Archive pour colonialisme hégémonie culturelle

Le fondement du colonialisme occidental d’hier et d’aujourd’hui: L’arrogance raciste eurocentrique…

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“Le gouverment défend les intérêts de la classe aisée. Il a augmenté les prix pour aider les industriels, donné des subsides aux intérêts des transports et plus de 10 millions d’acres de terre gratuits aux chemins de fer. Il a utilisé les forces armées contre les Indiens pour les expulser de leurs terres ancestrales, pour mâter la rebellion sociale, pour envahir des pays dans les Caraïbes pour le seul bénéfice des planteurs américains, des banquiers et des investisseurs. C’était et c’est toujours le gros gouvernement centralisé à l’œuvre… Comme l’a si bien dit l’oratrice populiste Mary Ellen Lease en 1890: Un gouvernement de, par et pour Wall Street.”

~ Howard Zinn, 2001 ~

 

Le juge Scalia de la cour suprême et la nature raciste de la loi fédérale indienne

 

Steven Newcomb

 

6 Juin 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/06/06/justice-scalia-and-racist-nature-federal-indian-law

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a quelques années, le juge de la cour suprême des Etats-Unis Antonin Scalia se trouvait à une réunion publique où se trouvait également Tom Cole, député républicain de l’Oklahoma. Apprenant que Cole était de la première nation des Chickasaw, Scalia lui dit alors: “N’oubliez-pas que vous appartenez à une race conquise.

L’utilisation par le juge Scalia du mot “race” place son commentaire dans un cadre évident de référence raciale. L’idée que les Amérindiens ont été “conquis” évoque le thème de l’infériorité (ceux voués à “être conquis”) et de la supériorité (le groupe racial qui dit avoir conquis “la race” traitée comme “inférieure”). En d’autres termes, le commentaire du juge Scalia était basé sur l’idée d’une domination raciale: “Nous sommes la race victorieuse et vous êtes inférieurs, la race ‘conquise’ “. Pour faire bref, le commentaire du juge Scalia était une expression raciste flagrante et serait en fait correctement ré-exprimée de cette manière: “N’oubliez pas que vous appartenez à une race dominée”.

Le département d’études ethniques de l’université de l’Oregon caractérise et étudie le racisme en tant que système de domination. Le racisme est structuré en termes de schéma du haut vers le bas et de supérieur et inférieur en ce qui concerne la domination et la subordination. Un exemple typique de racisme est d’automatiquement juger les gens ayant une couleur de peau sombre, avec des caractéristiques faciales “non-blanches” comme étant inférieurs aux “blancs”, aux gens avec une couleur de peau plus claire et des caractéristiques faciales européennes.

Pour un raciste, peau sombre et caractéristiques raciales non blanches sont des preuves de l’infériorité des gens plus “noirs”. Un jugement raciste d’infériorité peut également être fondé sur une autre caractérisation, comme par exemple une identification “de groupe”. Le simple fait d’être d’une “société non-blanche” et donc “plus basse” que la “norme” supposée supérieure des sociétés “blanches”, est suffisant pour être catalogué par un raciste comme “inférieur”.

Donald Sterling, le propriétaire de l’équipe de Basket-Ball de la NBA des Los Angeles Clippers a été impliqué dans une tempête de controverses au sujet de ce qui a été caractérisé comme des “commentaires racistes” faits à sa copine au sujet des noirs et des métis. Ses commentaires furent fuités anonymement dans les médias par le diffuseur de ragots TMZ et ceci eut pour résultat la condamnation du racisme dans les médias. L’attitude universelle semble être: “Comment Sterling ose t’il parler de la sorte au sujet des afro-américains pros qui jouent en NBA ?”

Les conséquences furent très rapides: Sterling va sûrement devoir vendre sa franchise des Clippers (dont il fera un gros profit sans aucun doute). Il a été banni à vie de la NBA et a eu une amende de 2,5 millions de dollars. Cela va lui faire mal et prendre une grosse portion de sa fortune estimée à 900 millions de dollars. Après l’amende, il lui restera 897 500 000 $ pour essayer de joindre les deux bouts. Ce genre de punition va sans nul doute lui donner une bonne leçon…

Un expert blanc de CNN a dit qu’il croyait que le scandale était fini et que la répudiation universelle des commentaires de Sterling ont lancé un signal clair que le racisme n’avait plus court aux Etats-Unis. Il est vrai que les africains-américains n’en sont plus au temps des toilettes publics et des fontaines séparés, des sièges dans les fonds des bus durant les jours des lois Jim Crow. Mais quoi qu’il en soit, pour les secteurs les plus pauvres de la société noire-américaine, les problèmes quotidiens issus du racisme institutionnel auxquels elle doit faire face, abondent.

Tandis que des propos racistes exprimés de manière privée à l’encontre de riches Afro-Américains qui jouent au basket professionnellement ne seront pas tolérés, spécifiquement s’il transparaît que ces vues racistes exprimées en privé sont grandement publicisées, il en va de toute autre manière lorsqu’il s’agit de l’expression d’un racisme envers les secteurs les plus pauvres de la société afro-américaine et envers d’autres soi-disants “groupes ethniques”. Un cas flagrant étant le commentaire du juge Scalia envers le citoyen de la nation Chicksaw Tom Cole. Le fait que Cole soit un membre dûment élu et qu’il siège au congrès des Etats-Unis n’a pas altéré la langue amère et raciste de Scalia.

Tandis que je refuse de penser ou d’écrire au sujet des nations originelles et de leurs peuples comme une “race” ou un “groupe ethnique”, cela n’en est pas moins un problème qu’un juge de la cour suprême des Etats-Unis avoue qu’il nous regarde comme une “race” qui est inférieure en résultante de l’affirmation que nous avons été “conquis”, ou en d’autres termes, “dominés”.

Il y a certainement une très grande différence entre Donald Sterling et Antonin Scalia. Après tout, Donald Sterling n’allait jamais être arbitre d’un match de NBA. Ce n’est pas comme s’il avait été forcé hors de la NBA pour l’empêcher de pouvoir utiliser son cadre de référence raciste pour juger des joueur de basket Afro-Américains sur le terrain ou utiliser ses vues racistes pour influencer le résultat de matches de basket spécifiques.

Quant au juge Scalia, il a siégé à la cour suprême des Etats-Unis pendant près de 28 ans et pendant cette période, il a utilisé son cadre psychique et mental raciste en ce qui concerne nos nations originelles (“Indiennes”) comme étant une race conquise (dominée) dans ses prises de décisions dans des affaires impliquant des Indiens. Pourquoi son commentaire ouvertement raciste à l’encontre de Cole n’a t’il pas rencontré une expression publique de scandale de la part des leaders du Pays Indien ? Pourquoi n’y a t’il pas eu de campagne persuasive pour faire virer Scalia de tout cas impliquant des nations et des peuples amérindiens ?

L’expert blanc de CNN qui a dit que le racisme avait généralement disparu aux Etats-Unis n’a très certainement jamais lu le livre de Robert A. Williams intitulé: “Like a Loaded Weapon: the Rehnquist Court, Indian Rights, and the Legal History of Racism in America”, 2005. Dans ce livre, le professeur Williams stipule de manière très claire que la loi fédérale américaine sur les Indiens est un secteur entier de la législation américaine qui est le produit d’une pensée fondamentalement raciste qui a été institutionnalisée aux Etats-Unis. Où est le scandale à ce sujet dans les médias américains ?

Alors que je préfère plus cadrer la discussion en termes de “racisme religieux” en me basant sur les termes de la Doctrine Chrétienne de la Découverte et de Domination, Williams démontre clairement que la loi fédérale indienne est un système d’idées structurés en termes de supériorité blanche et d’infériorité non-blanche, ce qui continue à être utilisé à la cour suprême des Etats-Unis de manière anti-indienne quotidiennement. Quiconque voudrait affirmer que le racisme n’a plus cours aux Etats-Unis aujourd’hui n’a aucune idée du fait que la cour suprême continue de prendre des décisions basées sur la loi fédérale indienne, elle-même fondée sur des précédents et une jurisprudence racistes contre nos nations et peuples originels.

En ce qui concerne la déclaration du juge Scalia, le bureau du député Cole m’a dit qu’il ne commenterait pas “sur une converstaion privée”. Son bureau n’a pas dit que l’incident ne s’était jamais produit, ou que Scalia n’avait jamais fait cette déclaration au député Cole ; son bureau l’a simplement classifié comme étant “privé”, alors même que le député raconta de manière évidente le commentaire de Scalia à une conférence d’avocats dans l’Oklahoma.

Résistance politique: La solution au problème colonial n’est pas dans l’extrémisme communautaire…

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Cet article que nous avons traduit ci-dessous se situe à une extrême du problème colonial en Amérique du Nord en général et au Canada en particulier. Si les arguments présentés sont tout à fait valides, la conclusion quant à l’issue nous paraît être à la fois démesurée et surtout irréaliste. En effet, il apparaît au travers de l’histoire et des recherches effectuées à cet effet, que la solution au problème colonial ne soit pas seulement dans le camp des pays et peuples colonisés sous une forme de révolte ou une autre, mais également et peut-être essentiellement dans le camp des colons. Pour effectivement débarrasser le monde du colonialisme et de son fondement radicalement raciste et hégémonique, il est de la plus haute importance que les peuples occidentaux embrassent le concept de l’éradication de l’idéologie dominante en les gagnant définitivement à la cause indigène et donc anti-coloniale. Ce n’est donc pas en clâmant: « Les blancs dehors comme ils sont venus c’est à dire sans rien… » que cela fera gagner le momentum nécessaire au mouvement anti-colonial global. Une fois de plus nous y voyons les limites tracées immanquablement par toute forme d’extrêmisme idéologique. Cette conclusion en est une. De fait, la solution est de gagner une majorité de colons à la cause anti-coloniale en insistant sur la nécessité à la fois de la reconnaissance des torts coloniaux et de la restitution des terres et ressources autochtones tout en suivant une « voie du milieu », celle déjà proposée et acceptée en 1613 par les premiers colons hollandais puis anglais, du traité Wampum à deux rangées. Ceci représente la solution la plus réaliste et viable pour tous au delà de tout extrêmisme néfaste. Cette idée a été parfaitement exprimée par la professeur de science politique Mohawk Taiaiake Alfred du l’université de Victoria en Colombie Britannique, lorsqu’il étudia le problème de la restitution à des fins de réconciliation véritable. Une autre de ses études sur la solution coloniale ici.

Les solutions viables à nos problèmes sociétaires se trouvent à la fois hors de la « boîte », mais également de manière réfléchie, non épidermique et hors de tout extrêmisme néfaste.

— Résistance 71 —

 

Dissoudre le Canada

 

Mohawk Nation News

 

15 Novembre 2013

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2013/11/15/dissolving-canada/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Nous, peuples indigènes, pouvons forcer à la dissolution de la corporation, de l’entreprise Canada. Nous pouvons demander le paiement total pour solde de tout compte de notre toujours croissant Indian Trust Fund évalué à 500 000 milliards de dollars. Les entreprises corporations n’existent que pour fournir des profits toujours plus accrus à leurs actionnaires. Leurs actions les révèlent pour ce qu’ils sonts en tant que voyous entrepreneuriaux tels les Harper, Ford, Duffy et le reste de cette clique qui ne sont dans ce jeu que pour l’argent,  notre argent et encore et toujours notre argent !

Notre agenda est de décoloniser les colons. La corporation doit se dissoudre quand elle ne peut plus nous payer sa dette. Alors, ils doivent rendre ces actionnaires de la corporation de Canada qui détient  tous nos fonds. Si non, l’entreprise est en banqueroute pour protéger ses actionnaires, alors les actionnaires seront mis en accusation pour vol et le génocide de notre peuple.

L’entreprise corporation du Canada a été enregistrée comme telle à Washington D.C le 1er Juiller 1867 sous le numéro de registre #0000230098 CANADA DC SIC: 8880. Les actionnaires de l’entreprise sont les 13 familles économiques royalistes. A une époque elles furent les monarchies européennes bannies qui ré-émergèrent comme banquiers internationaux.

L’entreprise artificielle du Canada sera dissoute. D’après l’article 1 de la convention de Montevideo de 1932, le Canada n’est pas un pays. Le Canada n’a pas:

  • De population permanente (la population n’a pas ses racines ici)
  • De territoire défini (qui n’a jamais été abandonné par nous)
  • De gouvernement (le canada est officiellement une entreprise commerciale coloniale)
  • De relations internationales valides avec d’autres états

http://www.taiwandocuments.org/montevideo01.htm

Les actionnaires sont légalement responsables. Ou ils rendent leurs parts ou ils déclarent la banqueroute. Alors l’entreprise corporation “Canada” est dissoute.

Nous aimerions avoir tout avis ou conseil de personnes compétentes en la matière pour nous aider sur ces problèmes légaux.

Les envahisseurs sont venus avec rien et ils repartiront avec ce qu’ils avaient en arrivant ici: rien !

Billy Preston connait la musique: “Nothin’ from nothin’ leaves nothin’/You gotta have somethin’”.
 Billy Preston. “Nothin’ from Nothin’!”

 

Résistance politique: Le langage comme hégémonie culturelle et pilier du colonialisme…

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Comment la langue parlée nous trahit

 

Steven Newcomb

 

6 Novembre 2013

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2013/11/06/how-english-language-betrays-us

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ceux d’entre nous qui tracent nos vies à leur existence originelle des nations libres de l’Amérique du Nord (L’Île de la Grande Tortue) et qui utilisent la langue anglaise quotidiennement font face à un défi. Nous devons décider avec quels mots et métaphores de langue anglaise il serait le plus approprié de penser, de parler et d’écrire à notre sujet et de notre existence collective. Sommes-nous des nations, des tribus, des états ou quelque chose d’autre ? Et quel cadre de référence devons-nous utiliser pour répondre à de telles questions?

Il est vrai que nous pourrions utiliser nos véritables noms: Kumeyaay, Chumash, Cahuila, Shawnee, Lenape, Hopi, Navajo, Lakota, Cree, Mohawk etc… Simple et efficace. Le défi est de décider comment communiquer le mieux avec autrui, particulièrement la société dominante, au sujet de notre identité politique en tant que peuples distincts, spécifiquement contre l’identité politique “de l’état”.

Ce n’est pas un secret que je préfère appliquer les termes de “nation” et “ nations” à nos peuples car ce sont des mots anglais qui ont le plus d’impact politique autre que le mot “état”. Les officiels de la politique aux Etats-Unis démontrent ce point de vue en préférant appliquer le mot “nation” aux Etats-Unis. Ils appellent les Etats-Unis une “nation”, et non pas une “tribu” ou une “nation tribale”.

Même si les mots “nation” et “nationalité” sont des termes contestés, l’image mentale typique idéale d’une “nation” est modelée par certains pays européens comme l’Angleterre, la France, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas, la Suède, la Russie etc. Dans ce contexte, une “nation” est synonyme de “pays”. Chaque nation, chaque pays, a ses propres frontières discrètes et bien définies. Le caractère politique et l’identité de chaque nation sont reconnus par les autres nations d’Europe. Aucune d’entre elles n’est considéré comme une “tribu” et toutes considéreraient  être insultant à leur caractère politique consciencieusement préservé, d’être étiqueté comme “tribu”.

Dans la préface du livre “Tribus indiennes comme gouvernements souverains” (2ème édition, 2004) le sénateur américain John McCain (Républicain-Arizona) distingue entre “nations” et “tribus” lorsqu’il écrit: “Parmi les nations du monde, les Etats-Unis sont uniques dans leur reconnaissance des droits inhérents des tribus indiennes à se gouverner elles-mêmes ainsi que leurs territoires”. Sa catégorisation générale est “nations du monde”, parmi lesquelles il place les Etats-Unis. Sa catégorie “nations du monde” n’inclut pas en revanche les “tribus indiennes”. En le stipulant différemment, McCain exclut les “tribus indiennes” de la catégorie “nations du monde”.

Dans la théorie de l’esprit humain (théorie de la connaissance ou théorie cognitive), il y a un terme appelé un Modèle Cognitif Idéalisé (MCI) ou ce que de manière commune nous pourrions appeler un modèle mental idéal. Prenez par exemple le modèle mental typique et idéalisé d’une mère. La mère idéale a des caractéristiques comme: 1) Elle donne naissance à l’enfant 2) elle est celle qui s’en occupe le plus 3) elle est mariée avec le père biologique de l’enfant, etc…

Quand nous voyons un qualificatif s’appliquer au mot “mère” comme par exemple “belle-mère”, ceci indique immédiatement qu’une ou plusieurs des caractéristiques principales  de la maternité sont absentes ou ont été altérées. Dans le cas de la “belle-mère”, cela indique qu’il y a eu un divorce ou un décès et que la nouvelle femme que le père biologique a remariée est devenue la “belle-mère” de l’enfant.

De la même manière, le modifiant “tribale” attaché au mot “nation” (“nation tribale”), indique que quelque chose manque, qu’une ou plusieurs caractéristiques, propriétés, manquent pour caractériser une “nation”. De même les mots “indienne” ou “autochtone” ajoutés au mot “nation” indiqueront la même chose.

En voici un exemple dans le préface du livre mentionné précédemment, faite par le sénateur Daniel Inouye, où nous trouvons ceci: “Le statut de souveraineté des nations indiennes prédate la formation des Etats-Unis.” Il écrivit aussi: “Ce statut souverain des nations indiennes est la base fondamentale sur laquelle une série d’accords entre les Etats-Unis et des gouvernements tribaux indiens s’ensuivirent et la fondation sur laquelle des centaines de statuts fédéraux et des milliers de décisions judiciaires fédérales ont été basées.”

La phrase “accords entre les Etats-Unis et les gouvernements tribaux indiens” indique que ces “gouvernements” appelés donc “tribaux” ne sont pas complets, qu’il leur manque des caractéristiques, des propriétés que des “gouvernements” ordinaires, normaux possèdent. Ceci mène immanquablement à la connotation que les “gouvernements tribaux indiens” ne sont pas de vrais gouvernements, qu’ils sont moins que les gouvernements ordinaires, qu’ils ne sont que des gouvernements tribaux,

Sur la base de cette sorte de connotation, il a été courant de voir des gens référer aux “tribus indiennes” comme étant “quasi-souveraines”. Le terme “quasi”, venant du latin, veut dire “comme si, similaire, approximativement”. C’est défini en anglais comme étant “en quelque sorte, dans une certaine mesure ou APPAREMMENT”. Comme adjectif, “quasi” est défini comme “ayant une ressemblance en mimiquant certains attributs”. Toute métaphore a une qualité de  “comme si” sur la base de quelque comparaison.

Ainsi le mot “comme” dans le titre “Tribus indiennes comme gouvernements souverains” indique une sorte de métaphore ou une comparaison métaphorique entre les termes “tribus” et “gouvernements”, représentant des nations idéalisées “complètes”. Prenant en compte que chaque métaphore a une connotation du “comme si”, un titre plus précis dans cette ligne de pensée serait: “Des tribus comme si elles étaient des gouvernements souverains”. Ce phrasé rendrait le sens métaphorique bien plus explicite. Sans souvent le réaliser, ceux qui ajoutent des termes comme “tribu” ou “tribal” à nos nations et peuples acceptent tacitement le statut de “quasi nation”, tout comme pour dire que nos nations ne sont pas de “vraies” nations, mais sont des “tribus”, qui ne font que ressembler dans une certaine mesure à la forme idéalisée de nation. Décoloniser nos vies implique également le rejet de ces tendances à l’auto-colonialisme et à l’auto-diminution de notre statut.

Steven Newcomb (Shawnee, Lenape)  a étudié le droit fédéral indien et le droit international depuis le début des années 1980.  Il est le directeur et le co-fondateur de l’Institut de Droit Indigène et auteur du livre “Païens en terre promise: Décoder la doctrine de la découverte chrétienne” (éditions Fulcrum, 2008) 

Colonialisme et génocide au Nouveau Monde: « A découvert: Génocide au Canada passé et présent » Introduction – 2ème partie –

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 23 septembre 2013 by Résistance 71

« Février 2008: Le gouvernement Harper déclare que, bien qu’ « un énorme nombre de morts » soit à déplorer dans les pensionnats pour Indiens, aucunes charges criminelles ne seront retenues contre les églises responsables de ces écoles.
11 Juin 2008: Sous une énorme pression, le premier ministre Steven Harper publie des ‘excuses’ officielles au sujet des pensionnats pour Indiens, tout en essayant de minimiser l’extension de la mortalité dans ces écoles en disant simplement que ‘certains y moururent’ ; mais d’autres leaders de partis réfèrent aux fosses communes retrouvées près des écoles. »

~ Kevin Annett ~ (« chronologie du crime: Génocide au Canada dans l’ère moderne)

 

A découvert: Génocide au Canada passé et présent (Introduction, 3ème édition 2010) ~ 2ème partie ~

(“Hidden No Longer: Genocide in Canada Past and Present”)

 

1ère partie

 

Kevin Annett

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

2ème Partie

 

Le génocide en tant qu’idéal religieux: La chrétienté en pratique

“Si le non-croyant ne se repent pas, c’est le devoir et la tâche de l’église de sauver la communauté en expulsant l’hérétique du monde par la mort” (St Thomas d’Aquin, 1267)

Il n’y a qu’une et une seule sainte église catholique en dehors de laquelle il n’y a aucun salut. Les épées spirituelle et matérielle sont dans les mains de l’église. Il est donc nécessaire pour le salut de toute créature de se soumettre au romain pontife.” (Pape Boniface VIII, 1302)

Envahir, rechercher, capturer, vaincre et soumettre tous les sarazins et païens quels qu’ils soient et les autres ennemis du Christ où qu’ils soient… et réduire leurs personnes à l’état d’esclavage perpétuel…” (Bulle papale Romanus Pontifex, 1455, autorisant la conquête du monde non-chrétien)

La “Chrétienté” est la théorie et la pratique de l’empire universel chrétien qui veut que toute l’humanité doit se trouver sous l’autorité de la papauté romaine ou périr. Comme toute “novlangue” tyrannique, le terme est une version raccourcie de sa signification pleine:

Note du traducteur: Nous devons ici indiquer l’anglais pour une meilleure compréhension sur les mots. Chrétienté en anglais se dit “christendom”, contraction de “christian domination” ~

La racine du “dom” dans le cas présent devient très importante, cela provient du terme “domanus” ou “celui qui subjugue”, le mot latin “dominium” était généralement appliqué à toute partie qui avait conquis une autre, incluant la notion romaine de déité, de propriété et de loi. Ainsi, “domini”, ou dirigeant sacré, s’applique à dieu en tant qu’être conquérant qui règne par la force, le “dominion” est le régime légal établi par un conquérant, etc…

Dans le monde romain dans lequel le christianisme est né, la conquête donnait au vainqueur le pouvoir et la propriété absolus sur les conquis et ce qui avait été conquis, qui perdaient ainsi leur statut, leurs droits, propriétés et terres et étaient réduits en esclavage perpétuel. Ainsi, lorsque l’église chrétienne parvint à obtenir le pouvoir politique et devint un état, elle s’arrogea la domination absolue sur les personnes, croyants ou non-croyants.

Cette suprématie était bien sûr fictive et fut renforcée par un document forgé connu sous le nom du “don de Constantin”, par lequel ce dernier avait été supposé avoir transféré les terres et l’autorité politique de l’empire romain à l’église catholique et son pape Sylvestre 1er au IVème siècle.

Le document fut en fait écrit au IXème siècle, mais sa forgerie n’empêcha pas la papauté de l’utiliser pour justifier sa prise de pouvoir sur tous les royaumes du monde: spécifiquement alors que la papauté cherchait à étendre son contrôle sur son adversaire principal, l’empire romain oriental et son église orthodoxe, juste avant la première croisade du XIème siècle.

Utilisant la “libération” de la terre sacrée de l’islam comme prétexte de cette invasion, la papauté lança sa première entreprise génocidaire avec la déclaration d’indulgence du pape Urbain pour tous ceux qui attaquaient les”sarazins et les païens”  ennemis de l’église en l’an 1095. Se reposant sur les mêmes lois et justifications qu’elle utilisera des siècles plus tard pour conquérir le nouveau monde, l’église stipula que tous les crimes commis durant les croisades seraient absous et les perpétrateurs spirituellement purifiés par leur conquête des non-croyants.

Les autorisations papales de conquêtes guerrières furent abondantes après le précédent de la 1ère croisade. Soixante ans plus tard, en 1155, le seul pape anglais, Adrien IV, émit une bulle connue sous le nom de Laudabiliter, qui autorisait l’invasion et la conquête de l’Irlande par le roi d’Angleterre Henri II.

Dans un scenario identique à celui que sera plus tard celui qui piègera les nations indigènes des Amériques, le roi Henri justifia de son invasion d’un peuple “libre et innofensif” en “découvrant” que les Irlandais avaient besoin des “bénéfices de la civilisation et de la réforme de leur religion”, pour laquelle ils perdraient volontairement leur indépendance. Comme toute terre chrétienne était dite propriété de la papauté, Henri devait avoir la permission du pape avant d’envahir “son” territoire.

Similairement, 50 ans après Laudabiliter, le pape Innocent III lança la croisade contre les Albigeois en 1209, croisade contre des dissidents de l’église, les Cathares du sud-ouest de la France. Plus de 10 000 personnes furent massacrées par les armées du pape.

Le génocide chrétien en Europe alla grandissant après l’holocauste des Cathares. Un an après la fin de la croisade anti-Albigeois en 1227, la pape Grégoire IX établit la première cour de justice inquisitoriale en Europe pour essayer d’éliminer les dissidents chrétiens. L’utilisation de la torture par ces cours fut autorisée par des lois papales en 1252. En 1326, la mission de l’inquisition fut élargie à la persécution des “sorcières” et le plus grand massacre de masse pré-colonialisme commença, au cours duquel des millions de personnes, la plupart des femmes, perdirent la vie entre les mains de l’église.

Au XVème siècle, l’église était à la recherche de nouvelles terres et de gens à conquérir et avec la découverte portugaise de l’Afrique commença l’effort génocidaire de la papauté le plus dévastateur. En 1455, dans sa bulle papale Romanus Pontifex, le pape Nicolas V autorisa que toutes les terres non chrétiennes et tout royaume de part le monde fussent conquis, leurs peuples mis en esclavage par les rois chrétiens.

La bulle suivante du pape Alexandre VI en 1493 Inter Catera, divisa le monde entier entre l’Espagne et le Portugal et nia l’autorité de tous les royaumes ou autres autorités sur ces terres, ces actions étaient fondées sur un principe fondamental: le pape possédait déjà ces terres par droit divin tout aussi bien que par Le “don de Constantin” et sa fiction légalisée et qu’il pouvait donc assigner ces terres à qui il le désirait dans la mesure où les non-chrétiens avaient de facto perdu leurs droits à leurs terres et à eux-mêmes par le simple fait que des chrétiens les avaient “découverts”.

Cette soi-disante “doctrine de la découverte” deviendra éventuellement la base de toute la conquête et de l’occupation du Nouveau Monde par l’Europe et est toujours aujourd’hui maintenue dans les cours de justice nord-américaines pour justifier le vol des terres autochtones. Un tel processus de négation des peuples non-chrétiens était fondé sur l’ancienne pratique légale romaine appelée “Res Nullius” ou “propriété de personne”.

Avant d’envahir une terre étrangère, les agents légaux de l’empereur romain déclaraient que la terre était “nullius” ou dénuée de propriétaire, afin de l’ouvrir à la conquête et au vol/pillage par Rome. Les ennemis de Rome étaient donc déclarés des non-entités politiques, légales, des “non-personnes”, dont la terre vacante pouvait être occupée comme bon semblait.

L’église chrérienne du XVème siècle a étendu cette notion de manière plus large à tout non-chrétien, de façon à ce que sous la doctrine légale établie par les hommes de loi de la papauté comme “Terra Nullius” ou “terre de personne”, “tout mécréant, païen, infidèle ou personnes non baptisées” étaient “nullifiés”, privés d’identité politique et légale et leurs terres mise sur le “marché de la découverte”, de la conquête et d’acquisition nouvelle pour les rois européens sous l’autorité du pape.

Ainsi furent exterminées des dizaines de millions de personnes indigènes à travers le monde, au cours du plus grand génocide de l’histoire de l’humanité, mené et légitimé par l’église de Rome et ses cousins protestants. Clairement, ce crime énorme était une excroissance directe des enseignements et des pratiques fondamentaux de la chrétienté (christendom), et pour cette raison, ce ne fut pas considéré comme criminel ni mal. En tant qu’ennemis nullifiés d’une guerre sainte, les peuples non-chrétiens acquérirent une humanité partielle seulement une fois qu’ils s’étaient soumis à leur destin de conquis et furent mis en esclavage: une réalité qui continue jusqu’à aujourd’hui.

Génocide chrétien dans le Nouveau Monde et au Canada

Ce fut la pratique courante et délibérée de nos moines que de prendre les bébés des sauvages, de les baptiser avant que leurs petites têtes et boîtes crâniennes ne fussent éclatées sur le sol, ainsi ils pouvaient aller au paradis et ne pas resombrer dans la mécréance” ~ (Bartolomeo de Las Casas dans “Une brève histoire de la dévastation des Indes occidendales”, 1542) ~

Il est important qu’il n’y ait pas de paix du tout entre nos frères Hurons et leurs voisins, car ceci est requis pour la foi et le commerce des fourrures.” ~ (Jean de Brebeuf, missionnaire jésuite en Nouvelle France, Canada, 1642) ~

L’Espagne était la super-puissance mondiale au XVIème siècle et sa domination du commerce mondial et la découverte récente du nouveau monde de l’hémisphère occidental, força les autres nations vers la périphérie de cet immense massacre et saisie de terres connus sous le nom de “l’âge de la découverte”. En réalité, ceci fut l’âge de l’impérialisme chrétien, se produisant de concert avec d’immenses guerres de religions entre catholiques et protestants en Europe qui débordèrent sur le Nouveau Monde.

Des nations émergentes comme l’Angleterre furent poussées vers le nord par l’Espagne et son hégémonie, dans ce que sont aujourd’hui le Canada et le nord-est des Etats-Unis, où les pêcheries et le commerce des fourrures devinrent aussi lucratifs que l’or d’Amérique du sud. Le roi Henri VII d’Angleterre donna à l’explorateur John Cabot une charte pour conquérir “mécréants et sauvages” de la même manière que les bulles papales, mais l’invason des territoires du nord fut considérablement ralentie à cause de la rivalité avec les Français.

Vers l’an 1600, quand les Espagnols eurent quasiment détruit la vaste majorité des peuples Maya et Aztèque et massacrèrent plus d’un million de natifs Caribs, Arawaks et autres indigènes des îles (des Caraïbes) qu’ils forcèrent en esclavage dans leurs mines d’or et d’argent, la France et l’Angleterre quant à elles, avaient juste commencé à prendre pied sur les côtes orientales et au nord du continent.

Ceci ne fut pas par manque d’essayer. Quand l’explorateur français Jacques Cartier rencontra en premier les pacifiques indigènes Miq’maq (NdT: qui existent toujours dans les provinces de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau Brunswick et du Québec) dans la province actuelle du Nouveau Brunswick en 1534, son équipage lui suggéra de faire tirer le canon avec des salves de soufre, de plomb, de verres brisés et de cailloux (mitraille improvisée). Puis les Français attaquèrent leurs villages et demandèrent aux survivants toute leur richesse et leurs femmes.

Une telle attitude “civilisée” n’empêcha pas Cartier de commenter:

Ces gens peuvent être appelés sauvages, car ils sont les plus pauvres de la terre: ensemble, ils n’ont pas la valeur de cinq sous entre eux. Et pourtant, ils partagent tout ce qu’ils ont avec les autres et vivent dans une véritable communauté de biens. Ils sont complètement étrangers à toute notion de propriété et tout ce qui appartient à l’un appartient tout aussi bien à l’autre… Ils sont sûrement de meilleurs chrétiens en ce sens que nous ne le sommes.” ~ (cité dans “Founding of Canada des débuts à 1815”, Stanley Ryerson, 1960) ~

Et de fait, ce fut précisément leur manière ressemblant à celles du Christ qui en fit la cible pour l’extermination par l’église chrétienne. Les Indiens étaient considérés comme des “hérétiques” refusant d’être chrétiens. Aussi tôt qu’en 1509, un éminent juriste européen du nom de Martin Fernandez de Encisco avait déclaré:

Le roi d’Espagne a tous les droits d’envoyer ses hommes dans les Indes occidentales pour demander à ces idolâtres de lui remettre leurs terres parce qu’il les a reçu du pape. Si les Indiens refusent, il peut en toute légalité les combattre, les tuer, les mettre en esclavage, car en tant qu’incroyants, il n’ont rien de plus que n’importe quel hérétique.” (”Suma de Geografia Que Trata de Todas Las Partidas del Mundo”, 1518)

Légalement et moralement, quiconque en dehors de l’église catholique et romaine était placé dans la même catégorie de nullius par l’église, dénué de droits, de nationalité ou d’existence, par le simple fait qu’il était dans un état de pêché mortel du fait de ses différentes croyances. Ainsi, tous les groupes de missionnaires de l’église qui étaient envoyés parmi les indigènes des Amériques (tout comme en Asie et en Afrique) étaient toujours accompagnés d’au moins un “saint inquisiteur” qui avait le pouvoir de traduire en justice et de condamner à la torture et à la mort tout non chrétien parmi les Indiens.

Sous les jougs espagnol et français, les cours de l’inquisition furent souvent de rigueur pour traduire des Indiens en “justice”. Il y eut plus de 900 procès pour hérésie contre des Indiens au Mexique au XVIème siècle. Dans un de ces “Auto da Fe” (ou “acte de foi”, le nom formel de l’inquisition), qui s’est tenu au Mexique en 1570, plus de 3 800 Indiens furent condamnés, pendus ou brûlés vifs pour “hérésie”.

Un tel terrorisme religieux n’était pas moins actif dans les terres saisies par l’Angleterre, la France ou la Hollande au nord de l’Amérique espagnole.

Par exemple, après l’arrivée des premiers jésuites en Nouvelle-France (maintenant le Québec) en 1611, cet ordre religieux déclara une guerre ouverte aux nations indiennes alliées avec le rival anglais et même aux nations autochtones neutres, comme les Algonquins. En tant qu’investisseurs majeurs dans le commerce de la fourrure, les jésuites protégèrent leurs profits en éliminant les nations indiennes qui dérivaient des fourrures dans les mains anglaises. Ainsi, dès 1640, les jésuites étaient d’accord avec un plan du gouverneur Montmagny de la Nouvelle-France pour chasser et exterminer tous les Algonquins non-chrétiens.

Les missionnaires jésuites “en robe noire” diffusèrent la variole, les armes à feu et l’alcool parmi les tribus algonquines de l’est du Canada de manière si efficace qu’environ les trois-quarts de celles-ci furent anéantis en moins d’une génération. La maladie se répandit aux tribus voisines, ce qui eut pour résultat que même les alliés des Français comme les Hurons, furent gravement atteints de dépopulation et furent virtuellement exterminés vers l’an 1700.

Les Anglais également utilisèrent la guerre bactériologique comme arme principale contre les nations indiennes hostiles, comme décrit par le général anglais Geoffrey Amherst en juillet 1763, dans une lettre à un des ses subordonnées au sujet des indiens locaux Miq’maqs:

Vous feriez bien d’essayer d’inoculer les Indiens (avec la variole) en utilisant des couvertures contaminées, ainsi que d’essayer toute autre méthode qui pourrait servir à extirper cette race exécrable. Je serai très heureux si votre plan pour les chasser et les traquer au moyen de chiens de chasse pouvait voir le jour… Je choisirai plutôt la liberté de tuer tout sauvage venant de votre côté, que d’être toujours dans le doute de savoir s’ils sont amis ou ennemis…” ~ (http://nativeweb.org/pages/legal/amherst/lordjeff.html )

Note du traducteur: Ce général anglais Amherst s’est vu octroyer des noms de rues… et de villes, nommées après lui au Nouveau Brunswick, en Ontario et en Nouvelle-Ecosse jusqu’à aujourd’hui !!…

En 1749, la législature de Nouvelle-Ecosse passa une série de “proclamations de scalpage”, qui récompensaient de la somme de 10 livres sterling quiconque délivrerait le scalp d’un homme Miq’maq à un magistrat local. 5 Livres Sterling étaient offertes pour le scalp d’une femme ou d’un enfant…

Note du traducteur: La suite de cette section donne de nombreux exemples jusqu’à l’établissement de la loi raciste et d’apartheid sur les Indiens (Indian Act) de 1876 au Canada.

En cloture de cette section du livre, Annett pose cette question vitale à laquelle il répondra dans la suite du livre:

~ Pourquoi ? Comment se fait-il que le Canada et ses églises (catholique et protestantes) ont-ils été capables de perpétrer un tel génocide légal sur des nations autochtones depuis si longtemps ? Et ce sans crainte d’être poursuivis dans des cours internationales de justice, spécifiquement après la seconde guerre mondiale et l’établissement de la convention de l’ONU sur le génocide et autres codes des droits de l’Homme ? ~

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Biographie du révérend Kevin Daniel Annett

Secrétaire de la Commission sur la Vérité sur le Génocide au Canada (établie le 3 Septembre 2000 à Vancouver, Colombie Britannique, d’un mandat provenant du tribunal IHRAAM, tribunal sur les pensionnats indiens du 12-14 Juin 1998 à Vancouver)

Auteur des ouvrages: “Hidden from History: the Canadian Holocaust” (Février 2001) et “Love and Death in the Valley” (Novembre 2002)

Né à Edmonton (Alberta) en 1956, a grandi à Winnipeg et à Vancouver

Education et expérience professionnelle :

– Bachelor of Arts (B.A) de l’université de Colombie Britannique UBC en 1983

– Masters of Arts (M.A) en Sciences Politiques UBC, 1986

– M.Div de l’école de théologie de Vancouver, 1990

– Consortium des ministères religieux natifs, 1993

– Conseiller et organisateur communautaire 1976-1990

– Ordonné prêtre de l’United Church of Canada (Église Unifiée du Canada), 1990 (NdT: Combinaison œucuménique de quatre églises protestantes: église méthodiste, église congrégationnelle, église presbytérienne et église évangélique, fondée en 1925, travaillant avec l’église catholique.)

– Prêtre rural Manitoba, 1990-91

A servi comme directeur du programme du ministère urbain et comme chapelain à la mission Fred Victor de Toronto, 1991-92

– Appointé comme prêtre de l’église unifiée de St Andrew’s à Port Albeni en Colombie Britannique en juillet 1992. Triple le volume de sa paroisse et sert jusqu’à son licenciement sans raison ni préavis le 23 Janvier 1995, après qu’il ait dénoncé et prouvé l’existence de meurtres multiples et de vols de terres autochtones par l’Eglise Unifiée du Canada. Il sera subséquemment excommunié sans aucun procès ni audition en Mars 1997.

– Ordonné prêtre de l’église de la communauté coopérative en décembre 1995

– Conseiller et archiviste, des cercles de la repentance sur les pensionnats aborigènes de Vancouver de 1996 à aujourd’hui.

– A organisée l’IHRAAM, tribunal pour les pensionnats canadiens sous les auspices des Nations-Unies les 12-14 juin 1998 à Vancouver, a servi comme conseiller, écrivit et publia le rapport final du Tribunal.

– Fonda le Commission pour la Vérité sur le Génocide au Canada en Septembre 2000

– Conférencier pour les études canadiennes au collège Langara de Vancouver depuis septembre 2000

– A créé et est l’hôte de l’émission de radio “Hidden from History”, un programme des droits de l’Homme et d’affaires publiques, diffusé sur la radio coopérative de Vancouver de février 2001 à aujourd’hui.

– Actuellement prêtre de l’église pour tous, communauté religieuse sans dénomination, unissant les populations natives indiennes et blanches de Vancouver.

Source:

http://canadiangenocide.nativeweb.org/kevin_bio.html