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Stoppons l’empire, privons-le de ses terres usurpées.. Démantelons la doctrine chrétienne de la « découverte »…

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Vers le démantèlement de la doctrine de la domination chrétienne

 

Steven Newcomb

 

20 Novembre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/11/20/toward-disestablishing-doctrine-christian-domination

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans son article récent (ici en anglais: http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/10/24/deconstructing-doctrine-discovery ), le professeur David Wilkins (Lumbee) dit que la doctrine de la découverte est passée par beaucoup d’expressions différentes, comme une “fiction théologique” des papes, “une fiction politique” des nations européennes, et une “fiction légale” des Etats-Unis (NdT: et du Canada…). Il affirme que récemment, la doctrine de la découverte a été “dangereusement réobjectivée comme fiction populaire”.

Le professeur Wilkins est un universitaire brillant et accompli et il est bon de le voir discuter d’un sujet que son mentor, feu l’universitaire Standing Rock et le théologien Vine Deloria Jr, firent tant pour le mettre en valeur. Cette mise en valeur inclut la lettre ouverte de Deloria en 1972 aux chefs des églises chrétiennes et son fameux ouvrage de 1973 “God is Red” (“Dieu est Rouge”), dans lequel il cita la bulle papale de 1493 Inter Caetera.

En tout cas, les vues de Wilkins ne sont sûrement pas au-delà de toute critique, spécifiquement du fait que ses commentaires sont faux ou imprécis. Il dit par exemple que “comme cela fut originellement conçu par le pape Alexandre VI dans sa bulle de 1493, la ‘découverte’ accordait les intérêts particuliers exclusifs de l’Espagne dans les Amériques.” Pourtant, Wilkins ne nous dit pas, précisément, de quel type “d’intérêts exclusifs dans les Amériques” le pape avait l’intention d’accorder à la couronne de Castille.

En Mai 2013, Debra Harry (Paiute), Sharon Venne (Cree) et moi-même (Shawnee) avons consulté et étudié des documents originaux papaux aux Archives Générales des Indes Occidentales (NdT: Ces énormes archives sont conservées dans la ville de Séville en Andalousie, elles contiennent 43 000 dossiers contenant plus de 80 millions de pages et 8000 cartes géographiques…). C’était le 4 Mai, 520 ans jour pour jour après la publication des documents papaux de 1493. Au dos d’un des deux parchemins velum, la notation du secrétariat royal dit que les documents furent une concession de pape Alexandre VI à la couronne de Castille “pour gagner et conquérir les Indes”, (“ganaran y conquistaron de las Indias”).

En d’autres termes, ce furent des concessions de la papauté autorisant la couronne à forcer “les Indes” à passer sous la domination chrétienne. Les documents papaux ont exprimé et assumé le droit chrétien, catholique et espagnol du dominium ou “dominorum Christianorum” (Eximae Devotinis, May 3, 1493). Cette assomption de la domination chrétienne soulève la question de savoir si les nations indiennes furent considérées par les penseurs chrétiens, avoir la souveraineté et le dominium ou domination, au même niveau et au même degré, que l’église catholique et la couronne d’Espagne.

Le professeur Anthony Anghie dans son livre “Imperialism, Sovereignty, and the Making of International Law” (2004), dit que le théologien espagnol Francisco de Vitoria avait argumenté que “les Indiens n’étaient pas souverains parce qu’ils étaient des païens.” Ce fut le point de vue de Vitoria que les Indiens n’étaient pas souverains parce qu’ils n’étaient pas chrétiens. Wilkins dit que Vitoria a déclaré “que les peuples natifs étaient les vrais propriétaires de leurs terres” et que Vitoria était de l’avis qu’une appropriation espagnole “d’un titre de propriété par la découverte ne pourrait être justifiée que quand la propriété était sans propriétaire.” Ainsi nous avons affaire à deux problèmes en un:

  • Si de l’avis de Vitoria les Indiens étaient souverains et…
  • Si un titre de propriété “au travers de la découverte” s’est appliqué là où des nations non-chrétiennes et leurs peuples vivaient déjà.
    Il est possible que le professeur Wilkins ne soit pas au courant de l’argumentation de Vitoria sur le fait que les Indiens n’étaient pas souverains car n’étant pas chrétiens. Ou peut-être a t’il décidé de laisser cette argumentation hors de son article, tout en mentionnant ce qu’il dit être la vision de Vitoria des Indiens à savoir “qu’ils étaient les véritables propriétaires de leurs terres”.

Quoi qu’il en soit, les idées de domination (“ganaran y conquistaron”) exprimées dans la bulle papale, l’affirmation par l’Espagne et les autres nations chrétiennes du droit de domination sur toutes les terres non-chrétiennes et la vision de Vitoria affirmant que les monarques chrétiens étaient souverains mais que les Indiens non-chrétiens ne l’étaient pas, ont résulté d’un cadre conceptuel bien spécifique: Le dominium ou droit de dominorum d’un souverain chrétien contre le titre de quelque infidèle ou païen décrété non-souverain par les chrétiens.

Quel serait le résultat si les chrétiens concevaient nos ancêtres “être les véritables propriétaires” de nos terres, sous le pouvoir et le dominium ou dominorum d’un souverain chrétien résultant de la première assertion de la souveraineté chrétienne et de son dominium sur des terres non-chrétiennes ? Le résultat serait un cadre de “titre souverain chrétien contre un titre moindre, diminué d’Indiens non-chrétiens, non-souverains.”

Dans l’article d’opinion de Wilkins, il mentionne le célèbre article légal de Felix Cohen “Original Indian Title”, publié en 1947. Dans cet article nous y trouvons ce sous-titre: “Le titre souverain: Johnson contre McIntosh”. Avec ce sous-titre, Cohen disait que Johnson contre M’Intosh (NdT: référant à une fameuse décision de la cour suprême des Etats-Unis en 1823, légiférant en faveur de la souveraineté chrétienne en accord avec la doctrine de la découverte…) était au sujet du supposé supérieur “titre souverain” de l”ascendence”, de “la domination (dominion) ultime” ou de la “domination absolue”, tout autant que cela était au sujet d’un titre de propriété indien ou du droit “d’occupation de la terre”.

Dans le rendu de l’affaire White contre l’université de Californie, un panel de trois juges de la cour d’appel du 9ème district a récemment dit que l’occupation indienne des sols “n’est pas un droit de propriété”, mais n’est qu’un “intérêt aborigène à la terre”. Après avoir mentionné dans son article la sitation de la 9ème chambre d’appel dans le cas des Indiens Tee Hit-Ton contre les Etats-Unis, Wilkins demande:

Mais pourquoi y a t’il une poussée ces jours-ci vers le retour à la version discréditée il y a longtemps de la doctrine de la découverte, alors que la réalité historique montre clairement qu’elle n’a pas été utilisée de quelque manière pratique que ce soit par les colons subséquents après les écrits de Vitoria ?

Il pose cette question comme si on ne trouvait que la “version papale” de la doctrine de la découverte dans les archives historiques, ce qui n’est clairement pas le cas. Ceci est parfaitement démontré par le résumé légal du ministère de la justice américain en 1954 de l’affaire des Indiens Tee-Hit-Ton contre les Etats-Unis. Dans ce résumé légal, le solicitor du gouvernement Simon Sebeloff a dit que ce qui commença comme une doctrine de la papauté avant et au commencement de l’âge de la découverte, fut ensuite généralisé et adopté par “toutes les nations chrétiennes” d’Europe.

Ce fut la version généralisée plutôt que la “version papale” de la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination qui est devenue le fondement du rendu de Johnson contre M’Intosh et du sous-titre de l’article de Felix Cohen (“the Sovereign’s title: Johnson v. M’Intosh”). La doctrine chrétienne de la découverte et de la domination devint la base de l’argumentation du gouvernement fédéral américain dans son résumé légal du rendu de justice dans l’affaire Tee-Hit-Ton contre les Etats-Unis.

Ceci devint le fondement de la décision de la cour suprême des Etats-Unis en 1955 pour l’affaire Tee-Hit-Ton, comme cela est prouvé par la citation par la cour des Elements of International Law de Henry Wheaton et plus récemment, ce fut la base pour une citation de Tee-Hit-Ton contre les Etats-Unis par la cour d’appel du 9ème district et de son panel de trois juges ce 27 Août dernier.

Dans son chapitre sur la “conquête déguisée en loi” , “Conquest Masquerading As Law,” in Unlearning the Language of Conquest by Four Arrows, Vine Deloria Jr. écrit que la doctrine de la découverte “fut élargie de telle manière que toute nation chrétienne pouvait ‘découvrir’ des terres auparavant inconnues des Européens et qu’elle était immédiatement investie du titre légal (de propriété) et ce sans se préoccuper des droits et reconnaissance des habitants existant de l’endroit.

Dans l’affaire Johnson contre M’Intosh, le juge Marshall a dit que le “droit de la découverte” était confiné à des pays alors inconnus de tous les peuples chrétiens”. En d’autres termes, les envahisseurs chrétiens revendiquaient un droit de domination sur des terres auparavant inconnues des chrétiens et des nations chrétiennes. Cette façon d’énoncer le sujet a plus à faire avec la conservation des documents papaux et royaux dans un langage actuel de cette époque, ce qui est toujours de nos jours un élément fondateur de la loi fédérale sur les Indiens et de sa politique et se doit donc d’être desétabli.

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Résistance politique au colonialisme: Prosélytisme de l’idéologie raciste coloniale à la chambre du pays du goulag levant…

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Quand nous disons sans cesse que nous ne vivons en aucun cas dans une « société post-coloniale » comme l’oligarchie essaie de le faire croire depuis un demi-siècle, mais dans une société où le colonialisme est non seulement vivace, mais dont l’idéologie est affirmée quasiment quotidiennement en occident. En voici encore une preuve…

Il n’y a pas de solution pour l’humanité sans l’éradication de ce fléau. Le colonialisme, expression de la coercition suprémaciste occidentale, est le fondement de la misère dans le monde. Il est plus que grand temps d’y mettre un terme définitif en privant l’empire de son territoire volé depuis plus de 500 ans!

— Résistance 71 —

 

Une tradition sans fin des croisades, 2014

 

Steven Newcomb

 

28 mars 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/03/28/never-ending-crusading-tradition-2014

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

“Je pense à cet hémisphère occidental, dans sa totalité, comme le domaine de la chrétienté”, député républicain de l’Iowa Steve King, dans son discours à l’assemblée des Etats-Unis le 25 février 2014.

Les lecteurs réguliers de mes colonnes savent que j’écris continuellement, certains pourraient dire obsessivement, au sujet des acquis de la “découverte” chrétienne, de la “domination/dominion” et de la “loi” coloniale. Je suis sûr que certaines personnes voient sans doute mes écrits sur le sujet et disent: “pas encore, Newcomb n’a t’il pas encore réalisé que tout cela s’est passé il y a bien longtemps ? N’a t’il pas encore compris que cette façon de penser est toute dans le passé ?”

Et bien, le 25 février courant, le député Steve King (Républicain, Iowa) a fait un discours sur les “valeurs judéo-chrétiennes” au parlement américain. Le député King a dit qu’il pense que “l’hémisphère occidental, dans sa totalité est celui de la chrétienté occidentale.” Il parla du “fondement de la civilisation occidentale, du judéo-christianisme, des valeurs qui viennent de l’ancien et du nouveau testaments, les valeurs que Christophe Colomb a amené ici à travers l’océan.”

King a dit que la chrétienté occidentale “n’a pas été affirmée assez fortement dans cette partie du monde, et sûrement pas assez dans les autres.” Il s’est fait le partisan de ce que le gouvernement Obama devrait imposer de telles valeurs sur ce qui est typiquement appelé “l’Amérique Latine”.

Avec son discours, le député King a clairement démontré qu’une telle pensée occidentale sur la chrétienté ne fait pas du tout “partie du passé”. De telles idées sont toujours employées contre nos nations, contre nos peuples dans le présent et ce depuis les plus hautes positions du pouvoir au sein du gouvernement des Etats-Unis. Le commentaire de King me fait penser à celui du juge John Catron et de ce qu’il avait à dire sur la “loi de la chrétienté” à la cour suprême de l’état du Tennessee dans l’affaire “l’état contre Foreman” en 1835. Deux ans plus tard, Catron était nommé à la cour suprême des Etats-Unis par le président qui haïssait les Indiens, Andrew Jackson. Voici ce que Catron écrivit dans l’affaire État contre Foreman:

Nous maintenons que les principes édictés au XVème siècle comme étant la loi de la chrétienté, que la découverte a donné le titre et le pouvoir d’assumer la souveraineté sur et de gouverner les autochtones non-convertis et non baptisés d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord et du Sud, a été reconnue comme faisant partie de la loi nationale (la loi des nations) depuis près de quatre siècles et que ceci est maintenant reconnu comme étant le pouvoir chrétien dans ses départements politique et judiciaire… Que, du cap Horn à la Baie d’Hudson, la loi de la chrétienté est reconnue et pratiquée comme la seule règle de pouvoir souverain par lequel l’Indien autochtone est forcé d’obéir (par coercition)… Notre affirmation est fondée sur le droit de forcer (coercition) les autochtones à l’obéissance.

Le discours du député King près de 180 ans après la décision de l’État contre Foreman, nous permet de focaliser sur un fait très peu connu: Une tradition de l’impérialisme chrétien sert de pierre angulaire à la loi et la politique indienne des Etats-Unis. Ces idées fondatrices peuvent être tracées jusqu’à ce qui a été appelé “l’âge de la découverte” et proclame un droit de domination territorial royal, qui est très bien symbolisé par Colomb, Cortez, Pizarro, Cabot, Cartier et bien d’autres agents colonisateurs et porteurs de domination et de déshumanisation.

“Colomb” a un autre nom: Christobal Colón ou “le colonisateur porteur du Christ”. Ce que le député King appelle les “valeurs que Colomb a apporté à travers l’océan” est un système de valeur de domination contre nos nations originelles. Guidé mentalement par des passages bibliques de l’ancien et du nouveau testaments, Colón et d’autres voyageurs envahisseurs des XVème, XVIème, XVIIème siècles et des siècles ultérieurs, clamèrent et affirmèrent la domination royale, droit de la domination chrétienne, sur les terres, territoires, ressources de nos nations et de nos peuples. Ces saisies, qui furent faites pour faire bénéficier, donner le pouvoir et enrichir la “chrétienté occidendale”, persistent à l’encontre de nos nations jusqu’à aujourd’hui. Bon nombre “d’états” du monde sont devenus les successeurs des monarques de la chrétienté.

Ceci parce que des pays comme le Canada, les Etats-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, ainsi que d’autres pays de part l’hémisphère occidental ont été fondé cérémonialement sur la base de dogmes religieux clef et de jugements contre les non-chrétiens. Le juge suprême John Marshall exemplifia tout ceci lorsqu’il affirma dans le rendu de la décision de la cour suprême des Etats-Unis sur l’affaire Johnson contre mcIntosh (1823), que le “droit de la découverte”, et l’assertion d’une “domination ultime”, ont été “confinés à des pays alors inconnus au peuple chrétien.

En touchant terre, Colón plantait les standards royaux (drapeaux) qui symbolisaient la prise de juridiction dominante et les standards royaux de jugement que lui et le monde chrétien utilisaient contre les nations et les peuples originels. Pour ce faire, Colón érigea deux symboles principaux sur place: une croix symbolisant la religion chrétienne, dont la source est la bible et un échafaud qui symbolise le “système judiciaire chrétien” et qui sera utilisé contre les “païens” et les “infidèles”.

Les “valeurs” dominantes portées par Colomb (Colón), sont très bien illustrées dans une lettre qu’il envoya à la reine Isabelle de Castille et au roi Ferdinand. Dans la lettre, Colón dit des îles où il toucha terre:

Et j’en ai toutes pris possession pour vos altesses, par proclamation et par déploiement des standards royaux, il ne me fût fait aucune opposition.

Les monarques de la chrétienté s’arrogèrent le droit de “prendre possession” de manière cérémonieuse de terres et d’en exercer la “domination territoriale” sur ces terre “découvertes et à être découvertes” et ce partout dans le monde où des nations non-chrétiennes et leurs peuples vivaient. Ces monarques d’esprit chrétien le firent sur la base de la croyance et de leur jugement que nos ancêtres étaient “des barbares” ou “des bêtes”, parce qu’ils n’avaient jamais été baptisés chrétiens.

Ceci est le fondement de la définition internationale fonctionnelle du terme “indigène” (ou “peuples dominés”, aussi bien que le fondement de l’affirmation que nos nations et nos peuples n’ont aucun droit d’être libérés du cadre de cette domination.

Ceci représente la tradition de croisade génocidaire et mortelle que le député King a invoqué lorsqu’il parla de “la grande empreinte des valeurs morales et de l’éthique qui a émergé des valeurs de notre ancien testament ainsi que de notre nouveau testament…” Rappelez-vous le discours du député King au sujet de la “chrétienté occidentale” et de l’affirmation de Catron sur le “droit de forcer à obéir”, la prochaine fois que vous verrez une manchette de journal expliquant la criminalisation, l’arrestation, la mise sous surveillance, des peuples originels, déclarés conjointement “adversaires de l’état”, pour protester contre la destruction de nos terres et de nos territoires comme par exemple avec les pipelines du North Gateway et Keystone XL ou le problème de l’exploitation des sables bitumeux.

Rappelez-vous le discours de King la prochaine fois que vous penserez à l’empoisonnement de nos eaux autrefois si pures et par exension à l’empoisonnement des générations futures avec des polluants chimiques et radioactifs et finalement, rappelez-vous le discours de King la prochaine fois que vous entendrez une discussion au sujet du comment nous avons besoin de “nous réconcilier”, “d’accepter” l’assomption de la “souveraineté de la couronne”, qui est faussement fondée sur la doctrine de la chrétienté, de la découverte chrétienne et de la domination.

Steven Newcomb est le co-fondateur et co-directeur de l’Indigenous Law Institute et il est l’auteur de l’ouvrage “Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery” (2008, Fulcrum). Il étudie la loi fédérale indienne et la loi internationale depuis le début des années 1980.

Comprendre le pouvoir colonial actuel et passé et son fondement « domination/subordination »…

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Si ceci s’applique aux peuples dominés, cela s’applique aussi aux peuples dominants, car n’oublions jamais que nous sommes tous des colonisés de l’idéologie suprémaciste, raciste, coloniale. Si un petit nombre y trouve toujours son compte, les crimes d’hier et d’aujourd’hui perpétrés au nom des peuples occidentaux, sont avant tout rendus possible par la propagande du consentement généralisé.

L’avenir de l’humanité réside en cela dans les peuples occidentaux débarrassés de l’idéologie raciste coloniale, se tenant côte à côte avec les nations indigènes colonisées, génocidées et exploitées.

Plus tôt le plus grand nombre s’en rendra compte et au plus tôt nous pourrons vraiment changer de paradigme et retrouver le droit naturel de l’égalité (politique et sociale), de la liberté et de la poursuite du bonheur. Tout le reste n’étant que perte de temps et frivolités aristocratiques au service du plus petit nombre.

— Résistance 71 —

 

« Pourquoi prendriez-vous de force ce que vous pouvez obtenir par amour ? Pourquoi voulez-vous nous détruire, nous qui vous nourrissons ? Que pouvez-vous obtenir par la guerre ? Nous sommes désarmés et avons la volonté de vous donner ce que vous demandez, si vous venez de manière amicale. »
~ Powhatan, Confédération Algonquine à John Smith, 1609 ~

 

Domination et le pipeline du Northern Gateway (Passage Nord)

 

Steven Newcomb

 

27 janvier 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/01/27/domination-and-northern-gateway-pipeline

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

J’ai lu avec intérêt “Could First Nations still stop the Northern Gateway pipeline?” d’Anna Tremonti, la version texte de son programme radio  “The Current Review” passé sur les ondes de la radio canadienne  CBC Radio 1 le 20 décembre 2013.

Le sujet de l’article de Mlle Tremonti démontre la trame de DOMINATION et de SUBORDINATION qui définit le mieux ce que veut dire d’être étiqueté “d’autochtone”. La domination est en fait définie comme “une nation ou un peuple exerçant un contrôle arbitraire sur un autre peuple ou nation et ainsi le rendant sujet à la volonté de celui qui le domine.”

La phrase suivante illustre la rengaine à laquelle je réfère: “Une population indigène possède toutes les caractéristiques d’une minorité nationale subjuguée par une société dominante.” (Sadruddin Aga Khan and Hassan bin Talal, Indigenous Peoples: A Global Quest for Justice, A Report for the Independent Commission On International Humanitarian Issues, 1987, p. 9)

Les termes clef dans cette phrase: “indigène”, “population”, “minorité”, “nationale”, “subjuguée par” et “société dominante”, sont tirés d’un paradigme de la domination qui est utilisé de manière constante contre les nations et peuples étiquetés “indigènes ou autochtones” (i.e “dominés”).

La phrase suivante de l’article de Mlle Tremonti sur la situation dans le contexte canadien démontre clairement le manque de pouvoir pour les nations et peuples labellisés “indigènes”: Après 180 jours de débats dans 21 communautés de Colombie Britannique et d’Alberta le Join Review Comittee fédéral (comité de révision) a signé hier sur la proposition de pipeline. Ceux qui sont nommés comme “premières nations” dans l’histoire de Mlle Tremonti ne sont pas ceux qui ont eu la décision finale en regard de ce qui est leurs propres territoires. Pourquoi ? Parce que le processus de décision finale est caractérisé comme étant “à la volonté” de ceux qui sont étiquetés preneurs de décision “fédéraux” à Ottawa.

“Ottawa” est le nom de la capitale du Canada, c’est un nom utilisé par le système canadien de gouvernement, considéré comme le preneur de décision “ultime”. Le SYSTÈME DE DOMINATION déclare les “premières nations” comme étant “subordonnées” aux décisions prises par le gouvernement des officiels d’Ottawa, qui sont assis dans la position “dominante” du pouvoir.

Les première nations sont fortement concernées que le pipeline du passage nord (northern gateway) résultera dans l’empoisonnement et la contamination des eaux et des vies des nations originelles de l’Île de la Grande Tortue (NdT: langage autochtone pour l’Amérique du Nord). Mais si les preneurs de décision siégeant à Ottawa ne sont pas d’accord avec l’évaluation des premières nations, le SYSTÈME DE DOMINATION accorde aux preneurs de décision fédéraux le droit parfait d’ignorer les préoccupations des nations premières en favorisant les intérêts entrepreneuriaux et le pipeline.

Le système auquel je me réfère est fait de telle façon que les décisions et les intérêts économiques de ceux qui ont “une autorité décisionnaire supérieure” prévalent toujours. C’est pour cela qu’ils sont appelés “dominant”. Ils se considèrent eux-mêmes comme les “cadors” si on veut.

Si et quand une telle décision a été prise, je peux juste entendre quelques guignols impérieux dire: “Ce sont les règles. Vous ne les aimez peut-être pas, mais elles sont ce qu’elles sont.”. Ainsi, en tant qu’expérience, disons que ceci “est la règle”. Une question se pose alors: “Comment ces règles et leurs assomptions de DOMINATION-SUBORDINATION ont-elles vu le jour en première instance ?”

Répondre à cette question demande de penser en arrière vers l’établissement du début de ce système de domination dans cette région géographique connue aujourd’hui sous le nom de “Canada”. Ce système n’est pas seulement le contexte du débat au sujet du pipeline du Nothern Gateway ; mais en fait le contexte de toute décision clef qui a été prise à tout moment par le “gouvernement canadien” en ce qui concerne les nations originelles de l’Île de la Grande Tortue.

Je veux en venir à ceci: répondre à la question au sujet d’où proviennent le SYSTÈME DE DOMINATION et ses “règles”, demande que nous réfléchissions au temps où les chrétiens européens accostèrent sur nos côtes en provenance de l’autre côté de l’océan Atlantique. Ils amenèrent avec eux les assomptions au sujet de leur “droit divin” de coloniser (et de dominer) toutes les terres non-chrétiennes et les nations à travers “Les Amériques” et nous étions tous des non-chrétiens à cette époque. (NdT: Ce “droit divin” ayant été écrit de la main des papes, vicaire de dieu dans leurs bulles Romanus Pontifex et Inter Caetera du XVème siècle)

L’arrivée des plus invasives de la chrétienté fut la génèse de la DOMINATION de l’Île de la Grande Tortue. Faire cette connexion à l’heure actuelle est d’une importance capitale, considérant le fait que le premier ministre canadien Stephen Harper est un chrétien fondamentaliste. Il est membre de la Christian and Missionnary Alliance d’Alberta au Canada. La secte chrétienne de Harper ne fait pas confiance à la science. Ainsi, c’est plus qu’une coïncidence que le gouvernement Harper ait brûlé ou jeté dans des décharges, des archives sur l’environnement. Un tel comportement rappelle celui des fascistes en Europe dans les années 1930.

Une telle attitude si questionable est faite pour demeurer en adéquation avec la première règle du fondamentalisme chrétien qui se trouve dans la Genèse de la bible avec son langage de DOMINATION-SUBORDINATION: “Soumet la terre et domine les oiseaux du ciel et les poissons de la mer et toutes les choses rampantes et grouillantes de la terre”. Les mots “soumet” et “domine” dans ce passage biblique portent en eux-mêmes le SYSTÈME DE DOMINATION que le premier ministre Harper et le gouvernement canadien utilisent contre les nations originelles et les peuples qui sont étiquettés “indigènes”. Même si vous enleviez l’origine chrétienne, le schéma de domination est toujours en place. Ce qui est important est ceci: Il est grand temps de dire au système de gouvernement canadien d’arrêter de se comporter en termes de DOMINATION envers les nations et les peuples originels de l’Île de la Grande Tortue.

Steven Newcomb (Shawnee, Lenape) est le co-fondateur et co-directeur de l’Indigenous Law Institute et auteur du livre “Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery (Ed Fulcrum, 2008).