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Gaza: Grande Marche du Retour, l’armée de l’occupant en déroute…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 31 mars 2019 by Résistance 71

Marche du Grand Retour: Les missiles de Gaza ont eu raison de l’armée israélienne

 

Press TV

 

31 mars 2019

 

url de l’article:

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/03/31/592242/Marche-de-grand-retour-les-missiles-de-Gaza-ont-eu-raison-de-larmee-israelienne

 

La défaite est plus que totale: quelques heures après la fin de la Marche du grand retour vendredi et samedi, l’armée israélienne cède et débloque les frontières avec Gaza. En effet, elle vient de recevoir coup sur coup manifestations, coup de missiles, ballons incendiaires et pour une armée totalement « débordée », le statut quo s’avérait impossible. Selon info-palestine, plus de 45 000 Palestiniens de toute la bande de Gaza se sont rassemblés en masse le samedi 30 mars pour le premier anniversaire de la Marche sur les frontières, bravant chars, blindés et snipers israéliens.

Paniqué à la vue du spectacle d’une foule déterminée, les soldats israéliens, plantés sur les frontières, ont ouvert le feu en tuant quatre jeunes palestiniens et en blessant 316 autres, un bilan qui reste provisoire. Il s’agissait du premier anniversaire de la Marche du grand retour, ce rassemblement hebdomadaire qui a lieu sans répit depuis un an, c’est-à-dire depuis que l’administration US croyant pouvoir naïvement enterrer la cause palestinienne, a annoncé la judaïsation de Qods.

Confirmation du nouveau bilan des victimes par le site d’information « Palestine Solidarité » qui rapporte que l’armée israélienne a assassiné hier samedi quatre jeunes palestiniens de 17, 18, 19 et 20 ans à Gaza, et en a blessé 316 autres par des balles réelles.

Évidemment le silence des médias mainstream arrangent bien l’agresseur. N’empêche que le quatrième martyr palestinien a été visé lors de la manifestation de la Journée de la Terre par des snipers israéliens dans l’est de Khan Younes. Signe que le mouvement est général, allant de Gaza à la Cisjordanie en passant par Qods. D’ailleurs, tous les territoires palestiniens ont été samedi le théâtre de manifestations et de grèves de masse.

Les Palestiniens scandaient tous les mêmes slogans: « Honte à cette occupation illégale ! Honte à ce régime d’apartheid ! Honte à ces crimes israéliens contre les civils palestiniens ! Honte à ce blocus israélien inhumain et mortel ! Honte à cette communauté internationale officielle complice ! Vive la solidarité ! Gaza sous blocus résiste, Gaza l’espoir et la dignité persistent. Ici, notre terre. Ici, notre Palestine ! La lutte continue ! La Palestine vivra ! La justice triomphera ! »

Les sources israéliennes reviennent largement sur cette double manifestation qui a tenu tout appareil politico-militaire israélien en haleine pour in fine le mettre au pas, puisque l’armée israélienne vient d’ouvrir les frontières de Gaza malgré un blocus hermétique imposé ces derniers jours.

Selon les sources proches du renseignement de l’armée israélienne, les missiles palestiniens ont eu le dernier mot. Les deux frappes palestiniennes contre Tel-Aviv et Ashkelon ont impliqué des missiles de haute précision.

Dans la nuit de samedi, l’exploit a été reconduit: d’après l’armée israélienne, « cinq roquettes ont visé la Palestine occupée depuis la bande de Gaza ». Les cinq missiles ont visé Eshkol au sud d’Israël en représailles à la mort de 4 palestiniens, froidement abattus par les snipers d’Israël. Les tirs ont fait déclencher des sirènes d’alerte et poussé des centaines de colons à s’enterrer dans des abris sous-terrains. Le site israélien DEBKA décrit que ces derniers avaient gagné les abris bien avant les tir de missiles, puisque « la marche palestinienne » faisait trembler la terre sous leur pied.

Pour toute riposte, l’artillerie israélienne a visé les sites désertés du Hamas à Gaza, sans oser bouger d’un iota des positions qu’elle occupe depuis 72 heures.

Le constat de DEBKA, site proche du renseignement israélien est sans appel: « La Marche du grand retour a été un succès… l’armée israélienne est dans l’incapacité de lancer des opérations au sol contre Gaza car prise de court par des missiles palestiniens.« 

Front intérieur de résistance au sionisme: Gaza, Qods, Cisjordanie…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 23 février 2019 by Résistance 71

 

Israël: le front intérieur s’embrase

Vendredi de combats à Gaza, Qods et en Cisjordanie

 

Press TV

 

22 février 2019

 

url de l’article original en français:

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/02/22/589256/Isral–le-front-intrieur-sembrase

 

Alors que les habitants de la ville de Qods ont réussi à rouvrir la Porte dorée, située à l’est de la mosquée al-Aqsa, les Gazaouis ont pris part, dans le même temps, à la 48e manifestation de la Marche du grand retour, qui pour l’heure s’est soldée par la mort d’un enfant palestinien et a fait plusieurs blessés.

Fermée depuis 2003 par le régime d’Israël, la Porte dorée a été ouverte ce vendredi 22 février après que différents groupes palestiniens eurent appelé à une marche vers la mosquée al-Aqsa.

Conjointement, la 48e manifestation de la Marche du grand retour, dans la bande de Gaza, s’est soldée par la mort d’un enfant palestinien et plusieurs blessés.

Au cours de ce 48e vendredi de manifestation, baptisé « La fidélité aux martyrs du Haram al-Ibrahimi », les manifestants palestiniens ont pris le chemin de l’est de la bande de Gaza.

Faisant valoir le droit au retour sur leur terre ancestrale, la fin du siège de Gaza et leur déclaration de loyauté aux martyrs du massacre commis par Baruch Goldstein le 25 février 1994, les manifestants se sont dirigés vers les « camps du retour » le long de la frontière séparant la bande de Gaza des territoires occupés par Israël.

Le Comité national de la Marche du grand retour et le Front Populaire pour la Libération de Palestine (FPLP) ont appelé les Gazaouis à participer en masse à la marche de ce vendredi 22 février, soulignant que les manifestations se poursuivraient jusqu’à la concrétisation de tous leurs objectifs, notamment la fin du blocus de Gaza qui dure depuis 13 ans ainsi que l’annulation du « Deal du siècle » du président américain Donald Trump.

Évoquant la nature pacifique des manifestations de la Marche du grand retour, le Comité a revendiqué le droit des Palestiniens à une vie digne, dans un contexte de paix et de sécurité.

Les manifestations de la Marche du grand retour ont commencé le 30 mars 2018 en protestation contre la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Qods comme capitale d’Israël et de transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Qods.

 

Résistance au colonialisme, à l’ethnocide et au génocide en Palestine… La grande marche du retour des Palestiniens fait faire dans son froc à l’entité sioniste…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 20 avril 2018 by Résistance 71

La grande marche du retour et la bataille médiatique

 

Fadwa Nassar avec Al Manar

 

18 avril 2018

 

Source: http://french.almanar.com.lb/860748

 

 

Avant même que la « grande marche du retour » ne soit déclenchée le 30 mars, à l’occasion de la Journée de la terre, l’occupant sioniste a lancé sa grande machine médiatique, relayée par les médias internationaux : elle serait organisée par le mouvement Hamas, les manifestants seraient des combattants, et son but serait de masquer les « déboires » du mouvement de la résistance.

Justifier la tuerie…masquer le but de la marche

Cette version sioniste du grand mouvement populaire déclenché à partir de la bande de Gaza a eu pour objectif de justifier à l’avance la tuerie qui a eu lieu. Le dernier bilan de cette tuerie perpétrée par les sionistes, depuis le 30 mars, s’élève à 33 martyrs et 4279 blessés.

Prétendre que le mouvement Hamas est l’organisateur de la marche, comme l’ont relayé des médias à la botte des sionistes dans le monde, c’est d’abord justifier tout massacre, et ensuite, masquer le but principal de la marche, qui est l’affirmation du droit au retour des réfugiés à la Palestine, droit reconnu par l’ONU, ce qui a été masqué par une grande partie des médias dans le monde, y compris des médias « pro-palestiniens ». Car réclamer le « droit au retour des réfugiés » signifie, pour la plupart des médias et de la communauté internationale, mettre en « danger » la solution de « deux Etats », si chère à tous ceux qui ont accordé une légitimité à la fondation d’une entité sioniste en 1948, sur la base des massacres et de l’expulsion massive des Palestiniens.

Le peuple, dans toutes ses composantes

« Israël » a tué des manifestants désarmés, quelle que soit leur appartenance politique. Bien évidemment, les marcheurs vers l’entité coloniale ne sont pas des « a-politiques » et nombreux d’entre eux appartiennent aux formations de la résistance armée, car en Palestine, et dans la bande de Gaza plus encore, la résistance armée est une résistance populaire, et ses membres sont issus du peuple palestinien.

Mais au cours de la marche, ces résistants ont marché désarmés, avec leur peuple, et les dirigeants politiques de la résistance étaient et sont toujours présents, à la tête des manifestations et dans les « tentes du retour », comme doivent l’être tous les dirigeants dignes de ce nom. De même, la coordination de la « grande marche du retour » rassemble les formations de la résistance aux côtés des unions populaires (femmes, jeunes, étudiants, journalistes, avocats, médecins, etc) et des associations civiles. C’est donc le peuple palestinien, dans toutes ses composantes, qui participe à la marche du retour, pour réclamer le droit légitime au retour des réfugiés à leurs terres.

 

 

Personne n’a le droit de supprimer le droit

Las d’attendre la communauté internationale, les Palestiniens ont décidé d’agir, d’autant plus que le président américain Trump a ouvertement souscrit à la position sioniste, affirmant que le droit au retour des réfugiés est annulé. Mais le peuple palestinien affirme que nul n’a le droit de supprimer son droit, ni de le marchander. C’est le sens de la « grande marche du retour », ignoré par les médias, qui l’ont remplacé par d’autres objectifs, qui seraient de desserrer l’étau et le blocus contre la bande de Gaza, ou même de régler le problème avec Mahmoud Abbas.

Pleurer les victimes sans soutenir la résistance

Depuis que la marche a été déclenchée, des pressions sont exercées par des régimes arabes, des Etats européens et des organisations internationales, tous désireux de sauver l’entité sioniste, pour cesser la marche, en contrepartie de quelques miettes, du genre lever partiellement le blocus contre Gaza et régler le différend avec l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas. En même temps, l’Autorité et ses services sécuritaires empêchent le mouvement de la marche de s’étendre vers la Cisjordanie, en vue de l’étouffer et de réduire son objectif, qui serait propre à la bande de Gaza, et non un objectif national partagé par tout le peuple palestinien.

C’est en ce sens que les médias plutôt « pro-palestiniens » liés à l’Autorité palestinienne dénoncent la tuerie perpétrée par l’entité coloniale, sans cependant expliciter clairement l’objectif de la « grande marche du retour », au cours de laquelle les Palestiniens, et notamment les jeunes qui prennent de nombreuses initiatives, inventent mille et une façons d’affirmer leurs droits. Comme l’a déjà écrit le martyr Bassil Al-A’raj, nombreux sont ceux qui savent pleurer sur les victimes, mais peu savent comment soutenir une résistance légitime.

Empêcher la transmission des faits

Les dirigeants de l’entité sioniste et ses médias ont salué la tuerie que leur armée a perpétrée, et les nombreux journalistes de la colonie proposent quotidiennement des moyens encore plus diaboliques. Le journaliste martyr Yasser Murtaja serait un membre des Brigades al-Qassam, d’après eux, justifiant ainsi son assassinat. Ils ont justifié le fait qu’ils visent, outre les journalistes et photographes, les équipes médicales et les ambulances, faisant de nombreux blessés, car tous seraient des membres de la résistance armée. Le fait de viser les journalistes, comme les sionistes le font depuis la fondation de leur colonie, a pour but d’empêcher la transmission des vraies images de la marche et son caractère populaire, qui démentent la propagande sioniste, et le fait de viser les équipes médicales a pour but de terroriser les manifestants, de stopper la marche, et de lancer un message de défi à tous ceux qui lui demandent de « diminuer l’intensité de ses tirs ».

Seulement une baisse de l’intensité des tirs

Car c’est l’intensité des tirs de l’armée sioniste sur des manifestants et « infiltrés » désarmés qui gêne la communauté internationale, qui a donné cependant son feu vert à la tuerie. Certains Etats et des organisations internationales réclament même des enquêtes. Le représentant du mouvement du Jihad islamique au Liban, Ihsan Ataya a justement répondu à ce propos, disant : « les sionistes tuent les Palestiniens, les tueries sont exposées sur les écrans, comme des films… Certains viennent réclamer des commissions d’enquête pour s’assurer de la nature des munitions. Est-ce que les Palestiniens de Gaza se suicident-ils, par hasard ? Nous entendons certains demander à l’ennemi sioniste de ne pas utiliser la force excessive. Est-ce un message implicite disant que la tuerie est permise, mais que le problème réside dans le nombre de martyrs et de blessés et des armes utilisées ? »

Face à cette marche, les sionistes paniquent, parce qu’ils ont affaire à un peuple décidé à retourner sur ses terres spoliées en 1948. Ils se préparent à tuer le 15 mai, mais d’ici là, et parce qu’ils savent que c’est un mouvement populaire, ils proposent des soi-disant concessions, pour briser le mouvement. Mais les organisateurs de la marche poursuivent le mouvement et viennent de décider de déplacer les tentes, de 50 à 100 mètres, vers les barbelés installés par les colons, en vue de la journée du 15 mai prochain.

 

Résistance politique: Seconde bonne nouvelle en provenance de la Palestine occupée… Yanks et entité sioniste quittent l’UNESCO !

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Les Etats-Unis et Israël quittent l’UNESCO… Bon vent et bon débarras !

 

Jeremy Salt

 

29 décembre 2017

 

Source de l’article en français:

http://chroniquepalestine.com/etats-unis-israel-quittent-unesco-bon-debarras/

 

Main dans la main, les États-Unis et Israël ont décidé de quitter l’UNESCO. On ne pouvait rien espérer de mieux ! Deux états voyous dirigés par deux dangereux bouffons ! Deux États qui ont semé une violence inouïe au Moyen-Orient depuis l’implantation d’ « Israël » en Palestine.

En plus de la Palestine, les États-Unis ont lancé des guerres génocidaires contre trois pays depuis 1990, l’Irak (deux fois), la Libye et la Syrie, et ils continuent de soutenir l’Arabie Saoudite dans sa guerre tout aussi génocidaire contre le Yémen.

Quant à Israël, vivre en permanence en dehors du droit international est une condition nécessaire à son existence. Ce pays aurait dû être exclu de l’ONU il y a longtemps, ou, au moins, suspendu jusqu’ à ce qu’il change de comportement. Après tout, quel club continue d’accepter un adhérent qui n’obéit pas aux règles, qui a été mis en garde une fois, une, deux, trois, voire 50 fois, mais refuse toujours d’obéir aux règles? Mais Israël n’a pas à modifier ses manières pour rester membre de la « communauté internationale » parce qu’un autre État qui ne respecte pas davantage les règles, ni même le droit international, les États-Unis, le protège à tous les niveaux et de toutes les manières, provoquant ainsi toujours plus de violence.

L’UNESCO a fait de son mieux pour protéger le patrimoine culturel palestinien. Rien de ce qui n’est pas juif n’a d’intérêt pour les Sionistes et il y a si peu de traces juives en Palestine que la Palestine musulmane et chrétienne a été ravagée, pas une seule fois (1948) ou deux fois (1967), mais sans arrêt. La destruction de la Palestine est la condition nécessaire à la création de l’ « État juif » de Netanyahou. C’est tout ou rien: il ne peut y avoir de compromis, ni d’alternative. Les Palestiniens ont proposé plusieurs options, un État séculier, deux États vivant côte à côte, mais la seule option acceptable pour Israël, c’est toute la Palestine pour nous et rien pour vous.

L’élimination des Palestiniens en 1948 s’est accompagnée de la destruction de près de 500 villages ou hameaux palestiniens, en dépit de leur valeur historique et culturelle. D’autres destructions ont suivi celles de 1967, à commencer par la démolition du quartier de Magharibah en 1967 pour faire place à une « plaza » autour de Haram al Sharif (dôme du Rocher), et se sont poursuivies dans les années suivantes. La guerre a également permis de chasser d’autres Palestiniens de leur patrie, plus précisément, cette fois-ci, de Cisjordanie, où beaucoup s’étaient réfugiés pendant l’agression sioniste de 1948.

La guerre a été une autre occasion de repousser la Palestine plus loin dans l’histoire en détruisant toutes les preuves matérielles de présence palestinienne, ce qui permet aux sionistes de dire: « Quelle Palestine? Il n’y a jamais eu de Palestine ici. » C’est d’ailleurs en fait ce qu’ils disent depuis le début, sans convaincre qui que ce soit en dehors de leurs propres rangs parce que les Palestiniens ne sont pas partis, parce que leur nombre augmente (il y a peut-être maintenant plus de Palestiniens entre la Méditerranée et le Jourdain que de colons sionistes) et parce que trop de traces de leur histoire peuvent encore se voir dans le paysage. Et si le danger qui menace Al Aqsa qui resplendit sur Jérusalem, est si grand, c’est parce que l’esplanade des Mosquée est le symbole éclatant des mensonges que racontent les sionistes.

A ce propos, il est tout à la fois incompréhensible et frustrant pour les sionistes que, malgré le demi-siècle, de fouilles intensives qu’ils mènent sous et autour d’Haram al Sharif, ils n’aient trouvé aucun objet prouvant qu’il y a bien eu un temple là. On trouve aujourd’hui des ruines et des vertiges d’époques beaucoup plus anciennes dans le monde. La Turquie en est pleine : le temple de Gobeklitepe, dans le sud-est de la Turquie, est vieux de 12 000 ans. Comment se fait-il alors qu’il ne reste rien de la structure grandiose qui aurait été construite par Salomon, là où se trouve actuellement l’esplanade d’Al Aqsa? La Bible parle d’un bâtiment de plus de 60 mètres de haut, une construction de bois (les cèdres du Liban) et d’énormes blocs de pierre. Des matériaux similaires auraient été utilisés dans la construction du second temple, achevé en 515 avant JC. et détruit par les Romains en 70 après JC. On dit qu’il aurait eu les mêmes dimensions massives et pourtant rien n’a été trouvé, aucun vestige des colonnades ou des piliers, aucun bol votif, absolument rien ; cela signifie que si le temple se trouvait bien sur ce site, sa description biblique était terriblement exagérée (ce qui n’est pas surprenant dans un livre plein d’exagérations fantastiques).

[Note de Résistance 71: A lire en complément sur le sujet évoqué par l’auteur ci-dessus:

Ashraf Ezzat Mythe Biblique ]

De plus, les Sionistes d’aujourd’hui ne sont liés à l’ancien Israël que par leur religion. Leurs premiers colons n’avaient aucun lien vivant avec la terre et aucun lien ethnique avec les gens qui y vivaient. Les sionistes s’appuient sur la relation vivante des Juifs avec la Palestine au cours des siècles mais se gardent bien de dire que les Juifs qui étaient là quand leurs ancêtres sont arrivés considéraient le sionisme comme une hérésie. L’affirmation de Netanyahou selon laquelle Jérusalem est la capitale d’Israël depuis 3000 ans ne pouvait convaincre que les idiots, vu qu’Israël n’a que 70 ans et que le dernier État juif de Palestine s’est effondré au sixième siècle avant JC.

De toute façon et quoi qu’il en soit, une ancienne présence juive en Palestine ne saurait justifier la destruction de ce qui était là quand les colons sionistes sont arrivés à la fin du XIXe siècle.

Les Sionistes partagent avec les Croisés la distinction peu recommandable d’être responsables, en Palestine, de la plus grande œuvre de destruction de l’histoire moderne. Après avoir conquis la Palestine à la fin du XIe siècle, les Croisés massacrèrent ou chassèrent de Jérusalem tous les musulmans et les juifs. Le retour de la domination musulmane fut suivi, dès le début du XVIe siècle, par quatre siècles d’une longue paix ottomane jusqu’ à la prise de Jérusalem par les Britanniques en décembre 1917. Depuis lors, la Palestine n’a pas connu un seul jour de paix. La violence et la répression dont se sont rendus coupables les occupants britanniques ont été suivies par encore plus de violence, de répression et de dépossession du fait des Sionistes, et cela se poursuit aujourd’hui.

Jérusalem a toujours été une cible privilégiée. Les massacres et les saisies de biens palestiniens de 1948 ont recommencé après l’occupation de la moitié orientale de la ville en 1967, elle-même suivie d’une perpétuelle guerre démographique raciste menée en violation totale du droit international et des lois de n’importe quel pays qui se prétend civilisé. Ce que cela montre, c’est qu’Israël n’est pas un État moderne, mais une communauté tribale atavique qui vit selon ses propres normes brutales, en tout cas en ce qui concerne les Palestiniens, et qui est indifférente à ce que le reste du monde pense, quand elle ne se montre pas carrément insultante. Le fait que les Sionistes pensent qu’ils peuvent s’en tirer indéfiniment est un signe évident de leur folie et de leur délire.

Les États-Unis sont maintenant allés jusqu’à « reconnaître » Jérusalem comme la capitale d’Israël alors qu’en droit international Jérusalem est une ville occupée, et pas seulement la moitié orientale qui a été capturée par la force des armes et colonisée en violation directe du droit et des lois de la guerre. Commentant le vote de l’Assemblée générale des Nations Unies qui a rejeté la déclaration de Trump, Nikki Haley, l’ambassadrice américaine, a ouvertement menacé ceux qui avaient voté pour. Des noms ont été relevés et des châtiments seront infligés au moment opportun. En votant pour la résolution, les membres de l’ONU ont fait preuve d’un manque de respect pour les États-Unis, selon Haley : on pourrait se demander à quel moment les États-Unis ont eux-mêmes manifesté le moindre respect pour le droit international et le droit des membres de l’ONU à prendre des décisions indépendantes en vertu de ce même droit international!

La déclaration de Trump sur Jérusalem a fait l’effet d’une bombe dans tout le Moyen-Orient et chez les musulmans du monde entier. Il faut la saluer parce qu’elle arrache le dernier voile de l’imposture connue sous le nom de processus de paix. Le nez de Mahmoud Abbas a été mis dans son caca. Les gouvernements saoudien et qatari, qui traitaient en cachette avec les sionistes, ont dû s’aligner sur la question de Jérusalem. La déclaration de Trump a uni les musulmans au-delà de toutes leurs divisions.

Par eux-mêmes et tout seul, malgré le courage, la force et la fermeté dont ils ont toujours fait preuve, les Palestiniens n’auraient jamais pu vaincre leurs ennemis. Ils étaient bien trop puissants. Comme George Habash l’a écrit dans les années 1950, le chemin du retour vers la Palestine a toujours dû passer par le monde arabe qui s’étend maintenant, vu l’essor de l’Iran, à tout le monde islamique. Nasser a enflammé le peuple arabe dans les années 1950 et, à eux deux, le Hezbollah et l’Iran sont une fois de plus le fer de lance de l‘opposition aux États-Unis et à Israël, au point qu’Israël est maintenant bien engagé dans les préparatifs de la guerre destinée à les détruire une fois pour toutes.

C’est une guerre existentielle, une guerre pour sa survie, une guerre extrêmement violente, à laquelle Israël se prépare intensivement. Israël menace son ennemi de destruction totale et Hasan Nasrallah répond que le Hezbollah est prêt et a des missiles qui peuvent atteindre n’importe quel endroit de la Palestine occupée. La menace de guerre au Moyen-Orient n’a jamais été aussi grande, ses conséquences éventuelles n’ont jamais été aussi dramatiques pour ne pas dire cataclysmiques. Les conséquences de la déclaration de Trump étaient si faciles à prévoir qu’il semble vain de la qualifier de stupide. Peut-être avait-il pour but de déclencher la guerre avec l’Iran dont les États-Unis et Israël rêvent depuis longtemps.

* Jeremy Salt a enseigné l’histoire moderne du Moyen-Orient à l’Université de Melbourne, à la Bosporus University à Istanbul et à la Bilkent University à Ankara pendant de nombreuses années. Parmi ses publications récentes son livre paru en 2008 : The Unmaking of the Middle East. A History of Western Disorder in Arab Lands (University of California Press).

Espoir de fin d’année en provenance de Palestine occupée…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 30 décembre 2017 by Résistance 71

Terminons l’année 2017 sur une note d’espoir en provenance de la Palestine occupée où une partie de la jeunesse israélienne ouvre les yeux et agit pour être du bon côté de l’histoire… Quoi de plus beau que de voir les éléments internes à une dictature se soulever et entrer en dissidence ?…
2018 s’annonce être une année qui fera date, à suivre…
~ Résistance 71 ~

 

Des élèves israéliens refusent de servir leur armée en Cisjordanie occupée

Al Manar

30 décembre 2017

url de l’article en français: http://french.almanar.com.lb/717066

Des dizaines d’élèves israéliens de terminale ont affirmé dans une lettre qu’ils refusaient d’être enrôlés dans l’armée d’occupation israélienne après leur bac pour protester contre ce qu’ils qualifient de « mise en œuvre par l’armée d’une politique gouvernementale raciste qui viole les droits de l’Homme ».

La lettre, signée par 63 lycéens de tout le pays, est adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu, au ministre de la Défense Avigdor Liberman, au ministre de l’Education Naftali Bennett et au chef d’état-major de l’armée Gadi Eisenkot, rapporte la chaine d’information israélienne i24.

La missive appelle tous les lycéens israéliens à se joindre à eux et à refuser d’être enrôlés tant que la Cisjordanie continuera d’être « occupée ».

« L’armée met en œuvre une politique gouvernementale raciste qui viole les droits de l’homme fondamentaux et applique une loi pour les Israéliens et une autre loi pour les Palestiniens dans le même territoire », souligne la lettre.

« Toute une nation vit sous une incitation à la haine institutionnalisée et dirigée contre les Palestiniens des deux côtés de la Ligne Verte, et nous – jeunes hommes et femmes de différentes parties du pays et de différents milieux sociaux – refusons de croire à l’incitation systématique ou de prendre part à la politique oppressive du gouvernement », conclut la lettre.

Le refus de servir dans l’armée d’occupation est l’une des questions les plus controversées en ‘Israël’.

Selon le site d’information Ynet, les signataires prévoient de descendre dans la rue pour mobiliser davantage de lycéens.

Empire et satellite: 38 milliards de dollars d’aide yankee à l’armée de l’entité sioniste…

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Prévision de grosses averses de phosphore blanc sur Gaza dans un futur très proche. Pour que continue le colonialisme galopant et le génocide en terres palestiniennes et sur le continent africain…

~ Résistance 71 ~

 

Le nouveau contrat d’aide à Israël fait d’Obama le mécène de l’occupation

 

Gidéon Lévy

 

21 septembre 2016

 

url de l’article en français:

http://chroniquepalestine.com/nouveau-contrat-daide-a-israel-dobama-mecene-de-loccupation/

 

 

Gidéon Lévy – Trois cents dollars par contribuable états-unien pendant les dix prochaines années…

 

Non pas pour subvenir aux besoins sociaux considérables de l’Amérique, non pas pour venir en aide à des pays vraiment nécessiteux – imaginez ce que 38 milliards de dollars pourraient faire pour l’Afrique – mais pour procurer des armes à une armée qui est déjà l’une des plus puissamment armée au monde, dont l’un des principaux ennemis sont des jeunes filles brandissant des ciseaux ; pour financer une armée qui ne combat aucune autre armée sérieuse en ce moment ; l’armée d’un pays que peu d’autres peuvent égaler en matière d’insoumission, un pays qui défie systématiquement les Etats-Unis et la communauté internationale. Et pis que tout, ce pays va recevoir un nouveau cadeau, sans avoir à donner quoi que ce soit en échange. Cet argent servira uniquement à l’armer, ce qui va le pousser à commettre de nouvelles agressions. C’est ça l’accord et il n’y a pas eu de débat sérieux à ce sujet, que ce soit en Israël ou aux États-Unis.

Qui s’interroge ?

En Amérique seules quelques personnes demandent pourquoi. Pour quoi faire ? Pendant combien de temps ? Qu’aurons-nous en retour ? ne demandent même quels intérêts américains bénéficient de cette énorme dépense d’argent du contribuable américain. Mais laissons les Américains s’occuper de l’Amérique. La seule discussion en Israël porte sur la possibilité ou non d’extorquer encore plus d’argent aux Américains. C’est bien que ça se soit arrêté à 38 milliards de dollars. MK Shelly Yacimovich (Zionist Union) a dit que le premier ministre a déjà prévenu les responsables hauts gradés de la sécurité qu’ils pouvaient « se lâcher ». Une aide plus importante créerait plus de sauvagerie encore. Une partie de l’argent ira aux systèmes de défense mais une autre part ira au maintien de l’occupation et notamment au financement d’actions spectaculaires violentes à Gaza, au Liban, et d’exercices d’entraînement inutiles et mégalomaniaques pour se défendre contre des dangers imaginaires.

« Le porte-avion américain en Méditerranée, » comme les Américains (Alexander Haig) et les Israéliens (Moshe Ya’alon) aiment à qualifier Israël, continuera à larguer des bombes et à tirer des obus, parfois sans retenue, au nom des contribuables américains et avec leur argent. Est-ce ce que veut Obama ? C’est le résultat de sa politique. Cette aide généreuse, d’un volume qu’aucun autre pays au monde ne reçoit, rend les belles paroles des Américains encore plus ridicules tandis qu’Israël continue de défier Washington. Les Protestations américaines, la fureur au Département d’Etat, la colère à la Maison Blanche – plaisanteries que tout ça.

Obama est le mécène de l‘occupation

Si c’est le porte-avion américain, alors les colonies, la violation du droit international, les crimes, les raids et les guerres que l’Amérique prend bien soin de dénoncer, sont exécutés sur son propre porte-avion. Chaque balcon supplémentaire construit dans une colonie est Made in the USA. Chaque assassinat de femmes et d’enfants à Gaza est ‘né aux États-Unis.’ Obama est le mécène de l‘occupation, la peste soit de l’hypocrisie et du pharisaïsme.

Les Israéliens ne devraient pas être reconnaissants pour la générosité états-unienne ; elle est préjudiciable à leur pays. Pour quoi Israël a-t-il besoin de plus d’armements ? Pourquoi a-t-il besoin de faire la guerre aux habitants loqueteux de Gaza et aux jeunes hommes de Cisjordanie ?

Un homme d’état israélien courageux et honnête aurait dit depuis longtemps : non merci. Cet argent ne nous vaut rien de bon. Même sans cet argent l’IDF (Forces de Défense israéliennes) est trop importante pour ses besoins. Mais le rituel continue, l’Amérique paie et Israël occupe et bombarde, comme s’il n’y avait pas d’autre voie. C’est la victoire à la Pyrrhus d’Israël. C’est aussi la victoire personnelle du premier ministre Benjamin Netanyahou : Toutes les accusations de sabotage des liens avec les Etats-Unis sont totalement infondées. Les relations n’ont jamais été aussi bonnes – il suffit de regarder les chiffres.

La relation est intacte, et c’est dommage. Avec de tels amis on n’a guère besoin d’ennemis. Israël peut vaquer à ses occupations, le chèque est en blanc et l’Amérique paie, sans aucune obligation, pour au moins dix encore. Peut-il y avoir plus mauvaise nouvelle pour Israël ?

Gidéon Lévy : Né en 1955, à Tel-Aviv, est journaliste israélien et membre de la direction du quotidien Ha’aretz. Il vit dans les territoires palestiniens sous occupation.

Islande: Ce dont bien sûr personne ne parle le foot remplissant sa fonction anesthésiante…

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La grande messe inique du foot remplit sa fonction principale: celle d’abrutir toujours plus avant les gens… La France bat l’Islande en quart de l’Euro 2016, tartine en veux-tu en voilà dans les merdias habituels, le même jour Reykjavik vote le boycott de tous les produits israéliens jusqu’à la fin de l’occupation de la Palestine et bien sûr… par un mot de tout çà nulle part… Étonnant non ?…

~ Résistance 71 ~

 

Les Islandais votent pour rejoindre le boycott des produits israéliens

Press TV

3 juillet 2016

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2016/07/03/473471/iceland-israeli-palestine-bds

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La capitale le l’Islande a annoncé qu’elle allait boycotter tous les produits israéliens jusqu’à ce que la Palestine soit libre de toute occupation

Dimanche, la municipalité de la ville de Reykjavik a voté pour le boycott et promis de continuer l’embargo “aussi longtemps que l’occupation des territoires palestiniens continue”.

Le vote fait partie du mouvement Boycott, Divestment et Sanctions (BDS) contre Tel Aviv, mouvement qui a été initié en 2005 par plus de 170 organisations palestiniennes qui poussaient pour des “formes diverses de boycott contre Israël jusqu’à ce qu’il remplise ses obligations vis à vis de la loi internationale”.

Depuis lors, des milliers de volontaires dans le monde entier ont rejoint le mouvement BDS afin de promouvoir la cause palestinienne.

L’action de l’Islande a été sévèrement condamnée par le ministère israélien des affaires étrangères qui a publié un communiqué clâmant que cela était injustifié.

Ceci se produit alors que des universitaires et des activistes du monde entier se prépare pour un grand meeting en Tunisie pour discuter d’un développement du mouvement BDS plus avant.

La réunion intitulée “Le Boycott comme Stratégie pour Contrer l’Occupation par Israël et l’Apartheid: Réalités présentes et Aspirations”, est organisdée par le Center for Research and Policy Studies (ACRPS) dans la capitale tunisienne et doit se dérouler du 4 au 6 août 2016.

Ce mouvement grandissant permet aux Palestiniens de prendre les commandes de leur lutte nationale et de reconstruire des alliances avec des forces progressites du monde entier,” peut-on lire sur le communiqué.

Des milliers de volontaires dans le monde entier ont rejoint BDS afin d’aider à promouvoir la cause palestinienne, incluant bon nombre de syndicats palestiniens et internationaux, des ONG, initiatives, beaucoup de sociétés académiques, des entreprises et des personnalités culturelles.

Résistance au colonialisme: L’Intifada pour les nuls…

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L’intifada pour les nuls pourquoi l’insurrection populaire n’a t’elle pas encore pris ?

Ramzy Baroud

4 Avril 2016

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15979

Que l’histoire se déplace de manière linéaire ou cyclique n’importe peu. Le fait est qu’elle est en mouvement constant.

Ainsi, la situation actuelle en Palestine est particulièrement frustrante pour une génération qui a grandi après les accords de paix d’Oslo ; ils ont été élevés dans un fait historique étrange : leurs terres ne cessent de diminuer tandis que le temps continue de s’égrener.

La nature du soulèvement actuel en Cisjordanie et à Jérusalem Est témoigne de cette revendication. Les soulèvements précédents ont été massifs dans leur mobilisation, clairs dans leur message et décisifs dans leur effet. Leurs succès ou échecs ne sont pas ici en question, mais le fait est qu’ils ont été voulus par le peuple et, partout, en quelques jours, ils se sont imposés sur la conscience collective des Palestiniens.

Le soulèvement actuel est différent ; si différent, en fait, que beaucoup hésitent encore à l’appeler « intifada » ; comme si les Intifadas étaient le résultat d’une science exacte, une formule claire entremêlant participation populaire et sang versé.

Là où la situation, aujourd’hui, diffère, c’est qu’il n’y a ni idées claires, ni plate-forme politique, ni revendications ou stratégies à court et à long terme. Voilà au moins la grande différence avec les intifadas de 1987-1993 et, dans une moindre mesure, de 2000 à 2005. Mais il est possible que les résultats de ces précédentes Intifadas aient entrainé ces différences.

La Première Intifada s’est métamorphosée en un processus de paix sans valeur, qui a finalement abouti à la signature des accords d’Oslo en 1993. Un an plus tard, la direction palestinienne de l’OLP s’est transformée sous la forme émasculée de l’Autorité palestinienne (AP). Depuis lors, cette dernière a servi en grande partie l’occupation israélienne.

La Deuxième Intifada a eu moins de succès que la première. Elle s’est rapidement transformée en une rébellion armée, marginalisant ainsi la composante populaire de la révolte qui est nécessaire pour cimenter l’identité collective des Palestiniens, les forçant alors à surmonter leur division et à s’unifier derrière un seul drapeau.

Cette Intifada a été écrasée par une armée israélienne brutale ; des centaines de personnes ont été assassinées et des milliers d’autres ont été tués dans des manifestations et des affrontements avec les soldats israéliens. Ce fut un tournant dans la relation entre le gouvernement israélien et la direction palestinienne à Ramallah, et entre les factions palestiniennes elles-mêmes.

Le chef de l’OLP, Yasser Arafat, fut pris en otage par l’armée israélienne dans son quartier général de Ramallah. Les soldats se moquaient de lui dans son bureau, tout en bloquant ses déplacements pendant des années. Enfin, il a été lentement empoisonné et mourut en 2004.

Israël s’est ensuite lancé dans l’effort laborieux de réorganiser la direction de l’AP, débusquant les non-conformistes – les assassinant ou les emprisonnant- et en laissant en fonction les soi-disant modérés, mais dans des conditions très strictes.

Mahmoud Abbas a été élu président de l’AP en 2005. Ses plus grandes réalisations comprennent la répression des organisations de la société civile, en assurant une totale loyauté envers lui-même et sa branche au sein de la faction du Fatah. Sous Abbas, il n’y a pas de modèle révolutionnaire pour un changement, pas de « projet national » ; en fait, pour commencer, pas même de définition claire de la Nation.

La nation palestinienne est devenue ce qu’Abbas voulait qu’elle soit. Elle se compose, en grande partie, des Palestiniens de Cisjordanie, vivant principalement dans la zone A, fidèles au Fatah et avides de l’aide internationale. Plus la nation Abbas a accepté de jouer le jeu, plus d’argent elle a été autorisée à engranger.

En 2006, cette fragmentation est devenue totale. Beaucoup se souviendront de cette période de discorde lorsque le Hamas a obtenu la majorité des sièges au sein du Conseil Législatif Palestinien (PLC) ; mais le conflit qui a suivi, donnant lieu à l’été violent de 2007, n’avait peu à voir avec la démocratie.

Le paradigme – des « pourparlers de paix » interminable, l’argent des généreux donateurs, la croissance des colonies juives illégales, etc. – convient très bien à Abbas et aux Israéliens. Personne, en particulier le Hamas, ne devait être autorisé à imposer un tel changement de paradigme.

Israël a immédiatement assiégé Gaza, lancé plusieurs guerres successives, et a commis de nombreux crimes de guerre avec peu de critiques émanant de Ramallah. La Bolivie et le Venezuela semblaient être rendus plus furieux par les crimes de guerre d’Israël à Gaza que la clique de Mahmoud Abbas en Cisjordanie.

Jusqu’à octobre de l’année dernière, lorsque le soulèvement actuel a lentement commencé, la situation sur le terrain semblait au point mort. En Cisjordanie, l’occupation continuait de se normaliser conformément à la formule : occupation et colonies illégales en échange d’argent et de silence.

Gaza, de l’autre côté, tient face à la barbarie régulièrement infligée par Israël, tel un rappel à ceux de Cisjordanie pour leur montrer que le prix de la révolte est blocus, faim, destruction et mort.

C’est dans ce contexte de misère, d’humiliation, de peur, d’oppression et de corruption que les Palestiniens se lèvent. Ils sont pour la plupart nés après Oslo et sont devenus politiquement conscients après l’affrontement entre le Fatah et le Hamas. Ils ont grandi dans un monde où ils ont vu s’affronter leur propre leaders au sujet de l’occupation, d’une part, et des affrontements avec d’autres Palestiniens de l’autre.

Ces jeunes, cependant, n’ont jamais perçu l’occupation comme étant normale ; ils ne sont jamais arrivés à la conclusion que la terre sous leurs pieds devait sans cesse rétrécir au profit de villes juives illégales.

Ils ont dû apprendre à se frayer un chemin à travers les points de contrôle, mais n’ont jamais consenti à la supériorité de leur occupant. Ils sont, certes, désunis, mais ils rejettent l’adhésion à un parti ainsi que le fractionnement de la Palestine. Ils ne comprennent pas pourquoi Gaza est désavoué et massacré.

C’est la génération la plus instruite, la plus politiquement avertie et, grâce au bond technologique, la plus connectée et informée du monde qui l’entoure. Les ambitions de ces jeunes sont énormes, mais leurs chances sont si limitées ; leur terre a été réduite à la taille d’une file d’attente devant un point de contrôle militaire israélien, où ils sont parqués sur leur chemin de l’école, du travail ou de chez eux.

Et, tandis que les Israéliens tirent sur ceux qui osent protester, Abbas incarcère ceux tentent de le faire.

C’est une génération qui ne peut tout simplement pas respirer.

L’actuelle Intifada est l’expression de cette dichotomie, d’une génération qui est si désireuse de se libérer, de se définir, de libérer sa terre, mais qui est combattue par une vieille garde tenant sans relâche à ses quelques avantages et aux dollars qu’ils reçoivent chaque mois.

L’histoire doit rester constamment en mouvement, et les six derniers mois ont été la tentative de toute une génération de mettre l’histoire en marche, malgré des centaines d’obstacles et des milliers de points de contrôle.

Cela pourrait être encore l’Intifada la plus difficile ; car jamais auparavant les Palestiniens ne se sont retrouvés sans leaders, et pourtant si prêts à se libérer. Le résultat de cette tension ne définira pas seulement cette génération, comme l’intifada de 1987 a défini la mienne, mais elle définira l’avenir de la Palestine tout entière.

* Dr Ramzy Baroud écrit sur le Moyen-Orient depuis plus de 20 ans. Il est chroniqueur international, consultant en médias, auteur de plusieurs livres et le fondateur de PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Résistant en Palestine – Une histoire vraie de Gaza (version française), peut être commandé à Demi-Lune. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Scribest.fr. Son site personnel : http://www.ramzybaroud.net

Impérialisme moderne: Guerre de religion israélo-palestinienne (Gilad Atzmon)

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Le conflit israélo-palestinien est maintenant une guerre de religion

 

Gilad Atzmon

 

12 Octobre 2015

 

url de l’article original:

http://www.gilad.co.uk/writings/2015/10/12/op7gcrtkwdxga74jyxrxm85o9kgeou

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a deux jours, j’ai écrit que le conflit israélo-palestinien était devenu une guerre de religion et que notre compréhension de cette bataille doit évoluer pour bien saisir cette nouvelle réalité. Mon observation a semblé être raisonnable pour beaucoup. Dès que j’eus publié mon article, la chaîne de télévision iranienne anglophone Press TV m’a appelé et m’a demandé de commenter sur le sujet dans un de leurs programmes. Beaucoup de Palestiniens m’ont contacté pour me remercier d’avoir dit cela et en fait ce qu’ils pensaient être une description juste de leur situation sur le terrain.

Quoi qu’il en soit, quelques uns de mes amis et supporteurs, incluant quelques Palestiniens de la diaspora, furent réellement offensés et perturbés en lisant mon article sur la situation. Leur argument était que la quête des Palestiniens pour leur terre n’a pas besoin d’une autorité religieuse pour la légitimiser. Un autre argument fut que voir le conflit comme une bataille religieuse n’est “pas bon pour le mouvement de solidarité”.

Bien entendu, je crois également que le droit palestinien à leur terre est enraciné éthiquement et universellement et n’a pas besoin de plus de justification, qu’elle soit religieuse ou séculière. La transformation du conflit en une guerre de religion ne fut pas causée par les Palestiniens cherchant une autorité pour approuver leur cause. Tandis que je ne me préoccuppe pas beaucoup du “mouvement de solidarité” et de ses “intérêts”, je suis profondément concerné par le sujet de la solidarité palestinienne, à savoir des Palestiniens et de leurs projets de vivre sur une terre qui soit la leur.

Un conflit religieux est un conflit dans lequel les actions et la rhétorique du conflit sont dominées par des idéologies religieuses, une argumentation et un symbolisme religieux. Ceci ne veut pas dire que tous les gens ou même la plupart des gens impliqués dans le conflit soient religieux ou religieusement motivés. Il est très possible qu’une majorité d’Israéliens s’opposent aux assauts sans relâche des colons messianiques sur la mosquée Al Aqsa, ce qui a mené aux escalades récentes. Pourtant, ces assauts perpétrés par ces activistes fanatiques religieux juifs ont maintenant moulé le conflit. Ceci ne s’applique pas seulement aux Israéliens. Il semble que la mosquée Al Aqsa soit devenue le symbole de l’unification des Palestiniens. Et cette unification a été un développemet positif pour ceux-ci. Tandis qu’il est apparu pendant un moment qu’Israël avait réussi à briser les Palestiniens et leur capacité de lutte en tant que peuple, l’assaut actuel juif sur Al Aqsa a unifié les Palestiniens et les Arabes et pas seulement les musulmans.

Qu’est-ce qui fait peur aux activistes du mouvement de solidarité dans ce développement ? Pourquoi nos marchants de gauche de la solidarité palestinienne ont ils peur de l’Islam et des religions en général ? Est-il si difficile de voir que le Shaïd qui crie “Allah u akhbar” tout en commettant son acte de martyr est religieusement motivé ? Une activiste très dévouée m’a écrit qu’il était impossible de défendre l’Islam dans l’amérique juive (sioniste) d’aujourd’hui. “Dur, dur” fut ma réponse; ceux qui soutiennent la Palestine doivent reconnaître les Palestiniens pour ce qu’ils sont plutôt que d’assayer de les faire correspondre aux ligne de l’ADL (NdT: Anti-Defamation League, l’équivalent yankee de la LICRA) ou de l’AIPAC (NdT: American Israeli Public Action Committee, le lobby sioniste américain dont le CRIF en France s’inspire grandement…). Mais je pense que le problème est bien plus grand et est bien plus profondément enraciné.

Si j’ai raison et que le conflit s’est maintenant transformé en guerre de religion (et j’ai toujours raison…), alors nous pouvons mettre à la poubelle toute la terminologie futile qui nous a été imposée par les activistes juifs progressistes. Les mots “colonialisme”, “colonialisme d’occupation”, “apartheid”, “un état/deux états”, “sionisme” etc, etc pourraient bien être obsolètes pour comprendre le conflit. Tout ce à quoi cette terminologie fait converger est la fausse image que le conflit est de nature politique et qu’une solution politique est dûe à un moment donné imaginaire du futur. Mais au contraire des disputes politiques, les conflits religieux ne sont jamais résolus par des solutions et moyens politiques, au mieux, ils disparaissent pour un moment.

Si le conflit israélo-palestinien est un conflit religieux, alors l’étude attentive de l’ancien testament, du talmud et des autres textes judaïques doit nous réveler ce qu’est l’état hébreu dans sa forme actuelle et quel est son objectif. L’Armaguédon est clairement une réponse valide. Ceci est la réponse offerte par les colons jiifs qui attaquent Al Aqsa. Un état de guerre totale est leur mission. Pas exactement une vision pacifique et œucuménique du monde, qui a tant besoin de tolérance universelle et de réconciliation. Pour les juifs fanatiques qui attaquent la montagne du temple, la coexistence n’est absolument pas une option. Pour eux, la célébration du choix est la véritable interpétation de l’appel judaïque. Je ne dirais pas que c’est la seule interprétation du judaïsme, mais c’est certainement l’interprétation judaïque qui façonne le conflit en ce moment.

Et si ce conflit israélo-palestinien est devenu de fait une guerre de religion, nous devons alors considérer de changer d’approche. Plutôt que de s’engager dans un activisme poli et cosmétique qui conforte quelques juifs, nous devons appeler ouvertement pour une dissolution pacifique de l’état juif. Cet élément cancéreux a déstabilisé la totalité du Moyen-Orient et est la plus grande menace à la paix mondiale. L’expérience impérialiste britannique (NdT: Israël…) doit prendre fin immédiatement.

Impérialisme et colonialisme moderne: Israël état raciste…

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Pourquoi Israël est un état raciste

 

Mohammed Bentoumi

 

2 Septembre 2015

 

url de l’article

http://www.michelcollon.info/Pourquoi-Israel-est-un-Etat.html?lang=fr

 

La Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale remonte à 1965. Dans les faits cependant, le racisme est toujours vivant.

Aucun État, aucune institution publique ou privée, aucune force politique ne peut aujourd’hui s’affirmer raciste. Le temps de l’Afrique du Sud fondée sur l’apartheid est loin. La Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale remonte à 1965 (son entrée en vigueur date de 1969) et ne peut plus être violée ouvertement. 

L’article 1 de cette Convention précise que « l’expression « discrimination raciale » vise toute distinction, exclusion, restriction ou préférence fondée sur la race, la couleur, l’ascendance ou l’origine nationale ou ethnique, qui a pour but ou pour effet de détruire ou de compromettre la reconnaissance, la jouissance ou l’exercice, dans des conditions d’égalité, des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans les domaines politique, économique, social et culturel ou dans tout autre domaine de la vie publique ». Tout est dit car toute manifestation de racisme est frappée d’illégalité par le droit international. Il est politiquement difficile de passer outre. 

Dans les faits cependant, le racisme est toujours vivant. Il se renforce même dans de nombreux pays, y compris en Europe, sous des formes variées et selon des modalités différentes d’un pays à l’autre. Le terrorisme, fruit du caractère asymétrique de certains conflits qui ont pris une dimension religieuse, a favorisé, en France par exemple (qui par ailleurs n’a pas encore « oublié » la guerre d’Algérie) le développement d’une islamophobie qui dissimule un racisme anti-arabe : le rejet d’une religion (totalement méconnue par ailleurs) donne au racisme le plus ordinaire un caractère plus « décent ». La lutte contre l’antisémitisme est de plus en plus la seule politique antiraciste menée par les pouvoirs publics occidentaux car elle bénéficie d’un relatif consensus, jugé indispensable dans les combats électoraux en France par exemple. Même l’extrême droite française (comme le parti italien de Gianfranco Fini), tend à atténuer son antisémitisme traditionnel pour se consacrer à sa politique de rejet de l’immigration maghrébine et africaine1, politiquement plus « rentable ».

Le monde occidental, toutefois, récuse toutes les accusations de racisme : qu’il s’agisse de la police étasunienne vis-à-vis des citoyens noirs, des opérations anti-Roms en Europe, ou de l’hostilité discriminatoire que rencontrent les citoyens français d’origine maghrébine de 2° ou 3° génération, les condamnations en justice sont très rares et les médias restent discrets (ce fut le cas durant la période qui a suivi les attentats à Paris en janvier 2015 pour de très nombreux actes à l’encontre des mosquées et lieux de prière musulmans). 

En Israël, la situation n’a cessé de se dégrader pour la forte minorité arabe de nationalité israélienne comme pour les Palestiniens victimes de l’occupation quasi-coloniale à Jérusalem et en Cisjordanie. 

L’État israélien, mais aussi la société israélienne très fortement « droitisée » se comportent de plus en plus comme une puissance coloniale ordinaire dont la volonté politique est avant tout de « persévérer dans son être », c’est-à-dire de se maintenir, à tout prix, en position hégémonique sur les « arabes », comme cela s’est produit dans le passé pour les Français d’Algérie jusqu’à l’indépendance. Ce refus de tout compromis, en dépit d’un discours à destination des alliés occidentaux, et qui prétend être favorable à un « processus de paix » qui n’a pourtant pas d’existence réelle, engendre chez une majorité d’Israéliens un racisme de plus en plus virulent.

  1. Les sources de la violence raciste israélienne

Les autorités israéliennes, préoccupées par la faiblesse démographique de la population juive en Israël par rapport aux Palestiniens et plus généralement au monde arabe, a favorisé la venue sur le territoire national de juifs, issus de toutes les parties du monde (2). 

Afin de réaliser l’amalgame de populations venues de pays arabes, d’Europe de l’Est, d’Occident ou d’Afrique noire, l’État israélien a utilisé le ciment de la judaïté en évoluant vers un « État juif », c’est-à-dire un État à fondement ethnique et religieux. 

Les conservateurs israéliens n’y ont vu que des avantages, la judaïsation gommant (pour partie) les réalités de classe et l’exploitation de certaines couches de la population, comme celle des juifs venus d’Afrique noire. 

De plus, le poids de la religion a restreint celui des courants progressistes et socialistes importants à l’origine de l’État israélien. Par exemple, le mouvement « La Paix maintenant » a perdu l’essentiel de sa vitalité (3). 

Le Parti Travailliste transformé (par alliance) en « Union sioniste » n’est plus une alternative au Likoud : son mot d’ordre réel est « pas d’arabes ! ».

L’implantation massive en Israël des « juifs orientaux » a renforcé les courants les plus ultras : animés d’un revanchisme décomplexé (en passant du statut de minorité juive en terre d’Islam à celui de majoritaire doté d’un État), ils ont fait du Likoud un parti champion de la colonisation. 

La seule opposition véritable à la politique gouvernementale est celle de la liste commune judeo-arabe, associant les communistes israéliens et les partis réunissant les Palestiniens de 1948 qui a permis l’élection en mars 2025 de 14 députés à la Knesseth (3° force du pays). L’objectif premier est précisément la lutte contre les discriminations, les inégalités et le racisme. Ce début d’unité d’une petite minorité de juifs israéliens et de l’ensemble des partis arabes d’Israël risque cependant d’élever le niveau de racisme et de l’hostilité globale vis-à-vis des Palestiniens israéliens ! 

La hiérarchie sociale accentuée produit toujours du mépris à l’égard de plus démunis. La « richesse » des Israéliens (quelles que soient les fortes inégalités entre juifs) et la « pauvreté » de la minorité palestinienne et de l’environnement arabe sont à la source d’un sentiment de supériorité et de rejet chez les Israéliens, producteur d’un racisme ordinaire. Ce racisme est particulièrement virulent chez les juifs les plus modestes (4) en grave difficultés sociale, car ils sont en « concurrence » vitale pour la terre notamment avec les Palestiniens : c’est le cas, en particulier, dans les « colonies » installées en Cisjordanie.

Le mépris raciste pour les plus défavorisés de l’échelle sociale s’est manifesté dans les colonies traditionnelles de population comme en Europe à l’égard des travailleurs immigrés (y compris de la part des ouvriers « blancs ») et comme aux États-Unis à l’encontre des travailleurs noirs (5). 

Les questions sociales et le coût de la vie, plus élevé que dans les pays occidentaux, constituent dans l’opinion israélienne des priorités, sources de protestations multiples et de manifestations de masse (comme en 2011). 

Mais, comme en Europe, tout est entrepris pour faire du « sécuritaire » une diversion majeure. Les autorités israéliennes insistent donc fortement sur le terrorisme dont seraient responsables les Palestiniens et les Arabes, assimilés à des « barbares » avec lesquels seuls les rapports de force sont concevables. Avigdor Lieberman, Ministre des Affaires Étrangères, n’hésite pas à déclarer vouloir « couper à la hache » la tête des arabes d’Israël qui s’opposent au gouvernement ! 

Le racisme est ainsi devenu une réponse fictive aux problèmes sociaux non résolus : il est l’outil justifiant la priorité accordée aux mesures sécuritaires et à la militarisation de la société. 

Les affrontements directs avec les Palestiniens (les deux Intifadas, notamment) et certains États arabes (Irak en 1981, Liban en 2006, Syrie en 2007, Soudan en 2009) provoquent aussi évidemment, par a-coups successifs, une montée du racisme vis-à-vis des « Arabes » en général. A chaque crise ouverte, la politique de répression brutale et disproportionnées aux quelques attentats et tirs de roquettes subis, s’aggrave. 

Les opérations militaires menées contre Gaza en sont l’illustration la plus flagrante. L’arabe est assimilé à un fanatique religieux dépourvu de tout esprit démocratique. 

La culture dominante est celle de la « citadelle assiégée », mais d’une qualité « supérieure » permettant de s’imposer, à condition d’user sans complexe de la force contre les « arabes d’Eretz-Israël » (comme on le disait jusqu’en 1993, sans prononcer le mot Palestinien) et le monde arabe et musulman dans son ensemble (à l’exception des Égyptiens et des Jordaniens). 

Ce racisme n’est pas le résultat de ces affrontements inévitables aussi longtemps qu’il n’y aura pas d’État palestinien viable et reconnu par tous. Il est au contraire la légitimation des violences pratiquées contre les Palestiniens : le recours à la force est admis par la grande majorité des Israéliens parce que les arabes sont, par nature, inaptes à comprendre autre chose que la force !

Un ouvrage comme celui de Benny Morris, publié en 2004 (The Birth of the Palestinian Refugee Problem) est révélateur. Son auteur qualifie explicitement les Palestiniens de « barbares » qui « en veulent à la vie » des Israéliens, et qu’il faut « détruire ». « La société palestinienne, déclare-t-il à Haaretz (9.1.2004) est une société malade qui doit être traitée comme le sont les tueurs en série ». Il faut les emmurer », ajoute-t-il car « il y a là une bête sauvage qui doit être mise en cage » ! 

Enfin, dernier facteur du développement du racisme en Israël, l’extrême complaisance dont bénéficie la politique israélienne aux États-Unis et en Europe occidentale (qu’il s’agisse des politiciens ou des grands médias). L’idée qu’il y a une « sorte de négociation permanente » dans le cadre d’un « processus de paix », « arbitrée » par les États-Unis est soigneusement cultivée. Les Accords d’Oslo ont été quasi-unanimement présentés comme la fin du conflit, alors qu’il s’agissait d’organiser un régime intérimaire de cinq ans (jusqu’en 1999), dans le cadre d’une sorte de protectorat israélien sur l’Autorité Palestinienne. 

Le discours d’Israël à destination du monde occidental a besoin d’être favorable aux négociations. « La diplomatie est nécessaire pour rassurer l’Occident et notre propre conscience, mais seule notre force persuadera les Arabes de reconnaître qu’ils ne peuvent nous vaincre » (6). 

Les multiples violations flagrantes de la légalité internationale ne suscitent pratiquement pas de réactions, à l’exception de quelques déclarations sans portée pratique. Les résolutions des Nations Unies n’ont aucune efficacité elles sont bloquées par les États-Unis.

Les rapports présentés au Conseil des Droits de l’Homme s’enlisent dans les procédures. 

Les prises de position du Parlement Européen ne sont pas suivies d’effets. Les États occidentaux restent les alliés sans faille de l’État israélien. Cette alliance est consolidée par la prise en charge de la lutte contre l’antisémitisme, le seul antiracisme qui demeure en Occident devant l’expansion (facilitée) du racisme anti-arabe. 

Un exemple, parmi d’autres, mais peu connu, est celui de la violation du Code de Conduite en matière d’exportation d’armements, adopté par l’Union Européenne le 9.12.1998. Aucun État européen n’est fondé en droit à exporter des armes dans un pays « non respectueux des droits de l’homme » et lorsque cela menace « la paix, la sécurité et la stabilité régionale ». Ce code n’a aucune effectivité vis-à-vis d’Israël.

  1. Les différentes formes de discrimination raciale en Israël

L’État israélien, qui se déclare désormais « juif » malgré ses 20% de ressortissants palestiniens (en forte croissance démographique) et qui étend en permanence ses « implantations » de type colonial au nom de la récupération de « terres sacrées » en Cisjordanie (par une croissance de 38% du nombre de colons entre 2000 et 2007), s’autoproclame unique « démocratie » du Moyen Orient. 

La réalité est radicalement différente. 

Pour la « démocratie » israélienne, les Palestiniens n’ont eu aucune existence légale aussi longtemps qu’ils n’ont pas eu recours à la violence. Mais après plus d’un demi-siècle, ni les Palestiniens des Territoires Occupés ni les Palestiniens de 1948 ne sont traités par Israël comme des citoyens, sans que ceux-ci ne bénéficient d’aucune façon de ce « droit » d’ingérence que l’Occident utilise ailleurs. 

Dans l’ordre international, Israël n’a pas le moindre respect pour le droit international et pour le droit humanitaire:il a même « inventé » avec les États-Unis, la notion de « légitime défense préventive » lui permettant de procéder à des agressions au nom de son droit à l’existence.

Toutefois, à la différence des puissances coloniales du passé et des dictatures ouvertes, l’État d’Israël a pour politique spécifique d’utiliser le droit et non de le rejeter. Fortement occidentalisé, dans la nécessité absolue de conserver des liens avec les États-Unis et l’Europe, il cherche à conserver sa légitimité en se présentant comme un « oasis de justice » au cœur du « désert » proche oriental. Le droit est une composante, avec la religion, de la puissance israélienne. Les deux se nourrissent réciproquement : cette prise en compte favorise un regard stimulant sur Israël de la part des États occidentaux mais aussi du « soi sur soi ».

L’antiterrorisme sert de justification de tous les accrocs au droit, mais la Cour Suprême est censée contrôler l’exigence d’un « équilibre » entre le respect des droits de l’homme » et les considérations de sécurité. Le « transit juridictionnel » est essentiel pour déculpabiliser les Israéliens. La possibilité effective pour les Palestiniens de recours en annulation contre les actes de l’administration israélienne permet de les associer à leur propre asservissement : en pratique, les discriminations ne sont pas atténuées, elles sont légitimées ! Les droits de la défense sont garantis, mais la défense ne gagne jamais, sauf exception. 

Sous des formes juridiques anodines, avec des résultats équivalents à ceux qui seraient en vigueur dans un système d’apartheid, les Palestiniens sont traités en « sous-citoyens ». Par exemple, dans le secteur économique, la technique des « permis », d’apparence purement administrative, dissimule en fait, par le biais d’une pratique arbitraire de leur délivrance, des inégalités flagrantes. Dans le domaine agricole, certaines cultures sont réservées aux seuls exploitants juifs : l’exploitation des fruits, légumes et tabac est un monopole juif. Les activités les plus rentables sont ainsi hors de portée des « arabes » et le sous-développement palestinien est institutionnalisé. Le fait que quelques Palestiniens puissent surmonter les discriminations sectorielles ne change rien à ce phénomène inégalitaire de la société israélienne, mais rend crédible un avenir (illusoire) de société intégrée. 

Les procédures d’expropriation des terres sont aussi significatives : l’expropriation est prononcée au nom des exigences de sécurité, mais les terres sont ensuite transférées aux juifs ! 

En matière de prêt bancaire, les entreprises palestiniennes se voient refuser les délais de paiement et les crédits nécessaires, selon une appréciation d’opportunité commune aux banques du monde entier : néanmoins, on constate que sont discriminées les entreprises palestiniennes concurrentes des entreprises juives ! 

On pourrait faire les mêmes observations dans le domaine des baux de location : le refus d’un propriétaire juif à un arabe est la règle ! 

Plus généralement, le droit est égal pour tous ceux qui par l’exercice du service militaire fournissent une contribution à la sécurité de l’État… Toutefois, les Palestiniens (à la différence des Druzes) ne sont pas autorisés à servir dans l’armée, d’où une série de prestations sociales auxquelles ils n’ont pas droit. Dans les faits, les Palestiniens sont pour Israël « de dangereux étrangers » et sont traités comme tels. 

Le résultat est un cantonnement des Palestiniens israéliens dans certains villages et quartiers constituant une sous-communauté ghettoïsée. Plus des deux-tiers des Palestiniens israéliens sont des ouvriers ; plus de la moitié vit au dessus du seuil de pauvreté ; la mortalité infantile est le double de celle des juifs israéliens. 

La « démocratie » israélienne est réservée aux juifs et à quelques collaborateurs arabes et le racisme ambiant justifie toutes les discriminations « légales ». 

Dans l’ordre international, l’État procède comme le font aussi les États-Unis à une sorte « d’israélisation » du droit international qu’il aligne sur ses propres pratiques.

Chaque norme est revue et corrigée afin que coïncident politique israélienne et « légalité ». Cette « novation » du droit international prétend fonder les raids aériens, les actes de représailles, les opérations armées menées dans les espaces aériens, maritimes, et territoriaux des autres États, les actions armées contre des organismes des Nations Unies (notamment l’UNRWA)…. 

Israël procède à une véritable perversion des concepts juridiques s’attribuant même une fonction policière dans toute la région, et même en Afrique noire (lorsqu’il s’agit de soutenir ses alliés). Ces ingérences sont néanmoins présentées comme facteur de maintien de la paix et de la sécurité ! 

On conçoit donc que pour l’opinion israélienne, le fait d’avoir de « l’arabe » une vision « d’inférieur » et de « barbare » décivilisé est une nécessité politique. 

Ce racisme ambiant qui ne cesse de se renforcer, comme c’était le cas en Algérie au fur et à mesure de l’évolution de la guerre de libération nationale, garantit la cohésion de la société autour de « l’État juif » et plus en plus sécuritaire (7). Il est devenu un outil de défense nationale. Il ne pourra régresser qu’avec une solution « déconfessionalisée » du conflit israélo-palestinien qui se prolonge et qui demeure sans solution à court terme. En effet la dimension religieuse, prétendument judeo-islamiste, que les instances conservatrices israéliennes ont donné à ce conflit le rend parfaitement insoluble. 

Comme l’écrit Akram Mussalam (8), qui vit à Ramallah, « ceux qui fabriquent les barbelés qui m’encerclent de toutes parts continuent à ronger et à dévaster le lieu et le rêve »…. Mais le cauchemar ne peut durer toujours. 

Mohammed Bentoumi est Maître de Conférences à la Faculté de Droit d’Alger.

 

Notes : 

1. Le Front National, en France, s’est rapproché des Israéliens (Louis Aliot, vice-président, a établi des contacts en Israël même) ; il a exclu des membres de « L’Oeuvre Française » jugés trop antisémites, etc. La « mode », en France, va jusqu’à oser accuser « l’extrême-gauche » (englobant Front de Gauche, communistes, etc.) de développer « un nouvel antisémitisme » sous prétexte des campagnes menées par ces forces contre la politique israélienne. Un sondage du 8.11.2013 sur les responsables de l’antisémitisme n’indique que 27% pour l’extrême droite (contre 67% à l’extrême gauche !). 

2. Le Premier Ministre Netanyaou poursuit aujourd’hui encore dans un pays comme la France une campagne qui rencontre un certain succès en faveur de « l’alya », c’est-à-dire de l’installation en Israël de juifs français. 

3. Ari Shavit, par exemple, l’un des fondateurs du mouvement, a radicalement changé ses positions en faveur du militarisme et du sionisme. Voir son interview dans Haaretz du 11 août 2006. 

4. On se souvient du racisme exacerbé des « petits blancs » français en Algérie malgré leur statut très défavorisé au regard des grands colons. 

5. Cf. Ilan Pappe. « Une société intoxiquée par la haine ? » In M. Collon et autres. Israël, Parlons-en ! Investig’Action. Bruxelles. 2011. Voir aussi M. Warshawski. A tombeau ouvert : la crise de la société israélienne. La Fabrique. Paris. 2003. 

6. Cf. Benny Morris, cité dans P. Bouveret et autres. Qui arme Israël et le Hamas ? Éditions Amnesty International et autres. 2009, p. 104. 

7. Les jeunes israéliens, cependant, ne se sentent pas tous intégrés à leur pays, notamment en raison des lourdes obligations militaires. 40% d’entre eux souhaitent le quitter et certains animés d’un esprit pacifiste le font pour des raisons politiques. Voir L’Humanité. 16 mars 2015. 

8. Akram Mussalam. La cigogne. Sindbad – Actes Sud. 2015.