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Guerre impérialiste en Syrie: Raqqa Stalingrad du Moyen-Orient ?…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis with tags , , , , , , , , , on 14 février 2016 by Résistance 71

La course vers Raqqa a commencé 
- Pour garder son unité la Syrie doit la gagner

MOA

11 février 2016

article en français:

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article6846

 

La course vers Raqqa a commencé. La Syrie et ses alliés sont en concurrence avec le États-Unis et ses alliés pour arracher l’est de la Syrie à l’État islamique.

Raqqa, dans l’est de la Syrie, est détenue par l’État islamique comme le sont les autres villes le long de l’Euphrate vers l’Irak. Vaincre l’État islamique à Raqqa, à Deir Ezzor, et dans d’autres villes syriennes de l’Est, et les libérer, est le but de tous les ennemis supposés de l’État islamique. Mais cette question doit être considérée dans un contexte plus large.

Si les États-Unis et leurs alliés prenaient Raqqa ou Deir Ezzor et, avec ces villes, des parties de l’est de la Syrie, ils pourraient les utiliser comme monnaie d’échange pour acquérir un certain pouvoir de négociation avec la Syrie et ses alliés concernant l’avenir de la Syrie. Ils pourraient créer un état sunnite dans l’est de la Syrie et l’ouest et l’Irak. Mossoul ferait partie de cet état sunnite qui serait probablement mis sous tutelle de la Turquie. Il y a, depuis quelque temps, des projets américains d’un « Sunnistan » de ce type, avec une révision des frontières Sykes-Picot.

Pour la Syrie et ses alliés le maintien de l’unité de la Syrie est un objectif majeur. Perdre Raqqa et les champs de pétrole de l’est aux profits des États-Unis serait dévastateur. La Syrie et ses alliés doivent donc battre les États-Unis et leurs alliés dans la course pour Raqqa et l’est de la Syrie.

Selon Southfront, la Syrie vient de faire une première avancée majeure. Une brigade de l’armée arabe syrienne a attaqué les positions de l’État islamique sur la route d’Ithriyah à Raqqa. La ville de Tal Abu Zayhn a été prise sur la route du premier l’objectif, l’aéroport militaire de Tabaqah. Des forces supplémentaires appartenant à divers groupes alliés se rassemblent dans Ithriyah pour soutenir ensuite l’attaque.

Le mouvement des États-Unis vers l’est de la Syrie est encore en préparation. Le plan initial des Etats-Unis était d’utiliser les combattants du YPG syro-kurde du nord-est de la Syrie. Ils ont été étiquetés Forces démocratiques syriennes après que quelques combattants des tribus arabes les ont rejoint. Ces forces auraient attaqué Raqqa à partir du nord. Mais les Kurdes n’ont pas voulu envahir des terres arabes qu’ils ne seraient pas en mesure de garder. Leur but est de se relier à l’enclave kurde du nord-ouest de la Syrie, le long de la frontière turque.

Les États-Unis ont donc conçu un nouveau plan. On n’en a que de vagues aperçus à ce jour et on ne peut donc que spéculer sur ce qui va arriver.

Les États-Unis ont prolongé la piste de l’aérodrome agricole de Rumeilan / Abu Hajar (carte) dans la zone tenue par les Kurdes au nord-est de la Syrie, pour pouvoir assurer l’intendance d’opérations plus importantes dans une plus grande zone :

Cet emplacement a été choisi car il est à seulement 160 kilomètres des premières positions d’ISIS et de certains de ses lucratifs champs pétroliers mais à l’intérieur du territoire tenu par les combattants kurdes connus sous le nom de YPG. La piste est en train d’être presque doublée sur la longueur pour passer d’environ 700 à 1 320 mètres – assez longue, par exemple, pour recevoir des avions de transport C130. Une petite aire de stationnement est également créée.

 

Des forces d’opérations spéciales américaines opéreraient déjà à partir de là. Ce sont les prémisses d’une mission de reconnaissance.

Il a été révélé publiquement que la 101e division aéroportée américaine se rendrait en Irak pour former, conseiller et assister les forces irakiennes dans le but d’attaquer Mossoul.

Quelques 1 800 soldats de la 101e division aéroportée et de son équipe de combat de la 2e Brigade se déploieront bientôt en rotations régulières à Bagdad et Erbil pour former et conseiller l’armée irakienne et les forces peshmergas kurdes qui doivent, dans les prochains mois, avancer vers Mossoul, le siège de facto du groupe Etat islamique en Irak.

Mais le colonel Pat Lang a été informé que deux brigades de la 101e se déploieraient :

On m’a dit aujourd’hui que deux brigades de la 101e division aéroportée iront en Irak, pas seulement une. Cela est probablement lié au Juggernaut* saoudien.

Le « rouleau compresseur » saoudien vient d’annoncer qu’il serait prêt à envoyer des troupes en Syrie. Au début, personne n’a pris cela au sérieux mais on commence maintenant à comprendre ce que cela veut dire. Les Saoudiens ont confirmé aujourd’hui leur intention :

la décision de l’Arabie saoudite d’envoyer des troupes en Syrie pour tenter de renforcer et de durcir les efforts contre les militants est « définitive » et « irréversible », a annoncé, jeudi, le porte-parole de l’armée saoudienne.<P/>

Le Brigadier. Général Ahmed Al-Assiri a déclaré que Riyad était « prête » à se battre avec ses alliés de la coalition sous commandement américain pour vaincre les militants d’ISIS en Syrie, cependant, il a déclaré que Washington était plus à même de répondre aux questions concernant les détails de toutes les futures opérations au sol.

La déclaration arrive sur les entrefaites de la visite du prince héritier adjoint d’Arabie Saoudite et du ministre de la Défense, Mohammed bin Salman, au siège de l’OTAN, à Bruxelles, pour discuter de la guerre civile syrienne.

Les Saoudiens se battraient sous le contrôle d’une des brigades de la 101ème aéroportée qui ne doit pas partir pour Mossoul. Les Saoudiens se déploieraient vers la Syrie depuis l’Arabie Saoudite, probablement via une piste contrôlée par les États-Unis dans l’ouest de l’Irak, pendant que la brigade de la 101e se déploierait depuis la région kurde du nord de l’Irak vers Raqqa, à travers les régions kurdes du nord-est de la Syrie. Raqqa serait ainsi attaquée par le nord-est et le sud-est. L’aéroport de Rumeilan / Abu Hajar serait l’une des principales bases d’approvisionnement.

Un tel mouvement de forces s’étendrait sur de relativement longues distances. Mais la plus grande partie de la zone est désertique et du matériel militaire moderne motorisé pourrait facilement couvrir ces distances en un jour ou deux. Cela amènerait les troupes saoudiennes en Syrie. Si elles prenaient Raqqa ou Deir Ezzor et les gisements de pétrole de Syrie orientale, elles ne les lâcheraient plus JAMAIS, à moins que la Syrie ne se plie à la demande saoudienne de mettre en place un gouvernement islamiste.

Ce plan est réalisable, mais il provoquerait également une grande mobilisation des forces chiites et pourrait conduire à un plus grand conflit. Le Premier ministre russe Medvedev a prévenu aujourd’hui que l’entrée de nouvelles forces arabes dans la guerre syrienne pourrait déclencher une beaucoup plus grande guerre.

L’opération saoudienne doit, apprend-on aujourd’hui, commencer dans les deux mois qui viennent. Les forces gouvernementales syriennes et leurs alliés devront maintenant se ruer à l’est pour protéger l’unité du pays. Les États-Unis pour leur part pourraient vouloir annuler l’avantage syrienne de toutes les manières possibles, y compris – peut-être – en larguant des bombes « par erreur ».

La course pour Raqqa, et pour l’avenir de la Syrie, a commencé.

Syrie: Échec et mat militaire conventionnel à l’empire…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 20 octobre 2015 by Résistance 71

Voir notre note sous l’article (Résistance 71 )

 

L’armée russe affirme sa supériorité en guerre conventionnelle

 

Thierry Meyssan

 

19 Octobre 2015

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article189038.html

 

L’intervention militaire de Moscou en Syrie n’a pas simplement retourné le sort des armes et semé la panique parmi les jihadistes. Elle a montré au reste du monde, en situation de guerre réelle, les capacités actuelles de l’armée russe. À la surprise générale, celle-ci dispose d’un système de brouillage capable de rendre l’Alliance atlantique sourde et aveugle. Malgré un budget bien supérieur, les États-Unis viennent de perdre leur domination militaire.

L’intervention militaire russe en Syrie, qui devait être un pari risqué de Moscou face aux jihadistes, s’est transformée en une manifestation de puissance qui bouleverse l’équilibre stratégique mondial [1] Conçue au départ pour isoler les groupes armés des États qui les soutiennent en violation des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, puis les détruire, l’opération a conduit à aveugler l’ensemble des acteurs occidentaux et leurs alliés.

Stupéfait, le Pentagone est divisé entre ceux qui tentent de minimiser les faits et de trouver une faille dans le dispositif russe et ceux qui, au contraire, considèrent que les États-Unis ont perdu leur supériorité en matière de guerre conventionnelle et qu’il leur faudra de longues années pour la récupérer [2].

On se souvient qu’en 2008, lors de la guerre d’Ossétie du Sud, les Forces russes étaient certes parvenues à repousser l’attaque géorgienne, mais avaient surtout montré au monde l’état déplorable de leur matériel. Il y a dix jours encore, l’ancien secrétaire à la Défense Robert Gates et l’ancienne conseillère nationale de sécurité Condoleezza Rice parlaient de l’armée russe comme d’une force de « second rang » [3].

Comment donc, la Fédération russe est-elle parvenue à reconstruire son industrie de Défense, à concevoir et à produire des armes de très haute technologie sans que le Pentagone ne mesure l’ampleur du phénomène et qu’il se laisse distancer ? Les Russes ont-ils utilisé toutes leurs nouvelles armes en Syrie ou disposent-ils d’autres merveilles en réserve ? [4]

Le désarroi est si grand à Washington que la Maison-Blanche vient d’annuler la visite officielle du Premier ministre Dmitry Medvedev et d’une délégation de l’état-major russe. La décision a été prise après une visite identique d’une délégation militaire russe en Turquie. Inutile de discuter des opérations en Syrie, car le Pentagone ne sait plus ce qui s’y passe. Furieux, les « faucons libéraux » et les néo-conservateurs exigent la relance du budget militaire et ont obtenu l’arrêt du retrait des troupes d’Afghanistan.

De manière on ne peut plus étrange, les commentateurs atlantistes qui assistent au dépassement de la puissance militaire US dénoncent le danger de l’impérialisme russe [5]. Pourtant la Russie ne fait ici que sauver le Peuple syrien et propose aux autres États de travailler en coopération avec elle, tandis que les États-Unis lorsqu’ils détenaient la prééminence militaire ont imposé leur système économique et détruit de nombreux États.

Force est de constater que les déclarations incertaines de Washington durant le déploiement russe, avant l’offensive, ne devaient pas être interprétées comme une lente adaptation politique de la rhétorique officielle, mais pour ce qu’elles exprimaient : le Pentagone ignorait le terrain. Il était devenu sourd et aveugle.

Un système de brouillage généralisé

On sait, depuis l’incident de l’USS Donald Cook en mer Noire, le 12 avril 2014, que l’armée de l’Air russe dispose d’une arme lui permettant de brouiller tous les radars, circuits de contrôle, systèmes de transmission d’information, etc. [6]. Dès le début de son déploiement militaire, la Russie a installé un centre de brouillage à Hmeymim, au nord de Lattaquié. Subitement, l’incident de l’USS Donald Cook s’est reproduit, mais cette fois dans un rayon de 300 kilomètres ; incluant la base Otan d’Incirlik (Turquie). Et il persiste toujours. L’événement s’étant produit durant une tempête de sable d’une densité historique, le Pentagone a d’abord cru que ses appareils de mesure avaient été déréglés avant de constater qu’ils sont brouillés. Tous brouillés.

Or, la guerre conventionnelle moderne repose sur le « C4i » ; un acronyme correspondant aux termes anglais de « command » (maîtrise), « control » (contrôle), « communications », « computer » (informatique) et « intelligence » (renseignement). Les satellites, les avions et les drones, les navires et les sous-marins, les blindés et désormais même les combattants, sont reliés les uns aux autres par des communications permanentes qui permettent aux états-major de commander les batailles. C’est tout cet ensemble, le système nerveux de l’Otan, qui est actuellement brouillé en Syrie et dans une partie de la Turquie.

Selon l’expert roumain Valentin Vasilescu, la Russie aurait installé plusieurs Krasukha-4, aurait équipé ses avions de conteneurs de brouillage SAP-518/ SPS-171 (comme l’avion qui survola l’USS Donald Cook) et ses hélicoptères de Richag-AV. En outre, elle utiliserait le navire espion Priazovye (de classe Project 864, Vishnya dans la nomenclature Otan), en Méditerranée [7].

Il semble que la Russie ait pris l’engagement de ne pas perturber les communications d’Israël —chasse gardée US—, de sorte qu’elle s’interdit de déployer son système de brouillage au Sud de la Syrie.

Les aéronefs russes se sont fait un plaisir de violer un grand nombre de fois l’espace aérien turc. Non pas pour mesurer le temps de réaction de son armée de l’Air, mais pour vérifier l’efficacité du brouillage dans la zone concernée et pour surveiller les installations mises à dispositions des jihadistes en Turquie.

Des missiles de croisière ultra-performants

Enfin, la Russie a utilisé plusieurs armes nouvelles, comme 26 missiles furtifs de croisière 3M-14T Kaliber-NK, équivalents des RGM/UGM-109E Tomahawk [8]. Tirés par la Flotte de la mer Caspienne —ce qui n’avait aucune nécessité militaire—, ils ont atteint et détruit 11 cibles situées à 1 500 kilomètres de distance, dans la zone non-brouillée —afin que l’Otan puisse apprécier la performance—. Ces missiles ont survolé l’Iran et l’Irak, à une altitude variable de 50 à 100 mètres selon le terrain, passant à quatre kilomètres d’un drone états-unien. Aucun ne s’est perdu, à la différence des états-uniens dont les erreurs se situent entre 5 et 10 % selon les modèles [9]. Au passage, ces tirs montrent l’inutilité des dépenses pharaoniques du « bouclier » anti-missiles construit par le Pentagone autour de la Russie —même s’il était officiellement dirigé contre des lanceurs iraniens—.

Sachant que ces missiles peuvent être tirés depuis des sous-marins situés n’importe où dans les océans et qu’ils peuvent transporter des têtes nucléaires, les Russes ont rattrapé leur retard en matière de lanceurs.

En définitive, la Fédération de Russie serait détruite par les États-Unis —et vice-versa— en cas de confrontation nucléaire, mais elle serait gagnante en cas de guerre conventionnelle.

Seuls les Russes et les Syriens sont en capacité d’évaluer la situation sur le terrain. Tous les commentaires militaires provenant d’autres sources, y compris des jihadistes, sont sans fondement car seuls la Russie et la Syrie ont une vision du terrain. Or, Moscou et Damas entendent profiter au maximum de leur avantage et maintiennent donc le secret sur leurs opérations.

Des quelques communiqués officiels et des confidences des officiers, on peut conclure qu’au moins 5 000 jihadistes ont été tués, dont de nombreux chefs d’Ahrar el-Sham, d’al-Qaïda et de l’Émirat islamique. Au moins 10 000 mercenaires ont fui vers la Turquie, l’Irak et la Jordanie. L’Armée arabe syrienne et le Hezbollah reconquièrent le terrain sans attendre les renforts iraniens annoncés.

La campagne de bombardements devrait se terminer à la Noël orthodoxe. La question qui se posera alors sera de savoir si la Russie est autorisée ou non à terminer son travail en poursuivant les jihadistes qui se réfugient en Turquie, en Irak et en Jordanie. Faute de quoi, la Syrie serait sauvée, mais le problème ne serait pas résolu pour autant. Les Frères musulmans ne manqueraient pas de chercher une revanche et les États-Unis de les utiliser à nouveau contre d’autres cibles.

À retenir :

  • L’opération russe en Syrie a été conçue pour priver les groupes jihadistes du soutien étatique dont ils disposent sous couvert d’aide à des « opposants démocratiques ».
  • Elle a exigé l’usage d’armes nouvelles et s’est transformée en une démonstration de force russe.
  • La Russie dispose désormais d’une capacité de brouillage de toutes les communications de l’Otan. Elle est devenue la première puissance en matière de guerre conventionnelle.
  • Cette performance a attisé la discorde à Washington. Il est trop tôt pour dire si elle sera favorable au président Obama ou si elle sera utilisée par les « faucons libéraux » pour justifier un accroissement du budget militaire.

[1] “Russian Military Uses Syria as Proving Ground, and West Takes Notice”, Steven Lee Myers & Eric Schmitt, The New York Times, October 14, 2015.

[2] “Top NATO general : Russians starting to build air defense bubble over Syria”, Thomas Gibbons-Neff, The Washington Post, September 29, 2015.

[3] “How America can counter Putin’s moves in Syria”, by Condoleezza Rice, Robert M. Gates, Washington Post (United States), Voltaire Network, 8 October 2015.

[4] La seule étude disponible est bien en dessous de la réalité : Russia’s quiet military revolution and what it means for Europe, Gustav Gressel, European Council on Foreign Relations, October 2015.

[5] « Russisches Syrien-Abenteuer : Das Ende der alten Weltordnung », Matthias Schepp, Der Spiegel, 10. Oktober 2015.

[6] « Qu’est-ce qui a tant effrayé l’USS Donald Cook en Mer Noire ? », Réseau Voltaire, 14 septembre 2014.

[7] « Cu ce arme ultrasecrete a cîstigat Putin suprematia în razboiul radioelectronic din Siria ? », Valentin Vasilescu, Ziarul de gardã, 12 octobre 2015. Version française : « L’arme ultrasecrète qui permet à Poutine d’assoir sa suprématie dans la guerre radio électronique en Syrie ? », Traduction Avic, Réseau international.

[8] “KALIBRating the foe : strategic implications of the Russian cruise missiles’ launch”, by Vladimir Kozin, Oriental Review (Russia), Voltaire Network, 14 October 2015.

[9] Après avoir annoncé le contraire, les États-unis ont dû admettre les faits : “First on CNN : U.S. officials say Russian missiles heading for Syria landed in Iran”, Barbara Starr & Jeremy Diamond, CNN, October 8, 2015. “Moscow rejects CNN’s report on Russian missile landing in Iran”, IRNA, October 8, 2015. “Daily Press Briefing”, John Kirby, US State Department, October 8, 2015. “Пентагон не комментирует сообщения о якобы упавших в Иране ракетах РФ”, RIA-Novosti, October 8, 2015.

= = =

Note de Résistance 71:

Très bon débat sur RT et son émission phare CrossTalk de l’excellent Peter Lavelle (historien de formation) sur l’intervention russe en Syrie et la géopolitique baignant cette guerre par procuration en Syrie:

http://www.rt.com/shows/crosstalk/318339-russia-syria-us-terrorists/

Excellent débat sur CrossTalk toujours sur la géopolitique et l’influence de la Russie dans le monde depuis 2007. Il n’y a pas de débat de ce niveau dans les médias audio-visuels français, bien que cela demeure dans le cadre de “l’ordre étatique établi” auquel nous n’adhérons bien évidememnt pas, mais au sein de ce cadre, excellent débat:

http://www.rt.com/shows/crosstalk/319033-russia-foreign-policy-west/

Résistance à l’empire: L’armée russe en Syrie… vérités et contre-vérités… (Suite)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, résistance politique, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , on 17 septembre 2015 by Résistance 71

Que font réellement les Russes en Syrie ?

 

The Saker

 

13 Septembre 2015

 

url de l’article en français:

http://lesakerfrancophone.net/que-font-reellement-les-russes-en-syrie/

 

Je pense qu’une semaine après que Ynet a révélé l’affaire d’une intervention militaire russe en Syrie, nous pouvons affirmer en toute confiance que c’était là une opération psychologique typiquement anglosioniste destinée à freiner l’implication russe dans la guerre impériale contre la Syrie, qui n’a aucun fondement dans la réalité.

Ou bien est-elle fondée?

Il s’avère qu’il y avait un petit noyau de vérité dans ces histoires. Non, la Russie n’était pas en train d’envoyer «des MiG-31 pour bombarder Daesh» ni d’envoyer un SSNB (sous-marin armé de missiles ballistiques intercontinentaux) sur la côte syrienne. Mais il y a des signes grandissants que la Russie fait deux choses:

1) accroître son implication diplomatique dans le conflit en Syrie

2) livrer certains équipements militaires non spécifiés mais importants à la Syrie

Le second élément est le plus intéressant des deux. Inutile de le dire, comme c’est typique dans ce genre de cas, le contenu effectif de la cargaison que la Russie envoie par air et par mer n’a pas été rendu public, mais nous pouvons spéculer. D’abord, nous savons que la Syrie a besoin d’une grande quantité de pièces de rechange et de réparation de ses équipements. Cette guerre dure depuis quatre ans maintenant et les Syriens ont fait un usage intensif de leur matériel. Ensuite, les Syriens manquent de certains systèmes sur le champ de bataille qui pourraient beaucoup les aider. Par exemple des radars de contrebatterie (des radars qui repèrent de quel endroit tire l’artillerie ennemie) et des systèmes de guerre électronique. En outre, des sources russes disent que la Syrie a besoin de davantage de véhicules blindés pour les transports de troupes.

Nous savons que la Russie et la Syrie ont passé des contrats militaires depuis longtemps et nous savons que la Russie livre actuellement son équipement lourd par mer et les systèmes plus légers par voie aérienne. Tout cela indique-t-il un changement?

Non. Du moins pas pour l’instant.

Alors pourquoi cette panique anglosioniste?

Mon sentiment est qu’une des choses qui les rend aussi nerveux est que les Russes ont apparemment choisi la ville de Lattaquié comme point de livraison. Contrairement à Damas, Lattaquié est un emplacement idéal : elle est sûre mais pas trop éloignée des lignes de front et elle est assez proche de la base russe de Tartous. L’aéroport et le port naval sont également faciles à protéger et à isoler. Il y a déjà des rapports selon lesquels les Russes ont prolongé les pistes et amélioré l’infrastructure de l’aéroport de Lattaquié et qu’on y a observé atterrissage de lourds AN-124 [avion cargo Antonov]. Quant à la marine russe, elle a envoyé des bateaux à l’aéroport de Lattaquié.

En d’autres termes, au lieu de se limiter à Tartous ou d’entrer dans Damas, très exposée, les Russes semblent avoir créé une nouvelle tête de pont au nord du pays, qui pourrait être utilisée pour livrer du matériel, et même des forces, dans la zone de combat du nord du pays.

Cela expliquerait aussi, par ailleurs, les rumeurs paniquées sur les Russes envoyant leurs unités d’infanterie navale de Crimée en Syrie : les troupes d’infanterie navale sont idéales pour protéger une telle base et, tenant compte du fait que les lignes de front ne sont pas très loin, ce serait parfaitement sensé pour les Russes de sécuriser leur tête de pont avec ces unités.

De plus, tandis que l’équipement lourd est généralement envoyé par mer, les Russes peuvent livrer leurs systèmes de défense aérienne par avion cargo : l’AN-124 est plus que capable de transporter des S-300. Ce fait seul pourrait expliquer la panique anglosioniste.

Il semble qu’il se passe la chose suivante : les Russes, apparemment, envoient une quantité limitée mais importante de matériel pour fournir une aide immédiate aux forces syriennes. En faisant ainsi, ils ont aussi créé les conditions pour garder leurs options ouvertes. Ainsi, alors qu’aucune intervention russe massive n’a lieu, quelque chose a vraiment changé dans le conflit syrien.

J’aimerais ajouter ici que tandis que les forces gouvernementales ont perdu récemment la base aérienne d’Idlib au nord du pays (et pas très loin de Lattaquié), toutes mes sources me confirment que les forces syriennes sont dans une bien meilleure position que Daesh et que la guerre se passe très mal pour les takfiris. Les Syriens ont récemment libéré la ville de Zabadani et sont à l’offensive en maints endroits, et s’il est vrai que Daesh contrôle encore beaucoup de terrain, c’est principalement du désert.

Pour résumer ce qui précède, je dirais ceci : les anglosionistes flippent parce que leur guerre contre la Syrie a échoué ; tandis que Daesh a créé le chaos et la terreur dans plusieurs pays, il y a de nombreux signes que les pays sur place sont progressivement de plus en plus déterminés à faire quelque chose. Les États-Unis ont aussi échoué à se débarrasser de Assad, l’afflux massif de réfugiés a déclenché une crise majeure en Europe, et maintenant les Européens voient Assad sous un éclairage radicalement différent. La Russie a clairement décidé de s’engager politiquement avec toutes les puissances régionales, déclassant efficacement les États-Unis, et il y a des indices tout à fait concluants que les Russes maintiennent leurs options ouvertes. Et tandis qu’il n’y a absolument aucune raison de soupçonner que la Russie planifie une intervention militaire de grande envergure dans le conflit, en termes de quantité, il y a des signes que le soutien russe a atteint un nouveau niveau qualitatif.

Il faut souligner deux choses ici :

Premièrement, au niveau politique, il est extrêmememt improbable que la Russie entreprenne unilatéralement une action importante dans cette guerre. Tant que la Syrie est un pays souverain et tant qu’un accord russo-syrien est suffisant pour justifier légalement toute opération militaire convenue par les deux parties, la Russie se donnera les moyens de ne pas agir seule. Cela explique pourquoi le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov s’efforce de créer une sorte de coalition.

Deuxièmement, sur un plan militaire, le pays à considérer n’est pas la Russie mais l’Iran. Les Iraniens ont une voie terrestre sûre vers la Syrie (par le nord de l’Irak) et ils disposent du genre de forces combattantes susceptibles d’être engagées avec succès contre Daesh. Il en va de même pour le Hezbollah qui a, et aura à l’avenir, à envoyer ses forces d’élite pour soutenir les Syriens dans des zones stratégiquement vitales. S’il était nécessaire d’engager une opération terrestre importante en soutien des forces syriennes, nous devrions nous attendre à ce que ce soient ces forces qui interviennent, et non les Russes.

Pour conclure, je dirais que ce que nous voyons se mettre en place est du Poutine typique : tandis que les dirigeants occidentaux préfèrent généralement des actions très visibles [et médiatisées, NdT] qui apportent des résultats immédiats (mais à court terme), Poutine préfère laisser ses adversaires s’infliger eux-mêmes le maximum de dommages avant d’intervenir par étapes graduelles et lentes. Le déchaînement de Daesh par les anglosionistes était une sorte de choc et effroi politique qui a presque renversé le gouvernement syrien. Lorsque cette stratégie d’action rapide mais à court terme a échoué, Assad était toujours là, mais Daesh s’était transformé en un monstre, un Golem qui menaçait tout le monde et que personne ne pouvait contrôler. Quant à Assad, il a été progressivement déclassé, passant du statut de nouvel Hitler gazant son propre peuple à celui de quelqu’un qui sera de toute évidence une partie de la solution (quelle que soit la solution qui finira pas émerger).

Pour tous ceux qui résistent à l’Empire, la leçon est claire : la chose la plus difficile est de rester debout après le premier choc infligé par les forces impériales. Si vous pouvez survivre (comme le Donbass et la Syrie l’ont fait), alors le temps joue en votre faveur et la position de l’Empire commencera à faiblir lentement mais sûrement à cause de ses propres contradictions internes. Lorsque ce processus est en cours, vous ne devez pas tomber dans le piège du surengagement, mais occuper graduellement chaque position (politique ou autre) abandonnée par l’Empire dans le processus de désintégration tout en assurant la vôtre à chaque étape du parcours.

C’est beaucoup trop tôt pour un quelconque trimphalisme – Daesh est toujours là, les Ukronazis à Kiev aussi, et l’Empire n’y pas encore tout à fait renoncé. La bonne nouvelle est que le vent a maintenant visiblement tourné et que si la lutte à venir est encore longue, la défaite finale des takfiris et des nazis semble inévitable.