Archive pour colonisation des Amériques

Résistance au colonialisme: Vision et analyse de la colonisation en 1912 (Jean Grave)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, chine colonialisme, colonialisme, crise mondiale, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 19 février 2018 by Résistance 71

Grand texte d’analyse visionnaire de Jean Grave écrit en 1912 que d’aucuns jugeront sans aucun doute de référence “archaïque” (elle est pour toi celle-là para…), mais dont l’actualité, 106 ans plus tard, est confondante et assourdissante pour la simple et bonne raison que cette analyse touche à l’universalité de la malfaisance de l’État, aidé en cela par son comparse capitaliste.

Il est plus que grand temps que nous adressions cette ignominie qui perdure et que nous nous unissions dans la complémentarité de nos cultures pour foutre toute cette fange par dessus bord et pour reprendre la barre du bateau ivre.

Quelques fragments de solution:

Manifeste de la societe des societes

~ Résistance 71 ~

 

La colonisation

 

Jean Grave

 

Les Temps Nouveaux no15, 1912

 

La colonisation prend trop d’expansion à notre époque pour que les anarchistes ne disent pas leur mot sur cette question. À l’heure où les nations dites civilisées se disputent des zones d’influence en Afrique : en Tripolitaine[1], au Congo, au Maroc, se partageant les peuples comme un bétail, tout cela cachant les plus louches combinaisons financières ; les pasteurs de peuples, n’étant plus que les chargés d’affaires des requins de la finance, des tripoteurs d’affaires véreuses, nous devons nous élever contre ce produit hybride du patriotisme et du mercantilisme combinés – brigandage et vol à main armée, à l’usage des dirigeants.

Un particulier pénètre chez son voisin ; il brise tout ce qui lui tombe sous la main, fait la rafle de ce qu’il trouve à sa convenance, c’est un criminel ; la « Société » le condamne. Mais qu’un gouvernement se trouve acculé à une situation intérieure où le besoin d’un dérivatif extérieur se fasse sentir ; qu’il soit encombré chez lui de bras inoccupés, dont il ne sait comment se débarrasser, de produits qu’il ne sait comment écouler, que ce gouvernement aille porter la guerre chez des populations lointaines, qu’il sait trop faibles pour pouvoir lui résister, qu’il s’empare de leur pays, les soumette à tout un système d’exploitation, leur impose ses produits, les massacre si elles tentent de se soustraire à l’exploitation qu’il fait peser sur elles, oh ! alors, ceci est moral ! Du moment que l’on opère en grand, cela mérite l’approbation des honnêtes gens ; cela ne s’appelle plus vol ni assassinat ; il y a un mot honnête pour couvrir les malhonnêtes choses que la société commet ; on appelle cela « civiliser » les populations arriérées !

Et que l’on ne crie pas à l’exagération ! Un peuple n’est réputé colonisateur que quand il a su tirer, d’une contrée, le maximum des produits qu’elle peut rendre. Ainsi, l’Angleterre est un pays colonisateur, parce qu’elle sait faire « rendre » à ses colonies le bien-être pour ceux qu’elle y envoie, qu’elle sait faire rentrer dans ses coffres les impôts dont elle les frappe.

Dans les Indes, par exemple, ceux qu’elle y envoie font des fortunes colossales ; le pays, il est vrai, est bien ravagé de temps à autre par des famines épouvantables, qui déciment des centaines de milliers d’hommes : qu’importent les détails, si John Bull[2] peut y écouler ses produits manufacturés, en tirer, pour son bien-être, ce que le sol de la Grande-Bretagne ne peut lui fournir. Ce sont les bienfaits de la civilisation !

Aujourd’hui, il est vrai, il faut déchanter. L’Inde fait concurrence aux produits de la « Mère Patrie ». Qu’à cela ne tienne, les capitalistes y transporteront leurs capitaux et leurs usines, et, comme les Hindous se nourrissent d’une poignée de riz, on pourra encore édifier des fortunes ; tant pis si les ouvriers anglais paient la différence. Pour leur faire prendre patience, on leur promettra l’empire du monde, et on les lancera contre les Boers ou les Allemands.

En France, c’est autre chose, on n’est pas colonisateur. Oh ! rassurez-vous, cela ne veut pas dire que l’on soit moins brigand, que les populations conquises soient moins exploitées, non ; seulement, on est moins « pratique ». Au lieu d’étudier les populations que l’on conquiert, on les livre aux fantaisies du sabre, on les soumet au régime de la « Mère Patrie » ; si les populations ne peuvent s’y plier, tant pis pour elles, elles disparaîtront petit à petit, sous l’action débilitante d’une administration à laquelle elles n’étaient pas habituées. Qu’importe ? Si elles se révoltent, on leur fera la chasse, on les traquera comme des fauves, le pillage sera alors non seulement toléré, mais commandé ; cela s’appellera une « razzia ».

La bête féroce que l’on élève et entretient sous le nom de soldat est lâchée sur des populations inoffensives qui se voient livrées à tous les excès que pourront imaginer ces brutes déchaînées : on viole les femmes, on égorge les enfants, des villages sont livrés aux flammes, des populations entières sont chassées dans la plaine où elles périront fatalement de misère. Ce n’est rien que cela, laissez passer, c’est une nation policée, qui porte la civilisation chez des sauvages !

Certes, à bien examiner ce qui se passe tous les jours autour de nous, tous cela n’a rien d’illogique ni d’anormal ; c’est bien le fait de l’organisation actuelle ; rien d’étonnant à ce que ces « hauts faits » d’armes obtiennent l’assentiment et les applaudissements du monde bourgeois. La bourgeoisie est intéressée à ces coups de brigandage, ils lui servent de prétexte à entretenir des armées permanentes, cela occupe les prétoriens qui vont, dans ces tueries, se faire la main pour un « travail » plus sérieux ; ces armées elles-mêmes servent de débouché à toute une série d’idiots et de non-valeurs dont elle serait fort embarrassée et qui, au moyen de quelques mètres de galons, deviennent ses plus enragés souteneurs. Ces conquêtes lui facilitent toute une série de tripotages financiers, au moyen desquels elle écumera l’épargne des gogos à la recherche des entreprises véreuses, elle accaparera les terrains volés aux vaincus ; ces guerres occasionnent des tueries de travailleurs dont le trop-plein la gêne chez elle. Les pays conquis ayant « besoin » d’une administration, nouveau débouché à toute une armée de budgétivores et d’ambitieux qu’elle attache ainsi à son char, tandis qu’inemployés, ils pourraient la gêner sur sa route.

Plus encore, ce sont des populations à exploiter, qu’elle pourra courber sous le travail, auxquelles elle pourra imposer ses produits, qu’elle pourra décimer sans avoir à en rendre compte à personne. En vue de ces avantages, la bourgeoisie n’a donc pas à hésiter, et la bourgeoisie française l’a tellement bien compris qu’elle s’est lancée à toute vapeur dans les entreprises coloniales.

Mais ce qui nous étonne, ce qui nous écœure, c’est qu’il y ait encore des travailleurs qui approuvent ces infamies, ne ressentent aucun remords de prêter la main à ces canailleries, et n’aient pas compris cette injustice flagrante de massacrer des populations chez elles, pour les plier à un genre de vie qui n’est pas le leur. Oh ! nous connaissons les réponses toutes faites qu’il est d’usage de débiter lorsqu’on s’indigne des faits trop criants : « Ils se sont révoltés, ils ont tué des nôtres, nous ne pouvons pas supporter cela… Ce sont des sauvages, il faut les civiliser… Nous avons besoin des terres qu’ils ne savent pas cultiver… Les besoins du commerce l’exigent… Oui, peut-être, on a eu tort d’aller chez eux, mais les colonies nous ont trop coûté d’hommes et d’argent pour les abandonner, etc., etc. »

« Ils se sont révoltés, ils ont tué des nôtres. » Eh bien ! après ? Qu’allait-on chercher chez eux ? Que ne les laissait-on tranquilles ? Est-ce qu’ils sont venus nous demander quelque chose ? On a voulu leur imposer des lois qu’ils ne veulent pas accepter, ils se révoltent, ils font bien, tant pis pour ceux qui périssent dans la lutte, ils n’avaient qu’à ne pas prêter la main à ces infamies.

« Ce sont des sauvages, il faut les civiliser. » Que l’on prenne l’histoire des conquêtes et que l’on nous dise après quels sont les plus sauvages, de ceux que l’on qualifie de la sorte ou des « civilisés » ? Quels sont ceux qui auraient le plus besoin d’être « civilisés », des conquérants ou des populations inoffensives qui, la plupart du temps, ont accueilli les envahisseurs à bras ouverts et, pour prix de leurs avances, en ont été torturées, décimées ? Prenez l’histoire des conquêtes de l’Amérique par l’Espagne, des Indes par l’Angleterre, de l’Afrique, de la Cochinchine et du Tonkin[3] par la France, et, à l’heure actuelle, la Tripolitaine par l’Italie, et venez, après, nous vanter la civilisation ! Bien entendu, dans ces historiques, vous n’y trouverez que les « grands faits » qui, par leur importance, ont laissé une trace dans l’histoire ; mais s’il fallait vous faire le tableau de tous les « petits faits » dont ils se composent, et qui passent inaperçus, s’il fallait mettre au jour toutes les turpitudes qui disparaissent dans la masse imposante des faits principaux, que serait-ce alors ? On reculerait écœuré devant ces monstruosités.

J’ai, pour ma part – ayant passé quelque temps dans l’infanterie de marine – entendu raconter une foule de scènes qui prouvent que le soldat qui arrive dans un pays conquis s’y considère, par le fait, comme un maître absolu ; pour lui, les habitants sont des bêtes de somme qu’il peut faire mouvoir à son gré ; il a droit de prise sur tout objet à sa convenance, malheur à l’indigène qui voudra s’y opposer, il ne tardera pas à apprendre que la loi du sabre est la seule loi ; l’institution qui défend la Propriété en Europe ne la reconnaît pas sous une autre latitude. Le soldat, en cela, est encouragé par les officiers qui prêchent d’exemple, par l’administration qui lui met la trique en main pour surveiller les indigènes qu’elle emploie à ses travaux.

Que de faits répugnants vous sont racontés là, naïvement comme choses très naturelles, et, lorsque, par hasard – si l’indigène s’est révolté, a tué celui ou ceux qui l’opprimaient –, vous dites qu’il a bien fait, il faut entendre les cris de stupeur qui accueillent votre réponse : « Comment ? puisque nous sommes les maîtres ! puisque l’on nous commande ! il faut bien nous faire obéir ; si on les laissait faire, ils se révolteraient tous, ils nous chasseraient. Après avoir dépensé tant d’argent et tant d’hommes, la France perdrait le pays, elle n’aurait plus de colonies ! »

Voilà où la discipline et l’abrutissement militaires amènent l’esprit des travailleurs ; ils subissent les mêmes injustices, les mêmes turpitudes qu’ils aident à faire peser sur les autres ; et ils ne sentent plus l’ignominie de leur conduite, ils en viennent à servir, inconsciemment, d’instruments au despotisme, à se vanter de ce rôle, à ne plus en comprendre toute la bassesse et l’infamie.

Les civilisateurs européens, Italiens, Français ou autres, feraient bien mieux de tirer partie des terres qui sont incultes chez eux, avant d’aller voler celles des autres.

Quant aux besoins du commerce, voilà bien le vrai motif : Messieurs les bourgeois s’étant embarrassés de produits qu’ils ne savent comment écouler, ils ne trouvent rien de mieux que d’aller déclarer la guerre, pour imposer ces produits à de pauvres diables impuissants à se défendre.

Certes, il serait facile de s’entendre avec eux, on pourrait trafiquer par la voie des échanges ; comme ils ne sont pas très ferrés sur la valeur des objets, ceux-ci n’ayant, pour eux, de valeur qu’autant qu’ils leur tirent l’œil, il serait facile de les « enfoncer » et de réaliser de beaux bénéfices ; n’en était-il pas ainsi avant que l’on pénétrât dans le continent noir ? N’était-on pas, par l’intermédiaire des peuplades de la côte, en relation avec les peuplades de l’intérieur ? N’en tirait-on pas déjà les produits que l’on en tire à présent ?

Oui, cela est possible, cela a été, mais voilà le diable ! Pour opérer de la sorte, il faut du temps, de la patience, impossible d’opérer en grand, il faut compter avec la concurrence : « Le commerce a besoin qu’on le protège ! » On sait ce que cela veut dire : vite, deux ou trois cuirassés en marche, une demi-douzaine de canonnières, un corps de troupes de débarquement, saluez, la civilisation va faire son œuvre. Nous avons pris une population forte, robuste et saine, dans quarante ou cinquante années d’ici nous vous rendrons un troupeau anémié, abruti, misérable, décimé, corrompu, qui en aura pour très peu de temps à disparaître de la surface du globe. Alors sera complète l’œuvre civilisatrice !

Si l’on doutait de ce que nous avançons, que l’on prenne les récits des voyageurs, qu’on lise la description des pays où les Européens se sont installés par droit de conquête, partout la population s’amoindrit et disparaît, partout l’ivrognerie, la syphilis et autres importations européennes les fauchent à grands coups, atrophient et anémient ceux qui survivent. Et peut-il en être autrement ? Non, étant donnés les moyens que l’on emploie. Voilà des populations qui avaient un autre genre de vie que nous, d’autres aptitudes, d’autres besoins ; au lieu d’étudier ces aptitudes et ces besoins, de chercher à les adapter à notre civilisation, graduellement, insensiblement, en ne leur demandant de prendre, de cette civilisation, que ce qu’ils pouvaient s’assimiler, on a voulu les plier d’un coup ; on a tout rompu ; non seulement elles ont été réfractaires, mais l’expérience leur a été fatale.

Que le rôle de l’homme soi-disant civilisé aurait pu être beau, s’il avait su le comprendre, et si lui-même n’avait été affligé de ces deux pestes : le gouvernement et le mercantilisme, deux plaies affreuses dont il devrait bien songer à se débarrasser avant de chercher à civiliser les autres.

La culture des peuplades arriérées pourrait se poursuivre pacifiquement et amener à la civilisation des éléments nouveaux susceptibles, en s’y adaptant, de la revivifier. Que l’on ne vienne pas nous parler de la duplicité et de la férocité des barbares ! Nous n’avons qu’à lire les récits de ces hommes, vraiment courageux, qui sont partis au milieu de populations inconnues, poussés par le seul idéal de la science et le désir de connaître. Ceux-là ont su s’en faire des amis, ont pu passer chez eux sans en avoir rien à craindre ; la duplicité et la férocité ne sont venues que de ces misérables trafiquants qui se décorent faussement du nom de voyageurs ; ne voyant, dans leurs voyages, qu’une bonne affaire commerciale ou politique, ils ont excité, contre le blanc, l’animosité de ces populations, en les trompant dans leurs échanges, en ne tenant pas les engagements consentis, en les massacrant, au besoin, quand ils pouvaient le faire impunément.

Faut-il apporter des faits ? Qu’on lise les livres de Vigné d’Octon[4] ; Chez les Hova, de Jean Carol[5]. Les atrocités des Chanoine et des Voulet[6] ne sont pas si loin de nous que l’on ne se les rappelle encore. Quant aux exploits des « civilisateurs » italiens en Tripolitaine, ils sont de l’heure présente.

Allons, allons, philanthropes du commerce, civilisateurs du sabre, rengaînez vos tirades sur les bienfaits de la civilisation. Ce que vous appelez ainsi, ce que vous déguisez sous le nom de colonisation a un nom parfaitement défini dans votre Code, lorsqu’il est le fait de quelques individualités obscures ; cela s’appelle : « Pillage et assassinats en bandes armées ». Mais la civilisation n’a rien à voir avec vos pratiques de bandits de grands chemins.

Ce qu’il faut à la classe dirigeante, ce sont des débouchés nouveaux pour ses produits, ce sont des peuples nouveaux à exploiter ; c’est pour cela qu’elle envoie les Soleillet, les de Brazza, les Crampel, les Trivier, les Fourreau, les Lamy[7], etc., à la recherche de territoires inconnus pour y ouvrir des comptoirs qui livreront ces pays à son exploitation sans bornes ; elle commencera par les exploiter commercialement, pour finir par les exploiter de toutes les façons lorsqu’elle aura placé ces peuplades sous son protectorat ; ce qu’il lui faut, ce sont des terrains immenses qu’elle s’annexera graduellement, après les avoir dépeuplés ; ne faut-il pas beaucoup de place pour y déverser le trop-plein de la population qui l’embarrasse ? Et acheter les parlementaires qui se font leurs complices à la Chambre ?

Vous, dirigeants, des civilisateurs ? Allons donc ! Qu’avez-vous fait de ces peuplades qui habitaient l’Amérique et qui disparaissent tous les jours, décimées par les trahisons, auxquelles, au mépris de la foi jurée, vous arrachez, peu à peu, les territoires de chasse que vous aviez dû leur reconnaître ? Qu’avez-vous fait de ces peuplades de la Polynésie, que les voyageurs s’accordaient à nous montrer comme des populations fortes, vigoureuses – de vrais types de beautés – et qui, maintenant, disparaissent sous votre domination ?

Vous des civilisateurs ? Mais du train dont marche votre civilisation, si les travailleurs devaient succomber dans la lutte qu’ils vous livrent, vous ne tarderiez pas à périr à votre tour, sous votre indolence et votre paresse, comme sont tombées les civilisations grecque et romaine, qui, ayant perdu toutes les facultés de lutte pour ne conserver que celle de jouir, ont succombé bien plus sous le poids de leur avachissement que sous les coups des barbares, qui, venant à prendre part à la lutte, dans la plénitude de leurs forces, n’ont pas eu grand peine à renverser cette civilisation en pleine décomposition.

Comme vous avez pris à tâche de détruire les races, non pas inférieures, mais seulement retardataires, vous tendez de même à détruire la classe des travailleurs, que vous qualifiez aussi d’inférieure. Vous cherchez tous les jours à éliminer le travailleur de l’atelier, en le remplaçant par des machines. Votre triomphe serait la fin de l’humanité ; car, perdant peu à peu les facultés que vous avez acquises par la nécessité de lutter, vous retourneriez aux formes ancestrales les plus rudimentaires, et l’humanité n’aurait bientôt plus d’autre idéal que celui d’une association de sacs digestifs, commandant à un peuple de machines, servies par des automates, n’ayant plus d’humain que le nom.

Notes:

[1] Possession ottomane depuis le xvie siècle, la Libye, dont la Tripolitaine est une des trois grandes régions, est colonisée par l’Italie en 1912.

[2] Personnage représentant l’Anglais typique.

[3] Après avoir colonisé la Cochinchine, région du Vietnam sud, et le Tonkin, région du Vietnam nord, les Français les intègrent en 1887 à l’Union indochinoise.

[4] Médecin de la Marine, écrivain et homme politique, Paul Vigné d’Octon (1859-1943) est l’auteur d’un pamphlet anticolonialiste, La Sueur du burnous (1911).

[5] Dans Chez les Hova. Au pays rouge (1898), Jean Carol (1848-1922), de son vrai nom Gabriel Lafaille, critique l’attitude des colons français à Madagascar.

[6] Appelée Mission Voulet-Chanoine, l’expédition française menée par les capitaines Paul Voulet et Julien Chanoine part en Afrique en 1899 pour la conquête coloniale du Tchad et se révèle particulièrement sanguinaire.

[7] Paul Soleillet (1842-1886), Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905), Paul Crampel (1864-1891), Élisée Trivier (1842-1912), Fernand Foureau (1850-1914), François Lamy (1858-1900), explorateurs français qui ont participé activement à la conquête coloniale de l’Afrique.

Publicités

En toile de fond de la visite de l’ensoutané en chef Bergoglio sur l’Île de la Grande Tortue (Amérique du Nord)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 22 septembre 2015 by Résistance 71

Au sujet des nations libres et indépendantes devenant humaines et civilisées

 

Steven Newcomb

 

20 Septembre 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/09/20/free-and-independent-nations-becoming-human-and-civilized

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En 1892. Burke Aaron Hinsdale délivra un discours commémoratif à l’université du Michigan intitulé: “La découverte de l’Amérique”. L’occasion de ce discours était le 400ème anniversaire du voyage historique de Christophe Colomb de l’Espagne aux Caraïbes. A la fin de son essai, Hinsdale déclara que Colomb “montra le chemin sur un océan de ténèbres.” “Il ouvrit les portails du continent des Amériques non pas seulement au royaume de Castille et de Léon, mais à l’humanité entière.” (p.31) Enfouie dans ce phrasé réside la vision que Colomb fut le tout premier à amener “l’humanité” sur ce continent.

L’affirmation de Hinsdale que Colomb “a ouvert” ce continent “à l’humanité” amène à la lumière du jour la façon dont la mentalité des universitaires européens et euro-américains ont typiquement catégorisé nos nations et nos peuples comme originellement existant “sans aucune humanité”. “Sans aucune” a deux significations: “manquant d’humanité” et aussi existant “en dehors” des frontières de l’humanité.

L’affirmation que les chrétiens européens ont “découvert” pour “l’humanité” les terres et les territoires de nos nations et peuples originels, porte une sérieuse et damnée implication: Nos nations et peuples ont été traités comme ne faisant pas partie de “l’humanité” au temps où Colomb et autres voyageurs créèrent la première “attention humaine” de l’existence de notre partie de cette planète. Du point de vue de l’Europe chrétienne, nos nations et nos peuples ne pouvaient pas être intégrés dans la civilisation “humaine” et “chrétienne” tant que nos ancêtres n’aient pas été réduits, subjugués de leur existence libre et indépendante et mis sous le joug de l’empire chrétien (chrétienté), ou le monde de la chrétienté.

Le Dictionnaire Universel de la Langue Anglaise, édition de 1938 par Henry Cecil Wyd contient la définition suivante pour le verbe “civiliser”: “1- Amener d’un état barbare à celui de civilisation.” Puis: “les sauvages ont souvent été civilisés par les missionnaires”. Une autre entrée pour le mot “civilisé” est: “en contraste avec les sauvages et les barbares”. Une question se pose avec ces définitions: Par quels moyens ceux qui sont jugés être dans un état barbare doivent-ils être amenés à la “civilisation” ? La réponse est donnée par le dictionaire Webster’s troisième édition internationale: Ils doivent être amenés à la civilisation par “l’imposition d’un système culturel”, qui doit-être imposée aux peuples et nation soi-disants “barbares” pour lesquels tout système culturel est une notion étrangère. Dans ce contexte, les missionnaires chrétiens sont donc parmi ceux qui sont amenés à forcer les peuples barbares moins qu’humains à embrasser l’humanité et la civilisation.

Considérer ce vocabulaire “civilisateur” ainsi que le processus mental qui va avec pour le mettre en pratique et déshumaniser pour mieux dominer nos nations indépendantes et libres de droit, n’est généralement pas quelque chose sur quoi on se focalise lorsqu’on parle des problèmes et des affaires indigènes. L’affirmation que le monde chrétien a “découvert” notre partie du monde pour l’”humanité” de la chrétienté fut très déshumanisant pour nos ancêtres et pour l’ensemble de nos peuples et nations. Les chrétiens refusèrent de catégoriser nos ancêtres comme étant pleinement humains parce qu’ils affirmaient qu’ils n’étaient pas égaux dans leur conception de l’humanité. Pourquoi ? La réponse simple et directe est: “parce que nos ancêtres et nos cultures n’étaient ni chrétiens ni européens”. Nous ne pouvions même pas devenir “civilisés” tant que nous n’avions pas été soumis à un processus de réduction et de dégradation de notre statut originel libre et indépendant, considéré comme un état d’indépendance “barbare” et réduits à un état de domination et de dépendance de la chrétienté et du système politique euro-chrétien, qui se devait d’exister au-dessus de nous pour nous assujettir et nous contrôler. Ainsi le terme “barbare” ne veut-il dire qu’un état d’indépendance et de liberté, une existence libre et indépendante de la domination étrangère.

Nos ancêtres étaient considérés comme hautains et arrogants parce qu’ils avaient toujours un esprit libre d’indépendance, une existence et une attitude toutes aussi libres et indépendantes. Les chrétiens européens considéraient que nos ancêtres n’étaient pas assez soumis, pas assez serviles et qu’ils ne seraient pas soumis tant qu’ils n’auraient pas été ramenés sous l’autorité et le contrôle de leurs “supérieurs” chrétiens. Nos ancêtres devaient être amenés à connaître et à reconnaître leur place d’infériorité et ceci ne pourrait pas se produire tant qu’ils n’auraient pas fait l’expérience de cette position. Ainsi les colons œuvrèrent à nous “apprivoiser”, à nous briser, à nous “civiliser” disaient-ils, en brisant notre esprit libre et indépendant, nos modes de vies “sauvages” et indépendants. Une des méthodes employées pour ce faire fut la mise de force dans des pensionnats pour Indiens, véritables “centres d’endoctrination”. Comme le déclara la cour suprême de l’état de Californie en 1886 dans l’affaire Thomson vs Doaksum: “Tant qu’ils demeurent en paix avec la race supérieure, ils seront protégés dans leur droit d’occupation de la terre.” La cour aurait dû en fait dire “seront protégés dans le droit d’occupation des sols que nous leur avons imposé.” En d’autres termes, la “race supérieure” auto-proclamée avait jugé que nos ancêtres étaient moins humains et en conséquence avaient des droits moins humains comme celui par exemple d’une simple occupation des sols plutôt qu’un droit inhérent à la terre, cette terre où nos ancêtres ont vécu de manière libre et indépendantes pendant des millénaires. Nos ancêtres furent déclarés “sujets” au “droit européen de propriété de la terre” et ainsi “soumis” à l’affirmation (pseudo)légale de la jurisdiction européenne chrétienne sur nos terres et territoires par simple élévation des supérieurs politiques au rang de “souverains”.

Les implications sont très profondes: Les colons planifièrent l’impossibilité pour nos nations et peuples de toujours avoir leur existence libre et indépendante en tant que nations lorsque nous sommes devenus “partie” de la civilisation chrétienne. Ceci fut le prix que nous devions payer pour notre entrée dans l’humanité et la civilisation chrétienne. Le juge suprême John Marshall appelait ceci, “l’échange d’une indépendance illimitée pour la civiisation et la chrétienté” (NdT: Nom de dieu quelle affaire d’enfer !!…). Eux les colons, furent ceux qui obtinrent, en s’octroyant eux-mêmes, une indépendance illimitée, comme partie intégrante du processus d’imposer la “civilisation” et le “christianisme” à nos nations, tandis qu’ils volaient et pillaient nos terres, territoires et nos ressources naturelles dans l’affaire.

Nos nations ne seraient pas considérées comme faisant partie de cette “humanité de la chrétienté” tant que nous n’aurons pas été conditionnés de vivre sous la domination d’un “souverain” injuste et irresponsable (dominorum), qui est maintenant appelé typiquement “l’État souverain”. Ce fut le but des colonisateurs de nous voir devenir “humains” et “civilisés! En devenant si accoutumés de vivre sour leur domination, nous le ferions bientôt sans plus en avoir même conscience, sans même poser de questions ni même défier le système. Fort heureusement, un grand nombre d’entre nous est bien éveillé et continue de questionner et de défier le droit auto-proclamé de la domination chrétienne européenne.

Résistance au colonialisme fléau #1: Réalités coloniales des Amériques (d’Australie et de Nouvelle-Zélande)…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, crise mondiale, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 2 décembre 2013 by Résistance 71

C’est une fois de plus les autochtones qui énoncent réalités et vérités historiques… Il est grand temps d’écouter, de comprendre, d’agir pour une véritable réconciliation non emprunte du racisme arrogant habituel et de nous unir contre la criminalité oligarchique.

— Résistance 71 —

 

4ème Reich !

 

Mohawk Nation News

 

29 Novembre 2013

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2013/11/29/fourth-reich/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les familles banquières “du crime” organisé sont le quatrième Reich. Ia’kon, on nous a raconté ( ouïs dires que nous n’avons pas vu nous-mêmes), que Jésus s’est rendu au temple de Jérusalem et se rendit compte que les changeurs d’argent l’avait tourné en “repère de voleurs”. Ils pratiquaient l’usure, c’est à dire ils chargeaient des intérêts sur les prêts faits aux gens. C’était immoral. Il renversa leurs tables et exposa leur escroquerie à la dette au grand jour. Une semaine plus tard, il fut cloué sur la croix.

Au Moyen-Age, l’usure était illégale en Europe. En 1080, les chevaliers des Templiers (les banquiers), devinrent les premiers banquiers internationaux. Ils instituèrent l’usure. Le vendredi 13 Octobre 1307, le roi Philippe de France et le pape les bannirent et les chassèrent d’Europe à cause de leur escroquerie à la dette illégale. Puis, ils arrivèrent sur nos côtes. Les 13 familles instaurèrent ensuite la corporation, l’entreprise financière appelée “La Couronne” (The Crown) ; leur escroquerie à la dette fut instaurée ici aussi.

Le système nazi entrepreneurial, corporatiste, masqué sous la forme d’un pays, a commencé ici sur l’Île de la Grande Tortue afin de dominer les peuples naturels. Il est fondé sur le génocide pour voler notre terre, nos ressources naturelles et nos fonds.

William Lyon McKenzie King fut le premier ministre canadien qui demeura le plus longtemps en fonction de manière intermittante entre 1921 et les années 1940. Il était le PDG de l’entreprise Canada et savait que: “L’usure une fois en contrôle, fera faire naufrage à toute nation.”

Le premier ministre King connaissait les dangers des banques privées créant la monnaie d’un pays. Il disait: “Tant que le contrôle de l’impression de la monnaie et du crédit n’est pas restauré de plein droit au gouvernement du peuple et reconnu comme la responsabilité la plus importante et sacrée, toutes paroles sur la souveraineté du parlement et de la démocratie ne sont que vaines et futiles.”

En 1934, il créa la loi sur la Banque du Canada (Bank of Canada Act), qui écarta les banquiers internationaux de la porte du Canada. En 1974 (NdT: Un an après le décret Pompidou / Giscard, tous deux affiliés à la banque Rothschild, qui vit la Banque de France rendue aux banquiers privés pour créer de la dette…) Pierre Elliott Trudeau, premier ministre du Canada, permit illégalement aux banquiers internationaux de revenir dans les vies des Canadiens en imprimant leur monnaie avec intérêt.

Nous, les peuples autochtones, demandons à ce qu’on nous aide à virer les changeurs d’argent du temple une bonne fois pour toute ! Dans la vidéo ci-dessous de Stewart Philips, il demande à tout le monde de soutenir la lutte des Mi’kmaqs d’Elsipogtog au Nouveau Brunswick.

 http://www.youtube.com/watch?v=eBLhUXhL5FQ&sns=fb

Nous, les véritables gens de ce territoire (Ongwehonwe), allons arrêter cette escroquerie à la dette qui cause la destruction de la planète Terre. Tout comme le chantait Roy Orbison à propos des victimes qui ne sont plus proches les unes des autres, vous, les entrepreneurs mercantiles, n’êtes ni désirés ni bienvenus. “C’est, fini, c’est fini, c’est fini, c’est fini”…

Quiconque travaille pour la “Couronne” dans les provinces et à Ottawa, sera tenu pour responsable par le peuple réel… Ongwehonwe (NdT: les habitants de l’île de la Grande Tortue ou Amérique du nord) se soulève !!

http://www.youtube.com/watch?v=h9JArvEJ64Mhe  Ongwehonwe rising!  Roy Orbison. “It’s Over”!