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L’empire n’a pas de territoire… Il a usurpé la terre ancestrale au nom d’un dogme religieux raciste: la doctrine de la « découverte chrétienne »… (Steven Newcomb)

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Là réside comme nous l’avons dit à maintes reprises LA solution au problème colonial qui culmine avec l’empire anglo-américain actuel. La « nation indispensable », la « lumière sur la colline », la nation à la « destinée manifeste » au peuple élu (en concurrence avec .. l’autre…) pour « régner sur le monde », tel que cela est énoncé dans la doctrine américaine, est fondée sur un vol et un génocide. La nation, l’entreprise commerciale, Etats-Unis d’Amérique, n’a aucune légitimité territoriale. Question: Comment amener le « droit international » à le reconnaître ?

Dénoncer les atrocités et l’hégémonie économico-politique mondiale de l’empire ne fait que s’attaquer aux symptômes. Il faut le dire, mais adresser la racine du mal, la racine profonde du problème, c’est s’adresser à l’enfumage, à l’escroquerie légale qui entoure les fondements juridiques mêmes de la création de cette entreprise pirate. Steve Newcomb, légiste Shawnee, lève le voile sur une partie du problème en partant d’un problème concret de société, ironiquement lié à la société du spectacle yankee.

Pour faire cesser la gangrène impérialiste, il faut adresser le problème de la terre, des territoires et déposséder l’empire de la terre usurpée. Sans territoire, un empire s’effondre dans l’instant, sa structure implose. Les Indiens des Amériques ont entre leurs mains ce pouvoir de faire imploser l’empire. Les Aborigènes d’Australie, les Maoris de Nouvelle-Zélande, et tous les peuples dépendant toujours de la « couronne » de la City de Londres et de son Commonwealth colonial, l’ont également.

Aidons-les. Là réside la première partie de la solution à nos problèmes !

— Résistance 71 —

 

La vision panoramique au delà de l’affaire des “Red Skins”

 

Steven Newcomb

 

29 Août 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/08/29/big-picture-beyond-redskins-issue

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note du traducteur: Il y a plusieurs mois, une plainte suivie d’une forte campagne de lobbying a vu l’équipe de football de la NFL des Washington “Red Skins”, devoir abandonner son logo et sa “mascotte” jugés, à juste titre, racistes. “Red Skins” veut dire “Peaux Rouges” en anglais. Cette affaire a défrayé la récente chronique et a divisé l’Amérique. Dans l’article ci-dessous, le légiste Shawnee Steven Newcomb, fondateur de l’Ingigenous Law Institute, va au-delà de cette affaire et remonte comme il devrait toujours être fait, aux origines de ce qui est fondamental pour certains et anecdotique pour d’autres… Ce qu’on pourrait penser être une réaction puérile concernant le logo d’une équipe de sport rejoint la dimension fondamentalement raciste sur laquelle est fondée cette nation des Etats-Unis d’Amérique et dont les ramifications ont aujourd’hui une portée mortifère mondiale… Plongeon donc dans le linge sale d’une nation coloniale…

L’article le Susan Shown Harjo dans le numéro du 23 Juin de Politico, “The R-Word Is Even Worse Than You Think,” au sujet du problème avec l’équipe de la NFL de Washington D.C était excellent. Et pourtant, je me demande pourquoi la controverse n’est pas connectée et liée de manière plus générale à la “vision panoramique” à avoir du pays indien. Après tout, le problème des “Red Skins” et de leur mascotte est définitivement un symptôme d’une cause bien plus profonde ; une cause qui s’est manifestée dans tous les domaines de la société aux Etats-Unis et ce, jusqu’en haut de la pyramide légale que représente la Cour Suprême des Etats-Unis.

Cette cause sous-jacente provient, à mon sens, du fait que les Etats-Unis, en tant qu’empire américain, ont été fondés et construits sur la base de la domination et de la déshumanisation de nos nations originelles et de nos peuples. Mlle Harjo illustre ceci avec une phrase clef dans son article. Elle fait remonter le problème “au temps où les colonies, les entreprises commerciales et quelques états récompensaient au moyen de primes l’extermination des autochtones en prouvant une “mort d’Indien” avec la “peau rouge” sanglante”. Elle illustre par là même la domination et la déshumanisation de nos nations et peuples originellement libres de droit.

Le droit présumé de dominer et de déshumaniser nos nations et nos peuples est profondément ancré dans le psyschisme américain. Le racisme et la bigoterie religieuse judéo-chrétienne contre nos nations sont intimement tissés dans la fabrique même des institutions politiques et légales des Etats-Unis et de cette manière cela ne va pas se terminer de si tôt. Permettez-moi de vous fournir un exemple très concret:

Dans la décision de la cour suprême des Etats-Unis sur l’affaire Michigan vs Bay Mills Indian Community du 27 Mai 2014, à la fois la majorité et la minorité de la cour ont utilisé de manière explicite le mot “subjugation”, un terme qui veut dire “domination”, se référant à la relation du gouvernement des Etats-Unis avec nos nations et peuples originellement libres. Quelle fut la réponse du pays Indien ? L’utilisation par la cour d’un cadre de domination pour sa décision n’a apparemment pas causé la plus petite émotion parmi les leaders du pays indien.

Pas une seule organisation indienne majeure est sortie du lot et a décrié la majorité de la cour suprême disant que subjugation veut dire la “subjugation” de nos nations et de nos peuples “à la volonté du gouvernement fédéral”. Nous n’avons pas vu non plus une contestation publique du désaccord du juge Thomas dans l’affaire Bay Mills (rejoint par Alito, Ginsberg et Scalia) qui dit: “Malgré la subjugation des tribus indiennes à l’autorité et à la protection des Etats-Unis, ce tribunal les a qualifié de “nations domestiquement dépendantes” qui gardent des attributs limités de leur souveraineté historique ?”

Cela ne devrait pas être bien difficle d’utiliser toute l’attention gagnée par l’affaire des “Red Skins” et de ses mascottes pour aussi montrer au public ce point clé: C’est à cause du précédent de l’affirmation par l’ancien testament du gouvernement d’un droit à la découverte chrétienne et de domination qui ont mené nos nations à être définies par la cour suprême de “nations domestiquement dépendantes”.

La majorité et la dissidence de la cour suprême dans l’affaire de Bay Mills ont tous deux cité la phrase: “nations domestiquement dépendantes” depuis le rendu de l’affaire Cherokee Nation vs Georgia (1831). Cette phrase dans Cherokee nation… remonte à une phrase du rendu Johnson contre McIntosh (1823): “Elles (les nations indiennes) occupent un territoire sur lequel nous avons un titre de propriété indépendant de leur volonté…” Notez bien qu’il n’est pas dit que nos nations existaient libres et indépendantes sur nos propres territoires. Il est plutôt dit qu’elles “occupaient” un “territoire” pour lequel les Etats-Unis affirmaient avoir un titre de propriété. La cour suprême a dit que les Etats-Unis avaient clâmé un “titre de découverte” fondé sur l’affirmation d’un “droit à la découverte”.

Le juge suprême John Marshall expliquait dans un rendu unanime de la cour dans l’affaire Johnson contre M’Intosh la base pour les Etats-Unis justifiant une forme de titre de propriété sur les territoires de nos nations. Le juge Marshall, au nom d’une cour unanime, a dit que les nations d’Europe ont affirmé le titre de propriété des terres “alors inconnues de tout peuple chrétien” (NdT: En accord avec la bulle papale de 1493 Inter Caetera) et a dit “qu’elles avaient pris possession, assumé le titre de propriété” en “affirmant leur droit de prendre possession” de ces terres non-chrétiennes.

Les terres des autochtones “qui étaient des païens infidèles” a dit Marshall, ont été sujet à une assertion, par “le peuple chrétien”, de droit de possession. Par un accord commun des nations européennes, seul “le titre préalable d’un autre peuple chrétien qui aurait pu faire la découverte” avait à être reconnu.

Joseph Story était un assistant juge à la cour suprême lorsque l’affaire Johnson contre M’Intosh fut jugée et le rendu fut émis. Il était aussi un ami très proche du juge Marshall. Des années plus tard, dans deux des livres que Story écrivit, il expliqua le raisonnement derrière la décision de Johnson contre M’Intosh. Dans son livre A Familiar Exposition of the Constitution of the United States, Story demanda: “Comment alors, pourrait-on se demander, les nations européennes ont-elles acquis le titre général de propriété qu’elles ont toujours affirmé avoir sur la totalité du sol de l’Amérique, y compris sur les terres occupées par les tribus indiennes ?

Il répondit: “La seule réponse possible est la propre assertion des nations européennes qu’elles ont acquis un titre général de propriété sur la terre en vertu d’avoir été les premiers à découvrir cette dite terre ou en d’autres termes, que leur titre était fondé sur le droit de découverte.” En d’autres termes, les nations européennes “découvreuses” ont acquis de manière supposée le titre de propriété général qu’elles affirmaient posséder, simplement en affirmant qu’elles avaient acquis ce titre. Bizarre, bizarre.

Les mots de Story “le droit de découverte” correspondent à l’utilisation par le juge Marshall de ces mêmes mots dans le rendu de la décision de l’affaire Johnson contre M’Intosh

Le droit de découverte donné par cette commission (John Cabot) est confiné aux pays “alors inconnus au peuple chrétien” et de ces pays, Cabot avait l’autorisation d’en prendre possession au nom du roi d’Angleterre. Ainsi s’arrogeant le droit de prendre possession des terres nonobstant l’occupation par les autochtones, qui étaient païens et en même temps admettant le titre de propriété de tout peuple chrétien ayant fait la découverte au préalable.

De manière importante, et contrairement a ce que bien des universitaires contemporains ont écrit, le juge Story a expliqué que la “conquête” n’était pas la base de l’assomption du droit de découverte. Une logique différente fut utilisée. Celle-ci fut expliquée par Story dans ses “Commentaries on the Constitution of the United States” (1833) de la façon suivante: “parce qu’ils étaient considérés comme païens, infidèles et sauvages, les Indiens n’eurent pas le droit de posséder les prérogatives appartenant aux nations absolues, souveraines et indépendantes.”

Ainsi, le “droit de découverte” se réfère au “peuple chrétien” s’étant arrogé le droit de prendre possession des terres des “païens” (nos ancêtres libres et indépendants non-chrétiens). Les terres des non-chrétiens étaient soumises à la saisie d’une nation chrétienne au nom d’un droit de possession, qui incluait un présumé droit de domination par “le souverain”. C’est ce que la cour suprême appelle le “droit de la découverte”. De manière remarquable, à la fois la majorité et la dissidence votant dans l’affaire Michigan contre Bay Mills Indian Communities, en citant Cherokee Nation contre Georgia qui remonte à Johnson contre M’Intosh de 1823, a utilisé le droit chrétien de la découverte (NdT: qui remonte aux bulles papales du XVème siècle Romanus Pontifex et Inter Caetera…) comme cadre légal de la notion de domination/subjugation dans leurs décisions de justice de l’année 2014.

Les nations chrétiennes d’Europe et leurs successeurs, ont imposé sur nos ancêtres libres et souverains des concepts tels que ceux “d’infidèles, de païens et de sauvages”. Le juge Story révèle que cette imposition de terminologie de domination faisait partie de la logique utilisée par la cour suprême des Etats-Unis pour définir le titre foncier de nos nations comme n’étant que “seulement d’une simple occupation des sols”. L’imposition de ces définitions dominantes et déshumanisantes ont aussi mené nos nations à être définies dans Cherokee Nation vs Georgia et plus récemment dans l’affaire de Bay Mills, comme “des nations domestiques dépendantes”, le tout basé sur le supposé droit de la découverte chrétienne.

Comme ci-dessus mentionné, dans l‘affaire Bay Mills, la majorité des juges a dit que “la subjugation veut dire…” La “subjugation” de nos nations et des peuples à “la volonté du gouvernement fédéral”. Le juge Story remonte ce schéma exact au “droit de la découverte chrétienne” lorsqu’il dit que nos ancêtres “ont été autorisés à être les occupants légaux de la terre et autorisés à une possession temporaire, en étant assujettis à la souveraineté supérieure d’une nation européenne particulière, qui en fait possédait le titre de la découverte.

La cour suprême dans l’affaire Bay Mills n’a pas reconnu que son utilisation du terme “subjugation” en 2014 remonte directement à la “subjugation” des “païens, infidèles et sauvages” des siècles précédents. Il en va de notre responsabilité de mettre au grand jour ce fait. Il n’y a rien qui nous empêche d’utiliser ce point de contentieux à haut profil qu’est l’affaire des “Red Skins” pour faire focaliser l’attention sur le raisonnement raciste et de bigoterie religieuse, qui est utilisé jusqu’à ce jour par le gouvernement des Etats-Unis contre nos nations et nos peuples. Peut-être que cela irriterait plus le pays indien si le gouvernement américain utilisait une mascotte pour illustrer sa domination et sa subjugation de nos nations, spécifiquement si cette mascotte illustrait bien le “droit des chrétiens” de découvrir ce que la chrétienté occidentale considérait comme la “terre promise” par l’ancien testament (bible) de “l’Amérique du Nord”. Tandis que le dôme du capitole de Washington, qui fut construit par des esclaves noirs, n’est peut-être pas la mascotte du gouvernement américain, il est certainement un symbole valide et toujours présent de son système de domination.

Le fondement du colonialisme occidental d’hier et d’aujourd’hui: L’arrogance raciste eurocentrique…

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“Le gouverment défend les intérêts de la classe aisée. Il a augmenté les prix pour aider les industriels, donné des subsides aux intérêts des transports et plus de 10 millions d’acres de terre gratuits aux chemins de fer. Il a utilisé les forces armées contre les Indiens pour les expulser de leurs terres ancestrales, pour mâter la rebellion sociale, pour envahir des pays dans les Caraïbes pour le seul bénéfice des planteurs américains, des banquiers et des investisseurs. C’était et c’est toujours le gros gouvernement centralisé à l’œuvre… Comme l’a si bien dit l’oratrice populiste Mary Ellen Lease en 1890: Un gouvernement de, par et pour Wall Street.”

~ Howard Zinn, 2001 ~

 

Le juge Scalia de la cour suprême et la nature raciste de la loi fédérale indienne

 

Steven Newcomb

 

6 Juin 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/06/06/justice-scalia-and-racist-nature-federal-indian-law

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a quelques années, le juge de la cour suprême des Etats-Unis Antonin Scalia se trouvait à une réunion publique où se trouvait également Tom Cole, député républicain de l’Oklahoma. Apprenant que Cole était de la première nation des Chickasaw, Scalia lui dit alors: “N’oubliez-pas que vous appartenez à une race conquise.

L’utilisation par le juge Scalia du mot “race” place son commentaire dans un cadre évident de référence raciale. L’idée que les Amérindiens ont été “conquis” évoque le thème de l’infériorité (ceux voués à “être conquis”) et de la supériorité (le groupe racial qui dit avoir conquis “la race” traitée comme “inférieure”). En d’autres termes, le commentaire du juge Scalia était basé sur l’idée d’une domination raciale: “Nous sommes la race victorieuse et vous êtes inférieurs, la race ‘conquise’ “. Pour faire bref, le commentaire du juge Scalia était une expression raciste flagrante et serait en fait correctement ré-exprimée de cette manière: “N’oubliez pas que vous appartenez à une race dominée”.

Le département d’études ethniques de l’université de l’Oregon caractérise et étudie le racisme en tant que système de domination. Le racisme est structuré en termes de schéma du haut vers le bas et de supérieur et inférieur en ce qui concerne la domination et la subordination. Un exemple typique de racisme est d’automatiquement juger les gens ayant une couleur de peau sombre, avec des caractéristiques faciales “non-blanches” comme étant inférieurs aux “blancs”, aux gens avec une couleur de peau plus claire et des caractéristiques faciales européennes.

Pour un raciste, peau sombre et caractéristiques raciales non blanches sont des preuves de l’infériorité des gens plus “noirs”. Un jugement raciste d’infériorité peut également être fondé sur une autre caractérisation, comme par exemple une identification “de groupe”. Le simple fait d’être d’une “société non-blanche” et donc “plus basse” que la “norme” supposée supérieure des sociétés “blanches”, est suffisant pour être catalogué par un raciste comme “inférieur”.

Donald Sterling, le propriétaire de l’équipe de Basket-Ball de la NBA des Los Angeles Clippers a été impliqué dans une tempête de controverses au sujet de ce qui a été caractérisé comme des “commentaires racistes” faits à sa copine au sujet des noirs et des métis. Ses commentaires furent fuités anonymement dans les médias par le diffuseur de ragots TMZ et ceci eut pour résultat la condamnation du racisme dans les médias. L’attitude universelle semble être: “Comment Sterling ose t’il parler de la sorte au sujet des afro-américains pros qui jouent en NBA ?”

Les conséquences furent très rapides: Sterling va sûrement devoir vendre sa franchise des Clippers (dont il fera un gros profit sans aucun doute). Il a été banni à vie de la NBA et a eu une amende de 2,5 millions de dollars. Cela va lui faire mal et prendre une grosse portion de sa fortune estimée à 900 millions de dollars. Après l’amende, il lui restera 897 500 000 $ pour essayer de joindre les deux bouts. Ce genre de punition va sans nul doute lui donner une bonne leçon…

Un expert blanc de CNN a dit qu’il croyait que le scandale était fini et que la répudiation universelle des commentaires de Sterling ont lancé un signal clair que le racisme n’avait plus court aux Etats-Unis. Il est vrai que les africains-américains n’en sont plus au temps des toilettes publics et des fontaines séparés, des sièges dans les fonds des bus durant les jours des lois Jim Crow. Mais quoi qu’il en soit, pour les secteurs les plus pauvres de la société noire-américaine, les problèmes quotidiens issus du racisme institutionnel auxquels elle doit faire face, abondent.

Tandis que des propos racistes exprimés de manière privée à l’encontre de riches Afro-Américains qui jouent au basket professionnellement ne seront pas tolérés, spécifiquement s’il transparaît que ces vues racistes exprimées en privé sont grandement publicisées, il en va de toute autre manière lorsqu’il s’agit de l’expression d’un racisme envers les secteurs les plus pauvres de la société afro-américaine et envers d’autres soi-disants “groupes ethniques”. Un cas flagrant étant le commentaire du juge Scalia envers le citoyen de la nation Chicksaw Tom Cole. Le fait que Cole soit un membre dûment élu et qu’il siège au congrès des Etats-Unis n’a pas altéré la langue amère et raciste de Scalia.

Tandis que je refuse de penser ou d’écrire au sujet des nations originelles et de leurs peuples comme une “race” ou un “groupe ethnique”, cela n’en est pas moins un problème qu’un juge de la cour suprême des Etats-Unis avoue qu’il nous regarde comme une “race” qui est inférieure en résultante de l’affirmation que nous avons été “conquis”, ou en d’autres termes, “dominés”.

Il y a certainement une très grande différence entre Donald Sterling et Antonin Scalia. Après tout, Donald Sterling n’allait jamais être arbitre d’un match de NBA. Ce n’est pas comme s’il avait été forcé hors de la NBA pour l’empêcher de pouvoir utiliser son cadre de référence raciste pour juger des joueur de basket Afro-Américains sur le terrain ou utiliser ses vues racistes pour influencer le résultat de matches de basket spécifiques.

Quant au juge Scalia, il a siégé à la cour suprême des Etats-Unis pendant près de 28 ans et pendant cette période, il a utilisé son cadre psychique et mental raciste en ce qui concerne nos nations originelles (“Indiennes”) comme étant une race conquise (dominée) dans ses prises de décisions dans des affaires impliquant des Indiens. Pourquoi son commentaire ouvertement raciste à l’encontre de Cole n’a t’il pas rencontré une expression publique de scandale de la part des leaders du Pays Indien ? Pourquoi n’y a t’il pas eu de campagne persuasive pour faire virer Scalia de tout cas impliquant des nations et des peuples amérindiens ?

L’expert blanc de CNN qui a dit que le racisme avait généralement disparu aux Etats-Unis n’a très certainement jamais lu le livre de Robert A. Williams intitulé: “Like a Loaded Weapon: the Rehnquist Court, Indian Rights, and the Legal History of Racism in America”, 2005. Dans ce livre, le professeur Williams stipule de manière très claire que la loi fédérale américaine sur les Indiens est un secteur entier de la législation américaine qui est le produit d’une pensée fondamentalement raciste qui a été institutionnalisée aux Etats-Unis. Où est le scandale à ce sujet dans les médias américains ?

Alors que je préfère plus cadrer la discussion en termes de “racisme religieux” en me basant sur les termes de la Doctrine Chrétienne de la Découverte et de Domination, Williams démontre clairement que la loi fédérale indienne est un système d’idées structurés en termes de supériorité blanche et d’infériorité non-blanche, ce qui continue à être utilisé à la cour suprême des Etats-Unis de manière anti-indienne quotidiennement. Quiconque voudrait affirmer que le racisme n’a plus cours aux Etats-Unis aujourd’hui n’a aucune idée du fait que la cour suprême continue de prendre des décisions basées sur la loi fédérale indienne, elle-même fondée sur des précédents et une jurisprudence racistes contre nos nations et peuples originels.

En ce qui concerne la déclaration du juge Scalia, le bureau du député Cole m’a dit qu’il ne commenterait pas “sur une converstaion privée”. Son bureau n’a pas dit que l’incident ne s’était jamais produit, ou que Scalia n’avait jamais fait cette déclaration au député Cole ; son bureau l’a simplement classifié comme étant “privé”, alors même que le député raconta de manière évidente le commentaire de Scalia à une conférence d’avocats dans l’Oklahoma.