Archive pour contre la gestion de la révolte

Reprenons nos affaires en main… sans intermédiaires et guignols « petits-chefs » autoproclamés…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, coronavirus CoV19, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , on 26 janvier 2022 by Résistance 71

rebelles

Contre les gérants de la révolte

Noche

2020

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Janvier 2022

Le 23 septembre 2020, j’ai marché avec quelques camarades dans une manif’ à Los Angeles en réponse à un verdict de grand jury sur le meurtre par la police de Breonna Taylor. Comme beaucoup de ces marches se déroulant après une évènement enrageant, cette marche / manif’ n’avait aucun leadership ni claire organisation derrière elle. C’est le genre d’évènement que je préfère car cela permet toujours plus de spontanéité, d’initiatives personnelles et de créativité de la part de ceux qui viennent pour exprimer leur colère et leur rage de ce monde anti-noir. Nous nous sommes réunis dans un parc jusqu’au départ de la manif’, menée par quelques personnes avec un haut-parleur dans un pick-up. A partir de là commença à émerger clairement un leadership durant la marche.

“Ralentissez !”
“Resserrez les rangs !”
“Gardez une ligne de front !”

Ceci furent quelques commandements éructés par quelques individus qui jamais ne se présentèrent à nous, ni jamais ne nous décrivirent ce qu’ils tentaient de faire. Et à cause de la nature même de l’action de rue et du besoin d’un anonymat relatif, c’est toujours difficile de s’arrêter et de dire : “eh les gars… merde vous êtes qui vous ? Qu’est-ce que vous faites ? Pourquoi devrions-nous vous écouter ?…

Je n’ai pas été dans toutes les actions de rue cet été, mais mon assomption est qu’une certaine dynamique s’est mise en place autour de ces gars, mais ce soir là, moi et mes potes, on a commencé à être ennuyé par tout ça, par ces commandements et cette idée sous-jacente que nous devions écouter et obéir à ces leaders auto-proclamés…

En tant qu’anarchiste, je m’érige contre toute autorité auto-attribuée et spécialement dans une manif’ qui est contre le flicage et l’autorité !.. A un moment donné, on a juste ignoré ces leaders auto-proclamés. Au départ, on marchait pour marcher sans but précis et ils semblait à ces leaders que c’était suffisant. Il n’y avait pas de véritable conflit. Lorsque ces leaders nous ont mené à côté d’une rampe de voie rapide avec un grand espace vide, on a commencé à comprendre que quelque chose n’allait pas. Ils n’étaient plus seulement “leaders”, mais aussi des “managers”, des “gérants” du truc.

Je me rappelle de quelques dires des marcheurs noirs cette soirée là : “Yo ! On n’a rien fait que de marcher !” / “Bon putain d’exercice, mais rien d’autre !”

Bon résumé de mes pensées ce soir-là. Mes potes décidèrent de quitter la scène en voyant que cela ne mènerait à rien d’autre qu’une parade de plus. J’ai continué afin de pouvoir retrouver mon transport. La marche retourna vers le QG du LAPD et à ce moment là j’ai compris qu’il était temps pour moi aussi de rentrer. Le seul point positif fut le fait qu’on ait pu pas mal taguer, mais la plupart des tags furent salis, brouillés, dès le lendemain.

Je ne suis en rien contre l’auto-organisation dans une marche de façon à ce que nous puissions nous garder en sécurité et que nous ayons une idée de ce que nous y faisons, mais quand ces leaders mènent ce qui est largement une marche non conflictuelle, pacifiste, alors nous devons réévaluer ce qu’il s’est passé. Le jour d’après quelqu’un dans un camion a foncé dans une marche à Hollywood, renversant deux marcheurs. Nous devons avoir des vigiles et trouver le moyen de garder nos activités de rues sécurisées, pas seulement des flics mais aussi de ces vigilantes extra-légaux qui n’ont aucun problème à faire de leurs véhicules des armes par destination, mais nous devons aussi avoir de sérieux espaces pour que les gens puissent exprimer leur colère comme ils le désirent.

Ce que ces journées passées dans les rues devraient nous instiller est la capacité de prendre nos actions (et nos vies) entre nos propres mains et non pas en suivant un leadership spécialisé nous disant ce qu’on doit faire ou pas. La passivité est déjà le problème de nos vies quotidiennes, pourquoi ne devrions-nous pas laisser nos actions de rues allumer l’envie de lutter ? Je m’en tape de faire une photo, des selfies dans des marches stériles, quelle que soit leur taille pour simplement dire et montrer que “j’y étais !” Ce que je veux c’est affecter directement le fonctionnement de la cité. Comme quelqu’un l’a si bien crié dans la marche : “Merde les gars ! C’est pas un putain de jeu !!”

Contre les gérants, au boulot et dans la rue !…

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

GR4