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Comprendre le colonialisme actuel: « Païens en Terre Promise », décoder la doctrine chrétienne de la découverte (Steven Newcomb) ~ 3ème partie ~

Posted in actualité, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 24 mars 2015 by Résistance 71

“La propriété c’est le vol !”

 “Si la propriété est un droit naturel, absolu, imprescriptible et inaliénable, pourquoi donc de tout temps y a t’il eu tant de spéculation sur son origine ?…

Le droit d’OCCUPATION, du PREMIER OCCUPANT, est ce qui résulte de la possession réelle, actuelle et physique d’une chose. J’occupe un lopin de terre, la présomption est donc que j’en suis le propriétaire jusqu’à ce que le contraire soit prouvé […] Grotius nous dit: ‘originellement, toutes choses étaient communes et indivisées, elles étaient la propriété de tous.’ La propriété est fondée en premier lieu sur la guerre et la conquête, puis sur des traités et des accords… Ces traités furent imposés aux plus faibles par les plus forts et dans ce cas ils sont nuls et non avenus… ainsi vivons-nous un état permanent d’iniquité et de fraude.”
~ Pierre Joseph Proudhon,“Qu’est-ce que la propriété ? 1840~

 

Pagans in the Promised Land, Decoding the Doctrine of Christian Discovery de Steven Newcomb ~ 3ème partie ~

 

Éditions Fulcrum, 2008

 

Traduction du titre: “Païens en terre promise, décoder la doctrine de la découverte chrétienne”

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Mars 2015

 

Introduction

1ère partie

2ème partie

3ème partie

4ème partie

Conclusion

 

Chapitre 7: Johnson contre MacIntosh

L’affaire Johnson & Graham’s Lessee contre McIntosh n’a en fait pas du tout impliqué directement des Amérindiens. L’affaire fut portée devant la justice pour régler une “dispute” entre non-Indiens. Les deux parties clâmant avoir des droits et des doléances rivaux sur la même parcelle de terre dans l’état de l’Illinois. Les évènements initiaux qui menèrent au litige commencèrent juste avant la guerre d’indépendance des Etats-Unis, lorsque deux entreprises immobilières: l’Illinois Land Company et la Wabash Land Company, achetèrent de grosses parcelles de terre aux Indiens. La première vente de terres eu lieu en 1773, lorsque l’Illinois Land Company acheta des terres aux Indiens Illinois (autrement connus sous le nom de Wabash). La seconde vente eu lieu en 1775, lorsque la Wabash Land Company acheta des terres aux Indiens Piankeshaw (autrement connus sous le nom de Kaskaskias). Quatre décennies plus tard, en 1818, le gouvernement des Etats-Unis vendît 4800 Ha de terre à un certain William McIntosh, terres sises dans ce qui devint l’état de l’Illinois. Les terres achetées et occupées par McIntosh étaient dites inclues “dans les limites des terres de l’achat des terres de 1775 aux Indiens Piankeshaws”. Le problème à résoudre pour les différents tribunaux fut celui de savoir qui avait un titre de propriété prédominant sur les terres. Était-ce les compagnies immobilières (qui fusionnèrent après les achats originaux) ou William McIntosh, qui avait acheté sa terre des Etats-Unis ?

L’affaire impliquait tout un tas d’autres questions tangentielles toutes plus intéressantes les unes que les autres comme: Qu’est-ce qu’un titre de propriété ? Quel type de titre de propriété possédait les Indiens en première instance ? Lorsque des sujets britanniques, que ce soient des personnes privées ou des entreprises commerciales, achetaient des terres des nations indiennes, quel type de titre de propriété recevaient alors les acheteurs sujets britanniques ? Est-ce que les spéculateurs fonciers non-indiens qui achetèrent des terres aux Indiens avant l’existence des Etats-Unis d’Amérique, reçurent un titre de propriété valide aussi loin que soient concernées les tribunaux des Etats-Unis ? D’un autre côté, quel type de propriété reçurent les Etats-Unis des Indiens, lorsque le gouvernemnt fédéral acheta leurs terres par traités ? Et lorsqu’il en vint à une concurrence légale entre les anciens sujets britanniques (ou leurs héritiers) qui avaient acheté les terres directement aux Indiens avant que les Etats-Unis ne soient même formés et quelqu’un qui acheta plus tard ces mêmes terres du gouvernement fédéral des Etats-Unis, laquelle des deux parties, de l’opinion de la cour suprême de justice des Etats-Unis, possédait un titre de propriété supérieur à faire valider ?

[…] En conclusion du rendu de la décison de la cour suprême que le juge Marshall écrivit au nom d’une cour unanime, il dit que chaque société a le droit “de prescrire ces règles par lesquelles la propriété peut-être acquise et préservée” et que ce droit ne peut pas être remis en question. La cour en l’occurence a pris sa décision dans cette affaire avec la présomption que les Etats-Unis en tant que société possèdent un droit inquestionable d’établir ses propres règles en regard de l’achat et du maintien de la propriété […]

Le juge Marshall a aussi admis que la cour avait atteint son verdict dans l’affaire Johnson sur la base de concepts injustes, ou sur une injustice, aussi loin que le droit des Indiens soit concerné. De l’opinion de la cour suprême, ce fut la prérogatives des Etats-Unis que de gérer l’affaire Johnson de cette manière et que la cour ne questionnerait pas le droit du gouvernement des Etats-Unis de le faire. Ci-dessous, nous allons voir ce que voulait dire le juge Marshall lorsqu’il se référait à des principes “autres que ceux de la justice abstraite”, à savoir la “découverte” et la “découverte chrétienne”.

L’injustice qui fut appliquée par la cour suprême envers les nations indiennes a tout a voir avec le fait que la cour catégorisa les nations de la manière “nations civilisées” et “nations non-civilisées”. Au tout début de son rendu, le juge Marshall dit que les “nations civilisées” (c’est à dire les nations européennes) possédaient “l’indépendance parfaite”… En vertu de la reconnaissance par la cour que les nations européennes était à la fois des “nations” et qu’elles étaient “civilisées”, la cour leur reconnaissait “l’indépendance parfaite” et la “parfaite souveraineté”.

Au contraire des nations indiennes, qui étaient elle qualifiées par la cour comme “n’étant pas civilisées”. Comme seules les “nations civilisées” chrétiennes européennes étaient reconnues posséder “l’indépendance parfaite”, cela signifiait que les nations indiennes “non-civilisées” étaient reconnues comme ayant un “indépendance imparfaite” et donc de ne pas être indépendantes. Comme nous le verrons plus loin, la cour suprême des Etats-Unis a décidé avec son verdict dans l’affaire Johnson contre M’Intosh que l’indépendance des nations indiennes avait été “diminuée” par la “découverte” du continent par les Européens chrétiens. […]

L’âge de la découverte dans le verdict de l’affaire “Johnson contre McIntosh”

Marshall ouvrit le corps du rendu de justice du verdict de l’affaire Johnson avec la discussion suivante concernant la découverte:

A la découverte de cet immense continent, les grandes nations d’Europe s’empressèrent de s’approprier pour elles-mêmes le plus possible de terres qu’elles purent respectivement acquérir. Cette grandeur de territoire offrait un énorme champ pour l’ambition et l’entreprise de tous ; de plus le caractère et la religion de ses habitants fournissaient une bonne excuse pour considérer les Indiens comme un peuple sur lequel le génie supérieur de l’Europe pouvait affirmer une ascendance.

[…] Les nations européennes avaient justifié leur affirmation de domination (“plus haut pouvoir”) sur le continent basée sur le caractère et la religion des Indiens (“païen”). Considérant que durant l’âge de la découverte, l’Europe occidentale était connue sous le nom de “Chrétienté” (où le christianisme prévaut ou a subjugué avec succès le paganisme), la déclaration de Marshall disant que les Européens avaient affirmé “une ascendance” sur le continent basée sur la religion ne peut-être interprêtée que comme faisant référence au christianisme et au fait que les peuples indigènes n’étaient pas chrétiens. La cour suprême de l’état du Tennessee fournit aussi plus tard, en 1826, une explication similaire dans son verdict de l’affaire Cornet contre Winton:

Pour avoir une vision correcte des règles adoptées et appliquées aux affaires indiennes lorsque des dons furent faits par les rois d’Angleterre sur les terres d’Amérique du Nord, nous devons regarder les opinions qui prévalaient à l’époque en matière de religion. Les pères spirituels de la chrétienté dictèrent la croyance des gens et assumèrent un énorme pouvoir sur ce passage des écritures saintes trouvé dans Matthieu 16:18. En tant que successeur de St Pierre, son don des pays infidèles était considéré scellé dans les cieux et bien entendu, dans la conscience même des chrétiens. Les ténets indiscutables de ceci furent écrit par Lord Coke de Colvin (sic) disant que tous les infidèles sont nos ennemis perpétuels de droit, car il existe une perpétuelle hostilité entre eux, possédés par quelques diables que ce soit et les chrétiens. La vieille loi des nations n’avait pas alors été estompée par la moderne, en ce qui concerne leur conduite envers les pays infidèles. Ce fut pratiqué par toutes les nations de l’antiquité: les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Romains et par les Israélites sous les auspices de Moïse et de Joshua. En accord avec ce qui était permis, ils extirpèrent les habitants des pays qu’ils envahirent, les expulsant de leurs logis ou les tuant ou les réduisant en esclavage, au mieux de leurs intérêts du moment. C’est avec ces opinions religieuses et cette loi des nations pour gouvernement que les Espagnols s’en vinrent aux frontières du Mexique, en possession d’un don qui leur avait été donné par le dépositaire suprême des biens terrestres (le pape), par lequel la totalité du continent des Amériques fut faite sujette de leur domination. Ils appelèrent les nations indigènes à renoncer à leurs erreurs et à la religion de leurs ancêtres afin d’embrasser la seule et unique foi ou de s’abandonner ainsi que leur pays au gouvernement des nouveaux venus. Sous cette loi des nations, ils importèrent des esclaves d’Afrique et consignèrent leurs prisonnier et leurs descendants à un esclavage perpétuel.

Sous ces auspices fut imbriquée la domination européenne sur le sol et les corps des humains, dans les codes de la jurisprudence américaine. Ceci fut tenu pour un titre légal de la plus haute authenticité à travers tout le monde chrétien.

Ainsi, malgré la présence de dizaine de millions d’autochtones vivant déjà au préalable sur ce continent, on nous dit que les monarchies de la chrétienté occidentale ont assumé le droit de régner sur les terres de ce continent “d’en haut” (projection métaphorique de “l’ascendance” décrite…). Marshall a écrit que les Européens ont utilisé le “caractère” indien (sauvage) et la “religion” (païenne ou infidèle, incroyant) comme justification de leur affirmation d’ascendance (de domination) sur le continent. Mais il a aussi fait référence à l’Europe ayant un “génie supérieur”. Ceci est une référence directe et une affirmation que les Européens étaient placés “plus haut” sur l’échelle de l’intelligence que les Indiens et aussi suggère que les Européens, en vertu d’une intelligence “supérieure”, possédaient une plus haute position de pouvoir en relation à la terre du continent et en relation aux peuples indigènes y vivant.

Puis Marshall affirma que les monarques européens se sont convaincus eux-mêmes qu’ils étaient justifiés d’assumer “l’ultime domination” sur les terres nouvellement “découvertes” du continent parce que les Indiens seraient adéquatement compensés par la civilisation européenne et le christianisme. Comme le dit Marshall, les Indiens recevraient la civilisation et le christianisme “en échange” de “l’indépendance illumitée” pour les Européens.

L’emploi par le juge de la cour suprême du concept “d’échange” demande un MCI de transaction commerciale. Une transaction commerciale se doit de toujours être un “échange réciproque” d’une chose pour une autre. Les participants à la transaction sont à la fois donneurs et receveurs. Sur la base de ce modèle, nous pourrions caractériser Marshall comme décrivant la civilisation et le christianisme comme étant des produits donnés ou “offerts” aux Indiens “en échange” d’une “indépendance illimitée” que les monarques européens auraient reçu des Indiens.

Cette mention par Marshall d’un tel “échange” est assez troublante. Après tout il a dépeint les monarques européens comme offrant et recevant, mais il n’a jamais explicitement expliqué ce que les Indiens “donnèrent” de fait, encore moins qu’ils donnèrent une “indépendance illimitée” aux monarques européens Le seul indice que l’on trouve est l’implication par Marshall que les monarques avaient “l’intention” de donner la civilisation et le christianisme aux Indiens comme moyen de “compensation”. Une compensation est faite pour quelque chose qui a été perdu, ou pour une blessure reçue ou pour de dégâts occasionnés. Il y a une partie responsable et cette partie doit compenser la ou les victimes.

Ainsi une manière d’interpréter ce langage quelque peu troublant de Marshall, serait de considérer que les Indiens seraient la partie lésée qui méritaient d’être compensée, dédommagée parce que les monarques européens s’étaient aloués à eux-mêmes une “indépendance illimitée” sur le continent ; ce qui handicaperait, minimiserait les Indiens en ne les autorisant pas à maintenir leur propre indépendance. En d’autres termes, les Indiens méritaient d’être dédommagés pour leur perte d’indépendance et de liberté. Et pourtant, l’explication de Marshall devint ironique lorsqu’il suggéra que les Indiens seraient compensés de leur perte d’indépendance par les deux choses qui ont été responsables de cette perte en première instance: la civilisation européenne et le christianisme. Ceci implique qu’une fois le processus “d’échange” complèté, les Indiens perdraient leur indépendance, mais ils auraient été adéquatement dédommagés en recevant la “civilisation européenne, le christianisme et un système de lois coercitives imposées.

[…] Marshall n’a jamais indiqué que les Indiens aient jamais volontairement été d’accord “d’échanger” leur propre indépendance contre la civilisation européenne et le christianisme. Ceci peut-être interprété comme une image conceptuelle. Marshall de manière évidente considérait comme inutile de savoir que les Indiens n’étaient en fait aucunement participants dans cet “échange”. Malgré le désir des Indiens de garder leurs terres et leurs modes de vie traditionnels, le phrasé de Marshall implique que les monarques chrétiens européens avaient conceptuellement “échangé” la civilisation européenne et le christianisme pour l’indépendance indienne. Il a été dès lors nécessaire pour les sujets des monarques de s’engager sur le dur chemin mental et physique de faire de l’indépendance européenne et de la subjugation physique, sociale et culturelle indienne, une réalité.

Le modèle du “peuple élu-terre promise” et le verdict de l’affaire Johnson

[…] Nous avons vu que les nations de la chrétienté ont conceptuellement emprunté au narratif biblique de l’ancien testament, de l’histoire du “peuple élu sur la terre promise” du contexte Moyen-Oriental et l’ont étendu au monde entier. Pour ce faire, elles se sont aventurées dans des voyages de croisades océaniques tout en se voyant comme un nouveau peuple élu, qui sur la base de passages bibliques comme celui de la Génèse 1:28 et psaumes 2:8, furent déterminées à subjuguer la terre et à étendre leur domination à toutes choses et être vivants. Ce sens d’une mission religieuse de croisade afin de christianiser, évangéliser et dominer le monde entier fut un objectif majeur de l’âge de la découverte, ce que le juge Marshall expliqua en tant que rapporteur de la cour suprême des Etats-Unis.

Comme les nations européennes étaient toutes à la recherche de terres sur le même continent, pour éviter “des colonisations conflictuelles et par conséquent des guerres les unes avec les autres”, elles avaient établi entr’elles un “principe”, que toutes devaient reconnaître comme étant la Loi par laquelle le droit d’acquisition de la terre sur le continent fut que “la découverte donnait le titre au gouvernement pour lequel les sujets ou autorités avaient fait la découverte, contre tous les autres gouvernements européens.

L’utilisation par Marshall d’un tel phrasé de “nations européennes” et “gouvernements européens” pourrait mener le lecteur à penser et à conclure que le principe de découverte identifié par Marshall était en fait séculier et non pas religieux. Fort heureusement quoi qu’il en soit, le juge associé à l’affaire Joseph Story, qui siégeait également à la cour suprême au moment du verdict dans l’affaire Johnson contre McIntosh, donna une vision plus profonde de la nature religieuse et de la toile de fond historique du concept de Marshall sur la “découverte”. Story était un ami intime de Marshall…

Voici ce que dit Story, son explication fut d’abord publiée juste 10 ans après que le verdict fut rendu dans l’affaire Johnson (NdT: en 1833 donc), l’utilisation d’expression linguistique séculière comme “nations européennes” pour disctuter du principe de la découverte, pour immédiatement passer à une explication de la “découverte” en termes du pape et en termes de catégorisation religieuse des Indiens comme étant des “païens infidèles”:

“[…] Les Indiens étaient une race sauvage, profondément plongée dans l’ignorance et le paganisme. S’ils n’étaient pas extirpés pour leur manque de religion et de morale juste, ils auraient pu être récupérés de leurs erreurs. Ils étaient voués à se soumettre au génie supérieur de l’Europe et en échangeant leurs habitudes sauvages et dégradantes pour la civilisation et le christianisme, ils devaient alors y gagner bien plus que l’équivalemt pour leurs souffrances et sacrifices. L’autorité papale fut aussi amené au secours de ces grands plans afin de renverser le paganisme et de propager la religion catholique. Alexandre VI, par sa bulle édictée en 1493 (bulle Inter Caetera), donne à la couronne de Castille la totalité de ce très vaste territoire qui venait juste d’être découvert, ou à découvrir, entre les pôles, aussi loin que ces terres n’étaient pas déjà possédées par un prince chrétien.

[…] Story ensuite décrivit “l’autorité papale” et une “bulle papale publiée en 1493” comme contexte du concept de la découverte qu’il allait expliquer. Dans ce document du Vatican dit Story, le Pape accordait “à la couronne de Castille l’entièreté du très vaste territoire découvert, ou à être découvert, entre les pôles, autant que les terres ne furent pas au préalable, possessions d’un prince chrétien.” Quel était le motif de ce don ? D’après Story, une des raisons pour laquelle le pape fit ce don était “pour le but de renverser le paganisme et de propager la religion catholique.” Ainsi, l’histoire que le juge suprême Story utilisa afin de contextualiser le concept de découverte dans l’affaire Johnson avait tout a faire avec quatre bulles papales émises par le pape Alexandre VI en 1493 après que le pape fut mis au courant par le roi Ferdinand et la reine Isabelle que Cristobal Colòn avait réussi à localiser des terres de l’autre côté de l’océan Atlantique. Dans la bulle Inter Caetera du 4 Mai 1493, le pape Alexandre VI déclara être de son désir que les “nations barbares” soient renversées, subjuguées et converties à la foi catholique et la religion chrétienne “pour l’honneur de dieu et pour l’expansion de l’empire chrétien.” Dans la bulle Inter Caetera, la pape déclare que:

“[…] qu’en notre époque spécifiquement, la foi catholique et la religion chrétienne soient exaltées et se développent partout, que l’on s’occupe de la santé des âmes et que les nations barbares soient renversées et amenées à la foi elle-même.
[…] Et afin que vous puissiez entreprendre une telle grande chose avec plus de promptitude et de motivation permises par notre faveur apostolique, nous, de notre plein accord, pas à votre requête ni la requête de quiconque d’autre à votre égard, mais de par notre seule largesse et certaine connaissance et de par la plénitude de notre pouvoir apostolique, par l’autorité de Dieu tout puissant qui nous est transmise par Pierre et le vicaire de Jésus Christ, que nous détenons sur terre, déclarons par la présente, que toutes îles trouvées par vos envoyés et vos capitaines, vous soient attribuées à vous vos héritiers et successeurs, rois de Castille et de Leon, pour toujours, avec l’ensemble des dominions/colonies, villes, camps, places et villages et tous droits, jurisdictions et appartenances de toutes îles et territoires trouvés ou à trouver, découverts ou à découvrir vers l’Ouest et le Sud, en traçant et en établissant une ligne allant du pôle arctique, ci-après nommé le Nord au pôle sud ci après nommé le Sud, sans se soucier si les terres ou les îles découvertes ou à découvrir se situent en direction de l’Inde ou vers quelque autre quartier ; la ligne se situant à cent lieues à l’Ouest et au sud des îles des Açores et du Cap Vert. Avec cette précaution néanmoins qu’aucune de ces îles et de ces terres trouvées ou à trouver, découvertes ou à découvrir, au-delà de cette ligne vers l’Ouest et le Sud, ne soient déjà en possession d’un roi ou d’un prince chrétien au jour de la naissance du Christ notre seigneur de l’an précédent cette années de grâce 1493. Nous vous faisons, appointons vous et vos héritiers et successeurs futurs, roi de celles-ci avec tout pouvoir, autorité et juridiction de toute sorte, avec toutefois cette provision que tout roi ou prince chrétien en possession de ces terres ne puisse en être dépossédé ou être expulsé. De plus, nous vous ordonnons en vertu de la sainte obéissance, qu’employant toute diligence dûe sur place, comme vous l’avez promis et sans que nous doutions de votre obéissance inhérente à votre loyauté et largesse d’esprit royale, vous devrez nommer sur ces terres des hommes d’expérience, obéissants et vivant dans la crainte de Dieu, afin qu’ils instruisent les habitants et les résidents de ces contrées à la foi catholique et à les entraîner à la bonne morale. De plus, quiconque de quelque rang que ce soit, même royal ou impérial, contreviendrait à l’interdiction de se rendre sur ces terres trouvées ou à trouver, découvertes ou à découvrir, sans permission spéciale de votre part ou de vos héritiers et successeurs, pour y faire commerce ou pour toute autre raison que ce soit, se verrait excommunié late sententie ipso facto.
[…] Ne laissons personne contrevenir éhontement à notre recommandation, exhortation, réquisition, don, permission, tâche, constitution, décret, mandat, prohibition et volonté. Quiconque tenterait ceci doit savoir qu’il subira la colère de Dieu tout puissant et des apôtres Pierre et Paul. Édicté à Rome, St Pierre, dans l’année de l’incarnation de notre seigneur mil quatre cent quatre-vingt-treize, le quatrième jour du mois de mai, dans la première année de notre pontificat.

Donné par ordre de notre plus grand saint seigneur, le pape

June. For the referendary,     For J. Bufolinus,

  1. de Mucciarellis.         A. Santoseverino.
  2. Podocatharus.

Comme mentionné dans les chapitres précédents, le saint siège du Vatican avait accordé au Portugal au XVème siècle, le droit de sugjuguer toutes les terres non-chrétiennes le long de la côte occidentale africaine et ailleurs. La bulle papale Dum Diversas émise par le pape Nicolas V pour le roit Alphonse V du Portugal, accordait au roi et à son neveu le prince Henri le navigateur le droit “d’envahir, de capturer, de vaincre et de subjuguer tous les sarrasins, païens et autres ennemis du Christ, de les réduire en esclavage perpétuel et ainsi de prendre possession de tous leurs biens, richesses et propriétés”. Le langage du pape Alexandre dans la bulle Inter Caetera reflète son désir pour le saint siège de voir que le droit du roi du Portugal soit protégé, qu’il puisse garder toutes les terres non-chrétiennes que le Vatican avait auparavant donné au Portugal, tout en s’assurant que le roi Ferdinand d’Espagne et la reine Isabelle reçoivent une grande latitude de pouvoir eux-mêmes posséder et coloniser les terres distantes non-chrétiennes.
Ce qui est important ici est que le juge Story a identifié une bulle papale du Vatican datant de 1493 comme origine du principe de la découverte que son ami et mentor John Marshall avait incorporé dans le rendu du verdict de l’affaire Johnson contre McIntosh. Le Vatican promulga ce principe dans le but religieux de renverser (”subjuguer”) le paganisme et de propager la doctrine de la foi catholique chrétienne.
J’ai indiqué ci-dessous en italique le phrasé identique utilisé par Story en comparaison avec celui de Marshall pour exprimer le principe de la découverte, dont il dit qu’il a pour origine la bulle papale de 1493:
“Alexandre VI, par une bulle émise en 1493, a accordé à la couronne de Castille l’immense territoire alors découvert ou à ietre découvert, entre les pôles, pour autant que ces terres ne soient pas déja en possession d’un prince chrétien. Le principe donc, que la découverte a donné le titre au gouvernement dont les sujets ou ceux qui en avaient l’autorité, contre tous les autres gouvernements européens, ayant été établi (par le don du pape), il devint alors évident, que tout gouvernement dans les limites de ses découvertes excluait toutes autres personnes de tout droit d’acquérir le sol par quelque don que ce soit des natifs. Aucune nation ne souffrirait que ses propres sujets ou ceux d’une autre nation puissent être suspicieux d’un tel titre. Il fut décrété n’être qu’un droit appartenant exclusivement au gouvernement dans sa capacité souveraine de mettre un terme au titre indien sur la terre et de perfectionner sa propre domination sur la terre et d’en disposer comme bon lui semble.”
[…]

La découverte chrétienne dans le verdict de l’affaire Johnson

Ce fut lorsque le juge Marshall examina les chartes royales d’Angleterre dans la décision de l’affaire, qu’il révéla explicitement l’origine religieuse chrétienne du concept de la découverte qu’il avait mentionné au début de son rendu.
Marshall déclara: “Personne de toutes les puissances d’Europe, n’a plus donné son plein accord de principe et ce sans équivoque que l’Angleterre.” Il continua en se référant à une terminologie religieuse spécifique qu’il considérait illustrative de “ce principe” de découverte ; il plaça même en italique dans le texte les mots peuple chrétien pour insister explicitement sur ce point:
“Les documents à ce sujet sont nombreux et très complets. Dès 1496, la monarchie donna une commission aux Cabot père et fils, pour découvrir des pays inconnus des peuples chrétiens et d’en prendre possession au nom du roi d’Angleterre. Deux ans plus tard, John Cabot fit ce voyage et découvrît le (sous) continent de l’Amérique du nord, il en longea les côtes le plus au sud possible jusqu’à la Virginie. C’est à cette découverte que les Anglais tracent leur titre de propriété.”
[…] Puis Marshall insista encore sur la présomption trouvée dans les chartes anglaises qui disaient que le “peuple chrétien” avait le droit de prendre possession des terres, pays “découverts”, pourvu que ces contrées fussent habitées par des “païens” ou non-chrétiens. Ainsi:
“[…] Le droit de découverte donné par cette commission est confiné en ces contrées “inconnues des peuples chrétiens” et à ces pays dont Cabot fut autorisé à prendre possession au nom du roi Henri VII d’Angleterre. Assumant ainsi un droit de prendre possession, nonobstant l’occupation des terres par les peuples natifs, qui étaient païens et en même temps, admettant et reconnaissant le titre de propriété de tout peuple chrétien qui en aurait fait la découverte préalable.
Le même principe de découverte continua à être reconnu. La charte donnée à Sir Humphrey Gilbert en 1578 l’autorise à découvrir et à prendre possession de tels territoires reculés, païens et barbares n’étant pas encore la propriété d’un prince ou d’un peuple chrétien. Cette charte fut ensuite renouvelée pour être donnée à Sir Walter Raleigh dans pratiquement les mêmes termes.”
La répétition des expressions peuple chrétien et prince ou peuple chrétiens et la distinction faite entre les deux catégories de peuple chrétien et de natifs, qui étaiet païens, nous permet de bien saisir le fondement et le contexte religieux de ce concept de découverte. Ceci est aussi pourquoi il est plus précis de se référer à la conception principale qui régit le verdict de l’affaire Johnson contre McIntosh comme étant celle de la découverte chrétienne que simplement la découverte ou découverte européenne. Le fait que Marshall ait aussi associé le principe de découverte chrétienne avec les affirmations de domination euro-chrétiennes, est illustré par son insistance sur le fait que le roi d’Angleterre donna à John Cabot et à d’autres explorateurs anglais le “droit de prendre possession” des terres barbares et paiennes. L’expression de Marshall droit de prendre possession, dont Thomas Hobbes dit qu’il “est appelé dominion”.
C’est pourquoi la déclaration de Marshall disant que les Anglais ont assumés un “droit de prendre possession” fut une autre façon que de dire, au nom de la cour suprême des Etats-Unis, que les peuples chrétiens avaient assumé la “domination” sur toutes terres non-chrétiennes qu’ils avaient localisées sur le continent nord-américain.

A suivre…

 

 

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La source du conflit en Palestine ?… Le colonialisme… Israël applique la méthode d’apartheid éprouvée en Amérique et dans le Commonwealth

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“La position inférieure des noirs, l’exclusion des Indiens de la nouvelle société, l’établissement de la suprémacie pour les riches et les puissants dans la nouvelle nation, tout ceci était déjà établi dans les colonies au moment de la révolution américaine. Les Anglais hors de la route, cela pouvait donc être maintenant couché sur le papier, solidifié, régularisé, légitimisé par le moyen de la Constitution des Etats-Unis.”
~ Howard Zinn ~

“La seule façon de mettre en échec et de stopper ce mal colonial est pour tous les Hommes Rouges de s’unir et d’affirmer un droit commun et égal sur la terre, comme cela fut en premier lieu et comme cela aurait dû le rester, car la terre ne fut jamais divisée et elle appartient à tous et pour chacun de l’utiliser. Aucune part ne peut-être vendue, même entre nous, encore moins à des étrangers, ceux qui veulent tout et ne se contenteront pas de moins.”
~ Chef Shawnee Tecumseh (de la même nation que l’auteur de notre article ci-dessous)

 

Nos nations originelles libres et indépendantes

 

Steven Newcomb

 

16 juillet 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/07/16/our-original-free-and-independent-nations

 

Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 13 Juin, le président Obama a visité la réserve indienne de Standing Rock. Pendant sa visite, Mr Obama a dit que “chaque américain, incluant chaque autochtone, a le droit d’avoir une chance de travailler dur et de réussir.” Il voulait sans doute dire “réussir” dans la société américaine des Etats-Unis.

En 1832, dans le rendu de l’affaire Worcester contre l’état de Georgie, le juge de la cour suprême Marshall (NdT: le même qui rendit la décision tristement célèbre dans l’affaire Johnson contre McIntosh de 1823…) caractérisa nos nations comme “indépendantes l’une de l’autre et du reste du monde”. Etant donné le contexte historique de notre existence libre et indépendante en tant que nations de plein droit, il est très troublant de voir le président Obama parler de nous comme si nos nations avaient été réduites avec succès à n’être plus que de simples “variétés” de citoyens américains. En accord avec ce point de vue, “Les indiens natifs ne sont plus donc qu’une ‘variété’ d’Américains.”

Un compte-rendu de l’agence Associated Press a rapporté que le président Obama et la première dame Michelle Obama, sont arrivés à la réserve de Standing Rock durant un jour de “fête, célébration du drapeau”. Ce qui serait une célébration du drapeau des Etats-Unis au cas où quelqu’un se poserait la question. Donc, le drapeau de l’empire, qui s’est engagé dans plus de 200 ans de politique faite pour déposséder, détruire et assimiler politiquement nos nations est maintenant “célébré” par ceux qui furent les victimes de la dépossession et de ces politiques destructrices. Que nous est-il arrivé bon sang ?

Ironie du sort: Il y a exactement 40 ans, la première conférence internationale sur les traités indiens se tenait des 8 au 16 Juin 1974, à… je vous le donne en mille… à Standing Rock. Un des résultats de cette conférence internationale fut la Déclaration de Continuité d’Indépendance. Elle fut appelée internationale parce que ce fut arrangé en discussions de nation à nation entre nos nations et peuples originels.

La partie ironique vient du fait que 40 ans plus tard, le 13 juin 2014, le président des Etats-Unis est honoré et le drapeau des Etats-Unis sont célébrés sur la réserve indienne de Standing Rock et ce malgré le fait qu’il n’y a eu aucune réforme de la fondation du système de domination et de “subjugation” qui continuent à être utilisé contre nos nations.

Ceci, bien sûr, fait apparaître au monde l’illusion que la pays indien dans son entièreté est ok avec le système de dominaton émanant de la loi fédérale sur les Indiens. Le 27 Mai 2014, quatre juges suprèmes en désaccord identifièrent le système de domination américain dans l’affaire de l’état du Michigan contre la Communauté Indienne de Bay Mills. Ils s’y réfèrent comme l’assujettissement des “tribus indiennes à l’autorité et la protection des Etats-Unis.”

Le pays indien est vraiment une terre “schizophrène”. Nous vivons quotidiennement avec les effets pervers du système de domination et de subjugation qui nous a été imposé et qui continue de l’être et pourtant il y a ceux d’entre nous que célèbrent le drapeau et le président d’un pays qui continue à nous imposer ce système de domination et de subjugation ? Pourquoi ? Avons-nous accepté notre destin imposé de “nations tributaires”, tributaires de la politique courante des Etats-Unis ? Le statut de sous-souverain du gouvernement des Etats-Unis est-il le mieux que nous voudrions espérer pour parvenir à une “vraie” auto-détermination ? Est-ce notre nouveau plafond ?

Le document de 1974 dit: “La Conférence Internationale sur le Traité Indien adopte par le présent ce Déclaration de Continuité d’Indépendance des nations indiennes natives souveraines de l’Amérique. Dans le cours de ces évènements humains, nous appelons le euple du monde à soutenir cette lutte pour nos droits de souveraineté et nos droits de traités. Nous assurons de notre assistance toute autre nations cherchant sa propre indépendance.” De quoi affirmaient-ils leur indépendance ? D’un système de domination et de subjugation qui est imposé par la loi et la politique coloniales fédérales américaines.

Quatre décennies plus tard, le gouvernement des Etats-Unis a réussi à créer l’impression devant la communauté internationale que la “grande nation Sioux” n’existe plus et que ses traités et droits inhérents n’ont plus aucune valeur. Ceci, bien sûr, donne aussi la fausse impression que la Déclaration de Continuité d’Indépendance qui fut proclamée sur cette même réserve de Standing Rock en 1974, est devenue lettre morte.

L’histoire colportée par Associated Press disait que le président Obama et sa femme Michelle “ont rencontré en privé des jeunes de la tribu au sujet des défis qu’ils rencontrent de grandir dans la réserve qui fut l’hâvre du chef Sitting Bull / Taureau Assis.” Quelqu’un perçoit-il le mensonge dans cette seule phrase ? Le grand leader spirituel des Hunkpapas Sitting Bull est né libre sur le territoire de la nation indépendante Sioux en 1831.

La nation Hunkpapa fut une des nations au sujet de laquelle le juge suprème John Marshall dit dans son rendu de justice sur l’affaire Johnson contre M’Intosh de 1823, qu’elle était une des nations du territoire dit “de la Louisiane”, qui “était de fait indépendante”.

Ce fut bien longtemps après que le système de réserves indiennes fut imposé par la force à la Grande Nation Sioux, que Sitting Bull finît par vivre à Standing Rock. Il fut éventuellement assassiné par la police indienne, d’autres indiens payés par le gouvernement, parce que le gouvernement américain avait peur de lui et de l’émergence d’un “empire indien”. Je n’invente absolument rien. Ils voulaient empêcher Sitting Bull de rejoindre le mouvement spirituel de la “Ghost Dance” ou “Danse fantôme”, qui avait été commencé par le grand leader Paiute, Wovoka et qui prenait une sérieuse ampleur. De tels détails et nuances sont bien sûr complètement omis par l’auteur de l’article d’Associated Press.

En contraste avec les dires d’Obama, il est important de nous rappeler que chacune de nos nations à travers l’Île de la Grande Tortue possède le droit sacré de naissance d’une existence libre et indépendante. Je veux dire par là, originellement libre et indépendante des systèmes de domination importés de manière invasive et coercitive dans cette partie du monde par les monarchies et les puissances impérialistes de la chrétienté occidentale à partir du XVème siècle.

Les Etats-Unis ont été fondés en tant qu’empire américain avec le désir de détruire notre mémoire de notre existence originellement libre et indépendante. George Washington lui-même a appelé les Etats-Unis “un empire juvénile”. Thomas Jefferson l’a appelé un “empire de liberté”. Le juge suprême John Marshall a appelé les Etats-Unis “notre empire s’étendant large”. La cour suprème des Etats-Unis a appelé les Etats-Unis: “L’empire américain” dans ses rendus Loughborough contre Blake de 1820 et de Downes contre Bidwell en 1901.

Les commentaires dqu’Obama a tenu sur la réserve de Standing Rock nous placent (et nous résument) dans la catégorie de “tout américain” et ainsi effacent toute reconnaissance et respect pour notre existence libre et indépendante en tant que nations originelles de l’Île de la Grande Tortue. Ceci fait partie du but stratégique de l’empire américain de nous assimiler politiquement dans la “fabrique” métaphorique de la société, d’une société impérialiste, qui s’est engraissée de nos vastes territoires, de nos eaux et de nos ressources naturelles.

La sénatrice du Dakota du Nord Heidi Heitkamp a accompagné le président Obama sur la réserve de Standing Rock et fit cette remarque qui nous cadra en termes de “citoyens américains”. Heitkamp a dit que le voyage d’Obama “était un grand pas en avant dans nos efforts d’élever à un niveau national les problèmes auxquels font face nos citoyens américains autochtones.” Une fois de plus, cette réthorique est faite pour nous assimiler politiquement dans le corps politique des Etats-Unis, comme partie du processus de destruction de notre conscience nationale et de toute reconnaissance de notre existence originelle libre et indépendante.

La vision que les Etats-Unis soient le “niveau national” est implicite dans la déclaration de la sénatrice Heitkamp et que quelque part, nous sommes en dessous de cela. Ceci implique aussi quelque chose d’autre: Si le “niveau national” est supposé être le “plus haut niveau au sein même des Etats-Unis”, alors quoi que ce soit d’autre, comme notre existence politique, est, par définition, condamné à exister à un niveau inférieur et qui est assujetti au “plus haut niveau”.

Le plus haut niveau est le niveau suprême ou iultime, qui établit ce que le juge Marshall appelait “domination ultime” dans le rendu de Johnson contre M’Intosh, ou “le pouvoir politique émanant de la propriété”, ce qui veut dire “la de facto domination”, d’après William Brandon dans on livre “New Worlds for Old”. N’est-il pas plus que temps de cesser de traiter cette domination et ce système de subjugation comme valides et normaux ?

Résistance politique au colonialisme: L’Institut Légal Indigène montre le chemin de la fin de l’empire (Steven Newcomb)

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Indigenous Law Institute

Institut Légal Indigène

 

Co-fondateur: Steven Newcomb

 

Source: http://ili.nativeweb.org/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Introduction

L’institut Légal Indigène assiste les Amérindiens et autres communautés indigènes à travailler vers un future de restauration et de cicatrisation. Nous accomplissons cela en travaillant au développement d’une base radicalement nouvelle de pensée au sujet des droits des peuples natifs, à partir d’une perspective de la loi traditionnelle et en affirmant que la nations et peuples autochtones possèdent un droit inhérent de vivre libres de toute forme de domination impérialiste.

Objectif

L’Institut Légal Indigène est dédié à soutenir les peuples et nations autochtones dans leur volonté de protection de leurs terres ancestrales sacrées, de restaurer et de revitaliser leurs traditions linguistiques, culturelles et spirituelles et les aider à cicatriser du trauma de la colonisation.

Résumé essentiel

Durant ces cinq derniers siècles d’histoire, les nations amérindiennes de l’hémisphère occidental et les nations indigènes des autres parties du monde (ex: Aotearoa (NZ), Australie et Hawaii), ont été forcées de vivre sous un mode de vie imposé par la domination impérialiste. Le résultat a été particulièrement destructeur pour nos terres, nos langues et nos cultures. Il est de l’intention de notre institut d’éduquer les gens au sujet du comment les réalités humaines sont véritablement socialement construites sur la base de la langue et de la culture. Notre but général est de persuader les gens de sortir d’un modèle d’existence dicté par l’impérialisme occidental et de construire une existence fondée sur une écologie sociale appropriée de restauration et de cicatrisation. Nous travaillons pour persuader la société dominante d’harmoniser son langage et sa culture avec la sagesse environnementale et de comprendre la pensée traditionnelle et la culture autochtones.

La loi traditionnelle autochtone

A l’époque de la soi-disante “découverte chrétienne européenne” des terres Indiennes de l’hémisphère occidental, nos nations et peuples autochtones vivaient une vie sprituelle et culturelle complètement indépendante et libre, basée sur l’intégrité de la famille, la communauté et la terre. Le mode de vie spirtituel de nos ancêtres était libre de tous poisons (pesticides, herbicides, organochlorines synthétiques) et de toutes autres substances chimiques industrielles mortelles comme le plomb dans l’eau que nos enfants boivent ou les vents radioactifs qui soufflent maintenant dans les déserts du sud-ouest.

Bien que certains pourraient dire que nos ancêtres ne possédaient pas les soi-disants progrès technologiques pour créer ces choses, nous disons que de telles réalités, qui menacent la vie sur la planète, ne sont pas du tout des “progrès”. Nous envisionnons un temps où notre style de vie sera une fois encore guidé par la loi native traditionnelle de façon à ce que de tels poisons ne contaminent plus les terres, les eaux et les systèmes immunitaires des gens.

Les modes de vie spirituels et basés sur la terre de nos ancêtres étaient en harmonie avec la maintenance des instructions originelles qui leur avaient été données par le grand mystère depuis des milliers d’années par voie de transmission orale. La sagesse du monde naturel et la compréhension de nos ancêtres existent toujours dans nos langues, cérémonies et les endroits sacrés de nos nations et peuples respectifs. La Loi Traditionnelle Autochtone se trouve dans la loi Kanaka Maoli des Hawaiiens natifs, dans les sept lois des Lakota, les 12 lois des Shawnee, les loi de Kogi, etc. Mais quand nous parlons de “loi”, nous parlons en fait d’alternatives conceptuelles et culturelles à la technologie et à la culture chimique de l’empire et de sa domination. La loi traditionnelle autochtone est aujourd’hui reconnue comme une source essentielle de sagesse environnementale et de compréhension de la planète. Nous sommes les avocats de la pensée native traditionnelle et de la culture en reconnaissant celles-ci comme une base nécessaire pour l’existence collective sur notreTerre-Mère.

Le modèle de domination impérialiste

Le 4 Mai 1493, le pape Alexandre VI émît un document pontifical connu sous le nom de bulle Inter Caetera. La bulle, émise à la demande du roi Ferdinand et de la reine Isabelle d’Espagne, “donnait” aux deux monarques catholiques toutes les terres que Cristobal Colon (Christophe Colomb) avait “découvertes” et toutes les terres qui seraient “découvertes” dans le futur. La seule limite que le pape plaça sur ce don fut que Ferdinand et Isabelle ne devraient pas tenter de “prendre” des terres qui auraient déjà été “prises” par un autre prince chrétien. Entr’autres choses, le pape déclara que c’était son désir que les nations non-chrétiennes soient “subjuguées” (militairement) et soient christianisées. Le pape voyait les monarques catholiques comme travaillant à l’extension de “l’empire chrétien”. “Nous croyons en Lui (le dieu chrétien)”, dit le pape, “celui par qui les empires, dominations et toutes bonne choses proviennent.”

Le modèle de domination impérialiste présume qu’il est justifiable pour un immigrant souverain (comme l’Angleterre, l’Espagne, la France ou le Portugal) de s’imposer sur un pays où vivent des nations libres et indépendantes et de simplement présumer le “droit” d’en prendre militairement possession par la force, de mettre les habitant originels sous le joug des lois et règlementations des constructeurs d’empire. La bulle du pape est significative d’un système de langage qui présume qu’il est permis pour un peuple d’assumer un droit divin de juguler et de dominer sous un empire d’autres peuples.

George Washington a dit en 1786: “Viendra sûrement un jour où cette nation aura un poids dans l’échelle des empires… et en tant que membre d’un empire infantile, je ne peux pas m’empêcher de tourner mon attention sur ce sujet…” Clairement, quand il s’agit des nations amérindiennes et de leurs peuples, les Etats-Unis opèrent strictememt sur la base du modèle de l’empire. Le fondement de ce modèle dans la loi fédérale indienne peut-être trouvé dans le verdict de la cour suprême des Etats-Unis concernant l’affaire Johnson contre McIntosh (8 Wheat. 543, 1823), que la cour a rendu en grande partie basé sur la bulle papale de 1493, Inter Caetera. Dans ce cas précis, le juge de cour suprême en charge de l’affaire, John Marshall, a dit que la “découverte” des “païens” par des “chrétiens” donna aux chrétiens une “domination ultime” (droit d’empire et de domination) sur les Indiens “découverts”. Après la “découverte” chrétienne, a dit Marshall, les droits des peuples Indiens à “une souveraineté complète en tant que nations indépendantes”, ont été “diminués”. De manière supposée, les Indiens ne gardèrent qu’un simple “droit” d’occupation de leurs terres ancestrales, et étaient soumis à la domination des Etats-Unis.

Après avoir correctement identifié la loi fédérale indienne comme un système de domination par le langage, l’Institut a commencé à travailler au développement d’une nouvelle forme de pensée radicalement différente au sujet de la relation entre les Etats-Unis et les nations et peuples Indiens. Nous n’acceptons pas l’idée qu’un fondement judiciaire basé sur des préjugés religieux (Johnson vs McIntosh) puisse légitimement nier le droit inhérent des nations indiennes de vivre librement sur leurs terres ancestrales. Dans un effort de gérer la situation avec le modèle de domination impérialiste, nous avons appelé formellement le pape Jean Paul II à révoquer la bulle Inter Caetera de 1493. Nous l’avons également invité à nous rejoindre sur la voie sacrée en honorant le premier principe de la loi traditionnelle native du “respect de notre terre-mère et d’avoir un regard sacré pour toute chose vivante”.

Séminaires sur les tragédies historiques non résolues

Après avoir souffert un traumatisme multi-générationnel aux mains des constructeurs d’empire, les nations et peuples autochtones souffrent maintenant d’une grande disfonctionalité. Mlle Maria Braveheart-Jordan a identifié le conseil pour “les tragédies historiques non résolues” comme étant une étape très importante vers la restauration et la cicatrisation qui doivent maintenant s’opérer dans nos familles et nos communautés. L’historien David Stannard dans son acclamé “L’Holocauste américain”, donne une perspective de la magnitude du problème dont nous parlons:

“Quelques générations seulement après leur première rencontre avec les Européens, la très vaste majorité des peuples autochtones de l’hémisphère occidental fut exterminée. La vitesse et l’amplitude de leur oblitération a varié selon les endroits et les époques, mais depuis des années maintenant des historiens démographes ont découvert, région par région, une vitesse de dépopulation post-colombienne se situant entre 90 et 98% et ce avec une telle régularité, que la règle d’or d’analyse est maintenant devenue: 95%. Ce qui veut dire qu’en moyenne, pour chaque 20 Indiens vivant au moment du premier contact européen, lorsque les terres des Amériques fourmillaient de dizaines de millions de personnes autochtones, seulement 1 serait resté vivante une fois le bain de sang terminé.” (Stannard, 1992, “Prologue”, at p.x)

Pratiquement toute la communauté indigène porte les cicatrices des générations traumatisées par le génocide, les abus coloniaux, la dégradation de l’environnement, les écoles résidentielles (pensionnats) forcées et les autres politiques de domination qui ont été infligées à nos nations et peuples. A son niveau le plus profond, ce traumatisme est un problème spirituel qui se manifeste au travers de symptomes comme par exemple un manque de confiance en soi, un taux de suicide très élevé, un abus auto-infligé comme par exemple une dépendance à l’alcool ou aux drogues, violence domestique sur les époux(ses) et les enfants et toutes autres difficultés tragiques qui étaient inconnues de nous avant notre contact (forcé) avec les Européens.

En tenant des “séminaires sur les tragédies historiques non résolues”, qui incluent des méthodes traditionnelles de cicatrisation (mentale) comme la cérémonie d’ “essuyer ses larmes” et des loges de purification (NdT: saunas traditionnels indiens comme les “inipis” Lakota), nos peuples peuvent être assistés pour soulager leur peine et leur souffrance pour ensuite refocaliser cette énergie de manière productive. De cette façon, nous devons définir le processus de “récupération” au sens large. Défini de cette manière, “la récupération” ne signifie pas simplement de sombrer dans l’abus de substances (alcool, drogues). Le “processus de récupération” doit aussi inclure le retour des langues, cultures et traditions incluant la loi traditionnelle autochtone. De cette façon, nous pouvons assister nos communautés le jour où elles auront “retrouvé” un mode de vie traditionnel spirituel, fondé sur la communauté et la santé de l’environnement et du bien-être de chacun.

Résistance politique: L’histoire colonialiste de l’Amérique du Nord vu du côté autochtone…

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L’histoire, comme l’a si bien dit Howard Zinn, est écrite par les vainqueurs des guerres déclenchées au profit du même petit nombre, par les industriels,  banquiers, hommes politiques verreux à leurs soldes, les généraux et autres sbires du système étatico-religieux.

Il est plus que temps pour nous, de prendre le recul suffisant pour comprendre et renier l’idéologie imposée au monde, en provenance d’occident, créée pour le détruire…

Les Amérindiens résistent au terrorisme occidental depuis 1492 !!

— Résistance 71 —

 

1ère opération fausse-bannière

 

Mohawk Nation News

 

16 janvier 2014

 

url de l’article:

http://mohawknationnews.com/blog/2014/01/16/1st-false-flag/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

La guerre révolutionnaire américaine fut vendue aux colons ayant colonisé l’Île de la Grande Tortue (NdT: Le nom donné à l’Amérique du Nord par les Indiens) comme un effort d’émancipation de l’Angleterre afin qu’ils deviennent libres de l’esclavage de la dette.

Cornwall et Washington se rencontraient tous les Jeudis soir dans la loge maçonnique pour pré-arranger toutes les batailles “combattues” en 1776, 1777 et 1778. Tous deux étaient des francs-maçons au 32ème degré. Tout n’était qu’arrangement théâtral pour savoir qui allait gagner ou perdre. Washington commencerait par une volée de mousquets, les Anglais retourneraient le feu, 10 Américains et 2 ou 3 Anglais seraient blessés, ensuite les Américains s’enfuiraient et les Anglais ne pourraient jamais les rattrapper. Les combattants en lambeaux auraient leurs chemises enroulées autour de leurs pieds en guise de bottes, jusqu’à ce qu’ils obtiennent de l’argent du congrès !

Jusqu’en décembre 1778, la plus grosse armée que Washington ait pu rassembler fut de 1000 hommes.. Sa première victoire eut lieu le 17 décembre 1778 contre les mercenaires hessiens envoyés par le roi George pour perdre face aux Américains.

En Janvier 1779, le général Sullivan amassa une troupe de 13000 hommes. En février 1779, il les mit en marche avec chevaux et canons. Ils nous ont attaqué avec tout ce qu’ils avaient au travers des territoires Seneca, pour attaquer la capitale de la confédération iroquoise sur le territoire Onondaga. Pendant ce temps là, la marine britannique mit ses navires à l’ancre dans la Ville de Québec et prit une année sabatique. Ils laissèrent les Américains finir le sale boulot sur les Iroquois que Champlain avait commencé en 1609.

La véritable raison pour la guerre révolutionnaire américaine était d’attaquer les Iroquois (NdT: véritable force et alliance indigène qui entravait la bonne marche des opérations coloniales…) et de diviser pour mieux conquérir les Indiens en mettant une frontière entrepreneuriale (une fiction totale) au travers du centre de notre territoire. Nous avons de suite remarqué que les mêmes familles géraient tout des deux côtés de la frontière.

La constitution de la paix fut transformée en constitution de la guerre (NdT: La constitution de la loi de la Grande Paix de la confédération iroquois a servi de modèle à la constitution des Etats-Unis). Le conseil des femmes fut remplacé par le sénat (que des hommes) et le processus de consensus fut changé de l’unité de l’esprit (décision prise à l’unanimité) à la dictature des 51%. Le peuple ne pourrait plus jamais redevenir un esprit sur quelque problème que ce soit. Ainsi, chaque guerre pourrait continuer à l’infini.

Le rêve maçonique était de transformer l’Amérique en le nouveau Babylone. Les dessins originaux des rues et des bâtiments de Washington DC montrent ceci (NdT: voir dans l’article original)

La fraude corporatrice jouée sur les colons est le fait que les Américains doivent jurer allégence à une constitution de guerre. Le langage légal assure que la version du système hiérarchique de la famille américaine dominante reste au pouvoir à tout jamais. La hiérarchie américaine est la propriété des banquiers de la City de Londres.

Chaque guerre depuis a été une opération fausse-bannière. Si les colons ne se rangent pas du côté des Indiens maintenant, alors chaque Américain et Canadien est complice de cette fraude et torpillent le futur de leurs propres enfants. Une autre guerre approche à l’horizon, dans un voisinage près de chez vous et par le moyen du faux-drapeau.

Comme le chantaient les Beatles: “You say you want a revolution. Well, you know we all want to change the world. You tell me that it’s evolution. … You say you got a real solution. Well, you know we’d all love to see the plan…”

The Beatles. “Revolution”.

Social Studies for Kids. “US History”.