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Histoire de l’anarchisme (mise à jour)

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Résistance 71

11 novembre 2016

11 novembre, date anniversaire de la première grande boucherie oligarchique du XXème siècle et cette année, centenaire de la mère de toutes les boucheries militaro-industrielles: la bataille de Verdun.

Nous avons remis le nouveau lien de l’excellent documentaire de Tancrède Ramonet « Ni dieu ni maître, une histoire de l’anarchisme » sur les pages créées afin de diffusion ici et . Merci à Jo pour nous avoir communiqué le nouveau lien.

A (re)voir et à diffuser sans aucune modération !

Aussi à (re)lire et diffuser de la même manière ces textes fondateurs pour qu’enfin l’Idée d’une société émancipée du carcan oligarchique puisse être mise communément en pratique:

Après avoir été témoins de la déliquescence absolue de l’organisation étatique symbolisée par le pathétisme du grand cirque futile et illusoire électoral à Yankland il y a 3 jours et avant même que d’être les témoins (non participants car rien ne peut plus jamais se faire en notre nom et ce depuis bien des années déjà…) de l’ineptie équivalente qui sévira en France en 2017 pour déléguer le pouvoir à un Bozo franchouillard se foutant royalement de l’intérêt général, il devient urgent pour le peuple de changer son ATTITUDE envers le pouvoir et l’organisation générale de la société. Si nous ne pouvons pas vivre en dehors de la société, essence de la vie de l’espèce humaine depuis son existence, nous pouvons PARFAITEMENT vivre hors et sans un Etat régissant et contrôlant tous nos faits et gestes. La pensée oligarchique a fait de l’État la forme ultime de l’organisation humaine (la fin de l’histoire ?…) alors qu’il n’en est que le degré ultime de parasitisme et de totalitarisme, entretenant savamment la division de la société sans lequel il lui est impossible de survivre comme moyen coercitif de son oligarchie en place.

Le documentaire « Ni dieu ni maître, une histoire de l’anarchisme » ainsi que les textes mentionnés ci-dessus aident à la réflexion critique, à la remise en cause mais surtout à la compréhension qu’il y a une alternative à la division politique et économique de la société, au mode coercitif et totalitaire étatique: l’anarchie ou la société sans autorité où le pouvoir est de nouveau dilué dans le peuple, où il est particulièrement soluble et d’où il n’aurait jamais dû sortir en première instance.
Nous pensons que là reside la « ruse de la Raison » évoquée par certains si tant est qu’il y en ait une: l’avènement de l’État a été historiquement nécessaire pour faire comprendre indéfiniment de son ineptie, pour que les peuples reviennent, en l’adaptant à la vie moderne, à un mode de société tel qu’il le fut dans le passé: communiste (au sens communaliste, collectiviste communal), égalitaire, sans division politique ni par la suite économique de la société, solidaire et où l’entraide mutuelle joue un bien plus grand rôle que la « survie du plus apte ».

Au fil du temps le voile de l’illusion démocratique a été baissé sur nos visage et nous ne voyons plus la réalité qu’au travers du filtre du dogme imposé par la culture dominante. Il nous faut de toute urgence déchirer le voile, briser ce miroir qui ne nous renvoie qu’une image déformée, manipulée de la réalité, de notre réalité politique et sociale. Les documents ci-dessus contribuent grandement à déchirer ce voile et à aller de l’avant, unis par delà le bien et le mal, pour une société universelle.

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« C’est pourquoi les anciens disaient: Celui qui est avancé dans le Tao ressemble à un homme arriéré. Celui qui est à la hauteur du Tao ressemble à un homme vulgaire… Les princes [élites] s’habillent de riches étoffes ; ils portent une épée tranchante ; ils se rassasient de mets exquis ; ils regorgent de richesses. C’est ce qu’on appelle se glorifier du vol ; ce n’est point pratiquer le Tao. »
~ Lao Tseu, 600 AEC ~

« Le pouvoir n’est pas autre chose que l’emploi de la force… Ainsi rien de bon ne peut nous venir de la république et des républicains arrivés, c’est à dire détenant le pouvoir. C’est une chimère en histoire, un contresens que de l’espérer. La classe qui gouverne et qui possède est fatalement ennemie de tout progrès… »
~ Elisée Reclus, 1880 ~

« Jusqu’à présent, toute l’histoire humaine n’a été qu’une immolation perpétuelle et sanglante de millions de pauvres êtres humains en l’honneur d’une abstraction impitoyable quelconque: dieux, patries, puissance de l’État, honneur national, droits historiques, droits juridiques, liberté politique, bien public. […] La vie, non la science, crée la vie. L’action spontanée du peuple lui-même peut seul créer la liberté populaire.
[…] L’État c’est la force et il a pour lui avant tout le droit de la force, l’argumentation triomphante du fusil à aiguille, du chassepot. »
~ Michel Bakounine, 1882 (posthume dans « Dieu et l’État ») ~

“L’État, c’est ainsi que s’appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement et le mensonge que voici sort de sa bouche: ‘Moi, l’État, je suis le peuple !’… Là où le peuple existe encore, il ne comprend pas l’État et il le hait comme un mauvais œil et comme un pêché contre les coutumes et les droits… L’État, lui, ment dans tous les idiomes du bien et du mal ; et quoi qu’il dise, il ment et ce qu’il possède il l’a volé. Tout est faux en lui, il mord avec des dents volées, lui qui mord si volontiers. Fausses sont même ses entrailles… ‘Sur Terre il n’est rien de plus grand que moi: je suis le doigt qui crée l’ordre, le doigt de dieu’, voilà ce que hurle ce monstre…”
~ Friedrich Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra, 1883) ~

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Société contre l’État: La confédération des communes libres avenir de nos sociétés…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 11 mai 2016 by Résistance 71

« Renversez l’État, la société fédérée surgira de ses ruines, vraiment une, vraiment indivisible, mais libre et grandissant en solidarité par sa liberté même. » […]
« Opposons à un idéal copié sur le passé un idéal nouveau, l’anarchie, c’est à dire l’abolition complète des États et l’organisation du simple au composé par la fédération libre des forces populaires, des producteurs et des consommateurs. […] La révolution ne sera victorieuse que le jour où le travailleur des usines et le cultivateur des champs marcheront la main dans la main à la conquête de l’égalité pour tous, en portant le bonheur dans les chaumières comme dans les édifices des grandes agglomérations industrielles. »

(Pierre Kroptkine, 1882)

Manifeste pour la commune libre

Commune libre et autogestion

 

L’avenir de la société

 

Tiziana Antonelli

 

4 Mai 2016

 

url de l’article:

http://www.monde-libertaire.fr/?article=Lavenir_de_la_societe

 

« Il n’y a plus d’État, il n’y a plus de pouvoir central supérieur (…), il y a seulement la force collective résultant de la fédération (…) Les communes jouissent de toute leur indépendance, c’est cela l’anarchie véritable. » J. Guillaume

La Commune de Paris aujourd’hui

La commémoration de la Commune de Paris est tombée cette année au moment où émerge une défiance croissante des masses envers la justice et les formes de légitimation des classes au pouvoir.

Alors qu’on approche des élections municipales dans plusieurs grandes villes, la classe politique craint par-dessus tout l’accroissement des abstentions. L’abstentionnisme marque un tournant dans le panorama politique italien : déjà depuis quelques années il n’existe plus de représentation parlementaire qui se revendique explicitement de l’héritage historique du mouvement ouvrier (communiste ou socialiste) ; selon les recherches des instituts spécialisés, les ouvriers constituent la majorité des abstentionnistes, et l’abstentionnisme est l’option politique majoritaire des ouvriers. Il s’agit d’un vrai mouvement de masse, avec de profondes racines de classes, qui ne réussit pas encore à s’exprimer avec une proposition alternative au modèle étatique d’organisation sociale.

Les gouvernements source de la misère et de la violence

D’autre part la classe politique et les gouvernements démontrent chaque jour leur incompréhension et leur aversion à l’égard des exclus du pouvoir et des revenus de la société capitaliste, l’immense masse des frustrés, du prolétariat. Les politiques d’austérité et de croissance des profits, se traduisent par une augmentation de l’exploitation de la force de travail, par la réduction des salaires, par l’augmentation du chômage, en un mot la croissance de la misère des classes populaires. La répression qui frappe quiconque s’oppose aux projets des institutions et des classes dominantes, se transforme en une militarisation de la société et aboutit à la ségrégation et la plus grande violence à l’égard des migrants.

Le congrès de la Fédération

C’est dans ce contexte que la Fédération Anarchiste Italienne a décidé de mettre à l’ordre du jour du prochain congrès le projet de transformation sociale, et en particulier les formes d’organisations sociales anti-étatiques. Ce qui se passe actuellement au Kurdistan démontre l’utilité de la réflexion et de la proposition politique des anarchistes organisés. Le mouvement de libération du peuple kurde, inspiré par des idéaux assez différents des nôtres, cherche une solution à la situation dramatique des peuples de la région dans des formes d’organisations bien éloignées de l’idée de l’État-nation, qui prévoient une forte participation de la base, et susceptibles d’évoluer vers une société libertaire et égalitaire. En dehors des forces et de la présence du mouvement anarchiste, la prégnance du modèle anarchiste est perceptible dans sa continuelle réapparition, jusque dans les secteurs sociaux et politiques bien éloignés de nos idées. Il existe une poussée sociale profonde en faveur de l’anarchie, qui s’impose par delà les sujets qui en sont les porteurs. D’où l’importance du débat au sein de la Fédération : donner à cette poussée sociale profonde conscience de soi, de sa propre force et des objectifs concrets dans lesquels ils s’expriment.

Un nouveau modèle d’organisation sociale

La Commune de Paris a annoncé un nouveau modèle de société. Aujourd’hui nous ne nous y intéressons pas seulement pour commémorer cette épopée prolétarienne, mais surtout pour en tirer des enseignements pour l’avenir.

Errico Malatesta avait probablement raison quand il affirmait, cinquante ans après, que la Commune est plus importante pour ce qu’elle aurait pu être que pour ce qu’elle fut. Ce qu’elle a mis en place, malgré tous les efforts des philistins que se sont servis de l’émancipation de la classe ouvrière comme tremplin de leur propre ascension parlementaire (la longue marche à l’intérieur des institutions), c’est que le prolétariat peut conquérir sa libération seulement sur les décombres de l’État et à l’intérieur d’une organisation sociale basée sur l’assemblée de base, sur la révocabilité des délégués et sur le mandat impératif, sans compter la rétribution des fonctions égale au salaire moyen d’un ouvrier. En même temps, la Commune procéda à la liquidation des organes de répression et de l’armée, remplacés par le peuple en armes. Un autre point important fut la substitution du centralisme étatique par le fédéralisme des Communes.

Dans un article précédent (1903) le même Malatesta avait émis des doutes sur la Commune, qu’il considérait comme étant toujours une forme de gouvernement qui n’avait pas mal tourné uniquement parce qu’il avait peu duré. « La critique anarchiste s’est penchée depuis de nombreuses années sur les évènements connus sous le nom de Commune de Paris, et il est peu resté, ou pas grand-chose, du régime communaliste, comme cela fut entendu à Paris en 1871, qui puisse être accepté et donné en exemple aux anarchistes ». Avec le temps, à l’intérieur de l’anarchisme italien on a eu un regard plus favorable, en particulier suite à l’expérience des conseils et des soviets qu’ils reprirent à Bologne en 1920, en approuvant deux motions, l’une en faveur des Conseils de fabrique en période révolutionnaire, et une en faveur des Soviets en tant qu’organismes de reconstruction sociale, à condition qu’ils soient l’expression directe de la volonté populaire, et non des principes abstraits imposés par un parti particulier. Par la suite ce sera la Fédération Anarchiste Italienne, lors du Congrès constitutif de 1945, qui verra dans les Comités (en fait les anciens Conseils) les instruments de la reconstruction économique et sociale. L’expérience de la Commune réapparaît surtout sur l’aspect qui avait rendu le plus dubitatif Malatesta, c’est à dire sur le terrain de la réorganisation de la société dans sa complexité, et pas seulement dans la production, et la distribution sous la responsabilité des organisations de travailleurs.

Il s’agit d’un passage très significatif, qui fait que les modèles de reconstruction sociale de type syndicaux, qui mettent au centre le rôle des producteurs, n’ont pas réussi à entraîner la totalité des militants italiens.

Même le mécanisme de la délégation, objet des critiques de Malatesta, est devenu le patrimoine commun du mouvement anarchiste, commun aux deux branches qui se séparèrent au Congrès de Carrare en 1965. Il est intéressant de noter à ce propos la position de Michele Damiani, porte parole des Groupes d’Initiative Anarchiste, exprimée dans un article de 1966 : « Dans une société organisée anarchiquement sur le principe de la Commune autonome et fédérée aux autres communes, nous anarchistes serions « électeurs et éligibles », et un peu plus loin « … une chose est … de déléguer à d’autres la faculté d’établir des lois pour les imposer à tous, en usant de la force, et c’en est une autre de déléguer les devoirs, la charge de travail : délégations toujours révocables et à tout moment ».

Voici comment l’expérience de la Commune a été reprise dans le mouvement anarchiste. Cette expérience et le débat qui en est issu nous fournissent des instruments pour la construction d’une société libertaire.

Tiziana Antonelli

Tiré de Umanità Nova, 27/03/2016