Archive pour crimes de guerre israël Gaza

Palestine, Gaza ou l’horreur coloniale sous nos yeux (Norman Finkelstein)

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“Nous vous avons prévenu !”

 

Norman Finkelstein

 

13 mai 2018

 

Source en français:

https://arretsurinfo.ch/nous-vous-avons-prevenus-par-norman-finkelstein/

 

A noter qu’il s’agit ici du détournement par Norman Finkelstein d’un discours d’Himmler (*). [ASI]

Nous, l’Etat d’Israël, venons de lâcher des messages d’alerte sur Gaza :

Ne manifestez pas demain !

Peuple de Gaza,

Vous devez le comprendre :

Vous êtes des untermenschen ! [sous-hommes, terme de l’idéologie nazie]

Vous êtes destinés soit à être nos esclaves, soit à être exterminés.

C’est pourquoi nous vous avons emprisonnés dans un espace invivable, dans lequel vous êtes lentement empoisonnés.

N’osez pas nous comparer aux nazis !

Nous vous avons prévenu de ne pas essayer d’échapper à votre destin.

Les nazis ont-ils averti les Juifs qui entraient dans les chambres à gaz de ne pas respirer ?

Ne vous bercez pas d’illusions en croyant que quiconque se soucie de vous.

Pendant six semaines, vous avez déclaré au monde que le 15 mai, vous essaieriez de vous libérer de notre camp de concentration.

Pendant six semaines, le monde a été informé que lorsque le jour fatidique se lèverait sur vous, nous « tondrions la pelouse » à Gaza [litote de l’armée israélienne signifiant destruction totale].

Qu’est-ce que le monde a fait ?

Ne nous a-t-il pas envoyé ses bénédictions les plus sincères via l’Eurovision ?

Marchez donc à votre Mort !

En criant, si vous le devez.

En silence, si vous comprenez que nous ne nourrissons aucune haine.

En effet, c’est nous qui méritons la sympathie.

Ce matin, j’ai dit à nos troupes héroïques qui se tenaient le long du périmètre du camp de concentration :

Il est facile de déclarer : « Le peuple de Gaza doit être exterminé. »

Mais ce n’est pas une tâche facile à accomplir.

La plupart d’entre vous savent ce que c’est quand 100, 500 ou 1000 corps sont entassés sous nos yeux.

Avoir exécuté cette tâche horrible et être resté décent, cela nous a valu une page glorieuse dans les annales de l’histoire !

Nous avons le droit moral, nous avons le devoir envers notre peuple, de tuer ce peuple qui nous tuerait !

Nous avons accompli cette tâche des plus difficiles par amour pour notre peuple.

Et nous n’avons souffert aucun défaut en nous, dans notre âme ou dans notre caractère ! *

גיג הייל [Sieg Heil, vivat nazi transcrit en hébreu]

Norman Finkelstein | 13 mai 2018

(*) Discours historique d’Himmler exhortant les SS à ne pas faillir dans leur mission d’extermination des Juifs, librement réécrit ci-dessus par Norman Finkelstein –  fils de survivants de l’Holocauste et du Ghetto de Varsovie – pour dénoncer la politique génocidaire d’Israël: http://www.jewishvirtuallibrary.org/himmler-s-posen-speech-quot-extermination-quot 

Article original: Blog de Norman Finkelstein

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

Lecture complémentaire:
Palestine 1948-2018, 70 ans de nettoyage ethnique

 

Colonialisme en Palestine: Quand l’état sioniste veut faire de Gaza une colonie pénitentiaire…

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Israël veut faire du ghetto de gaza sa colonie pénitientiaire

 

Gideon Levy

 

18 Mars 2016

 

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15952

 

À une heure de route de Tel Aviv : un ghetto. Peut-être le plus grand ghetto au monde, avec une population d’environ deux millions de personnes. Selon les derniers chiffres de Gisha, centre juridique pour la liberté de circulation (une ONG israélienne), le chômage à Gaza atteint 43 % ; 70 % des habitants de Gaza ont besoin d’aide humanitaire ; 57 % vivent dans l’ombre de l’insécurité alimentaire.

Et puis il y a le rapport inquiétant de l’ONU datant d’août 2015 et intitulé « Gaza en 2020 : un lieu vivable ? ». D’ici là, les dommages causés aux infrastructures hydrauliques seront irréversibles et, déjà aujourd’hui, l’eau est imbuvable.

PNB par habitant : 1 161 euros, inférieur à celui d’il y a 25 ans, et peut-être le seul PNB au monde qui ne cesse de baisser. Il faudra 1 000 médecins et 2 000 infirmiers supplémentaires dans le système de santé qui est assiégé et qui s’effondre : d’où viendront-ils ?

De la faculté de santé al-Nuseirat ? Des élèves qui partent à l’étranger pour étudier à Harvard ? L’Égypte a resserré les restrictions de sortie et d’entrée à Rafah ; le monde ignore ses obligations envers Gaza, et Israël exploite les deux – l’intransigeance de l’Égypte et l’indifférence du monde – afin de poursuivre son siège de Gaza, en tandem avec le siège égyptien de Gaza dont Israël retire un encouragement et une légitimité.

Trois heures d’électricité par jour. Parfois six. Sous la pluie et dans le froid, ou sous la chaleur : hiver comme été. Ensuite, douze heures ou plus sans électricité, jusqu’au trois (ou six) prochaines heures. Tous les jours. Près de deux millions de personnes. Dont un million de réfugiés ou d’enfants de réfugiés, en conséquence directe ou indirecte des actions d’Israël.

Près d’un million d’enfants. Peu de gens peuvent imaginer cela. Peu d’Israéliens en ressentent une quelconque culpabilité. Peu d’Israéliens semblent s’en soucier le moins du monde. Le Hamas, vous savez.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a aujourd’hui une idée originale : dans cet endroit maudit, il veut bannir les familles des auteurs d’attaques au couteau ou à la voiture-bélier des derniers mois.

Désormais, toute fille ou tout garçon avec un couteau ou une paire de ciseaux ne sera plus seulement exécuté sur place, comme cela est arrivé dernièrement, que cela ait été nécessaire ou non ; à partir de maintenant, leurs familles seront punies elles-aussi. Elles payeront.

Netanyahou a déjà consulté son nouveau procureur général, Avichai Mandelblit, pour un avis officiel : si ce dernier le permet, c’est très bien du point de vue de Netanyahou. S’il refuse, Netanyahou peut toujours accuser encore une fois le système judiciaire israélien de l’empêcher de défendre les citoyens de la nation contre le terrorisme. Il gagne sur toute la ligne.

L’opinion publique israélienne soutient largement les idées folles de Netanyahou : la plupart des Israéliens soutiennent toutes les sanctions draconiennes qu’il invente contre les « terroristes » et leurs familles. La sanction collective est contraire au droit international ? Israël obtient un passe-droit. Israël n’accorde aucune considération au droit international, un instrument important et juste, mais, pour Israël, hors de propos.

En principe, une question revêt beaucoup plus d’importance que la démagogie de Netanyahou, alors qu’il a tenté par tous les moyens et à tout prix ces derniers mois de satisfaire l’extrême droite dans un climat d’intense ultranationalisme. Netanyahou sait que les services de sécurité d’Israël n’ont aucun moyen de contrer les attaques perpétrées par des loups solitaires dans cette dernière manifestation de la rébellion contre l’occupation.

Tsahal et le Shin Bet lui disent qu’en matière d’assaillants isolés, qui sont pour la plupart très jeunes, qu’aucune infrastructure logistique ou militaire ne soutient, et en l’absence d’implication d’un quelconque mouvement politique ou d’une quelconque organisation dans leurs attaques principalement spontanées et non planifiées, la grande et forte armée d’Israël n’a aucun moyen de réagir. Aucun moyen de renseignement pour prévenir ou contrecarrer ces attaques. Et les armes technologiques sophistiquées d’Israël n’aideront pas, ni son armée d’informateurs palestiniens, ni l’avion furtif américain ou les sous-marins allemands.

Aucune armée au monde n’a quoi que ce soit pour contrer l’adolescente avec des ciseaux et l’adolescent avec un couteau de cuisine qui se lèvent un matin et décident d’aller commettre une attaque. Il n’y a pas de solution militaire à près de 50 ans de désespoir. Mais Netanyahou doit toujours montrer qu’il « fait quelque chose », ce que veut le public israélien, et qu’il ne reste pas assis là à se lamenter des attaques quotidiennes ou quasi-quotidiennes, lesquelles ne montrent aucun signe quelconque de déclin ou de fin, alors même que la plupart d’entre elles aboutissent à la mort de leurs auteurs et à des pertes relativement faibles du côté israélien.

Donc, une fois de plus, dégainons cette riposte éculée consistant à raser les maisons des familles des auteurs d’attaques. Selon B’Tselem, Israël a déjà démoli ou scellé 31 de ces maisons depuis le début du mois d’octobre 2015. Parmi celles-ci, 14 étaient en fait les maisons des voisins, détruites en même temps que celles des familles des auteurs des attaques, mais encore une fois, tout le monde en Israël s’en moque.

Avec l’imprimatur du système judiciaire israélien, il existe une sanction collective pour tout. Certains, mais pas tous, experts en sécurité affirment que cela a un effet dissuasif sur les terroristes, mais tout au long des intifadas, cette assertion n’a jamais été prouvée. Au contraire, quiconque connaît l’atmosphère palestinienne sait que les démolitions de maisons ont en fait motivé un nombre croissant de jeunes à commettre des attaques, comme vengeance. Lorsque quelqu’un est prêt à payer de sa vie, quand son désespoir est si profond, penser à la démolition de la maison de sa famille ne le dissuadera pas.

Pendant ce temps, la rage intensifie seulement parmi les ruines des maisons détruites. Il y a quelques jours, je me suis rendu dans deux maisons détruites, appartenant aux familles des assaillants dans le village de Dura, au sud d’Hébron. Dix-neuf personnes sont devenues sans abri après la démolition des maisons des familles Harub et Masalma.

Flânant dans les ruines, Haqqi Harub (3 ans), frère cadet de Mohammed Harub, un Palestinien de 22 ans qui a tué deux Israéliens dans une fusillade à la jonction de Gush Etzion en Cisjordanie et a été arrêté par les forces israéliennes. « Je veux tuer un soldat juif », m’a dit l’enfant. Lorsque je lui ai demandé pourquoi, il m’a répondu : « Parce qu’ils ont détruit ma maison. » Haqqi, dont le nom en arabe signifie « c’est mon droit », n’oubliera jamais les ruines de sa maison. Il va grandir sur ce souvenir.

Aujourd’hui, Netanyahou veut être plus sévère avec les familles et les expulser à Gaza. Netanyahou ne sera pas le premier Premier ministre israélien à prendre cette mesure. Au cours de la première et deuxième Intifada, Israël a expulsé des activistes palestiniens en Jordanie, au Liban, à Gaza et dans d’autres pays. La plus grande expulsion s’est en fait déroulée sous le gouvernement de Yitzhak Rabin.

Le 17 décembre 1992, après l’enlèvement et l’assassinat d’un policier aux frontières israélien, Rabin a ordonné l’expulsion de pas moins de 415 militants du Hamas et du Jihad islamique au Liban. Le système judiciaire israélien n’a pas soutenu unanimement cette mesure extrême qu’il a jugée illégale, mais après un appel des expulsés, la Cour suprême l’a autorisée et les 415 militants ont été expulsés vers le Liban. Là, à Marj al-Zouhour, sur une montagne libanaise glacée et sous des températures inférieures à zéro, ont évolué les responsables du Hamas qui dirigent l’organisation à ce jour. Ainsi, non seulement problématique d’un point de vue juridique, l’expulsion n’a par ailleurs jamais fait ses preuves du point de vue des intérêts d’Israël. Il est très peu probable que cette mesure ait ne serait-ce qu’affaibli le terrorisme.

Cependant, Netanyahou veut franchir un pas de plus ou, disons plutôt, faire un autre pas en arrière. Nous ne parlons pas ici de terroristes, mais de leurs familles, qui ne sont pas elles-mêmes soupçonnées d’actes répréhensibles. Si le système judiciaire d’Israël permet que cela se produise – et ce dernier passe généralement tous les caprices des services de sécurité –, les familles (y compris les parents âgés, les femmes et les enfants) de ceux qui s’en sont pris aux Israéliens seront déracinées et expulsées vers Gaza.

En vertu de toute norme judiciaire juste, bien sûr, ce mini-transfert ne pourrait pas résister à un examen. Il viole toute notion de justice naturelle. Il déracinerait des gens innocents de leurs maisons, de leurs communautés, de leurs moyens de subsistance et de leurs racines et transformerait certains d’entre eux en réfugiés pour la deuxième ou la troisième fois dans l’histoire de leur famille.

En outre, cette expulsion n’apportera rien au combat contre le terrorisme. Comme d’autres mesures similaires, celle-ci est principalement destinée aux Israéliens : montrer au public israélien qui a soif de vengeance que son gouvernement punit, par la vengeance. Cette mesure n’a pas d’autre but. Elle pourrait facilement se transformer en option qu’Israël invoquera de manière réitérée, sans retenue.

Soit dit en passant, il y a autre chose dans tout cela qui mérite notre attention : Israël admettrait ainsi officiellement, pour la première fois, que Gaza est une prison, la plus grande au monde, bien sûr. Envoyer les familles des auteurs d’attaques à Gaza est présenté comme une punition et le choix de Gaza comme une colonie pénitentiaire d’Israël, sa propre île du Diable, constitue aussi l’aveu que Gaza est considérée comme un camp de prisonniers, une immense cage en plein air. Israël, tout en affirmant que l’occupation de Gaza est terminée, prouve que cette prison reste une prison, tandis que ses gardes ont simplement préféré aller à l’extérieur et monter la garde de là.

Haqqi Harub erre maintenant en état de choc parmi les ruines de sa maison à Dura dans les collines du sud d’Hébron. Quand je suis allé là-bas, parmi les débris, son père lui a donné un shekel pour acheter des bonbons, comme pour aider l’enfant à oublier sa colère et sa frustration devant l’Israélien nouvellement arrivé.

Si cela ne tenait qu’à Benjamin Netanyahou, Israël ne se contenterait pas de la démolition de la maison familiale du petit Haqqi : il l’enverrait à Gaza, quel que soit le sort qui l’attendrait là-bas, totalement assiégé, sans électricité et sans eau potable, dans un lieu qui, d’ici quatre ans, sera inhabitable. Le nom « Gaza » est lié, en hébreu, au nom « Azazel » – dans la tradition biblique, l’endroit où un bouc émissaire a été précipité au bas de la montagne vers sa mort.

* Gideon Levy : Né en 1955, à Tel-Aviv, est journaliste israélien et membre de la direction du quotidien Ha’aretz. Il vit dans les territoires palestiniens sous occupation.

Colonisation Palestine: des soldats israéliens parlent des atrocités israéliennes à Gaza…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 5 mai 2015 by Résistance 71

Gaza: des soldats israéliens accusent l’armée d’usage indiscriminé de la force

 

Al Manar

 

5 Mai 2015

 

url de l’article original:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=234826&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=22&s1=1

 

Une organisation israélienne donnant la parole à des soldats a publié lundi un document accusant l’armée israélienne d’avoir causé un nombre sans précédent de victimes civiles en recourant à la force sans discrimination pendant la guerre israélienne contre Gaza en 2014.

Dans le document compilant les témoignages anonymes de plus de 60 officiers et soldats ayant participé à la guerre de juillet-août 2014, « Briser le silence » dénonce une centaine de cas de mauvais comportements imputables pour une grande part au principe du « risque minimum » adopté par l’armée d’occupation israélienne pour protéger ses soldats.

Ce principe ainsi que les efforts déployés contre les résistants palestiniens « ont causé dans la population et sur les infrastructures civiles un nombre de victimes et des dégâts massifs et sans précédent », écrit « Briser le silence », qui offre une plateforme aux soldats israéliens pour s’exprimer anonymement et est l’un des bêtes noires des autorités d’occupation israéliennes.

« Briser le silence » dénonce l’hypothèse de travail de l’armée d’occupation selon laquelle, à la suite de ses frappes préparatoires et de ses avertissements aux civils, les zones où se déployaient ses soldats avaient été désertées par les civils, « faisant de chacun se trouvant dans la zone une cible légitime ».

Ouvrir le feu partout

Dans un témoignage recueilli par « Briser le silence », un soldat d’infanterie affirme que « les règles d’engagement dispensées aux soldats sur le terrain consistaient à ouvrir le feu, ouvrir le feu partout (…).

Le postulat de départ était qu’à partir du moment où nous entrions (dans la bande de Gaza pour la phase terrestre de l’opération, NDLR), quiconque osait montrer sa tête était un terroriste ».

Deux femmes tuées

Un soldat raconte que deux femmes marchant dans un verger avaient été repérées puis tuées simplement parce qu’elles étaient trop près des lignes israéliennes.

Après inspection des corps, il s’est avéré qu’elles n’étaient pas armées. « Elles ont quand même été listées comme terroristes. On leur avait tiré dessus, alors évidemment elles devaient être des terroristes », affirme le soldat amer.

Un viellard abattu

Un autre sergent relate comment un garde a ouvert le feu sur un vieux Palestinien approchant son poste parce qu’il redoutait qu’il ne se fasse exploser avec des grenades. Le vieillard atteint se tordait de douleur. Personne n’osait l’approcher de crainte que son corps ne soit piégé, dit le sergent.

« Tout le monde savait qu’il n’y avait que deux possibilités: soit nous le laissions mourir doucement, soit nous mettions fin à ses souffrances ». Les soldats l’ont finalement achevé.

Un autre sergent raconte comment son unité blindée a lâché une salve contre un immeuble au loin sur ordre de son commandant pour rendre hommage à un soldat tué.

Le document fait aussi état d’agressions, de pillage, de racisme et de vandalisme aux dépens des civils palestiniens. La conduite de la guerre « suscite de graves doutes sur la morale » de l’armée d’occupation israélienne, dit-il.

Le document est publié alors que les agissements des soldats israéliens pendant la guerre de juillet-août 2014 continuent d’être examinés à la loupe par l’ONU, par les Palestiniens qui veulent faire juger les dirigeants israéliens par la justice internationale pour crimes de guerre.

Le cofondateur de « Briser le silence », Yehuda Shaul, a indiqué à l’AFP que l’organisation avait écrit le 23 mars au chef d’état-major pour proposer une rencontre et qu’elle aurait été « plus qu’heureuse » de partager ses informations. « Malheureusement, nous n’avons jamais obtenu de réponse », a-t-il dit.

* * *

Article connexe: Pour l’armée israélienne, les Palestiniens ne sont pas des humains

Continuité du génocide en Palestine: La guerre promise de Gaza…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, neoliberalisme et fascisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 1 mars 2015 by Résistance 71

Guerre sans merci

 

Israël se précipite vers la prochaine guerre à Gaza

 

Israël se dirige vers la prochaine éruption de violence avec les Palestiniens comme s’il s’agissait d’une sorte de catastrophe naturelle qui ne peut pas être évitée.

 

Par Gidéon Lévy – 26 février 2015

 

Scènes de l’été 2015 ? Une frappe israélienne à Gaza, juillet 2014

 

Source : http://normanfinkelstein.com/2015/02/26/war-without-mercy/ (http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.644219)

 

Traduction : http://www.sayed7asan.blogspot.fr

 

La prochaine guerre éclatera cet été. Israël lui donnera un autre nom puéril et elle aura lieu à Gaza. Il y a déjà un plan pour évacuer les communautés israéliennes le long de la frontière de la bande de Gaza.

Israël sait que cette guerre va éclater, et Israël sait aussi pourquoi – et il s’y précipite au grand galop les yeux bandés, comme si c’était un rituel cyclique, une cérémonie périodique ou une catastrophe naturelle qui ne peut être évitée. Ici et là, on perçoit même de l’enthousiasme.

Peu importe l’identité du Premier ministre et du ministre de la Défense – il n’y a aucune différence entre les candidats en ce qui concerne Gaza. Isaac Herzog et Amos Yadlin ne disent bien évidemment rien, et Tzipi Livni se vante du fait que grâce à elle, aucun port n’a été ouvert à Gaza. Le reste des Israéliens ne sont pas non plus intéressés par le sort de Gaza et bientôt, Gaza sera obligée de leur rappeler à nouveau sa situation tragique de la seule manière qui lui est laissée, les roquettes.

La situation de Gaza est désastreuse, épouvantable. Aucune mention n’en est faite dans le discours israélien, et certainement pas dans la campagne électorale la plus minable, la plus creuse qui se soit jamais tenue ici. Il est difficile de le croire, mais les Israéliens ont inventé une réalité parallèle, coupée du monde réel, une réalité cynique, insensible, enfouie dans le déni, alors que tous ces malheurs, la plus grande partie étant de leur propre fait, se déroulent à une courte distance de leurs maisons. Les nourrissons gèlent à mort sous les décombres de leurs maisons, les jeunes risquent leur vie et franchissent la clôture frontalière juste pour obtenir une portion de nourriture dans une cellule israélienne. Quelqu’un a-t-il entendu parler de cela ? Est-ce que quiconque s’en préoccupe ? Quelqu’un comprend-il que cela conduit à la prochaine guerre ?

Salma n’a vécu que 40 jours, comme l’éternité d’un papillon. C’était un bébé de Beit Hanoun, au nord-est de la bande de Gaza, qui est décédé le mois dernier d’hypothermie, après que son corps frêle ait gelé sous le vent et la pluie qui ont pénétré dans la hutte de contreplaqué et de plastique où elle vivait avec sa famille, depuis que leur maison a été bombardée.

« Elle a été gelée comme de la crème glacée », a déclaré sa mère au sujet de la dernière nuit de la vie de son nourrisson. Le porte-parole de l’UNRWA, Chris Gunness, a raconté l’histoire de Salma la semaine dernière dans le journal britannique The Guardian. Mirwat, sa mère, lui a dit que quand elle est née, elle pesait 3,1 kg. Sa sœur Ma’ez, âgée de trois ans, est hospitalisée pour des gelures.

Ibrahim Awarda, 15 ans, qui a perdu son père dans un bombardement israélien en 2002, fut plus chanceux. Il a décidé de traverser la barrière entre Gaza et Israël. « Je savais que je serais arrêté », a-t-il déclaré au journaliste du New York Times à Gaza la semaine dernière. « Je me suis dit, peut-être que je vais trouver une vie meilleure. Ils m’ont donné de la nourriture décente et m’ont renvoyé à Gaza. »

Ibrahim a été détenu pendant environ un mois dans deux prisons en Israël avant d’être rejeté vers la destruction, la misère, la faim et la mort. Trois cents habitants de Gaza se sont noyés dans la mer en Septembre dernier, dans une tentative désespérée de quitter la prison de Gaza. Quatre-vingt-quatre habitants de Gaza ont été arrêtés par les Forces de défense israéliennes dans les six derniers mois après avoir tenté d’entrer en Israël, la plupart d’entre eux seulement pour fuir l’enfer dans lequel ils vivaient. Neuf autres ont été arrêtés ce mois-ci.

Atiya al-Navhin, 15 ans, a également tenté d’entrer en Israël en Novembre, juste pour échapper à son sort. Des soldats de Tsahal ont ouvert le feu sur lui, il a été traité dans deux hôpitaux israéliens et est retourné à Gaza en Janvier. Maintenant, il est couché dans son domicile, paralysé et incapable de parler.

Quelques 150 000 personnes sans-abris vivent dans la bande de Gaza et environ 10 000 réfugiés sont dans les abris de l’UNRWA. Le budget de l’organisation a été dépensé après que le monde ait totalement ignoré son engagement à contribuer à hauteur de 5,4 milliards de dollars à la reconstruction de Gaza. L’engagement à négocier la levée du blocus sur Gaza – la seule façon d’éviter la prochaine guerre et celle d’après – a également été rompu. Personne n’en parle. Ce n’est pas intéressant. Il y a eu une guerre, des Israéliens et des Palestiniens y ont été tués pour rien, passons donc à la prochaine guerre.

Israël fera de nouveau semblant d’être surpris et offensé – les cruels Arabes l’attaquent à nouveau avec des roquettes, sans raison.

Nettoyage ethnique sioniste de Gaza: Témoignage d’un résistant…

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Témoignage d’un combattant de la résistance palestinienne

 

Asmaa Al-Ghoul

 

17 Octobre 2014

 

url de l”article:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article14993

 

Dès que la guerre s’est interrompue, Abu Abdel Rahman (un nom d’emprunt), combattant de 26 ans des Brigades Izz ad-Din Al-Qassam, a quitté les tunnels où il avait dirigé des opérations contre les forces israéliennes.

Revenu à sa vie normale, il partage son temps entre le travail dans la force de police palestinienne, les études et sa famille. La guerre, cependant, n’a pas quitté Rahman. « Depuis la fin de la guerre, je suis infesté de cauchemars. Je rêve qu’ils [les Israéliens] ont ouvert le tunnel et nous ont trouvés à l’intérieur, et qu’ils nous tuent tous, » raconte-t-il à Al-Moniteur.

Pouvoir se poser un moment avec Rahman n’est pas chose aisée. Il observe tout autour de lui, notant chaque mouvement, et il reste silencieux dès qu’un étranger s’approche. « Je ne veux pas [laisser n’importe qui] identifier le son de ma voix, » dit-il. Avant de prendre un siège, Rahman enlève tous ses appareils électroniques et les laisse à une distance d’où ensuite il pourra souffler un peu.

Rahman a livré un certain nombre de détails au sujet de la guerre. « Nous pouvions faire sauter six véhicules militaires depuis l’intérieur d’un tunnel qui était seulement de 70 centimètres de large et de 140 centimètres de hauteur. Chaque bombe plantée dans la terre était numérotée. Quand un véhicule militaire s’arrêtait au-dessus de la bombe, nous la faisions exploser en nous basant sur son numéro. S’il était au-dessus de la bombe n° 1, le fil relié à la bombe était lui-même identifié par le même nombre. Si le véhicule était au-dessus de la bombe n°2, il était relié par le fil n°2, » dit-il pour expliquer comment les combattants savaient quel détonateur était appareillé avec quelle bombe.

« Un des mujahedeen sortait sa tête en se camouflant hors du tunnel pour observer l’emplacement des véhicules. Quand un véhicule était au-dessus d’une bombe, nous la faisions alors exploser. À ce moment-là, nous lancions des cris de « Dieu est grand » à l’intérieur du tunnel, lequel faisait des dizaines de mètres sous la terre, » poursuit-il.

Rahman continue à noter ses souvenirs de temps de guerre dans un petit carnet. Il s’est rappelé par exemple comment lui et un autre mujahedeen ont partagé le peu de nourriture et d’eau dont ils disposaient. Il s’est également rappelé comment ils ont prié assis sur leurs genoux. Sa tête est encombrée de tant de souvenirs qu’il lui est difficile de reprendre une routine quotidienne comme si la guerre ne s’était jamais produite. Il est quelque fois distrait parce qu’il est soudain rattrapé par certains moments de la guerre, ne prêtant pas toujours attention à ce qui est autour de lui.

Rahman suit les cours du Centre National D’enseignement à distance de l’Université Al Quds, où il n’est qu’un autre étudiant parmi d’autres discutant de son domaine d’études, les sciences économiques, avec ses collègues et professeurs. Aucun d’eux ne sait qu’il est un membre de la résistance. C’est le cas également quand Rahman descend la rue et rencontre par hasard des personnes qu’il connait. Aucune d’entre elles ne sait qu’il est quelqu’un qui a miraculeusement survécu à la guerre, et qu’il est même resté emprisonné pendant cinq jours avec 14 autres combattants dans un tunnel qui avait été bombardé par des avions de guerre.

« Si nous pouvions retourner à ces jours où nous avons si violemment combattu, je voudrait alors avoir pu empêcher l’ennemi de pénétrer la Bande de Gaza. Je pense à mon ami Abu Ahmed qui est resté seul emprisonné à l’intérieur du tunnel après que ce dernier ait été bombardé. Nous ne pouvions pas le sauver, et beaucoup e temps a passé avant qu’il ne meure… Je suis fier de ce que nous avons fait pendant la guerre, mais quand je vois mes compatriotes [les autres Palestiniens] je n’éprouve rien sinon de l’humilité, » dit Rahman.

Cependant, en dépit de la fierté qu’il éprouve, Rahman ne veut plus de guerre. « Je ne souhaite absolument pas que ces jours reviennent. Je suis constamment inquiet pour ma famille. Je crains que [les Israéliens] ne découvrent mon identité et ne bombarde ma maison. » Rahman considère que sa vie suit en même temps deux chemins côte à côte : d’un côté sa vie de tous les jours, ses études et sa famille, et de l’autre la mort et la résistance à l’occupation. « Le deuxième chemin existera tant que l’ennemi sera là, » dit-il.

L’épouse de Rahman semble être constamment inquiète, comme si son bonheur pouvait n’être que provisoire, seulement possible en période de tranquillité. Parlant de sa femme, Rahman nous dit, « J’essaye toujours de faire tout mon possible pour elle et de passer autant d’heures que possible avec elle et mon fils. »

Rahman a rejoint les Brigades Al-Qassam alors qu’il était encore très jeune, après avoir été influencé à la mosquée qui est à côté de sa maison. Il n’a participé à des combats que dans la dernière guerre, précisant que lors de la guerre de novembre 2012 il n’y avait pas eu d’invasion au sol. Pendant la guerre de 2014, Rahman a supervisé et déclenché des opérations militaires depuis l’intérieur d’un tunnel. Il s’est extrait du tunnel à moitié détruit vers la fin de la guerre.

« Après que les forces d’occupation aient bombardé une nouvelle fois le tunnel avec des fusées contenant un gaz mortel, quatre d’entre nous sont restés emprisonnés à cause du sable qui s’était effondré. Nous avons pu entrer en communication avec nos supérieurs en utilisant un réseau souterrain réservé, et ils nous ont commandé de tous évacuer. Ils nous couvriraient par des tirs d’obus de mortier déclenchés d’un emplacement différent. Dix d’entre nous ont pu s’échapper en courant. Nous nous attendions à être touchés par des tirs à tout moment mais nous pu rejoindre un secteur plus sûr. Dès que la trêve est entrée en vigueur deux jours plus tard, nous avons pu sauver les quatre [combattants] qui étaient restés bloqués. »

De temps en temps, les Brigades Al-Qassam demandent à Rahman de prendre position à la frontière orientale de Gaza avec Israël en vue d’une toujours possible aggravation de la situation. En rencontrant alors d’autres combattants et en discutant avec eux, Rahman a découvert que ceux-ci étaient également poursuivis par des cauchemars dus à la guerre.

 

* Asma al-Ghoul est journaliste et écrivain, du camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.

Résistance palestinienne: Les non-dits de la réalité de terrain…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 7 août 2014 by Résistance 71

D’après un officier israélien sans les F16 pas un soldat ne serait sorti vivant de Gaza

 

IRIB

 

6 Août 2014

 

url de l’article:

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/335947-sans-le-soutien-des-f16,-pas-un-soldat-ne-serait-sorti-vivant-israël

 

Sans le soutien de l’armée de l’Air , pas un seul soldat n’aurait pu rentrer vivant !! cet aveu est celui d’un haut officier israélien qui est repris par le site des brigades Qassam.  » sans le soutien des drones dotés de missiles , des F16 et des F15 , les unités blindées et d’infanterie ne pouvaient avancer d’un iota dans la bande de Gaza. » dit cet officier qui ajoute : » les F16 et les F15 israéliens larguaient debombes de une à 1.5 tonnes sur la bande de Gaza et ce afin de franchir le premier pas dans le sens d’une destruction des tunnels. ceci dit même après cette première étape les unités d’infanterie n’ont pas avancé car on a compris que les tunnels étaient trop vastes ce qui a fait que l’aviation a repris ses bombardement contre les maisons pour préparer l’incursion terrestre. cette étape a duré 10 jours . Cette période passée, les unités d’infanterie ont pu entrer dans la bande de Gaza. l’avancée a été trop lente.

Un char progressait à raison de trois mètres tous les trois heures ; les chars avaient peur de sauter sur des tonnaux piégés. une fois notre avancée débutées vers les bâtiments, , nous avons donné l’ordre à nos unités de dynamitage de faire sauter tous les bâtiments et de ne garder que quelques immeubles qui devaient servir de caserne, là où les snipers se sont installés et où les soldats se reposaient ».

Et l’officier de poursuivre : » les palestiniens menaient des combats au corps à corps . Ils tuaient nos soldats et on ne savait pas d’où ils surgissaient . tous ces palestiniens ne sortaient pas des tunnels les raids aériens étaient intenses . Les avions ont tout rasé et sans leur aide, pas un soldat n’aurait pu échapper. si les unités d’infanterie ont réussi a s’en sortir c’est parce que les avions ont soutenus mêmes aux derniers jours les blindés et les soldats d’infanterie  »

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La résistance palestinienne revendique la mort de 161 soldats et officiers israéliens

6 Août 2014

Source: http://www.info-palestine.net/spip.php?article14829

 

Sami Abu Zuhri, porte-parole du mouvement Hamas, a déclaré dans un communiqué : « Netanyahu a complètement échoué dans la bande de Gaza et le Hamas est toujours aux commandes et a beaucoup à faire contre Israël. »

Aujourd’hui également, Netanyahu a déclaré dans un communiqué de presse que l’armée israélienne a fait de son mieux dans la guerre contre la bande de Gaza. Cependant, il a noté que « il n’y a pas de garantie de 100 pour cent de succès dans la bataille ».

Netanyahu a décrit les combats qui ont eu lieu dans la bande de Gaza comme « complexes ».

L’armée israélienne a annoncé ce matin le retrait de ses forces terrestres sur des « lignes de défense » en dehors de la bande de Gaza, après que les factions palestiniennes et Israël aient convenu d’une trêve de 72 heures sous les auspices égyptiennes.

La guerre menée par Israël sur la bande de Gaza a conduit à la mort de 1 867 Palestiniens et a fait 9470 blessés, selon le ministère palestinien de la Santé.

Israël reconnait officiellement que 64 soldats et trois civils ont été tués pendant la guerre et 1008 autres ont été blessés, dont 651 soldats et 357 civils.

Les Brigades Izz ad-Din al-Qassam, la branche armée du Hamas, ont revendiqué de leur côté avoir tué 161 soldats et officiers. Elles ont également fait un prisonnier.

 

Pourquoi Israël ment ?

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Chris Hedges

 

5 Août 2014

 

url de l’article en français:

http://www.legrandsoir.info/pourquoi-israel-ment-truth-dig.html

 

Tous les gouvernements mentent, comme le faisait remarquer IF Stone, y compris Israël et le Hamas. Mais Israël profère ces mensonges à couper le souffle qui caractérisent les régimes despotiques et totalitaires. Il ne déforme pas la vérité ; il la retourne. Il brosse régulièrement un tableau destiné au monde extérieur qui est diamétralement opposé à la réalité. Et nous tous, journalistes qui avons couvert les territoires occupés connaissons ces narratives israéliennes sorties d’Alice au pays des merveilles, et que nous insérons consciencieusement dans nos articles – chose requise en vertu des règles du journalisme américain, même si nous savons qu’elles sont fausses.

J’ai vu des petits garçons appâtés et tués par des soldats israéliens dans le camp de réfugiés de Khan Younis à Gaza. Les soldats ont insulté les garçons en arabe par des haut-parleurs de leur jeep blindée. Les garçons, âgés d’environ 10 ans, ont ensuite jeté des pierres sur un véhicule israélien et les soldats ont ouvert le feu, tuant quelques-uns, en blessant plusieurs autres. J’étais présent plus d’une fois lorsque les troupes israéliennes ont tiré et tué des enfants palestiniens de cette façon. Ces incidents, dans le largon israélien, deviennent des enfants « pris entre deux feux ». J’étais dans la bande de Gaza lorsque des avions de combat F-16 ont largué des bombes à fragmentation de 500 kg sur des taudis surpeuplés dans la ville de Gaza. J’ai vu les cadavres des victimes, y compris les enfants. Cela s’est transformé en une «  frappe chirurgicale sur une usine de fabrication de bombes ». J’ai regardé Israël démolir des maisons et des immeubles entiers pour créer de larges zones tampons entre les Palestiniens et les troupes israéliennes qui entourent la bande de Gaza. J’ai interrogé les familles démunies et sans-abri, certaines campaient dans des abris de fortune érigés au milieu des décombres. La destruction devient « la démolition des maisons des terroristes ». J’ai foulé les ruines d’écoles – Israël a frappé deux écoles des Nations Unies au cours des six derniers jours, faisant au moins 10 morts dans une école à Rafah le dimanche et au moins 19 dans le camp de réfugiés de Jebaliya mercredi – ainsi que des ruines de cliniques et de mosquées. J’ai entendu Israël prétendre que des roquettes perdues ou des tirs de mortier des Palestiniens avaient provoqué ces décès et d’autres, ou que les points attaqués avaient été utilisés comme des dépôts d’armes ou des sites de lancement. Moi, comme tous les autres journalistes que je connais qui ont travaillé dans la bande de Gaza, je n’ai jamais vu la moindre preuve que le Hamas utilise les civils comme « boucliers humains ».

Il y a une logique perverse dans le recours incessant par Israël au Grand Mensonge – Große Lüge – le mensonge favori des tyrans d’Adolf Hitler et Joseph Staline à Saddam Hussein. Le Grand Mensonge alimente les deux réactions qu’Israël cherche à susciter – le racisme parmi ses partisans et la terreur parmi ses victimes.

En brossant le tableau d’une armée qui ne s’attaque jamais à des civils, qui fait tout son possible pour les protéger, le Grand Mensonge dit que les Israéliens sont civilisés et humains, et que leurs adversaires palestiniens sont des monstres inhumains. Le Grand Mensonge sert l’idée que le massacre à Gaza est un choc des civilisations, une guerre entre la démocratie, la décence et l’honneur d’un côté et la barbarie islamique de l’autre. Et dans les rares cas où les nouvelles des atrocités atteignent le grand public, Israël rejette les destructions et les morts sur le Hamas.

George Orwell dans son roman « 1984 » a qualifié cette forme de propagande de double-pensée. La double-pensée emploie « la logique contre la logique » et « rejette la morale tout en s’en réclamant ». Le Grand Mensonge n’autorise ni les nuances ni les contradictions qui peuvent empoisonner la conscience. C’est une réponse orchestrée par l’État au dilemme de la dissonance cognitive. Le Grand Mensonge ne connaît pas de zones grises. Le monde est en noir et blanc, le bien et le mal, le juste et l’injuste. Le Grand Mensonge permet aux croyants de se consoler – un confort qu’ils cherchent désespérément dans leur propre supériorité morale au moment même où ils ont abandonné toute morale.

Le Grand Mensonge, comme l’a écrit le père des relations publiques américaines, Edward Bernays, n’est limité que par la capacité du propagandiste à comprendre et exploiter les courants sous-jacents de la psychologie individuelle et de masse. Et puisque la plupart des partisans d’Israël n’ont aucun désir de connaître la vérité, une vérité qui les obligerait à examiner leur propre racisme et auto-illusion sur la supériorité morale sioniste et occidentale, tels une meute de chiens affamés ils se jettent sur les mensonges offerts par le gouvernement israélien. Le Grand Mensonge trouve toujours un terrain fertile dans ce que Bernays a appelé le « compartiment de l’adhésion dogmatique à l’épreuve de toute logique. » Toute propagande efficace, a écrit Bernays, cible et s’appuie sur ces « habitudes psychologiques » irrationnelles.

C’est le monde que Franz Kafka envisageait, un monde où l’irrationnel devient rationnel. Un monde où, comme Gustave Le Bon l’a relevé dans (son livre) « La psychologie des foules », ceux qui fournissent aux masses les illusions dont elles rêvent deviennent leurs maîtres, et « celui qui tente de détruire leurs illusions est toujours leur victime ». Cette irrationalité explique la violence de la réaction des supporters d’Israël envers ceux qui ont le courage de dire la vérité – Uri Avnery, Max Blumenthal, Noam Chomsky, Jonathan Cook, Norman Finkelstein, Amira Hass, Gideon Levy, Ilan Pappé, Henry Siegman et Philip Weiss. Le fait que tant de voix soient juives, et ont donc plus de crédibilité que les non-juifs parmi les pom-pom girls d’Israël, renforce encore le niveau de haine.

Mais le Grand Mensonge est aussi consciemment conçu pour envoyer un message dissuasif aux Palestiniens de Gaza, qui ont perdu un grand nombre de leurs habitations, cliniques, mosquées, et installations d’énergie, d’eau et d’assainissement, ainsi que des écoles et des hôpitaux, et qui ont subi 1650 morts depuis le début de cet assaut, la plupart des des femmes et des enfants, et qui ont vu 400 000 personnes déplacées de leurs foyers. Le Grand Mensonge dit clairement aux Palestiniens qu’Israël continuera à mener une campagne de terreur d’Etat et n’admettra jamais ses atrocités ni ses objectifs. La grande disparité entre ce qu’Israël dit et ce qu’Israël fait dit aux Palestiniens qu’il n’y a pas d’espoir. Israël va faire et dire ce qu’il veut. Le droit international, comme la vérité, seront toujours ignorés. Les Palestiniens comprennent par le Grand Mensonge que les dirigeants israéliens ne reconnaîtront jamais la réalité.

Le site internet des Forces de Défense d’Israël est rempli de propagande. « Le Hamas exploite la sensibilité de l’IDF qui tente de protéger les structures civiles, en particulier les lieux saints, en cachant les centres de commandement, des caches d’armes et l’entrée des tunnels dans les mosquées », peut-on lire sur le site de Tsahal. «  Dans le monde du Hamas, les hôpitaux sont des centres de commandement, les ambulances sont des véhicules de transport, et des médecins sont des boucliers humains », insiste le site.

« .. Les officiers [israéliens] sont chargés d’une énorme responsabilité : protéger les civils palestiniens sur le terrain, peu importe les difficultés rencontrées », assure le site à ses visiteurs. Et le site de Tsahal fournit cette citation d’un opérateur de drone identifié comme le lieutenant Or. « J’ai personnellement vu des roquettes tirées sur Israël à partir d’hôpitaux et d’écoles, mais nous ne pouvions pas riposter parce qu’il y avait des civils à proximité. Dans un cas, nous avions repéré une cible, mais nous avons vu qu’il y avait des enfants à proximité. Nous avons attendu, et quand nous avons vu qu’ils ne partaient pas, nous avons du interrompre la frappe sur une cible importante. »

L’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, Ron Dermer, dans un Grand Mensonge individuel, a déclaré le mois dernier lors d’une conférence de Chrétiens Unis pour Israël que l’armée israélienne devrait recevoir le « Prix Nobel de la paix … un prix Nobel de la paix pour avoir fait preuve d’une retenue inimaginable ».

Le Grand Mensonge détruit toute possibilité d’histoire et donc d’espoir d’un dialogue entre les parties antagonistes qui serait basé sur la vérité et la réalité. Alors que, comme Hannah Arendt l’a souligné, les sophistes anciens et modernes cherchaient à remporter un argument au détriment de la vérité, ceux qui brandissent le Grand Mensonge « veulent une victoire plus durable au détriment de la réalité ». Les anciens sophistes, dit-elle, « ont détruit la dignité de la pensée humaine ». Ceux qui ont recours au Grand Mensonge « détruisent la dignité de l’action humaine ». Le résultat, a mis en garde Arendt, est que « l’histoire elle-même est détruite ainsi que son intelligibilité ». Et lorsque les faits n’importent plus, lorsqu’il n’y a pas d’histoire commune fondée sur la vérité, lorsque les gens croient bêtement à leurs propres mensonges, il ne peut y avoir d’échange d’information utile. Le Grand Mensonge, employé par Israël comme une matraque, réduit tous les problèmes du monde à une expression brutale de violence – ce qui était peut-être son objectif initial. Et quand les gens opprimés ne sont interpellés qu’avec la violence, ils ne répondent que par la violence.

Chris Hedges

Traduction « un point commun de plus avec la classe politique US » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.