfaits » du gouvernement; néanmoins nous reconnaissons la pertinence des propos de quelqu’un qui a vécu ces « flingages économiques » de l’intérieur et pour cause. Son analyse est juste et tout comme Paul Craig Roberts, que nous traduisons souvent ici, il a l’immense mérite de s’être rendu compte de ses erreurs et d’essayer de participer à la correction.

Les gens de bonne conscience au sein de la pyramide du système sont si rares aujourd’hui, qu’il faut les saluer quand on en croise. Il faut une bonne dose de courage pour sortir de son confort et de sa vie de privilégié pour dénoncer les turpitudes du système qu’ils ont aider à créer en bien des instances.

Merci a MM. Perkins et Roberts pour leur courage et analyses.

— Résistance 71 —

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La corporatocratie

Les plans de sauvetage sont au service des créanciers et réduisent les emprunteurs en esclavage

 

par John Perkins

 —

 

le 6 Août 2011

 

Url de l’article original:

http://www.informationclearinghouse.info/article28779.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En écrivant ceci, j’observe le chaos économique en Grèce. Je suis certain que nous partageons tous ces sentiments de peur de l’effondrement économique, qui sont rampants dans les autres pays européens, et de fait autour du monde. Ces évènements sont des cas classiques de ce que je décris en détail dans mes livres “Confessions d’un assassin financier” et “L’histoire secrète de l’empire américain”. La Grèce a été touché par des assassins économiques. Programmé pour faire défaut sur sa dette, le gouvernement d’Athènes mène la meute des 17 pays de la zone Euro comme étant le premier pays utilisant la monnaie unique à être déclaré en « cessation de paiement sélective » de sa dette. Dans ce processus, cette nation qui vît naitre la démocratie il y a plus de 2000 ans, prouve à quel point de prédation travaille le capitalisme afin de miner les libertés de ses citoyens. Le peuple grec ne fut pas celui qui accepta ces dettes et dans la vaste majorité des cas n’en fut pas le bénéficiaire; néanmoins, il sera enchaîné à cette dette pour les décennies à venir parce qu’il a été leurré par la communauté banquaire internationale et ses propres leaders.

Les plans de sauvetage financier servent les créanciers et réduisent en esclavage les emprunteurs. Bien que les manifestants envahissent les rues d’Athènes, s’opposant vigoureusement aux mesures d’austérité draconiennes imposés par l’Union Européenne et le FMI, les leaders du pays plient, ils acceptent les plans de sauvetage. Il est devenu évident que les plans de sauvetage financier pour notre propre crise aux Etats-Unis n’ont fait que bénéficier à la corporatocratie, avec ses PDG se payant  des bonuses extravagants. Cette méthode ne fait qu’emprunter à charge du bien-être des citoyens d’un pays et ne sert de fait qu’à augmenter le pouvoir des banques centrales, du FMI et des PDG d’entreprises. Dans mes livres, j’ai décrit comment politique et économie d’aujourd’hui sont contrôlées par une poignée de personnes que j’appelle la corporatocratie. Ceci est clairement démontré par le fait qu’à chaque fois qu’il y a une “restructuration de la dette” ou un “pardon de la dette” ceci se fait toujours en échange de quelque chose qui inclut le plus souvent des privatisations de segments complets de l’économie du pays, qui étaient auparavant considérés publics. Facilités gouvernementales, écoles, prisons,  et même des parties de l’armée sont vendus à des multinationales. Ceux qui demandent moins de gouvernement, supportent en fait, volontairement ou non, un nouveau modèle d’impérialisme corporatiste (NdT: ceci correspond parfaitement et presque mot pour mot à la définition du fascisme donné par Mussolini). Ces grosses multinationales usurpent les moteurs de croissance économique, qui ont historiquement été considérés comme faisant partie du domaine public.

Lorsque j’étais un assassin économique dans les années 1970, je fus ordonné d’appliquer ces politiques dans bon nombre de pays “du tiers monde”. Cela m’a pris plus d’une décennie pour voir clair à travers les écrans de fumée et les miroirs des modèles de la Banque Mondiale et des écoles de commerce, mais je finîs par comprendre éventuellement, que cela n’était rien d’autre qu’un grand braquage. Maintenant ceci a touché l’Islande, l’Irlande et la Grèce; l’Espagne et le Portugal sont dans la ligne de mire. Le grand braquage s’accélère aux Etats-Unis mêmes avec les campagnes actuelles de coupures dans les budgets anti-gouvernementales. Je suis personellement scandalisé par ces élus officiels qui jouent la donne de la corporatocratie. Ils nous disent que nos fonctionnaires sont des incapables et que le secteur privé fait un bien meilleur boulot. Les soi-disants “patriotes” dénigrent le gouvernement qui gagna la seconde guerre mondiale, bâtit notre système autoroutier et nous aida à devenir la nation la plus riche de l’histoire. Les généraux de l’armée sont remplacés par des mercenaires de BlackWater. Les réseaux de distribution d’eau potable et d’assainissement sont donnés aux PDG d’entreprises dont les salaires sont supérieurs à tous ceux, combinés, des hommes et femmes qui mettent les tuyaux bout à bout pour continuer la distribution de l’eau.

Quand nos élus financés par les grosses entreprises forcèrent le gouvernement à reculer, à arrêter les régulations qui étaient des filets de sécurité établis après la grande dépression des années 1930, les corporations laminèrent Wall Street et nous menèrent à cette terrible récession, puis demandèrent que le gouvernement finance leur convalescence et leur vende ses biens. Nos biens. S’il vous plaît, rappellez-vous que tout ceci n’a absolument rien à voir avec créer un monde meilleur pour nous les citoyens et nos enfants. Cela à tout à voir avec détruire la démocratie, émasculer le gouvernement par les citoyens en le remplaçant par le gouvernement par la corporatocratie. Malgré la réthorique rouge, blanc, bleu, toutes ces actions ne font que renforcer ce Nouvel Ordre Mondial de règles impérialistes par et pour la corporatocratie.

Nous ne devons en aucun cas permettre un gouvernement géré par les multinationales (NdT: fasciste par définition). Nous devons voter pour virer tous ceux qui sont financés par les lobbies et voter pour ceux qui peuvent vraiment faire une différence. Nous devons rejeter en masse les barons voleurs de la corporatocratie. Il y a quelques 2400 ans un général grec du nom de Périclès se tînt devant une audience à Athènes et déclara: “On nous appelle une démocratie, car l’administration est au main du grand nombre et non de petit nombre, avec une justice équitable pour tous dans les disputes privées.” Que la crise grecque actuelle nous ravive la mémoire et nous enseigne que la démocratie aujourd’hui est attaquée de toute part. Elle ne survivra que si vous et moi, nous les peuples, insistons pour avoir des gouvernements qui sont “aux mains du grand nombre et non du petit nombre”.