Archive pour crimes contre l’humanité israël palestine occupée

Colonialisme en Palestine: la politique du flinguer pour tuer de l’état sioniste

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 12 janvier 2017 by Résistance 71

Tuez-les tous !

 

Jonas Alexis

 

4 janvier 2017

 

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2017/01/04/kill-them-all/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Bien avant que Netanyahou s’en vint sur la scène politique, le premier ministre israélien Yitzhak Shamir avait comparé les Palestiniens à une “nuée de sauterelles”.

HRW vient juste de condamner la politique d’Israël du “tirer pour tuer”. Politique simple: si la force de défense israélienne et les policiers perçoivent ou pensent qu’un Palestien va commettre un crime, alors ces personnels encouragent la force de défense à abattre immédiatememt et sans hésitation le Palestinien en question.

Tout membre des force de défense devrait être capable de “tirer pour tuer” le Palestinien “sans y penser à deux fois… aucun attaquant, homme ou femme, ne devrait sortir de quelque attaque que ce soit vivant.”[1]

La preuve n’est en rien importante. Ce qui est le plus important est que si la police ou l’armée veut tuer un Palestinien, alors ils peuvent le faire. La FDI et la police sont en elles-mêmes la preuve du bienfondé de l’action. Tout ce qu’elles ont alors à faire pour défendre leur cas est de simplement dire que le Palestinien allait faire quelque chose de mal. Sari Bashi, le directeur de la branche israélienne à HRW, a déclaré que ceci est clairement une violation du droit international. [2]

Les question est simplement celle-ci: Le régime israélien a t’il abattu dans le passé des Palestiniens en se basant sur cette politique ridicule ?
La question est OUI.
Ceci ne devrait pas être une surprise du tout. Nous savons et pouvons tenir pour fait établi que la politicienne et ministre de la justice israélien Ayelet Shaket a sans équivoque et ontologiquement déclaré que les Palestiniens étaient les ennemis d’Israël.

“Qui est l’ennemi ?” a t’elle demandé. “Le peuple palestinien. Pourquoi ? Demandez-leur, ils ont commencé…” L’idéologie politique de Shaked en regard des Palestiniens vaut la peine d’être citée entièrement:

“Le peuple palestinien nous a déclaré la guerre et nous devons répondre par la guerre. Pas une opération, lente et de basse-intensité, pas une escalade contrôlée, pas de destruction d’infrastructure terroriste, pas d’assassinats ciblés. Assez de toutes ces biaiseries. C’est une guerre. Les mots ont un sens. C’est une guerre.

Ce n’est pas une guerre contre le terrorisme, pas une guerre contre l’extrémisme, pas même une guerre contre l’Autorité Palestinienne. Tout ceci est également une forme d’ignorance de la réalité. Ceci est une guerre entre deux peuples. Qui est l’ennemi ? Le peuple palestinien. Pourquoi ? Demandez-leur, ils ont commencé…

Derrière chaque terroriste se tiennent des douzaines d’hommes et de femmes sans qui ils ne pourraient pas s’engager dans le terrorisme. Les acteurs de la guerre sont ceux qui incitent dans les mosquées, qui écrivent des curricula assassins pour les écoles, qui protègent, qui fournissent des véhicules et tous ceux qui les honorent et leur donnent un confort moral.

“Ils sont tous des ennemis combattants et leur sang sera leur responsabilité. Maintenant ceci inclut aussi les mères des martyrs, qui les envoient en enfer avec des fleurs et des baisers. Elles devraient suivre leurs fils, rien ne serait plus juste. Elles devraient dégager, tout comme les maisons, foyers physiques où elles ont élevé leurs serpents. Autrement, d’autres petits serpents y seront élevés.” [3]

Shaked déclare qu’elle a l’intention de “promouvoir des processus avancés” de démocratisation en Israël”, mais comment cela peut-il être compatible avec l’idée que les Palestiniens sont l’ennemi ? Shaked peut-elle vraiment penser que la démocratie pourrait ne serait-ce qu’exister sans ce que Kant qppellerait l’impératif catégorique ou la raison pratique ? Les lois d’Israël en regard des Palestiniens peuvent-elles vraiment être unversalisées ?…

L’idéologie de Shaked n’est pas du tout la démocratie. C’est en fait une perversion de démocratie. Et si vous pensez que c’est exagéré, peut-être devrions-nous amener dans la discussion le rabbin Yitzhak Ginsburg qui a dit de manière non équivoque:

Tout procès en justice qui se base sur la supposition que les juifs et les goyim sont égaux est un total travesti de justice.”[4]

La question à un million de dollars est celle-ci: Shaked a t’elle été jamais mise en doute par la mafia sioniste et les marionnettes nouveaux cons pour avoir de telles saloperies au sujet des Palestiniens ? Y a t’il eu un quelconque politicien américain la réprimandant pour ce qui est essentiellement un plan diabolique ?

Bien sûr que non !

Le fait est que Benjamin Netanyahou et autres officiels israéliens (passés et présents) ont dit des choses tout à fait similaires sur les Palestiniens. “Dans notre voisinage”, a dit le roi bibi “nous devons nous protéger des animaux sauvages… Si un soldat israélien est condamné pour meurtre, il devrait être immédiatement libéré.” dit Natanyahou.

Bien avant que Netanyahou ne vont sur la scène politique, le premier ministre israélien Ytzhak Shamir avait comparé les Palestiniens à une nuée de sauterelles [5] L’ancien chef de la FDI Raphael Eitan avait déclaré dans les années 1980:

“Nous déclarons ouvertement que les Arabes n’ont aucun droit de s’établir ne serait-ce que d’un centimètre sur Eretz Israel… La force est tout ce qu’ils ont et n’est que ce qu’ils comprendront toujours. Nous devrons utiliser la force ultime jusqu’à ce que les Palestiniens viennent à nous à quatre pattes.”

Rabbin Yaacov Perrin: “Un million d’Arabes ne valent pas un ongle juif” [6]

Le rabbin MK Eli Ben-Dahan lui-même a déclaré que les Palestiniens étaient “des animaux, ce ne sont pas des humains.” Puis il a ajouté: “Un juif a toujours un bien plus grande âme qu’un gentil, même s’il est homosexuel.

Les homosexuels d’Amérique et d’occident ne devraient-ils pas être en colère de la dégradation faite ici par Ben-Dahan ? L’organisation juive aux Etats-Unis ne nous vante t’elle pas ad nauseam que l’homosexualité est une grande chose ? Pourquoi cette organisation ne réprimande t’elle pas le rabbin Ben-Dahan pour ses vues discriminatoires ?..

[1] “‘Israeli shoot-to-kill policy belongs to western movie laws’ – HRW official to RT,” Russia Today, January 4, 2017.

[2] Harriet Agerholm, “Israeli officials back shoot-to-kill policy of Palestinian suspects, says Human Rights Watch,” Independent, January 3, 2017.

[3] Ishaan Tharoor, “Israel’s new justice minister considers all Palestinians to be ‘the enemy,’” Washington Post, May 7, 2015.

[4] Quoted in Alan Cowell, “An Israeli Mayor Is Under Scrutiny,” NY Times, June 6, 1989.

[5] Ron Kampeas, “Andrew Sullivan owes Yitzhak Shamir an apology,” Jewish Telegraphic Agency, May 6, 2015.

[6] Quoted in Clyde Haberman, “West Bank Massacre; Israel Orders Tough Measures Against Militant Settlers,” NY Times, February 28, 1994.

Résistance politique: Une question essentielle concernant le Moyen-Orient…

Posted in actualité, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 26 septembre 2016 by Résistance 71

Les Arabes ont ils trahis la Palestine ?

 

Ramzy Baroud

 

24 septembre 2016

 

url de l’article original:

http://chroniquepalestine.com/arabes-ont-trahi-palestine/

 

J’avais 21 ans lorsque j’ai traversé Gaza pour me rendre en Égypte, où je devais faire des études universitaires en sciences politiques. Le moment n’aurait pas pu être plus mal choisi.

 

L’invasion du Koweit par l’Irak en 1990 avait conduit à la constitution d’une large coalition internationale sous la houlette des États-Unis et sur un conflit armé majeur, qui a terme a ouvert la voie à l’invasion US de l’Irak en 2003. Je me suis rendu compte que les Palesti­niens étaient soudain “haïs” en Égypte, en raison du soutien que Yasser Arafat avait apporté à l’Irak à l’époque. Je ne m’étais seulement pas rendu compte de l’étendue de cette prétendue “haine”.

C’est dans un hôtel bon marché du Caire, où j’épuisais petit à petit le pécule des quelques livres égyptiennes dont je disposais, que j’ai rencontré Hajah Zainab, une gentille gardienne d’un certain âge, qui me traita comme un fils. Elle avait l’air en mauvaise santé, chancelante quand elle marchait, s’appuyant contre les murs pour reprendre son souffle avant de reprendre son chemin pour s’acquitter de corvées interminables. Son visage portait des tatouages jadis soigneusement tracés, qui avec le temps et les rides étaient devenus un fouillis d’encre qui souillait sa peau. Mais malgré tout, la gentillesse qui se lisait dans ses yeux surpassait tout, et chaque fois qu’elle m’a vu elle m’a étreint dans ses bras en pleurant.

Hajah Zainab

Hajah Zainab pleurait pour deux raisons : elle avait pitié de moi alors que je devais me battre contre un ordre d’expulsion du Caire – qui n’avait aucune autre raison d’être que le fait que j’étais Palestinien à une époque où Yasser Arafat soutenait Saddam Hussein alors que Hosni Mubarak avait choisi de s’allier aux États-Unis. J’étais de plus en plus désespéré et je craignais de devoir affronter les services de renseignement israéliens, le Shin Bet, qui ne manqueraient pas de me convoquer dans leurs bureaux à la minute même ou je franchirais à nouveau la frontière de Gaza. L’autre raison était que le fils unique de Hajah Zainab, Ahmad, avait trouvé la mort dans le Sinaï en combattant les Israéliens.

Les Égyptiens de la génération de Zainab percevaient les guerres qui avaient mis leur pays aux prises avec Israël, en 1948, 1956 et 1967 comme des guerres dans lesquelles la Palestine était une cause centrale. Ni les politiques auto-centrées ni le conditionnement par les médias n’ont jamais pu changer cela. Mais la guerre de 1967 fut une défaite absolue. Grâce à un soutien direct et massif des États-Unis et d’autres puissances occidentales, Israël avait sèchement battu les armées arabes, sur trois fronts différents. Gaza, Jérusalem-Est et la Cisjordanie furent perdus, de même que les hauteurs du Golan, la vallée du Jourdain et le Sinaï.

C’est à ce moment que les relations entre certains pays arabes et la Palestine ont commencé à changer. La victoire d’Israël et le soutien inlassable des États-Unis et de l’Occident ont convaincu certains gouvernements arabes qu’il leur fallait revoir leurs attentes à la baisse, en espérant que les Palestiniens en feraient autant.

L’Égypte, qui avait porté fièrement le flambeau du nationalisme arabe, succomba à un sentiment d’humiliation collective, et par la suite redéfinit ses priorités en cherchant à obtenir la libération de son propre territoire de l’occupation israélienne. Privés du leadership essentiel de l’Égypte, les pays arabes se sont divisés, chaque gouvernement ayant ses propres objectifs. La totalité de la Palestine se trouvant sous contrôle israélien, les Arabes ont lentement pris leurs distances avec une cause qu’ils avaient pourtant considérée longtemps comme la cause centrale de la Nation arabe.

La guerre de 1967 a aussi mis un terme au dilemme de l’indépendance de l’action des Palestiniens par rapport à divers pays arabes qui l’avaient détournée. Qui plus est, cette guerre a concentré l’attention sur la Cisjordanie et Gaza, et a permis au Fatah, la faction palestinienne, de fortifier sa position à la lumière de la défaite arabe et des divisions qui en ont découlé.

Cette division a été particulièrement mise en évidence en août 1967, lors du sommet de Karthoum, où les leaders du monde arabes se sont affrontés à propos des priorités et de définitions. Les gains territoriaux israéliens devaient-ils redéfinir le statu quo ? Les Arabes devaient-ils mettre l’accent sur un retour à la situation d’avant 1967 ou à celle d’avant 1948, lors de la première occupation de la Palestine historique et du nettoyage ethnique visant les Palestiniens ?

Le 22 novembre 1967, le Conseil de Sécurité des Nations Unies adopta la résolution 242, qui reflétait le souhait de l’administration étatsunienne du Président Johnson, qui voulait capitaliser sur le nouveau statu quo : le retrait d’Israël “from occupied territories” [1] en échange d’une normalisation des relations avec Israël. Le nouveau langage, dans la période suivant immédiatement la guerre de 1967, alarma les Palestiniens, qui se rendirent compte que tout accord futur était susceptible de faire l’impasse sur la situation qui existait avant la guerre.

Finalement, l’Égypte combattit et célébra sa victoire dans la guerre de 1973, qui lui permit de consolider son contrôle sur la majeure partie de ses territoires perdus. Quelques années plus tard, les Accords de Camp David, en 1979, ont encore accentué la division parmi les pays arabes, et mirent officiellement fin à la solidarité de l’Égypte avec les Palestiniens, tout en garantissant au pays arabe le plus peuplé un rétablissement sous condition de sa souveraineté sur son propre territoire dans le Sinaï. On ne saurait trop souligner les répercussions négatives de cet accord. Néanmoins, en dépit du temps qui a passé, le peuple égyptien n’a quant à lui jamais accepté vraiment la normalisation des relations avec Israël.

En Égypte, un gouffre persiste entre le gouvernement, dont le comportement est basé sur des urgences politiques et l’instinct de conservation, et le peuple qui, en dépit d’une intense campagne médiatique contre les Palestiniens, est toujours décidé à rejeter la normalisation avec Israël aussi longtemps que la Palestine n’aura pas été libérée. Contrairement à un cirque médiatique abondamment financé qui démonise Gaza depuis quelques années, ceux qui partagent l’avis de Hajah Zainab ont peu de possibilités d’exprimer ouvertement leur solidarité avec les Palestiniens. Dans mon cas, j’ai eu la chance de rencontrer la concierge vieillissante qui, tant d’année après, pleurait à la fois pour la Palestine et pour la mort de son fils unique.

Néanmoins, des personnages comme Zainab, j’en ai rencontré des réincarnations de nombreuses fois au cours de mes voyages. Je l’ai rencontrée en Irak en 1999. Elle était une vieille vendeuse de légumes vivant à Sadr City. Je l’ai rencontré en Jordanie en 2003. Elle était un chauffeur, avec un drapeau palestinien accroché à son rétroviseur déglingué. Elle était aussi un journaliste saoudien à la retraite, que j’ai rencontré à Jeddah en 2010, une étudiante marocaine que j’ai rencontrée à Paris en 2013, au cours d’une tournée de conférences. Elle avait à peine plus de 20 ans. Après mon intervention, elle me raconta en sanglotant que la Palestine reste pour son peuple une blessure qui suppure. “Je prie chaque jour pour une Palestine libre”, me dit-elle, “tout comme mes vieux parents le faisaient dans chacune de leurs prières”.

Hajah Zainab c’est aussi l’Algérie, toute l’Algérie. Quand l’équipe nationale palestinienne de football a rencontré son homologue algérienne, en février dernier, un phénomène étrange et sans précédent en a laissé plus d’un perplexe. Les supporters algériens, qui figurent parmi les plus ardents des amoureux du football où que ce soit, n’ont pas cessé d’acclamer les Palestiniens, sans arrêter. Et quand l’équipe de Palestine a marqué un but, ce fut comme si les gradins s’enflammaient. Le stade plein à craquer explosa d’un chant intense à la gloire de la Palestine. Et de la Palestine seule.

Alors, les Arabes ont-ils trahi la Palestine ?

C’est une question que l’on entend souvent, et souvent on y répond par l’affirmative : “oui, ils l’ont trahie”. Les médias égyptiens, prenant les Palestiniens de Gaza pour boucs émissaires, les Palestiniens de Yarmouk, en Syrie, affamés et pris pour cible, naguère la guerre civile au Liban, les mauvais traitements infligés aux Palestiniens au Koweit en 1991 [2] et, plus tard, en Irak en 2003, sont souvent cités en exemple. Aujourd’hui, d’aucuns insistent sur le fait que ce qu’on a appelé “le printemps arabe” a représenté le dernier clou du cercueil de la solidarité arabe avec la Palestine.

Je m’inscris en faux. L’émergence de l’infortuné “printemps arabe” a été un abandon, sinon une trahison, non juste des Palestiniens mais de la majorité des Arabes. Le Monde arabe s’est transformé en un gigantesque terrain d’affrontements pour de sales jeux politiques entre vieux et nouveaux rivaux. Et si les Palestiniens en ont été victimes, c’est aussi le cas des Syriens, des Égyptiens, des Libyens, des Yéménites et d’autres.

Il faut faire une distinction claire entre ce que peut désigner le mot “Arabes”. “Arabes”, cela peut désigner des gouvernement non-élus, tout aussi bien qu’une vieille femme pleine de gentillesse qui gagne 2 dollars par jour dans un hôtel crasseux du Caire. “Arabes”, cela peut désigner des élites occidentalisées [NdT : “emboldened elites”, littéralement “élites enhardies”] qui ne se soucient que de la préservation de leurs propres privilèges et de leur fortune, sans aucun égard ni pour la Palestine ni pour leur propre nation, mais aussi une multitude de gens, divers, uniques, engagés, opprimés, qui à ce moment de l’histoire sont rongés par le souci de leur propre survie et qui se battent pour la liberté.

Notes :

[1] la résolution 242 prévoit, dans sa version anglaise, le retrait des troupes israéliennes “from occupied territories”, ce qui en français peut se traduire aussi bien par “de territoires occupés” que par “des territoires occupés”. La première traduction, contrairement à la seconde, n’implique en rien l’idée d’un retrait de la totalité des territoires en question. Selon les règles en vigueur aux Nations Unies, les versions anglaise et française font également foi (la première pour des raisons de rapports de force de l’après-guerre 40-45, la seconde en vertu des traditions diplomatiques occidentales). Selon qu’ils soutiennent le colonialisme sioniste ou les droits des peuples, les différents pays adoptent l’une ou l’autre traduction, sans qu’on puisse trouver dans le texte lui-même le moyen de trancher entre les interprétations qui en découlent. C’est d’ailleurs probablement cette ambiguïté intrinsèque du texte qui avait permis qu’il soit adopté à l’époque par le Conseil de Sécurité, chacun des pays membres y voyant ce qu’il voulait y voir. – NDLR

[2] Environ 300.000 Palestiniens vivaient au Koweit à l’époque où Yasser Arafat apporta son soutien à Saddam Hussein dans le différend qui l’opposait au Koweit à propos de l’exploitation de champs pétrolifères frontaliers, qui déboucha sur l’invasion du Koweit par l’Irak (avec ce que Saddam Hussein avait cru, à tort, pouvoir interpréter comme une approbation tacite par les États-Unis). – NDLR

Empire et satellite: 38 milliards de dollars d’aide yankee à l’armée de l’entité sioniste…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 22 septembre 2016 by Résistance 71

Prévision de grosses averses de phosphore blanc sur Gaza dans un futur très proche. Pour que continue le colonialisme galopant et le génocide en terres palestiniennes et sur le continent africain…

~ Résistance 71 ~

 

Le nouveau contrat d’aide à Israël fait d’Obama le mécène de l’occupation

 

Gidéon Lévy

 

21 septembre 2016

 

url de l’article en français:

http://chroniquepalestine.com/nouveau-contrat-daide-a-israel-dobama-mecene-de-loccupation/

 

 

Gidéon Lévy – Trois cents dollars par contribuable états-unien pendant les dix prochaines années…

 

Non pas pour subvenir aux besoins sociaux considérables de l’Amérique, non pas pour venir en aide à des pays vraiment nécessiteux – imaginez ce que 38 milliards de dollars pourraient faire pour l’Afrique – mais pour procurer des armes à une armée qui est déjà l’une des plus puissamment armée au monde, dont l’un des principaux ennemis sont des jeunes filles brandissant des ciseaux ; pour financer une armée qui ne combat aucune autre armée sérieuse en ce moment ; l’armée d’un pays que peu d’autres peuvent égaler en matière d’insoumission, un pays qui défie systématiquement les Etats-Unis et la communauté internationale. Et pis que tout, ce pays va recevoir un nouveau cadeau, sans avoir à donner quoi que ce soit en échange. Cet argent servira uniquement à l’armer, ce qui va le pousser à commettre de nouvelles agressions. C’est ça l’accord et il n’y a pas eu de débat sérieux à ce sujet, que ce soit en Israël ou aux États-Unis.

Qui s’interroge ?

En Amérique seules quelques personnes demandent pourquoi. Pour quoi faire ? Pendant combien de temps ? Qu’aurons-nous en retour ? ne demandent même quels intérêts américains bénéficient de cette énorme dépense d’argent du contribuable américain. Mais laissons les Américains s’occuper de l’Amérique. La seule discussion en Israël porte sur la possibilité ou non d’extorquer encore plus d’argent aux Américains. C’est bien que ça se soit arrêté à 38 milliards de dollars. MK Shelly Yacimovich (Zionist Union) a dit que le premier ministre a déjà prévenu les responsables hauts gradés de la sécurité qu’ils pouvaient « se lâcher ». Une aide plus importante créerait plus de sauvagerie encore. Une partie de l’argent ira aux systèmes de défense mais une autre part ira au maintien de l’occupation et notamment au financement d’actions spectaculaires violentes à Gaza, au Liban, et d’exercices d’entraînement inutiles et mégalomaniaques pour se défendre contre des dangers imaginaires.

« Le porte-avion américain en Méditerranée, » comme les Américains (Alexander Haig) et les Israéliens (Moshe Ya’alon) aiment à qualifier Israël, continuera à larguer des bombes et à tirer des obus, parfois sans retenue, au nom des contribuables américains et avec leur argent. Est-ce ce que veut Obama ? C’est le résultat de sa politique. Cette aide généreuse, d’un volume qu’aucun autre pays au monde ne reçoit, rend les belles paroles des Américains encore plus ridicules tandis qu’Israël continue de défier Washington. Les Protestations américaines, la fureur au Département d’Etat, la colère à la Maison Blanche – plaisanteries que tout ça.

Obama est le mécène de l‘occupation

Si c’est le porte-avion américain, alors les colonies, la violation du droit international, les crimes, les raids et les guerres que l’Amérique prend bien soin de dénoncer, sont exécutés sur son propre porte-avion. Chaque balcon supplémentaire construit dans une colonie est Made in the USA. Chaque assassinat de femmes et d’enfants à Gaza est ‘né aux États-Unis.’ Obama est le mécène de l‘occupation, la peste soit de l’hypocrisie et du pharisaïsme.

Les Israéliens ne devraient pas être reconnaissants pour la générosité états-unienne ; elle est préjudiciable à leur pays. Pour quoi Israël a-t-il besoin de plus d’armements ? Pourquoi a-t-il besoin de faire la guerre aux habitants loqueteux de Gaza et aux jeunes hommes de Cisjordanie ?

Un homme d’état israélien courageux et honnête aurait dit depuis longtemps : non merci. Cet argent ne nous vaut rien de bon. Même sans cet argent l’IDF (Forces de Défense israéliennes) est trop importante pour ses besoins. Mais le rituel continue, l’Amérique paie et Israël occupe et bombarde, comme s’il n’y avait pas d’autre voie. C’est la victoire à la Pyrrhus d’Israël. C’est aussi la victoire personnelle du premier ministre Benjamin Netanyahou : Toutes les accusations de sabotage des liens avec les Etats-Unis sont totalement infondées. Les relations n’ont jamais été aussi bonnes – il suffit de regarder les chiffres.

La relation est intacte, et c’est dommage. Avec de tels amis on n’a guère besoin d’ennemis. Israël peut vaquer à ses occupations, le chèque est en blanc et l’Amérique paie, sans aucune obligation, pour au moins dix encore. Peut-il y avoir plus mauvaise nouvelle pour Israël ?

Gidéon Lévy : Né en 1955, à Tel-Aviv, est journaliste israélien et membre de la direction du quotidien Ha’aretz. Il vit dans les territoires palestiniens sous occupation.

Programme de coopération policière Israël-UE… Le Portugal dit « Non! » à l’arbitraire et à la torture…

Posted in actualité, chine colonialisme, colonialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 13 septembre 2016 by Résistance 71

Nous l’avons dit ici-même et le répétons: la « démocratie » étatique n’est qu’une illusion, un leurre, une croyance et une sorte de « privilège » temporaire accordé et révocable à souhait par l’oligarchie. Le modèle pratique dictatorial et génocidaire israélien se veut être étendu à l’UE et aux USA (ce qui est déjà bien en cours outre-Atlantique…) pour un contrôle des populations en attendant sa fusion avec le modèle chinois. 

Nous n’avons encore rien vu, car le projet est d’intégrer les deux régimes de contrôle des plus totalitaires de cette planète, ceux de la Chine et d’Israël comme verrou de la grille sécuritaire planétaire du N.O.M. Nous sommes en phase 2 du projet, la phase 3 sera l’intégration au gré d’un chaos politico-économique planifié et la phase 4 sera la période post-chaos qui verra les peuples accepter et se plier à la dictature mondiale, la souhaitant même car présentée sous la forme du salut sécuritaire (illusoire bien entendu…). Il sera alors très très difficile (mais pas impossible) de résister. Nous pouvons plus facilement résister maintenant et reprendre le contrôle du bateau ivre…

— Résistance 71 —

 

Un succès de BDS* le Portugal se retire d’un projet de l’UE impliquant une coopération avec la police israélienne

 

Chronique de Palestine

 

12 septembre 2016

 

url de l’article en français:

http://chroniquepalestine.com/portugal-abandonne-projet-cooperation-police-israelienne/

 

(*) BDS: Boycott Désinvestissement Sanctions est un mouvement international boycottant l’état sioniste pour ses crimes contre l’humanité en Palestine occupée.

 

Communiqué BDS – Le gouvernement du Portugal s’est retiré d’un projet controversé de coopération avec la police israélienne, suite à une pression de la campagne BDS.

Le ministère portugais de la Justice a annoncé qu’il s’était retiré d’un projet conjoint – financé par l’Union Européenne – avec le ministère israélien de la Sécurité publique, la police nationale israélienne et l’université israélienne Bar Ilan. Le projet intitulé Law Train, qui vise à uniformiser les méthodes d’interrogatoire de la police, a suscité la controverse au Portugal en raison de la vive opposition à la participation d’Israël dans le programme européen  » Horizon 2020  » et les violations répétées des droits de l’homme par les institutions et organisations israéliennes qui participent à ce programme.

Le gouvernement portugais a subi une forte pression des groupes de la société civile qui militent pour la fin de la coopération avec Israël. Les partis politiques ont dénoncé au Parlement l’usage systématique de la torture par la police israélienne et le rôle du ministère israélien de la Sécurité publique dans la détention illégale de milliers de prisonniers politiques palestiniens.

Le mouvement BDS salue la décision du Portugal

Jamal Juma’, coordinateur de la campagne Stop the Wall – une organisation membre du Comité national palestinien du BDS (BNC) – a salué la décision de principe prise par le gouvernement de centre-gauche du Portugal :

» Cette décision prise par le Portugal donne de l’espoir à notre peuple et envoie un message fort à Israël qu’il n’y aura pas de business aussi longtemps qu’il poursuivra son agression militaire contre Gaza et sa répression en Cisjordanie. Ce projet de l’UE donne une reconnaissance tacite au contrôle et à la répression du peuple palestinien par Israël, et détourne23 août 2016 – BDS Movement – Traduction : Chronique de Palestine – Lotfallah les yeux des abus notoires d’Israël à l’encontre des Palestiniens, la torture étant considérée comme une « technique d’interrogatoire » de routine.  »

Le projet de cinq millions d’euros vise à développer les techniques pour unifier les méthodes de questionnement par les polices [européennes] par  » l’amélioration des compétences d’interrogatoire  » et en comblant ce que l’on qualifie de  » lacunes dans la culture, la législation, le style des interrogatoires « . Les forces de police impliquées contribueront avec leur  » expérience dans l’interrogatoire et la lutte contre la criminalité, à développer le système « . Le ministère israélien de la Sécurité publique et la police d’Israël sont accusés par les organisations de défense des droits de l’homme et par les Nations Unies, de pratiquer les détentions illégales, d’user de façon routinière la torture lors des interrogatoires, et de se servir d’une violence excessive contre les manifestants palestiniens.

 

Intensifier la campagne pour le Boycott, et mettre un terme aux projets de l’Union Européenne

Le Service Public Fédéral de Justice de Belgique et le ministère de l’Intérieur et la police de l’Espagne, des entreprises privées, des universités et des institutions de recherche, restent impliqués dans le projet dans le cadre de l’initiative européenne pour la recherche :  » Horizon 2020 « . Après cette nouvelle victoire, les groupes soutenant le mouvement BDS en Espagne et en Belgique se sont engagés à intensifier leur campagne pour mettre fin au projet.

» Nous remercions les organisations de la société civile et les partis politiques du Portugal qui ont agi avec nous pour construire une solidarité effective basée sur l’appel au Boycott, au Désinvestissement et aux Sanctions (BDS) et assurer qu’il n’y aura aucun risque de prolifération des pratiques illégales et inhumaines israéliennes dans leur propre système de justice « , a déclaré Juma’.

Une coalition sans précédent au Portugal, faite de groupes de solidarité, d’organisations de défense des droits de l’homme et de militants anti-racistes – avec également l’association représentant les officiers de la Révolution de 1974 – s’est réunie sur la base d’un rapport de Stop The Wall exposant la coopération et ses conséquences sur les droits de l’homme et la liberté des Palestiniens. Le Parti communiste portugais et le Parti des Verts avaient vivement interpellé les ministres des Affaires étrangères et de la Justice sur la question.

Le Movimento Pelos Direitos do Povo Palestino e Pela Paz no Medio Oriente (MPPM), initiateur de la coalition de la société civile contre le projet, a déclaré :

« Nous nous félicitons de la décision du Ministère de la justice de mettre fin à la participation de la police portugaise dans le projet Law Train. Le désengagement par le gouvernement portugais, est une victoire de toutes les forces qui en Palestine, au Portugal et en Europe, ont appelé à mettre fin à ce projet de coopération avec l’appareil répressif d’Israël « .

Aucun partenariat avec L’État de l’Apartheid !

Ces nouvelles ont été diffusées alors que le prisonnier palestinien Bilal Kayed poursuivait sa grève de la faim illimitée depuis le mois de juin 2015. Il y a actuellement plus de 7000 prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, beaucoup d’entre eux étant incarcérés sans inculpation. Le Comité des Nations unies contre la torture à en mai dernier, une nouvelle fois exhorté Israël à prohiber l’usage de la torture, et a dénoncé son usage courant ainsi que tous les autres mauvais traitements lors des interrogatoires. Les organisations de défense des droits de l’homme ont toujours condamné ces traitements violents, en particulier à l’égard des Palestiniens mineurs.

Riya Hassan, coordinateur européen pour le comité directeur du BDS, a conclu:

« Cette dernière victoire est une nouvelle preuve que les gouvernements européens commencent à se soucier d’avoir Israël comme partenaire dans des projets qui risqueraient alors de porter atteinte aux libertés fondamentales, à la démocratie et aux droits de l’homme. Il y a encore un long chemin à parcourir pour mettre fin à la complicité de l’Europe avec l’Apartheid israélien. Le projet Law Train se poursuit avec les autres participants et ce n’est qu’un des nombreux projets militaires et de sécurité financés par la Commission européenne avec l’argent des contribuables.  »

Notes :

Dans le cadre de la campagne dans le reste de l’Europe, des députés du Portugal, d’Espagne et de Belgique ont écrit à la Commission européenne pour dénoncer le projet. Les groupes de la société civile envisagent des actions de protestation. L’an dernier, 73 députés ont publié une lettre dans une initiative inter-partis, appelant l’UE à mettre fin au financement des entreprises militaires israéliennes impliquées dans des violations graves du droit international.

Depuis le début du cycle de financement  » Horizon 2020  » en 2015, la campagne Stop the Wall, le Comité directeur du mouvement palestinien pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BNC) et la Coordination européenne des comités et associations pour la Palestine (ECCP), ont ciblé conjointement la participation d’Israël au programme  » Horizon 2020 « , en particulier la coopération avec le secteur militaire et répressif d’Israël. Dans le cycle précédent, qui s’est étalé de 2007 à 2013, l’UE a financé plus de 1500 projets de recherche et de développement avec participation israélienne. L’industrie aérospatiale israélienne (IAI) a été à elle seule impliquée dans plus de 16 projets, bénéficiant d’un financement européen et public pour un total de 148,5 millions d’Euros.

La torture est systématique dans les prisons d’Israël. Un rapport récent dévoile que 97% des mineurs palestiniens en détention n’ont eu accès à aucune assistance juridique avant et pendant leur interrogatoire. Durant les interrogatoires, 28,7% d’entre eux ont été soumis à des violences verbales ou à de l’intimidation, à l’isolement ou aux agressions sexuelles, tandis que 27,5% ont été soumis à la violence physique, y compris l’étouffement, les coups de poing, et à la pratique consistant à cogner la tête des enfants interrogés contre les murs.

Islande: Ce dont bien sûr personne ne parle le foot remplissant sa fonction anesthésiante…

Posted in actualité, altermondialisme, économie, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 4 juillet 2016 by Résistance 71

La grande messe inique du foot remplit sa fonction principale: celle d’abrutir toujours plus avant les gens… La France bat l’Islande en quart de l’Euro 2016, tartine en veux-tu en voilà dans les merdias habituels, le même jour Reykjavik vote le boycott de tous les produits israéliens jusqu’à la fin de l’occupation de la Palestine et bien sûr… par un mot de tout çà nulle part… Étonnant non ?…

~ Résistance 71 ~

 

Les Islandais votent pour rejoindre le boycott des produits israéliens

Press TV

3 juillet 2016

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2016/07/03/473471/iceland-israeli-palestine-bds

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La capitale le l’Islande a annoncé qu’elle allait boycotter tous les produits israéliens jusqu’à ce que la Palestine soit libre de toute occupation

Dimanche, la municipalité de la ville de Reykjavik a voté pour le boycott et promis de continuer l’embargo “aussi longtemps que l’occupation des territoires palestiniens continue”.

Le vote fait partie du mouvement Boycott, Divestment et Sanctions (BDS) contre Tel Aviv, mouvement qui a été initié en 2005 par plus de 170 organisations palestiniennes qui poussaient pour des “formes diverses de boycott contre Israël jusqu’à ce qu’il remplise ses obligations vis à vis de la loi internationale”.

Depuis lors, des milliers de volontaires dans le monde entier ont rejoint le mouvement BDS afin de promouvoir la cause palestinienne.

L’action de l’Islande a été sévèrement condamnée par le ministère israélien des affaires étrangères qui a publié un communiqué clâmant que cela était injustifié.

Ceci se produit alors que des universitaires et des activistes du monde entier se prépare pour un grand meeting en Tunisie pour discuter d’un développement du mouvement BDS plus avant.

La réunion intitulée “Le Boycott comme Stratégie pour Contrer l’Occupation par Israël et l’Apartheid: Réalités présentes et Aspirations”, est organisdée par le Center for Research and Policy Studies (ACRPS) dans la capitale tunisienne et doit se dérouler du 4 au 6 août 2016.

Ce mouvement grandissant permet aux Palestiniens de prendre les commandes de leur lutte nationale et de reconstruire des alliances avec des forces progressites du monde entier,” peut-on lire sur le communiqué.

Des milliers de volontaires dans le monde entier ont rejoint BDS afin d’aider à promouvoir la cause palestinienne, incluant bon nombre de syndicats palestiniens et internationaux, des ONG, initiatives, beaucoup de sociétés académiques, des entreprises et des personnalités culturelles.

Résistance au colonialisme: Pression sur Israël à l’ONU

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 1 juillet 2016 by Résistance 71

Le Groupe Africain se lâche sur l’occupation israélienne de la Palestine

Press TV

28 juin 2016

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2016/06/28/472541/African-Group-Israel-UNHCR-Palestinian

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le Groupe Africain de 54 membres a envoyé une déclaration enflammée au corps des droits de l’Homme de l’ONU, critiquant sévèrement Israël pour ses graves violations des droits des Palestiniens.

Lundi a vu le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU débattre de l’observation par Israël des droits de l’Homme sous son agenda section 7 comme le corps constitué le fait durant chacune de ses sessions.

Le Groupe Africain est le groupe régional le plus important et le seul dont le territoire correspond aux frontières du continent.

Le groupement régional “appelle à mettre un terme immédiat à l’occupation d’Israël en Palestine, à ses colonies et à son blocus de plus de 2 millions de personnes dans la bande de Gaza, la détention et l’emprisonnment de milliers de Palestiniens et toutes les autres formes de punition collective ciblant le peuple palestinien opprimé”, peut-on lire dans la déclaration.

Les Palestiniens ont le droit à “l’auto-détermination et à un état sur la base des frontières du 4 juin 1967”, précise la déclaration. Un tel état, disent les pays concernés, devrait avoir Al-Quds (Jérusalem) comme capitale.

Plus d’un demi-million d’Israéliens vivent dans plus de 230 colonies illégales construites depuis 1967 et l’occupation par Israël de la Cisjordnaie, incluant Jérusalem-Est. Ces colonies sont considérées comme illégales par la communauté inernationale.

Gaza est sous des conditions de blocus depuis 2007, une situation qui a provoqué le déclin dramatique des standards de vie pour tous les Gazaouis, des niveaus de chômage sans précédent et une pauvreté croissante et permanente.

Les chiffres continuent de montrer que plus de 7000 Palestiniens sont actuellement retenus dans quelques 17 prisons israéliennes, quelques douzaines d’individus servant des peines de prison à perpétuité.

La déclaration ajoute: “La communauté internationale doit élever sa responsabilité et prendre une action urgente afin de remédier à cette situation, alors qu’elle pousse à la promotion de la protection des droits de l’Homme et des libertés fondamentales à travers le monde, ils nous incombent donc de porter une attention toute particulière à la plaidoirie du peuple vivant dans les territoires palestiniens occupés et qui souffre une situation dramatique concernant leurs droits fondamentaux en raison de cette occupation.

Les Etats-Unis refusent toujours de participer à des débats du conseil sur l’article 7 de la charte qu’ils dénoncent comme étant biaisé contre Israël.

Résistance au colonialisme: Israël, pratiques génocidaires et racisme institutionnalisé…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 16 juin 2016 by Résistance 71

“Après 70 ans d’excavations et de fouilles extensives sur la terre d’Israël, les archéologues ont trouvé que les actions du patriarque sont des histoires de légende ; nous n’avons pas séjourné en Egypte, ni fait un exode, nous n’avons pas conquis la terre. Il n’y a pas non plus de mention de l’empire de David et de Salomon. Ceux qui s’y intéressent savent tout cela depuis des années, mais Israël est un peuple têtu et ne veut pas en entendre parler.”
~ Professeur Ze’ev Herzog
, chef du département d’archéologie et d’études de l’ancien Proche-Orient à l’université de Tel-Aviv, dans un entretien avec le magazine Ha’aretz le 29 octobre 1999~

 

Israël: des décennies de pratiques génocidaires et de racisme institutionnalisé

Jeremy Salt

11 juin 2016

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article16073

 

La haine ‘des Arabes’ (les sionistes ne peuvent guère se résoudre à les appeler ‘Palestiniens’) s’exprime maintenant plus ouvertement que jamais auparavant, et est le fruit de décennies d’un racisme institutionnalisé et volontairement inculqué.

Israël est-il irrécupérable ? Devrions nous conclure, après sept décennies d’un comportement qui s’aggrave, que tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir – de la vie pour les sionistes et Israël bien sûr, et, dans les faits, aucun espoir pour la Palestine et les Palestiniens, du moins pour l’état d’Israël.

Le clivage binaire est manifeste en ce 68ième anniversaire de ‘l’indépendance’ d’Israël. Tandis que les Israéliens faisaient la fête dans la rue et assistaient à un défilé militaire aérien, les Palestiniens de Cisjordanie faisaient l’objet de mesures de confinement. La guerre de 1948 n’était pas plus une guerre ‘d’indépendance’ que la Déclaration Unilatérale d’Indépendance (UDI) du dirigeant de la minorité blanche en Rhodésie, Ian Smith, dans les années 1960 n’était une déclaration ‘d’indépendance’. Ce fut une guerre de conquête coloniale, d’une violence inégalée, pire même que l’invasion française de l’Algérie. Elle est à l’origine de la Nakba, prise de contrôle de la Palestine qui s’est poursuivie par étapes depuis lors.

La guerre de 1967 fut une autre guerre de conquête coloniale, fondée sur un mensonge, à savoir celui d’une attaque ‘préventive’. Nasser n’avait nullement l’intention d’attaquer Israël et les Israéliens ainsi que les Américains le savaient. Le vice président égyptien, Zakariya Muhi al Din, était en route pour Washington afin de négocier une fin pacifique à une crise qu’Israël avait générée par ses provocations militaires sur le front Syrien, violant la zone démilitarisée. Menacé non pas par la guerre mais par la paix, Israël attaqua avant qu’il n’arrive à Washington. Des propos faisant état d’une menace d’extermination et d’un ‘cercle d’acier’ arabe étaient trompeurs et destinés aux Israéliens dans le but de les maintenir dans un état de préparation permanente à la prochaine guerre.

« … les actions de représailles constituent notre système lymphatique vital », faisait remarquer Moshe Dayan en 1955. « Par dessus tout, elles nous permettent de maintenir une forte tension au sein de la population et de l’armée. Sans ces actions nous aurions cessé d’être une nation combative, les colons quitteraient les colonies. … Il est nécessaire de convaincre nos jeunes qu’ils sont en danger. »

C’est le cas depuis la création de l’état d’Israël. Les juifs d’Israël doivent être maintenus sur les dents en permanence. Il faut qu’ils vivent dans la peur de quelqu’un ou quelque chose – les ‘Arabes’, le Hezbollah, l’Iran, l’antisémitisme – pour que le sionisme puisse prédominer.

En 1967, une fois de plus, la ‘communauté internationale’ ne fit rien lorsque des centaines de milliers de gens supplémentaires – cette fois aussi bien des Syriens que des Palestiniens – furent expulsés de leur patrie. Le monde est resté silencieux tandis qu’Israël rasait l’ancien quartier Magharibah au centre de Jérusalem pour y construire une ‘place’ devant les murs du Haram al Sharif.

L’annexion de Jérusalem fut suivie de la colonisation de la Cisjordanie et en 1981, par l’annexion des Hauteurs du Golan occupées. La résistance palestinienne fut écrasée dans les territoires nouvellement occupés et au Liban. Des ‘incursions’ au Liban furent suivies par des invasions à grande échelle en 1979 et 1982. La couverture télévisée en temps réel permit au monde entier de voir de ses propres yeux le vrai visage d’Israël derrière les clichés le présentant comme la seule démocratie du Moyen-Orient et son armée comme la plus morale au monde. Les bombardements de Beyrouth et les massacres de Sabra et Shatila, et encore plus ses brutalités au cours de la première et de la seconde Intifadas, ont dessillé des yeux auparavant favorables à la super colonie sioniste.

On se souviendra très probablement de la guerre de 1967 non seulement comme une guerre de conquête mais comme une guerre qui marqua le summum des prouesses militaires israéliennes (dans le contexte de la guerre conventionnelle). En 1973 les forces israéliennes étaient mises en déroute dans le Sinaï lorsque Sadate mit unilatéralement fin à la guerre. S’il n’avait pas trahi Assad les sionistes auraient pu être chassés d’Egypte et des Hauteurs du Golan. La trahison de Sadate et le rapide réapprovisionnement en armes et munitions par les Etats-Unis permirent à Israël d’opérer un retour, mais le mythe de son invincibilité avait finalement été révélé comme tel.

Pendant l’invasion terrestre du Liban en 1982 de petits contingents de guérilleros palestiniens et de soldats syriens ont à plusieurs reprises bloqué la progression sioniste. La logistique de la campagne terrestre était chaotique mais la folie meurtrière aérienne israélienne est restée sans opposition. Le bilan final approcha les 20 000 morts, dont l’immense majorité étaient des civils, écrasés ou enterrés vivants sous les décombres de leur immeuble et abattus dans la rue par des frappes de missiles et des tirs d’artillerie aveugles. Après d’être retirés de Beyrouth suite à l’atrocité de Sabra et Shatila, les sionistes se sont cramponnés au Sud-Liban et y seraient encore sans aucun doute si le Hezbollah ne les en avait chassés en 2000. C’était leur première réelle défaite depuis 1948 et elle leur a été infligée par une armée de guérilléros.

L’humiliation subie par Israël l’a laissé assoiffé de vengeance, cependant lorsqu’il tenta de détruire le Hezbollah en 2006, il fut à nouveau humilié. Ses forces terrestres se sont avérées incapables de progresser de plus de quelques kilomètres au-delà de la ligne d’armistice. Ses soldats se sont retrouvés piégés à plusieurs reprises et l’anéantissement ne leur a été épargné que grâce à la puissance aérienne. Ses chars Merkeva si prisés furent détruits et l’un de ses bâtiments de guerre paralysé par un missile mer-air du Hezbollah.

Ce qui rendit la défaite encore plus cuisante, c’est que ce furent les forces de réserve à temps-partiel du Hezbollah – en fait, de jeunes hommes qui prennent les armes lorsque nécessaire – qui ont fait barrage aux Israéliens en dépit du déséquilibre total de la puissance de feu et du nombre de combattants sur le terrain. L’essentiel des troupes professionnelles du Hezbollah sont restées au nord du fleuve Litani, c’est pourquoi après s’être pris une raclée pendant des semaines les sionistes n’ont pas osé le traverser.

Dans leur frustration les sionistes ont déchaîné leur puissance de feu aérienne. Ils ont tué 1400 civils, dont environ 400 enfants, et beaucoup d’entre eux étaient des banlieues chiites au sud de Beyrouth, grâce aux avions et missiles fournis par les Etats-Unis. Des immeubles, des routes, des ponts et centrales électriques furent oblitérés au cours de ce qui devait devenir la « stratégie Dhaiya’, du nom de la banlieue sud de Beyrouth où les avions de guerres israéliens ont infligé le plus de dégâts. La prochaine fois, ont menacé les généraux sionistes la « stratégie Dahiya » serait appliquée à tout le territoire libanais. Pour se préparer à cet événement apparemment inévitable le Hezbollah fait des stocks de missiles qui selon ses dires peuvent atteindre n’importe quelle zone de la Palestine occupée. Il sait, tout comme le sait son ennemi mortel, que si la puissance aérienne sioniste est jamais neutralisée l’état d’Israël aura de sérieux ennuis.

Ces guerres mettent en lumière quelques vérités sur la soi-disant ‘Force de Défense Israélienne’. Aucune de ses guerres n’a eu comme objectif la ‘défense’ mais plutôt la conquête de nouvelles terres ou la ‘défense’ de terres déjà volées. Israël ‘défend’ ce qui ne lui appartient pas. Il ‘défend’ son dénie des droits d’un autre peuple. Il a combattu des armées régulières en de très rares occasions. A Gaza, en Cisjordanie et au Liban la majorité de ses victimes n’étaient pas des combattants mais des civils. Loin d’être une armée vertueuse, elle a un lourd bilan de massacres les plus odieux de civils. Loin de condamner ces massacres – sauf exception comme celle de la manifestation de masse à Tel Aviv après les atrocités commises à Sabra et Shatila sous contrôle de l’IDF – un grand nombre de citoyens juifs d’Israël les approuvent. Pendant les nombreuses offensives israéliennes contre Gaza, les colonisateurs juifs de l’autre côté de la barrière se réjouissent et sautent de joie à chaque fois qu’un nouvel immeuble peuplé de familles est frappé par des missiles ou des tirs de chars.

La haine ‘des Arabes’ (les sionistes ne peuvent guère se résoudre à les appeler ‘Palestiniens’) s’exprime maintenant plus ouvertement que jamais auparavant. On est arrivé au point où les civils participent à l’assassinat de Palestiniens – avoir même l’air d’un ‘terroriste’ fut suffisant pour qu’un Erythréen fut battu à mort par des badauds à une gare routière. Ce qui a horrifié la mère du soldat qui a récemment assassiné un jeune Palestinien à Hébron, ce n’est pas que son fils chéri ait armé son fusil et mis négligemment une balle dans la tête d’un homme blessé alors qu’il gisait sur la route. Non, ce qui la préoccupait, c’est qu’il ait été arrêté. « Est-ce juste qu’un combattant qui neutralise un terroriste sur le lieu d’une attaque soit détenu presque un mois complet ? », s’est-elle plainte à Netanyahou. « Homicide, juste ciel, pour avoir neutralisé un terroriste ? Est-ce concevable qu’un combattant dévoué, moral soit accusé d’homicide pour avoir abattu un terroriste ? » Bien sûr, le ‘terroriste’ avait déjà été ‘neutralisé’ et le soldat n’aurait pas dû être inculpé pour homicide mais pour meurtre.

Les sondages montrent que près de 60 pour cent d’Israéliens juifs approuvent le meurtre du Palestinien. En d’autres termes, on pourrait dire que près de 60 pour cent des Israéliens juifs sont des sociopathes avérés. C’est pour cette raison que dernièrement un général israélien a fait un parallèle entre Israël et l’Allemagne du début des années 1930 : « Il est terrifiant de voir que des évolutions abominables qui se sont produites en Europe commencent à survenir ici . » A Tel Aviv des partisans du soldat qui a assassiné le Palestinien à Hébron ont tenu un rassemblement en défense du meurtrier, dansant, se drapant dans le drapeau israélien et soufflant dans une corne de bélier courbée connue sous le nom de shofar. L’homme politique et colon qui hait les Palestiniens, Avigdor Lieberman a déclaré : « Je préfère un soldat qui fait une erreur et reste en vie à un soldat qui hésite et se fait assassiner par un terroriste » – une erreur, achever de sang froid un homme blessé d’une balle dans la tête ?

Ces sentiments meurtriers sont le fruit de décennies d’un racisme institutionnalisé et volontairement inculqué. On constate cette évolution négative, sondage après sondage de l’opinion publique. A la question les ‘Arabes’ devraient-ils être transférés ou expulsés d’Israël (Pew Research Centre 2014/2015), 21 pour cent répondirent qu’ils y étaient fortement favorables, 27 pour cent qu’ils étaient globalement favorables. L’expulsion ou le transfert reçut l’approbation de 71 pour cent de la communauté religieuse. Ce sondage a été fait avant la vague récente d’attaques au couteau, il est donc fort probable que le nombre d’Israéliens juifs qui veulent l’expulsion des ‘arabes’ soit maintenant sensiblement plus élevé. A la question habiteriez-vous dans le même immeuble que des ‘Arabes’ (sondage Israel Channel Two avril 2015), 49 pour cent ont répondu par la négative (contre 42 pour cent qui n’y seraient pas opposés).

Selon un sondage d’octobre 2012 (Dialog) 59 pour cent d’Israéliens juifs pensent que les juifs devraient être prioritaire sur les ‘Arabes’ pour l’accès aux emplois gouvernementaux. Quarante neuf pour cent pensaient que l’état devrait traiter les juifs de manière plus favorable que les ‘Arabes’ (ce qu’il fait déjà bien sûr à tous les niveaux) ; 42 pour cent ne voulaient pas vivre dans le même immeuble que les ‘Arabes’ ; 30 pour cent soutiendraient une loi interdisant le droit de vote des ‘Arabes’ à la Knesset ; 69 pour cent seraient opposés à ce que les ‘Arabes’ aient le droit de vote si Israël annexait la Cisjordanie : 74 pour cent étaient favorables à des routes séparées pour les Israéliens juifs et les ‘Arabes’ en Cisjordanie ; et 47 pour cent aimeraient que la population ‘arabe’ d’Israël d’avant 1967 soit transférée vers des régions sous contrôle de l’Autorité Palestinienne en Cisjordanie.

Un sondage de 2010 (Israel Democracy Institute) trouva qu’un tiers des Israéliens juifs étaient favorables à ce que les Palestiniens soient mis en camps d’internement en temps de guerre. Selon une autre enquête faite en mars de la même année par Maagar Mochot Institute presque la moitié des lycéens (15-18 ans) israéliens juifs croyaient que les ‘Arabes’ n’avaient pas droit aux mêmes droits que les juifs. Plus de la moitié (56 pour cent) refuseraient le droit de vote aux ’Arabes ; 49,5 pour cent pensaient que les ‘Arabes’ ne devraient pas avoir les mêmes droits que les juifs (82 pour cent chez les étudiants religieux). En remontant jusqu’à 1963, selon un sondage fait auprès de mille enfants âgés de huit à quatorze ans, se référant aux récits bibliques de la destruction de Jéricho, ‘et de tout ce qui s’y trouvait, hommes, et femmes, jeunes et vieux, bœufs et moutons’ – le même traitement étant appliqué aux habitants d’une ville voisine, 600 des sondés approuvaient totalement la destruction de ces villes et de leurs habitants non juifs.

Les rabbins, les hommes et femmes politiques et même certains universitaires ont contribué à la montée en puissance de cette haine, en qualifiant les ‘Arabes’ de tumeurs, serpents, ‘bêtes à deux pates’ (Menahem Begin), ‘cafards dans une bouteille’ (Rafael Eytan) et animaux sauvages qui doivent être mis en cage (Benny Morris). En 2007 l’ancien grand rabbin sépharade, Mordechai Eliyahu, a décrété qu’il n’était pas moralement prohibé de tuer des civils au cours d’une offensive militaire. Son fils Shmuel, grand rabbin de Safed, poursuivit en disant que s’ils [les ‘Arabes] « n’arrêtent pas après que nous en ayons tué 100, alors nous devons en tuer 1000, même un million, ou le nombre nécessaire pour les faire arrêter. » En janvier de cette année, pendant ‘l’intifada des couteaux’, il a déclaré qu’Israël devrait exécuter les ‘Arabes’ blessés plutôt que de les laisser vivre.

En octobre 2015 le rabbin Yisrael Rosen, directeur de l’Institut religieux Tzomet, citant la Torah, réitéra cette injonction génocidaire à l’encontre des ennemis d’Israël : « Anéantissez les Amalécites jusqu’au dernier. Tuez les et arrachez leur leurs biens. Ne leur témoignez aucune compassion. Tuez les sans vous arrêter, les uns après les autres, ne laissez aucune plante, aucun arbre. Tuez tous leurs animaux, du chameau au baudet. » Le mot ‘Amalécite’ fut utilisé par Ben-Gourion contre les ‘Arabes’ dans les années 1950 et récemment par Netanyahou à l’encontre de l’Iran : « Le nouvel Amalécite resurgit sur la scène de l’histoire. »

En novembre 2015, 29 rabbins orthodoxes et Chabad ont signé une lettre appelant à ‘exécuter’ tous les Palestiniens qui nuisent aux juifs. Au nombre des signataires, se trouvaient le colon fanatique, Dov Lior, Yitzhak Grinsberg et Yitzhak Shapira, auteur de la Torat Ha Melech ((La Torah du Roi) qui décrète qu’en temps de guerre les soldats peuvent tuer les bébés dans leur berceau parce qu’un jour ils grandiront et s’en prendront aux juifs. Ces interprétations de la Torah sont tout aussi haineuses et meurtrières que l’interprétation du Coran par l’Etat Islamique. On dira que ces gens sont des ‘extrémistes’, et bien sûr qu’ils le sont, des extrémistes meurtriers, génocidaires impitoyables, mais ce que montrent les sondages c’est à quel point ces sentiments se sont banalisés.

La source première de ces attitudes c’est une idéologie qui repose sur le vol et la dépossession sous couvert du mensonge selon lequel c‘est ‘notre’ terre. Pour que cette entreprise criminelle réussisse, il fallait dépouiller les Palestiniens (les ‘Arabes’) de leur dignité d’êtres humains. Il fallait en brosser le portrait généralisé d’êtres paresseux, brutaux, cupides, adeptes de la violence et déterminés à tuer des juifs pour la seule raison qu’ils sont juifs. Il ne pouvait y avoir de répit : il fallait sans cesse accentuer ces portraits pour que le projet sioniste réussisse. Il était indispensable de réprimer les meilleurs instincts humains, comme la compassion, l’empathie, la compréhension, et la capacité de reconnaître les torts causés, et c’est ce qui explique que des gens, qui peuvent par ailleurs être des gens biens, sont capables d’exprimer des opinions si méprisantes, haineuses, voire meurtrières lorsqu’il s’agit des Palestiniens.

Ce dédoublement de la personnalité délibérément fabriqué est loin d’être rare. Le racisme a été un moteur puissant à la fois de l’impérialisme et du nationalisme extrême. L’état nazi a encouragé la haine des juifs chez des Allemands par ailleurs ‘bienveillants’ – les doctrines de l’Afrique du Sud de l’apartheid ont façonné des attitudes haineuses à l’égard de la population noire chez la minorité blanche par ailleurs ‘bienveillante’ ; et sept décennies de propagande et d’endoctrinement par ‘l’éducation’ ont eu le même effet insidieux sur les comportements des Israéliens juifs à l’égard des Palestiniens.

La ‘force’ d’Israël se nourrit du soutien politique et financier des Etats-Unis, et du refus de la ‘communauté internationale’ de lui demander des comptes. Hillary Clinton et Donald Trump se livrent à des courbettes éhontées devant le lobby sioniste. S’il est élu, Trump a l’intention d’installer l’ambassade états-unienne à Jérusalem et a incité Israël à poursuivre la construction d’implantations en Cisjordanie. Israël projette maintenant d’annexer 60 pour cent de la Cisjordanie : le Département d’état a sans aucun doute dit ou va dire que ceci nuit au ‘processus de paix’ comme s’il se trouvait quelqu’un pour sérieusement croire qu’il en existe un. Il y a peu de temps, Netanyahou a tenu un conseil des ministres en plein air sur les Hauteurs du Golan en guise de signal au reste du monde – un doigt pointé vers le monde – lui signifiant qu’Israël n’a aucune intention de les restituer à un pays, qu’il espère va bientôt disparaître. Pourtant, même en dépit de ces défis à l’ordre international, Israël est récompensé, en étant admis très récemment au sein de l’OTAN. Grâce à la Turquie qui a levé son veto contre Israël, une mission permanente a été ouverte à Bruxelles ; le président turc avait qualifié Israël d’état terroriste et s’était distingué comme défenseurs des Palestiniens.

Après presque 70 ans il est évident que la diplomatie a totalement échoué ou, pour dire les choses autrement, qu’elle ne réussira pas à apporter un quelconque règlement ‘juste’ de la situation. Le roi Hussein de Jordanie a passé des décennies à négocier avec les sionistes à huis clos et il a dû admettre peu de temps avant sa mort que ce fut en vain. En échange de tous les risques qu’il a pris – y compris la signature d’un traité de paix – les sionistes ne lui ont rien donné, si ce n’est de temps en temps la promesse de ne pas le bombarder. Les Palestiniens ne sont pas revenus au point de départ, mais se trouvent dans une situation plus grave encore qu’à l’époque où l’OLP a renoncé à la violence en faveur de la voie diplomatique au début des années 1970. La diplomatie et un ‘processus de paix’ interminable ont simplement permis à Israël de continuer sa guerre aux Palestiniens par d’autres moyens.

Chaque pièce a une double face et la perte de la Palestine n’échappe pas à cette règle. Il y a une face sioniste et une autre arabe. Lorsque la guerre de 1967 a été déclarée ‘l’idée du nationalisme arabe’ était en rapide régression. Il ne reste maintenant que fragmentation, confusion, discorde et haine confessionnelle. Les Arabes sont bien trop occupés à s’entre-tuer pour se soucier d’Israël. L’Arabie Saoudite fait sa guerre au Yémen et, avec le Qatar, a contribué à raison de milliards de dollars à l’effort visant à renverser le gouvernement à Damas. C’est le Qatar, qui en tête, a fourni l’alibi arabe à l’OTAN pour détruire la Lybie, projet soutenu par la Ligue arabe. Israël n’est même plus l’ennemi commun. La connivence entre les états arabes et les sionistes est à peine voilée.

C’est dans ces eaux fétides que nage Israël. Ce qu’il veut, c’est que le monde arabe cesse d’être ce qu’il est (ou ce qu’il a été ou ce qu’il pense qu’il était). Il veut que le nationalisme arabe soit mort et enterré, et avec l’aide des Arabes il est en train de parvenir à ses fins. Il veut la reconfiguration géographique et politique du Moyen-Orient et il est aussi en train de réaliser cet objectif. Les gouvernements arabes semblent ne pas voir (ou ne s’en soucient guère) qu’ils apposent leur signature à la fin du ‘monde arabe’ en tant qu’entité collective. C’est avec leur connivence que la progression de l’Histoire ‘arabe’ s’est arrêtée. Assurément, ce ne peut avoir été la région qui a produit quelques uns des plus grands guerriers et penseurs de l’Histoire. La chute de tels sommets vers de tels abîmes sordides est tout simplement trop vertigineuse. De toute évidence, l’Histoire arabe n’était pas du tout de l’Histoire, mais rien qu’un conte de fée, un divertissement pour enfants avant qu’ils ne s’endorment, semblable à Hay ibn Yaqzan ou aux histoires de Qalilah wa Dimna.

Les Palestiniens ont tout essayé. Ce ne sont pas eux qui n’ont ‘jamais raté une occasion de rater une occasion’ comme l’a une fois fait remarquer le ministre des affaires étrangères israélien Abba Eban, mais c’est Israël. Il n’a jamais été prêt à échanger la terre pour la paix. Il veut et la terre et la paix et semble espérer que le temps va résoudre les contradictions inhérentes à cette formule.

Les perspectives sont terriblement sombres, mais n’y a-t-il plus aucun espoir ? Il y a des raisons de penser que si. Si Israël annexe bel et bien la Cisjordanie et refuse d’accorder aux Palestiniens les droits de citoyens, il deviendra ouvertement un état d’apartheid et encore plus un paria sur la scène mondiale. La campagne BDS remporte chaque jour toujours plus de succès mondialement. Des sociétés, des facultés, des églises et d’autres groupes sociaux se désinvestissent tous. Les torrents d’invectives en provenance du gouvernement israélien et de ses lobbyistes, et leurs tentatives visant à criminaliser le mouvement BDS sont une preuve manifeste de son succès.

Aux États-Unis John Mearsheimer et Stephen Walt ont brisé un tabou en publiant en 2007 leur livre : The Israel Lobby and US Foreign Policy (Le lobby israélien et la politique étrangère états-unienne). Ce n’était pas des gauchistes hallucinés mais des universitaires traditionnels conservateurs de deux des meilleures universités au monde – Chicago et Harvard. Qu’un livre remettant en question la nature de la ‘relation spéciale’ pour des raisons à la fois politiques et morales, puisse même trouver un éditeur grand-public était en soi le signe que l’opinion publique était en train de changer.

Israël a depuis subi d’autres revers, et tout récemment l’incapacité des lobbies d’empêcher la signature de l’accord avec l’Iran. Pendant ce temps, sur les campus les étudiants juifs sont tout aussi susceptibles de rejoindre la campagne BDS que de s’y opposer. Ils soutiennent sans aucun doute le droit d’exister d’Israël, mais pas ce qu’il est devenu. Ils ne lui accordent plus un soutien inconditionnel – comme ce pouvait être le cas dans les années 1960 – et ce soutien ne va plus de soi.

Dans la sphère politique à proprement parler Bernie Sanders a critiqué Israël, pas très durement certes, mais il l‘a critiqué et dans une campagne électorale présidentielle c’est une première absolue. Les Européens adoptent une ligne plus dure. L’UE dresse une liste noire des entreprises israéliennes et bloque le financement de toute entité opérant en Cisjordanie. L’UE et le gouvernement états-unien interdisent l’étiquetage ‘made in Israël’ des produits fabriqués en Cisjordanie. Israël perd régulièrement du terrain dans les parlements européens et auprès des populations.

La roue de l’histoire tourne lentement, mais elle tourne et tourne tout le temps contre Israël. Il est souvent impossible pour les personnes ou les empires et les états qui jouissent d’un grand pouvoir d’imaginer le jour où ils seront dépourvus de ce pouvoir. Israël s’est fait beaucoup d’ennemis et n‘a qu’un seul ‘ami’. Même cette amitié est sujette à caution : si Hillary Clinton et Donald Trump déclarent leur amour éternel pour Israël, ce n’est pas par amour mais par peur, des dégâts que le lobby peut faire s’ils osent dire autre chose. Il est sûr que les Etats-Unis subiront leurs propres bouleversements. Le jour viendra peut-être où ils ne pourront plus se permettre de donner quatre ou cinq milliards de dollars par an à Israël – le jour viendra peut-être où pour des raisons morales et politiques ils ne verront pas pourquoi ils le devraient.

Le dernier élément de l’équation c’est le peuple juif d’Israël. Que veut-il – une paix réelle ou un succédané de paix fondé sur l’occupation et l’oppression permanente d’un autre peuple ? Netanyahou, Naftali Bennett, Avigdor Lieberman, les colons et les rabbins fanatiques proposent la deuxième option comme si Israël n’avait pas d’autre choix. En mentant sur le passé et en justifiant toutes les cruautés commises dans le présent Israël s’empoisonne. Quel plus grand danger pour son avenir que ceci pourrait-il y avoir ?

 

* Jeremy Salt a enseigné l’histoire moderne du Moyen-Orient à l’Université de Melbourne, à la Bosporus University à Istanbul et à la Bilkent University à Ankara pendant de nombreuses années. Parmi ses publications récentes son livre paru en 2008 : The Unmaking of the Middle East. A History of Western Disorder in Arab Lands (University of California Press).

Résistance au colonialisme: Comprendre l’ethnocide des Palestiniens…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 7 avril 2016 by Résistance 71

Cet article explique le processus ethnocidaire des états coloniaux. Ce qui est énuméré ici pour la Palestine s’applique tout aussi bien pour toutes les populations autochtones victimes d’une colonisation a ctive comme le furent et le sont toujours les Amérindiens, du Canada et des Etats-Unis, d’Amérique centrale et latine, les Aborigènes d’Australie ou les Maoris de Nouvelle-Zélande. La feuille de route du schéma colonial fut quasiment identique en Afrique.

Par extrapolation et sous ce même schéma, ces principes sont appliqués également par le groupe économiquement et politiquement dominant des sociétés occidentales sur la majorité elle dominée socialement, politiquement et culturellement en occident même et ailleurs. En cela, comme nous l’avons déjà dit ici à maintes reprises: Nous sommes tous des colonisés et à ce titre, devons nous unir contre la dictature colonialiste de la minorité hégémonique.

— Résistance 71 —

 

Palestine étude d’un vol historique et culturel

Roger Sheety

5 avril 2016

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15980

L’appropriation culturelle des livres, de la musique, de l’art, de la cuisine et de l’habit traditionnel a été utilisée par les sionistes comme une arme contre les Palestiniens.

Le vol et l’appropriation de la culture et de l’histoire des peuples autochtones sont des caractéristiques typiques communes aux États colonialistes modernes, qui l’accomplissent généralement une fois que la population autochtone en question a été éliminée, dépossédée ou apparemment vaincue, ce qui permet de le faire sans risque. L’État colonialiste d’« Israël », construit sur les ruines de la Palestine et suite à l’expulsion de la majorité de sa population autochtone en 1948 et après, ne fait pas exception.

Cependant, le vol israélien de tout ce qui est palestinien ne découle pas simplement de notions malavisées de nationalisme ou d’un orgueil enfantin, comme cela est souvent avancé par les apologistes occidentaux, mais plutôt d’une orientation politique consciente de l’État qui cherche à effacer la Palestine de la mémoire historique, en particulier dans le discours occidental. En effet, le nettoyage ethnique continu qui élimine les Palestiniens de leur patrie historique va de pair avec le vol des terres, des maisons, de l’histoire et de la culture palestiniennes. C’est une composante essentielle d’un plus grand projet sioniste à long terme d’éradication totale de la nation palestinienne, l’effaçant littéralement de l’histoire tout en prenant sa place.

Cet effacement a été désigné à juste titre comme un mémoricide par l’historien Ilan Pappé dans Le Nettoyage ethnique de la Palestine. Nur Masalha, développant davantage, écrit : « Les mythes fondateurs d’Israël ont imposé l’élimination conceptuelle des Palestiniens avant, pendant et après leur élimination physique en 1948 […] La désarabisation de la Palestine, l’effacement de l’histoire palestinienne et l’élimination de la mémoire collective des Palestiniens par l’État d’Israël ne sont pas moins violents que le nettoyage ethnique des Palestiniens en 1948 et de la destruction de la Palestine historique : cette élimination est au cœur de la construction d’une identité collective hégémonique israélo-judéo-sioniste au sein de l’État d’Israël. » (The Palestine Nakba, p. 89).

Ainsi, le vol de la Palestine et de sa culture comporte deux éléments essentiels imbriqués : l’élimination/effacement des Palestiniens et une hypothèse concomitante de nativité ou de « droit de naissance » pensé dans des termes sionistes anglo-européens. Au cours des soixante-sept dernières années, ces pratiques éhontées d’effacement et de vol ont été principalement menées à bien par deux méthodes : la violence brutale (en d’autres termes, le terrorisme) et la propagande médiatique de masse.

La Nakba : destruction physique/vol physique

Entre 1947 et 1949, au moins 800 000 Palestiniens, dont la majorité de la population arabe autochtone de Palestine à l’époque, ont été chassés de leurs maisons suite à un nettoyage ethnique perpétré par des milices sionistes composées de colons européens et russes, et aidées par les impérialistes britanniques. Les centres urbains palestiniens majeurs de la Galilée au nord jusqu’au Naqab (rebaptisé « Néguev » par les sionistes) au sud ont été vidés de leurs habitants. Au cours de cette période de seulement trois ans, ce sont également quelque 531 villes et villages palestiniens qui ont subi simultanément un nettoyage ethnique, avant d’être rasés par le nouvel État israélien. Moshe Dayan, originaire d’Ukraine, s’en est vanté plus tard :

« Des villages juifs ont été construits en lieu et place de villages arabes. Vous ne connaissez même pas le nom de ces villages arabes, et je ne vous le reproche pas, parce que les livres de géographie n’existent plus. Et non seulement ces livres n’existent plus, mais les villages arabes non plus. Nahalal a été érigée à la place de Mahaloul, le kibboutz Gvat à la place de Jebata, le kibboutz Sarid à la place de Huneifis, et Kfar Yehoshua à la place de Tal al-Shuman. Il n’y a pas un seul endroit construit dans ce pays qui n’a pas eu une ancienne population arabe. » (Haaretz, 4 avril 1969).

On connaît peut-être moins le fait que, pendant cette même période, des dizaines de milliers de livres, de peintures, d’enregistrements musicaux, de meubles et d’autres objets ont également été pillés par les milices sionistes dans les maisons, bibliothèques et locaux gouvernementaux palestiniens. Comme l’ont montré Benny Brunner et Arjan El Fassed dans leur film The Great Book Robbery, au moins 70 000 livres palestiniens ont été volés à leurs propriétaires. Le documentaire montre que ce vol n’était pas un simple sous-produit accidentel de la guerre, mais plutôt un acte délibéré pourvu d’un objectif spécifique :

« Pendant des décennies, la propagande sioniste et israélienne a décrit les Palestiniens comme des « individus sans culture ». Ainsi, l’État israélien victorieux s’est chargé de civiliser les Palestiniens qui sont restés à l’intérieur de ses frontières à la fin de la guerre de 1948. Ils ont eu l’interdiction d’étudier leur propre culture ou de se souvenir de leur passé immédiat ; leur mémoire était considérée comme une arme dangereuse qui devait être supprimée et contrôlée. »

1948 n’allait cependant pas être la dernière fois que les forces israéliennes volaient et détruisaient des livres et autres productions culturelles palestiniennes. En 1982, pendant leur occupation du Liban, les troupes d’invasion israéliennes ont pris d’assaut des maisons, des bureaux et des bibliothèques appartenant à des Palestiniens et sont reparties avec des milliers de livres, de films et d’autres documents témoignant de l’histoire palestinienne. Cette pratique courante des forces d’occupation israéliennes se poursuit aujourd’hui, notamment en Cisjordanie, à Jérusalem et à Gaza, régions occupées en 1967, tout comme le plateau du Golan syrien et le Sinaï égyptien.

La signification de ce vol n’est pas difficile à comprendre. Incapable d’assimiler l’histoire palestinienne réelle et archivée (qui était et reste le plus souvent en arabe) dans son histoire montée de toutes pièces, Israël choisit tout simplement de la détruire, de la cacher physiquement, tout en inventant et en diffusant simultanément un récit féerique de la Palestine, présentée comme une terre vierge, une « terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Par conséquent, la destruction de villages palestiniens, le nettoyage ethnique de villes palestiniennes, le bombardement aérien des camps de réfugiés palestiniens et le pillage de livres palestiniens mènent tous à la même intersection : ce qui ne peut être absorbé dans la mythologie sioniste doit être éradiqué.

Objets palestiniens : une réécriture de l’histoire

La croyance sioniste selon laquelle les juifs modernes européens et russes (et d’ailleurs tous les juifs du monde entier) sont en quelque sorte les descendants directs d’anciennes tribus de langue hébraïque qui vivaient sur un autre continent il y a environ deux millénaires et peuvent donc revendiquer la Palestine, son histoire et sa culture, serait complètement risible si les conséquences politiques de cette idéologie féerique n’étaient pas si tragiques. Le fait que cette croyance raciste, propagée par les antisémites tout comme par les sionistes, est acceptée comme une vérité évidente qui ne mérite même pas d’être remise en question pour la plupart des grands médias occidentaux, témoigne certainement des décennies de propagande sioniste et du contexte honteux de paresse journalistique et de pensée uniforme qui est désormais devenu la norme.

Un exemple typique apparaît dans l’article du Huffington Post intitulé « Découverte de bijoux anciens israéliens lors de fouilles archéologiques » (« Israel Ancient Jewelry Uncovered in Archeological Dig »). Selon l’article, « des archéologues israéliens ont découvert un trésor rare composé de bijoux datant de 3 000 ans, dont une bague et des boucles d’oreilles, cachés dans une cruche en céramique, près de la cité antique de Megiddo, où le Nouveau Testament prédit la bataille finale d’Armageddon. » Selon les suppositions d’Israël Finkelstein, qui a codirigé les fouilles, « les bijoux appartenaient probablement à une famille cananéenne ». Cela pourrait bien avoir été le cas, mais l’hypothèse incontestée dans tout l’article est que ces bijoux sont en quelque sorte israéliens. (Notez également comment un conte biblique associé à la cité antique palestinienne de Megiddo est mentionné comme si cela était d’une quelconque pertinence.)

En 1919, l’Organisation sioniste mondiale (OSM) a officiellement présenté une carte de son futur État d’« Israël » à la Conférence de paix de Paris. Cette carte comprenait non seulement l’intégralité de la Palestine, mais aussi le sud du Liban, le sud-ouest de la Syrie dont le plateau du Golan, d’importantes parties de l’ouest de la Jordanie, ainsi que des parties du Sinaï en Égypte. Pour les besoins du raisonnement, supposons que ce désir colonial de l’OSM ait été assouvi, au moins dans le cas du Liban. Tous les objets anciens trouvés dans le sud du Liban occupé deviendraient-ils alors « israéliens » ? Qu’en est-il du Golan syrien qui reste aujourd’hui occupé ? Les objets qui y sont trouvés sont-ils aujourd’hui en quelque sorte « israéliens » ? Et que dire du Sinaï égyptien, territoire qu’Israël a occupé de 1967 à 1979 ? Les reliques anciennes découvertes au cours de la période d’occupation étaient-elles « israéliennes » ? Et ont-elles arrêté de devenir « israéliennes » après que l’État sioniste a restitué le territoire volé à l’Égypte ?

Étant donné que toute la Palestine n’a pas moins été volée que le Sinaï autrefois occupé et le Golan syrien actuellement occupé, qu’y a-t-il exactement de si « israélien » dans ces bijoux anciens qui font l’objet de l’article du Huffington Post, outre les affirmations non fondées de son auteur qui ignore complètement l’histoire palestinienne ? La réécriture sioniste/européenne de l’histoire ancienne de la Palestine est si flagrante et omniprésente qu’elle est presque invisible. Non seulement les sionistes réécrivent l’histoire palestinienne, y inventant une place pour eux-mêmes, mais ils éliminent les Palestiniens autochtones aussi bien physiquement que théoriquement. Brandissant l’histoire comme une arme, ce type de propagande utilise la forme de censure la plus courante et la plus paresseuse, celle de la simple omission.

Cette forme particulière de vol culturel ne se limite cependant pas à la Palestine. Contre tout élément de preuve historique, Israël continue de combiner son idéologie politique raciste et sa raison d’être que constitue le sionisme, une création exclusivement européenne, avec le judaïsme, une religion universelle originaire du monde arabe. Ainsi, les sionistes peuvent par exemple justifier le vol d’archives judéo-irakiennes, ou affirmer que des documents juifs vieux de mille ans et originaires d’Afghanistan appartiennent à l’État sioniste. L’hypothèse est que dès qu’un document contient du texte écrit en hébreu ou même en araméen, il doit en quelque sorte appartenir à « Israël », et non au pays où il a été trouvé en réalité. Il ne vient jamais à l’esprit de l’auteur de l’article d’Haaretz qu’un document de mille ans découvert en Afghanistan n’a absolument rien à voir avec un État colonialiste européen créé en 1948 au-dessus de la Palestine. À moins que les frontières non déclarées d’Israël se soient maintenant étendues à l’Afghanistan ?

L’habit palestinien/arabe

Les femmes palestiniennes peuvent à juste titre être fières de l’habit traditionnel arabe, comme quiconque le serait de ses créations. Ces habits, foulards et autres accessoires incroyablement complexes, brodés à la main, sont profondément enracinés dans le monde arabe, en particulier en Grande Syrie. Le savoir-faire permettant d’élaborer ces créations a été transmis de génération en génération, et leur authenticité ainsi que leur caractère artistique ne font aucun doute. La robe palestinienne, en particulier, est si raffinée que l’on peut identifier son lieu d’origine en Palestine uniquement à partir des couleurs et des motifs de la broderie.

Hanan Karaman Munayyer, historienne et scientifique spécialiste des vêtements palestiniens, retrace « les origines des atours protopalestiniens depuis l’époque cananéenne (vers 1500 av. J.-C.), période durant laquelle des peintures égyptiennes représentaient des Cananéens parés d’habits en forme de « A ». Cette silhouette distinctive peut être observée dans une gravure en ivoire de 1200 av. J.-C. originaire de Megiddo (Palestine), et est identifiée comme une « tunique syrienne » » (« Sovereign Threads », Pat McDonnell Twair, PalestineHeritage.org). En bref, ce sont des œuvres d’art vivantes qui portent dans leurs mailles des milliers d’années de mémoire culturelle autochtone.

Pourtant, même l’habit palestinien n’a pas été à l’abri des pratiques éhontées de vol et d’appropriation des Israéliens. Dans son superbe ouvrage Hidden Histories : Palestine and the Eastern Mediterranean, Basem Ra’ad écrit :

« Un livre israélien consacré à la broderie, Arabesque : Decorative Needlework from the Holy Land, commence avec l’ »époque biblique » et se termine avec des photographies d’adultes et d’enfants israéliens portant les vêtements brodés de villageois palestiniens (qui provenaient pour beaucoup de villages que les Palestiniens ont été contraints de fuir en 1948). Ces Israéliens se sont mis en scène pour ces photos. Le livre ne fait pas que s’approprier une forme artistique palestinienne : il l’imite. L’euphémisme faisant allusion à la « Terre Sainte » aide à camoufler la véritable origine palestinienne de cette forme unique d’art villageois » (p. 128).

Comme Ra’ad le constate dans tout son ouvrage, les œuvres culturelles israéliennes ne comportent souvent aucune mention des Palestiniens, ce qui les rend ainsi invisibles. Une forme plus récente et tout aussi scandaleuse d’appropriation a été relevée dans un article de Ma’an News qui décrit le vol de keffiehs arabes. Bien que répandu dans le monde arabe, le keffieh est devenu un symbole de résistance palestinienne pendant la Grande Révolte arabe de 1936-1939, lorsque la majorité des Palestiniens s’est levée contre l’occupation des Britanniques et de leurs alliés coloniaux sionistes. Le fait que les sionistes choisissent aujourd’hui de s’approprier ce symbole pour tenter lamentablement d’en faire le leur est encore un autre exemple d’une ignorance de l’histoire arabe tout comme d’un manque total d’imagination.

La cuisine palestinienne/arabe

Qu’y a-t-il de plus fondamental pour chaque peuple et sa culture que sa nourriture ? Le vol de la cuisine palestinienne par l’État sioniste est tout aussi éhonté que son vol de la terre palestinienne. En effet, la cuisine étant si intrinsèquement liée à la géographie, ces deux composantes constituent en réalité une seule et même entité. Les oranges de Jaffa, les olives et l’huile d’olive, le houmous, le taboulé, l’arak, les falafels, le kebbeh et presque tout autre type d’aliments, de boissons et d’ingrédients arabes originaires de Palestine, du Liban, de Syrie, d’Égypte, d’Irak et du reste du monde arabe, deviennent tout d’un coup « israéliens » dans les différents médias de l’État et à travers ses défenseurs occidentaux, sans que leurs véritables origines soient reconnues.

Prenez par exemple cet article du Jerusalem Post qui stipule que l’arak est un produit « autochtone israélien ». « Le spiritueux le plus vendu en Israël est peut-être la vodka, mais son spiritueux autochtone est l’arak », affirme l’auteur. Notez également que plusieurs pays de la région sont cités (Turquie, Grèce, Liban, Jordanie), mais que la Palestine reste en quelque sorte hors de la mémoire de l’auteur. Il s’agit là d’une stratégie typique d’appropriation et d’usurpation culturelle des sionistes : faire la liste des pays et des cultures voisines comme s’ils en faisaient partie, sans mentionner toutefois le pays qu’ils ont détruit et dont ils ont volé la culture. Il faut également se demander comment un État colonial établi en 1948 par des Européens peut revendiquer une cuisine arabe autochtone qui existait plusieurs millénaires avant même sa naissance. Peut-être est-ce là un autre exemple des légendaires « miracles d’Israël ».

Prenez également l’exemple du falafel, présenté par Israël comme son plat « national », une affirmation répétée dans d’innombrables livres et blogs de cuisine, et même dans des articles universitaires. « Ce qui distingue le cas du falafel de celui du riz et du vin, c’est notre accès à ses origines historiques, écrit Yael Raviv. Le falafel n’a pas été intégré dans la société israélienne par un processus long, lent et naturel. Sa transformation en une icône de la culture israélienne a au contraire été précipitée et délibérée. Dans sa recherche urgente de symboles d’unité, le mouvement nationaliste a trouvé le falafel et en a fait un signe de fierté israélienne. » Cet extrait est un exemple remarquable de sophisme anhistorique. Comment le falafel, qui existait bien avant « Israël », peut-il exactement être un « signe de fierté israélienne », sauf s’il s’agit d’être fier d’un vol culturel ?

Dans un moment d’honnêteté rafraîchissant, Gil Hovav reconnaît : « Bien sûr que c’est arabe. L’houmous est arabe. Le falafel, notre plat national, notre plat national israélien, est complètement arabe, et cette salade que nous appelons salade israélienne est en fait une salade arabe, une salade palestinienne. Ainsi, nous leur avons plus ou moins tout volé. » Bien qu’il soit toujours appréciable d’entendre des sionistes reconnaître leurs vols divers et variés, enlever la locution apologétique « plus ou moins » nous aurait permis de nous rapprocher considérablement de la vérité.

La défense ou l’apologie habituelle répond cependant qu’il s’agit d’une question futile : ce n’est que de la nourriture, après tout. Malheureusement, les affirmations israéliennes quant à l’invention de la cuisine palestinienne et arabe sont utilisées à des fins nettement politiques, afin de marginaliser, de discréditer et au final de déposséder le peuple palestinien. Est-ce Golda Meir (née Golda Mabovitch), d’origine russe, qui a inventé le houmous ? Est-ce David Ben Gourion (née David Grün), d’origine polonaise, qui a élaboré la recette du taboulé ? Est-ce peut-être la famille de l’actuel Premier ministre Benjamin Netanyahou (à l’origine Ben Mileikowsky) qui a créé le falafel ? Aussi ridicules que soient ces questions, c’est essentiellement ce que les sionistes nous demandent de croire quand ils se réfèrent à de la nourriture arabe en la qualifiant d’« israélienne ».

L’agriculture et la terre palestiniennes

Une invention historique sioniste courante encore diffusée aujourd’hui consiste à affirmer que « les Israéliens ont fait fleurir le désert [palestinien] ». Selon cette histoire à dormir debout, la Palestine était un endroit horrible et stérile jusqu’à ce que les juifs européens arrivent avec leur technologie et leur savoir-faire supérieurs, faisant ensuite fleurir la Palestine. C’est seulement à ce moment-là, poursuit ce récit capillotracté, que ces pauvres Arabes sont arrivés (d’autres pays, bien évidemment) pour trouver du travail dans cette nouvelle terre, verte et florissante. Récemment, lors de la campagne électorale américaine de 2012, des bigots ouvertement anti-palestiniens tels que Newt Gingrich et Mitt Romney répétaient tels des perroquets cette fiction anhistorique pour essayer de marquer facilement des points politiques.

Voici toutefois quelques faits historiques permettant de contrer ce conte de fées raciste. En 1901, le Fonds national juif a été fondé à Bâle (Suisse) dans le but explicite d’acheter des terres en Palestine en vue d’une colonisation juive exclusivement européenne. En 1948, près d’un demi-siècle plus tard, ils avaient réussi à acheter moins de 7 % du territoire palestinien, principalement à des propriétaires absents vivant hors de la Palestine. En d’autres termes, l’entreprise a été un échec : de manière compréhensible, les Palestiniens n’allaient pas abandonner la propriété légitime de leurs terres, quel qu’en fût le prix.

Pourquoi est-ce important ? Lorsque la Grande-Bretagne a envahi et occupé la Palestine de 1917 à 1948, les Britanniques sont venus non seulement avec leur armée et leur sauvagerie caractéristique, mais aussi avec leurs géomètres et leurs chercheurs, dont la tâche principale était de produire des informations sur le pays qu’ils se retrouvaient à occuper. Ces informations permettaient de remplir des volumes importants de livres renvoyés pour être consommés par le public britannique, ainsi que pour justifier les projets impérialistes de son gouvernement à l’étranger. Un de ces volumes est A Survey of Palestine, un ouvrage de 1 300 pages publié en décembre 1945.

Brillamment résumée par le site web Lawrence of Cyberia, cette étude révèle que les Palestiniens ont produit la grande majorité de la production agricole de la Palestine jusqu’en 1948, dont « 92 % de ses céréales, 86 % de ses raisins, 99 % de ses olives, 77 % de ses légumes, 95 % de ses melons, 99 % de son tabac et 60 % de ses bananes ». Sami Hadawi, dans Village Statistics of 1945 : A Classification of Land and Area ownership in Palestine, a présenté des résultats similaires. D’un point de vue agricole, cela n’a tout simplement aucun sens d’affirmer que les colons sionistes, qui étaient à l’époque minoritaires, qui étaient des propriétaires fonciers minoritaires et qui n’étaient que récemment arrivés en Palestine, ont transformé d’un jour à l’autre un supposé désert en un lit de fleurs.

La réalité est que ce sont les Palestiniens qui ont fait fleurir la Palestine à travers des siècles de labeur et de travail acharné, et non les colons étrangers récemment arrivés d’Europe, de Russie, et, plus tard, des États-Unis et d’ailleurs. Tels sont les faits enregistrés en 1948 à la fois par les Palestiniens autochtones et par leurs occupants britanniques. Ceux qui croient à la magie et aux contes de fées, par contre, peuvent toujours retrouver le confort des mythes sionistes et d’Hollywood.

Conclusion : la corde du mensonge est courte

Les livres, la musique, l’art, la cuisine et l’habit sont ce qui constitue l’essence de la culture et de l’histoire d’un peuple. Les revendications culturelles d’Israël sur la Palestine sont aussi vides de sens que ses revendications territoriales : Israël s’est emparé de ces deux composantes et continue de s’en emparer par la force et l’invention. Le Dr Fayez Sayegh, intellectuel palestinien, expliquait autrefois qu’« Israël existe parce que la Palestine a été contrainte à ne pas exister ». Sayegh ne parlait pas seulement du territoire, mais aussi de l’ensemble de la nation palestinienne qui, naturellement, comprend également ses productions culturelles. Le sionisme, comme tous les autres mouvements européens colonialistes, utilise le vol culturel et historique comme une arme clé dans sa guerre visant à éliminer les Palestiniens autochtones.

L’illusion d’Israël qui veut que la culture palestinienne lui appartienne ne diffère pas du fantasme selon lequel Israël se trouve en quelque sorte en Europe, et non au cœur du monde arabe. Le vol continu de la culture palestinienne en particulier, et de la culture arabe en général, est un reflet accablant de son propre caractère artificiel, de sa pauvreté d’esprit et, en effet, de son illégitimité même. Un proverbe palestinien dit que « la corde du mensonge est courte » : en d’autres termes, un mensonge finit tôt ou tard par être révélé. Le but du projet sioniste en Palestine, à savoir effacer la Palestine de l’histoire et prendre sa place par tous les moyens possibles, est une évidence pour les Palestiniens quasiment depuis sa création ; il est temps que le reste du monde s’en rende compte. Par souci de justice et de décence élémentaire, il est également grand temps de rendre hommage à ceux qui le méritent.

Résistance au colonialisme: Petite mise au point spatio-temporelle sur la Palestine…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 11 février 2016 by Résistance 71

L’empereur est nu: la Cisjordanie, les colonies et la solution à deux états

Al Manar

10 février 2016

url de l’article:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=285041

Mais son succès le plus remarquable est d’avoir accrédité auprès des Palestiniens et du monde, l’idée que l’occupation de la Palestine a commencé en 1967 et que dès lors la solution de la question palestinienne est ce qu’on appelle la Solution à deux États. C’est une manipulation de la réalité qui ferait la fierté de tout prestidigitateur. 
Il est devenu parfaitement acceptable de fermer les yeux sur le fait que la plus grande partie de la Palestine est occupée depuis 1948. Evoquer le nettoyage ethnique de la Palestine et l’éradication de mosquées et d’églises, d’écoles et de maisons, de villes et villages palestiniens, cela est considéré à présent comme radical.

En effet, quarante-neuf ans d’occupation, c’est ce qu’on entend dire sans arrêt, voilà le cinquantième anniversaire de l’occupation disent les gens, mais j’ai beau faire : quand j’ajoute quarante-neuf à l’an 1948, je n’arrive pas à 2016, mais plutôt à 1997.

La communauté internationale fait montre d’un mépris total pour les crimes commis par les sionistes entre 1948 et 1967. L’effacement des données sur ces années marquées par la spoliation, les massacres et violations épouvantables des droits humains par Israël, c’est un tour de passe-passe impressionnant. Deux petites zones dans la Palestine tracée par Israël et laissées hors des frontières d’Israël en 1948, à savoir la Cisjordanie et Gaza, ont été reconnues comme étant la Palestine. Mais ce n’est pas tout. Pas UN mètre carré de la Cisjordanie ou de Gaza n’est sous souveraineté palestinienne. Toute la Palestine du Jourdain à la mer, est contrôlée par Israël.

Alors, quand des pays européens reconnaissent la Palestine, eux aussi se comportent comme des idiots devant un tour de magie, heureux de participer à l’illusion créée par un grand maître en supercherie. Et bien sûr, comme le monde est mené par le bout du nez, berné par l’illusion d’une Palestine qui existe, Israël, maître ès duperie, continue de réduire le peu qu’il reste de la vie palestinienne – et personne ne se lève pour clamer que l’empereur est nu ! Il n’y a pas d’État palestinien, il n’y a pas de solution à deux États, il n’y a pas de Cisjordanie, et il n’y a pas un pouce de souveraineté palestinienne où que ce soit en Palestine !

 « TPO » est devenu un acronyme bien connu qui sert à décrire les Territoires Palestiniens Occupés. Mais quand on demande aux gens de désigner ces territoires sur une carte, tout ce qu’on voit c’est ce qui était naguère la Cisjordanie, une zone créée par Israël en 1948 puis éliminée en 1967, et la bande de Gaza, qui n’existe que comme un camp de concentration dans lequel on permet à Israël de perpétrer un génocide, tandis que le monde regarde ailleurs et prétend ne rien voir.

Ce qui suscite les questions suivantes : si les TPO se limitent à la Cisjordanie et à la bande de Gaza, alors où sont les Territoires palestiniens non-Occupés ? Y a-t-il des territoires palestiniens qui ne sont pas occupés ? Si de tels territoires existent, quelqu’un pourrait-il me les montrer sur une carte ? Parce que toutes les cartes que j’examine et chaque mètre carré de Palestine que je visite sont occupés.

 Un autre terme utilisé largement en connexion avec la Palestine, c’est « colonies ». Parfois on dit « colonies illégales ». Tout cela se réfère largement aux colonies israéliennes construites en Cisjordanie. On parle « d’expansion des colonies », de « blocs de colonies » etc. A nouveau, cela pose une question : quelle est la différence entre les colonies juives dans ces zones et celles construites à Al-Khalil ou dans le Néguev ? Et qu’en est-il des colonies construites autour de Jérusalem et de celle près de Jaffa qu’on nomme Tel-Aviv ? 

Les Israéliens qui vivent sur des terres palestiniennes volées en 1948 se considèrent eux-mêmes comme des Israéliens authentiques, de bons libéraux – dieu ne veuille qu’ils soient des colons ! Mais quelle est la différence ? Tout a été volé par la force en Palestine, et sauf quelques très rares exceptions, toutes les villes et cités israéliennes tous les villages et toutes les fermes ont été construits sur des terres qui ont été volées, et donc tous sont des colonies illégales. Une fois de plus le maître ès tromperie nous mène tous par le bout du nez pour montrer ce qu’Israël veut nous faire voir – et personne ne se lève pour crier : « L’Empereur n’a pas d’habits ! »

Entre 1948 et 1967 Israël s’est acquis une légitimité en commettant des crimes terribles et en créant ce qu’on appelle « des faits sur le terrain »*. La conquête de la Cisjordanie et de Gaza en 1967, par laquelle Israël compléta l’occupation de la Palestine, a détourné l’attention des territoires qu’Israël occupait en 1948 vers les territoires nouvellement occupés. A présent cela fait cinq décennies qu’Israël a créé « des faits sur le terrain » dans ces zones qu’il appelle maintenant « Judée et Samarie ».

Mais tout illusionniste, tout voleur et bien sûr un maître de la supercherie d’un tel calibre doit avoir des complices.

Peu nombreux sont ceux qui peuvent vraiment prétendre ne pas savoir ce que fait Israël. Le corps diplomatique international est parfaitement conscient de ce qui se passe en Palestine. La CIA et le Département d’État US connaissent parfaitement toutes les astuces et tous les crimes commis par Israël. Chacune des administrations étatsuniennes aussi bien que les gouvernements européens ont été complices des crimes commis par Israël.

 Toutefois il est temps que le reste du monde se réveille et mette fin à l’illusion. L’illusion qu’Israël a une légitimité, l’illusion qu’Israël est quelque part la réponse à l’Holocauste et à l’antisémitisme, et l’illusion que certaines parties de la Palestine sont occupées tandis que d’autres ne le sont pas. Il est temps de dire à voix haute et claire que toutes les colonies israéliennes, partout, sont illégales et que, comme dans le conte « Les nouveaux habits de l’Empereur » l’empereur est nu, Israël aussi est dépourvue de légitimité.

Résistance politique: Retour aux sources du conflit israélo-palestinien dissiper l’écran de fumée 1ère partie

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 22 décembre 2015 by Résistance 71

Sami Al Arian

17 décembre 2015

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15782

 

Dans son roman 1984 George Orwell a introduit le lexique du double langage de Big Brother dans lequel « La guerre, c’est la paix ; la liberté, c’est l’esclavage ; et l’ignorance, c’est la force. » Aujourd’hui on peut enrichir ce novlangue orwellien d’une foule d’expressions en puisant dans le discours des milieux politiques occidentaux et dans la couverture que font les principaux médias de la Palestine, d’Israël et du sionisme politique. Parmi ces expressions qui refléteraient parfaitement ce discours politique et médiatique, on pourrait trouver : « le racisme, c’est la démocratie ; la résistance, c’est du terrorisme, l’occupation, c’’est la félicité. »

Si on devait se fier uniquement aux organes de presse occidentaux comme source d’information sur la situation de plus en plus explosive dans les territoires palestiniens occupés, notamment à Jérusalem, on serait déconcerté par la façon dont sont présentés les victimes et les oppresseurs, mais on en perdrait également son latin quant à l’histoire et la nature du conflit lui-même.

Par exemple, au cours des quelques dernières semaines, dans leur couverture du dernier soulèvement palestinien, la plupart des principaux médias occidentaux, comme le New York Times, CNN, FOX, et la BBC, n’ont virtuellement jamais cité les mots « occupation israélienne, » ou « colonies de peuplement israéliennes illégales. » Ils ne mentionnent que très rarement, voire pas du tout, le fait que Jérusalem est sous le contrôle illégal d’Israël depuis les 48 dernières années, ou que les derniers affrontements furent déclenchés suite aux tentatives d’Israël de modifier le statu quo et de soumettre les lieux saints islamiques situés dans l’enceinte de la vieille ville à une autorité conjointe.

Il arrive très souvent qu’Israël et ses suppôts dans les sphères politiques et médiatiques tentent d’occulter les faits essentiels sur la nature et l’histoire du conflit. Toutefois, nonobstant ces tentatives, ce conflit n’est ni compliqué, ni multi-centenaire. C’est au contraire un phénomène moderne qui remonte à un siècle, et qui a surgi comme conséquence directe du sionisme politique.

Ce mouvement, fondé par le journaliste laïc Théodore Herzl à la fin du 19ième siècle, n’a cessé d’essayer de transformer le judaïsme de l’une des grandes traditions religieuses du monde en mouvement ethnique nationaliste avec l’objectif de faire converger les juifs du monde entier vers la Palestine, la soumettant parallèlement à une purification ethnique en chassant sa population autochtone de la terre de ses ancêtres. Voilà l’essence même du conflit, et donc les politiques mises en œuvres par Israël et ses actes ne peuvent être compris qu’en reconnaissant cette réalité.

Il pourrait être compréhensible, même si c’est odieux, qu’Israël et ses défenseurs sionistes fassent circuler une version frauduleuse de l’histoire et des évènements pour promouvoir leurs objectifs politiques. Mais il n’est pas compréhensible que ceux qui disent prôner l’état de droit, croire au principe de l’autodétermination, et se prononcer pour la liberté et la justice se laissent avoir par cette propagande ou en deviennent ses complices volontaires.

En suivant une bonne partie de la couverture médiatique ou des l’analyses politiques du conflit on est frappé par l’absence de contexte historique, la non prise en compte délibérée des faits empiriques, et le mépris pour les précédents et les concepts juridiques établis.

Les territoires palestiniens sont-ils contestés ou occupés ? Les Palestiniens ont-ils le droit légitime, inscrit dans le droit international, de résister à leur occupant, y compris par la lutte armée, ou bien est-ce que toute forme de résistance est vue comme du terrorisme ? Israël a-t-il un droit quelconque sur la vieille ville de Jérusalem et ses alentours historiques et religieux ? Le prétendu « cycle de violence » qui s’éternise est-il vraiment dû en proportions égales aux deux camps qui s’affrontent ? Israël est-il une réelle démocratie ? Le sionisme politique devrait-il être traité comme un mouvement légitime de libération (et de qui ?) et ses manifestations extrêmement racistes ignorées ? Israël cherche-t-il sincèrement une solution pacifique au conflit ? Les États-Unis peuvent-ils jouer le rôle d’honnête médiateur de la paix qu’ils se sont continuellement proclamés être dans la région ?

Des réponses concrètes à ces questions dissiperaient sans nul doute le brouillard et permettraient aux observateurs objectifs d’accéder non seulement à une compréhension complète du conflit, mais aussi de déterminer en toute connaissance de cause quelles politiques et actions sont nécessaires pour y mettre un terme.

Occupation, auto-détermination, et droit international

Que les territoires saisis par Israël en juin 1967, y compris Jérusalem-Est, soient occupés ne devrait faire l’objet d’aucune contestation. Des dizaines de résolutions de l’ONU ont été adoptées depuis novembre 1967, y compris des résolutions contraignantes du Conseil de Sécurité exigeant d’Israël de se retirer des territoires occupés, auxquelles l’état sioniste a obstinément refusé de se soumettre.

En fait, s’il y avait des territoires « contestés », ce devrait être ces territoires palestiniens qu’Israël a pris en 1948, au cours d’une campagne de terreur, de massacres, et de conquêtes militaires, qui se sont traduites par l’expulsion de force, tout à fait illégale, de plus de 800 000 Palestiniens de leur maison, village, et ville, afin de faire de la place pour des milliers de juifs venant d’Europe et d’autres parties du monde. En conséquence, la résolution 194 de l’ONU stipulait que ces « réfugiés palestiniens qui souhaitent rentrer chez eux …soient autorisés à le faire. » Voilà 67 ans que cette résolution reste lettre morte. Il est également incontestable en droit international qu’Israël est un occupant belligérant, ce qui doit déclencher l’application de toutes les conventions de Genève pertinentes, car le peuple palestinien est sous occupation puisque leur « territoire est effectivement placé sous l’autorité d’une armée hostile. »

En outre, le droit à l’auto-détermination du peuple palestinien et son droit de résister à l’occupant par tous les moyens sont bien établis en droit international. En 1960 ; la résolution 1514 de l’ONU a adopté la « Déclaration sur l’octroi de l’Indépendance aux pays et peuples coloniaux. »

Elle stipulait que « Tous les peuples ont le droit de libre détermination », et que « La sujétion des peuples à une subjugation, à une domination et à une exploitation étrangères constitue un déni des droits fondamentaux de l’homme, et est contraire à la Charte des Nations Unies. » Dix ans plus tard l’ONU adoptait la résolution 2625 qui appelait ses membres à soutenir les peuples colonisés ou les peuples sous occupation contre leurs colonisateurs et occupants.

En fait, la résolution 3246 de l’ONU réaffirmait en 1974 « la légitimité de la lutte des peuples pour se libérer de la domination coloniale et étrangère et de l’emprise étrangère par tous les moyens en leur pouvoir, y compris la lutte armée. » Quatre ans plus tard, la résolution 33/24 de l’ONU confirmait aussi fermement « la légitimité de la lutte des peuples pour l’indépendance, l’intégrité territoriale, l’unité nationale et la libération de la domination coloniale et étrangère et de l’occupation étrangère par tous les moyens en leur pouvoir, en particulier la lutte armée, » et « condamne énergiquement tous les gouvernements » qui ne reconnaissent pas « le droit à l’autodétermination du peuple palestinien. »

Quant à Jérusalem occupée, le Conseil de Sécurité de l’ONU a adopté en 1980 deux résolutions contraignantes (476 et 478) par 14 voix contre 0 (les EU se sont abstenus et n’ont pas opposé leur véto à aucune des deux résolutions.) Les deux résolutions condamnaient la tentative d’Israël de modifier « le caractère physique, la composition démographique, la structure institutionnelle et le statut de la ville sainte de Jérusalem. »

Elles réaffirmaient également « la nécessité impérieuse de mettre fin à l’occupation prolongée des territoires arabes occupés par Israël depuis 1967, y compris Jérusalem, » et interpellaient Israël en tant que « puissance occupante. » Elles considéraient, en outre, que tout changement à la ville de Jérusalem constituait « une violation du droit international. »

* Sami Al-Arian est un militant pour les droits civiques américain, d’origine palestinienne.